11/10/2022

Vienne s’intéresse au F-35 !

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Ce n’est pas un secret, vienne cherche encore le remplaçant pour ses Eurofighter T1. Mais cette fois c’est peut-être le choix définitif ? Après plusieurs réflexions, voici que le F-35 pointe le bout de son nez en tant que remplaçant potentiel.

Rappelez-vous

Cher à l’achat, l’Eurofighter se révèle également cher à l’heure de vol. De plus, l’absence de coordination entre les pays clients, ainsi que sur le mode d’assemblage des appareils (ses éléments sont construits par chacune des parties) pose des problèmes notamment dans l’approvisionnement en pièces de rechanges. Devenu compliqué pour une modernisation digne de ce nom, le standard T1 n’a simplement plus la côte. Pire, les autrichiens ne trouvent aucun pays repreneur.

Et pour terminer, les 15 appareils sont en nombre insuffisant pour assurer la police du ciel 24/24. Seuls quelques heures par jour (6 à 8) sont possibles, lorsque la disponibilité de la flotte le permet.

Intérêt pour le F-35

La direction de l'armement du ministère autrichien de la Défense (MoD) travaille sur le futur avion depuis plusieurs années. Mais cette fois, une commission a été mise en place en vue d’étudier les possibilités offertes par le F-35 de Lockheed Martin.  Il ne s’agit là, que d’une première étape. Si cette dernière est validée, le pays entreprendra alors une évaluation plus poussée avec à la clef. une possible, demande d’offre officielle.

Le remplacement des 15 Eurofighter devant s’effectuer d’ici 2030 par une flotte très moderne et plus importante. Pour ce faire, le budget de la Défense autrichien a été monté à 15,5 milliards de dollars d’ici à 2027. Ce qui laisse une marge intéressante pour financer le nouvel appareil et plus précisément le F-35 dont le coût à l’achat devrait baisser à moins de 77 millions la machine prochainement.

Une décision qui pourrait-être doublement motivée

Si les capacités techniques ne sont plus à démontrer suite aux essais dans notre pays et en Finlande. L’Autriche voit très bon œil une future collaboration avec son voisin l’Italie qui produit, la Suisse qui vient de le commander et la Tchéquie et l’Allemagne qui se dirigent tous deux en direction de l’avion américain. Les possibilités de formation, de partage d’expérience et de maintenance sont ainsi multiples. Nul doute que toutes que ces options vont peser lourds dans la décision finale.

Les besoins autrichiens

Un peu comme en Suisse, notre voisin autrichien s’est récemment positionner sur son besoin d’assurer une surveillance active de son espace aérien. Des motivations similaires sont apparues, tant pour la Suisse que l’Autriche. En effet, tant que la neutralité de la politique de sécurité et que les crises s'intensifieront dans le monde, il est impératif de faire respecter la souveraineté aérienne. Avec un survol qui n'est pas empêché, un neutre prend parti pour un camp et s'expose à des actions de vengeance de l'autre.

Sans la capacité crédible de protéger des conférences internationales ou de grands événements sportifs contre les attaques terroristes aériennes, l'Autriche deviendrait moins attrayante en tant que lieu pour de tels événements. La deuxième question était de savoir si cela nécessiterait des intercepteurs supersoniques et bien équipés. Ici aussi, la réponse est oui, car même la réaction à un vol terroriste présumé d'un avion de ligne moderne nécessite à plusieurs reprises des interceptions dans la gamme supersonique. Les drones de reconnaissance de haut vol ne peuvent être atteints que par des intercepteurs. Un avion d'entraînement armé ne peut prendre en charge qu'une partie limitée de la surveillance de l'espace aérien. Cependant, ce n'est pas la partie pertinente pour la politique de neutralité et le pilote aurait peu de chances de survivre à la rencontre avec un avion de combat étonnamment agressif.

La question a été posée à maintes reprises si la surveillance active de l'espace aérien ne pouvait pas également être prise en charge par un pays voisin. Ici la réponse est non. Depuis plus de 10 ans, les pays concluent des accords avec les pays voisins afin qu'ils puissent voler au-delà des frontières nationales si nécessaire. Mais cette coopération se limite à l'identification et à l'escorte en temps opportun des cibles aériennes civiles soupçonnées de terrorisme. L'application de la neutralité ne fait nulle part partie des accords de coopération.

Le nouveau gouvernement fédéral autrichien s'est donné pour objectif de prendre une décision. Il veut permettre aux forces armées de s'acquitter de manière efficace et efficiente de leurs tâches constitutionnelles de maintien de la neutralité et d'assurer la sécurité dans l'espace aérien. Le temps presse. Il faudrait au moins 10 ans pour reconstruire la surveillance active de l'espace aérien perdue.

