14/07/2021

SWISS se met au carburant durable !

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Le transporteur SWISS est devenu la première compagnie aérienne régulière à voler avec du carburant durable au départ de la Suisse. Pour ce faire la compagnie a ouvert des partenariats avec plusieurs entreprises afin de mettre en place une toute première chaîne logistique intégrée pour l'importation de carburant durable d'aviation (SAF) en Suisse.

Compte tenu de la haute technologie de ses avions, tels que ceux de la famille Airbus A320neo, la quantité de SAF livrée permet mathématiquement à SWISS d'effectuer près de 175 vols. Les passagers de SWISS peuvent promouvoir l'utilisation de SAF par l'intermédiaire de Compensaid et ainsi voyager de manière responsable. Un accroissement de la production permettrait potentiellement une réduction durable des émissions de CO2.


En collaboration avec Neste, l'un des plus grands producteurs de carburant durable au monde (Sustainable Aviation Fuel – SAF), SWISS a mis en place une toute première chaîne logistique intégrée pour l'importation de carburant durable (SAF) en Suisse. Elle est ainsi la première compagnie aérienne à utiliser ce type de carburant sur ses vols réguliers en partance de la Suisse. L'importation de carburants d'aviation à teneur biogène et leur avitaillement en Suisse sont possibles depuis le 1er juillet 2021 grâce à une nouvelle réglementation douanière.
Dieter Vranckx, CEO de SWISS : « Nous sommes très heureux d'avoir pu prendre livraison du premier train de SAF en auto-approvisionnement en Suisse, peu après l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. SWISS et le groupe Lufthansa plaident depuis des années en faveur de l'importation de carburants durables. En regard des technologies de propulsion aujourd'hui disponibles dans le transport aérien, les SAF constituent à moyen et long terme une technologie- clé pour atteindre nos objectifs 2030. Nous exprimons nos plus vifs remerciements à toutes les personnes qui se sont impliquées dans la mise en place du nouveau processus en déployant leurs efforts pour trouver une solution – en particulier la Direction générale des douanes, Flughafen Zürich AG, Avenergy et Neste. »
A l’aéroport de Zurich l’approvisionnement s'effectue par les oléoréseaux habituels. Le mélange de Neste est certifié Jet A-1 et, comme le kérosène fossile, peut être utilisé pour tous les types d'avions sans qu'il soit nécessaire de modifier les appareils ou les moteurs. Le SAF de Neste est produit à partir de déchets et de matières premières résiduelles provenant de sources durables et renouvelables. Sous sa forme pure et tout au long de son cycle de vie, son utilisation peut réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de max. 80 % par rapport aux combustibles fossiles. La production a été certifiée durable par l'organisation indépendante Roundtable on Sustainable Biomaterials (RSB) en avril de cette année. Neste dispose d'une longue expérience de la production de biocarburants et collabore efficacement avec le groupe Lufthansa depuis de nombreuses années.
 

Le SAF, une technologie-clé pour des vols neutres en CO2

Le SAF a un rôle exceptionnel à jouer dans la décarbonisation du transport aérien. SWISS considère donc qu'il est essentiel d'en promouvoir la commercialisation et la mise sur le marché, d'une manière coordonnée au niveau international. Par cette première importation en Suisse et les efforts qu'elle déploie pour mettre en place une logistique SAF, SWISS souligne son intention de promouvoir le lancement du SAF sur le marché.
« Nous nous sommes fixé des objectifs climatiques ambitieux : une réduction de 50 % de nos émissions nettes de CO2 d'ici 2030, par rapport au niveau atteint en 2019, et des émissions nettes nulles d'ici 2050. En investissant des milliards de francs dans une flotte de haute technologie, en promouvant le SAF par le biais de collaborations ainsi qu'en adaptant nos produits et nos processus métier, nous apportons notre contribution à un avenir plus durable pour les voyages », poursuit Dieter Vranckx.

