04/05/2020

Airbus / Boeing / Embraer, les emplois sous pression !

34.jpg

Dans le cadre de la pandémie du COVID-19, il est temps de s’interroger à la problématique des emplois sous pression chez les deux grands constructeurs. En effet, des mesures vont être prises et elles n’augurent rien de bon. Les compagnies aériennes retardent les achats de nouveaux avions freinent les calendriers de livraison et reportent la maintenance élective.

Baisse des cadences :

Chez les deux avionneurs, des mesures afin de diminuer les cadences de production ont été prises. Dans un premier temps chacun s’est engagé à la réaffectation du personnel qui n’était pas confiné. Mais cette mesure devient difficile à tenir du fait que la planification de la reprise complète des opérations d’assemblage ne se fera pas avant 2022.

Chez Airbus on annonce une perte chiffrée à 481 millions d’euros avec une baisse d’activité de l’ordre de 50% pour 2020 et estimée à 33% pour 2021. Chez airbus se sont 200'000 emplois directs et indirects qui sont générés dans le monde par le groupe Airbus. On estime que dans la région toulousaine se sont 3'800 employés qui pourraient à termes se retrouver au chômage dans les mois avenir. La situation n’est pas meilleure sur les sites en Espagne avec 850 emplois touchés et 1'900 en Allemagne. En Angleterre 450 postes sont menacés.

Pour les sous-traitants, c’est encore pires. Certes, il y aurait bien des tentatives de reconversion pour ces derniers, mais celles-ci vont prendre des années et la situation dans les autres secteurs n’est pas meilleurs.

Pas mieux chez Boeing :

Boeing supprimera 10% de ses 160’000 employés d'ici la fin de l'année et réduira considérablement la production d'avions à fuselage large et à fuselage étroit jusqu'en 2022.  Dans une lettre envoyée mercredi dernier aux employés de la société, la Direction a qualifié la pandémie de «coup dur» pour l'entreprise, créée par une baisse du volume de passagers de plus de 95% par rapport aux chiffres de l'année dernière et une baisse attendue de 314 milliards de dollars des revenus des compagnies aériennes en 2020. Il a estimé qu'une reprise de la crise de Covid aux niveaux de 2019 prendrait deux à trois ans et qu'il faudrait "quelques années au-delà" pour que l'industrie revienne aux tendances de croissance à long terme. 

Double crise chez Embraer :

Les temps sont difficiles également chez l’avionneur brésilien, troisième constructeur au monde. En plus de la pandémie, l’avionneur doit maintenant revoir toute sa stratégie suite au désengagement de Boeing dans le groupe. Souvenez-vous, l’avionneur américain devait suite à un accord racheter les activités civiles du brésilien. Embraer avait annoncé à fin 2019 une perte de 322 millions de dollars et ne pouvait pas faire de prévisions pour 2020 en raison de la crise sanitaire.

Photo : Chaine d’assemblage de l’A350 à Toulouse au ralenti @ airbus

27/04/2020

Boeing-Embraer : L’accord a du plomb dans l’aile !

Embraer-Boeing.jpg

Surprise ce weekend, avec l’annonce de la part de l’avionneur américain Boeing, que celui-ci résiliait l’accord de transaction maître (MTA) avec Embraer, en vertu duquel les deux sociétés ont cherché à établir un nouveau niveau de partenariat stratégique. Dimanche soir l’avionneur brésilien n’a pas manqué de réagir à cette décision.

Tout semblait aller pour le mieux :

En juillet 2018, pour faire face au rapprochement Airbus/Bombardier, les avionneurs Boeing et Embraer décidaient de sceller une union. Celle-ci devait permettre à Boeing de gérer la totalité des activités des avions de ligne régionaux ERJ et E2-Jet d'Embraer de 70 à 150 sièges. Boeing devait investir un montant de 3,8 milliards de dollars dans la coentreprise. Pour l’avionneur américain, ce partenariat s'inscrivait clairement dans le cadre de la stratégie à long terme de Boeing, qui consiste à investir dans la croissance organique et à redistribuer de la valeur à ses actionnaires, tout en concluant des accords stratégiques qui améliorent et accélèrent les projets de croissance.

Les parties avaient prévu de créer une coentreprise comprenant les activités d'aviation commerciale d'Embraer et une deuxième coentreprise pour développer de nouveaux marchés pour le transport aérien moyen et la mobilité aérienne avec le C-390 Millennium.

C-390-MILLENNIUM_04-830x402.jpg

Le partenariat envisagé entre Boeing et Embraer avait reçu l'approbation inconditionnelle de toutes les autorités réglementaires nécessaires, à l'exception de la Commission européenne. Depuis le premier lancement d'une enquête approfondie sur la transaction au début du mois d'octobre de l'année dernière, la CE a invoqué à plusieurs reprises un mécanisme «stop the clock» destiné à donner aux entreprises concernées le temps de produire plus d'informations concernant le projet de fusion. Les autorités antitrust de la CE ont pour la dernière fois repris leur examen des plans le 8 avril et ont fixé un nouveau délai pour l'achèvement de leur enquête le 7 août.

