30/06/2021

La Suisse sélectionne le F35A !

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Air2030, le choix du futur avion de combat est définitivement connu, le Conseil fédéral va proposer au Parlement l’acquisition de 36 avions de combat de type F-35A de l’avionneur américain Lockheed Martin. Retour sur ce choix controversé, l’occasion de faire le point entre le positif et le négatif d’un appareil qui continue de faire parler de lui.

Les raisons du choix

Deux éléments ont joué en faveur du F-35, le prix d’une part et de l’autre les performances lors de l’évaluation.  

Un prix « canon »

Le budget pour le programme de l’avion de combat était de 6 milliards de franc suisse au maximum. L’offre de Lockheed Martin pour 36 avions est de 5,068 milliards de francs soit un particulièrement attractif par rapport à la concurrence. En matière de coûts à l’heure de vol (exploitations et maintenance) sont de 15,5 milliards de francs sur 30 ans. La différence avec le deuxième candidat le moins cher est de l’ordre de 2 milliards de francs. Les autres concurrents sont nettement plus chers.  

Le F-35 a écrasé ses concurrents

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Mais là où le F-35 s’est encore démarqué, concerne les essais. Si, tous les candidats ont rempli les exigences posées par la Suisse. Lors de l’évaluation, un candidat s’est à chaque fois détaché en affichant l’utilité globale la plus élevée tout en présentant les coûts les plus faibles. Il s’agit du F-35A pour les avions de combat. Avec 336 points, il atteint le score le plus élevé en termes d’utilité globale, avec un écart net de 95 ou plus par rapport à ses concurrents. Il obtient aussi le meilleur résultat pour trois des quatre critères principaux :

En termes d’efficacité, le F-35A obtient le meilleur résultat grâce à son avance technologique notable sur les autres candidats. Il dispose de systèmes innovants, très performants et largement connectés pour la protection et la surveillance de l’espace aérien. Le F-35A atteint la supériorité pour ce qui est de la maîtrise de l’information, et permet aux pilotes, mieux que les autres candidats, d’avoir une perception plus aiguë de la situation dans tous les domaines d’activités. Cela s’applique en particulier aussi aux tâches quotidiennes du service de police aérienne. 

De plus, le F-35A est le seul candidat à avoir été développé dès le départ en vue de rendre son interception difficile par d’autres systèmes d’armes. Il jouit ainsi d’une grande capacité de survie, ce qui représente un avantage particulier pour les Forces aériennes suisses.

Le résultat du F-35A dans le domaine de l'efficacité repose sur une nette avance technologique sur les autres candidats, avec lesquels les capacités sont considérablement élargies ou nouvellement créées dans de nombreux domaines.
Sur cette base, le F-35A dispose de nouveaux systèmes très puissants et entièrement interconnectés pour protéger et surveiller l'espace aérien. De cette façon, le F-35A obtient une information supérieure et permet aux pilotes d'être plus conscients de la situation dans tous les domaines d'activité qu'avec les autres candidats. Ceci s'applique également en particulier au service quotidien de la police aérienne.

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En outre, le fonctionnement relativement simple du système et la supériorité de l’information du F-35A entraînent des modifications au niveau du contenu de l’entraînement et changent le rapport entre les heures de vol et les heures sur simulateur.

Au niveau du support du produit, le F-35A affiche le score le plus élevé en raison de l’efficacité de l’exploitation et de la maintenance, de l’instruction avancée et de la grande sécurité d’approvisionnement pendant toute la durée de vie de l’appareil. Cela est également dû au fait que le F-35A est produit dans le plus grand nombre d’unités et est également utilisé en Europe par le plus grand nombre de pays.

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Un changement de paradigme

Le F-35 à littéralement repoussé les limites des tests. Il faut comprendre que cet avion offre des capacités en termes de capteurs et d’analyse des données inégalées à ce jour. Le viseur de casque permet une vision quasi à 360° et permet par exemple de voir sous l’avion grâce aux nombreuses caméras connectées avec les différents capteurs. Avec quatre F-35, il est possible d’offrir une surveillance de l’espace aérien et du sol tel un système embarqué AWACS. Mais avec la capacité d’engager immédiatement l’adversaire tout en restant très discret.

