17/11/2020

Korean Air rachète Asiana Airlines !

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Crise du COVID oblige, le secteur de l’aviation se restructure, le transporteur Korean Air va dépenser 1,6 milliards de dollars pour reprendre la compagnie aérienne rivale Asiana Airlines.

Korean Air et la société mère Hanjin KAL ont décidé d'acquérir Asiana Airlines lors d’une réunion du conseil d'administration tenues le 16 novembre dernier, ont annoncé lundi les sociétés. Korean Air a annoncé son intention d'augmenter le fonds de roulement de 2,26 milliards de dollars en émettant de nouvelles actions au début de l'année prochaine. Cette décision, a déclaré KAL, aidera à stabiliser l’industrie aéronautique sud-coréenne au milieu de la crise de Covid-19 et contribuera à limiter le besoin de fonds publics pour maintenir à flot Korean Air et Asiana.

Le rachat d’Asiana Airlines par Korean Air se traduira par l'une des 10 plus grandes compagnies aériennes au monde. Les pays de moins de 100 millions d'habitants ne peuvent généralement pas prendre en charge deux transporteurs à service complet, comme l'a fait la Corée du Sud, ce qui la laisse dans ce que Hanjin a appelé un désavantage concurrentiel par rapport à des pays comme l'Allemagne, la France et Singapour. L'acquisition de Korean Air et l'expansion des routes, de la flotte et de la capacité accrue grâce à Asiana donneront à la compagnie aérienne la compétitivité nécessaire pour concurrencer les méga compagnies aériennes mondiales. De plus, cette décision devrait renforcer également la compétitivité de l'aéroport international d'Incheon en tant que plaque tournante majeure en Asie.

En termes de flottes, les deux entités partagent beaucoup de similitudes en particulier en ce qui concerne leurs opérations long-courriers. Les deux compagnies aériennes exploitent l'Airbus A380, le Boeing 747 dans leurs flottes, mais avec des projets différents pour l'avenir des deux. Les deux compagnies aériennes ont des Airbus A330, des Boeing B777. Par contre, Korean Air a emprunté la voie du Boeing B787 « Dreamliner », alors qu’Asiana a opté pour l'Airbus A350. L’autre différence concerne les alliances, Korean Air est active au sein de Sky Team, alors qu’Asiana fait partie de Star Alliance. Cette dernière devrait rejoindre le groupe Sky Team.

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Photos : 1 B787 Korean Air @ Korean Air 2 A380 Asiana @ Asiana Airlines

 

13/10/2020

COVID-19, la contamination à bord d’un avion est très faible ! 

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Alors que les cas de contamination au COVID-19 sont à nouveau très préoccupants et pourraient déboucher sur une seconde vague, les premières informations concernant le transport aérien semble rassurantes. Selon l’IATA et l’OACI qui travaillent avec les avionneurs et les différents responsables de la santé des Etats, les cas de contamination à bord des avions sont particulièrement faibles.

Taux de contamination faible :

Cette semaine, l’IATA a rendu publique une étude qui démontre la faible incidence de la transmission du COVID-19 en vol avec un décompte actualisé des cas publiés. Depuis le début de 2020, 44 cas de COVID-19 ont été signalés dans lesquels la transmission aurait été associée à un voyage en vol (y compris les cas confirmés, probables et potentiels). Au cours de la même période, quelque 1,2 milliard de passagers ont voyagé. Toujours selon l’IATA, même si 90% des cas n'étaient pas signalés, ce serait un cas pour 2,7 millions de voyageurs.

Comment expliquer des chiffres aussi faibles ?

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Alors que les risques de contamination sont toujours bien présents et en hausse avec les baisses de températures, comment se fait-il que dans un environnement confiné comme celui d’une cabine d’avion les risques ne soient pas plus élevés ?

Les raisons du faible taux de contamination à bord des avions proviennent de la dynamique des fluides computationnelle (CFD)*. Des recherches sur le sujet montrent que les systèmes de circulation d'air des avions contrôlent le mouvement des particules dans la cabine, limitant la propagation des virus. Plusieurs études menées en collaboration avec les avionneurs ont donné des résultats similaires.  

Les systèmes de circulation d'air des avions, les filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air), la barrière naturelle du dossier de siège, le flux d'air descendant et les taux d'échange d'air élevés réduisent efficacement le risque de transmission de maladies à bord en temps normal.

