12/01/2022

Vol inaugural du premier Tu-160M2 nouvellement fabriqué !

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Ce 12 janvier a vu le premier Tu-160M2 nouvellement fabriqué effectuer son vol inaugural depuis l'aérodrome de l'usine d'aviation de Kazan, soit une branche de Tupolev (qui fait partie de la société UAC du groupe étatique Rostec).Ce tout nouveau Tu-160M2 « Blackjack » fait partie de la nouvelle série commandée par Moscou et qui viendra grossir la flotte de bombardiers stratégiques russe.

Le vol a eu lieu à une altitude de 600 mètres et a duré environ 30 minutes. L'équipage des pilotes d'essai de Tupolev PJSC a effectué des manœuvres pour vérifier la stabilité et la contrôlabilité de l'avion dans les airs. Le programme de reproduction d'avions Tu-160M1 sous la forme modernisée de Tu-160M2 a été lancé par décision du président russe Vladimir Poutine en 2015. Dans le cadre de la mise en œuvre du programme du contrat d'État entre le ministère de l'Industrie et du Commerce de Russie et Tupolev, la documentation de conception de l'avion Tu-160M2 a été entièrement numérisée en peu de temps, la technologie de soudage sous vide pour le titane les produits ont été restaurés, la production d'unités de cellule a repris, une nouvelle coopération a été formée entre des entreprises industrielles de premier plan dans le domaine de la métallurgie, de la construction aéronautique, de la construction mécanique et de la fabrication d'instruments, dont la partie principale fait partie de la société d'État Rostec. 

Denis Manturov, ministre de l'Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie, a souligné : « Nous avons restauré le cycle de production complet du Tu-160, mais déjà dans la modification M, en utilisant des moteurs modernisés, des systèmes de contrôle d'avions, des systèmes de navigation et des armes modernisés. La modernisation de l'usine aéronautique de Kazan a joué un rôle important dans la restauration de la production d'avions uniques : l'équipement des ateliers, la base d'essais en vol ont été mis à jour, la plus grande installation au monde de soudage par faisceau d'électrons et de recuit sous vide du titane a été mise en service. Aujourd'hui, nous voyons des perspectives importantes pour la plate-forme Tu-160 : un développement ultérieur permettra de l'utiliser pour de nouveaux types d'armes, y compris prometteuses. »

L'avion conserve son apparence, mais il a été créé sur une toute nouvelle base technologique utilisant les technologies numériques. Il s’agit d’un des projets les plus importants et les plus high-tech de l'industrie aéronautique russe du moment. La mise en œuvre de ce programme a nécessité non seulement la rénovation des installations de production, mais aussi la création d'un environnement numérique fondamentalement nouveau pour travailler sur le projet. Plusieurs bureaux d'études aéronautiques ont participé à la préparation de la documentation numérique du projet. Les nouveaux Tu-160M2 sont entièrement construits à partir de zéro. Les systèmes et équipements ont été mis à jour et modernisés à 80%.

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Une flotte de 50 bombardiers

L’objectif est de construire 35 nouveaux bombardiers stratégique Tupolev Tu-160 « Blackjack » ce qui portera à 50 le nombre d’appareils en activité. En parallèle, les avions en service sont tous modernisés afin d’obtenir une flotte uniformisée.

La flotte actuelle de Tu-160M1 est en cours de modernisation, Le bombardier supersonique à géométrie variable Tu-160 modernisé comprend une amélioration des systèmes d’avioniques et du radar, de la motorisation ainsi que de l’armement.

Les Tu-160 en service reçoivent une avionique modernisée avec un nouveau cockpit doté d’écrans et de la nouvelle génération d’ordinateur de gestion de vol disponible. Une liaison électronique permettant la communication avec l’ensemble des aéronefs et des éléments des Forces russes est installée. L’avion est doté du nouveau radar Novella NV1.70  couplé au système de défense et de guerre électronique L402 Himalaya.

Les moteurs Kuznetsov NK-32-02 sont dotés d’un nouveau FADEC (Full Authority Engine Control) et de diverses améliorations concernant la maintenance.

En matière d’armement, le programme de modernisation va permettre de renforcer la capacité nucléaire de l'avion et la capacité de transporter 12 missiles Raduga NPO Kh-555 (AS-15 Kent) de croisière à longue portée ainsi que des bombes à guidage laser.

