27/10/2020

Le transport aérien chinois en forte hausse !

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La Chine ne connait pas de seconde vague du COVID-19 et cela se traduit par un retour sans précèdent du trafic aérien intérieur. La demande passagers et même en passe de battre des records !

L'Administration de l'aviation civile de Chine (CAAC) annonce une forte hausse de la demande locale après que le trafic intérieur est passé à 47,75 millions en septembre, soit 98% du volume de passagers par rapport au même mois de l'année précédente. Cela se traduit par un total de 37’1000 vols passagers intérieurs le mois dernier, en hausse de 3,5% par rapport à la même période en 2019. 

En plus de la reprise, les régulateurs chinois s'attendent à une poursuite de la solide performance du marché intérieur en octobre, en grande partie grâce aux vacances de la Golden Week en Chine. Selon la CAAC, les compagnies aériennes chinoises ont transporté un total de 13,26 millions de passagers du 1er au 8 octobre, avec un trafic de passagers quotidien moyen et un volume de vols quotidien moyen de 91,07% et 89,7% de la même période l'année dernière.

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Les effets du trafic international :

Si, le transport aérien intérieur a reprit de la vigueur, la faiblesse de la demande internationale péjore les compagnies aériennes chinoises. Cette situation a également un effet sur le prix du billet des vols internes qui restent très bas. Les aéroports du continent continuent eux aussi de souffrir de prix bas des billets intérieurs, de vols internationaux limités et d'une reprise plus lente que prévu de l'économie dans son ensemble. Shandong Airlines s'attend à enregistrer une perte allant jusqu'à 56 millions de dollars au troisième trimestre de 2020, contre un bénéfice de 108 millions de dollars à la même période l'an dernier. Pour les neuf premiers mois de cette année, le transporteur a déclaré s'attendre à une perte comprise entre 225 millions de dollars et 275 millions de dollars.

L'aéroport international de Shenzhen Bao'an a annoncé qu'il prévoyait d'afficher une perte allant jusqu'à 9,6 millions de dollars pour les neuf premiers mois de 2020, contre un bénéfice de 71,6 millions de dollars à la même période l'an dernier. Pendant ce temps, China Eastern Airlines, basée à Shanghai, a annoncé plus tôt cette semaine qu'elle recevrait une injection de fonds de 4,6 milliards de dollars de la part de quatre investisseurs publics différents dans le cadre d'un plan de diversification des actions.

Le développement continue :

L'Administration de l'aviation civile de Chine confirme par ailleurs que les infrastructures de l'aviation civile continuent de progresser. Le pays prévoit également d'ajouter 43 aéroports nouvellement construits ou déplacés avant 2021, portant le nombre d'aéroports de l'aviation civile et de l'aviation générale à 241 et 313.

Photo : A320 China Spring Airlines @ Li Tran

 

22/10/2020

L’aviation se prépare au transport du vaccin contre le COVID-19 !

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L’industrie de l’aviation subit comme tant d’autres toujours les effets négatifs de la pandémie de COVID-19. L’arrivée prochaine d’un vaccin devrait permettre de sortir définitivement de cette dernière. Le fret aérien sera l’élément clé pour le transport de ce dernier, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, le transport de vaccins en avion n’est pas simple.  

Le fret aérien moteur de la distribution :

Mis à mal par la pandémie et également par la fronde écologique contre l’aviation, c’est pourtant bien l’industrie de l’aviation qui sera au centre d’une distribution des doses de vaccins. Le déploiement en vue de ce transport doit être organiser, planifier à l’avance, sans quoi il ne sera pas efficace et pire, des millions de doses de vaccins pourraient être involontairement détériorées.

Le transport des vaccins est un processus très délicat et exigeant qui nécessite des installations et des équipements de stockage spécialisés. Les vaccins doivent généralement être stockés à des températures basses entre 2 et 8°C. A ce sujet, l’IATA a lancé dès le mois de septembre des avis demandant que les gouvernements et intervenants du monde de l’aviation d’engager des mesures de préparations minutieuses.

En temps normal, le fret aérien joue un rôle clé dans la distribution des vaccins grâce à son système mondial bien établi de distribution de produits périssables et sensibles à la température. Cette capacité́ sera cruciale pour le transport rapide et efficace ainsi que la distribution des vaccins contre la COVID-19 lorsque ces derniers seront disponibles, et cela exigera une planification minutieuse de la part des gouvernements et le soutien des intervenants de l’industrie.  

