20/09/2020

Livraison des moteurs du F-15EX « Advanced Eagle » !

boeing-f-15_76501.jpg

Boeing et General Electric avancent sur l’assemblage des premiers F-15EX « Advanced Eagle » destinés à l’US Air Force. Le motoriste General Electric a procédé à la livraison des premiers moteurs F110-GE-129 destinés aux F-15EX.

Rappel :

En juin, le centre de gestion du cycle de vie de l'armée de l'air (AFLCM) a attribué à General Electric un contrat pour le lot 1 concernant la production de 19 moteurs F110-GE-129, y compris les installations et les pièces de rechange et les ordinateurs du système de surveillance des moteurs modernisés pour le F-15EX.

Le nouveau GE F110-GE-129 :

Le moteur F110-GE-129 de General Electric est le seul moteur testé, intégré et certifié pour le F-15EX fly-by-wire. En 2014, GE a commencé à investir des ressources et s'est engagé à long terme à soutenir le F-15EX. General Electric possède une expérience et une expertise considérables en matière d'intégration d'aéronefs, qu'elle a accomplies avec Boeing grâce à des mises à niveau technologiques et logicielles, à des changements de version logicielle et à des améliorations des performances et de la durabilité de la famille des moteurs F110.

La famille de moteurs F110 a dépassé les 10 millions d'heures de vol. Le F110 alimente tous les F-15 livrés au cours des huit dernières années. Le programme d'extension de durée de vie F110 (SLEP) étend la puissance fiable du moteur F110 et permet des économies substantielles et la disponibilité des systèmes d'armes pour les forces aériennes du monde entier.

EiMwJw4WoAEgaxG.jpeg

Grâce à des insertions de technologies clés éprouvées issues des programmes de moteurs commerciaux de GE, SLEP met à niveau les composants critiques, notamment la chambre de combustion, la turbine haute pression, le compresseur et l'augmentation. Ces améliorations se combinent pour prolonger la durée de vie. La version du F110 destinée au F-15EX va réduire les coûts d'exploitation, augmenter la fiabilité et améliorer la sécurité. Le programme est conçu pour fournir une augmentation significative avec une amélioration de 25% du coût par heure de vol et une extension de 50% des inspections de phase moteur.

Le projet F-15EX « Advanced Eagle »:

Sous la désignation de projet F-15EX, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille depuis plusieurs mois sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agissait de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing a doté le F-15EX d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif (AESA), avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS « Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offre la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité réside dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes. 

Capacité d’emport phénoménale :

Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15EX « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’armes comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. Par ailleurs, il peut lancer des armes hypersoniques jusqu'à 22 pieds de long et pesant jusqu'à 7 000 livres. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration. Dernier élément, le F-15EX pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

La plate-forme nécessite également une formation transitoire minimale sans main-d'œuvre supplémentaire et peu ou pas de changements d'infrastructure, assurant la poursuite de la mission.

L'architecture OMS permettra l'insertion rapide des dernières technologies aéronautiques. Pour soutenir davantage la cellule numérique et faire avancer l’insertion de technologique, le programme F-15EX utilise le précurseur à l’initiative DevSecOps du ministère de la Défense, visant à développer des logiciels sécurisés, flexibles et agiles. De plus, l'architecture des systèmes de mission ouverts garantit sa viabilité pendant des décennies. L'épine dorsale numérique du F-15EX, ses systèmes de mission ouverts et sa capacité de charge utile généreuse cadrent bien avec la nouvelle vision de l’USAF d'une future guerre en réseau.  Le F-15EX réunit les avantages de l'ingénierie numérique, des systèmes de mission ouverts et du développement de logiciels agiles rester abordable et évolutif pour les décennies à venir.

advanced_F15_001.jpg

Photos :  1 & 3 F-15EX@ Boeing 2 moteur F110-GE-129 destiné au F-15EX@ GE

 

19/09/2020

Premiers pilotes français brevetés sur PC-21 !

armée de l'air,pilatus  aircraft,pc-21 formation de pilotes,blog défense,les nouvelles de l'aviation,aviation francophone

Cette a eu lieu la première cérémonie de remise des diplômes des élèves-pilotes ayant terminé leur formation sur le nouvel avion école de type Pilatus PC-21. La cérémonie s’est déroulée sur les installations de la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard.

