19/09/2021

Les ATR bientôt certifiés pour le biocarburant !

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Il est urgent d’agir pour améliorer l’emprunte climatique de l’aviation, à ce sujet, l’avionneur ATR en collaboration avec la compagnie Braathens Regional Airlines (BRA) et la société Neste travaillent à la certification de biocarburant d'aviation 100 % (Sustainable Aviation Fuel) (SAF)) destiné aux appareils de type ATR.

La société finlandaise de carburant Neste va fournir du afin d'effectuer un vol d'essai avec un turbopropulseur ATR de la compagnie BRA brûlant 100 % de SAF dans un moteur et 50 % de SAF dans l'autre au début de l'année prochaine. Cette initiative a été lancée par le transporteur en vue de réduire de moitié l'utilisation de combustibles fossiles d'ici 2025 et d'être complètement sans énergie fossile d'ici 2030, et de « devenir la première compagnie aérienne au monde à zéro net 10 ans avant toute autre compagnie aérienne », a déclaré le président de la BRA, Per Braathen.

Per Braathen admet volontiers que le biocarburant coût aujourd’hui plus cher que le traditionnel kérosène d’origine fossile. Cependant, il a affirmé que lui et sa clientèle étaient prêts à payer le prix le plus élevé.

La coopération entre ATR, BRA et Neste fait suite à l'entreprise Perfect Flight en 2019 dans laquelle chaque aspect d'un vol BRA ATR72-600 avec 72 passagers a été optimisé, y compris l'utilisation d'un mélange de 50 %  de carburant conventionnel et 50 % de SAF, la quantité maximale autorisée par la réglementation en vigueur. La démonstration a conduit à une économie de 46% des émissions de CO2 par rapport à un vol standard BRA.

Neste : la course à la décarbonisation

Le raffineur finlandais Neste se veut le pionnier de la décarbonisation de l’aviation. L’objectif et de devenir le N°1 sur le marché des SAF. Le principal obstacle réside dans les coûts qui sont de l’ordre de 3 à 5 fois plus élevés  que le kérosène fossile. Ce surcoût par rapport aux énergies fossiles perdurer jusqu’en 2050, le temps que les technologies évoluent. Mais d’après d’autres estimations fournies par Neste, l’impact des SAF sur le prix du billet d’avion ne serait en moyenne que de 10% supplémentaires par passager sur un vol Helsinki-Singapour, par exemple, donc parfaitement acceptable pour le passager et ceci en y ajoutant le fait que les avions seront encore plus économes en carburant dans durant les prochaines années.

Photo : ATR 72-600 de BRA @ BRA

22/07/2021

Surf Air Mobility se lance dans l’avion hybride ! 

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Textron Avaition a reçu une commande de Surf Air Mobility pour 100 Cessna Grand Caravan EX hybride et une option pour 50 de plus. La commande, qui est soumise à l'obtention d'un financement par Surf Air Mobility, fait partie d'une relation exclusive entre les deux sociétés soutenant le développement par Surf Air Mobility d'avions électrifiés Cessna Grand Caravan.

Les premières livraisons par Textron Aviation de l'avion Cessna Grand Caravan EX à Surf Air Mobility, une société accélérant l'adoption du transport aérien régional électrique, devraient commencer au deuxième trimestre de 2022. Surf Air prévoit que son système électrique hybride pour le Grand Caravan, dès la certification propulsera une variante à 9 places de l'emblématique turbopropulseur monomoteur.

« La technologie de propulsion électrique hybride, déployée à grande échelle pour des avantages environnementaux et commerciaux, est une partie importante de l'avenir du voyage », a déclaré Ron Draper, président et chef de la direction de Textron Aviation. "Cette relation avec Surf Air Mobility tire parti des capacités de performance uniques du Cessna Grand Caravan dans les opérations de passagers et de fret et continue de démontrer l'adaptabilité de l'avion pour des missions et des configurations innovantes."

