26/11/2021

Canada, une short list avec le F-35 et le Gripen !

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Surprise à Ottawa, l’offre de l’avionneur Boeing avec le F/A-18 « Super Hornet » Block III ne répond pas aux exigences de la demande de la Royal Canadian Air Force ! L’avion est éliminé du choix. En soit, il s’agit d’une surprise. Particulièrement difficile à avaler pour Boeing.

De manière informel, le F/A-18 E/F « Super Hornet » ne répondait pas à un ou plusieurs exigences du cahier des charges canadiens. Surprenante affirmation, pour autant, cette manière de faire semble confirmer une saine concurrence dans ce dossier qui a été très souvent critiqué. 

Lié au F-35

On ne peut oublier que le Canada est lié depuis un certain temps avec le programme F-35. Le pays participe financièrement depuis 1997 à ce dernier. Ottawa a déjà dépensé 613 millions de dollars  en contrats pour rester dans le « Cercle de pays de l'ACI. A l’époque, le gouvernement conservateur de Stephen Harper s'était engagé à acheter 65 F-35 en 2010. Un retour en arrière serait désastreux pour les investisseurs canadiens dans ce dossier.

Une situation étrange pour le gouvernement Trudeau qui avait martelé lors de la campagne électorale qu’il ne voulait pas du F-35 américain et ferait tout pour se détacher de ce dernier. 

Ce même gouvernement d’affirmer par l’intermédiaire du porte-parole du ministère de la Défense nationale, Daniel Le Bouthillier : "La participation du Canada au programme F-35 permet aux entreprises au Canada de bénéficier de contrats". « Notre dernier paiement continuera de fournir au Canada la possibilité d'acheter l'avion à moindre coût et avec un accès prioritaire à la chaîne de production, si le F-35 réussissait dans le processus concurrentiel pour la future flotte de chasseurs ».

Lointaines sont les promesses électorales de l’époque ! Car l'actuel gouvernement canadien pouvait se retirer du programme ACI F-35, mais il ne l'a pas fait, bien au contraire. 

Le programme ACI

Le programme d'avions de combat interarmées de modèle F-35 englobe la conception, la production et l'entretien d'un chasseur furtif polyvalent. Le programme d'ACI est le programme d'avions de combat le plus important au monde. Le Canada est l'un des huit pays partenaires du programme d'ACI, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark et de l'Australie. D'autres pays, comme le Japon, la Corée du Sud et Israël, achètent également l'avion par l'entremise du programme de vente de matériel militaire des États-Unis (É.-U.) à l'étranger (Foreign Military Sales). 

Le Canada participe au programme d'ACI depuis 1997. Cette participation affirmée très tôt dans le processus a permis à l'industrie canadienne de s'installer solidement dans la chaîne d'approvisionnement des ACI F-35.

En 2006, Innovation, Sciences et Développement économique Canada a signé un protocole d'entente, qui comprenait les plans de participation industrielle, avec chaque entrepreneur principal, soit Lockheed Martin et Pratt & Whitney. Ces ententes permettent aux entreprises canadiennes de concurrencer les autres entreprises pour obtenir des travaux dans le cadre du programme d'ACI, notamment pour la cellule, les systèmes, les moteurs et les services connexes. Ces possibilités incluent d'offrir un large éventail d'activités de fabrication et de services au chapitre des grands assemblages structuraux, des systèmes électroniques, des composites de pointe, de l'usinage haute vitesse, de la simulation et de la formation, de l'outillage, et du soutien.

Le Canada est l'un des neuf pays qui ont accepté de couvrir chaque année une partie des coûts de recherche et développement, de plusieurs milliards de dollars, du chasseur furtif, en échange de la possibilité d'en acheter éventuellement à moindre coût. Ces pays se positionnent aussi pour soumissionner sur les travaux de construction et d'entretien de cet appareil conçu par le géant américain de la défense Lockheed Martin. 

