05/09/2019

Police aérienne, les heures de bureaux appartiennent au passé !

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Ce mercredi les Forces aériennes ont fait le point sur la mise en place de la police aérienne, lors d’une conférence de presse sur la base aérienne de Payerne, suivi d’une démonstration de décollage de deux appareils armés. Le bilan est positif et l’extension des interventions depuis le début de cette année tous les jours de 06h00 à 22h00 fonctionne bien. D'ici fin 2020, deux avions armés seront complètement disponibles sept jours sur sept, 24 heures sur 24 

06H00 à 22H00 :

Actuellement, la police aérienne est disponible de 6h à 22h et ceci 365 jours par an. Le développement du service de police aérienne se poursuivra jusqu’à fin 2020 pour atteindre la pleine capacité avec deux avions armés opérationnels 24 heures sur 24, 365 jours par an (PA24/24).

Nous sommes maintenant entrés dans l’avant-dernière étape avant la disponibilité complète. Il faut cependant noter que ces deux dernières années des exercices ponctuels ont été réalisés pour tester la PA24 24/24 avec des mises en piquet ininterrompus de deux avions armés et ceci durant 36 heures. Avec cette mesure, les Forces aériennes poursuivent deux objectifs : il s’agit, d’une part, de pouvoir ordonner de temps à autre une augmentation aléatoire de la disponibilité afin de rester imprévisible en cassant la routine et, d’autre part, d’acquérir des connaissances utiles pour la mise en œuvre des phases ultérieures, où la disponibilité est plus élevée.

Surveillance radar 24/24 depuis 2005 : 

La surveillance active de l’espace aérien est déjà une réalité depuis 2005. Sa grande utilité  a été démontrée à plusieurs reprises. On oublie souvent, que si nos avions n’ont pu décoller par le passé, ce sont bien les aiguilleurs du ciel de l’armée qui ont coordonné les interventions des Forces aériennes voisines. Coordination par exemple, lors du cas de l’avion d’Ethiopian Airlines détourné sur Genève a été escorté d’abord par les Italiens, puis par les français.  Le projet PA24 va permettre de réaliser la disponibilité opérationnelle permanente avec deux avions armés prêts à décoller en l’espace de 15 minutes au maximum QRA15 (Quick Reaction Alert). Cependant, selon l’exigence de la situation, ce temps peut être réduit à QRA8 pilote dans l’avion moteur éteint et QRA3 pilote dans l’avion, moteurs en fonction.

Pourquoi faut-il attendre 2020 ? 

Pour beaucoup de citoyennes et citoyens, il est incompréhensible que la mise en activité de notre police du ciel, soit aussi lente à mettre en œuvre. A cette question, le commandant de la base aérienne de Payerne, le Colonel EMG Benoît Studemann explique les raisons de la montée en puissance progressive qui a été mise ne place : la mise en activité du projet PA24 demande une réorganisation en ce qui concerne le personnel de la base. En effet, pour assurer le bon déroulement d’une patrouille de F/A-18 « Hornet » de jour comme de nuit et les week-ends, il était impératif d’augmenter le nombre du personnel au sol et ceci afin d’assurer un tournus de celui-ci. Mais ce personnel requiert une formation particulière, dont la moyenne est de trois ans. Par exemple, il faut 9 contrôleurs aériens supplémentaires, Skyguide ne peut former que deux nouvelles recrues par année et il faut trois années pour être qualifié.

Recrutement et formation additionnelles requis (3 années de formation) :

FA = 54 mécaniciens/électroniciens, 5 chefs d’équipe.

Base logistique de l’armée (BLA)= 20 mécaniciens/électriciens.

Base d’aide au commandement (BAC) = 1 électroniciens.

Skyguide : 9 contrôleurs aériens.

Il faut également noter qu’une partie du personnel au sol est également formé en tant que pompier avec un entraînement spécifique pour intervenir et neutraliser le feu sur un avion de combat armé de munitions réelles (missiles, obus). Le temps de réaction est très court, soit 90 secondes.

Le recrutement et la formation de ces personnes sont nécessaires pour renforcer les équipes déjà présentes pour assurer le tournus de la PA24, il faut pouvoir disposer de deux relèves de 11 personnes au sol sur la base et ceci en permanence. A cela s’ajoute 5 pilotes.

