15/08/2019

Vol longue durée pour les Tu-160 !

 

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Le ministère de la Défense de la Fédération de Russie a confirmé aujourd’hui qu’une série de vols de longue durée avait été effectuée à l’aide de bombardier stratégique Tupolev Tu-160 « Blackjack ». Au total se sont une dizaine d’aéronefs de ce type qui sont actuellement en exercice appuyés par des Tu-95MS et Il-78. 

Plus de 6'000 km sans ravitaillement :

Selon le ministère de la Défense russe, deux Tu-16 « Blackjack » ont effectué lors d’un exercice tactique un vol d’une durée de plus de 8 heures sans ravitaillement et parcourus par moins de 6'000 kilomètres.

Ces exercices tactiques mettent un point d’honneur à des opérations longues suivies de relocalisation sur des aérodromes opérationnels diverses. Des exercices de ravitaillement en vol sont également au menu. Les équipages doivent ainsi être capables de voler longtemps avec de nombreux changements d’objectifs, puis être capable de gérer un déroutement sur une base de retour définie au tout dernier moment.

Signe de force de la Russie :

Si, ces exercices, qui doivent durer jusqu’en fin de semaine, sont importants en terme d’entraînement pour les forces russes, on remarquera également que le ministère de la Défense n’hésite pas à les mettre en avant dans sa communication. Et pour cause, nous avons ici un nouvel exemple de la capacité des forces russes à venir dorénavant frapper n’importe quel point du globe. Soit un nouvel avertissement destiné à l’Otan ou toutes autres forces qui pourraient douter des compétences actuelles de la force aérienne russe et spécifiquement en ce qui concerne ses unités de frappes à longue portée. La Russie n'a pas peur de personne, elle a la capacité de frapper en profondeur et de faire mal.

Modernisation et renforcement:

Nouveaux sous-marins lanceurs d’engins, nouveaux missiles et lancement de la production pour 35 bombardiers Tupolev Tu-160 M2 de nouvelle génération. Sur les Tu-160 concernés dans ces exercices aériens ne sont pas neufs, ils ont été modernisés et seront bientôt renforcés en nombre. L'usine aéronautique de Kazan, a repris la production du Tu-160M2 « Blackjack » en avril 2017. Il s’agit de la version modernisée du célèbre bombardier. Les futurs nouveaux « Blackjack » vont venir compléter la flotte actuelle qui en pleine modernisation. Le Tu-160M2 est doté une avionique modernisée avec un nouveau cockpit doté d’écrans et de la nouvelle génération d’ordinateur de gestion de vol disponible. Une liaison électronique permettant la communication avec l’ensemble des aéronefs et des éléments des Forces russes sera installée.

Les moteurs Kuznetsov NK-32 sont dotés d’un nouveau FADEC (Full Authority Engine Control) et de diverses améliorations concernant la maintenance.

En matière d’armement, le programme de modernisation va permettre de renforcer la capacité nucléaire de l'avion et la capacité de transporter 12 missiles Raduga NPO Kh-555 (AS-15 Kent) de croisière à longue portée ainsi que des bombes à guidage laser.

Le Tu-160 sera également doté des nouveaux missiles Kh-101 et le Kh-102, avec des ogives nucléaires et conventionnelles. La puissance des ogives nucléaires est estimée à 180-200 kilotonnes. En outre, leur portée atteint les 5’500 km. Toutefois, pour augmenter la portée, il a fallu augmenter la masse de lancement de missiles de 700-800 kg, bien que le poids de l'ogive soit resté la même 400-410 kg.

Avec une charge jusqu'à 40’000 kg et un rayon d’action (sans ravitaillement) de 12’297 km, et une vitesse maximale de 1’800 km/h le Tu-160 est l’une des armes les plus redoutables de la Russie. Conçu par le Bureau d'étude soviétique Tupolev pendant les années 1970-1980, le bombardier porte-missiles stratégique Tu-160 «Blackjack» selon le code de l'OTAN (Cygne Blanc en Russie) est le plus grand et le plus puissant avion supersonique militaire doté d'ailes à géométrie variable. Le Tu-160 est aussi le plus lourd avion de combat au monde et le bombardier ayant la plus grande masse au décollage.

En service opérationnel depuis 1987, le Tu-160 est destiné à détruire des cibles importantes au moyen d'armes nucléaires et conventionnelles. Son équipage comprend quatre pilotes.

Selon le commandant de la Force aérienne russe (VVS) le Général Viktor Bondarev, la Russie va construire 35 bombardiers stratégiques Tupolev Tu-160 « Blackjack »  qui portera à 50 le nombre d’appareils en activité.