La furtivité en Suisse ?

Que faire de la capacité furtive dans notre pays ? La furtivité n’est pas une « cape  d’invisibilité » mais un camouflage qui permet de rester discret plus longtemps face aux capteurs adverses. Un F-35 pourra donc rester « cacher » en cas d’agression et surprendre alors ses adversaires. Le F-35 ouvre la porte à de nouvelles tactiques encore impossibles jusqu’ici.

Autonomie des données garantie

Dans sa décision, le Conseil fédéral a également tenu compte des dépendances technologiques du fabricant et du pays de fabrication. Ces dépendances ne peuvent pas être totalement exclues lors de l’acquisition de systèmes. Cependant, il a été démontré que tous les candidats garantissaient l’autonomie nécessaire des données. Le F-35A assure tout particulièrement bien la cyber sécurité car la cyber gestion, la sécurité de l’architecture de calcul et les mesures axées sur la cyber protection sont assurées de manière exhaustive.

Comme tous les autres candidats, le F-35A permet à la Suisse de déterminer elle-même les données qu’elle veut échanger avec d’autres forces aériennes par liaison de données ou les données logistiques qu’elle veut renvoyer au constructeur. Quant à l’exploitation et à la maintenance de l’avion, elles seront effectuées en Suisse par les Forces aériennes et RUAG Suisse. Sur ce point un accord a été trouver.

Vérification des essais

Afin de s’assurer de la viabilité des résultats, la conseillère fédérale Viola Amherd a commandé auprès du cabinet d’avocats zurichois Homburger SA une étude de plausibilité en vue de l’acquisition des nouveaux avions de combat. Cette étude portait sur la méthodologie d’évaluation, les critères d’adjudication ainsi que l’évaluation financière des offres, Homburger est arrivé à la conclusion que le classement des soumissionnaires selon l’analyse coûts-utilité faite par armasuisse dans le rapport d’évaluation était réaliste.

Le F-35A/F4 : 

En 2025, nous devrions recevoir le nouveau standard F4. Ce standard va prendre en compte un certain nombre d’améliorations en ce qui concerne le viseur de casque, l’optronique, les capacités d’engagement.

Le Lockheed Martin F-35A « Lightning II » : 

Le F-35A « Lightning II » est un avion de combat de la 5ème génération doté de capacités furtives. Avion monoplace ne nécessitant pas l’obligation d’une version biplace pour la transition, le F-35 a été conçu spécifiquement autour d’une architecture informatique très puissante pour permettre une totale fusion de l’ensemble des capteurs multispectraux. Il est le premier avion entièrement conçu pour fonctionner dans ce que l’on appelle la guerre en réseau (Network Centric Warfare). Le F-35A peut ainsi effectuer des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance et menés directement des opérations de guerre électronique, ainsi que la supériorité aérienne sans oublier l’attaque au sol. Doté d’un cockpit de nouvelle génération avec un écran géant central tactile couleurs qui ne nécessite plus le besoin de boutons de sélection. A noter que le traditionnel viseur tête haute (HUD) est supprimé, l’ensemble des informations sont ainsi partagées entre l’écran et le viseur de casque Rockwell Collins ESA Vision Systems LLC, « Helmet Mounted Display System ». Le pilote dispose de la liaison de données TADIL-J (Tactical Digital Information Link) soit une version améliorée de la Link16 de l’Otan. Le TADIL-J a été conçu comme une liaison de données améliorée utilisée pour échanger des informations en temps quasi-réel (NRT). Il s’agit d’un système de communication, de navigation et d’identification qui facilite l’échange d’informations entre les systèmes de commandement, de contrôle, de communication, d’informatique et de renseignement (C4I) tactiques. Le composant d’émission et de réception radio de TADIL-J est le système commun de distribution d’informations tactiques (JTIDS). L’avion est également le premier à disposer d’un système de mise à jour et de logistique en ligne qui répond ODIN (remplaçant d’ALIS). Le système intègre les fonctionnalités suivantes : la maintenance, les pronostics de pannes, la chaîne d’approvisionnement, les services d’assistance aux clients. Actionneurs électro-hydrostatique, le F-35 dispose pour la première fois des actionneurs électro-hydrostatiques (EHA) agissant en tant que commandes de vol principale, ce qui inclut le gouvernail, les empennages horizontaux et la surface de contrôle du flaperon. Les actionneurs des commandes de vol, bien qu’ils possèdent des systèmes hydrauliques internes à boucle fermée, sont contrôlés et alimentés par électricité et non de manière hydraulique, ce qui permet une capacité de survie accrue et un risque réduit.