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Le principe de police du ciel :

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Les deux avions sont affectés principalement à des « Hot Missions » et à des « Live Missions ». Dans le premier cas, il s’agit d’engagements déclenchés par la présence d’aéronefs qui violent la souveraineté de l’espace aérien de la Suisse ou qui commettent de graves infractions aux règles du trafic aérien, sans oublier les aéronefs ayant un problème technique (panne radio, problèmes de motorisation et/ou des instruments de navigation). Les « Live Missions », quant à elles, sont des contrôles ponctuels d’avions officiels appartenant à des Etats étrangers qui, pour survoler la Suisse, ont besoin d’une autorisation de vol diplomatique (Diplomatic Clearance). Il peut arriver que l’avion annoncé ne soit pas celui qui traverse notre espace aérien.

Un espace aérien très fréquenté :

Notre pays se trouve au cœur des couloirs aériens européens, plus de 3'000 aéronefs de toutes tailles survolent au quotidien notre pays en moyenne. Les pannes, erreurs de pilotage et autres violations sont malheureusement choses fréquentes. Les avions de ligne, jets privés évoluent à haute altitude et souvent à grande vitesse. Les pilotes de « Hornet » doivent parfois, selon les cas, accélérer jusqu’au passage du mûrs du son, afin de rattraper l’avion sujet à un problème, causant malheureusement quelques désagréments en terme de bruit à la population. Cependant, il faut garder à l’esprit que ceux-ci ne sont rien face aux drames que de telles interventions ont probablement permis d’éviter. Pour l’année 2019, la PA24 enregistre déjà 11 « Hot Missions » et 166 « Live missions ».

La Police du ciel c’est :

Plus de sécurité afin d’éviter une catastrophe dans notre espace aérien.

Une amélioration de la collaboration avec les Forces aériennes voisines. La Suisse est un partenaire incontournable pour la sécurité au centre Europe.

L’application de notre souveraineté aérienne et politique. 

La création de 100 emplois sur le site de Payerne avec aujourd’hui 364 emplois sur la base aérienne.

Un meilleur taux de disponibilité des avions. Les mécaniciens de piquets pour la PA24 sont occupés, lorsqu’ils ne sont pas à préparer un décollage en urgence, à la révision d’avions 24/24, ainsi que le week-end. Les cycles de révision G3 (300heures) et G6 (600heures) seront effectués dans les nouvelles halles (H4) actuellement en cours d’achèvement.

En parallèle à la PA24, de nouvelles infrastructures modernes (dortoirs, salles d’eau, bureaux) pour les pilotes et le personnel au sol sont actuellement en phase de finalisation. Une nouvelle centrale écologique de chauffage fonctionnant avec de pellet de bois sera bientôt mise en service, additionnée par des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments.

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Photos : 1 Hornet au roulage pour décoller 2 Dans le box  @P.Kümmerling

 

21/08/2019

Mirage 2000 à Payerne !

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Le jeudi 22 août 2019 dans la matinée, six Mirages 2000 de l'Armée de l'air française se poseront sur la base aérienne de Payerne pour différents entrainements lors d'un exercice commun pendant une semaine. Ils repartiront le vendredi 30 août. Les français et les suisses utiliseront cette occasion pour s'entraîner conjointement et échanger leurs expériences. De tels exercices ont lieu régulièrement.

L'objectif de cet exercice sont la mise en commun d'expérience dans les domaines de la police aérienne et de la défense aérienne, mais aussi l'entrainement des procédures communes. Les Forces aériennes suisses profiteront aussi de ces journées pour comparer leurs capacités vis-à-vis d'une nation qui a une grande expérience opérationnelle.

Cet exercice a lieu régulièrement et en alternance entre les deux pays. Sur le plan juridique, cet entraînement se fonde sur l’accord entre la Suisse et la France relatif aux activités communes d’instruction et d’entraînement des forces armées françaises et suisses.(Sources DDPS).

