07/05/2019

La mauvaise gestion du remplacement des CF-18 !

85BD59E3-DE35-422F-9999-73A9F1F6CB8C.jpeg

Les critiques s’accumulent en direction de l’actuel gouvernement Trudeau en ce qui concerne la gestion du remplacement de la flotte d’avions de combat Boeing CF-18A/B « Hornet ». De nouvelles révélations sur le dossier sont apparues cette semaine. Le dossier enfle un peu plus avec notamment une perte de confiance du voisin américain.

Rappel :

Le Gouvernement Trudeau continue d’affirmer qu’il ne tiendra pas compte du contrat signé par le précédent gouvernement à propos de l’achat du F-35 de Lockheed-Martin. Dans l’attente d’une nouvelle compétition, le gouvernement Trudeau a opté pour l’achat d’une flotte de F/A18 A/B d’occasions en provenance de l’Australie. Cette solution de remplacement en attendant mieux n’est pourtant pas forcément une bonne idée. En effet, il faut se rappeler que l’US Navy va progressivement retirer ses « Hornet » à partir de 2023. De fait, Boeing ne livrera plus de mises à jour des logiciels à cette date. Un problème d’obsolescence va venir se poser rapidement pour ces avions en service. De plus, le potentiel cellule arrivant en fin de vie, il faudra à la Royal Canadian Air Force les utiliser avec une extrême économie, qui prendra d’autant plus raison, si le nouvel avion tarde à être choisi. Du côté de l’opposition c’est l’insatisfaction qui prédomine. En effet, l’argent investit aurait pu être mieux utilisés dans l’achat d’un nouvel avion. Pour de nombreux observateurs, les vieux « Hornet » australiens souffrent déjà de nombreuses pannes et problèmes techniques, en cause le vieillissement des avions. Pour certains, cette solution permet au gouvernement Trudeau de jouer la montre avec l'achat du futur avion et surtout évite de reparler du contrat F-35.

Un nouveau rapport qui met le feu aux poudres :

L’Institut Macdonald-Laurier (ILM), soit un organisme indépendant d’analyse, vient de publier une étude réalisée par Richard Shimooka, chercheur à l’ILM. Celui-ci jette un regard critique sur l’approche du gouvernement pour remplacer la flotte vieillissante de chasseurs CF-18 du Canada. Dans le rapport intitulé : La catastrophe, évaluer les dommages causés par le fiasco des substituts du chasseur canadien, il affirme que la performance d’Ottawa dans ce dossier reflète le scandale SNC-Lavalin et l’affaire Mark Norman, soit deux autres affaires qui gangrènent l’actuel gouvernement.

Pour le chercheur de l’ILM, le gouvernement tente de contourner le processus établi pour répondre à ses intérêts partisans, notamment en ce qui concerne le futur avion de combat canadien.

Il faut comprendre, que l’ancien gouvernement Harper avait signé des engagements en direction de Lockheed-Martin et le F-35. De fait, le Canada est devenu un participant au programme Joint Strike Fighter (JSF) en vue de venir remplacer les CF-18 vieillissants au sein de l’ARC.

«Lors de la campagne électorale de 2015, le Parti libéral avait promis de ne pas acheter les F-35, mais d'utiliser un concours pour identifier, puis acheter un concurrent moins cher… Cette décision s'est avérée impossible, contraire à l'éthique et potentiellement illégale ”Écrit Richard Shimooka.

L’expert met également le doigt sur un problème de coût. En effet, des milliards de dollars ont été perdus dans un processus d’achat visant à combler un manque de capacités artificielles à une menace potentielle pour la relation de défense entre le Canada et les États-Unis, le rapport conclut que les intérêts politiques ont toujours été placés au-dessus des besoins du Canada en matière de défense. Et de continuer sur le fait que "les décisions prises concernant le remplacement des avions de combat CF-18 concernaient uniquement des raisons d’intérêt politique: aucune d’entre elles ne pouvait être revendiquée comme étant dans l’intérêt national du pays". 