Radar AESA

Le F-35A est équipé du radar à balayage électronique AESA conçu AN/APG-81conçu par Northrop-Grumman. Le système dispose des modes air-air et air-sol, suivi de terrain, cartographie à haute résolution, détection de véhicules terrestres, de l’écoute passive et des capacités de brouillage. 

L’EOTS

Le système de ciblage électro-optique de poursuite infrarouge (EOTS) AN/AAQ-40 produit par Lockheed Martin est un système de localisation et désignation de cible air-air et air-sol comprenant un FLIR, une caméra TV à haute définition et un système laser (télémétrie, désignation de cible). Le système est composé d’une fenêtre en saphir durable et est relié à l'ordinateur central intégré de l'avion via une interface à fibre optique à haute vitesse. Le système EOTS améliore la connaissance de la situation des pilotes de F-35 et permet aux équipages d'aéronefs d'identifier les zones d'intérêt, d'effectuer des reconnaissances et de livrer avec précision des armes à guidage laser et GPS.

AN/ASQ-239 Barracuda

Le système AN / ASQ-239 conçu par BAe Systems protège le F-35 grâce à une technologie avancée afin de contrer les menaces actuelles et émergentes. La suite offre une alerte radar entièrement intégrée, une aide au ciblage et une autoprotection, pour détecter et contrer les menaces aériennes et terrestres.

Le système fournit au pilote une connaissance maximale de la situation, aidant à identifier, surveiller, analyser et répondre aux menaces potentielles. Une avionique et des capteurs avancés fournissent une vue en temps réel et à 360 degrés de l'espace de combat, aidant à maximiser les distances de détection et offrant au pilote des options pour échapper, engager, contrer ou bloquer les menaces.

AN/AAQ-37 (DAS)

Le système d’alerte missile de Northrop Grumman Electronic System DAS (Distributed Aperture System) AN/AAQ-37 comprend 6 détecteurs infrarouges répartis en différents points de façon à fournir une vision à 360° autour de l'avion. Le système est combiné à un brouilleur Sanders/ITT ALQ-214.

Radios & IFF

Le F-35A est doté système de navigation et de combat Northrop Grumman AN/ASQ-242, qui inclut :le système de communication Harris Corporation Multifunction Advanced Data link (MADL)  avec une radio SINCGARS, une radio cryptée HAVE QUICK et un interrogateur/ transpondeur IFF Mode5.

Données techniques & armement du F-35A

Un moteur Pratt & Whitney F135 de 125kN et 178kN avec postcombustion. Masse à vide 13’170kg, maximale 25’600kg. Vitesse Mach 1,6. Plafond pratique 18’500m. Vitesse ascensionnelle plus de 180 m/s. Rayon d’action 1’080km.

Armement

10 points d’emport : 4 internes et 6 externes. 1 canon General Dynamics GAU-22 de 25mm. Air-air : AIM-9X Sidewinder, IRIS-T, ASRAAM, AIM-120 AMRAAM, METEOR. Air-sol : AGM-((AARGM, AGM-158 JASSM Brimstone, AGM-169 JCM. Antinavire : JSM, LRASM. Bombes : Mark 82, Mark 84, Small Diameter Bombe, JDAM, AGM-154 JSOW. 

Points faibles du dossier

Si le F-35 a battu ses concurrents et ceci de manière particulièrement élevée, le choix d’un avion « high Tech » à un prix « canon » ne doit pas faire oublier les points noirs qui péjorent le dossier.