Exercice « Epervier » :

L’Exercice « Epervier » n’est pas une première, il existe depuis plusieurs années entre nos deux pays. Dans le cadre des échanges bilatéraux, l’exercice “Epervier” se déroule chaque année à tour de rôle en Suisse et en France. Mais pour des raisons d’engagement sur des théâtres d’opération étrangers de l’Armée de l’air française, cet exercice avait été momentanément reporté ces dernières années.

Epervier, c’est l’occasion pour les deux Forces aériennes de s’entrainer conjointement au combat aérien longue portée BVR (Beyond Visual Range = hors de portée visuelle) et combat aérien rapproché (Dogfight) en enchaînant des missions simples 1 vs 1 puis, plus complexes 4 vs 4.

Il s’agit également de peaufiner les procédures d’engagement afin de parfaire la capacité commune d’engagement en matière de partenariat de défense aérienne.

Il faut rappeler que depuis plusieurs années le partenariat entre les deux pays à fortement augmenté dans le domaine de la sécurité en Europe et ce genre d’exercice, ainsi que l’entraînement au ravitaillement en vol des F/A-18 suisses sont devenus chose courante.

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07/06/2019

Air2030 : Essais du F-35A 

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Quatrième appareil en course pour le programme du futur avion de combat des Forces aériennes suisses, le Lockheed Martin F-35A « Lightning II » a débuté sa série de tests dans notre pays.

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Le Lockheed Martin F-35A « Lightning II » : 

Et ce n’est pas moins de quatre F-35A qui ont fait le déplacement. Les appareils appartenant au 34ème escadron « Rude  Rams » sont arrivés en provenance de la base aérienne de Hills dans l’Utah sur la base aérienne de Payerne. Précédé d’un avion de transport Boeing C-17A "Globemaster III" du 437Th AW/315Th  "Charleston" de l’AMC "Air Mobility Command". Ce dernier s’est posé le mercredi 29 mai pour amener la logistique nécessaire aux essais.

Le F-35A/F3 est un avion de combat de la 5ème génération doté de capacités furtives. Avion monoplace ne nécessitant pas l’obligation d’une version biplace pour la transition, le F-35 a été conçu spécifiquement autour d’une architecture informatique très puissante pour permettre une totale fusion de l’ensemble des capteurs multispectraux. Il est le premier avion entièrement conçu pour fonctionner dans ce que l’on appelle la guerre en réseau (Network Centric Warfare). Le F-35A peut ainsi effectuer des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et menés directement des opérations de guerre électronique, ainsi que la supériorité aérienne sans oublier l’attaque au sol. Doté d’un cockpit de nouvelle génération avec un écran géant central tactile couleurs qui ne nécessite plus le besoin de boutons de sélection. A noter que le traditionnel viseur tête haute (HUD) est supprimé, l’ensemble des informations sont ainsi partagées entre l’écran et le viseur de casque Rockwell Collins ESA Vision Systems LLC, « Helmet Mounted Display System ». Le pilote dispose de la liaison de données TADIL-J (Tactical Digital Information Link) soit une version améliorée de la Link16 de l’Otan. Le TADIL-J a été conçu comme une liaison de données améliorée utilisée pour échanger des informations en temps quasi-réel (NRT). Il s’agit d’un système de communication, de navigation et d’identification qui facilite l’échange d’informations entre les systèmes de commandement, de contrôle, de communication, d’informatique et de renseignement (C4I) tactiques. Le composant d’émission et de réception radio de TADIL-J est le système commun de distribution d’informations tactiques (JTIDS). L’avion est également le premier à disposer d’un système de mise à jour et de logistique en ligne qui répond au nom d’ALIS (Autonomic Logistics Information System). Le système intègre les fonctionnalités suivantes : la maintenance, les pronostics de pannes, la chaîne d’approvisionnement, les services d’assistance aux clients. Actionneurs électro-hydrostatique, le F-35 dispose pour la première fois des actionneurs électro-hydrostatiques (EHA) agissant en tant que commandes de vol principale, ce qui inclut le gouvernail, les empennages horizontaux et la surface de contrôle du flaperon. Les actionneurs des commandes de vol, bien qu’ils possèdent des systèmes hydrauliques internes à boucle fermée, sont contrôlés et alimentés par électricité et non de manière hydraulique, ce qui permet une capacité de survie accrue et un risque réduit.