Un rapport qui secoue le pays :

Les conclusions du rapport de l’ILM ont attiré l’attention du Bureau du vérificateur général du Canada (BVG) et de hauts responsables américains. Selon des documents jamais vus auparavant, le BVG avait expressément mis le gouvernement en garde contre le choix d'acheter des « Hornet » australiens comme mesure provisoire dans un projet de rapport - et le rapport final du BVG avait été profondément révisé pour masquer cette recommandation.

Pressions américaines :

De son côté, le voisin américain n’est pas resté muet,  des lettres de responsables américains révèlent que «le ressentiment et la méfiance à l'égard du gouvernement du Canada avaient augmenté, en particulier au sein de l'US Air Force». Ces lettres, qui n'ont pas encore été rendues publiques, décrivent les importants avantages stratégiques et économiques pour le Canada, qui de fait est partie prenante du programme JSF. Cependant, ils contiennent également une menace implicite (mais claire) selon laquelle le Canada pourrait être exclu du programme,  si Ottawa poursuivait sa politique actuelle consistant à essayer d'obtenir des retombées industrielles garanties qui, de par leur nature, ne sont pas autorisées dans le cadre du programme JSF.

Le gouvernement Trudeau a volontairement ignoré les faits fondamentaux concernant l'adhésion au programme JSF, y compris des avantages évidents en termes de coût et de capacité fournis par le F-35 et ceci uniquement dans le but de satisfaire son électorat.

Si l’on peut comprendre les réticences du gouvernement canadien en direction du F-35, celui-ci ne pouvait ignorer les accords signés par le précédent gouvernement. Il semble cette fois bien établit, que le Canada soit lié au programme JSF de manière bien plus solide que ce que ne laisse entendre l’actuel gouvernement. Le simple fait de traîner les pieds sur le remplacement des CF-18 confirme un peu plus ce sentiment. Reste à voir comment ce gouvernement va gérer la crise et surtout l’impact de celle-ci sur la nouvelle compétition qui est en préparation. 

Photo : F-35 aux couleurs du Canada @ Lockheed Martin

19/04/2019

Hélicoptère Tigre, fin de crise en Australie !

tiger-800x444.jpg

Le feuilleton des hélicoptères « Tigre » australiens à trouvé une fin heureuse. Airbus a obtenu une prolongation du contrat de soutien à la vie de l’hélicoptère de reconnaissance armé (ARH) « Tigre » de l’armée australienne par le ministère de la Défense australien.

Rappel :

En 2015, l’Australie avait signifié son mécontentement à Airbus en ce qui concerne sa flotte d’hélicoptères Tigre ARH. Unrapport annuel de la défense de l'Australie a montré que les hélicoptères Tigre avaient volé 3’000 heures dans une période de 12 mois, soit bien en dessous des 6.000 heures recherchés. L'armée dénoncait notamment que la motorisation des Turbomeca MTR de l'hélicoptère ont un coût plus élevé que prévu. L’australienne se plaingnait de la difficulté pour obtenir des pièces détachées et que plusieurs incidents impliquant de la fumée dans le cockpit avait été relevés. 

Menace de remplacement :  

N’obtenant pas satisfaction, Canberra avait en octobre dernier lancé une demande d'informations sur les "hélicoptères de reconnaissance" afin de soutenir les opérations spéciales. Le projet visant le remplacement de la flotte actuelle d’hélicoptères Airbus Tigre ARH de reconnaissance armée. Cette menace a eu les effets escomptés.

Réaction d’Airbus :

L’hélicoptériste a réagit à la menace en lançant un travail de profondeur dans le but d’améliorer les performances de la flotte australienne.