L'avion hybride électrique Cessna Grand Caravan devrait être utilisé par Surf Air Mobility sur son propre réseau, reliant davantage d'aéroports avec un service direct court-courrier à travers les États-Unis dans le but de créer une plate-forme régionale de transport en commun pour connecter durablement les communautés. 

« C'est l'occasion de présenter l'expertise et les technologies combinées de Textron Aviation et de Surf Air Mobility », a déclaré Rob Scholl, vice-président senior de Textron eAviation. « Les capacités et la polyvalence exceptionnelles du Grand Caravan en font un avion idéal pour tirer parti de cette nouvelle technologie. »

L’électrique hybride, une réalité, un avenir

Pour Surf Air Mobility, il s’agit de réduire les coûts et les émissions jusqu'à 25 % tout en permettant de continuer à voyager en avion. Avec des démonstrations en vol et des tests déjà en cours, la technologie de groupe motopropulseur électrique hybride d'Ampaire nous rapproche du prochain grand changement dans le transport aérien. L'électrification a le potentiel de libérer un nouveau marché de la mobilité d'opportunités jamais saisies auparavant. L'Union Bank of Switzerland  (UBS) estime que l'opportunité de marché mondial pour les avions électriques hybrides devrait atteindre 178 milliards de dollars d'ici 2040. Surf Air Mobility construit l'écosystème nécessaire pour accélérer l'adoption par l'ensemble de l'industrie du vol durable avec sa plate-forme de marché, sa clientèle, et se concentrer sur les routes régionales. Les avions électriques hybrides, qui peuvent réduire les coûts d'exploitation directs, sont en bonne voie pour rendre les voyages aériens plus abordables et plus accessibles pour un éventail encore plus large de voyageurs et de destinations. Surf Air Mobility et Ampaire ont l'intention de poursuivre les avancées vers des avions entièrement électriques, dans le but de réduire considérablement les émissions directes de carbone. Selon le Forum économique mondial, la transition vers les avions électriques pourrait également réduire les coûts de carburant jusqu'à 90 %, ainsi que les dépenses de maintenance et le bruit.

Photo : Grand Caravan EX hybride @ Textron

17/07/2021

Pratt & Whitney Canada se lance dans la motorisation hybride !

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Le motoriste canadien Pratt & Whitney a annoncé cette fin de semaine une initiative forte en vue du développement d’un programme de motorisation hybride. De son côté le gouvernement du Canada apportera un important soutien à ce projet.

Projet P804

C’est en 2019 que le motoriste Pratt & Whitney en collaboration avec Collins Aerospace ont confirmé le développement d’une propulsion hybride électrique. Il s’agit de lié deux technologies où les sources d’énergie indépendantes l’une de l’autre peuvent être utilisées en même temps ou individuellement. Le projet 804 est sous la direction de M. Jean Thomassin qui est le directeur. Il va superviser les efforts de construction et de mise au point du démonstrateur hybride électrique de Pratt & Whitney.

Le projet P804 a pour but premier de faire la validation du concept de propulsion hybride avec une installation en parallèle, c’est-à-dire que les deux moteurs et les deux types d’énergies peuvent être utilisés en même temps pour faire tourner une seule hélice. L’avion de démonstration sera un DASH8-100 est sera équipé d’un moteur PW121 de série d’un côté. De l’autre côté il sera équipé d’un système de propulsion hybride d’une puissance de 2 mégawatts composé d’un moteur électrique et d’une turbine à gaz optimisée pour le vol en croisière, chaque moteur fournissant 1 mégawatt.

Le projet P804 doit également démontrer que cette technologie peut être installée sur des avions existants. Après la phase de validation, il sera alors possible de débuter la mise au point d’un premier système pour un modèle d’avion en particulier. Puis viendra le temps ou les avionneurs pourront développer de nouveaux appareils autour de cette technologie.

