10/04/2022

Le F-35 offre le meilleur taux de disponibilité !

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Si le taux de disponibilité de la flotte de F-35 aux USA inquiétait entre 2015 et 2018, les efforts et la maturation de l’avion ont maintenant produit leurs effets. Le tout dernier rapport Bureau du budget du Congrès (CBO) qui vient d’être publié au début du mois d’avril démontre la pleine croissance de la disponibilité de la flotte de F-35. L'occcasion également de répondre sur certaines questions dans la seconde partie. 

Contexte du rapport

Dans ce rapport, le Bureau du budget du Congrès (CBO) analyse la disponibilité et l'utilisation des avions de combat F-35 du ministère de la Défense (DoD). Destiné à remplacer les anciens modèles d'avions utilisés par l'Air Force, le Marine Corps et la Navy, le F-35 a des capacités furtives qui réduisent les chances de détection par les radars et les missiles adverses. Le CBO calcule les taux de disponibilité des aéronefs en divisant le nombre d'heures pendant lesquelles les aéronefs sont à la fois aptes à la mission et en possession d'escadrons opérationnels par le nombre total d'heures d'aéronefs pour l'ensemble de la flotte, y compris les aéronefs en maintenance au niveau du dépôt ou en stockage. Un avion apte à la mission peut accomplir au moins une de ses missions principales, ou toutes en mêmes temps.

Évolution de la disponibilité

Les différents Corps de l’armée américaine (USAF, USMC, US Navy, National Guard) exploitent actuellement environ 450 avions de type F-35 et prévoient d'en exploiter environ 2’500 d'ici le milieu des années 2040. Les F-35 ont commencé à  être exploités en 2011. La disponibilité des F-35A et des F-35C a diminué entre 2015 à 2018, mais a augmenté en 2019 et 2020. (La disponibilité est mesurée comme le pourcentage de temps pendant lequel un avion peut voler en formation ou en mission.)

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En 2021, les taux de disponibilité des trois flottes de F-35 étaient plus élevées que ceux de la plupart des autres avions de combat en service au États-Unis.

Les flottes de F-35 sont beaucoup plus récentes que la plupart des autres aéronefs et les flottes plus récentes ont généralement des taux de disponibilité plus élevées que les plus anciennes. 

Maintenance au niveau du dépôt

Le rapport  explique que bon nombre des F-35 les plus anciens ont passé de longues périodes  totalisant un an ou plus, à subir une maintenance au niveau du dépôt afin d’être amenés à des normes opérationnelles complètes grâce à un programme de « rafraîchissement technologique » (C’est-à-dire une maintenance approfondie au-delà de la capacité du personnel où l'avion opère).

Le DoD a dû mettre à niveau ces premier avions pour atteindre les normes opérationnelles actuelles.  A contrario, les F-35 plus récents n’ont pas nécessités autant de temps pour la maintenance au niveau du dépôt, car ils ont reçu les mises à niveau lors de leur fabrication.

Le nombre total d'heures de vol annuelles pour chaque flotte de F-35 a généralement augmenté avec la taille de la flotte.  

Les trois flottes de F-35 sont un mélange de nouveaux avions avec peu d'heures de vol et d'avions avec plus de 1’000 heures de vol à vie.   

Augmentation des heures de vol

Le nombre total d'heures de vol annuelles pour chaque flotte de F-35 a généralement augmenté à mesure que les flottes se sont développées. Au cours des premières années d'exploitation, les heures de vol par avion ont augmenté pour les trois flottes.

Pour comprendre cette évolution, il faut prendre en compte les facteurs suivants :

  • Évolution et maturation de l’avion
  • Augmentation du stock de pièces détachées

Jusqu’ici les achats d’avions au sein du Pentagone comprenait des flottes « nues » sans pièces détachées et armement. L’achat de matériel connexe en dehors de l’avion contribue à une augmentation des coûts à l’heure de vol de l’ordre de 20 à 30% et prétérite la maintenance et la disponibilité des flottes.

Le Pentagone prévoit à l’avenir des achats en « paquets » afin de réduire cette problématique. Cette vision est celle retenue par exemple, par la Suisse et la Finlande et l’Allemagne pour ne citer que ces pays.

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Pourquoi le Pentagone a réduit ses achats de F-35 momentanément ?