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Photos : Tu-160 @ @VKS

 

 

13/08/2019

Des fissures sur les C-130 « Hercules » !

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Plus d'un quart de la flotte de Lockheed C-130 « Hercules »  du Air Mobility Command est mis hors service temporaire après la découverte de fissures atypiques.

Lors de la maintenance programmée, L’armée de l’air américaine a découvert que l’articulation de l’aile centrale inférieure se fissurait. ». Suite à cette découverte, une série d’investigation a été lancée sur l’ensemble de la flotte en service. Au total, 123 des 450 avions C-130H et C-130J sont temporairement immobilisés au sol pendant les inspections. Selon un premier rapport, les investigations montrent que les 123 aéronefs cloués au sol ont volé plus de 15’000 heures.

Pour les responsables de la maintenance, il est maintenant primordial de savoir si il faut remplacer l’ensemble des raccords d’ailes ou si certains peuvent être simplement réparés. Depuis la découverte, des fissures, huit aéronefs ont été soumis à des inspections et sont maintenant prêts à voler.

Les aéronefs inspectés et jugés non fissurés sont immédiatement remis en service. À l'heure actuelle, il a été estimé que cette suppression temporaire de service n'aura pas d'incidence sur le soutien continu du C-130 aux opérations au sein de l’Air Force.

Photo :C-130H de l’US Air Force@ USAF

12/08/2019

Et si la Turquie optait pour des avions russes ?

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La question mérite d’être posée, après le blocage définitif de la vente d’avions de combat Lockheed Martin F-35A par l’actuel gouvernement américain. Avec l’arrivée des premiers systèmes missiles S-400 russes sur le sol du pays, le gouvernement d’Ankara semble se tourner encore plus en direction de Moscou.

Du côté des médias turcs, on parle ouvertement aujourd’hui d’un rapprochement en continu du pays vers ce qui semble être un nouvel allié, la Russie.  Diverses sources journalistiques annoncent que les militaires étudient la possibilité d’acquérir  des avions d’origines russes. Pour autant, il semble que le type d’avion n’est pas clair. En effet, il paraîtrait évident que la Turquie se dirige vers l’avion le plus moderne et le plus récent en l’occurrence le Sukhoi Su-57. Hors, certains parlent du Su-35 « Flanker-E ». Il est vrai que ce printemps, une annonce russe de la part de Sergueï Chemezov responsable au sein de la société d'Etat russe d'exportation d'armes Rostec, faisait état d’une possible discussion sur la vente de Su-35 à la Turquie.  Les choses ont cependant évoluées avec le lancement de la production du Su-57 en série pour l’aviation russe.

Une transition par étape :

Pour certains analystes, la Turquie pourrait être tentée d’acquérir les deux types d’avions. Le Su-35 dans un premier temps, puis progressivement opter en direction du Su-57. Certains systèmes comme l’armement étant disponible sur les deux types d’avions, la logistique ne poserait à ce niveau pas de problème particulier. Ces mêmes analystes avancent l’idée que l’arrivée par étape du Su-35, puis du Su-57 permettrait à la Turquie de s’éloigner progressivement de l’Otan.  Mais on est-on déjà là ?  

L’objectif pour la Turquie est de remplacer les vieux McDonnell F-4 E « Phantom » puis les versions les plus anciennes du Lockheed Martin F-16 « Fighting Falcon » et ainsi de suite.

Otan : sortira ou ne sortira pas ?

A l’évidence, si la Turquie confirmait dans les mois avenir un achat d’avions de combat russe, quel que soit le modèle, la question d’un retrait unilatéral du pays du Traité de l’Alliance Atlantique Nord serait alors inévitable. Il semble bien loin, le temps ou l’OTAN assurait à la Turquie la sécurité, principalement contre l’Union soviétique. De son côté, la Turquie assurait à l’Alliance une sécurité précieuse sur le flanc sud. De plus, la Turquie est un poids lourd au sein de l’Otan, celle-ci constitue la deuxième plus grande armée de l’OTAN, derrière l’armée américaine avec laquelle elle représente 3,4 millions d’hommes sur un total de 7,4 millions d’hommes pour l’ensemble des troupes de l’OTAN. À eux seuls, les deux pays contribuent à 46 % des armées des 29 pays. 