C’est mercredi dernier, que les nouveaux pilotes et navigateurs de combat ont reçu le « macaron » de pilote de chasse. Cet acte hautement symbolique atteste de leur appartenance à la famille des pilotes de chasse ou opérateurs de systèmes d'armes.

EiDI1MPXYAAtwp4.jpeg

Nouvel avion, nouvelle formation :

En 2016, l'armée de l'air française a initié un ambitieux programme de modernisation de la formation des pilotes de chasse, baptisé Fomedec (Formation modernisée et entraînement des équipages de chasse). En effet, la France cherchait un remplaçant à son avion école Dassault Alphajet, une demande de pré-sollicitation initiale a été publiée en avril 2015 par la DGA. Elle a été suivie d'une demande de propositions (DP) en septembre de la même année. Sous le nom de FOMEDEC (Formation modernisée et entraînement différencié des équipages de chasse) le programme poursuit deux objectifs : Remplacer le système actuel (avions et moyens sol) de formation (phase basique) des équipages des avions de chasse (pilotes et navigateurs officiers systèmes d’armes) à Tours et Cognac. Et de permettre une activité aérienne sur avion de formation en complément d’une activité sur avion d’arme pour les pilotes du « second cercle » qui ont vocation à renforcer et à soutenir les unités opérationnelles quand elles sont engagées. Le programme porte sur l’acquisition d’une flotte d’avions, de moyens de simulation au sol et des infrastructures associées. Une prestation de soutien est également prévue. Il s’agit de former une cinquantaine de personnels navigants par an et d’entraîner une cinquantaine de pilotes de chasse expérimentés. Le volume horaire annuel prévu est de l’ordre de 11’000 à 13’500 heures de vol.

Le contrat signé a été signé le 30 décembre 2016 par l'armée de l'air française avec Babcock Mission Critical Services France (BMCSF) et Pilatus. Le contrat comprend la location des PC-21 par la société Babcock Mission Critical Services France ainsi que du matériel connexe de formation, l’avionneur suisse assurera la logistique.

Configuré pour la transition sur Rafale :

Les Pilatus PC-21français sont configuré grâce à un système de simulation interne unique au monde en configuration Rafale. Ce système permet notamment de simuler le comportement d’un réacteur d’avion de combat et de simuler l’ensemble des armements de bord spécifique actuels et avenir du Rafale. Bien que plus lent, le PC-21 offre une grande maniabilité avec des accélération de l’ordre de -4G/+8G.

954838877.jpg

Photos : 1, 3 PC-21 aux couleurs de l’Armée de l’air 2 Pilote et instructeur sur PC-21@ Armée de l’air

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18/09/2020

Des canons à laser sur les avions de combat d’ici cinq ans ?

Tactical-Airborne-LWS-01-768x432.jpg

Verra-t-ont l’arrivée des premières armes à laser venir équiper les avions de combat dans quelques années ? La question est ouverte et du côté de Lockheed-Martin, on affirme être en mesure de faire des essais d’ici 2025.

Le responsable de la division « laser » de Lockheed-Martin, Mark Stephen, a déclaré lors d’une conférence de presse en fin de semaine, que la société travaille à l’installation d’une arme laser défensive sur les avions de combat d’ici cinq ans.

Le programme SHiELD :

Cet objectif fait partie du programme SHiELD (Self-Protect High-Energy Laser Demonstrator) de l’Air Force Research Lab et vise à installer un module « laser » défensif sur les chasseurs pour les défendre contre les missiles antiaériens. Par contre, un « laser » offensif pour abattre des avions ennemis devrait frapper plus fort et à plus longue distance et n’est pas réalisable aujourd’hui. Il s’agit d’un objectif à plus long termes.

Selon le Pentagone un « laser » offensif ne viendra pas équiper les aéronefs avant l’arrivée de la 6ème génération d’avions de combat. Par contre, le « laser » du programme SHiELD devrait être applicable sur les appareils actuels. 