Des compromis budgétaires motivés par la nécessité de moderniser les deux tiers de la triade nucléaire américaine (missiles nucléaires terrestres, sous-marins nucléaires et avions stratégiques armés de bombes et de missiles nucléaires) ont forcé les responsables de l'armée de l'air à reporter les achats prévus de F-35 en les États-Unis à seulement 33 en 2023, 15 de moins que l'exercice 2022 et 27 de moins qu'en 2021, a déclaré le lieutenant-général David S. Nahom, chef d'état-major adjoint de l'armée de l'air pour les plans et programmes.

Le budget de 169,5 milliards de dollars de l'Air Force, publié le 28 mars dernier, appelle à ralentir les acquisitions de F-35 tout en accélérant les acquisitions de F-15EX. Avec la nécessité de dépenser des milliards pour moderniser les armes nucléaires, quelque chose a dû céder, et avec les modernisations à venir du F-35, l’USAF a réduit les achats de F-35 de 48 à 33 en 2023 en faveur de l'achat de 24 avions F-15EX.
Le lieutenant-général David S. Nahom a déclaré que la décision difficile était en partie due au l’obligation nécessaire pour faire face à la menace actuelle. « Aurions-nous acheté plus de F-35, si nous avions eu plus de ressources ? Oui, absolument ! ».
 

"Nous n'avons pas réduit notre investissement dans le F-35", a-t-il déclaré. "Au fur et à mesure que la menace a évolué, les systèmes dont nous avons besoin pour le F-35 ont également évolué. Et l'investissement dans ces capacités se poursuit ! 

Ces propos confirment et vont dans le sens des déclarations du Général Charles Q.Brown Cmdt de l’USAF, lors de visite à Payerne le 15 mars dernier : « le F-35 était appelé à devenir le fer de lance de la flotte américaine pour les décennies à venir », « nous comptons en augmenter la flotte dès que possible ».  

Concernant les mises à jour

Le développement et les coûts du standard Block 4 sont répartis selon le constructeur, Lockheed Martin et les nations faisant partie programme ACI qui englobe la conception, R&D, la production et l'entretien du F-35. Les utilisateurs du F-35 non-membre de l’ACI auront comme avec n’importe quelle aéronef l’opportunité de modernisé le standard en plus de mises à jour systématiques le moment venu en choisissant parmi un catalogue et de payer uniquement ce qu’ils achètent.

Qui a rédigé ce rapport ?

Ce rapport a été préparé à la demande du président et membre de rang du sous-comité de préparation du comité des forces armées de la Chambre. Conformément au mandat du Congressional Budget Office de fournir une analyse objective et impartiale, le rapport ne fait aucune recommandation. Edward G. Keating, R. Derek Trunkey et Kathryn McGinnis ont préparé le rapport avec les conseils de David Mosher. David Arthur, Ron Gecan, Shannon Smith et Natalie Tawil ont fourni une assistance. Eric J. Labsfact a vérifié le rapport.  

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Photos : F-35A @ USAF / Graphiques CBO

21/12/2021

Premiers pas du drone MQ-25 sur porte-avions !

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L'US Navy et Boeing ont effectué les premières manœuvres  du drone MQ-25 test T1 sur un porte-avions de l'US Navy, soit un premier pas en avant pour assurer que ce dernier s'intégrera de manière transparente dans les opérations du bâtiment.

Au cours d'une démonstration en cours à bord de l'USS George HW Bush (CVN 77), les hommes de ponts de la Navy connus sous le nom de « chemises jaunes » ont effectué des signaux manuels standard pour diriger le T1 comme n'importe quel autre avion embarqué. Au lieu d'un pilote recevant les commandes, c'était le drone MQ-25 Deck Handling Operator (DHO).

« Il s'agit d'une autre étape importante dans la démonstration de l'intégration du MQ-25 dans l'escadre aérienne Carrier sur le pont d'envol des porte-avions de notre flotte », a déclaré le capitaine Chad Reed, responsable du programme Unmanned Carrier Aviation. "Le succès de cet événement témoigne du travail acharné de nos ingénieurs, testeurs, opérateurs et de l'étroite collaboration et de l'équipe de la Naval Air Force Atlantic et de l'équipage à bord du CVN 77."