Nous allons entrer dans la phase de négociation du contrat. Il donc très important de tenir compte des éléments suivants :

Les 871 problèmes, doivent selon LM être réglés d’ici 2025. Il ne faut pas seulement des promesses, mais négocier clairement que ceux doivent plus exister à cette date ou alors LM devra prendre entièrement à sa charge les modifications.

Maintenance, selon les coûts estimés la projection de 15,5 milliards de francs sur 30 ans est juste selon les tableaux de LM, mais ceux-ci ont pris du retard. Il faut donc s’assurer que ce retard sera comblé ou alors LM devra payer des pénalités.

La question d’ALIS est réglée, la Suisse recevra le système de logistique ODIN, dont les récents essais aux USA ont montré son efficacité.

Certes le dossier est complexe, et il sera compliqué d’en expliquer les détails à la population, mais il faudra être transparent dans les mois à venir.

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Photos : F-35 @ LM

 

 

 

25/02/2021

F-35 et KC-46A au menu d’Israël !

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Israël a signé une lettre d'acceptation (LOA) avec les États-Unis pour l'achat de deux avions ravitailleurs Boeing KC-46A « Pegasus », et prévoit d'autres accords similaires pour améliorer son avantage militaire qualitatif (QME) dans la région avec un troisième escadron de F-35. 

Le département d'État américain a approuvé la vente potentielle de 8 KC-46A « Pagasus » à Israël il y a près d'un an, pour remplacer les anciens ravitailleurs basés sur des Boeing 707 de l'IAF. L'ensemble de l'accord de 8 avions a une valeur estimée à 2,4 milliards de dollars. Cependant, il reste possible qu'Israël reçoive une version sur mesure du KC-46, comme il l'a fait dans le passé avec le F-35I et d'autres. L'IAF pourrait potentiellement acquérir une version du « Pegasus » qui diffère considérablement du modèle de l'US Air Force. 

La décision d'acheter un troisième escadron de F-35I n'est pas une surprise, mais il se pourrait bien qu’il soit le dernier. Pour l'instant, cependant, l'IAF se concentre sur le F-35I. À ce jour, Israël a signé des contrats pour 50 F-35I, suffisants pour équiper deux escadrons, dont le dernier a été déclarer prêt au comabt en aôut dernier. Le prochain achat devrait contenir 25 appareils pour permettre la formation d'un troisième escadron. 

Le F-15 « Advanced Eagle » en embuscade :

Cette préparation de commande pourrait laisser croire qu’Israël laisse abandonne la nouvelle version du F-15 « Advanced Eagle », mais il n’en est rien. Tel Aviv et Boeing confirment que les discussions continuent sur l’achat de premier lot de 25 F-15 « Advanced Eagle » neufs et la modernisation de 25 appareils. Selon un porte-parole de l’IAF, les discussions actuelles portent sur une adaptation du F-15 « Advanced Eagle » à la sauce israélienne. 

La vision de l’IAF : 

Pour l'IAF les qualités furtives du F-35I pour pénétrer dans un espace aérien contesté, ainsi que ses capacités inégalées de partage de données sont autant de bonnes raisons pour un troisième escadron. Mais, il reste un besoin pour un avion avec une avionique avancée qui peut fonctionner aux côtés du F-35I et transporter des charges d'armes plus lourdes sur de longues distances, servant essentiellement de « camion de missiles ». Sur ce point le F-15 « Advanced Eagle » est la bonne réponse au problème. En parallèle, la petite taille du pays, oblige de posséder un grand nombre d’appareils modernes et polyvalents. Pour cela, la modernisation de la flotte de permet de combler ce vide efficacement.

 

Appuis de Washington :

Tous ces achats pour l'armée de l'air israélienne (IAF) seront effectués via les canaux militaires américains, avec un financement fourni par l'initiative de financement militaire étranger (FMF). En 2018, l'administration Trump a approuvé un protocole d'accord de 10 ans avec Israël qui couvre 3,3 milliardsde dollars d'aide. La FMF accorde à ses alliés des subventions globales pour les achats militaires, avec la stipulation qu'un pourcentage important est dépensé avec des entreprises américaines.

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Photos : 1 KC-46A et F-15 Advanced Eagle aux couleurs d’Israël @ Boeing 2 F-35I@ IAF

 

 

21/02/2021

L’USAF confirme son intérêt pour un avion de 4ème génération !