Le projet SHiELD prévoit d’utiliser le prototypes IFPC-HEL (Indirect Fire Protection Capability-High Energy) Laser, soit un canon laser monté sur un camion déjà en construction qui sera opérationnel en 2024. Soit un an avant le calendrier de Lockheed-Martin pour placer un laser sur un avion de combat. Pour Lockheed-Martin, il s’agit de produire une nacelle dotée du système IFPC-HEL qui servira de prototype opérationnel. Ce dernier devra démontrer que la technologie peut réellement fonctionner, sous un avion. En effet, la technologie IFPC-HEL est avant tout développée sur une plateforme fixe, soit un camion. Hors l’utilisation de celle-ci à bord d’un avion n’est simplement pas garantie.

De plus, le camion offre plus de place pour la production d'énergie et les systèmes de refroidissement qu'une nacelle qui tient sous un avion. L’IFPC-HEL doit produire 300 kilowatts d'électricité, la puissance du SHIELD est à déterminer, mais elle sera probablement inférieure à 100 kW, ce qui permettra à l’avion de combat de charger le laser sans installer un générateur d'énergie additionnel.

On le voit, si l’on se rapproche des armes laser en vol, il faudra attendre au moins 10 ans, avant de pouvoir compter sur un système fiable de défense et probablement 10 ans de plus en ce qui concerne les armes offensives. Pour autant, 20 années ne représentent qu’une goutte d’eau temporel.

Photo :  Image de synthèse F-16 doté d’un laser de défense @ LM

 

 

17/09/2020

Essais des armes du HH-60W « Jolly Green II » !

1000w_q95.jpg

Sur la base d’Eglin en Floride, Sikorsky teste actuellement les armes du futur hélicoptère de recherche et sauvetage au combat HH-60W.   

Le but des essais est de vérifier la fonctionnalité et la précision des systèmes d'armes et de démontrer que les armes peuvent être utilisées en toute sécurité sur le plan opérationnel. Les testeurs du 413e Escadron d'essais en vol et leurs partenaires ont effectué les tests sur une période de trois semaines.

Les trois armes testées sont : le GAU-2, un canon gatling de 7,62 mm avec une cadence de tir de 3’000 coups par minute, le GAU-18, une mitrailleuse de calibre 50 avec une cadence de tir de 650 à 800 coups, et le GAU- 21, une mitrailleuse nouvellement conçue de calibre 50 avec une cadence de tir de 950 à 1100 coups.

200821-F-AY943-028.JPG

Six hélicoptères sont dédiés au programme d'essais de développement. L’US Air Force veut que les HH-60W soient produits et déployés dès que possible, car ses 96 hélicoptères de sauvetage HH-60G « Pave Hawk » ont ​​dépassé leur durée de vie utile prévue 6’000 heures de vol, selon un rapport du Government Accountability Office publié en août 2018 (GAO). A l'époque, ces hélicoptères avaient enregistré en moyenne 7’100 heures de vol. Cependant, le programme a subi des retards qui ont retardé le premier vol du HH-60W d’environ huit mois. L'un des problèmes était la pile à combustible du HH-60W, qui présentait plusieurs défauts de conception et de fabrication, notamment le dépassement du poids autorisé et le non-respect des normes militaires en matière de température normale, de température à froid et de performances d'auto-obturation, selon un rapport du directeur des tests opérationnels et de l'évaluation publié en janvier 2019. Le programme de l'US Air Force prévoit 113 appareils pour remplacer ses hélicoptères vieillissants « Pave Hawk » HH-60G

Conception et caractéristiques de l'hélicoptère HH-60W :

La conception du HH-60W est basée sur l'hélicoptère UH-60M de nouvelle génération. Le giravion intègre une cellule résistante aux chocs et aux dommages. Il conserve composite, accord large, pales du rotor principal et les structures résistantes à la corrosion de son prédécesseur.

L'hélicoptère offre une capacité de carburant interne supérieure à celle de l'hélicoptère HH-60G. Il offre une plus grande autonomie tout en offrant un grand espace intérieur dans la cabine. Il peut accueillir deux pilotes, deux ambassadeurs paramédicaux et deux ambulanciers pour patients médicaux ou blessés. Les deux côtés du fuselage peuvent être montés avec les mitrailleuses de calibre 50 et 7.62mm.

L'hélicoptère est équipé du système de planification de la mission de Lockheed-Martin, d'aides défensives, de liaisons de données, d'ordonnateurs de mission et de capteurs de conditions météorologiques défavorables.