Les systèmes du F-35/F3 testés en Suisse :

Radar AESA : 

Le F-35A est équipé du radar à balayage électronique AESA conçu AN/APG-81conçu par Northrop-Grumman. Le système dispose des modes air-air et air-sol, suivi de terrain, cartographie à haute résolution, détection de véhicules terrestres, de l’écoute passive et des capacités de brouillage. 

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L’EOTS : 

Le système de ciblage électro-optique de poursuite infrarouge (EOTS) AN/AAQ-40 produit par Lockheed Martin est un système de localisation et désignation de cible air-air et air-sol comprenant un FLIR, une caméra TV à haute définition et un système laser (télémétrie, désignation de cible). Le système est composé d’une fenêtre en saphir durable et est relié à l'ordinateur central intégré de l'avion via une interface à fibre optique à haute vitesse. Le système EOTS améliore la connaissance de la situation des pilotes de F-35 et permet aux équipages d'aéronefs d'identifier les zones d'intérêt, d'effectuer des reconnaissances et de livrer avec précision des armes à guidage laser et GPS.

AN/ASQ-239 Barracuda :

Le système AN / ASQ-239 conçu par BAe Systems protège le F-35 grâce à une technologie avancée afin de contrer les menaces actuelles et émergentes. La suite offre une alerte radar entièrement intégrée, une aide au ciblage et une autoprotection, pour détecter et contrer les menaces aériennes et terrestres.

Le système fournit au pilote une connaissance maximale de la situation, aidant à identifier, surveiller, analyser et répondre aux menaces potentielles. Une avionique et des capteurs avancés fournissent une vue en temps réel et à 360 degrés de l'espace de combat, aidant à maximiser les distances de détection et offrant au pilote des options pour échapper, engager, contrer ou bloquer les menaces.

AN/AAQ-37 (DAS) :

Le système d’alerte missile de Northrop Grumman Electronic System DAS (Distributed Aperture System) AN/AAQ-37 comprend 6 détecteurs  infrarouges répartis en différents points de façon à fournir une vision à 360° autour de l'avion. Le système est combiné à un brouilleur Sanders/ITT ALQ-214.

Radios & IFF :  

Le F-35A est doté système de navigation et de combat Northrop Grumman AN/ASQ-242, qui inclut :le système de communication Harris Corporation Multifunction Advanced Data link (MADL)  avec une radio SINCGARS, une radio cryptée HAVE QUICK et un interrogateur/ transpondeur IFF Mode5.

Données techniques & armement du F-35A/F3 :

Un moteur Pratt & Whitney F135 de 125kN et 178kN avec postcombustion. Masse à vide 13’170kg, maximale 25’600kg. Vitesse Mach 1,6. Plafond pratique 18’500m. Vitesse ascensionnelle plus de 180 m/s. Rayon d’action 1’080km.

Armement : 

10 point d’emport : 4 internes et 6 externes. 1 canon General Dynamics GAU-22 de 25mm. Air-air : AIM-9X Sidewinder, IRIS-T, ASRAAM, AIM-120 AMRAAM, METEOR. Air-sol : AGM-((AARGM, AGM-158 JASSM Brimstone, AGM-169 JCM. Antinavire : JSM, LRASM. Bombes : Mark 82, Mark 84, Small Diameter Bombe, JDAM, AGM-154 JSOW. 

La version disponible en 2025 :

Le F-35A/F4 : 

Si notre pays devait opter pour le F-35A, nous recevrions en 2025 le standard F4. Ce standard devrait prendre en compte un certains nombres d’améliorations en ce qui concerne le viseur de casque, l’optronique, les capacités d’engagement ainsi que le règlement de certains nombre de problèmes de l’avion. Les coûts d’achat et d’heures de vol devraient également continuer de baisser.

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Liens sur les essais précédents :

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/04/30/air2030-es...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/04/12/air3020-l-...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/05/21/air2030-e...

 

Photos :F-35A à Payerne @ P.Kümmerling

12/04/2019

Air2030: l’Airbus Eurofighter « Typhoon » aux essais !

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Nous voici entré dans la phase tant attendue des essais en vol depuis les installations de la base aérienne de Payerne des avions de combat en concours. Le nouvel avion devra venir assurer la pérennité de nos Forces aériennes en venant remplacer dès 2025 les derniers Northrop F-5 E/F « Tiger II » et la flotte de Boeing F/A-18 C/D « Hornet.

