21/05/2022

La société suisse H55 sélectionnée par Pratt & Whitney pour le moteur hybride !

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C’est un grande reconnaissance pour la société suisse H55 d’André Borschberg, basée sur l’aérodrome de Sion avec la sélection de la part du motoriste Pratt & Whitney Canada (P&WC) pour venir équiper de batteries son projet de moteur hybride-électrique P804.  

Projet P804 

C’est en 2019 (avia news 17.07.21) que le motoriste Pratt & Whitney en collaboration avec Collins Aerospace ont confirmé le développement d’une propulsion hybride électrique. Il s’agit de lié deux technologies où les sources d’énergie indépendantes l’une de l’autre peuvent être utilisées en même temps ou individuellement. Le projet 804 est sous la direction de M. Jean Thomassin qui est le directeur. Il va superviser les efforts de construction et de mise au point du démonstrateur hybride électrique de Pratt & Whitney. 

Le projet P804 a pour but premier de faire la validation du concept de propulsion hybride avec une installation en parallèle, c’est-à-dire que les deux moteurs et les deux types d’énergies peuvent être utilisés en même temps pour faire tourner une seule hélice. L’avion de démonstration sera un DASH8-100 est sera équipé d’un moteur PW121 de série d’un côté. De l’autre côté il sera équipé d’un système de propulsion hybride d’une puissance de 2 mégawatts composé d’un moteur électrique et d’une turbine à gaz optimisée pour le vol en croisière, chaque moteur fournissant 1 mégawatt.

La technologie de propulsion hybride-électrique est un élément central de la stratégie de Pratt & Whitney visant à améliorer continuellement l'efficacité des systèmes de propulsion des avions, à l'appui de l'objectif à l'échelle de l'industrie d'atteindre zéro émission nette de CO2 pour l'aviation d'ici 2050. La société développe également des technologies pour soutenir une plus grande utilisation de des carburants alternatifs plus propres, y compris les carburants d'aviation durables (SAF) et l'hydrogène, chacun d'entre eux bénéficiera de l'efficacité accrue permise par les systèmes de propulsion hybrides-électriques. 

Le projet P804 doit également démontrer que cette technologie peut être installée sur des avions existants. Après la phase de validation, il sera alors possible de débuter la mise au point d’un premier système pour un modèle d’avion en particulier. Puis viendra le temps ou les avionneurs pourront développer de nouveaux appareils autour de cette technologie.

Le projet est soutenu des gouvernements du Québec et du Canada, pour développer cette technologie de propulsion durable. Collins Aerospace et De Havilland Aircraft of Canada sont des collaborateurs technologiques clés dans le projet de démonstrateur. Le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et l'Innovative Vehicle Institute (IVI).  

La reconnaissance de H55

La société H55 créé par André Borschberg (Solar Impulse) a pour but de remplacer les moteurs classiques par une solution entièrement électrique ou hybride conçue et développée entièrement en Suisse. Le cœur de l'offre de produits de H55 comprend un système de stockage et de gestion d'énergie léger, modulaire et certifiable. H55 propose également un système de propulsion électrique complet qui comprend la batterie de secours avec le moteur, le contrôleur de moteur, l'interface pilote et les commandes de puissance. Le H55 recevra son certificat de type par l'EASA pour sa propulsion électrique de 100 kW d'ici fin 2023. 

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Ces technologies sont directement issues du projet Solar Impulse, H55 a fait ses preuves en ayant intégré et piloté 4 avions électriques. La société est donc bien placée pour accompagner ses clients dans le développement et la personnalisation de ses solutions technologiques pour une large gamme d'applications adaptées à la fois aux conceptions d'avions existantes et aux concepts futurs tels que les VTOL et les avions de transport en ligne.

La force de cette entreprise réside donc dans son expertise et son ingénierie. Mais du point de vue industriel. Le choix de H55 est une décision audacieuse de la part de Pratt et Whitney. Ce choix s’est basé sur la qualité de l’offre et le contrôle de ceux-ci.

En début d’année j’ai eu la chance de visiter H55, André Borschberg, que côtoie à travers diverses activités, explique qu’il est primordial que les systèmes de batteries conçus puissent être sûr et contrôlable. Pour ce faire l’entreprise a développé un logiciel et des capteurs qui surveille en permanence les blocs de batteries à fin d’éviter toute surchauffe qui conduirait à une panne ou un incendie. Le concept de batterie est également innovant et unique au monde. Pour André, il important de connaitre toute la chaîne de production, on ne peut pas se retrouve avec un élément produit par sous-traitant non certifiés.