En Suisse des recherches, mais pas encore de production

Notre pays ne produit pas encore de biocarburant, mais de nombreux chercheurs travaillent à la mise en points de techniques révolutionnaires afin de rendre l’avion plus respectueuse du climat. La demande se fait sentir de la part des compagnies aériennes mais également des Forces aériennes. Si les avions électriques et à l’hydrogènes offrent de bonnes perspectives, leurs développements prendra du temps. Pour l’instant les biocarburants restent chers et ne sont utilisés et mélangés qu'en quantités limitées par certaines compagnies aériennes. Mais l'Association internationale du transport aérien (IATA), l'organisation qui chapeaute l'industrie aérienne, souhaite augmenter massivement l'utilisation des SAF d'ici 2025. Ce plan nécessite un engagement accru des compagnies aériennes, de l'industrie, des gouvernements et des scientifiques. Cela pour produire des carburants durables plus nombreux et moins chers. Dans notes pays plusieurs initiatives sont engagées comme celle de

l'Institut Paul Scherrer (PSI) et le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa), qui ont lancé un programme de recherche conjoint de 6,2 millions de francs suisses. Le programme Synfuels doit permettre d’identifier les meilleurs moyens de produire du biocarburant pour l’aviation.

On relèvera également l’initiative du groupe Lufthansa auquel appartient SWISS qui a conclu un partenariat avec Synhelion, une start-up suisse issue de l'EPFZ, qui utilise une technique permettant de produire des carburants neutres en carbone à partir de la lumière du soleil et de l'air.

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Photos : 1 Vol avec du biocarburant 2 des moteurs plus respectueux @ SWISS

 

 

 

 

03/06/2021

Climat : les compagnies suisses soutiennent l’objectif zéro émission ! 

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L'industrie aéronautique suisse a déjà réalisé d'importants efforts pour réduire les émissions de CO2 de l'aviation. Par une déclaration d'intention commune et sur la base du rapport « Road Map Sustainable Aviation » (avril 2021), les principales compagnies aériennes basée en Suisse apportent leur soutien à l'objectif climatique visant le zéro émission nette 2050.

L’industrie de l’aviation en ordre de bataille

Les entreprises signataires de la déclaration sont : Swiss Air Lines, easyJet Suisse, les aéroports nationaux de Zurich, Genève et Bâle, ainsi que la Swiss Business Aviation Association (SBAA).

Le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre époque. Il existe aujourd’hui un large consensus sur le fait que les émissions de CO2 doivent être réduites pour éviter de graves conséquences. Avec l’Accord de Paris sur le climat de 2015, la Suisse et tous les autres États signataires se sont engagés à réduire considérablement les émissions de CO2 d’ici 2030. La loi sur le CO2 votée par le Parlement est basée sur l’Accord de Paris. En outre, le Conseil fédéral a adopté l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050.

Comme tous les autres secteurs, l’aviation est appelée à contribuer à la réduction des émissions de CO2. À ce titre, l’Aviation Research Center Switzerland (ARCS) a lancé en 2020 le projet d’une «Road Map Sustainable Aviation» Suisse et a préparé la présente étude en collaboration avec la société Ecoplan. Un groupe de travail composé de représentants de SWISS, de l’Association suisse de l’aviation d’affaires, des aéroports nationaux de Zurich, Genève et Bâle, de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) et de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), ainsi que de l’EPF Zurich et de la Haute école spécialisée zurichoise (ZHAW) a accompagné l’étude. Durant la phase finale du projet easyJet a rejoint le groupe de travail. Cette étude montre comment le transport aérien au départ et vers la Suisse peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre et son impact sur le climat, conformément aux objectifs de la stratégie climatique à long terme du Conseil fédéral: étude et résumé