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L'US Air Force cherche à remplacer ses plus anciens F-16, a confirmé mercredi le général en chef du Charles Brown. Pour cette réalisation, l’USAF a lancé une étude qui décrira sa combinaison préférée de chasseurs et d'autres avions tactiques qui seront utilisés pour aider à construire le budget de l'exercice 2023. Ce résultat pourrait inclure un tout nouveau chasseur de « quatre et demi ou cinquième génération » avec des capacités qui se situent quelque part entre l'ère des années 1970, avec comme point de départ le F-16 et des chasseurs furtifs de cinquième génération comme le F-22 et le F-35.

Selon le général Charles Brown : « Si nous avons la capacité de faire quelque chose d'encore plus efficace pour moins cher et plus rapidement, pourquoi pas ? Ne nous contentons pas d’acheter dans le commerce, jetons un œil à quelque chose d’autre que nous pouvons construire », a déclaré Brown aux journalistes lors d’une table ronde cette semaine.

Ces déclarations sont importantes, car elles sont pour la première fois confirmées par un responsable de l’US Air Force et confirment l’introduction d’un autre avion de quatrième génération dans l’inventaire des avions de combat du service.

Rappel :

En janvier, l’ancien chef des acquisitions de l’armée de l’air, Will Roper, a révélé que l’étude en cours du service pèsera également sur l’achat de nouveaux F-16 de type Block 70/72 « Viper » auprès de Lockheed Martin. Il avait alors déclaré : « Lorsque vous regardez la nouvelle ligne de production de F-16 en Caroline du Sud, ce système a de merveilleuses capacités améliorées qui méritent d'être considérées dans le cadre de notre solution de capacité à l’avenir ».

Différentes options :

Le général Charles Brown a également souligné l'approche adoptée par l’USAF avec le nouvel avion école Boeing/Saab T-7A « Red Hawk » et son futur chasseur secret, connu sous le nom de Next Generation Air Dominance (NGAD). Les deux avions ont été conçus à l'aide de pratiques d'ingénierie numérique, ce qui a permis au service de modéliser le cycle de vie de diverses conceptions et de préparer rapidement des démonstrateurs à grande échelle pour les essais en vol.

L'étude en cours comprendra la modélisation, la simulation et l'analyse visant à déterminer le bon mélange d'aéronefs, les capacités dont chacun dispose et le nombre de chaque type nécessaire pour garantir le succès de l’USAF dans les conflits futurs. Investir dans un autre type d’avion de combat pourrait également avoir comme conséquence un refus du financement par le Congrès, en particulier parce que plusieurs appareils sont déjà en production. C’est pourquoi la prudence est de mise et qu’une nouvelle commande de F-16 serait plus amène d’être acceptée par le Congrès, comme celle faite avec le F-15EX.

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Réduction de la flotte de F-35 :

De l’autre côté, l’US Air Force n'a pas officiellement dérogé aux plans d'achat de 1’763 avions de combat de type F-35A à Lockheed Martin au cours de son programme d'enregistrement. Mais selon le général Charles Brown, des documents internes de la future cellule de combat de l'USAF indiquent un plan pour réduire les commandes de F-35A à 1'050 unités.

On notera qu’en parallèle, le Corps des Marines américains (USMC) semble également avoir réduit son appétit pour les chasseurs F-35B à décollage court à atterrissage vertical et les variantes de porte-avions F-35C et ceci de part, son intention de réduire la taille des escadrons en 2020. L’USMC semblait impliquer qu'il réduirait ses prévisions d’achat de 420 exemplaires du F-35 (353 F-35B et 67 F35C) d'ici 2031 par 120 à 130 avions.

Il faut comprendre que le Bureau de l’évaluation des coûts et de l’évaluation des programmes du Pentagone et le Bureau du programme commun du F-35 ont précédemment exprimés leur scepticisme commun, quant au fait que les coûts de fonctionnement du F-35A pourraient être réduits à 25’000 dollars de l’heure d’ici 2025, ce qui est l’objectif de l’avionneur Lockheed Martin. 