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Photos : 1 F-35@ USAF  2 Eurofighter @ Force aérienne autrichienne

06/10/2022

F-35, la République Tchèque a transmis sa demande d’offre !

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En début de semaine, le ministère de la Défense tchèque a remis sa lettre de demande d'offre à la au département de la Défense américain. Ce document n'est pas une exigence contraignante, le gouvernement tchèque à travers lui indique seulement son intérêt à entamer des négociations avec la partie américaine sur l'achat d’avions de combat de type Lockheed Martin F-35A « Lightning II ».  La remise de la lettre est une condition préalable nécessaire à la poursuite des négociations pour la partie américaine.

À la mi-octobre 2022, des représentants du ministère de la Défense discuteront des paramètres d'acquisition et d'exploitation d'aéronefs aux États-Unis. L'implication éventuelle de l'industrie tchèque sera l'un des principaux points de toutes les négociations à venir. En septembre 2022, les premières réunions des équipes d'experts tchèques et américaines ont commencé.

La décision du gouvernement d'entamer des négociations avec les États-Unis est basée sur une analyse préparée par l'armée de la République tchèque, selon laquelle seules les machines les plus modernes de la "cinquième génération" peuvent survivre sur le champ de bataille du futur. En août 2022, une équipe de négociation interministérielle a été formée, dans laquelle, outre des représentants du ministère de la Défense, il y a également des représentants du ministère des Affaires étrangères, des Finances et du ministère de l'Industrie et du Commerce. L'équipe de travail du ministère de la Défense est dirigée par le député Blanka Cupáková et le député Jan Jireš. Les autres membres de l'équipe sont des experts de différentes composantes du ministère de la Défense et de l'armée de la République tchèque.

Rappel

Le gouvernement tchèque a autorisé le ministère de la Défense à négocier l'acquisition d'avions suite à l'expiration du bail de 14 avions suédois Gripen. Le 1er octobre 2023 au plus tard, le ministre de la Défense informera le gouvernement des paramètres de base convenus pour l'acquisition et l'exploitation des avions F-35. Sur cette base, le gouvernement décidera ensuite si la République tchèque finalisera l’achat. Le pays compte désormais 14 avions Gripen C/D de fabrication suédoise dans le cadre d'un contrat de location jusqu'en 2027. Lockheed Martin a déclaré en juin qu'il pourrait livrer les premiers avions de combat F-35 à la Tchéquie en 2026.

L'armée de l'air tchèque a déjà mené une première étude afin d’évaluer ses besoins en rapport avec l’évolution de la guerre aérienne. Trois avions avaient été retenus soit : le Saab JAS-39 Gripen E, l’Airbus Eurofighter T4 (Quadriga) et le Lockheed Martin F-35A « Lightning II ». Suite à l’évaluation,  le ministère tchèque de la Défense, a opté pour le remplacement des 14 JAS-39 Gripen C/D en acquérant au moins 24 chasseurs Lockheed Martin F-35A. Le choix du F-35 permettra d'intégrer au mieux les procédures de l'OTAN pour les prochaines décennies. Il est aujourd’hui considéré comme l’avion le plus moderne et le plus sophistiqué en Occident.

Photo : F-35A @ Aeronautica militare

 

 

19/09/2022

La Suisse devient officiellement client du F-35 !

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Le 19 septembre 2022, le directeur général de l’armement Martin Sonderegger et le chef de projet Darko Savic ont signé chez armasuisse à Berne le contrat d’acquisition avec le gouvernement américain. L’achat de 36 avions de combat de type F-35A a ainsi été entériné contractuellement après l’adoption du crédit d’engagement par le Parlement le 15 septembre dernier. La livraison des avions, qui remplaceront la flotte actuelle de F/A-18 Hornet et de F-5 Tiger, s’échelonnera entre 2027 et 2030.

La Suisse devient ainsi le 9ème pays européen et le 16ème au monde à opter pour l’avion de 5ème génération le plus moderne en Occident.

Le contrat d’acquisition concernant l’achat de 36 F-35A représente un montant de 6,035 milliards de francs (ce montant prend en compte les marges de taux de change et d’inflation par sécurité) et se situe ainsi dans l’enveloppe de financement maximale acceptée par la population suisse dans les urnes. Le contrat a été signé par le directeur général de l’armement, Martin Sonderegger, et par le chef du projet d’acquisition des nouveaux avions de combat, Darko Savic. Les autorités américaines avaient quant à elle signé le contrat d’acquisition en octobre de l’année passée déjà.