Déclaration d’intention sur la politique climatique de l’aviation suisse

  1. L’aviation suisse soutient les objectifs de politique climatique de l’Accord de Paris et de la Stratégie climatique d’ici 2050 du Conseil fédéral.
  2. Elle veut contribuer au respect de ces objectifs dans l’aviation également.
  3. L’aviation suisse a déjà fait des efforts considérables pour réduire les émissions de CO2. Cependant, des mesures supplémentaires sont nécessaires.
  4. Sur la base du rapport «Road Map to Sustainable Aviation» Suisse, l’aviation suisse a l’intention de mettre en œuvre les quatre ensembles de mesures suivants:
    • remplacement progressif du kérosène fossile par des combustibles biogènes et synthétiques (Sustainable Aviation Fuels SAF)
    • promotion d’avions plus efficaces
    • organisation d’un trafic aérien plus économe en carburant au sol et en vol
    • utilisation d’instruments économiques (compensation volontaire du CO2, participation à ETS et CORSIA comme solution provisoire, ainsi que des projets de suppression de carbone afin de réduire les émissions restantes).
  5. Pour mettre en œuvre ces quatre ensembles de mesures, le trafic aérien dépend de conditions-cadres politiques et juridiques appropriées. Le gouvernement fédéral est donc invité à soutenir activement la «Road Map Sustainable Aviation» Suisse. Les mesures de réduction des émissions de CO2 dans l’aviation doivent notamment être spécifiquement promues afin de développer rapidement les combustibles synthétiques (SAF) et les introduire sur le marché.
  1. L’aviation étant une industrie mondiale, toutes les mesures doivent être coordonnées au niveau international dans la mesure du possible. La Suisse doit militer activement pour cette coordination à l’échelle planétaire.

L’essentiel

Le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre époque. Il existe aujourd’hui un large consensus sur le fait que les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites pour éviter de graves conséquences. Comme tous les autres secteurs, l’aviation est appelée à contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. A ce titre, l’Aviation Research Center Switzerland (ARCS) a lancé le projet d’une «Road Map Sustainable Aviation» et a pré- paré la présente étude en collaboration avec la société Ecoplan. Un groupe de travail composé de représentants de SWISS, de l’Association suisse de l’aviation d’affaires, des aéroports na- tionaux de Zurich, Genève et Bâle, de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) et de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), ainsi que de l’EPF Zurich et de la Haute école spécialisée zurichoise (ZHAW) a accompagné l’étude. Durant la phase finale du projet easyJet a rejoint le groupe de travail. Cette «Road Map Sustainable Aviation» montre comment le transport aérien au départ et vers la Suisse peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre et son impact sur le climat, conformément aux objectifs de la stratégie climatique à long terme du Conseil fédéral.

Sur la base des travaux des organisations faîtières de l’aviation au niveau mondial, européen et suisse, une «Road Map Sustainable Aviation» Suisse a été élaborée. Cette dernière se concentre sur les quatre ensembles de mesures suivants:

  • Développer le marché des SAF: l’ensemble de mesures le plus important consiste à rem- placer le kérosène fossile par des carburants biogènes et synthétiques (Sustainable Avia- tion Fuels, SAF). Dans ce contexte, les mesures pour développer le marché des SAF sont appliquées aussi bien au niveau de la demande que de l’offre. Les mesures internationales et transnationales sont prioritaires, mais peuvent être complétées de manière efficace par des mesures nationales suisses.
  • Promouvoir des avions plus efficaces: promouvoir et encourager l’utilisation d’avions plus économes en carburant, en particulier sur les liaisons long-courriers, et à moyen et long terme, l’utilisation d’avions électriques sur les liaisons de courtes distances et d’avions à hydrogène sur les liaisons court et moyen-courriers.
  • Mettre en place des mesures opérationnelles: une organisation du trafic aérien plus éco- nome en carburant au sol et en vol.
  • Encourager la compensation: compensation du CO2 à court et moyen terme grâce à la compensation volontaire et la participation au système européen d’échange de quotas d’émission et au Carbon Offsetting and Reduction Scheme for International Aviation (COR- SIA), développement à moyen et long terme de marchés mondiaux pour les technologies d’émissions négatives (NET) afin de réduire les émissions restantes ayant une incidence sur le climat.

Le changement climatique est l’un des plus grands défis de notre époque. Il existe aujourd’hui un large consensus sur le fait que les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites pour éviter de graves conséquences. Avec l’Accord de Paris sur le climat de 2015, la Suisse et tous les autres Etats signataires se sont engagés à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Afin de mettre en œuvre cet engagement de réduction con- formément à l’accord de Paris sur le climat, le Parlement a adopté la loi sur le CO2 et le Conseil fédéral l’objectif de zéro émission nette d’ici 2050. La Suisse respecte donc l’objectif convenu au niveau international de limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C maximum par rapport à l’époque préindustrielle.