La démonstration visait à garantir que la conception du MQ-25 s'intégrera avec succès dans l'environnement du bâtiment et à évaluer la fonctionnalité, la capacité et les qualités de maniement du système de manutention de pont à la fois dans des conditions de jour et de nuit. Les manœuvres comprenaient le roulage sur le pont, la connexion à la catapulte, le dégagement de l'aire d'atterrissage et le stationnement sur le pont.

La démonstration de maniement sur pont fait suite à une campagne d'essais en vol de deux ans pour l'actif d'essai T1 au cours de laquelle l'équipe de Boeing et de la Marine ont ravitaillé en carburant trois avions différents, un F/A-18 « Super Hornet »  un E-2D « Hawkeye » et un F-35C « Lightning II ».

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Rappel

Boeing a remporté en août 2018 un contrat d'ingénierie, de fabrication et de développement (EMD) de 805,3 millions de dollars US par le Naval Air Systems Command (NAVAIR) pour la conception, le développement, la fabrication, le test, la livraison et le support de quatre avions sans pilote MQ-25A. Il est prévu que le MQ-25a puisse obtenir une capacité opérationnelle initiale en août 2024.

Boeing a déjà testé le MQ-25A, soit le prototype n°T1 N234MQ en vol. Ce dernier, a commencé ses activités d'essais en vol en septembre 2019, accumulant environ 30 heures de vol jusqu'en février 2020. Selon le cahier des charges, le MQ-25A devrait livrer 6’800 kg de carburant à 4 à 6 avions.

Les opérations de ravitaillement en vol sont entreprises à l'aide de deux pods standard, un sous chaque aile, avec un tuyau et un panier de ravitaillement. Il s’agit des mêmes nacelles de ravitaillement qui équipent déjà les F/A-18 E/F « Super Hornet » construite par la société Cobham.

Le MQ-25A « Stingray »

Selon l’US Navy, le MQ-25 « Stingray » permettra une meilleure utilisation des avions de combat en élargissant la gamme de déploiement des Boeing F/A-18 « Super Hornet », Boeing EA-18G « Growler » et des Lockheed Martin F-35C. Le MQ-25 fonctionnera depuis les porte-avions en utilisant les mêmes systèmes de bord commun aux avions pilotés par l’homme, comme la catapulte de lancement et les systèmes de récupération du bâtiment.

Désigné le RAQ-25 dans la phase d’évaluation du projet de drone ravitailleur, la désignation a été modifiée en MQ-25 « Stingray ». Les exigences en matière de furtivité permettent toujours de tirer des missiles ou larguer des bombes à partir de pylônes, mais la surveillance et la destruction des cibles ne seront pas la mission principale du nouvel engin. 

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Photos : 1 & 3 Le drone MQ-25 T1 en manœuvre sur le porte-avions 2 Ravitaillage d’un F-35C @ Boeing

 

02/12/2021

F-35, les coûts à l’heure de vol baissent drastiquement !

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Le département américain de la Défense vient de publier les coûts à l’heure de vol des différents appareils en service au sein de l’US Air Force, l’US Navy. Le nouveau document est particulièrement intéressant, car il montre une baisse significative des coûts à l’heure de vol du F-35, pourtant longtemps décrié.

Le F-35 moins cher que le Super Hornet

Pour la première fois la courbe des coûts à l’heure de vol du F-35 en service au sein de la Navy est plus basse que celle du F/A-18 E/F « Super Hornet » par exemple. Selon le document, les fourchettes des coûts sont :  

De 16’742 à 17’516 dollars US pour le F/A-18E « Super Hornet »

De 13’445 à 14’193 dollars pour le EA-18G « Growler »

De 13’185 à 13’806 dollars pour le F-35.

De fait, le F-35 est en passe de devenir 20% moins cher à l’heure de vol que le « Super Hornet » qui est considéré comme l'un des avions le plus économique des forces armées américaines.

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L’autre bonne nouvelle montre par exemple qu’au sein de l’US A Force, l’écart des coûts avec le F-16 tend à se réduire fortement et le F-35A rejoint presque la courbe du F-16. Cependant, il faut cependant tenir compte du vieillissement de ce dernier. En effet, la flotte de F-16 demande plus d’entretien que par le passé et les coûts sont en sensible augmentation. Pour autant la baisse des coûts du F-35 est plus importante que l’augmentation des frais du F-16. 