Difficile pour le Gripen

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L’avion suédois Gripen E reste en course, l’avion est bon, mais il correspond à une génération 4++ qui n’aura bientôt plus sa place dans la révolution du combat aérien qui se prépare. Du moins, pour les nations de premier plan. Il faut ajouter que politiquement le dossier suédois n’a malheureusement pas la portée de son homologue américain.  

La voie royale pour le F-35 

Avec le programme ACI, le Canada verra ses investissements en direction du programme F-35 récompensés. Soit une acquisition plus rapide et avec des coûts diminués. Question technologies, le F-35 n’a pas de concurrence en Occident et Ottawa là compris. Un choix en direction du F-35 devient naturel.

Photos : 1 F-35 aux couleurs du Canada @ LM 2 Gripen E @ Saab

 

 

17/11/2021

Avions de combat, les EAU aiguisent les appétits !

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Mais quel avionneur remportera la mise au sein des Émirats Arabes Unis ? D’ailleurs, il se pourrait bien que comme pour le Qatar ou l’Égypte, le Koweït, plusieurs modèles d’avions pourraient obtenir un contrat.

F-35, Rafale ou Su-75 

Ils sont trois à pouvoir revendiquer une vente importante pour venir moderniser la Force aérienne des EAU. En janvier dernier, l’américain Lockheed Martin était en pole position avec un accord avec les États-Unis portant sur un total de 50 avions de combat Lockheed Martin F-35A pour un coût estimé à 10,4 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis, l'un des alliés les plus proches de Washington au Moyen-Orient, ont depuis longtemps exprimé leur intérêt pour l'acquisition des avions furtifs F-35 fabriqués par Lockheed Martin et se sont vu promettre une chance de les acheter dans le cadre d'un accord parallèle lorsqu'ils ont accepté de normaliser les relations avec Israël en août dernier. 

Mais pour cela, il faut un accord qui ne gêne pas l’allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins. Dans un premier temps les USA ont travaillé à ce que les F-35 potentiels pour les EAU puissent être bridés et donc inférieurs à ceux vendus à Israël. Mais l’administration Biden n’est pas satisfaite, et des voix se sont élevées pour bloquer purement est simplement cette vente. Les EAU ne seraient pas suffisamment sûr pour obtenir un avion aussi sophistiqué que le F-35A.

De son côté la France tente une opération de séduction avec le Rafale depuis un certain temps. Dassault offre la dernière version, soit le F4 avec des livraisons prévues pour 2025. Les signaux semblent positifs du côté de Paris, et une décision pourrait tomber au début de décembre déjà. Pour le petit Émirats, la solution française ne souffrirait pas à priori de blocage politique. On ne sait pas cependant, si Paris limiterait certains équipements destinés aux EAU. En revanche, en cas de commande, Dassault obtiendrait une belle revanche, les tractations pour vendre le Rafale aux EAU ont débuté, il y a plus de 10 ans, avant d’échouer en octobre 2010.

Troisième avionneur en piste, le groupe russe Rostec propose le tout nouveau Sukhoi Su-75 « Checkmate ». Une offre intéressante avec un appareil de 5 ème génération ayant une signature radar réduite et offrant un grand avantage en termes de prix très inférieur au F-35 et  Rafale, on parle d’une fourchette de 30 à 40 millions de dollars. L’autre intérêt de l’avion russe vient de sa connectivité avec des drones et une version possible non habité, sans oublier une large palette d’armement air-air, air-sol et antiradar. Par contre, l’avion ne volant pas encore, les EAU devraient attendre plus longtemps pour l’obtenir. A moins que le Su-75 viennent compléter plus tard, un premier achat occidental ?

Photos : F-35, Rafale, Su-75

 

 

12/11/2021

F-35, le choix expliqué par un pilote suisse !

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Hier soir au sein de l’Université de Lausanne (UNIL), nous avons pu assister à une conférence explicative organisée par la Société des officiers et militaires du campus universitaire de Lausanne sur le thème : pourquoi le F-35 ? Pour répondre à cette question, l’association a invité le Colonel EMG Pierre de Goumoëns "Drago" pilote de F/A-18 Hornet.