Si l’affaire des missiles S-400 a enflammé la discorde au sein des membres de l’Otan et particulièrement aux USA, les divergences ne datent pas d’hier. Les problèmes posés par la Turquie à l’OTAN ont débuté en mars 2003 quand le parlement dominé par l’AKP a refusé aux forces armées américaines l’accès à l’espace aérien turc en vue d’engager des opérations militaires contre Saddam Hussein. Puis vient le temps des menaces de faire déferler sur l’Europe des vagues de réfugiés syriens. Le gouvernement turc se met également à entraver les relations de l’OTAN avec ses alliés proches comme l’Autriche, Chypre et Israël. Sans oublier, la mise en place d’une haine de l’opinion publique turque contre l’Occident, plus particulièrement contre les États-Unis et l’Allemagne. Bref, rien ne va plus. 

Dernier élément très problématique dans ce dossier, le soutien de la Turquie à Téhéran dans des domaines  divers comme : l’aide au développement du programme nucléaire, soutien à l’exploitation des champs de pétrole, l’aide au transfert d’armes iraniennes vers le Hezbollah et soutien conjoint au Hamas. 

On le voit, la crise des missiles S-400 n’est que la pointe de l’Iceberg et ceci ne fait qu’attiser un peu plus les voix qui s’élèvent en Turquie comme en Occident pour qu’Ankara se retire de l’Otan. Pour autant, la coopération et l’assistance mutuelle sont toujours d’actualité entre la Turquie et l’OTAN. Le pragmatisme va-t-il continuer de prévaloir sur les dissensions politiques ? L’achat d’un avion de combat russe pourrait dans les mois qui suivent faire basculer pour de bon la situation. 

Photos :Su-35 & Su-57 @VKS

 

11/08/2019

Quel avion école pour la Slovaquie ?

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L’armée de l’air slovaque (SAF) est en train de définir ses besoins en matière de nouvel appareil de formation moderne et ceci pour préparer à l’arrivée des 14 avions Lockheed-Martin F-16 Block 70/72 « Viper ». Le contrat des F-16 et d'un montant de 1,6 milliard USD, est le plus important de l'histoire de la SAF. Les premiers avions doivent être livrés en Slovaquie au deuxième trimestre de 2023, selon le calendrier initial.

Dans le cadre de cet accord, 22 pilotes de la SAF commenceront à s'entraîner sur le F-16 Block 52 à la base de la Garde nationale aérienne de Tucson dans Arizona en 2022. Ils seront principalement issus de la petite flotte d’avions  formateurs Aero-Vodochody L-39CM/ L-39ZAM actuellement utilisés. Mais ces avions écoles sont actuellement en fin de vie et ne permettront pas de former les futurs pilotes de combats slovaques pour les amener sur les futurs « Viper ».

Pour ce faire, la Slovaquie prépare un budget en vue de l’acquisition d’un nouvel entraineur moderne et qui réponde en terme de prix au budget du pays. Pour l’instant, il n’est pas encore défini si le futur avion école sera un Jet de type : L-59NG ou M-345 ou un turbopropulseur comme le Pilatus PC-21.

Dans le courant de l’année prochaine, un cahier des charges doit être établi et une demande d’information sera faite en direction des avionneurs susceptibles de répondre à l’offre. Deux éléments semblent déjà importants pour la Slovaquie, le prix et la possibilité d’être livré rapidement.

Photo :L-39 slovac @ Pavel Bencik

 

 

 

08/08/2019

Le taux de disponibilité des F-35 inquiète !

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L’approvisionnement en pièces détachées des F-35 pose de nombreux problèmes et réduit le taux de disponibilité de la flotte mondiale. Mais, le plus étonnant concerne la flotte de F-35 interarmées destinées aux essais opérationnels. En effet, cette unité basée à Edwards en Californie dispose d’un soutien supplémentaire sous la forme d'équipes de maintenance plus importantes et se trouve en haut sur la liste des priorités pour recevoir des pièces de rechange. Hors, cette unité a le taux de disponibilité le plus faible. 

Une situation très préoccupante :

Les F-35 de combat interarmées de la flotte d'essais opérationnels souffrent d’un faible taux de préparation qui pourrait menacer la réussite de la phase cruciale d'essais au combat du programme tout entier. Un rapport émanant (6 août) du Projet de surveillance du gouvernement (POGO) en collaboration avec le Government Accountability Office (GAO) pointe cette défaillance. Ce rapport précise que les 23 appareils de la flotte d'essai ont atteint un taux de disponibilité catastrophique de 8,7% en juin 2019.