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L'ajout du port de masque au milieu des problèmes de pandémie ajoute une couche supplémentaire de protection ce qui rend le fait d'être assis à proximité dans une cabine d'avion plus sûr que la plupart des autres environnements intérieurs.

A ce sujet, une étude a été publiée sur le sujet par Freedman et Wilder-Smith dans le Journal of Travel Medicine. Bien qu’il n’existe aucun moyen d’établir un décompte exact des cas possibles associés au vol, la sensibilisation de l’IATA auprès des compagnies aériennes et des autorités de santé publique, combinée à un examen approfondi de la littérature disponible, n’a pas permis d’indiquer que la transmission à bord est courante ou répandue. En outre, l'étude Freedman / Wilder-Smith souligne l'efficacité du port de masque pour réduire davantage le risque.

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Conception des aéronefs :

Les caractéristiques de conception des aéronefs ajoutent un rôle supplémentaire dans la protection des passagers contribuant à la faible incidence de la transmission en vol. L’Interactions face à face limitées, les passagers faisant face à l'avant et se déplaçant très peu. L'effet du dossier agissant comme une barrière physique au mouvement de l'air d'une rangée à l'autre

La minimisation du flux d'air avant-arrière, avec une conception de flux segmenté qui est généralement dirigée vers le bas du plafond au sol.

Le taux élevé d'air frais entrant dans la cabine. L'air est échangé 20 à 30 fois par heure à bord de la plupart des avions, ce qui se compare très favorablement à l'espace de bureau moyen (2 à 3 fois par heure en moyenne) ou aux écoles (en moyenne 10 à 15 fois par heure).

L'utilisation de filtres HEPA qui ont un taux d'efficacité d'élimination des bactéries / virus de plus de 99,9%, garantissant que l'alimentation en air entrant dans la cabine n'est pas une voie d'introduction de microbes.

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La dynamique des fluides computationnelle (CFD) :

Les différentes études menées chez les avionneurs en ce qui concerne la dynamique des fluides computationnelle (CFD) a permis grâce à des simulations de comprendre comment les gouttelettes résultant d'une toux se déplacent dans le flux d'air d’une cabine. La simulation a calculé des paramètres tels que la vitesse de l'air, la direction et la température à 50 millions de points dans la cabine, jusqu'à 1’000 fois par seconde. Ces chiffres obtenus, les chercheurs ont modéliser un environnement non aéronautique, plusieurs individus gardant une distance de six pieds (1,8 mètre) entre eux. Le résultat était que l'exposition potentielle était plus faible lorsqu'on était assis côte à côte dans un avion que lorsqu'on restait à six pieds l'un de l'autre dans un environnement comme un bureau, une salle de classe ou une épicerie.

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Un autre modèle de tests a permis de suivre comment la façon dont les particules d’une toux et de la respiration se déplaçaient dans la cabine de l'avion. Divers scénarios ont été étudiés, y compris le passager qui tousse avec et sans masque, le passager qui tousse situé dans divers sièges, y compris le siège du milieu, et différentes variations des bouches d'aération individuelles des passagers. Cette modélisation a déterminé le nombre de particules de toux qui sont entrées dans l’espace respiratoire des autres passagers. De la même manière une comparaison a été faite avec un scénario similaire dans d'autres environnements, comme une salle de conférence de bureau. Sur la base du nombre de particules en suspension, les passagers assis les uns à côté des autres dans un avion équivaut à se tenir à plus deux mètres l'un de l'autre dans un environnement d’un bâtiment.

Combinaison des mesures :

Si, ces résultats sont particulièrement encourageant, il faut néanmoins continuer à les associés aux autres mesures prisent pour assurer des vols les plus sécuritaires possible. La désinfection des aéronefs avec de nouveaux moyens, les mesures prises en amont des vols dans les aéroports sont autant de barrières qui contribuent à une relance progressive de l’aviation commerciale. A l’avenir, des détecteurs de virus couplés à bord des avions viendront compléter les dispositifs existants.

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 *CFD :  dynamique des fluides computationnelle = la mécanique des fluides qui utilise l'analyse numérique et les structures de données pour analyser et résoudre des problèmes impliquant des écoulements de fluides.

Sources : IATA, OACI, Airbus, Boeing, Embraer, Journal of Travel Medicine.

Liens sur les autres articles liés au COVID-19 et l'aviation :

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/09/26/boeing-va...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/05/07/un-robot-...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/06/02/les-ligne...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/03/14/covid-19-...

