19/10/2021

Des F-16 pour la Turquie ?

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Le contentieux entre la Turquie et les Etats-Unis sur le programme F-35 pourrait être réglé avec la livraison d’avions de combat F-16. Washington vient de proposer une compensation de l’ordre de de 1,4 milliard de dollars à la Turquie pour le programme multinational F-35.  

40 F-16 « Viper »

Washington semble ouvert à la demande d’Ankara pour la livraison de 40 Lockheed Martin F-16 Block 70/72 « Viper » ainsi que 80 kits pour moderniser des appareils aux standards plus anciens. Pour l’instant, un tel contrat n’a pas encore été notifié au Congrès, rien encore confirmé dans ce dossier.  

Ankara dans une situation complexe

Avec son exclusion du programme F-35, Ankara se retrouve dans une certaine mesure dans une situation de faiblesse, le pays pourrait en effet, très vite se retrouver avec une force aérienne affaiblie vis-à-vis de ses voisins. Ankara ne pouvant disposer du F-35, seul le développement de son propre avion de 5 ème génération, le TF-X pourrait combler ce vide et/ou l’achat d’un avion du côté de la Russie. Pour autant la Turquie rencontre de gros problèmes pour son avion de combat national, notamment en ce qui concerne la motorisation. Des discussions avec Moscou sont en cours depuis plusieurs mois, mais l’acquisition d’un avion ou de technologie pourrait pousser Ankara hors de l’Otan.  

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » : 

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

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Photos : 1 F-16 turc @ Armée de l’air turque 2 F-16 Viper @ LM

23/09/2021

Grosse incursion chinoise dans l’espace aérien taïwanais !

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La Force aérienne taïwanaise était en alerte ce jeudi matin pour intercepter pas moins de 19 avions de combat chinois qui sont entrés dans sa zone de défense aérienne, a annoncé le ministère taïwanais de la Défense. Les incursions de la PLAAF sont légion, et de plus en plus massives. Retour sur la tension militaire qui secoue depuis des années le détroit de Taïwan.

14 avions de combat chinois

L’incursion de l’aviation militaire chinoise de ce matin comprenait 14 avions de combat, soit 12 Shanyang J-16 multirôle et 2 bombardiers Xian H-6 à capacité nucléaire. Si les incursions chinoises sont régulières, Taïwan fait maintenant face à une pression accrue avec un nombre important d’avions de combat. La première a été effectuée en avril dernier avec pas moins de 25 avions de combat qui chinois sont entrés dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) taïwanaise. Pas moins de 18 chasseurs accompagnaient des bombardiers à long rayon d’action.

La Force aérienne taïwanaise a dû adapter sa tactique en fonction des violations constantes de son espace aérien. Par exemple, si, il ne s’agit que d’un appareil, elle ne se précipite plus pour le rejoindre, mais le suit avec ses systèmes de missiles sol-air. Par contre, les incursions massives comme celle de ce matin, sont systématiquement contrées.

Répétition d’une possible invasion ou guerre psychologique ?

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Ces incursions massives de la Chine sont un nouveau mode de pression. La Chine n’a pas peur de se montrer au grand jour et de faire valoir sa toute nouvelle puissance dans la région. La volonté de s’emparer de Taiwan est bien présente. Qu’il s’agisse d’une attaque soudaine et rapide ou d’une invasion à grande échelle. Mais Pékin semble préférer une réunification plus pacifique avec ce qu’elle nomme communément île de Formose. Détruire les actifs de cette dernière n’est. La Chine semble donc bien jouer au chat et à la souris avec Taïwan en espérant que cette dernière craquera sous la pression. Mais rien n’est moins sûr, en effet, la petite île ne cesse de renforcer ses capacités de défense et de frappes capables de mettre à mal une possible agression chinoise. 