Le Tu-160 sera également doté des nouveaux missiles Kh-101 et le Kh-102, avec des ogives nucléaires et conventionnelles. La puissance des ogives nucléaires est estimée à 180-200 kilotonnes. En outre, leur portée atteint les 5’500 km. Toutefois, pour augmenter la portée, il a fallu augmenter la masse de lancement de missiles de 700-800 kg, bien que le poids de l'ogive soit resté la même 400-410 kg

Avec une charge jusqu'à 40’000 kg et un rayon d’action (sans ravitaillement) de 12’297 km, et une vitesse maximale de 1’800 km/h le Tu-160 est l’une des armes les plus redoutable de la Russie. Conçu par le Bureau d'études soviétique Tupolev pendant les années 1970-1980, le bombardier porte-missiles stratégique Tu-160 « Blackjack » selon le code de l'OTAN (Cygne Blanc en Russie) est le plus grand et le plus puissant avion supersonique militaire doté d'ailes à géométrie variable. Le Tu-160 est aussi le plus lourd avion de combat au monde et le bombardier ayant la plus grande masse au décollage.

En service opérationnel depuis 1987, le Tu-160 est destiné à détruire des cibles importantes au moyen d'armes nucléaires et conventionnelles. Son équipage comprend quatre pilotes.

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Photos : Premier  vol du Tu-160M2 @ UAC

26/09/2021

Rolls-Royce remotorisera les B-52 !

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La flotte de bons vieux bombardiers Boeing B-52H va continuer à parcourir les cieux, l'US Air Force a annoncé avoir choisi la division nord-américaine de Rolls-Royce pour fournir des turboréacteurs F130 en vue de remotoriser le plus vieux bombardier de sa flotte. Rolls-Royce était en compétition face au CF34-10 de General Electric et le PW800 de Pratt et Whitney. 

Rappel

En 2017, l’US Air Force a publié les détails, ainsi que le calendrier et les concurrents susceptibles de venir fournir un nouveau moteur pour la flotte de bombardier B-52 « Stratofortress ». Au total, ce ne sont pas moins de 608 nouveaux turboréacteurs, qu’il faudra produire pour remplacer les huit Pratt & Whitney TF33 sur chacun des 76 bombardiers B-52H en service au sein de l'US Air Force.

Selon la Division de soutien logistique de l’USAF en charge des B-52, les centrales électriques des moteurs TF33 sont âgées de 60 ans et ne tiendront pas au-delà de 2030. De plus en raison de l'âge, les pièces sont en passe de venir obsolètes et la rareté ce celles-ci inquiètent les équipent de maintenance.

Par ailleurs, une étude a démontré qu’une remotorisation pourrait réduire la consommation de carburant de 20 à 40%. Le remplacement du moteur comprendrait donc la rénovation du système d'alimentation électrique du B-52H, l'installation de nouveaux générateurs et le câblage pour soutenir les nouveaux appareils électroniques. En 2016, l'Air Force dépensait environ 2 millions de dollars par moteur pour réviser les TF33 toutes les 6’000 heures de vol.

Le Rolls-Royce F130 

Rolls-Royce North America a été sélectionnée pour fournir le groupe motopropulseur du B-52 Stratofortress dans le cadre du programme de remplacement des moteurs commerciaux (CERP), prolongeant ainsi une longue histoire de motorisation de l'armée de l'air américaine.

Cette décision signifie que le moteur Rolls-Royce F-130 de fabrication américaine propulsera le B-52 pendant les 30 prochaines années. L'Air Force a fait cette annonce après une vigoureuse compétition pluriannuelle.

Le F130 et sa famille de moteurs commerciaux soit le Rolls-Royce BR700 ont accumulé plus de 27 millions d'heures de vol moteur. Le F130 affiche une fiabilité éprouvée, un coût de cycle de vie exceptionnel et un faible risque d'intégration. Une variante du moteur Rolls-Royce sélectionnée pour propulser l'emblématique B-52 est déjà en service avec l'USAF dans le monde entier, équipant à la fois les avions C-37 et E-11 BACN.

Le F130 offre une fiabilité exceptionnelle avec un haut niveau de préparation aux missions et de faibles besoins en maintenance. Une fois installé, le F130 peut rester sur l'aile pendant toute la durée de vie prévue du B-52. De plus, le moteur F130 offre un rendement énergétique nettement supérieur, une autonomie accrue et des besoins réduits en avions ravitailleurs. Tout aussi important, le moteur est prêt à être intégré à l'aide des outils d'ingénierie numérique de pointe de Rolls-Royce.

Rolls-Royce construira et testera les moteurs F130 dans son usine d'Indianapolis, dans l'Indiana, après l'achèvement récent d'un investissement de 600 millions de dollars pour revitaliser le campus de fabrication de pointe, fournissant certaines des installations de fabrication de pointe les plus avancées sur le plan technologique. La victoire du B-52 CERP crée une demande pour 608 moteurs plus les pièces de rechanges et un nombre limité de moteurs de réserves à produire sur le site et apportera 150 nouveaux emplois de haute technologie et hautement qualifiés pour l'État de l'Indiana.