La résiliation de l’accord :

En fin de semaine, Boeing a exercé son droit de résiliation, lorsque Embraer n'a pas rempli les conditions nécessaires. Pour autant, il s’agit d’une surprise, car à fin mars, Embraer a déclaré qu'elle s'attendait à un nouveau retard dans le processus d'examen jusqu'au 23 juin au moins. À l'époque, elle n'a fait aucune mention de la date limite contractuelle du 24 avril pour parvenir à un accord final et aucune des deux sociétés n'a indiqué de points de blocage dans les pourparlers.

Pour Boeing, l’avionneur brésilien n’aurait pas respecté ses obligations cadres du projet MTA.

Le COVID-19 en cause ?

Alors, d’où vient cette motivation de résiliation ? D’un côté, les actions d'Embraer ont perdu de la valeur en raison de la crise des coronavirus, certains analystes ont suggéré que le prix d'achat de 4,2 milliards de dollars pourrait s'avérer trop élevé pour Boeing. Ce dernier plombé par les déboires du B737 MAX et de la pandémie du COVID-19 s’est visiblement retrouvé en panne de « cash » pour assurer les investissements promis dans le cadre de l’accord MTA.

La situation ce matin :

Embraer estime qu'elle respecte pleinement ses obligations en vertu de la MTA et qu'elle a satisfait à toutes les conditions devant être remplies d'ici le 24 avril 2020. Embraer annonce qu’elle poursuivra tous les recours contre Boeing pour les dommages encourus par Embraer à la suite de la résiliation abusive de Boeing et de la violation du MTA.

Par contre, Boeing et Embraer maintiendront leur accord de partenariat principal existant, signé à l'origine en 2012 et élargi en 2016, pour commercialiser et soutenir conjointement l'avion militaire C-390 Millennium.

La situation est donc très complexe ce lundi matin, Boeing doit régler ses problèmes de financement d’une part et peut-être revenir à la table des négociations avec Embraer, mais on ne peut rien affirmer pour l’instant. Embraer se retrouve dans une double difficulté, à la fois financière et de l’autre en face à la concurrence des autres constructeurs.

 

 

20/04/2020

Vol inaugural du premier Super Tucano destiné au Nigéria !

Nigerian_A-29_Super_Tucano_first_flight.jpg

Le premier Embraer A-29 « Super Tucano » devant être livré à l'armée de l'air nigériane a effectué son premier vol au départ de Jacksonville, en Floride soit le site de production à l’exportation de l’avionneur brésilien en lien avec l’entreprise Sierra Nevada.

Rappel :

C’est en novembre 2018,  que Sierra Nevada a conclu un contrat de vente militaire à l'étranger portatn sur un montant de 329 millions de dollars avec le gouvernement américain pour construire 12 avions A-29 « Super Tucano » destinés à la Force aérienne nigériane. Le contrat comprend également les armes, la formation, les pièces de rechange, le soutien.

Le Pentagone a mis le « Super Tucano » à la disposition des forces aériennes étrangères via le programme Light Air Support (LAS). L'Afghanistan et le Liban ont pris livraison de 20 et respectivement 6 « Super Tucano ». Les avions sont assemblés et complété à Jacksonville, en Floride au sein de la nouvelle usine d’Embraer.

Les A-29 « Super Tucano » vont appuyer les opérations militaires nigérianes contre les organisations terroristes de Boko Haram et l’ISIS en Afrique de l'Ouest et permettront également de renforcer les efforts nigérians pour lutter contre le trafic illicite dans le pays et dans le golfe de Guinée.

Le A-29 « Super Tucano » :

L’A-29 « Super Tucano » est doté d’un turbopropulseur Pratt & Whitney Canada PT6A-68C deux fois plus puissant que celui du « Tucano » et actionnant une hélice Hartzell à cinq pales. Son fuselage est également plus long et deux mitrailleuses de 12,7mm Herstal M3P sont incorporées dans des ailes dotées d’un nouveau profil. Effectuant fréquemment des missions à basse altitude, et donc exposé à des tirs terrestres, l’habitacle du « Super Tucano » est protégé par un blindage en Kevlar. Un train d’atterrissage renforcé permet d’utiliser des pistes sommairement aménagées. L’appareil possède 5 points d’accrochage, dont un sous le fuselage, permettant d’emporter jusqu’à 1’500 kg d’armement selon diverses combinaisons. Ainsi, un canon de 20 mm peut être installé sous le fuselage, auquel s’ajoutent soit des bombes en chute libre ou guidées, des roquettes ou des missiles. Les missiles sont, soit des AIM-9 Sidewinder, des MAA-1 Piranha ou des Python 3/4. Des réservoirs extérieurs de carburant peuvent également être utilisés, afin d’augmenter l’autonomie de l’appareil. 

A-29-Super-Tucano-Nigeria.jpg

Photos : 1 Le premier Super Tucano nigérian 2 l’A-29 Super Tucano @ Embraer/Sierra Nevada Corp. 

30/03/2020

Fabrication du premier Gripen F !