Lockheed Martin joue la montre : 

De son côté l’avionneur Lockheed Martin, a déclaré aux journalistes le 19 février que la société était toujours déterminée et confiante à réduire le coût de vol du F-35 à 25’000 dollars de l'heure. Au cours des cinq dernières années, l’avionneur a réussi à réduire d’environ 40% de l’élément de coût de maintien en termes de coût par heure de vol. L’avionneur prévoit une réduction similaire de 40 à 50% au cours des cinq prochaines années. Cependant, il reste les nombreux problèmes techniques qui ne sont toujours pas corrigés et continuent de péjorer le programme F-35, soit 871 à ce jour. L’avionneur tente de faire valoir les capacités de guerre en réseau du F-35, qui serait le seul à pouvoir déjouer par exemple des batteries de S-400 russes. De plus, le F-35 reste une référence aux capacités de traitement informatique et de communication. Sur ce point, Lockheed Martin n’a pas tort, mais semble oublier volontairement que F-16 Block 70/72 « Viper » sera lui aussi doté d’une capacité de guerre en réseau qui l’amènera au plus près des capacités du F-35, mais avec l’avantage que ce dernier reste un avion moins cher et capable de mener des opérations plus classiques. D’une manière générale, Lockheed Martin tente de sauver le F-35 notamment vis-à-vis de l’exportation. Car un retrait partiel de l’USAF et de l’USMC sans oublier l’USN pourrait durement affaiblir l’intérêt de l’avion auprès de clients potentiels. En même temps Lockheed Martin peut encore jouer la carte du F-16 comme bouée de secours.

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Photos : 1 F-16 Block70/72 Viper@ LM  2 Projet NGAD 3 F-35 @ USAF

 

 

 

 

 

 

 

 

01/02/2021

Offres finales pour la Finlande !

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La Finlande a demandé aux cinq avionneurs participant à la compétition en vue du remplacement de la flotte d’avion de combat F/A-18 C/D « Hornet » de soumettre les meilleures offres finales avant le 30 avril.

Une décision sur le choix final sera effectuée pour la fin de l’année2021. La demande de meilleure offre finale et les offres contraignantes attendues des soumissionnaires constituent la phase finale de l'appel d'offres dans le programme de chasseurs HX a confirmé de son côté le Commandement logistique des forces de défense finlandaises. "Avec la demande de meilleure offre finale, chaque soumissionnaire est invité à rassembler les informations fournies dans les offres et négociations précédentes dans un ensemble final et contraignant".

Le parlement finlandais a déjà approuvé un financement en augmentation de 11,4 milliards de dollars au lieu des 10 milliards prévus initialement,  pour acquérir le remplaçant des F / A-18C/D actuels du pays, on parle de 60 à 64 appareils. Les options du programme HX de chaque soumissionnaire diffèrent en ce qui concerne les coûts de mise en service, les besoins de construction et l'intégration dans le système de défense », indique le commandement logistique. « C'est pourquoi chaque soumissionnaire se verra attribuer une limite de prix spécifique au soumissionnaire et, en outre, une option similaire sera incluse pour chaque soumissionnaire pour les achats ultérieurs et les modifications contractuelles.

Par conséquent, le prix plafond fixé pour chaque soumissionnaire est d'environ 11,4 milliards de dollars. Selon le programme finlandais, quatre critères sont utilisés pour juger les candidats : la capacité militaire ; Sécurité d'approvisionnement ; participation industrielle ; et les coûts.

Les implications des politiques de sécurité et de défense seront évaluées séparément en dehors du processus d'appel d'offres proprement dit. Les offres qui réussissent le processus d'évaluation après la date limite de soumission feront l'objet d'une évaluation finale de la capacité, « en tenant compte des packages proposés et des valeurs de capacité vérifiées sur la base des tests effectués dans le pays l’année dernières.». Une sélection de type sera transmise pour approbation par le gouvernement avant la fin de l'année, le nouveau modèle devant entrer en service à partir de 2025.