Augmentation des coûts pour le F-22

Le grand perdant est le F-22 « Raptor », économique à ses débuts, l’avion a vu ses frais fortement augmenter ces dernières années. La fin de la production de ce dernier, l'inconvénient du maintien d’un petit nombre d'avions (seulement environ 120 avions) sont les ingrédients pour une hausse des tarifs incontrôlés. A contrario, l’avionneur Lockheed Matin a pu tirer pleinement parti des enseignements du programme F-22 pour le F-35.

Pour mémoire les coûts variables et fixes du F-35A étaient de 33’000 à 38 ‘000 dollars en heures de vol ces dernières années. Ajoutons que la baisse des coûts à l’heure de vol signifie une meilleure disponibilité.

Heures de vol un calcul complexe

Autant ces nouvelles sont très intéressantes pour le programme F-35 et ses futurs utilisateurs, autant, il est difficile de reporter ceux-ci à chaque Force aérienne. Comme je le démontrais cet été, l’Armée américaine commande ses avions « nus » soit sans pièce détachée ni moteur de rechange. Ce matériel fait partie d’un programme annexe de commandes qui augmente les coûts de l’ordre de 20 à 30 %. A l’inverse, les pays qui achètent un appareil complet voient les coûts de fonctionnement se stabiliser plus vite vers le bas.  

Dans un calcul de coûts, on prend généralement en compte par année les frais de carburant sans oublier le taux de change, les salaires, les consommables (capteurs de température, ventilateurs, filtres à huile, vannes, interrupteurs, fusibles, détecteurs, liquides de refroidissement, dégivreurs, huiles, joints, condensateurs et condensateurs) ainsi que les pièces et composants remplaçables. La majorité de ces frais sont des frais dits variables, c'est-à-dire que leur montant dépend du nombre de vols. D’un pays à l’autre ceux-ci varient donc passablement. Par ailleurs, il faut différencier un même appareil (Super Hornet, F-35 ou Rafale) si ce dernier est basé à terre ou sur un porte-avions. Les variables de coûts augmentent en mer. Dans certaines Forces aériennes on calcule les coûts légèrement différemment, à savoir les coûts de personnel et d'exploitation des unités sont séparés de l’heure de vol effective de l’avion. Pour d’autres, les frais d’amortissement des infrastructures (bases aériennes) sont inclus dans le prix à l’heure de vol. Dans un cas comme dans l’autre il ne faut oublier  les coûts des opérations extérieurs (OpEx) qui doivent être pour certains directement cumulés, tandis que d’autres les facturent de manières indépendantes. Les comparaisons entre utilisateurs s’arrêtent là. ( Sources : Pentti Pertula (Teksti), GAO, Pentagon). 

 Photos : F-35, F-16, F-22, F/A-18 et F-15 @ USAF

 

02/11/2021

L’US Navy cherche un remplaçant au Super Hornet !

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Sous la désignation F/A-XX, le futur avion de combat doit à termes venir remplacer l’actuelle flotte de Boeing F/A-18E/F « Super Hornet » dans les années 2030. Le nouvel appareil doit répondre à un cahier des charges qui doit l’amener à devenir la composante d'attaque au sein de la famille de systèmes de domination aérienne de nouvelle génération. L’avion sera classifié en tant que 6ème génération.

Une nouvelle vision d’avenir 

Pour ce faire, l'US Navy a publié la semaine dernière la version non classifiée de la "Navy Aviation Vision 2030-2035". Ce document révèle les options auxquelles travaille la Navy pour définir ses besoins pour la prochaine décennie en "mettant à jour les capacités actuelles, en mettant en ligne des plates-formes nouvelles et avancées, et complétant la compétence de combat d'aujourd'hui avec des tactiques et des procédures améliorées pour le combat haut de gamme ». L'objectif est d'avoir « une marine qui essaime la mer, délivrant des efforts létaux et non létaux synchronisés de près et de loin, sur chaque axe et dans chaque domaine ».

Le document énonce trois éléments clés : fournir la capacité de gagner dans la compétition des grandes puissances (GPC), de générer une préparation future dans l'ensemble de la force,  de réaliser une formation révolutionnaire pour former le cadre de l'avenir de l'aviation navale. Ces objectifs sont essentiels car la guerre maritime évolue rapidement, la Chine et la Russie continuant de travailler pour éroder les avantages de la marine américaine en matière de combat, comme indiqué dans le document, « développant et utilisant un nombre croissant de capacités haut de gamme à un rythme sans précédent depuis l'apogée de la guerre froide ».