Les vaccins doivent être manutentionnés et transportés conformément aux exigences réglementaires internationales, à température contrôlée et sans retard, afin d’assurer la qualité du produit. Bien qu’il subsiste plusieurs inconnus (nombre de doses, vulnérabilité à la température, lieux de fabrications, etc.), il est évident que les activités seront de grande ampleur, qu’il faudra des installations pour assurer la chaîne du froid, et qu’il faudra livrer dans tous les coins de la planète.

Il faudra donc :

Disposer d’installations et d’équipements doté d’un contrôle de température de taille et ne nombre suffisant.

Du personnel formé à la manutention des vaccins.

Des systèmes de contrôle à chaque étape du stockage et du transport.

Une étroite collaboration entre les pays, les services de santé et des douanes.

Mettre en place des procédures accélérées pour les survols de territoires et les permis d’atterrissage à l’intention des vols transportant des vaccins contre la COVID-19.

Exempter les membres d’équipage des exigences de quarantaine pour assurer le maintien des chaînes d’approvisionnement du fret.

Soutenir les droits de trafic temporaires pour les vols transportant les vaccins contre la COVID-19 là où des restrictions peuvent s’appliquer.

Assurer et maintenir une couverture mondiale du réseau aérien.  

Préparer des alternatives pour relier les villes et régions du monde ou la connectivité aérienne est limitée.

 Un énorme défi :

Selon l’analyse de l’IATA, le défi est énorme car une simple dose à 7,8 milliards de personnes suffirait à̀ remplir 8’000 avions-cargos de type B747. Le transport terrestre va contribuer, en particulier dans les économies développées ayant une capacité́ de fabrication locale. Mais les vaccins ne peuvent être distribués dans l’ensemble du monde sans l’utilisation importante du fret aérien.

« Même en supposant que la moitié des vaccins nécessaires pourront être transportés par voie terrestre, l’industrie du fret aérien devra tout de même relever le plus grand défi de son histoire. Dans la planification de leurs programmes de vaccination, en particulier dans les pays en développement, les gouvernements doivent soigneusement tenir compte de la capacité́ limitée du fret aérien offerte en ce moment. Si les frontières demeurent fermées, les voyages interrompus, les flottes clouées au sol et les employés mis à pied, la capacité́ de livrer les vaccins qui sauvent des vies sera gravement compromise », selon M. de Juniac, Directeur de l’IATA. (Sources: IATA, OACI, OMS)

Photo : A330 @ Fret Air France/KLM

 

26/09/2020

Boeing valide un système portable de désinfection pour avion !

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Il y a peu, je vous parlais d’un système de chariot fonctionnant avec des ultraviolet (UVC) capablent de détruire toute forme de bactérie et de virus à bord des avions. L’avionneur américain propose de son côté un système similaire portable et plus pratique.

L’avionneur américain Boeing a conclu une licence de brevet et de technologie avec la société Healthe® Inc. basée en Floride, en vertu de laquelle Healthe fabriquera une baguette ultraviolette (UV) conçue pour désinfecter l'intérieur des avions. Boeing a conçu et développé la baguette UV dans le cadre de la Confident Travel Initiative (CTI) de la société pour soutenir les clients et améliorer la sécurité et le bien-être des passagers et des équipages pendant la pandémie COVID-19. 

« La baguette UV est conçue pour être plus efficace que des appareils similaires. Elle désinfecte rapidement les surfaces d'un avion et renforce davantage les autres couches de protection pour les passagers et l'équipage », a déclaré Mike Delaney, qui dirige les efforts CTI de Boeing. "Boeing a passé six mois à transformer une idée de baguette en un modèle fonctionnel, et Healthe va maintenant prendre ce prototype et le rendre disponible au monde entier." 

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Healthe produira et distribuera la baguette commerciale, aidant les compagnies aériennes et potentiellement d'autres à lutter contre la pandémie de coronavirus. La technologie pourrait être disponible pour les compagnies aériennes à la fin de l'automne. L'appareil complète les mesures de désinfection et de protection déjà en place, notamment l'utilisation de filtres à air à particules à haut rendement qui retiennent plus de 99,9% des particules et les empêchent de recirculer vers la cabine. 

Le principe de la baguette UVC :

La baguette UV utilise une lumière UVC de 222 nanomètres. La recherche indique que les UVC de 222 nanomètres inactivent efficacement les agents pathogènes. En utilisant l'appareil autonome qui ressemble à une valise de cabine, les équipages peuvent faire passer la lumière ultraviolette sur des surfaces très touchées, désinfectant partout où la lumière atteint. La baguette UV est particulièrement efficace dans les espaces compacts et désinfecte un poste de pilotage en moins de 15 minutes. 