«Road Map Sustainable Aviation» – la réponse de l’aviation suisse au défi climatique

Comme tous les autres secteurs, l’aviation est appelée, conformément à la stratégie climatique à long terme du Conseil fédéral, à contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. A ce titre, l’Aviation Research Center Switzerland (ARCS) a lancé en 2020 le projet d’une «Road Map Sustainable Aviation» et a préparé la présente étude en collaboration avec la so- ciété Ecoplan. Un groupe de travail composé de représentants de SWISS, de l’Association suisse de l’aviation d’affaires, des aéroports nationaux de Zurich, Genève et Bâle, de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) et de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), ainsi que de l’EPF Zurich et de la Haute école spécialisée zurichoise (ZHAW) a accompagné l’étude. Durant la phase finale du projet easyJet a rejoint le groupe de travail. Cette «Road Map Sus- tainable Aviation» montre comment le transport aérien au départ et vers la Suisse peut réduire ses émissions de gaz à effet de serre et son impact sur le climat, conformément aux objectifs de la stratégie climatique à long terme du Conseil fédéral.

Les principes et les lignes directrices de la «Road Map Sustainable Avia- tion»

Les principaux travaux préliminaires à la présente «Road Map Sustainable Aviation» ont été réalisés au niveau mondial par l’Air Transport Action Group (ATAG) avec son rapport «Waypoint 2050», au niveau européen avec le rapport «Destination 2050» de cinq organisa- tions faîtières de l’aviation européenne, et au niveau suisse par Aerosuisse. Outre ces impor- tants travaux préliminaires, la «Road Map Sustainable Aviation» repose sur les principes et lignes directrices suivants:

  • L’objectif de zéro émission nette est réalisable. Toutefois, cela implique beaucoup d’efforts, une action immédiate et une coopération internationale intensive. La Suisse dépend de cette coopération, elle ne peut pas atteindre cet objectif seule.
  • Réduire les émissions – conserver le bénéfice: il faut ramener les émissions de CO2 à un niveau de zéro émission nette et réduire les effets des autres gaz, et ce, sans perdre le bénéfice que l’aviation apporte à la Suisse. La réduction de la demande en transport aérien n’est donc pas une fin en soi, mais peut être une conséquence des mesures à prendre concernant les émissions de CO2 et les effets des autres gaz.
  • Priorité aux mesures internationales: les mesures coordonnées au niveau international (mondial ou européen) sont prioritaires. La Suisse adopte et participe aux mesures de l’UE. Les mesures nationales prises par le gouvernement doivent être conformes aux règles et règlements internationaux et avoir un effet subsidiaire lorsque les mesures internationales ne sont pas suffisantes.
  • Concurrence internationale: les mesures nationales prises par le gouvernement ne doivent pas mettre en danger la compétitivité internationale du trafic de ligne, du trafic charter et du trafic d’affaires au départ de la Suisse.
  • Utiliser la marge de manœuvre: outre les mesures transnationales qu’elle soutient, la Suisse dispose d’une grande marge de manœuvre concernant ses mesures nationales, et il convient de l’utiliser.
  • Mettre l’accent sur la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation: la priorité doit être donnée à la réduction des émissions dans le secteur de l’aviation. La compensation peut être judicieuse à moyen terme. Mais à long terme, elle est réservée aux émissions qui ne peuvent pas être réduites. A plus long terme, la compensation doit reposer sur des tech- nologies d’émissions négatives (NET comme le BECCS ou le DACCS).
  • Neutralité envers les choix technologiques: Toutes les technologies, efficace pour le climat, doivent être utilisé pour une réduction des émissions et il doit avoir une concurrence juste entre ces technologies. Le choix de ces mesures doit se faire en se basant sur l’importance de la réduction de émissions et ne doit pas exclure une ou l’autre technologie.
  • Définir des priorités: la Suisse définit quatre priorités dans ses actions: l’engagement en faveur des marchés internationaux de SAF (Sustainable Aviation Fuels) et de compensation par les NET (Negative Emission Technologies), la recherche et le financement des carbu- rants synthétiques, ainsi que le rôle de précurseur dans la décarbonation des infrastructures au sol. La Suisse a un intérêt direct dans la première priorité. Avec les trois autres, elle compte jouer un rôle de pionnier.
  • Réalité des coûts dans le transport aérien: les mesures doivent faire en sorte que le secteur de l’aviation supporte l’intégralité de ses coûts – y compris ceux de la décarbonation.
  • Transparence et crédibilité: les progrès doivent être documentés (suivi) et l’orientation des mesures doit être revue périodiquement (mise à jour de la « Road Map Sustainable Avia- tion »). Le suivi et la « Road Map » sont communiqués.