Certaines des menaces attendues par l'aéronavale américaine concernes la montée en puissance de la marine de guerre chinoise dont le développement l’amène à dépasser l’US Navy en nombre et modernité.

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Se préparant à faire face à ces menaces, le « Navy Aviation » démontre l’importance des nouvelles technologies de pointe, telles que les technologies de réduction de la signature radiofréquence (RF) et infrarouge (IR), des chaînes de destruction passives et actives améliorées, la collaboration entre aéronefs habités et non habités, l’augmentation des vitesses et la portée des armes, la réduction des délais de prise de décision grâce à l’IA, des capacités de guerre électromagnétique améliorées (EMW), des cyber-capacités en constantes évolution, des réseaux avancés et les nouveaux porte-avions (classe Ford).

 Selon le document "l'escadre aérienne navale du futur sera de plus en plus meurtrière, survivable, en réseau, durable et avec et sans pilote avec des capacités autonomes", avec des plateformes capables de vaincre les menaces aériennes et de surface dans un environnement multi-domaines coordonné en utilisant des effets cinétiques et non cinétiques, offrant des effets de précision sur n'importe quelle cible avec des avions de nouvelle génération qui auront une plus grande portée et une plus grande vitesse.  

F-35C, F/A-XX et drones

Dans un premier temps, le F-35C permettra au F/A-18E/F Block III d'être une plate-forme plus résistante et plus meurtrière en tirant parti des capacités de détection furtive et passive pour façonner l'image aérienne globale, tandis que les nouvelles capacités de guerre électronique (EW) adaptée au  EA-18G « Growler » renforceront le dispositif. L'attaque électronique aéroportée (AEA) EA-18G continuera à fournir des effets non cinétiques intégrés à spectre complet grâce au nouveau brouilleur de nouvelle génération (NGJ) et à d'autres effets non cinétiques (NKE). Puis progressivement, le F/A-XX viendra prendre la place des « Super Hornet » avec l’arrivée toujours plus nombreuse de drones.

Puis progressivement à partir de 2035, la future marine américaine fonctionnera avec trois types de vecteurs aériens que sont le Lockheed Martin F-35C, le nouveau F/A-XX et des divers drones. 

Impact sur le Super Hornet

Cette nouvelle vision de la Navy montre un peu plus l’intérêt pour les aéronefs de 5ème & 6ème générations reléguant un peu plus les appareils actuels à un rang secondaire à court termes et à une fin déjà prédéfinie aujourd’hui. L’avenir du « Super Hornet » est donc déjà clos et met Boeing dans une situation où il lui faudra impérativement se positionner dans le programme F/A-XX sous peine d’être évincer des appareils de pointe de la Navy, mais également des offres à l’exportations. La nouvelle vision de la Navy comme de l’Air Force confirme un peu plus le virage en direction des nouvelles générations d’aéronefs, en Europe les développements du SCaF et Tempest sont eux aussi engagés dans cette révolution. 

 

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Photos : 1 projet F/A-XX @ Boeing 2 F-35C en déploiement @ LM 3 Drone X-47B @ Northrop Grumman

 

 

23/10/2021

L’US Navy veut un avion formateur et agresseur moderne !

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L’aéronavale américaine vient de lancer une demande d'informations (RFI) pour un avion d’un nouveau genre soit un avion tactique de substitution (TSA), ce dernier doit être capable de prendre le rôle d’agresseur moderne destiné à l'entraînement au combat. Jusqu’ici les avions servant d’agresseurs étaient des aéronefs de seconde ligne comme les F-5, A-4, les premier F-16 A/B ou maintenant les F/A18 A/B et bientôt C/D.  

De nouveaux besoins

L’arrivée en de la 5ème génération en Chine en Russie et bientôt ailleurs poussent l’US Navy à avoir une nouvelle réflexion sur l’avenir de l’entrainement au combat. L’US Air Force à entamé, elle aussi, une telle mutation avec le début de la création d’une unité d’agresseurs dotée de F-35 de première série.