226d4f3e965fbe54807c5a5f9f7a2e47.jpg

L’avionneur suédois Saab a débuté la fabrication du premier avion de combat biplace Gripen F destiné à la Force aérienne brésilienne (FAB). Le Gripen F partage le même design avancé et les mêmes fonctionnalités que le Gripen E, mais avec un siège, des écrans et des commandes pour un deuxième membre d'équipage. Il s’agit d’une demande explicite du Brésil.

« Saab a réalisé la première coupe de métal destinée au futur biplace Gripen F, marquant une étape importante dans le programme", a déclaré la société dans un communiqué jeudi.

«Cette étape est importante pour le projet Gripen car elle démontre que la phase de développement se déroule correctement. Cela marque le début de la production de l'avion biplace, Gripen F, qui est très attendu par l'armée de l'air brésilienne », a déclaré le colonel Renato Leite, chef du groupe de surveillance et de contrôle (GAC-Saab) de l'armée de l'air brésilienne. .

Le Brésil a commandé 28 chasseurs Gripen E qui seront livrés dans le pays à partir de 2021, et huit chasseurs Gripen F, à partir de 2023.

La première pièce a été fabriquée dans les installations de Saab à Linköping et est destinée à la section des conduits d'air, juste derrière le cockpit de l'avion. Le programme industriel commun pour le Gripen F est effectué entre Saab et les sociétés partenaires brésiliennes Embraer, AEL Sistemas, Akaer et Atech.

La version biplace Gripen F aura deux utilisations :  L’une pour l’entraînement et l’autre pour fonctionner avec un navigateur de combat, notamment pour les missions de reconnaissance et de guerre-électronique.

Rappel :

2019-09-10t172355z_1801678391_rc16fb1f89d0_rtrmadp_3_brazil-defence.jpg

Le Saab suédois a livré à l'armée de l'air brésilienne (FAB) le premier avion des 36 avions de combat Gripen E/F achetés par le gouvernement brésilien en 2014. La cérémonie de livraison a eu lieu mardi 10 septembre à Linköping, en Suède, en présence du ministre brésilien de la Défense. Fernando Azevedo, le commandant de la Force aérienne, le lieutenant-brigadier Antonio Carlos Moretti Bermudez, ainsi que les autorités brésiliennes et suédoises.

Sous la dénomination F-39 Gripen, le premier Gripen E brésilien continue ses essais en Suède. Il contribue avec les aéronefs de préséries et le premier Gripen  E destiné à la Suède à la finalisation du  programme d'essais.

Transfert technologique :

Une décision est en attente d'approbation pour avoir une partie des avions restants entièrement assemblés au Brésil à partir de 2021. Cette décision fait partie du programme de transfert technologique qui a encouragé le Brésil. Le contrat comprend une coopération industrielle pour le développement et la production de 36 avions Gripen E et F. 

Plus de 350 Brésiliens parmi lesquels des ingénieurs et des techniciens travaillent activement au programme de transfert technologique, qui comprend des programmes de formation en Suède. En outre, en 2016, le centre de projet et de développement de Gripen a été inauguré dans l'État de São Paulo, où des ingénieurs brésiliens et suédois travaillent ensemble. Si tout se passe comme prévu, les 36 jets seront livrés d'ici 2024. 

Photos : 1 Image de synthèse du futur Gripen F 2 le premier Gripen E brésilien @ Saab

 

 

 

 

28/01/2020

Boeing/Embraer : le régulateur brésilien dit: Oui !

1291472164.jpeg

Boeing et Embraer ont obtenu l'approbation inconditionnelle de leur partenariat stratégique par le Conseil administratif de défense économique (CADE) au Brésil. La décision deviendra définitive dans les 15 prochains jours à moins qu'une révision soit demandée d’ici là. Le partenariat a reçu l'autorisation inconditionnelle de toutes les juridictions de réglementation à l'exception de la Commission européenne, qui continue d'évaluer l'affaire. 

Boeing et Embraer sont en discussion avec la Commission européenne depuis la fin 2018 et continuent à collaborer avec la Commission.

Le partenariat stratégique prévu entre Embraer et Boeing comprend deux coentreprises : une coentreprise composée des opérations aériennes et de services commerciaux de Embraer (Boeing Brasil - Commercial) dans lequel Boeing détiendra 80% et Embraer détiendra 20% et une autre joint-venture pour promouvoir et développer des marchés pour le pont aérien moyen multi-missions C-390 (Boeing Embraer - Défense) dans lequel Embraer détiendra une participation de 51% et Boeing détiendra les 49% restants.

Un financement pour la crise du « MAX » :

Par ailleurs, l’avionneur américain Boeing, semble avoir trouvé des engagements d’une valeur de 12 milliards de dollars auprès d’établissements financiers, afin de pouvoir faire face à la crise du B737 « MAX ». Selon l’avionneur, la somme obtenue est plus importante que prévue initialement et va permettre d’assurer les pertes de la crise ainsi que la relance du programme, une fois les autorisations obtenues.

Photo : Partenariat Boieng/Embraer