Pas une évidence de prime abord

Je connais Pierre de Goumoëns depuis plusieurs années. Ce pilote d’expérience est direct et n’a pas sa langue dans sa poche, mais une bonne dose d’humour. A préciser qu’il n’a pas été impliqué dans le processus des essais de 2019, alors qu’il avait contribué à ceux de 2008. Une volonté de sa part pour rester impartial, car du fait de ses fonctions, responsable de l’acceptation du futur avion (Certification opérationnelle OPS). De fait, il peut aujourd’hui se concentrer sur le dossier F-35 de manière entièrement libre.

A l’annonce du choix du F-35 le 30 juin dernier, Pierre de Goumoëns, nous explique qu’il a été surpris dans un premier temps, car de l’extérieur aux essais, il ne voyait pas forcément ce choix. En 2008, lorsqu’il participait aux tests, c’est le Rafale qui avait remporté ces derniers. Puis, la compréhension s’est faite évidente.

Il faut préciser que les essais étaient compartimentés (comme je vous l’expliquais) et que chaque groupe d’essais (pilotes, ingénieurs de maintenance, équipe finances) travaillait sans connaitre les détails des autres équipes. Les avions testés ne se combattaient pas, mais devaient chacun à leur tour réussir des tests qui étaient les mêmes pour tous. Chaque avionneur avait eu connaissance à l’avance des objectifs demandés.

L’avancée technologique

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Le choix du F-35 est clair du point de vue de la technologie. Durant essais l’avion a devancé le second appareil de 95 points sur un total de 336 points. Un score net, qui ne souffre d’aucune discussion. Une surprise pour Pierre de Goumoëns, mais qui s’explique par le fait que le F-35 est beaucoup plus récent que ses concurrents. L’avion intègre non seulement les technologies les plus modernes actuelles, mais il est également conçu pour un monde ou la fusion des données, la transmission de celles-ci vont devenir naturelles. Pierre de Goumoëns nous explique également que le F-35 n’en est qu’à ses débuts, l’avion va encore évoluer, soit une solution qui nous permettra d’être à la pointe pour les 30 prochaines années.

Il faut comprendre nous explique-t-il que de passer du F-5 au F/A-18 a été pour lui un saut technologique important, le F-35 sera quant à lui un saut encore plus important, car avec cet avion s’est tout le fonctionnement et l’organisation, la formation, la préparation de vol qui va évoluer. Les possibilités du F-35 en matière de détection air-air, air-sol, guerre-électronique sont quasi instantanées avec une précision sans commune mesure avec ce qui se faisait jusqu’ici. L’analyse immédiate des menaces et leurs transmissions instantanées en réseau, révolutionne le combat aérien. Le couple furtivité (Radar Cross Section) et les formidables possibilités de la guerre en réseau permettront une défense intérieure du pays très élargie.

Les données récoltées en vol servent ensuite à la mise en place de scénarios directement implantés dans les simulateurs, permettant ainsi aux autres pilotes de se former sur des menaces qu’ils n’ont pas encore rencontrées en réel.

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Formation

Là encore, le F-35 fait la différence avec avec un système intégré à chaque appareil pouvant non seulement combattre ses adversaires réelles en vol, mais l’avion peut lui-même ajouter des « ennemis virtuels » et être engagé contre les simulateurs au sol. Cette manière de faire va contribuer à diminuer sensiblement les heures de vols, sans impacter le niveau de préparation des pilotes.

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Pierre de Goumoëns nous explique que des systèmes de type « Mock Up » seront engagés pour former au sol la maintenance et également les soldats d’aviation (miliciens). Ces maquettes grandeur nature vont permettre de travailler tous les gestes et procédures indépendamment de la flotte. Cette méthode évite d’immobiliser un avion pour la formation. Là, encore une solution qui permet de réduire de manière substantielle les coûts d’exploitations.  