Les coûts d’acquisition du F-35A englobent, en plus des avions, des équipements répondant à des usages spécifiques, des armes et des munitions, des packs logistiques, des systèmes de planification et d’évaluation des missions, des systèmes d’instruction ainsi qu’une formation initiale. De plus, les coûts de l’intégration aux systèmes suisses de conduite et d’information (notamment les adaptations aux systèmes logistiques existants) et des prestations de soutien par l’industrie, un montant pour les risques, le renchérissement dans le pays de production (États-Unis) et la TVA sur les importations sont également compris.

Les prix sont contraignants

La Suisse achète les avions aux États-Unis par l'entremise du programme « Foreign Military Sales » (FMS), aux mêmes conditions que celles qui s’appliquent à l’État américain. Ce dernier règle l’acquisition avec le constructeur Lockheed Martin au moyen de son propre contrat, accessible au DDPS. Les prix et les conditions contractuelles y sont fixés de manière contraignante et sont soumis à un contrôle strict.

De plus, la Suisse et les États-Unis ont négocié une clause spécifique et signé une déclaration séparée établissant le caractère contraignant des prix.

Contrat d’affaires compensatoires conclu en parallèle du contrat d’acquisition. Dans le cadre de la signature du contrat, il ne s'agit pas seulement de l'achat du F-35, mais aussi du contrat offset qui oblige le constructeur Lockheed-Martin à effectuer des transactions compensatoires. Les affaires compensatoires (offset) sont un élément important pour renforcer notre économie. Pour le F-35A, 60% de la valeur du contrat doit être compensée par l'attribution de commandes en Suisse. Dans la situation économique actuelle, ces commandes supplémentaires arrivent à point nommé. Plusieurs emplois hautement qualifiés seront garantis dans les décennies à venir. L'Alliance pour la sécurité en Suisse s'attend à ce que toutes les régions du pays soient prises en compte, de même que la large base industrielle liée à la sécurité. L'industrie est l'épine dorsale de toute armée et est donc indispensable à notre sécurité.

En même temps que le contrat d’acquisition, le chef du programme Air2030, Peter Winter, et le chef du projet pour le F-35A, Darko Savic, ont signé le contrat d’affaires compensatoires avec Lockheed Martin. Celui-ci fixe cadre de référence à partir duquel le constructeur américain peut conclure avec l’industrie suisse des affaires qui compensent les coûts d’acquisition encourus par la Suisse. Les entreprises suisses engrangeront ainsi des commandes pour un volume de près de 2,9 milliards de francs. (sources armasuisse).

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Photos : 1 F-35A italiens à Emmen en mars dernier @ P.Kümmerling 2 Signatures suisses du contrat@ DDPS

07/09/2022

Singapour désire deux versions du F-35 !

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En 2019, le ministère de la Défense de Singapour a annoncé la décision d’acquérir des Lockheed Martin F-35B. Ce choix doit permettre de venir remplacer progressivement la flotte de F-16 « Fighting Falcon » en service. Mais le pays parle maintenant d’acquérir, en plus, une seconde version de l’avion.

Faisant suite à l’exercice multinational « Pitch Black » qui s’est déroulé dernièrement dans le nord de l'Australie, le responsable du bureau des acquisitions pour le nouvel avion de combat de la Republic of Singapore Air Force (RSAF), le Major Zhang Jian Wei, a confirmé l’intérêt récent pour du pays pour diversifier les standards du F-35. Le projet est en cours d’évaluation dans le but de déterminer le quel des standards « A » ou « C » viendrait compléter le modèle « B » en cours d’intégration.

« Pitch Black » déterminant

Si le choix de Singapour pour le F-35 date de 2019 et ne souffre d’aucune discussion, le récent exercice « Pitch Black » semblent avoir convaincu les pilotes singapouriens du besoin de deux versions de l’avion. En effet, Singapour a participé à l’exercice avec ses F-15SG modernisés et le retour d’expérience a été une opportunité précieuse pour comprendre la capacité du F-35 à fonctionner seul ou avec d’autres ressources et agir comme un multiplicateur de force dans un contexte d'emploi généralisé.

Fait exceptionnel, la RSAF a révélé à la presse une de ses expériences de vol contre des F-35 lors de l’exercice « Pitch Black ». Dans un scénario, deux F-35A de la Royal Australian Air Force (RAAF) ont affronté six F-15SG (version modernisée équivalente au standard « E » américain).  Selon le Chef du détachement de la RSAF, le Colonel Mark Tan « les F-35 étaient capables de « trouver tout le monde, de cibler tout le monde et de tous les tuer malgré tous les efforts de les contrer ».