Le choix des priorités de la «Road Map Sustainable Aviation» Suisse

La Suisse est pauvre en matières premières pour la production de biocarburants et de carbu- rants synthétiques. Les atouts de la Suisse concernant le développement du marché des SAF résident dans les points suivants:

  • la recherche en carburants synthétiques: recherche et développement pour améliorer les technologies de production de SAF telles que Power to Liquid (PtL y compris l'hydrogène) ou Sun to Liquid (StL) (apport du «facteur» connaissances)
  • le financement de la production de carburants synthétiques: (co)financement de la mise à l’échelle de la production de SAF (apport du «facteur» capital)

En outre, les acteurs suisses doivent plaider en faveur des marchés internationaux de SAF et des marchés de compensation par les NET. La Suisse peut contribuer à promouvoir le captage direct de l’air (Direct Air Capturing), qui peut jouer un rôle important à l’avenir, aussi bien pour la production de carburants synthétiques que pour la compensation par les NET (DACCS). Les aéroports suisses doivent également jouer un rôle de pionnier dans la décarbonation des in- frastructures au sol.

La série de mesures de la «Road Map Sustainable Aviation»

Pour les avions long-courriers, la «Road Map Sustainable Aviation» Suisse se concentre sur les mesures visant à accélérer et à renforcer l’utilisation de carburants respectueux de l’envi- ronnement. Pour les vols court et moyen distance, nous voyons aussi, à côté de l’utilisation de carburants respectueux de l’environnement, l’utilisation des avions à motorisation plus effi- ciente, comme par exemple des avions électriques ou à hydrogène, qui pourront jouer un rôle à moyen- ou long-terme.

Les mesures pour l’utilisation de carburants respectueux de l’environnement et favorisant l’uti- lisation des avions à motorisation plus efficiente seront complétées avec d’autres mesures en faveur du développement durable de l’aviation. L’accent est mis sur la réduction de l’impact de l’aviation sur le climat.  

La «Road Map Sustainable Aviation» Suisse présente les mesures qui peuvent être mises en œuvre immédiatement et l’orientation des mesures à moyen et long terme. Les éventuelles réglementations applicables à partir de début 2022 conformément à la révision de la loi sur le CO2 (fonds pour le climat et taxe sur les billets d’avion) seront prises en compte. La Figure 4 suivante résume la diversité des mesures dans une représentation synthétique et indique les acteurs concernés. Pour plus de détails sur les différentes mesures, pour les références aux chapitres correspondants et les listes de mesures dans le rapport principal.

Sources : ARCS, IATA, OFAC

27/05/2021

30ème A220 pour SWISS !

 

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Cette semaine, Airbus a livré le 30ème et dernier exemplaire commandé à la compagnie de lancement Swiss International Air Lines (SWISS) à l’aéroport de Zurich. Immatriculé HB-JCU, il a été acheminé directement de Mirabel, l’usine d’Airbus Canada à Montréal. L’arrivée de l’Airbus A220-300 correspond à l’achèvement de la phase de mise en service de cet avion court et moyen-courrier moderne et à faible émission de CO2

« La livraison du 30e Airbus A220 marque une étape importante dans le plus grand projet de renouvellement de flotte de l’histoire de SWISS », déclare Dieter Vranckx, CEO de SWISS. « Nous nous félicitons d’exploiter désormais 30 appareils de ce type innovant. L’Airbus A220 concourt à ce que nous disposions de l’une des flottes les plus modernes d’Europe. Nous assumons ainsi notre responsabilité environnementale et continuerons à investir dans des avions et des technologies modernes. Mais pour atteindre cet objectif, nous sommes tributaires d’une politique générale qui nous permette d’être compétitifs et d’investir », ajoute D. Vranckx.

