27/09/2019

US Navy & USAF, le F-35 rate ses objectifs !

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Washington, le Département de la Défense des États-Unis (DoD), a annoncé le 24 septembre dernier que les différentes variantes du Lockheed-Martin F-35 « Lightning II » n’avaient pas atteint, les objectifs fixés de disponibilité au sein de l’US Navy et de l’US Air Force. Il faut se rappeler qu’en 2018, l’ancien secrétaire à la Défense, Jim Mattis,avait demandé que les avions de combat et d’attaque américains devaient dépasser un taux de capacité de 80% d’ici septembre 2019.

La situation au sein de l’US Navy :

Les Boeing F/A-18E/F « Super Hornet » et EA-18G « Growler » en service au sein de la marine américaine ont dépassé le taux de capacité de mission de 80%, conformément à la directive établie. Par contre, le Lockheed-Martin F-35C « Lightning II », n’atteindra pas l’objectif de 80% fixé par le Département de la Défense des États-Unis (DoD) et ceci malgré les promesses de l’avionneur.

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a déclaré à la commission du Sénat américaine sur les forces armées lors de l'audience de confirmation tenue en juillet dernier, que cela résultait en partie de l'insuffisance des approvisionnements en pièces détachées et des nombreux problèmes qui subsistent encore dans l’avion..

De son côté, l’US Navy confirme avoir augmenté les taux de capacité des missions en empruntant les meilleures pratiques du secteur commercial, ce qui a abouti à une maintenance plus efficiente. Les résultats ne se sont pas faits attendre en ce qui concerne les « Super Hornet » & « Growler ». Mais il n’a pas été possible de faire de même avec le F-35.

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Du côté de l’USAF :

L’Air Force confirme une amélioration de la disponibilité de sa flotte d’avions de combat F-15, F-16 et pour attendre également un taux de capacité de mission de 80%. Par contre, le F-22 continue de souffrir d’un manque de capacité de maintenance, aggravé par les dommages causés à la Base aérienne de Tyndall par les effets de l’ouragan Michael en octobre 2018. En ce qui concerne les F-35, les mêmes problèmes sont dénoncés que ceux de la Marine.

Viseur de casque hors prix :

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Le Département de la Défense des États-Unis (DoD) a par ailleurs, demandé une modification du viseur de casque du F-35 à Lockheed-Martin. En effet, des améliorations apportées à ce système qui ne permettait pas de « voir » la nuit correctement et empêchait le pilote de bouger correctement doivent être mises en place.

Ces améliorations seront effectuées à Fort Worth, au Texas et devraient être achevés en décembre 2020. Le casque du F-35, fabriqué sur mesure pour chaque pilote, est connu depuis longtemps pour être un équipement coûteux et il a été révélé, il y a quelques temps, qu’il coûtait environ 400’000 dollars US. Au début de 2018, le prix avait grimpé à 600’000 dollars, selon un rapport de mars 2018 du Project On Government Supervight. À peine 18 mois plus tard, son coût a encore augmenté pour atteindre 737’800 dollars. Ce chiffre est calculé en divisant le prix du contrat par le nombre d’avions (478) dans les lots 12 à 14 du F-35.En conséquence, son coût a grimpé de 23% en un an seulement pour un équipement aussi sophistiqué qu’il soit. Selon une étude du DoD, l’ensemble des casques de F-35 devant être achetés coûtera au moins 1 milliard de dollars.

Le casque utilise six caméras encastrées dans le fuselage de l'avion pour donner aux pilotes une vue à 360 degrés de l'espace aérien environnant, leur permettant notamment de "regarder à travers" le sol de l'avion. De plus, il intègre des fonctionnalités avancées de vision nocturne. L'affichage tête haute se projette directement sur la visière, plaçant des informations telles que l'altitude, la vitesse et les cibles sous les yeux des pilotes.

Un projet de casque similaire destiné au F-15, F-16 de l’USAF et pour l’Advanced Super Hornet de la marine, montre qu’il est possible d’obtenir les mêmes capacités visuelles moitié moins chères.

Photos : 1 F-35@ USAF 2 Super Hornet@ Navy 3 Casque F-35 @ Rockwell Collins

 

12/09/2019

Pologne, un pas de plus en direction du F-35 !