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Photos : 1 Dash8-100 du projet P804 @ P&W 2 Batteries développées H55 avec système de contrôle intégré 3 André Borschberg et l’une de ses collaboratrices, nous présente H55 @ P.Kümmerling

09/04/2022

L’aéroport de Bern-Belp doté d’une borne électrique pour avion !

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La demande en faveur d’une électrification de l’aviation de tourisme se fait de plus en plus forte. Le Groupe EATON propose désormais une borne mobile gratuite jusqu’à la fin de l’année en vue d’une recharge des aéronefs électriques.

La SKYCHARGE Mobile du groupe Eaton qui a été développée en partenariat avec Pipistrel Aircraft est la première borne de recharge d’avions électriques au monde conforme aux normes EASA (European Union Aviation Safety Agency), et fait partie de la gamme de borne SKYCHARGE. Elle a été conçue à partir de la technologie exclusive RANGEXT de Eaton, permettant la plus rapide et performante recharge au monde, en octroyant une rentabilité de plus de 96 %. SKYCHARGE Mobile se trouvant sur un chariot, elle peut être déplacée facilement n’importe où, sans les coûts des installations, d’autres arguments qui ont convaincu l’Aéroport de Berne-Belp. 

Destinée essentiellement aux avions d’écolage, la borne est mise gratuitement au service des pilotes jusqu’à fin 2022.

 Le vol électrique ouvre une nouvelle dimension à l'aviation, qui offre des opportunités pour la mobilité durable de demain. Avec sa station de recharge électrique SKYCHARGE Mobile powered by Eaton et Pipistrel, l'aéroport de Berne SA a posé la première pierre de l'aviation électrique et franchit déjà d'autres étapes. Afin d'alimenter la station de recharge en électricité verte, une première installation photovoltaïque sera mise en place cette année sur le terminal.

A propos d’Electrifly-In

L'aéroport de Berne-Belp accueillera pour la première fois les septembre 2022 le « Electrifly-In ». Cet événement n'est pas seulement une plateforme pour les pionniers, les exposants et les équipes de développement de toute l'Europe, mais aussi pour le grand public. Des conférences transmettront des connaissances spécialisées et offriront des spectacles aériens. Des vols de passagers permettront de découvrir le vol électrifié. Pour compléter cette stratégie, l'aéroport de Berne invite tout pilote d’avion électrique à découvrir sans bourse délier la nouvelle installation.

L’avion est considéré comme le principal problème de la catastrophe climatique et toute personne qui réserve un vol doit avoir mauvaise conscience et est étiquetée comme un pécheur climatique. La pression sociale et politique en faveur de l’abandon progressif des technologies de combustion ne cesse de croître dans le monde entier. La question n’est donc plus de savoir si, mais quand les avions à propulsion électrique deviendront la norme.

L’aviation est consciente des émissions qu’elle provoque et ne reste pas inactive. Des centaines d’équipes de développement dans le monde entier travaillent à rendre les vols moins polluants à l’avenir. La Suisse joue un rôle important dans ce domaine. Le premier fly-in pour les avions électriques a eu lieu à Granges en 2017. Des pionniers de toute l’Europe sont venus en avion (ou en voiture) pour partager leurs expériences. Après 5 événements à Granges, l’événement a grandi et s’est établi dans la scène. L’Electrifly-In pour les avions à propulsion hybride et électrique est unique en Europe et fait partie intégrante du calendrier des événements aéronautiques.

A travers Electrify-In, il est question de présenter les nouvelles technologies et les développements, les rendre tangibles pour le public et l’éduquer (vols passagers).

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Photos : avion électrique Pipistrel en recharge grâce à SKYCHARGE @ EATON

30/11/2020

Appel pour des carburants durables !

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L'Association du transport aérien international (IATA) a renouvelé son appel en direction des gouvernements du monde entier à soutenir la mise au point de carburants d'aviation durables (SAF). Pour l’IATA, il s’agit d’une étape critique pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de moitié aux niveaux de 2005 d'ici 2050.

« Zéro-émission » :

Cet objectif a été renforcé par une résolution lors de la 76e Assemblée générale annuelle de l'IATA à la mi-novembre, qui engage également l'industrie à explorer les voies en direction du « zéro- émission ».