25/09/2020

Assemblage du dernier A380 !

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Alors que la plupart des transporteurs ne remettront pas l’A380 en service ou seulement partiellement, à Toulouse le dernier « Super Jumbo » arrive à la fin de son assemblage. Ce tout dernier A380 rejoindra au printemps prochain la compagnie Emirates, à moins que celle-ci ne retarde sa livraison faute de passagers.

Ce dernier A380 n°MSN 272, le 123 ème destiné à Emirates a quitté le poste 40 de la ligne d'assemblage du d’Airbus. L’avion doit encore recevoir ses systèmes électriques et hydrauliques ainsi que les ordinateurs de bord, les parties mobiles comme les becs et volets et l'installation des quatre moteurs. S’en suivra la série de tests au sol avant de réaliser son premier vol puis partir pour Hambourg, en Allemagne, où la cabine passagers sera aménagée et où son fuselage recevra ses couleurs.

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La fin d’un rêve :

La fin du rêve A380 est proche, l’avion aura cumulé 251 commandes et transporté plus de 300 millions de passagers dans le monde via quinze compagnies aériennes. Certes, il restera encore des exemplaires en activité, mais celle-ci sera directement liée à la longueur de la crise du COVID-19. Emirates qui est de loin le premier client de l'A380, serait décidé à ne remettre en service que la moitié de ses « Super Jumbo », enfin si la crise ne dure pas trop longtemps.

Pour autant l’A380 vieux de ses 12 ans, continuera de faire rêver, sa taille, son élégance vont continuer à faire lever les yeux au ciel. La cabine spacieuse et silencieuse, le roulement doux et le plus confortable ont fait de l’A380, le favori des passagers, entraînant des facteurs de charge plus élevés partout où il vole. L'A380 est le plus gros avion du monde, avec deux ponts complets, offrant des sièges plus larges, des allées larges et plus d'espace au sol.

Le pari raté d’Airbus : 

Pour l’avionneur européen, l’A380 devait être le flambeau de la réussite de la société. L’avionneur rêvait de reproduire le succès du B747 de Boeing et de la dépasser. Mais, le peu d’intérêt pour l’A380 trouve sa justification par le fait que la situation du trafic aérien n’est pas la même que lors du lancement du B747 de Boeing. Difficile à remplir pour les compagnies aériennes, problèmes d’infrastructures pour de nombreux aéroports pour son accueil, des problèmes de fiabilité l’A380 n’a pas séduit. Pour autant cet avion est exceptionnel en matière d’ingénierie. Et quelle facilité de pilotage ! J’ai eu l’occasion de m’essayer aux commandes de l’avion en simulateur, facile doux et souple, l’avion est une merveille !

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Photos : 1 A380 Emirates @ Mathis Cabuy 2 & 3 le dernier A80 @ Sam Chui

 

25/07/2020

COVID-19 : Les filtres sont-ils efficaces à bord des avions ?

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Suite à diverses questions posées, en ce qui concerne les filtres et la qualité de l’air dans les avions face à la problématique du COVID-19, voici quelques réponses.

L’air à bord est-elle suffisamment filtrée ?

Le système d’aération des avions assure une grande pureté de l’air à l’intérieur des avions avec un taux de 99 % de pureté. Mais qu’en est-il avec le COVID-19 ? Trois mesures sont en vigueur avec la reprise timide du trafic aérien :

 

  • Le port du masque obligatoire à bord.
  • La désinfection systématique des cabines et durable.
  • Le changement fréquent des filtres EPA à bords.

Dans un avion l’air y est renouvelé toutes les 3 minutes et est nettoyé avec les mêmes filtres (équivalent aux masques FFP2 et FFP3, capables d’absorber les virus et les bactéries) HEPA que dans un bloc opératoire avec une efficacité de 99,97% contre les virus.

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Reste que la situation actuelle de pandémie ne va pas se stopper du jour au lendemain. De plus, selon l’avis des experts en épidémiologies le risque de la multiplication à l’avenir de ce type de phénomène est bien réel. Les avionneurs travaillent maintenant à des changements de design pour les avions dans les années à venir, car l’enjeu sanitaire est devenu une priorité.

Articles précédents sur le sujet de la désinfection :

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/05/07/un-robot-pour-tuer-bacteries-et-virus-a-bord-des-avions%C2%A0-869179.html

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/03/14/covid-19-des-mesures-pour-desinfecter-les-avions%C2%A0-868795.html