Rappel

SWISS exploite actuellement neuf avions de type Airbus A220-100 (125 sièges) et vingt et un avions de plus grande capacité, de type Airbus A220-300 (145 sièges). La compagnie a été la première à commander et à exploiter ce type d’avion entièrement repensé. Le 15 juillet 2016, SWISS a effectué le premier vol commercial au monde d’un Airbus A220-100 entre Zurich et Paris.

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De nouveaux critères de référence en matière d’impact environnemental 

Depuis sa mise en service en juillet 2016, cet avion court et moyen-courrier innovant a établi de nouvelles normes en matière d’impact environnemental et de rentabilité. Ses émissions de CO2 sont inférieures de plus de 20 % à celles des modèles d’avions précédents. « Nous nous sommes fixés pour objectif de réduire de moitié nos émissions de CO2 d’ici à 2030 par rapport à 2019 et de parvenir à un bilan carbone neutre d’ici à 2050. Les investissements dans les technologies aéronautiques de pointe et dans le carburant synthétique font partie des leviers les plus importants pour réduire les émissions de CO2 », explique le CEO Dieter Vranckx. L’Airbus A220 émet également 50 % d’oxyde d’azote en moins et il est beaucoup plus silencieux, ce qui se ressent non seulement par les passagers mais aussi par les riverains. 

L’A220-300 immatriculé HB-JCU a été baptisé du nom de « Davos »

Le tout dernier Airbus A220-300 immatriculé HB-JCU a été baptisé du nom de « Davos » juste après son atterrissage à l’aéroport de Zurich, en présence de Philipp Wilhelm, landamann (président du Conseil d’État) de Davos, Reto Branschi, CEO de Destination Davos Klosters, Dieter Vranckx, CEO de SWISS, et Peter Koch, pilote de SWISS et responsable du programme A220. Peter Koch : « Je suis né à Davos et donc bien évidemment enchanté que le 30e Airbus A220 soit dédié à ma ville natale. Il propagera ce nom dans les grandes villes et destinations vacances de toute l’Europe ». 

Le HB-JCU devrait faire sa première apparition sur le réseau de SWISS le samedi 29 mai 2021, à destination de Londres.

L’A220

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De grands hublots rapprochés laissent entrer plus de lumière à l'intérieur de la cabine, ce qui crée une sensation d'espace inédite.Chaque rangée de sièges comporte un écran sur lequel lu peut visionner des films et des informations sur le vol durant votre voyage. Les compartiments à bagages offrent plus de place pour les bagages à main. Le nouveau design accroît sensiblement la sensation d'espace à l'intérieur de la cabine. La climatisation de la cabine s'adapte automatiquement en fonction du nombre de passagers. Ceci garantit une ventilation optimale et une température agréable pour chaque place assise. Pour manger ou pour travailler, le support de tablette est désormais installé au centre, ce qui offre beaucoup de place aux genoux, même lorsque la tablette est rabattue. La consommation de carburant a été diminuée de 20 %, ce qui réduit également les émissions de CO2. Ceci grâce aux réacteurs entièrement repensés, à l'aérodynamisme optimisé et au poids réduit de l'appareil. Le niveau de bruit perceptible par l'oreille humaine a été divisé par deux. L’A220 contribue ainsi sensiblement à améliorer la qualité de vie des riverains des zones aéroportuaires. Les ailes et les « Winglets » spécialement dessinés ainsi que les réacteurs parfaitement dimensionnés garantissent une consommation de carburant réduite. Le poids de l'appareil a été réduit d'une tonne. Ceci notamment grâce à l'utilisation d'un nouveau type d'aluminium et de matériaux composites sélectionnés. L’A220 est le premier appareil à embarquer un système de freinage électrique. Celui-ci améliore l'efficacité du freinage tout en réduisant l'usure. Il garantit en outre aux passagers un atterrissage en douceur. La cuisine de bord a également été transformée. L'agencement fonctionnel et ergonomique facilite le travail de notre personnel de bord.

l'A220 a été conçu de manière optimale pour sa zone d'opération: pour un avion court-courrier, il a une très bonne autonomie, malgré ses capacités de chargement de fret et le poids total. Depuis la Suisse, par exemple, il peut voler à pleine charge vers Marrakech, Le Caire ou Tel Aviv. Dans le même temps, il peut également atterrir sur des pistes très courtes et étroites telles que London City et Florence. En ce qui concerne London City, il convient de mentionner l'approche particulièrement raide pour laquelle l'A220 est également certifié.  