L'extension TLS couvrant le programme ARH jusqu'en 2025 comprend:

 

  • maintenance plus poussée des appareils et des composants;
  • maintenance opérationnelle des aéronefs affectés à la formation;
  • formation du personnel navigant et des techniciens, y compris la maintenance du matériel de formation;
  • services de conception, y compris incorporation de la conception OEM;
  • développement et test de systèmes et de logiciels;
  • Prise en charge complète des pièces, notamment MRO, achats, stockage et distribution;
  • publications techniques; politique de maintenance; et gestion de flotte.

 

2571168438.jpg

Photos :Tigre ARH australien @ RAAF

10/04/2019

Des Falcon 7X pour la RAAF !

E6454759-BB0C-486D-B224-13F7D6BBDC28.jpeg

La Royal Australian Air Force va louer  trois jets d’affaires Dassault 7X pour le transport  VVIP. Ces appareils vont venir remplacer la flotte actuelle de trois Bombardier CL604 « Challengers » âgés de 16 ans, eux-mêmes en location a déclaré le Département de la défense australien.

Les nouveaux appareils permettront de réduire les coûts d’exploitation tout en offrant des capacités de communication modernes, ainsi qu’une autonomie et une endurance accrues. Les Falcon 7X entreront en service d’ici le troisième trimestre de 2019.

Le Falcon 7X :

Le Falcon 7X est le premier jet d'affaires à intégrer un système de vol de contrôle numérique, qui fournit une enveloppe avec une plus grande sécurité. L'avion est également livré en standard avec le poste de pilotage EASy. Le système Cockpit EASy de nouvelle génération comprend : un mini-manche latéral, le Digital Flight Control System, le système Primus Epic d’Honeywell, l’automanette et un affichage tête haute optionnel Collins et le système de vision améliorée EFVS (Enhanced Flight Vision System).

Le Falcon 7X est alimenté par trois moteurs Pratt & Whitney PW307A Canada de 6402 lb (28,5 kN) de poussée chacun (SL ISA+17 °C) et offre une efficacité de carburant supérieure de 15 à 30% face aux autres aéronefs de la même catégorie.

Le Falcon 7X vole plus vite, seul jet d’affaires long-courrier certifié par l’AESA et la FAA pour décoller de l’aéroport de London City, le Falcon 7X possède un rayon d’action de 5 950nm (11 000km) lorsqu’il transporte huit passagers à Mach 0.80.Il ouvre une nouvelle ère d’innovation, de confort et de performances. Le Falcon 7X parcourt 11 000 km (5950 nm) sans escale et relie Paris à Tokyo,  New York à Dubaï, Berlin à Los Angeles,  Johannesburg à Londres, il est le seul jet d’affaires long-courrier certifié par l’AESA et la FAA.

 

Photo : Falcon 7X @ Dassault Aviation

09/03/2019

Les Hawk de la RAAF modernisés !

20150512ran8504132_270.jpg

La flotte d’avions écoles BAe Hawk en service au sein de la Royal Australian Air Force (RAAF) a terminé sa modernisation. Les mises à niveau de l'avion ont commencé en 2014, dans le cadre d'un programme de mise à jour portant sur un total de 33 avions Hawk Mk127. L’Australie a reçu ses Hawk Mk127 entre 1999 et 2001.

Standard T2 :

La RAAF a donc engagé une modernisation qui a mené ses aviosn écoles Hawk à la dernière version disponible soit le T2.  La version T2 (Export) ou MK.128 fait partie de la nouvelle génération de jet (AJT) destiné au départ pour la Royal Air Force et la Royal Navy.  Le T2 comprend un affichage moderne de type LCD à la place de l'instrumentation classique, et permet la préparation pour le vol des avions de combat modernes, en particulier le tout "en verre". Le nouveau logiciel OC2 sera le même que celui retenu pour la RAF et l’Arabie Saoudite. Il utilise un moteur  Rolls-Royce Adour 951.

Trois pays ont également déjà opté pour ce modèle, l’Afrique du Sud et l’Inde et l’Arabie Saoudite.

Photo :Hawk T2 de la RAAF @ RAAF

 

 

 

04/03/2019

RAAF, les Roulettes du PC-9 au PC-21 !