 

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Washington confirme avoir autorisé une vente possible portant sur un total de 32 avions de combat Lockheed-Martin F-35 pour la Pologne. Le montant de la transaction est estimé à 6,5 milliards de dollars. Le contrat comprend également 33 réacteurs Pratt & Whitney F-135, l'armement les équipements connexes.

Campagne agressive de Lockheed Martin :  

La Pologne est engagée dans un effort important de modernisation de son armée. La mise à jour de la flotte de F-16 était déjà une étape importante. L’avionneur américain Lockheed Martin a déployé de nombreux efforts pour convaincre Varsovie d’opter pour le F-35, plutôt que de commander un nouveau lot de F-16. La Pologne cherche depuis un certain temps à remplacer ses flottes de MiG-29 et Su-22 encore en service. Lockheed Martin souligne que le F-35 est le seul chasseur de la 5e génération actuellement produit en série et que ses capacités de combat sont uniques par rapport à ses concurrents. La campagne du F-35 en Pologne a débuté officiellement lors de l'événement MSPO 2015.

A cette époque, le directeur de Lockheed Martin responsable du développement commercial international du programme F-35 avait fait remarquer que  les capacités de combat des jets de 5ème génération ne peuvent être comparées à celles des chasseurs de la génération précédente, tels que F 16. Grâce à la technologie furtive et au fait que tous les éléments du chasseur, y compris l'armement, le carburant ou les capteurs, sont dissimulés à l'intérieur du chasseur, l'avion devrait avoir plus de chances de survivre dans des conditions de combat denses et un environnement de défense adverse. Une autre caractéristique du chasseur F-35 est visible lors de l’utilisation de capteurs multi-spectres de pointe, notamment des 6 caméras infrarouges. Lockheed Martin a également fait valoir aux polonais que le radar actif phasé AN/APG-81 de type AESA qui permet de suivre les menaces aériennes et terrestres en même temps. Les jets vont opérer en utilisant une tactique de «groupe de loups»  à quelques kilomètres de l’avion, ce qui permet à une petite quantité de chasseurs de contrôler de vastes zones. Les F-35 vont pénétrer dans les systèmes de défense de l'ennemi, ce qui permettra aux cellules de la 4ème génération de mener à bien leurs tâches. On le comprend, l’avionneur a fait jouer ici l’interopérabilité de son F-16 modernisé et du F-35 en tant que complément indispensable à l’aviation polonaise.

La tactique de l’avionneur semble donc avoir fait mouche dans les hautes sphères de Varsovie, laissant une fois de plus les concurrents sur le banc de touche. Bien que rien ne soit encore signé, il semble que la Pologne ne s’intéresse pas aux nombreux problèmes de l’avion ni de la protection des données du client.

Photo : F-35 @ Lockheed Martin

 

04/09/2019

Les B-2 de l’USAF s’entraînent avec des F-35 de la RAF !

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A la fin du mois d’août, trois bombardiers B-2 de la 509ème escadre de la base aérienne de Whiteman se sont déployé en Angleterre sur les installations de la RAF à Fairford près de Gloucestershire. Cet aérodrome est également  la centre des opérations avancées pour les bombardiers stratégiques américains en Europe.

Le déploiement de ces trois B-2 « Spirit » a permis de mettre en place un entraînement inédit avec les F-35 de la Royal Air Force le 29 août dernier. C’est première fois que des avions de combat étrangers de cinquième génération s’intégraient dans un exercice avec des bombardiers furtifs américains.

"Nous sommes ravis que l'USAF et la Task Force Bomber soient ici au Royaume-Uni et que nos pilotes de F-35 aient la possibilité de voler aux côtés et de s'entraîner avec les équipages de bombardiers B-2", a déclaré le capitaine de groupe Richard. Yates, chef d'état-major de l'état-major de la bataille aérienne du Royaume-Uni, dans un communiqué de presse de la RAF: "C'est la première fois qu'un autre pays le fait."

La formation vise à améliorer l’interopérabilité des bombardiers stratégiques avec les avions de combat de cinquième génération des alliés européens et à démontrer l’engagement des États-Unis à dissuader les agressions de l’adversaire sur le continent, selon un communiqué de presse de l’US Air Force.

Un tel exercice permet aux aéronefs alliés de renforcer les capacités d'intégration de ceux-ci de travailler les procédures d’engagement au sein  l'OTAN. Ce fut également l’occasion pour les pilote de B-2 de se familiariser avec le théâtre opérationnel européen.