La Finlande prévoit d'acquérir jusqu'à 64 avions de combat pour remplacer sa flotte vieillissante de F/ A-18C/ D « Hornet ». Pour Helsinki, il n’est pas question de baisser la garde, il est primordial de maintenir une dotation suffisante d’avions pour garantir la sécurité dans la région. Le gouvernement devrait finaliser sa décision sur le choix de l'avion de combat à fin 2021.

Le calendrier du projet, sous la supervision du Commandement logistique du FDF, prévoit que l’armée de l’air finlandaise prendra livraison de nouveaux avions au cours de la période 2025 à 2030.

Les avions de combat internationaux en lice pour le contrat de 12 milliards de dollars comprennent le Boeing F/A-18 Super Hornet BlockIII, le Dassault Rafale F4, l'Eurofighter Typhoon T4, le Lockheed Martin F-35-F4 et le Saab Gripen E MS21.

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Photos : le projets HX @ FAF

 

14/01/2021

Le F-35 oscille toujours entre défaillances et améliorations !

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Le bureau des évaluations du Pentagone tire à nouveau à « boulets rouges » sur le programme. F-35. Si ce rapport devait rester confidentiel, le groupe Bloomberg News vient d’en révéler le fond. Selon les informations disponibles, le rapport dénonce le grand nombre de déficiences, encore présentes au sein du programme.

871 déficiences logicielles et matérielles :

Ce nouveau rapport revient une fois encore sur les nombreux 2bugs » qui animent le programme F-35. Au total, on identifie toujours 871 déficiences logicielles et matérielles qui pourraient compromettre les missions ou la maintenance de l’avion. Rappelons qu’en 2018 le Bureau du pentagone avait identifiés 941 failles.

Rectifications à la peine :

Pour autant l’avionneur Lockheed Martin travaille à la résolution des nombreux problèmes. Mais force est de constater que ceux-ci sont tenaces. Le programme F-35 fait l’objet d’une mise à niveau du « Bloc 4 » d’un coût d’au moins 12,1 milliards de dollars visant à corriger les lacunes du passé et à introduire de nouvelles capacités par incrémentation de six mois jusqu’en 2026 pour faire face aux menaces actuelles. Le plan comprend la modernisation de certains avions déjà construits et utilisés aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon.

Mais le rapport dénonce le fait que le nombre global de lacunes ouvertes n'a pas changé de manière significative depuis début 2018, et ceci en raison de problèmes continus avec la qualité initiale du logiciel dans le Bloc 4 et des capacités de test en laboratoire et en vol limités, résultant en un taux élevé de découvertes de problèmes lors des tests et sur le terrain.

Pour Robert Behler, directeur des tests et évaluation pour le Pentagone, « le processus du Bloc 4 ne fonctionne pas», « Cela entraîne des retards importants dans les calendriers planifiés et entraîne une mauvaise qualité des logiciels, contenant des lacunes.» Les modifications logicielles « destinées à introduire de nouvelles fonctionnalités ou à corriger des lacunes ont souvent introduit des problèmes de stabilité ».

Robert Behler ajoute que seulement 10 des 871 lacunes non résolues citées impliquent des problèmes de « catégorie 1 » potentiellement graves, définis comme des lacunes critiques qui pourraient compromettre la sécurité du pilote ou de l'aéronef ou dégrader l'efficacité de la mission. C’est à comparer avec 102 problèmes graves parmi les 941 cas cités en 2018. Il y donc une certaine amélioration, au sein du programme, mais celles-ci sont insuffisantes et de l’autre les déficiences secondaires sont encore trop présentes.

20 ans déjà :

Le programme F-35 fêtera cette année ses 20 ans depuis que ce dernier a été sélectionné. Or pour R.
Behler, le programme souvent encore trop de maladies de jeunesses. En plus des défauts techniques, le programme F-35 fait face à un déficit de 10 milliards de dollars dans le budget prévu du Pentagone pour 2021 à 2025. Le plan budgétaire final de l'administration Trump appelle à demander 78 milliards de dollars pour la recherche et le développement, l'achat d'avions, les opérations et la maintenance. Mais l’unité indépendante d’analyse des coûts du Pentagone estime que 88 milliards de dollars seront nécessaires, selon une analyse de juin 2020.

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Photos : F-35 @ USAF