L'exigence relative aux avions tactiques de substitution (TSA) publiée ce 21 octobre verrait un nouveau type d'avion effectuer trois missions principales de formation des pilotes, à savoir augmenter le temps de vol et la formation dans les avions de série de modèles de première ligne, fournir un soutien aérien comme adversaire et servir d’avion de préparation vol pour les escadrons de remplacement de la flotte.

L'avion devra simuler et/ou reproduire les systèmes d'avions de combat actuels et futurs en fournissant l'environnement de formation et l'expérience pertinente pour développer les compétences tactiques, les compétences en gestion de systèmes et les compétences décisionnelles requises pour les actions d'emploi des systèmes d'armes. Ces actions seront influencées par les informations environnementales, l’avionique, les données des capteurs, les repérages d'armes et les éléments de manœuvre ».

La Navy désire un avion de type biplace avec une architecture ouverte et sécurisée, des affichages de grande surface et des capacités de transmission sécurisées, entre autres caractéristiques. L’avion doit être doté d’un visueur de casque de dernière génération, d’un système d'évitement automatique des collisions au sol, les logiciels et les s systèmes informatiques  doivent pouvoir disposer d’une capacité de croissance suffisante pour prendre en charge l'incorporation de suivi de contre-mesures électroniques, de capteurs infrarouges et des capacités de radar ou d'émulateur de menace. De plus ces derniers devront pouvoir évoluer rapidement pour suivre l’évolution de la technologie.

L’avion doit pouvoir également emporter des pylônes simples sous chaque aile pouvant transporter des armes, des réservoirs de carburant et/ou des nacelles de guerre électronique/d'attaque. Il devrait avoir une vitesse de Mach 0,9 à 10 000 ft, un plafond de service de 45 000 ft, une limite structurelle de +7,5 g et une endurance de 90 minutes (dont 30 minutes de manœuvres tactiques).

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Déploiement sur porte-avions

Vous le savez peut-être, la Navy prépare le remplacement du T-45 « Goshawk » (avia news 11.8.21) son cahier de charges précise que le futur avion se limiterait à effectuer des exercices d'atterrissage sur porte-avions sur le terrain (FCLP) et à bord des navires en effectuant des atterrissages posés-décollés uniquement. Cette vision du futur entraînement en a surpris plus d’un. Fini, les approches manuelles vers les porte-avions, nécessitant des niveaux d'habileté et de compétence sans compromis, avec peu de marge d'erreur. En effet, l’arrivée d’un nouveau logiciel de contrôle de vol a presque supprimé la nécessité du pilote de devoir lutter pour apponter sur un porte-avions. La technologie dite Delta Flight Path (DFP) a été conçue pour aider à rendre le F-35C Lightning II beaucoup plus facile à atterrir sur un porte-avions, même avec un pont sur une mer déchaînée. Cela a conduit à un programme dérivé pour les F/A-18E/F « Super Hornet » et EA-18G « Growler », connu sous le nom de Magic Carpet, ou PLM - Precision Landing Mode. Cela comporte également une logique de contrôle de vol améliorée qui est conçue pour rendre l'atterrissage sur porte-avions plus facile et plus prévisible pour le pilote. De fait, il en résulte beaucoup plus de « passes » (atterrissages arrêtés réussis) qui sont sûrs et cohérents. Les données montrent que le taux d'embarquement dans les escadres aériennes a considérablement augmenté depuis l'introduction du PLM. En conséquence, le vol manuel pur autour du porte-avions est devenu beaucoup moins fréquent pour les aviateurs de combat de la Navy. Le futur avion TSA devra en être équipé et servira également de remise à niveau des unités avant leur déploiement sur un porte-avions.

Le Boeing/Saab T-7 « Red Hawk » favori ?

Boeing est déjà sous contrat pour développer l’avion école T-7A, pour remplacer la flotte actuelle de T-38. L’avion est en course pour le remplacement du T-45 sous la dénomination T-7B. La Navy désire un futur appareil qui fasse partie d’une famille de systèmes d'entraînement avancé des pilotes compatible également avec l’US Air Force. Ce dernier pourrait donc bien combler l’ensemble des besoins de la Navy à l’avenir.

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Photos : 1 le T-7B aux couleurs de la Navy @ Boeing 2 F-5N aggressor @ Navy 3 T-45 @ Navy