Jusqu’en 2050

L'US Air Force confirme de son côté que la remotorisation du vénérable B-52H permettra à celui-ci de voler jusqu’en 2050. L’arrivée du nouveau moteur relance la carrière déjà impressionnante du B-52 dont l’arsenal diversifié est appelé à croître considérablement ces prochaines années, notamment avec l'ajout de nouveaux missiles hypersoniques.

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Photos : 1 B-52 & moteurs F-130 @ Rolls-Royce 2 B-52@ USAF

 

 

19/02/2021

Retrait partiel des bombardier B-1B « Lancer » !

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L’US Air Force entame une nouvelle réduction de sa flotte de bombardier stratégique Rockwell B-1B « Lancer » avec le retrait d’un premier exemplaire cette semaine. L’objectif vise la mise à la retraite de 17 appareils et de disposer au final de 45 aéronefs. Il s’agit du second retrait de l’appareil, le premier avait porté la flotte de 100 à 66 aéronefs.

Avec ce second retrait partiel de la flotte de B-1B, l’US Air Force prépare progressivement l’arrivée du futur nouveau bombardier furtif de nouvelle génération, le Northrop-Grumman B-21 « Raider ». Les appareils prévus pour le retrait sont les plus usés de la flotte. Selon l’USAF, l’entretien de ces bombardiers coûterait des dizaines de millions de dollars par avion.

Stocké et cannibalisé :

Les 17 B-1B seront stockés sur les base aériennes de Davis-Monthan, en Arizona et Dyess au Texas, où ils seront conservés pour venir servir de stock de pièces détachées. Ce choix fait partie de la demande de budget de l'exercice 2021, afin de soutenir et garantir la maintenance des appareils restants.

Nouvelle feuille de route :

Pour autant, le lien entre le départ de ces B-1B et l’arrivée des premiers B-21, doit encore être retravaillé. L’US Air Force doit fournir prochainement une nouvelle stratégie de feuille de route pour la gestion de la flotte de bombardiers détaillant comment sa « structure actuelle des bombardiers doit évoluer pour permettre de répondre aux exigences de la mission de frappe à longue portée ». La définition de la nouvelle stratégie est attendue ce mois-ci.

Une flotte restreinte mais modernisée :

Entré en service en 1986, la flotte de bombardier stratégique B-1B a subi une cure de jouvence, afin de se maintenir opérationnelle. Cette mise à niveau concernait le système de navigation et de communication et s’est achevée en septembre 2020.

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Les améliorations concernaient la mise à jour du système de navigation et d’affichage, la communication, ainsi que le radar et les systèmes d’armes. L’arrivée d’un affichage sur écrans couleurs, un système de liaison de données permet de renforcer de façon significative l’emploi de ce type d’avion au sein de l’US Air Force.

En plus de la capacité de transporter des bombes à guidage de précision et des bombes conventionnelles, le « Lancer » est maintenant capable de contenir plus de munitions en soute et pourra dans un proche avenir emporter des armes hypersoniques.

Selon le calendrier de l’USAF, la flotte restante de B-1B devrait rester en service jusqu’en 2036.

Le B-1B « Lancer » :

Le premier exemplaire a été livré le 29 juin 1985 à l'US Air Force. Le B-1B n’a cessé d'évoluer pour répondre aux exigences d'un champ de bataille en évolution rapide. Capable de remplir une mission nucléaire comme un bombardier classique, il est également capable d’effectuer des missions d'appui au sol classiques.

Développé par la firme Rockwell à partir de 1974, le B-1B « Lancer » est un bombardier à long rayon d’action et utilisant des ailes à géométrie variable. C’est l’Administration dirigée par le président Reagan, qui en 1981 lancé le développement de cet avion. Le premier B-1B est sorti d’usine en septembre 1984 et le premier avion fût livré au 96e Bomb Wing à Dyess AFB au Texas. Commandé à 100 exemplaires à l’époque, le « Lancer » a subi plusieurs améliorations, afin de l’adapter aux multiplications des menaces.

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Photos : 1 B-1B en vol 2 Le B-1B est capable de délivrer un tapis de bombes 3 Au décollage @ USAF

16/07/2019

Raytheon fournira le nouveau radar du B-52 !

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L’US Air Force (USAF) va améliorer le radar de sa flotte de bombardiers Boeing B-52 « Stratofortress » avec l’adjonction d’un nouveau radar de type AESA (Active Scanning Scanner Array). C’est la société Raytheon qui a été préférée a Northrop-Grumman.

Rappel :

Au début de cette année je vous annonçais que les deux équipementiers étaient en course pour fournir le futur radar du « bon vieux » B-52.