De son côté, la Chine est plus forte que jamais Pékin peut, à présent, prétendre disposer d’une marine puissante. Cette amélioration de la marine chinoise s’inscrit dans une logique doctrinale selon laquelle les forces navales d’un pays montrent la puissance de celui-ci. La marine chinoise dispose désormais de 350 bâtiments de guerre dont 130 étant considérés comme des « combattants de surface majeur ». On compte donc dans l’inventaire chinois deux portes avions et un troisième en construction, 6 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et une flotte de destroyers, de corvettes et de frégates, dont la qualité ne cesse d’augmenter tant en qualité qu’en technologie embarquée. La puissance navale chinoise s’appuie également sur une aviation de plus en plus performante et nombreuse qui est aujourd’hui la troisième au monde avec un total de 2’500 aéronefs. S’ajoute ensuite une gamme de missile complète, largement capable d’atteindre Taïwan. Il manquait à Pékin les moyens de mener un débarquement, c’est presque chose faite avec l’arrivée de navires de débarquement de classe Yuzhao Type 071 et de navires d'assaut amphibies de classe Yushen Type 075, cet ensemble comprendra bientôt un total 32 navires lourds, 16 de taille moyenne et 29 transports de tanks. A cela, il faut ajouter des ravitailleurs en vol Y-20, des aéronefs de détection avancée AEW&C et des appareils de guerre électronique.

Difficile de dire si Pékin osera la confrontation, mais les risques d’un accident augmentent dans ce jeu dangereux ou les nerfs sont soumis à une pression toujours plus forte.

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Photos : 1 F-16 Taïwanais interceptant un Xian H-6  2 Scramble avec un F-CK-1 Ching Kuo @ TaF 3 Shenyang J-16 chinois @ TaF

 

 

22/05/2021

A330 MRTT vers la certification du ravitaillement automatisé ! 

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Je vous en parlais en avril de l’année dernière, Airbus avait réalisé la toute première opération de ravitaillement en vol entièrement automatique (A3R). La campagne d'essais en vol, menée plus tôt dans l'année au-dessus de l'océan Atlantique, a impliqué un avion d'essai de ravitailleur Airbus A330MRTT équipé de la solution Airbus A3R, avec un chasseur F-16 de l'armée de l'air portugaise agissant comme récepteur. Cette solution révolutionnaire et unique au monde, va bientôt être certifiée.

Les opérations de ravitaillement en vol sont parmi les missions les plus exigeantes. Les pilotes de ravitailleur et de réception doivent opérer en formation rapprochée, pilotant des aéronefs avec des enveloppes de vol et des vitesses variables, de jour comme de nuit et dans toutes les conditions météorologiques, et au-dessus du champ de bataille. De nombreux facteurs sont imprévisibles et pourraient mettre les missions en danger.

 Amélioration des capacités de l’A330 MRTT :

Pour Airbus, le succès de l’A330 MRTT doit continuer, pour cela les ingénieurs d’Airbus ont envisagé un nouveau chapitre où, sous le nom de SMART MRTT, l’avion doit acquérir un nouvel ensemble de capacités révolutionnaires, notamment des solutions de maintenance améliorées et la capacité de mener des opérations de ravitaillement en vol entièrement automatisées A3R.

 Le système de ravitaillement automatique s A3R et l'idée sous-jacente était claire: réduire la charge de travail des opérateurs de ravitaillement en vol (ARO), améliorer la sécurité et optimiser le taux de transfert de ravitaillement en vol (AAR) en conditions opérationnelles pour maximiser la supériorité aérienne.

 Révélé au public en 2018, l'A3R a franchi toutes les étapes, y compris plusieurs «premières mondiales» aéronautiques telles que les premiers contacts automatisés. Dans le cadre d’une opération conjointe avec la Royal Australian Air Force (RAAF), un pétrolier de développement de la société Airbus A310 a effectué sept contacts automatiques avec un transporteur de pétroliers multi-rôles RAAF KC-30A. Plus récemment, en 2020, Airbus a annoncé la toute première opération de ravitaillement entièrement automatique.  

En 2020 a également vu l'annonce par Airbus de collaborer avec la République de Singapour Air Force (RSAF) pour développer le programme A330 SMART MRTT. Singapour est devenu un partenaire clé pour les nouvelles capacités de ravitaillement en vol automatisé et dans le cadre de cet accord, un RSAF A330 MRTT a participé au développement, à la campagne d'essais en vol et au programme de certification finale. 