Photo : B-2 et F-35 @ USAF

17:58 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : otan, f-35, b-2, usain, raf, blog defence |  Facebook | |

08/08/2019

Le taux de disponibilité des F-35 inquiète !

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L’approvisionnement en pièces détachées des F-35 pose de nombreux problèmes et réduit le taux de disponibilité de la flotte mondiale. Mais, le plus étonnant concerne la flotte de F-35 interarmées destinées aux essais opérationnels. En effet, cette unité basée à Edwards en Californie dispose d’un soutien supplémentaire sous la forme d'équipes de maintenance plus importantes et se trouve en haut sur la liste des priorités pour recevoir des pièces de rechange. Hors, cette unité a le taux de disponibilité le plus faible. 

Une situation très préoccupante :

Les F-35 de combat interarmées de la flotte d'essais opérationnels souffrent d’un faible taux de préparation qui pourrait menacer la réussite de la phase cruciale d'essais au combat du programme tout entier. Un rapport émanant (6 août) du Projet de surveillance du gouvernement (POGO) en collaboration avec le Government Accountability Office (GAO) pointe cette défaillance. Ce rapport précise que les 23 appareils de la flotte d'essai ont atteint un taux de disponibilité catastrophique de 8,7% en juin 2019.

Pour ce faire, le POGO a publier sur son site une carte (voir ci-dessous) qui couvre la période allant de décembre 2018 à la mi-juillet 2019 et qui atteste du taux catastrophique de 8,7% en juin 2019, ce qui correspond à une capacité totale de "mission". Il faut comprendre que par « capacité totale de mission »  on désigne un aéronef susceptible de mener toutes les missions qui lui sont assignées. On notera tout même une petite « amélioration » (si, si), puisque le tableau montre que lors du mois de mai le taux était de seulement 4,7%. Depuis le début des tests opérationnels en décembre 2018, la flotte avait un taux moyen de capacité opérationnelle de seulement 11%.

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Le graphique de l'état de préparation de la flotte de tests opérationnels montre que les aéronefs utilisés ont en réalité de moins bons résultats que le reste de la flotte de F-35, ce qui ne permettrait d'atteindre que 27% de la capacité de la mission, selon les derniers chiffres disponibles. 

La carte d’état de préparation de la flotte d’essais opérationnels du F-35 du POGO montre clairement que les données pour six mois du programme d’aéronefs sont au centre des projets de tous les services futurs. Il montre des fluctuations dans les taux relatifs tout au long de la période considérée, mais les taux de préparation au cours de ce processus critique de tests de combat ont toujours été mauvais.

De nombreuses pannes :

Selon le rapport du POGO et du GAO, de nombreuses pannes apparaissent à bord des F-35 qui provoquent une dégradation de la capacité de mission.  Hormis la problématique du manque de pièces de rechange, bien connue maintenant, on notera des défaillances au niveau du système de mission, du radar  ou les instruments de guerre électroniques. Selon une source du programme F-35, le système qui fournit aux pilotes les avertissements des missiles adverses  et qui génère les images pour le viseur de casque et régulièrement défaillant. Certes, avec un tel problème, le F-35 peut toujours voler et peut utiliser les liaisons de données entre aéronefs.  Une partie des informations d'un système en fonctionnement sur un autre F-35 peut venir combler un angle mort dans un système dégradé. Mais cela ne fonctionne que jusqu’à un certain point et pour tester pleinement les capacités du programme, tous les systèmes doivent fonctionner correctement. Ce qui n’est pas le cas.

La question de la pleine production :

Les nombreux problèmes accumulés et non encore résolus du programme F-35 sont autant d’obstacles sérieux au lancement de la pleine production des trois variantes de l’avion.  Le POGO et le GAO ont comme conclusion qu’actuellement le système d'arme le plus coûteux de l'histoire est loin d’être prêt à faire face aux menaces actuelles ou futures.

Les faibles taux de préparation de la flotte de tests opérationnels sont surprenants, compte tenu de la nature de la mission de la flotte. En vertu de la loi fédérale, un programme majeur d’acquisition de matériel de défense ne peut légalement passer à la production maximale tant que le directeur des tests et de l’évaluation opérationnelle (DOT&E) n’a pas remis son rapport final au secrétaire de la Défense et du Congrès et ceci à la fin du processus de test.