Dans le cadre de CTI, Boeing a sollicité les commentaires de plusieurs sources de l'industrie, ce qui a aidé à valider rapidement cette technologie. Etihad Airways a été le premier à évaluer l'appareil, et la baguette UV a été démontrée sur à bords du B787-10 « ecoDemonstrator » du transporteur le 21 août dernier. 

Ces nouvelles technologies à base de lumière UVC permettent de détruire les virus, les bactéries et les superbactéries sur les surfaces, ainsi que dans l'air ambiant dans un avion. La lumières UV s’infiltrent partout. A termes, ces solutions vont donc permettre non seulement d’aider à une reprise sécuritaire des vols, mais garantir une hygiène parfaite à bord des aéronefs. 

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Photos : La baguette UVC Healthe® Inc @ Boeing

 

27/06/2020

Air France, la fin du rêve A380 !

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Triste vendredi qui a vu se dérouler le dernier vol d’un A380 aux couleurs du transporteur Air France. Un dernier vol pour dire adieu à l'A380. Le dernier vol a permis à un peu plus de 500 salariés de la compagnie de profiter de deux heures de vols au-dessus de la France. Ce vol de remerciement devait également permettre de dire un dernier Adieu à l’avion.

Cloués au sol depuis la fin mars avec l'irruption de la pandémie du COVID-19, comme la majorité des avions de la compagnie, les neuf A380 d'Air France vont être définitivement retirés du service dans le cadre des mesures d'adaptation à la baisse de la demande annoncées par Benjamin Smith, le patron du groupe Air France-KLM. Ils seront remplacés par des appareils plus petits, mais aussi plus performants et moins polluants, comme l'Airbus A350 et le Boeing B787.

Un retrait avancé :

La fin du rêve A380 était programmé pour 2022.  Mais la situation de la pandémie à tout accélérer. Selon le communiqué d'Air France, la sortie anticipée des A380 et leur dépréciation dans les comptes du groupe se traduira par un impact financier de 500 millions d'euros, qui ira grossir les pertes du deuxième trimestre.

Nous assistons à la triste conclusion d'une décennie d'exploitation au sein de la flotte d'Air France, durant laquelle l'A380 est passé du statut de porte-drapeau, plébiscité par les passagers, à celui du mal-aimé, réputé pour son manque de fiabilité opérationnelle et ses coûts d'exploitation trop élevés. Des défauts qui lui avaient déjà valu d'être le seul appareil long-courrier à ne pas bénéficier des nouvelles cabines. Ce qui laissait déjà planer le doute sur leur maintien à long terme dans la flotte d'Air France. Au final, peu d'appareils auront eu une carrière aussi courte.

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Ailleurs aussi :

La compagnie française n’est pas la seule à anticiper le retrait de l’A380, Lufthansa, Malaysia Airlines, Qatar Airways, Etihad, Thai Airways, ont annoncé leur intention de réduire ou retirer les A380 de leurs flottes, parfois même avant la crise actuelle. Emirates elle-même, qui est de loin le premier client de l'A380 avec 178 exemplaires commandés et plus d'une centaine en service, serait également décidé à ne remettre en service que la moitié de ses « Super Jumbo ».

L’avion qui a fait rêver :

Pour autant l’A380 vieux de ses 12 ans, continuera de faire rêver, sa taille, son élégance vont continuer à faire lever les yeux au ciel. La cabine spacieuse et silencieuse, le roulement doux et le plus confortable ont fait de l’A380, le favori des passagers, entraînant des facteurs de charge plus élevés partout où il vole. L'A380 est le plus gros avion du monde, avec deux ponts complets, offrant des sièges plus larges, des allées larges et plus d'espace au sol.

Le pari raté d’Airbus :

Pour l’avionneur européen, l’A380 devait être le flambeau de la réussite de la société. L’avionneur rêvait de reproduire le succès du B747 de Boeing et de la dépasser. Mais, le peu d’intérêt pour l’A380 trouve sa justification par le fait que la situation du trafic aérien n’est pas la même que lors du lancement du B747 de Boeing. Difficile à remplir pour les compagnies aériennes, problèmes d’infrastructures pour de nombreux aéroports pour son accueil, des problèmes de fiabilité l’A380 n’a pas séduit. Pour autant cet avion est exceptionnel en matière d’ingénierie. Et quelle facilité de pilotage ! J’ai eu l’occasion de m’essayer aux commandes de l’avion en simulateur, facile doux et souple, l’avion est une merveille !

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Photos : 1 & 3 A380 Air France @ Paul Marais-Hayer 2 Dernier vol @ Air France/press

 

 

08/06/2020

Sensible reprise du trafic aérien !