Cockpit et avionique :

Le cockpit avec écrans multifonction de pointe peut accueillir deux pilotes côte à côte. Il est équipé de l'avionique et des équipements de mission de pointe de Rockwell Collins, notamment d'un vol de mission et de mission en poste de pilotage, de radios de navigation et du système de communication avancé ARC- 210 V/UHF. L'ARC-210 offre des communications vocales sécurisées et une interopérabilité civile. Le système prend en charge les futurs réseaux ad hoc et la communication par satellite (SATCOM) de la prochaine génération, pour une transmission voix et données ininterrompue. 

Les écrans multifonctions installés dans le poste de pilotage sont conformes aux normes récentes du système de vision nocturne (NVIS). Les dispositifs multifonctions prennent en charge les angles de vision larges pour une visualisation optimale dans le cockpit.

Moteur du HH-60W :

Le HH-60W est doté de deux moteurs General Electric T700-GE-701D qui développent chacun une puissance maximale continue de 1’716 shp (1 279 kW) et offrent des performances supérieures par mauvais temps.

Protection électronique : 

Le HH-60 « Whisky » est doté du nouveau récepteur d’alerte radar AN/APR-52 (RWR). Il est conçu pour traiter un grand nombre de signaux simultanément pour identifier plus rapidement et plus précisément les menaces contre l'équipage. Le RWR AN/APR-52 offre une forte probabilité de détection pour les menaces modernes et émergentes dans des environnements de signaux très denses.

« Jolly Green II » :

Nouvel aéronef, nouveau nom, L'Air Force a révélé le nouveau nom pour l'hélicoptère de recherche et sauvetage de combat de nouvelle génération Sikorksy HH-60W « Jolly Green II ». Ce nom est un hommage rendu aux hélicoptères peints en vert d'origine qui ont sauvé les équipages pendant la guerre du Vietnam.

87602819_3439477179412125_2177465165425934336_o.jpg

Photos : 1 Gros plan sur le HH-60W Jolly Green II » 2 Essais de mitrailleuse 3 HH-60W @ Sikorsky

 

 

31/08/2020

Pourquoi est-ce important de renouveler notre flotte aérienne ?

1139981096.png

Air2030, ce n'est pas juste l'achat d'un avion, mais d'un système complet (avion/système sol-air) capable de répondre à une multitude de menaces actuelles et futures. Il s’agit notamment de pouvoir répondre aux attaques physiques et non physiques, soit une combinaison de guerre conventionnelle avec l'infini de l’internet.

Pourquoi maintenant ?

Avec le refus de la votation sur le « Fond Gripen », les avions de combat Northrop F-5 E/F « Tiger II » datant des années 1970 n’ont pas été remplacés. Ceux-ci sont depuis un certain temps devenus obsolètes et vont être retirés complètement du service très prochainement.

La flotte de Boeing F/A-18 C/D « Hornet » a dépassé la moitié de sa vie cellule. L’avion est conçu pour 5’000 heures de vol. Les heures annuellement nécessaires pour l'entraînement de nos pilotes sont de 5’500 heures environ (120 h/an par pilote + simulateur). La prolongation de vie à 6’000 heures en cours doit permettre de pouvoir voler jusqu'en 2030. Il ne sera pas possible de prolonger l’avion car, dès 2023, Boeing ne livrera plus les mises à jour des logiciels et dès 2032, l’avionneur ne pourra pas garantir l’obtention de pièces détachées. C’est pour cela que les pays utilisateurs comme la Suisse (l’Australie, le Canada, l’Espagne, la Finlande, le Koweït et l’US Navy) planifient le retrait et le remplacement d’ici 10 ans de l’ensemble des modèles de « Hornet ».

Préliminaires à Air2030 :

La décision de lancer le programme « Air2030 » ne s’est pas faite en un jour. Toutes les alternatives ont été étudiées (prolongations des avions, sous-traitance de la police du ciel, achat d’avions d’occasions) mais au final ces dernières n’offraient pas de solutions viables à long terme, ni en fonction de l’ensemble des besoins.

C’est après l’étude des alternatives que le DDPS a lancé le projet « Air2030 ». Pour ce faire, deux groupes de travail ont été créés :

  • Groupe d’accompagnement pour l’évaluation de l’acquisition.
  • Groupe d’experts sur le futur avion.