Présentation factuelle : 

Pour chacun des candidats vous trouverez ici une présentation factuelle de l’avion en test et de l’évolution de celui-ci dans le standard qui sera disponible à la livraison en 2025. L’objectif est de faire connaitre l’avion actuellement en test de manière égale et impartiale vis-à-vis de ses concurrents. Il n’est pas question de faire ici l’évaluation de chacun, celle-ci est le fait des spécialistes d’armasuisse et des Forces aériennes, qui par ailleurs disposent des données confidentielles sur chacun des candidats. 

Rappelons également, que le choix d’un avion n’est pas que technique, il s’agit d’un partenariat sécuritaire qui englobe des enjeux stratégiques. Le choix du futur partenariat d’entraînement avec une force aérienne amie, un partenariat dans le cadre de la production d’éléments de l’avion et des engagements industriels à 100% à travers l’industrie civile (Offsets). Nous devons parler de « paquet global » en ce qui concerne le choix final, mais nous y reviendrons.

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Etat des essais :

La première phase de tests en simulateur chez les constructeurs a permis de vérifier le bon fonctionnement des divers systèmes de chaque appareil, selon un scénario précis. Par exemple : on vérifie, si les alarmes fonctionnent correctement. En plus des simulateurs, les constructeurs ont dû répondre à diverses questions concernant la maintenance et la logistique.

La phase d’essais en vol en Suisse, 8 au total, doit permettre de vérifier les données de l’avion, comme sa vitesse, la portée radar par exemple. Il s’agit également de tester les différents capteurs de l’avion en situation réelle. Les éventuels faux échos qui pourraient survenir sur le radar, générés par les montagnes. Pour cela des missions spécifiques sont organisées. La dernière est libre et doit permettre au candidat de montrer des spécificités propres à l’avion.

Toutes ces données sont enregistrées sur l’enregistreur de vol qui permet ensuite d’analyser chaque phase des essais en détail. Les pilotes suisses sont en place arrière sur les avions biplaces et suivront les appareils monoplaces à distances (F-35 & Gripen E). Selon armasuisse, il est important que les avions puissent donner le maximum de leurs capacités durant les 8 vols. Cette possibilité est due au fait que ce sont les pilotes des avions respectifs qui effectuent la manœuvre. Avec des pilotes suisses, il aurait fallu plus de temps, afin que ceux-ci apprivoisent chaque modèle. En Suisse, une phase d’observation de la maintenance et de sa facilité est également au menu des essais.

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 L’Airbus Eurofighter T2 (FGR.4) « Typhoon II » :

Les deux avions (un biplace et un monoplace) qui sont arrivés le 9 avril sur la base de Payerne, sont des Eurofighter T2 ou FGR.4 (dénomination anglaise) appartenant au 41ème Squadron de la RAF basé à Conningsby. Il s’agit du standard le plus récent disponible pour l’Eurofighter.

L’Eurofighter FGR.4 (T2) est un avion de combat de génération 4++ doté d’une avionique et de systèmes d'armes entièrement numériques avec système HOTAS. Le Typhoon est conçu pour effectuer les missions aériennes suivantes: supériorité aérienne, interdiction aérienne, suppression de la défense aérienne ennemie (SEAD), soutien aérien rapproché (CAS) et attaque maritime.

Doté d’une avionique avec trois écrans multifonctions, le système intégré de gestion de la mission et de l’armement de l’Eurofighter fusionne les données fournies par tous les divers senseurs.  L’interface homme-machine optimisée «Carefree Handling» le décharge de certaines tâches. De plus, les afficheurs multifonctions offrent différents modes de pilotage automatique et un système de commande vocale permettent au pilote de se concentrer entièrement sur sa mission. Le pilote dispose du viseur de casque « Stryker II » de BAe Systems. Liaison de données tactique Link16 de l’Otan. 

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Les systèmes de l’Eurofighter : 

Le système AIS :

Le système AIS (Attack and Identification System) réalise la fusion des informations remontant des multiples capteurs embarqués et des capteurs externes via le système MIDS (Multifunction Information Distribution System). C'est par ce système que l'on contrôle les émissions électromagnétiques de l’avion pour réduire sa détectabilité (système EMCON - EMission CONtrol).