« Nous savons depuis longtemps qu'une transition énergétique vers les SAF change la donne. Mais les transitions énergétiques ont besoin du soutien des gouvernements. Le coût du SAF est trop élevé et les fournitures trop limitées. Cette crise est l'occasion de changer cela. Mettre des fonds de relance économique derrière le développement d'un marché du SAF compétitif à grande échelle serait une triple victoire : créer des emplois, lutter contre le changement climatique et connecter durablement le monde », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général et PDG de l'IATA.

Conscients des enjeux écologiques, les constructeurs ont donc repris le chemin de l'innovation et de l'efficience énergétique pour arriver le plus vite possible à l'avion « zéro-émission » (batteries, hydrogène, biocarburants de 3ème génération ou kérosène synthétique). Des avions de tourisme électriques sont déjà disponibles pour les aéroclubs, mais il est clair qu'il faudra une décennie pour qu'il en soit de même en matière d'aviation commerciale.

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Les SAF en tant que carburant de transition :

Les plans de relance des gouvernements pourraient aider à promouvoir la SAF par le biais d'investissements directs, de garanties de prêts et d'incitations pour le secteur privé, ainsi que par des réglementations qui canalisent les matières premières vers des secteurs difficiles à réduire comme l'aviation plutôt que vers d'autres industries de transport à faible émission de carbone. Le but des fonds de relance serait de créer un marché compétitif. Actuellement, le SAF coûte en moyenne 2 à 4 fois plus cher que les combustibles fossiles avec une production mondiale actuelle d'environ 100 millions de litres par an, ce qui ne représente que 0,1% de la quantité totale de carburant d'aviation consommée par l'industrie. L'IATA estime que les investissements de relance pourraient aider à augmenter la production de SAF aux 2% (6-7 milliards de litres) nécessaires pour déclencher un point de basculement potentiel pour amener les SAF à des niveaux de prix compétitifs par rapport aux combustibles fossiles. Le SAF a récemment été mis en avant dans le rapport intersectoriel Waypoint 2050 du Groupe d’action sur le transport aérien comme la voie la plus importante pour atteindre les objectifs climatiques de l’industrie aéronautique. Le rapport a également noté le potentiel des avions électriques et à hydrogène dans l'action climatique de l'aviation, mais a déclaré que les solutions commercialement applicables sont dans au moins une décennie et offrent le plus grand potentiel pour les avions court-courriers. Les opérations long-courriers resteront probablement dépendantes des carburants liquides pendant un certain temps.

Les SAF une solution quasi-immédiate :

La SAF est la solution préférée de l’industrie pour ses propriétés uniques. Au cours de son cycle de vie, le SAF réduit les émissions de CO2 jusqu'à 80%. Le SAF est une technologie éprouvée. Le SAF a été utilisé en toute sécurité sur plus de 300’ 000 vols à ce jour. La SAF est évolutif et prêt à être utilisé dans la flotte d'aujourd'hui. Aucune modification des moteurs n'est nécessaire. Et il peut être mélangé avec du kérosène à réaction à mesure que les approvisionnements augmentent. La SAF a de solides critères de durabilité. Toutes les matières premières (matières premières) utilisées pour produire des SAF proviennent uniquement de sources durables. Actuellement, le SAF est produit à partir de déchets, y compris les huiles de cuisson usagées et les cultures non alimentaires, les déchets municipaux et les dégagements gazeux étant susceptibles d'être bientôt inclus dans les matières premières.

Origine des biofuels pour l’aviation :

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Le kérosène habituel est obtenu à partir du pétrole brut, les biocombustibles durables pour l’aviation sont obtenus à partir de sources comme les huiles naturelles non alimentaires et les déchets agricoles. La Federal Aviation Administration (FAA) a indiqué que ce carburant est acceptable pour une utilisation dans un aéronef. Un système de normes et de certifications mondiales sur le développement durable reconnaissant les producteurs de biomasse et de biocombustible qui adhèrent à des critères environnementaux et de responsabilité sociale stricts est déjà en vigueur.

Emprunte du cycle des biocarburants :

Les biocombustibles durables pour l’aviation ont un effet positif pour l’environnement en réduisant significativement le volume des émissions de CO2 produites au cours du « cycle de vie » de ce type de carburant par rapport au kérosène conventionnel. Le « cycle de vie » se réfère à toutes les émissions produites au cours de l’ensemble du processus, depuis l’extraction ou la collecte de la matière première jusqu’au raffinage, au transport et à l’utilisation du carburant.

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Photos : les vols avec du biocarburant sont encore trop peu nombreux @ Reuters