L’option d’acquérir deux versions du F-35 par la RSAF a toujours été sur la table, mais semblait avoir été passée au second, plan depuis la commande des premier F-35B. La version STVOL F-35B doit permettre de combler les problématiques de taille du pays et du peu d’infrastructures disponibles. L’intérêt d’offrir plus de polyvalence et donc à nouveau sur la table pour les responsables de la RSAF.

Importante commande

En 2026 la RSAF prendra livraison des 4 F-35B commandé en 2020 avec un premier paquet d’équipement restreint, dont les systèmes de formation complet. La prochaine commande très probablement mixte, comprendra un complément plus large d’équipement avec des pièces de rechange et de réparation à grande échelle, du matériel de soutien, des outils et du matériel de test, ainsi que des services de soutien logistique dont le système ODIN. Un paquet comprenant de l’armement sera également au menu.

L’enjeu consiste à venir remplacer progressivement les actuel 60 F-16 C/D Block52 peu après 2030. Singapour deviendra ainsi le premier opérateur de F-35 en Asie du Sud-Est et le quatrième en Asie-Pacifique après l’Australie, le Japon et la Corée du Sud. Il deviendra également la première force aérienne du Sud-Est asiatique équipée d'un avion furtif. On s'attend donc à ce que Singapour commande plus de F-35 en deux versions par tranches pour remplacer la flotte, conformément à sa pratique habituelle. Une confirmation pourrait tomber avant la fin de l’année.

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Photos : F-35B à Singapour @ LM

 

10/07/2022

F-35, le rapport du Contrôle Fédéral des Finances !

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Dans le cadre du programme Air2030, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a publié un rapport sur la gestion des risques. Ce rapport était très attendu et sera complété par un second qui concernera spécifiquement le contexte et la méthode d’évaluation. Précision d’emblée que ce rapport concerne l’ensemble des acquisitions du projet Air2030 et pas seulement le nouvel avion de combat.

Rapport positif

D’emblée, il faut souligner que ce rapport conclut que la gestion des risques d’Air2030 est clairement définie et qu’elle est mise en œuvre de manière appropriée. Le rapport souligne par contre quelques faiblesses et propose d’apporter des solutions à la gestion des risques.

Résumé du rapport

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Le programme Air2030 est constitué de quatre projets : l’acquisition d’un nouvel avion de combat pour remplacer les F/A-18 et les F-5, l’acquisition d’un système de défense sol-air de longue portée, le remplacement du système de conduite des opérations aériennes et le maintien et remplacement des installations radars. Ce programme  dont le budget dépasse 8 milliards de francs est mandaté par les Forces aériennes et l’Etat-major de l’armée. Il est géré par armasuisse.

Le Contrôle fédéral des finances (CDF) a audité la gestion des risques de ce programme. Des améliorations sont recommandées à plusieurs niveaux, comme dans le secteur des risques financiers inhérents à l’achat du futur avion de combat.

Une gestion des risques est en place, mais elle peut être améliorée

Le CDF constate que la gestion des risques de ce programme a été clairement définie et qu’elle est mise en œuvre de façon adéquate. Des améliorations sont toutefois à envisager. La description des risques identifiés mériterait d’être plus détaillée et des mesures de réduction du risque devraient être plus systématiquement indiquées. Enfin, la visibilité et la traçabilité de l’apport des gestionnaires externes mandatés pour la gestion des risques devrait être assurée.

Malgré l’attention portée par la cheffe du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), le CDF constate que le programme Air2030 n’est pas couplé à la gestion des risques de la Confédération. L’Etat-major de l’armée devrait assurer la consistance entre les risques liés à Air2030 et la gestion des risques de la Confé- dération. Les risques majeurs devraient être repris dans R2C, l’outil de gestion des risques de la Confédération.

Les risques financiers liés au F-35A doivent être pris en compte

En juin 2021, la cheffe du DDPS a annoncé que le choix du nouvel avion de combat s’est porté sur le F-35A du constructeur américain Lockheed Martin. Le choix de ce modèle a donné lieu à de nombreuses discussions au niveau politique et médiatique. Pour le CDF, il était important d’objectiver certains des points soulevés, afin d’évaluer leur pertinence en termes de risques.

Durant la phase d’évaluation des quatre avions candidats, les risques identifiés ont été gérés à part pour des raisons de confidentialité. Selon armasuisse, ils seront intégrés à la gestion des risques en 2022. Fin 2021, aucun risque financier lié au nouvel avion de combat ne figurait dans les risques du projet.