S’ajoute les discussions de Watteville, ainsi que celles au Parlement.

En parallèle, un document complet « Avenir de la Défense aérienne » a été publié. Il faut y ajouter les trois rapports complémentaires demandés par Mme la Conseillère Fédérale Viola Amherd :

  • État de la menace par Mme l’ambassadrice Pälvi Pulli.
  • Avis externe sur l’avion de combat par le Professeur Claude Nicollier.
  • Affaires compensatoires par l’expert Kurt Grüter.

Financement garanti :

Le financement est entièrement pris sur le budget ordinaire de l’armée. Aucun financement par d'autres départements ou autres institutions n’est occasionné. Cet argent en cas de « NON » n’ira pas ailleurs ! Il restera à disposition du budget de l’armée.

De plus, selon une étude du Professeur Cédric Tille du Graduate Institute Geneva, "l’analyse montre clairement que la défense n’a pas siphonné des ressources au détriment d’autres besoins. Bien au contraire, elle représente le seul poste qui a dû se serrer la ceinture alors que les autres catégories affichaient une croissance soutenue."

117444378_1493306544186404_3829152166384765636_n.png

Coûts effectifs :

Le plafond de 6 mia pour l'acquisition d'avions de combat comprend des coûts globaux sur la durée de vie des appareils : CHF 18 mia au maximum (avion ayant les coûts de maintenance les plus élevés) le plus bas étant de 12 mia, soit un coût mensuelle sur 30 ans maximum de 4 CHF soit le prix d’un café par famille. La vie des cellules des nouveaux avions est plus longue, soit une fourchette de 8'000 à 10'000 heures de vols en comparaison au F/A-18 qui est de 5'000 heures. De plus, les nouveautés en matière de diagnostic de panne (IA) vont permettre de diminuer certains travaux de maintenance.

Avions de luxe ?

Les avions de combat en compétition sont standards et correspondent aux besoins et à la technologie nécessaire selon un cahier des charges établi en adéquation avec l’analyse des menaces. Ils répondent à des besoins clairement identifiés. Des avions plus légers ne peuvent effectuer les missions les plus basics de la police du ciel et encore moins en ce qui concerne les tâches les plus avancées. 

La défense sol-air ne suffit pas !

unnamed-2.png

La défense sol-air seule ne permet pas de protéger l’espace aérien. En Suisse, les radars au sol subissent les effets de la topographie. Les ondes radars ne traversant pas les montagnes, la capacité de couverture d’un système sol-air de moyenne/longue-portée est limitée à 15'000 km(Données Rapport sur la Défense Aérienne). Par ailleurs, un système sol-air est une arme de guerre, mais inutilisable en temps de paix. De plus, l’engagement contre des missiles balistiques est complexe et ne peut être effectué de manière fiable qu’avec un engagement en « réseau » avec un avion de combat multirôle.

Pas seulement un avion, mais un système complet :

image.81_220_02_d_Air2030.jpg

Nous sommes amenés à voter uniquement sur l’achat de l’avion. Mais « Air2030 » n’est pas qu’un avion pour assurer la police du ciel. C’est un projet complet en vue d’adapter les Forces aériennes aux nombreux défis qui les attendent. La guerre se complique avec ce qu’on appelle les « opérations multi-domaines » (détection tout azimut, combat au-delà de la portée visuelle, guerre en réseau (Electronic Warfare) et antibalistique, reconnaissance). Parce que les avions de combat modernes sont conçus comme des plateformes volantes polyvalentes, ils servent également de pont entre les espaces physiques et non physiques. Aujourd'hui, les liaisons de données vers tous les partenaires au sol et les capteurs capables de vérifier les dangers au sol et dans les airs à distance sont presque plus importants que l'armement ou les caractéristiques de vol pour les combats aériens classiques. La capacité de mener une guerre électronique est de plus en plus attendue car les avions de combat modernes en sont la clé de voûte !

unnamed-3.png

En conséquence, l’avion de combat moderne est directement lié à la cyberguerre, car celui-ci en est un vecteur direct. Air2030 allie un avion avec un système sol-air qui vont travailler en binôme, afin de répondre de manière la plus adaptée à l’évolution des menaces. Les « zones non couvertes » par le système sol-air seront complétées par le radar volant de l’avion car sans ce dernier, la détection reste limitée.