Les moteurs de l'A220 avec un taux de contournement extrême sont particulièrement remarquables. Cette technologie dite de « ventilateur à contournement élevé » permet de fournir plus efficacement la poussée requise. Par rapport aux modèles précédents, cela se traduit par une consommation de carburant nettement inférieure et donc des émissions de CO2 dans la même mesure (plus de 20% de réduction). Les matériaux légers utilisés dans les différentes parties de l'avion jouent également leur rôle. Cette quantité réduite de CO2 correspond à environ 7’000 vols par an entre Zurich et Londres City.

Fin avril, 155 A220 au total avaient été livrés par Bombardier et Airbus, sur un total de près de 650 commandés. Environ 86% des commandes concernent le modèle -300. 

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Photos : 1 & 4 A220 SWISS 2 Livraison du 30 ème appareil 3 Cockpit  @ SWISS

 

12/06/2020

La taxe sur les billets d’avion est-elle équitable ?

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Le Parlement suisse a voté en faveur de l'introduction d'une taxe environnementale sur les billets d'avion. Cette première étape doit encore passer la rampe du Conseil des Etats et peut-être que le paquet « environnemental » (qui touche aussi l’essence) devra-t-il passer devant le Peuple ?

De quoi parle-t-on : ?

Le Conseil National a approuvé la proposition par 135 voix contre 65, d'inscrire cette mesure dans la loi sur le CO2. Cette taxe incitative sera perçue sur tous les vols en partance de la Suisse. En seront exemptés les vols de transit, les vols effectués à des fins médicales et ceux destinés à des fins souveraines. Les vols privés seront aussi taxés. Mais contrairement aux sénateurs, le National ne veut pas inclure les avions légers, les vols effectués à des fins de formation ainsi que les vols d'usine et le travail aérien. La nouvelle taxe visant principalement l'aviation d'affaires ne devrait pas s'ajouter à la taxe sur les billets d'avion ni à l'impôt sur les huiles minérales. Elle s'appliquerait aux vols en partance de la Suisse et son montant se situera entre 500 et 5000 francs en fonction de la taille de l'appareil.

La fourchette de prix et de 30 francs suisses à un maximum de 120 francs suisses par billet en fonction de la distance et de la classe de voyage. Selon les Sénateurs, la moitié des recettes iront à un fonds climatique pour des initiatives de réduction des émissions, mais n'a pas encore déterminé comment cela sera utilisé, car les détails du plan sont très controversés.

Que pensez de cette taxe :

Tout le monde a bien compris l’urgence climatique du moment. Pourtant, l’industrie de l’aviation n’est pas un mauvais élève. Depuis 2000, le transport aérien a augmenté de 60%, mais la consommation n’a augmenté que de 10% et ceci grâce au remplacement d’anciens avions par de nouvelles machines plus économe. Imaginez, depuis 50 ans, les nouvelles technologies ont permis de réduire la consommation de 70 %. Les objectifs du secteur de l’aviation sont :

 

  • Réduction de 50% des émissions de CO2 des vols métropolitains d’ici fin 2024.
  • Renouvellement de la flotte pour réduire les émissions.
  • Objectifs de 2% de carburant alternatif durable dès 2025 et 50% dès 2035.

Cette taxe pose plusieurs problèmes :

Tout d’abord, cette taxe crée une distorsion de concurrence car les compagnies aériennes étrangères avec seulement quelques départs de Suisse ne répercuteront pas forcément la taxe. Si l’on prend le cas de SWISS, la flotte de cette dernière est l’une de moderne au monde et donc l’une des moins polluantes. Par conséquent, si un passager suisse choisi un autre transporteur, dont la flotte est moins moderne et plus polluante, soit, il ne payer pas de taxe, soit il payera le même prix qu’un passager à bord d’un avion moins polluant. Le principe du pollueur payeur n’est pas respecté. De fait, cette taxe ne sera pas incitative pour le passager.