Boeing a annoncé avoir choisi Raytheon pour la conception, le développement, la production et la maintenance des radars, qui s’appuieront sur la famille de radars APG-79 / APG-82 de la société utilisée par la flotte F-15E de l’US Air Force. La production initiale à faible débit devrait débuter en 2024 et le radar devrait être utilisé sur la flotte de bombardiers au-delà de 2050.

Le nouveau radar doit permettre d’améliorer la fiabilité de la navigation du B-52 pour les missions de frappe nucléaire et conventionnelle. Le radar AESA est plus fiable que les radars actuels à balayage mécanique des bombardiers, car il ne comporte aucune pièce mobile et utilise un meilleur logiciel d’exploitation. Les radars AESA des B-52 disposeront également de meilleures zones de cartographie et de détection, ainsi que d’une augmentation du nombre de cibles pouvant être simultanément engagées. Des distances de détection plus grandes pourraient aider l’équipage du bombardier à lancer des missiles de croisière, tels que le missile air-sol interarmées, à distance de sécurité.

Les éléments permettront notamment :

Un ciblage précis de précision autonome dans tous les environnements,

BIG SAR grande carte haute résolution,

Haute qualité, génération de coordonnées,

Plus grande détection de cible et plage de suivi,

Recherche plus rapide et acquisition de cible,

Détection de cible plus petite,

Suivi multi-cibles,

Protection électronique robuste (A / A et A / G),

ID de combat amélioré,

Opérations en mode entrelacé pour une meilleure connaissance de la situation,

Modes maritimes,

3-5 fois plus de fiabilité et disponibilité,

Pour pouvoir rester en service actif, les B-52 n’ont cessé de subir de nombreuses modifications, cellule, avionique, équipements électronique et de survie. La dernière modernisation en date concerne la mise en réseau du système avec l’adjonction du système CONECT, installé sur les B-52, qui permet une liaison numérique avec l’ensemble des éléments de l’US Air Force, des centres de commandement et de contrôle, ainsi qu’avec les diverses forces terrestres. Ce système intégré et entièrement codé et protéger contre les éventuelles tentatives de pénétration électronique.

Ces nombreuses modifications et modernisation doivent permettre à USAF et Boeing de garder le B-52 en service jusqu’en 2050.

Photo :B-52 @ USAF

27/02/2019

Northrop-Grumman propose son radar AESA pour le B-52 !

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L’équipementier Northrop-Grumman propose son radar matriciel à balayage électronique AN/APG-83 pour venir moderniser la flotte de bombardier stratégique Boeing B-52 « Stratoforttress ».

La société a annoncé qu'elle présentait son radar à Boeing dans le cadre de l'initiative de modernisation du système radar du bombardier B-52, qui comprendrait l'ingénierie, la fabrication, le développement et la livraison de sept unités radar initiales.

Une version du système de radar à faisceau agile évolutif (SABR) a également été développée pour la flotte de Bombardier Rockwell B-1B, explique Northrop-Grumman.

«Les familles de radars SABR et SABR-Global Strike offrent une capacité de différenciation pour les missions de dominance aérienne et de frappe», a déclaré Tom Jones, vice-président et directeur général des systèmes aériens C4ISR de Northrop-Grumman.

Le radar proposé par Northrop-Grumman APG-83 apporte les améliorations de capacité  par rapport aux anciens radars à balayage mécanique  et permet :

Un ciblage précis de précision autonome dans tous les environnements,

BIG SAR grande carte haute résolution,

Haute qualité, génération de coordonnées,

Plus grande détection de cible et plage de suivi,

Recherche plus rapide et acquisition de cible,

Détection de cible plus petite,

Suivi multi-cibles,

Protection électronique robuste (A / A et A / G),

ID de combat amélioré,

Opérations en mode entrelacé pour une meilleure connaissance de la situation,

Modes maritimes,

3-5 fois plus de fiabilité et disponibilité,

Rappel : 

Pour pouvoir rester en service actif, les B-52 n’ont cessé de subir de nombreuses modifications, cellule, avionique, équipements électronique et de survie. La dernière modernisation en date concerne la mise en réseau du système avec l’adjonction du système CONECT, installé sur les B-52, qui permet une liaison numérique avec l’ensemble des éléments de l’US Air Force, des centres de commandement et de contrôle, ainsi qu’avec les diverses forces terrestres. Ce système intégré et entièrement codé et protéger contre les éventuelles tentatives de pénétration électronique.

Ces nombreuses modifications et modernisation doivent permettre à USAF et Boeing de garder le B-52 en service jusqu’en 2040.

Photos : B-52H @ US Air Force