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Coûts

Si le prix à l’achat est moindre que la concurrence, cela se justifie par le nombre de F-35 livrés à ce jour, soit 720 (chiffres au 10.11.2021) ainsi que le nombre d’avions cours de commande. Pour les coûts d’exploitations Pierre de Goumoëns a eu comme moi et d’autres, un moment d’incompréhension. La réduction substantielle des heures de vol, la formation basée sur un nouveau mode, l’achat en paquet complet (avions, pièces détachées et les équipements connexes), une flotte au totale diminuée par rapport à l’actuelle (24 F-5 + 30 F/A-18) justifie cette réduction. La maintenance prédictive va permettre d’agir en prévision d’une révision et d’agir au bon moment-là où il faut.

Mais Pierre insiste sur le fait que nous achetons le système F-35 à l’État américain via un contrat FMS et que les coûts sont garantis par le pays sur la période de 10 ans. Il en fût de même pour le F/A-18 « Hornet ».  

Pierre de Goumoëns précise également que la taille du F-35 permet une adaptation aux infrastructures actuelles sans difficulté, ce que certains concurrents ne permettaient pas. A noter, que le système de parachute adopté par la Norvège sera également prévu en Suisse, notamment pour les atterrissages en hiver sur les pistes complexes comme celle de Meiringen, mais également pour faciliter des engagements sur pistes de dégagement (routes, anciens aérodromes de montagne pouvant être réaffectés). Le système de parachute s’adapte sur n’importe quel F-35, par un système de clip et peut-être retiré à volonté.

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Usage en Suisse

Avec le standard Block IV, 4 F-35A peuvent fonctionner en meute de loups et une telle capacité offre une capacité de défense à 360 degrés importantes pour la Suisse qui est positionnée au cœur d’une Europe où les débordements des crises peuvent affecter ses intérêts et sa sécurité. En temps de paix, le F-35 continuera d’effectuer les missions de police du ciel 24/24, telles que testées et démontrées lors des essais. La capacité d’engagement multirôle en binôme avec le système sol-air Patriot permettra de créer un véritable dôme de protection face aux diverses menaces actuelles et en devenir. Le F-35A permettra également de reprendre la capacité de frappe d’appuis au sol avec des systèmes à guidages de précision. La Suisse restera souveraine dans ses décisions, mais bénéficiera des avantages du « Club F-35 ». Des échanges de données, de compétences et d’expériences seront réalisées avec nos voisins et les nombreux utilisateurs européens du F-35, tout comme l’accès au magasin central de pièces détachées (ceci en complément de notre propre stock). Pierre de Goumoëns insiste notamment sur le fait que la maintenance faite en Suisse combinée avec un réservoir de pièces détachées, permettra de fonctionner en totale autarcie durant 6 mois.

Et ces fameuses maladies de jeunesses

A juste titre, notre pilote nous rappelle que tous les avions militaires ou civils, traînent des problèmes techniques et surtout à notre époque des problématiques de logiciels, si une personne vous affirme que son avion est parfait, il vous ment. Le F-35 arrive à maturité, les principaux défauts sont aujourd’hui corrigés ou en passe de l’être. Des correctifs de logiciels vont encore être apportés, des problèmes seront réglés, mais Pierre de Goumoëns insiste sur le fait que certains problèmes secondaires ne seront jamais résolus, on doit vivre et voler avec. Il en va même pour n’importe quel avion, dont l’actuel Hornet. Souvenez-vous du F-16, de l’A320, à l’époque des avions révolutionnaires électroniquement, ces deux appareils ont subi de nombreuses critiques durant de nombreuses années, ils sont par la suite devenus des « Best-Seller » en termes de vente.

Au final

Pour Pierre de Goumoëns le choix du F-35 ne souffre d’aucune discussion, c’est l’avion le plus moderne, le plus sophistiqué et qui peut le mieux garantir la modernité de nos Forces aériennes pour les 30 prochaines années. C’est aussi l’avion qui répond le mieux en termes de coûts par rapport à notre budget qui rappelons-le, reste limité.