Le radar CAPTOR :

L’avion est doté du radar ECR-90 CAPTOR-M à antenne mécanique de troisième génération, opérant en bande X qui permet à la fois de faire une recherche sur grande distance et de l’illumination et de la poursuite. Il lance automatiquement une poursuite lors de scan (Track while scan – TWS) pour une liste de cibles dont le nombre exact reste classé. Il est possible de l’asservir directement sur le casque du pilote, les données obtenues pouvant ensuite être utilisées pour l’armement air-air courte portée tel que l’ASRAAM. Le système d'identification ami (IFF) est intégré dans le système CAPTOR.

Le système PIRATE (IRST) :

Le PIRATE, pour Passive Infra Red Airborne Tracking Equipment (IRST), est un équipement de deuxième génération d’imagerie infrarouge. Le PIRATE intègre à la fois une capacité FLIR (imagerie infrarouge frontale) et l’IRST (veille et poursuite infrarouge). Le système fait appel à un capteur infrarouge très sensible qui opère dans des longueurs d’onde de 3 à 11 µm en deux bandes. Cela permet aussi bien la détection des panaches de gaz d’échappement chauds des moteurs à réaction que la détection de la surface de chauffe causée par la friction avec l'air de l’atmosphère. Le refroidissement du capteur permet de détecter même de petites variations de température à longue portée. L’utilisation de techniques de traitement d’image améliore encore les données recueillies, ce qui donne presque une image haute résolution des objectifs. Les images obtenues via ce système peuvent être affichées sur l’un des afficheurs multifonctions intégrés dans le cockpit. En outre, l’image peut être superposée à la fois sur le viseur de casque et sur l’afficheur tête haute.

Le système DASS :

L’Eurofighter dispose d’une architecture modulaire pour le système défensif, le DASS(Defensive Aids Sub System). Toutes les parties du DASS sont contrôlées par un DAC (Defensive Aids Computer). Le DAC offre une capacité entièrement automatisée pour analyser et répondre à toute menace que l’Eurofighter pourrait rencontrer. Pour fournir ces informations essentielles sur la situation extérieure, le DASS s’appuie sur différents sous-systèmes comme le détecteur d’alerte radar et son équivalent optronique, le Détecteur d’Alerte Laser (DAL) qui prévient de toute illumination lié à des télémètres lasers ou autres systèmes de guidage laser. Le Détecteurs de Départ Missiles (DDM) qui fournit des informations à 360° sur toute approche de missile, donnant ainsi le temps nécessaire pour engager des manœuvres d’évitement, en s’appuyant par exemple sur des leurres.

Nacelle ATFLIR:

L’appareil est équipé du module de ciblage de précision Raytheon AN/ASQ-228 ATFLIR (infrarouge à visée avancée de ciblage avancé). L’ATFLIR consiste en un réseau de plans focaux fixes de 3 à 5 microns ciblant en mode FLIR, et qui comprend un suiveur laser à haute puissance pompé par diode de BAE Systems Avionics, une caméra de navigation FLIR et de télévision CCD de BAE Systems Avionics.


Données techniques & armement du FGR.4 (T2) : 

Deux moteurs Eurojet EJ200-3A de 60kN et 90kN avec postcombustionMasse à vide 11’000kg, maximale 21’000kg, vitesse Mach 2.0, Mach 1.5 en mode SuperCruise, plafond pratique 16'800 m, vitesse ascensionnelle plus de 250m/s, rayon d’action 1’852km.

Armement (12 points d’emport) : 1 canon Mauser BK-27, Missiles air-air : ASRAAM, IRIS-T, AIM-9X, AMRAAM AIM-120, METEOR. air-sol : Brimstone, Storm-Shadow, Taurus. Anti-radar : HARM, ALARM. Bombes : GBU 10/16/24,  Enhanced Paveway, JDAM. Nacelle de désignation : Litening.