De son côté, le directeur des tests opérationnels du Pentagone a déclaré que la flotte de tests avait besoin d’atteindre un taux de disponibilité de 80% pour respecter le calendrier exigeant du plan directeur de test et d’évaluation du programme. 

Décision à venir :

Le calendrier initial du programme F-35 montre un début de production à plein régime pour cet automne, reste à voir, si le Pentagone en décidera ainsi. À la lumière de la divulgation des difficultés rencontrées par la flotte d’essais, il est difficile de voir comment le programme d’essais actuel peut être achevé à temps.

Pourrait-on contourner le programme d’essais et lancer la production à plein régime ? Techniquement c’est possible, il faudrait pour cela que le directeur des tests opérationnels suspende les tests et donne son accord pour passer à la production à plein régime, sans avoir achevé le plan de tests approuvé. Mais dans ce cas, c’est toute l'intégrité du processus de test et la confiance dans l’avion et ses capacités qui seraient définitivement remises en doute.

Le problème des avions de 5ème génération:

Pour autant, le F-35 n’est pas le seul à  subir  un taux de disponibilité anormalement bas. Le F-22 et lui aussi concerné, mais dans une moindre mesure. En effet, les avions de 5ème génération comme le F-22 et le F-35 affichent en moyenne des taux de capacité de mission inférieures à ceux des avions traditionnels qu’ils sont censés remplacer (article paru dans le journal de l’USAF/Air Force Times). Par exemple, la flotte de F-22 affichait un taux de capacité de mission de 51,74% en 2018, tandis que la flotte plus ancienne de F-15E affichait un taux de 71,16%. La flotte de F-35A affichait un taux de capacité de mission de 49,55% en moyenne, contre 66,24% pour le F-16C/D et de 72,51 pour le A-10C.

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Photo : F-35 @Nigel Blacke

 

01/08/2019

Les données des F-35 norvégiens transmises aux USA !

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Les autorités norvégiennes de la défense ont surpris l'un de leurs nouveaux avions furtifs F-35A « Lightning II » Block 3F renvoyant des données sensibles à son fabricant américain Lockheed Martin. 

La Norvège est le premier utilisateur non américain du F-35 à disposer d'un logiciel essentiel à la mission, rendu possible par la fourniture de fichiers de données de mission.

C’est une base de données et un logiciel essentiel qui sont censés fournir la «prise de conscience révolutionnaire de la situation». Mais voilà, cette «conscience de la situation» va dans les deux sens. Cela veut dire que l’avionneur américain Lockheed Martin et l’armée américaine reçoivent une télémétrie détaillée sur tout ce que les pilotes norvégiens font avec les F-35A.  

Un problème connu :  

La transmission d’informations propres aux utilisateurs du F-35 est connue depuis un certain temps. Révélée à l’époque par les israéliens qui ont été les premiers à suspecter cette possibilité. Ceux-ci ont été les seuls à prendre la mesure du problème. Les industriels israéliens à travers la société Israël Aerospace Industry (IAI) disposent d’un service de maintenance complet. Israël a mis en place sont propres pare-feu pour s'assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israël via un système externe, tel que le système Autonomic Logistics information (ALIS). Les données ALIS sont téléchargées sur un serveur isolé. Ayant obtenu les codes sources, les informaticiens de Tsahal sécurisent les données, les testes et c’est seulement ensuite que ceux-ci, les téléchargent sur les F-35A « Adir » évitant ainsi toute fuite de données. Cette façon de faire permet également d’éviter d’être « online » et donc d’être éventuellement victime de hackeurs.

On peut donc s’étonner que de nombreux pays ayant délibérement choisi le F-35 semblent tout-à-coup surpris de ce qu’ils découvrent.

Blocage du retour de données :

Lors de la présentation du F-35A en Suisse à Payerne, Lockheed Martin a reconnu qu’il était possible de recevoir en retour des données des utilisateurs. Pour Lockheed Martin, si notre pays devait opter pour le F-35, nous recevrions une version d’ALIS qui permettrait de bloquer tout retour d’information en direction des USA. Quelles garanties aurrions-nous réellement que ce système fonctionne ? Sans parlez d’une erreur humaine qui rendrait nos données visibles. Des nombreuse questions subsistent à ce sujet.

Photo : F-35A norwégiens @ Erik Moen