Colonel EMG Pierre « Drago » de Goumoëns

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Titre universitaire MA Military Operational Art and Science

Air University, Maxwell AFB, USA

Carrière 

1991 – 1992 Ecole d'ingénieur EPFL à Lausanne 

1993 Lieutenant, breveté comme pilote de chasse sur F-5 E Tiger 

1993 – 1996 Formation de pilote professionnel et d'instructeur de vol 

1996 Instructeur de vol PC-7, Hawk & F-5, école centrale 1(EC1) 

1997 Capitaine 

2001 – 2012 Pilote d'essai opérationnel @ essais évaluations opérationnels (OEE) 

2002 Ecole de pilote d'essai opérationnel (ETPS), Angleterre 

2003 Instructeur formel et tactique, chef de double patrouille F/A-18 

2006 Stage de formation de commandement 2 (SFC2) 

2007 Major 

2007 – 2013 Chef Gestion du secteur technique de la Guerre électronique & remplaçant de chef de projet de la mise à jour des F/A-18 

2008 - 2010 Ecole d'état-major général I, II & III 

2011 - 2012 Lt col EMG, Air Command and Staff College, Maxwell AFB, AL, USA 

Président de classe des officiers internationaux, récipiendaire du prix du leadership international "Robbie Risner" 

2013 Conseiller du Cdt des Forces aériennes suisses, 

Ecole d'état-major général IV

2015 Col EMG, Ecole d'état-major général V 

2017 Chef de la Régulation de l'aviation militaire & Chef de projet MAA 

2018 Chef de l'Autorité de l'aviation militaire 

Expérience de vol 3500+Hrs 

1800+Hrs F/A-18C/D, 700Hrs F-5E, 500Hrs Hawk, 500Hrs PC-7 

Réalisations spéciales 

A été chargé de l'introduction à la troupe pour les Forces aériennes suisses de plusieurs logiciels de configuration pour les F/A-18 de 2001 à 2013. 

A été pilote de projet opérationnel pour la mise en place de plusieurs systèmes sur F/A-18 suisse telles que le nouveau missile infrarouge (AIM-9X), système anti-collision avec le sol Terrain Avoidance Warning System (TAWS), viseur de casque Joint Helmet Mounted Cueing System (JHMCS), Tactical Moving Map (TAMMAC), liaison digitale (Link 16) et nouveau logiciel de commandes de vol (FCC 10.7) pour les Forces aériennes suisses. 

A été chargé de la conception, du développement, des essais et de l'introduction du système radio intra-auriculaire « OMARA » pour les Forces aériennes suisses. 

A été mandaté en 2017 par le Conseiller fédéral Guy Parmelin, Chef du département de la défense, de la protection de la population et des sports, pour développer, mettre en place et déployer l'Autorité de l'aviation militaire Suisse. 

1er Chef de l’Autorité de l’aviation militaire suisse.

Remerciements : Pierre de Goumoëns, Lt James Crot

Photos : 1 F-35A @ Aeronautica Militare 2 & 3 Technologie 4 & 5 Mock Up @ LM 6 Armement 7 Pierre de Goumoëns

 

 

 

 

06/11/2021

L’Espagne et la Tchéquie en discussion pour l’achat de F-35 !

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La nouvelle n’est qu’une demi-surprise, l’Espagne et plus récemment la République tchèque sont entrés en discussion pour l’achat de l’avion de combat de 5ème génération, le Lockheed Martin F-35 « Lightining II ».

50 F-35 pour l’Espagne

Madrid discute l’achat de 50 F-35, soit 25 F-35A à décollage et atterrissage conventionnels (CTOL) pour remplacer les premiers Boeing EF-18 « Hornet », et 25 F-35B à décollage court et atterrissage vertical (STOVL) pour remplacer les Boeing AV-8B Harrier II/II+. Les livraisons pourraient débuter en 2027. 