Autre problème fondamental, concerne l’usage de l’argent de cette taxe qui doit être encore défini. Si, tout le monde s’accorde pour un usage en direction de projets environnementaux, il serait également important qu’une partie de la taxe puisse servir les projets de la transition énergétique de l’aviation comme : le développement des biocarburants encore trop peu présent, les améliorations en vue de réduire la consommation des moteurs d’avions, le remplacement des produits en plastique non réutilisables à bord.

Ne pas faire n’importe quoi :

Le monde du transport aérien suisse n’est pas forcément contre une telle taxe, mais celle-ci devrait être appliquée au niveau mondial d’une part. La taxe ne devrait pas péjorer les transporteurs ayant renouvelés leur flotte, mais au contraire viser les anciennes flottes. Pour toutes ces raisons, le secteur de l’aviation espère que le monde politique sera avisé de mettre en place une loi, si elle est acceptée, qui soit juste pour tous, et pas un simple nuage de fumée pour satisfaire à tort l’hystérie du moment.

Photo : A320neo de SWISS  tout neuf, l’avion consomme 20% de moins de carburant que l’ancienne version @ SWISS

 

 

28/04/2020

SWISS va reconfigurer trois B777 en mode cargo !

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Pandémie du coronavirus oblige, les transporteurs doivent s’adapter aux besoins actuels. Swiss prévoit de reconfigurer trois Boeing B777-300ER  en tant qu'avions cargo dans le cadre d'un plan visant à exploiter un services de fret vers l'Asie et l'Amérique du Nord d'ici la fin mai. Il s’agit pour cela de retirer les sièges à bord des avions.

Le transporteur du groupe Lufthansa a annoncé qu'il mettrait en place «un nouveau réseau de services de fret uniquement» pour opérer jusqu'à trois vols quotidiens vers Shanghai et jusqu'à deux par jour vers Pékin au départ de Zurich.Chicago et Tokyo seront desservies deux fois par semaine, tandis que des vols vers Bangkok et Singapour seront opérés sur une base hebdomadaire.

Par ailleurs, un porte-parole de la compagnie a déclaré que d'autres destinations devraient être ajoutées au nouveau réseau au cours des prochaines semaines.

Des vols pour les besoins sanitaires:

Depuis fin mars, Swiss a effectué plus de 80 vols cargo d'Asie vers la Suisse pour transporter «principalement» des fournitures et équipements médicaux pour le système de santé suisse. Les vols supplémentaires prévus seront opérés «pour le compte de diverses entités privées et publiques».

Les modifications vont permettre d’assurer les livraisons de marchandises cohérentes et régulières et contribueraient ainsi à maintenir la Suisse en contact optimal avec le monde dans les conditions actuelles difficiles.

Quelques avions en service :

Pour l’instant SWISS maintien trois A220-100 et trois A220-300, le seul A320neo, un A330, les cinq A340-300 de la compagnie aérienne et quatre B777-300ER en service, le reste de la flotte étant répertorié comme étant en stock.

A propos du B777300ER :

Le B777-300ER a été introduit en ligne service en 2005, il se distingue par son efficacité énergétique et son aménagement intérieur primé à de nombreuses reprises. Le B777-300ER a été commandé par 37 clients à travers le monde entier. Vingt-sept clients opèrent maintenant le B777-300ER. Le B777-300ER compte 35 % de différence vis-à-vis du modèle de base «777». Chaque aile a été prolongée de 6,5 pieds (1,98 m) avec des stabilisateurs qui réduisent la longueur de piste au décollage et augmentent  les performances de montée et permettent de réduire la consommation de carburant. L’avion dispose d’un nouveau train d'atterrissage spécialement adapté pour les pistes courtes. Les entretoises et les nacelles ont été modifiées pour tenir compte de la poussée nettement plus élevée des moteurs. Les avions sont alimentés exclusivement par le General Electric GE90-115BL soit,  le plus grand et le plus puissant des moteurs à réaction commercial, la production est de 115 300lbs (512 kN) de poussée. 

Photo : le tout premierB777-300ER à Genève@ P.Kümmerling