Essais réussis à Singapour : 

Aujourd'hui, l'A3R a franchi un autre pas important vers la certification avec l'achèvement de la phase de développement après une campagne d'essais en vol réussie. Les essais, réalisés avec la RSAF et la Defense Science and Technology Agency (DSTA) de Singapour, se sont déroulés à Singapour début 2021. Ils ont marqué la participation d'un RSAF A330 MRTT équipé d'A3R faisant office de pétrolier et de plusieurs récepteurs de la RSAF, dont un autre A330. MRTT et avions de combat comme le F-16 et le F-15SG. 

 Au cours de l'essai, un total de 88 contacts secs et humides entièrement automatisés et des transferts de près de 30 tonnes de carburant ont été exécutés avec succès, y compris les premières opérations entièrement automatisées avec un autre récepteur A330 MRTT et RSAF F-16D / F-16D. 

 Tous les tests requis pour la collecte de données A3R avec le F-15SG, y compris les vols opérationnels pour démontrer les performances de l'A3R dans un scénario représentatif de la mission, ont également été réalisés.

 L’A3R :  

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Le système A3R ne nécessite aucun équipement supplémentaire sur l'avion récepteur et est destiné à réduire la charge de travail des opérateurs de ravitaillement en vol (ARO), à améliorer la sécurité et à optimiser le taux de transfert de ravitaillement en vol dans les conditions opérationnelles, contribuant à maximiser la supériorité aérienne. L'objectif du système A3R est de développer des technologies qui atteindront des capacités entièrement autonomes.

Une fois que le système est activé par l'ARO, l'A3R fait voler la flèche automatiquement et maintient l'alignement entre la pointe de la flèche et le réceptacle du récepteur avec une précision de quelques centimètres ; le bon alignement et la stabilité du récepteur sont vérifiés en temps réel pour maintenir une distance de sécurité entre la flèche et le récepteur et également pour déterminer le moment optimal pour étendre la poutre télescopique pour réaliser la connexion avec le récepteur. À ce stade, le transfert de carburant est amorcé pour remplir l'avion récepteur et une fois terminé et la déconnexion commandée, la flèche est éloignée du récepteur en rétractant le faisceau télescopique et en éloignant la flèche pour garder une distance de séparation sûre. Au cours de ce processus, l'ARO surveille simplement l'opération.

Le système avancé A3R guide la flèche pour se connecter de manière autonome avec le réservoir de ravitaillement de l'avion récepteur. Lorsque le système A3R est activé, un système de commande de vol entièrement automatisé vole et maintient la flèche alignée avec le réceptacle de l'avion récepteur. Lors de l'approche initiale du récepteur, le contrôle de la flèche est effectué par l'opérateur de ravitaillement en vol (ARO) de l'avion-citerne. De nouvelles techniques passives telles que le traitement d'image sont ensuite utilisées pour déterminer la position du réservoir de ravitaillement du récepteur. La poutre télescopique à l'intérieur de la flèche peut être commandée manuellement par l'ARO ou en utilisant un mode de maintien de distance relative ou un mode automatique complet pour effectuer le contact. Le nouveau processus devrait réduire la charge de travail des opérateurs de rampes de ravitaillement, améliorer la sécurité et optimiser le taux de ravitaillement en vol dans les conditions opérationnelles.

L’Airbus A330MRTT : 

L’A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport) d’Airbus Military est le seul avion stratégique de ravitaillement et de transport de nouvelle génération, actuellement disponible et opérationnel au monde. L’importante capacité d’emport carburant de base (111 tonnes) de l’avion de ligne A330-200, dont il est dérivé, permet à l’A330 MRTT d’exceller dans les missions de ravitaillement en vol, sans l’adjonction de réservoir supplémentaire. L’A330 MRTT est proposé avec un choix de systèmes de ravitaillement incluant la perche caudale ARBS (Aerial Refuelling Boom System) d’Airbus Military et/ou une paire de nacelles tuyau/panier sous voilure et/ou un système ventral tuyau/panier FRU (Fuselage Refuelling Unit).