Si le remplacement des Boeing AV-8B Harrier II/II+ qui équipe le navire amphibie Juan Carlos I est une chose connue depuis longtemps, par le seul avion de type STOVL, soit le F-35B, l’achat F-35A est en soi une petite surprise. L’Armée de l’air espagnole semblait jusqu’ici avoir opté uniquement en direction de l’Eurofighter T4. Mais, les avancées technologiques du F-35A sont telles, que la Force aérienne ne peut pas se permettre d’attendre 20 ans pour recevoir le SCaf, dont le pays s’est engagé aux côtés de la France et de l’Allemagne. Il est devenu primordial d’assurer le lien générationnel. Un retard de génération serait beaucoup trop difficile à combler selon un porte-parole de l’Armée de l’air espagnole.

L’Espagne pourrait se débarrasser de ses « Hornet » et de ces plus vieux Eurofighter assez vite en ne gardant que les Typhoon au standard le plus récent et opter pour des F-35A à court terme. Madrid continuera de s’engager comme prévu sur le SCaf. Une situation assez similaire à l’Italie qui est elle-même engagé sur le Tempest avec les Anglais et les Suédois, tout en étant un partenaire direct du programme F-35.

30 à 40 F-35 pour la Tchéquie

La République tchèque est quant à elle engagée dans des discussions en vue de remplacer sa petite flotte de 14 Saab J-39 Gripen C/D à l’aube de 2027. Le pays envisage d’acquérir entre 30 et 40 F-35A. Dans un premier temps, le F-16V était la cible, mais là encore, les possibilités technologiques du F-35A ont fait basculer l’objectif en direction de ce dernier.

La Grèce en discussion

Athènes a de son côté finalisé l’achat rapide de deux tranches de Rafale, et se concentre maintenant sur sa vision à long terme de sa Force aérienne. Les discussions sur l’achat d’un premier lot de 25 F-35A ont repris, une décision devrait tomber l’année prochaine.

Les commandes du F-35 :

Commandes fermes : Australie 58, Belgique 34, Corée du Sud 65, Danemark 27, USA usaf 1'763, USMC 368, USN 340, Israël 50, Italie 60, Japon 105 F35A et 42 F35B, Norvège 52, Pays-Bas 37, Pologne 32, Angleterre 114, EAU 50, Singapour 4.

Commandes potentielles ou en préparations : Angleterre 24, Japon 107, Israël 30, Italie 30, Canada 88, Espagne 50, Tchéquie 30 à 40, Singapour 12, Grèce 25,  Suisse 36, Finlande 64.

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Photos : 1 F-35A @ Aeronautica Militare 2 F-35A @ USAF

20/10/2021

USAF, l'E-7A Wedgetail pour remplacer les vieux AWACS ?

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Depuis plusieurs mois, l’US Air Force prépare le remplacement de sa flotte d’avion d’alerte lointaine composée du Boeing E-3 Sentry Airborne Warning and Control System (AWACS). Actuellement L'USAF exploite 31 exemplaires de l'E-3, dont l’âge moyen est d'environ 42 ans.

Rappel :

La mise au point des premiers « AWACS » remonte à la Seconde Guerre mondiale avec le projet « Cadillac », mais devant le peu d’intérêt de l’époque, il faudra attendre les années 50 pour voir se concrétiser le projet avec l’EC-131 Warning Star dérivé du Super Constellation. Développé avant la mise au point des radars à effet Doppler ces avions étaient efficaces pour la détection à longue distance, mais avaient des performances faibles pour la détection vers le bas. Il faudra attendre 1964 et le Grumman E-2 Hawkeye de l’US Navy pour arriver au standard actuel des AWACS.