Le CDF estime qu’il n’existe pas d’assurance juridique d’un prix fixe, au sens de forfaitaire selon la jurisprudence suisse, pour l’acquisition des F-35A. Les coûts d’entretien pour l’ensemble de la durée de vie comportent également une incertitude. Le CDF recommande à armasuisse de compléter son inventaire des risques avec ces aspects financiers.

 

Le CDF n’a pas effectué d’audit financier sur les coûts du F-35A. Il ne s’est pas penché non plus sur la phase d’évaluation des candidats qui a mené au choix du F-35A. Celle-ci sera traitée par la commission de gestion du Conseil national courant 2022.

Des mesures ont été prises pour assurer l’interopérabilité des systèmes

L’audit a également porté sur les risques d’interopérabilité des systèmes, sans toutefois effectuer un audit informatique du projet. Les différents éléments du programme Air2030 doivent pouvoir communiquer entre eux. Le remplacement du système de conduite des opérations aériennes est un élément crucial de ce point de vue parce qu’il dispose d’une cinquantaine d’interfaces avec d’autres systèmes.

Le CDF constate que des risques liés à l’interopérabilité ont été identifiés et figurent dans la gestion des risques du programme Air2030. Des mesures ont été prises dès le début du projet, notamment en choisissant de privilégier les protocoles standards plutôt que des solutions sur mesure. La gestion des risques fonctionne bien.

 

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Améliorations proposées

La CDF propose 4 améliorations, il s’agit  :

  • Il y a diverses bonnes réunions d’information et des réunions d’échange bilatérales. Ceux-ci peuvent être mieux consolidés et enregistrés de manière centralisée.
  • l’apport des responsables externes de la qualité et des risques peut être rendu plus visible et traçable, par exemple au moyen de rapports périodiques succincts. 
  • Les processus de gestion des risques sont clairement documentés et les instruments sont mis en œuvre. Cependant, la base de données sur les risques pourrait décrire les risques de manière plus détaillée et plus précise. 

  • Les risques financiers jusqu’en 2040 sont pleinement pris en compte. Cependant, les risques financiers à partir de 2040 peuvent être calculés plus précisément et inclus dans la base de données des risques du projet.

Remarques : Ces propositions sont intéressantes mais risques de créer plus de bureaucratie, une mise en œuvre devra être pensée en termes de simplification. Par ailleurs, deux recommandations ont déjà été mise en œuvre par le DDPS et ceci avant la publication du rapport.

En ce qui concerne les risques financiers, ceux-ci sont inclus dans les risques du projet pour le nouvel avion de combat. Dans le cadre de l’acquisition,  le prix de base du programme F-35 reste le même soit CHF 5.091 milliards, qui est garanti par le gouvernement Américain(Foreign Military Sales), par contre, il faut prendre en compte le taux de change en dollar US et la situation de l’inflation. L’acquisition s’étendant sur plusieurs années, il faut donc calculer les plafonds des variables avec une marge de sécurité vers le haut.

Conclusions

Le CDF relève que « la gestion des risques pour ce programme est clairement définie et mise en œuvre de manière appropriée ». Il rend ainsi un avis favorable sur le programme Air2030 portant sur l’acquisition de nouveaux avions de combat de type F-35A et du système de défense sol-air Patriot. 

Le CDF ne formule pas de recommandation sur deux des quatre points examinés. Il s’agit des risques liés à l’interopérabilité entre les projets au sein du programme Air2030 et des affaires compensatoires. Le DDPS continuera à traiter ces thèmes avec toute la diligence voulue.

En ce qui concerne la gestion des risques d’Air2030, deux recommandations du CDF sont déjà appliquées par le DDPS. L’une porte sur le lien entre les risques d’Air2030 et la gestion des risques R2C de la Confédération (recommandation 1). D’autre part, un point spécifique de l’ordre du jour sera désormais attribué systématiquement aux deux gestionnaires externes de la qualité et des risques lors des réunions du comité de gestion des risques (recommandation 2). 

On notera une divergence entre l’appréciation du CDF et du DDPS en ce qui concerne les coûts évolutif du F-35. Le CDF se base sur les rapport du GAO américain. On rappellera que les coûts à l’heure de vol non maîtrisés aux USA sont essentiellement dû au fait que les avions sont achetés jusqu’ici « nus » sans pièces détachées ce qui génère 20 à 30% de coûts additionnels. Ce qui n’est pas le cas de l’achat en « paquet » de la Suisse.

Photo : F-35 italien @ Aeronautica Militare