Un avion léger ne répond pas aux besoins minimums :

La contre-proposition pour l’achat du M346FA n’est qu’un leurre.  Cet appareil n’est pas adapté il n’est pas à la norme QRA15 (décollage en moins de 15 minutes) son plafond pratique de 12'000 mètres ne permet pas de rejoindre un avion de ligne à haute altitude. Trop lent, pas de postcombustion, il ne peut pas rejoindre non plus un jet d’affaires rapidement. Son radar est inadapté en montagne à cause de sa faible puissance (apparition de faux échos).

La Suisse partenaire de sécurité :

L’histoire des conflits nous montre à bien des égards que l’on ne peut compter sur la protection de ses voisins. Par contre, il est nécessaire de participer à une sécurité commune. La Suisse est un partenaire de choix dans ce que l’on appelle la sécurité centre-europe. D’ailleurs, l’acquisition d’un nouvel avion de combat associé à un système complet de défense aérienne est particulièrement bien vu de la part de nos voisins français, allemands et italiens. Ceux-ci espèrent qu’à l’avenir nous pourrons continuer de travailler ensemble pour améliorer l’échange de données, afin de mieux sécuriser nos espaces aériens.  

Sans protection aérienne, nous violons nos traités de neutralité et devenons peu attractifs en tant qu'hôtes de conférences internationales.

Certifiés bio-kérosène : 

Les nouveaux avions de combat seront tous certifiés pour voler avec du bio-kérosène. A l’avenir, il sera donc possible de protéger notre espace aérien tout en offrant une meilleure adéquation avec la protection du climat. Selon les avionneurs, l’état des certifications est le suivant : le Super Hornet = certifié, F-35 = certification en cours, Rafale & Eurofighter = certification attendue pour 2023. A noter au passage que la consommation de kérosène par l’armée ne représente que 2% de la totalité du kérosène chargé en Suisse. 

Les offsets un retour sur investissement :

7xwT_3P_qHSBpDapIuOHyS.jpg

Les affaires compensatoires sont soumises à la loi du marché. Le tout est contrôlé à l’aide d’un registre public et l’argent investi permettra de donner un nouveau souffle à l’industrie avec des emplois, donc des cotisations AVS et un retour en termes d’impôts. C’est ainsi que l’argent travail pour le bien de la communauté.  En l’occurrence, des affaires compensatoires sont prévues pour l’achat des nouveaux avions : les entreprises étrangères qui se verront confier des mandats devront compenser 60% de la valeur contractuelle par l’octroi de mandats en Suisse, dont 20% directement et 40% indirectement dans des domaines liés à la sécurité. Afin de garantir que toutes les régions y trouvent leur compte, une répartition est fixée : 65% en Suisse alémanique, 30% en Suisse romande et 5% en Suisse italienne. Ces affaires compensatoires permettront des transferts de savoir technologique en faveur des entreprises suisses, ainsi qu’un accès pour ces dernières à de nouveaux marchés étrangers. Les participations industrielles sont une garantie pour chaque compétence et sont de ce fait dans l’intérêt de la politique de sécurité.

Notre souveraineté :

Notre aviation militaire garantit notre souveraineté aérienne et aucun avion étranger armé ne peut traverser notre territoire pour des opérations à l’étranger. Ceci est la garantie de notre politique de sécurité, ainsi qu’en matière de relation étrangère.

Sans protection aérienne, nous violons nos traités de neutralité et devenons peu attractifs en tant qu'hôtes de conférences internationales.

Un double danger le 27 septembre :

Les opposants à l’achat du nouvel avion n’ont pas de véritables arguments, ils distillent de fausses informations en permanences et l’objectif et l’affaiblissement de l’armée pour mieux la supprimer ! Enfumage, tentatives de détourner l’esprit des citoyennes et citoyens forment un dangereux mélanges qui aurait comme conséquences l’affaiblissement de notre sécurité d’une part et de l’autre, une perte de confiance dans notre système politique, qui serait sacrifier sur l’autel des « Fake News ». 

Il n’y pas de plan B à l’achat d’un nouvel avion de combat !

Sources : armasuisse, ETH, Zürich étude Niklas Masuhr, Rapport US Navy 2017, Swissmem, Graduate Institute Geneva, AGEFI.