59EC2C9C-7E49-4795-B417-90C96981ADEC.jpeg

 

L’équipe de voltige de la Royal Australian Air Force (RAAF) « The Roulettes » est sur le point d’effectuer sa dernière présentation avec l’avion école Pilatus PC-9 qui aura lieu lors du spectacle aérien d’Avalon, après quoi l’équipe effectuera sa transition vers le PC-21.

«Le Pilatus PC-9  fournit depuis 30 ans un excellent service aux forces de défense australiennes (ADF), formant des milliers d’équipages de la marine, de l’armée et de la force aérienne», a déclaré le ministre de la Défense, Darren Chester.

Le PC-9 est progressivement remplacé par le nouveau PC-21, ce dernier deviendra également la nouvelle monture de la Patrouille de démonstration aérienne de la RAAF « The Roulettes ».


Rappel :

C’est en 2015 que l’Australie a signé le contrat pour la fourniture de 49 avions écoles Pilatus PC-21 à la Royal Australian Air Force (RAAF). Le contrat de services d'une valeur de 1,2 milliard de dollars voit Lockheed-Martin Australie livrer en partenariat avec l’avionneur suisse Pilatus les 49 avions écoles de nouvelle génération PC-21. La Force de défense australienne avait lancé un appel d’offre pour remplacer ses actuels Pilatus PC-9M avec un nouveau système de formation dénommé "Air Project 5428" à partir duquel le PC-21 est sorti vainqueur après les négociations et l'évaluation approfondie. Ce paquet va harmoniser la formation avec le PC-21 assurant un système moderne de formation rentable pour la formation de base et avancé des pilotes de la RAAF.

pilatus aircraft,pc-21,the roulettes,patrouille de démonstrations aerienne,blog défense,aviation militaire,romandie aviation,raaf

La génération PC-21:

Le PC-21 permet une formation complète des élèves pilotes et ceci avec des possibilités offrant une nouvelle dimension. En effet, il s’agit là, d’un système d’écolage en vol performant, qui remplace totalement la transition sur avion école à réaction de type Hawk ou Alpha jet. En effet, le PC-21 offre la possibilité unique au monde d’assurer une transition directe vers des chasseurs modernes, tels que les F/A-18, Rafale, Gripen, Eurofighter et F-35 pour ne citer que ceux-là. Il est également possible d’opter pour une combinaison en binôme avec un jet école, dans ce cas la formation sur jet peut être réduite en nombre d’heure. Les coûts de formation, de maintenance sont très largement diminués, sans oublier la réduction significative des nuisances sonores et de l’optimisation de la consommation de kérosène. L'avion permet une simulation complète et ceci sans armement, car ceux-ci sont simulés grâce à une interface spécialement développée pour l’avion.

La patrouille des « Roulettes » :

La patrouille des  « Roulettes »  de la RAAF volait jusqu’ici sur le Pilatus PC-9. La  patrouille de démonstration de l'École centrale de vol est basée East Sale dans la région de Victoria. L'École a formé sa première équipe de voltige en 1962, les « Red Sales » qui volaient à l’époque sur De Havilland Vampire, puis sur Aermacchi MB-326. En 1970, les « Roulettes » ont été formé pour célébrer le 50e anniversaire de RAAF et est devenue une équipe permanente depuis lors. Pour les 21 instructeurs seniors de l'école, le commandant de l'école et le chef de la patrouille offrent aux pilotes sélectionnés une possibilité de faire partie des « Roulettes ». L'équipe est organisée en saisons, qui durent six mois, la plupart des membres servant dans l'équipe pendant trois saisons avant de passer à d'autres  fonctions.

 

C294002C-ABA0-49C2-82E1-0807FEE05435.jpeg

Photos : 1 les PC-9 actuel des Roulettes@ RAAF 2 Le PC-21 aux couleurs des Roulettes @ Pilatus Aircraft