La version disponible en 2025 :

Eurofighter T3A/B Block10/15:

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Si notre pays devait opter pour l’Eurofighter, le standard livré en 2025 serait sensiblement différent. Il s’agirait du T3A/B Block10/15. Ce standard disposera du radar AESA CAPTOR-E à balayage électronique. L’arrivée du CAPTOR-E permet grâce à son antenne AESA d’effectuer des tâches multiples simultanément. Le nouveau radar conserve les principales caractéristiques de l'architecture du radar CAPTOR-M actuel, mais, il est doté d’une antenne AESA en lieu et place de l’actuelle antenne mécanique. Il est prévu d’exploiter la maturité du système actuel et d’y adjoindre le mode AESA. Le T3 disposera également d’une nouvelle architecture en terme d’avionique avec un grand écran multifonctions spécifiquement adapté à la guerre en réseau (Electronic Warfare) produit pas Bae Systems. La puissance électronique sera d’ailleurs démultipliée à cet effet.

Note : Si les avions présentés sont anglais, se sont les allemands qui ont le leadership pour gérer les discussions avec la Suisse.

 

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Photos : 1 & 2 Eurofighter FRG.4 de la RAF à Payerne 3 Pilotes d’essais suisse à gauche et pilote anglais @ Pascal Kümmerling 4 Eurofighter en vol de nuit Le nouveau cockpit du T3 avec grand écrans@BAe

26/09/2018

Du spatial et du spécial au Musée Clin d’Ailes !

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Clin d’Ailes allie son week-end spécial avec la journée de l’espace dédiée aux jeunes, hôtes du musée le samedi 6 octobre. Le dimanche 7 octobre d’autres animations sont aussi proposées pour tous.

Depuis 19 ans l’assemblée générale de l’ONU a proclamé la Semaine mondiale de l’espace (WSW) au début du mois d’octobre. Les dates rappellent celle du lancement, le 4 octobre 1957, du premier satellite artificiel, Spoutnik I, et de l’entrée en vigueur, le 10 octobre 1967, du traité sur les principes régissant les activités des états en matière d’exploration de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes. La Semaine mondiale de l’espace est l’événement spatial annuel le plus important dans le monde. Elle inspire de nombreux étudiants et écoliers qui formeront la main d’œuvre de demain.

A l’invitation des radioamateurs du Musée Clin d’Ailes HB4FR, cette année, ce sont des élèves primaires de Genolier qui participent à la WSW 2018. Lors du «Payerne Space Day» ils proposeront au public le samedi 6 octobre les travaux qu’ils ont réalisés dans le cadre de cette semaine mondiale de l’espace. Ils aborderont notamment le vaste thème de l’exploration de l’espace, avec diverses démonstrations et quiz pour les visiteurs.

Pour les journées spéciales du samedi 6 et du dimanche 7 octobre, les bénévoles du musée de l’aviation militaire de Payerne vous proposent deux après-midi fort animées dans cet écrin qui met en exergue l’histoire aéronautique du pays. L’équipe du Flight Simulator Center (FSC) proposera des initiations dans son installation de simulation que les visiteurs pourront tester.

On reste dans le virtuel, avec la possibilité pour les visiteurs de s’essayer au manche à balai sur l’installation de simulation du Virtual Air School (VAS) du Musée Clin d’Ailes, aux manettes d’un PC-7, en compagnie de pilotes chevronnés.

Le dimanche après-midi, on retrouvera les fidèles radioamateurs de HB4FR avec une initiation au morse, avec une chasse au renard ludique pour les enfants. Les jeunes pourront aussi se faire photographier assis dans le cockpit d’un simulateur F/A-18 en train de faire leurs premières expériences de vol. Ils auront aussi l’occasion d’apprendre à souder un petit avion qu’ils pourront emporter.

Le simulateur du Mirage III sera remis en activité pour ces deux journées exceptionnelles. Une installation unique au monde.

Une surprise attend les plus fins observateurs qui pourront apercevoir un futur pensionnaire du musée dans la halle des opérations d’Espace Passion. Mais chut… le magnifique «faucon» livrera ses secrets à la mi-octobre seulement.

Une cafétéria et la boutique permettront de compléter ces moments divertissants en compagnie de passionnés d’aviation. Toutes ces animations sont gratuites. L’entrée du musée est payante.

 

@Rémy Gilliand