Le système d'avertissement et de contrôle aéroporté Boeing E-3G (AWACS) a défini un nouveau mode de guerre pour l'armée américaine lorsque le modèle original a été introduit en 1978. En centralisant la détection et le commandement et le contrôle aéroporté sur une plate-forme unique. Avec l’AWACS il est devenu possible d’improviser de nouvelles tactiques offensives et défensives en temps réel. Avec le temps, l’importance de l’E-3G en a fait une cible extrêmement précieuse pour un éventail d’armes émergentes, à longue portée appelées « tueurs AWACS ». 

Aujourd’hui plusieurs modèles de systèmes radarisés aéroportés sont disponible sur le marché, notamment monté sur des jets d’affaires.

Le Boeing E-7 « Wedgetail » en favori  

En conséquence, les responsables de l'US Air Force et de l'OTAN ont débutés une réflexion en vue du remplacement de leurs flottes d’avions E-3 respectives en utilisant une approche de systèmes distribués.  Toutes les options envisagées à ce stade ne sont pas encore pleinement développées. Il est important de se rappeler que la flotte E-3 remplit deux fonctions différentes : l’alerte avancée aéroportée (AEW) et le commandement et contrôle. 

La première fonction exige l'intégration d'un grand radar capable de détecter à de grandes distances. En plus de la puissance, le radar doit être incroyablement précis et discriminer les petites cibles à déplacement rapide, y compris les missiles de croisière, par rapport à l'encombrement de l'arrière-plan. Étant donné la vulnérabilité future d'une grande plateforme rayonnante dans l'atmosphère aux menaces potentielles, une option pourrait être de remplacer, ou au moins d'augmenter considérablement, la couverture AEW grâce à l'utilisation d'une constellation proliférée de petits satellites en orbite terrestre basse.

L’arrivée progressive d’avions de combat dotés de la capacité de guerre en réseau permet également de combler ce vide, du moins en partie. Une flotte d’avion engagés en réseau offre une très bonne couverture, mais encore faut-il que la dotation soit suffisante et engagée en nombre sur un territoire définis.  

Ces dernières semaines les yeux se sont clairement tournés en direction du Boeing E-7A « Wedgetail », car l’USAF a formulé  un avis d'action contractuelle, intitulé "E-3 Replacement Aircraft Studies & Analyses", le 19 octobre dernier, dans lequel elle a annoncé qu'elle confierait à Boeing la responsabilité d'effectuer les études, les analyses et les activités nécessaires pour déterminer une configuration de base et répondre aux normes de configuration de l'USAF du E-7A.  

Moins d’AWACS

L’US Air Force doit encore déterminer avec exactitude le nombre de ses futurs avions d’alerte lointaine, car l’arrivée du F-35 permet de combler en grande partie ce besoin mais pas entièrement. En effet, avec 4 F-35, il est possible d’obtenir une couverture à 360 degrés avec la combinaison des radar et autre capteurs et caméras internes ( 6 par avion ) avec le réseau MADL pour partager et fusionner automatiquement ces données entre eux. Au sein de l’US Air Force on réfléchit donc à une intégration du futur avion AEW&C en collaboration avec les F-35. Par exemple, dans une zone dangereuse ou un AEW&C pourrait être une cible de premier choix, l'aspect d'alerte avancée en vol pourrait être entièrement pris en charge par des avions comme le F-35 et le F-22.  Cela pourrait signifier que le futur AEW&C serait relégué à des zones secondaires ou envoyé en appuis derrière le binôme F-35 et F-22. Dans ces conditions, les besoins futurs pourraient être divisés par deux. L’US Air Force doit également déterminer les besoins en temps de paix en utilisant le futur AEW&C pour une surveillance moins agressive qu’avec ses nouveaux avions de combat.

Selon le général Charles Brown Cmdt de l’USAF, la flotte de F-35 est devenue la seconde de part son importance derrière les F-16, les réflexions doivent prendre en compte ce nouvel élément pour articuler la future combinaison de l’Air Force.

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Photos : 1 E-7 « Wedgetail » australiens @ RAAF  2 F-35 en vol @ USAF