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La relance du trafic aérien est aujourd’hui encore très limitée, il faut attendre le 11 juin pour un premier redécollage annoncé. Pourtant, des signes positifs sont bien présents notamment en Chine. Mais la chute a été phénoménale pour l’industrie de l’aviation.

Le trafic de passagers au mois d’avril (mesuré en kilomètres-passagers payants, ou RPK) a plongé de 94,3 % par rapport à avril 2019, alors que les restrictions de voyage ont pratiquement éliminé les voyages aériens intérieurs et internationaux. C’est un taux de contraction jamais vu dans l’histoire des statistiques du trafic de l’IATA, qui remonte à 1990.

Plus récemment, les chiffres indiquent que le nombre total de passagers quotidiens a augmenté de 30 % entre le creux du 21 avril et le 27 mai. Il s’agit principalement de vols intérieurs et à partir d’une très faible base (5,7 % de la demande de 2019). Bien que cette reprise ne soit pas considérable au vu de la dimension mondiale de l’industrie aérienne, cela suggère néanmoins que l’industrie a touché le fond de la crise, pourvu qu’il n’y ait pas de résurgence. De plus, c’est le tout premier signe que l’aviation entame un processus sans doute long de rétablissement de la connectivité.

Selon l’IATA, qui a calculé qu’à la première semaine d’avril, les gouvernements dans 75 % des marchés surveillés par celle-ci avaient complètement interdit l’entrée sur leurs territoires, et 19 % imposaient des restrictions limitées de voyage ou des exigences de quarantaine pour les arrivées internationales. L’augmentation initiale des vols a été concentrée dans les marchés intérieurs. Les données de la fin de mai indiquent que le nombre de vols en République de Corée, en Chine et au Vietnam a augmenté pour atteindre maintenant 22 % à 28 % de ce qu’il était un an plus tôt. Les recherches de vols dans Google étaient aussi en hausse de 25 % à la fin de mai, comparativement au creux d’avril, bien qu’il s’agisse d’une hausse à partir d’une très faible base et que le nombre demeure 60 % inférieur à ce qu’il était au début de l’année.

Marchés de passagers internationaux :

Le trafic de passagers internationaux en avril a chuté de 98,4 % comparativement à avril 2019, soit une détérioration par rapport au déclin de 58.1 % observé en mars. La capacité a diminué de 95,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 55,3 points de pourcentage pour s’établir à 27,5 %.

Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont enregistré en avril une chute de 98,0 % en glissement annuel, un résultat pire qu’en mars alors que la baisse était de 70,2 %. La

capacité a diminué de 94,9 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 49,9 points de pourcentage pour s’établir à 31,3 %.

Les transporteurs d’Europe ont vu la demande diminuer de 99,0 % en avril, une chute brutale après le déclin de 53,8 % en mars. La capacité a diminué de 97 % et le coefficient d’occupation a perdu 58 points de pourcentage pour s’établir à 27,7 %.

 

Les transporteurs du Moyen-Orient affichent pour avril une diminution de trafic de 97,3 %, comparativement à la baisse de 50,3 % observée en mars. La capacité a chuté

de 92,3 % et le coefficient d’occupation est tombé à 27,9 %, perdant 52,9 points de pourcentage comparativement à la même période l’an passé.

Les transporteurs d’Amérique du Nord ont vu le trafic décliner de 98,3 % en avril, après une chute de 54,7 % en mars. La capacité a diminué de 94,4 % et le coefficient d’occupation a perdu 57,2 points de pourcentage pour s’établir à 25,7 %.

Les transporteurs d’Amérique latine ont enregistré une chute de trafic de 98,3 % en avril, en glissement annuel, après une baisse de 45,9 % en mars. La capacité a diminué

de 97,0 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 34,5 points de pourcentage pour s’établir à 48,1 %, le taux le plus élevé parmi toutes les régions.

Les transporteurs d’Afrique ont vu le trafic plonger de 98,7 % en avril. Ce résultat est presque deux fois pire que la chute de 49,8 % enregistrée en mars. La capacité a diminué de 87,7 % et le coefficient d’occupation a perdu 65,3 points de pourcentage pour s’établir à seulement 7,7 % des sièges. C’est le taux le plus bas parmi toutes les régions.

Marchés de passagers intérieurs :

Le trafic intérieur a chuté de 86,9 % en avril, et les pires déclins ont été observés en Australie (-96,8 %), au Brésil (-93,1 %) et aux États-Unis (-95,7 %). Il s’agit d’une grave détérioration si on compare au déclin de 51,0 % observé en mars. La capacité intérieure a chuté de 72,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 44,3 points de pourcentage pour s’établir à 39,5 %. (Sources IATA).