Grâce à son large fuselage, l’A330 MRTT peut également servir d’avion de transport capable de transporter 300 soldats ou 45 tonnes de charge utile. Il peut également être décliné en version d’évacuation sanitaire (EVASAN) et recevoir jusqu’à 130 civières.

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Photos : 1 A330 MRTT de la RSAF ravitaillant automatiquement un F-16D 2 Système A3R 3 Premiers essais @ Airbus DS

 

 

 

31/03/2021

Les premiers F-16 roumains au complet ! 

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C’est fait, le 17ème avion de combat de type F-16 a été livré à la base aérienne de Borcea en Roumanie. Cette livraison complète une commande qui a commencé en 2016, lorsque la Roumanie a acquis 12 avions de combat de type Lockeed Martin F-16AM/BM Block 15 (neuf monoplaces et trois biplaces), avec cinq autres F-16 (quatre monoplaces et un biplace).

La capacité opérationnelle initiale (CIO) de Forţele Aeriene Romane (Armée de l’air roumaine, RoAF) a été déclarée en mars 2019 sur le nouvel avion.  

Rappel :

La Roumanie a acquis le F-16 pour remplacer ses chasseurs MiG-21 « Fischbed » de l’époque du Pacte de Varsovie, qui ont ensuite été mis à niveau par Israël standard « Lancer ». Durant cette période de transition, le pays a été soutenu par l'OTAN, qui effectue des missions de police aérienne depuis la base aérienne de Mihail Kogalniceanu près de Constanta sur la mer Noire. Cette mission de police aérienne du sud comprend également l’espace aérien bulgare, ce pays entamant lui aussi le processus de remplacement de ses anciens chasseurs MiG-29 « Fulcrum » de l’époque du Pacte de Varsovie par le F-16.

F-16 MLU :

Ces 17 appareils ont subi le programme de modernisation MLU (Middle Life Update) par la société OGMA-Industria Aeronautica au Portugal. Ils ont également été adaptés selon une demande est spécification de la Roumanie au standard M.5.2R.  Bucarest a annoncé que les 17 appareils seront surélevés à un nouveau standard appelé M.6.X par la suite. 

36 à 48 avions :

Bucarest ne veut pas en rester là, la dotation actuelle de 17 F-16 est insuffisante pour assurer le minimum de la sécurisation de l’espace aérien roumain (formation, police du ciel). Dont l’Otan continue d’appuyer la sécurisation. Pour ce faire un ordre de suivi des F-16 des États-Unis de 36 à 48 appareils supplémentaires pour équiper deux escadrons supplémentaires est prévu par le pays.

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Photos : F-16 de la RoAF @ RoAF

21/01/2021

Premier F-16 grec modernisé ! 

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Si Athènes prépare la modernisation de sa force aérienne avec le Rafale et le F-35, l’ossature de cette dernière va également être renforcé avec la mise à niveau des Lockheed Martin F-16 « Fighting Falcon ».

 

Lancée au printemps 2018, le projet prévoit la mise à jour de 125 F-16 sur un total de 155 au standard Block 70/72 « Viper ». Le contrat est estimé à plus de 2,4 milliards de dollars. Le premier appareil modernisé vient d’effectuer son vol inaugural chez Lockheed Martin à Fort Worth au Texas. Un second apapreil devrait le rejoindre prochainement. Ce premier vol a eu lieu survenue 25 mois après que le département américain de la Défense (DoD) a accordé à Lockheed Martin le contrat de ventes militaires étrangères pour effectuer les travaux de mise à niveau. Les autres appareils seront modernisés en Grèce chez Hellenic Aerospace Industry (HAI). Les travaux devraient être terminés le 30 juin 2027. 

Le F-16 « Viper » Block70/72 » :

La modernisation au standard « Viper » Block70/72 comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Pour Lockheed Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V reçoit un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS).

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Photos : 1 le premier F-16 grec modernisé @ LM 2 F-16 Solo display @ HAF