Pour ce faire, le POGO a publier sur son site une carte (voir ci-dessous) qui couvre la période allant de décembre 2018 à la mi-juillet 2019 et qui atteste du taux catastrophique de 8,7% en juin 2019, ce qui correspond à une capacité totale de "mission". Il faut comprendre que par « capacité totale de mission »  on désigne un aéronef susceptible de mener toutes les missions qui lui sont assignées. On notera tout même une petite « amélioration » (si, si), puisque le tableau montre que lors du mois de mai le taux était de seulement 4,7%. Depuis le début des tests opérationnels en décembre 2018, la flotte avait un taux moyen de capacité opérationnelle de seulement 11%.

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Le graphique de l'état de préparation de la flotte de tests opérationnels montre que les aéronefs utilisés ont en réalité de moins bons résultats que le reste de la flotte de F-35, ce qui ne permettrait d'atteindre que 27% de la capacité de la mission, selon les derniers chiffres disponibles. 

La carte d’état de préparation de la flotte d’essais opérationnels du F-35 du POGO montre clairement que les données pour six mois du programme d’aéronefs sont au centre des projets de tous les services futurs. Il montre des fluctuations dans les taux relatifs tout au long de la période considérée, mais les taux de préparation au cours de ce processus critique de tests de combat ont toujours été mauvais.

De nombreuses pannes :

Selon le rapport du POGO et du GAO, de nombreuses pannes apparaissent à bord des F-35 qui provoquent une dégradation de la capacité de mission.  Hormis la problématique du manque de pièces de rechange, bien connue maintenant, on notera des défaillances au niveau du système de mission, du radar  ou les instruments de guerre électroniques. Selon une source du programme F-35, le système qui fournit aux pilotes les avertissements des missiles adverses  et qui génère les images pour le viseur de casque et régulièrement défaillant. Certes, avec un tel problème, le F-35 peut toujours voler et peut utiliser les liaisons de données entre aéronefs.  Une partie des informations d'un système en fonctionnement sur un autre F-35 peut venir combler un angle mort dans un système dégradé. Mais cela ne fonctionne que jusqu’à un certain point et pour tester pleinement les capacités du programme, tous les systèmes doivent fonctionner correctement. Ce qui n’est pas le cas.

La question de la pleine production :

Les nombreux problèmes accumulés et non encore résolus du programme F-35 sont autant d’obstacles sérieux au lancement de la pleine production des trois variantes de l’avion.  Le POGO et le GAO ont comme conclusion qu’actuellement le système d'arme le plus coûteux de l'histoire est loin d’être prêt à faire face aux menaces actuelles ou futures.

Les faibles taux de préparation de la flotte de tests opérationnels sont surprenants, compte tenu de la nature de la mission de la flotte. En vertu de la loi fédérale, un programme majeur d’acquisition de matériel de défense ne peut légalement passer à la production maximale tant que le directeur des tests et de l’évaluation opérationnelle (DOT&E) n’a pas remis son rapport final au secrétaire de la Défense et du Congrès et ceci à la fin du processus de test.

De son côté, le directeur des tests opérationnels du Pentagone a déclaré que la flotte de tests avait besoin d’atteindre un taux de disponibilité de 80% pour respecter le calendrier exigeant du plan directeur de test et d’évaluation du programme. 

Décision à venir :

Le calendrier initial du programme F-35 montre un début de production à plein régime pour cet automne, reste à voir, si le Pentagone en décidera ainsi. À la lumière de la divulgation des difficultés rencontrées par la flotte d’essais, il est difficile de voir comment le programme d’essais actuel peut être achevé à temps.

Pourrait-on contourner le programme d’essais et lancer la production à plein régime ? Techniquement c’est possible, il faudrait pour cela que le directeur des tests opérationnels suspende les tests et donne son accord pour passer à la production à plein régime, sans avoir achevé le plan de tests approuvé. Mais dans ce cas, c’est toute l'intégrité du processus de test et la confiance dans l’avion et ses capacités qui seraient définitivement remises en doute.

Le problème des avions de 5ème génération:

Pour autant, le F-35 n’est pas le seul à  subir  un taux de disponibilité anormalement bas. Le F-22 et lui aussi concerné, mais dans une moindre mesure. En effet, les avions de 5ème génération comme le F-22 et le F-35 affichent en moyenne des taux de capacité de mission inférieures à ceux des avions traditionnels qu’ils sont censés remplacer (article paru dans le journal de l’USAF/Air Force Times). Par exemple, la flotte de F-22 affichait un taux de capacité de mission de 51,74% en 2018, tandis que la flotte plus ancienne de F-15E affichait un taux de 71,16%. La flotte de F-35A affichait un taux de capacité de mission de 49,55% en moyenne, contre 66,24% pour le F-16C/D et de 72,51 pour le A-10C.

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Photo : F-35 @Nigel Blacke