Généraliser et investir dans cette technologie

Selon M. Thomassin, cette technologie pourra être utilisée sur plusieurs catégories d’avions allant des plus petits appareils de l’aviation générale jusqu’aux jet régionaux. La propulsion hybride en parallèle permet de fournir un surplus de puissance durant le décollage et la montée jusqu’à l’altitude de croisière puis le moteur électrique cesse de fonctionner. Pour que ce système soit pleinement efficace, il est important d’avoir juste assez d’accumulateurs servant au décollage et à la montée. Avoir un surplus d’accumulateurs entrainerait un surpoids inutile qui ferait diminuer les économies de carburant.

Pour rendre pérenne cette technologie, le gouvernement du Canada va investir jusqu'à 693 millions de dollars pour soutenir ce projet novateur de l’industrie aérospatiale canadienne. De leurs côtés, Bell Textron Canada, CAE Électronique et Pratt & Whitney Canada, ont annoncé plus de 2 milliards de dollars d'investissements privés et publics pour relancer l'industrie aéronautique canadienne durement secouée depuis 16 mois par la pandémie de COVID-19. La région de Québec sera directement impactée par ces investissements et pourrait bien devenir le nœud central du projet. L'ensemble de ces projets devrait permettre la création de 1’000 nouveaux emplois au Québec dans le secteur aérospatial en plus d'offrir des stages de perfectionnement à plus de 6’200 étudiants. 

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Photos : 1 DASH 8-100 2 Moteur PW @ Pratt & Whitney

14/07/2021

SWISS se met au carburant durable !

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Le transporteur SWISS est devenu la première compagnie aérienne régulière à voler avec du carburant durable au départ de la Suisse. Pour ce faire la compagnie a ouvert des partenariats avec plusieurs entreprises afin de mettre en place une toute première chaîne logistique intégrée pour l'importation de carburant durable d'aviation (SAF) en Suisse.

Compte tenu de la haute technologie de ses avions, tels que ceux de la famille Airbus A320neo, la quantité de SAF livrée permet mathématiquement à SWISS d'effectuer près de 175 vols. Les passagers de SWISS peuvent promouvoir l'utilisation de SAF par l'intermédiaire de Compensaid et ainsi voyager de manière responsable. Un accroissement de la production permettrait potentiellement une réduction durable des émissions de CO2.


En collaboration avec Neste, l'un des plus grands producteurs de carburant durable au monde (Sustainable Aviation Fuel – SAF), SWISS a mis en place une toute première chaîne logistique intégrée pour l'importation de carburant durable (SAF) en Suisse. Elle est ainsi la première compagnie aérienne à utiliser ce type de carburant sur ses vols réguliers en partance de la Suisse. L'importation de carburants d'aviation à teneur biogène et leur avitaillement en Suisse sont possibles depuis le 1er juillet 2021 grâce à une nouvelle réglementation douanière.
Dieter Vranckx, CEO de SWISS : « Nous sommes très heureux d'avoir pu prendre livraison du premier train de SAF en auto-approvisionnement en Suisse, peu après l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. SWISS et le groupe Lufthansa plaident depuis des années en faveur de l'importation de carburants durables. En regard des technologies de propulsion aujourd'hui disponibles dans le transport aérien, les SAF constituent à moyen et long terme une technologie- clé pour atteindre nos objectifs 2030. Nous exprimons nos plus vifs remerciements à toutes les personnes qui se sont impliquées dans la mise en place du nouveau processus en déployant leurs efforts pour trouver une solution – en particulier la Direction générale des douanes, Flughafen Zürich AG, Avenergy et Neste. »
A l’aéroport de Zurich l’approvisionnement s'effectue par les oléoréseaux habituels. Le mélange de Neste est certifié Jet A-1 et, comme le kérosène fossile, peut être utilisé pour tous les types d'avions sans qu'il soit nécessaire de modifier les appareils ou les moteurs. Le SAF de Neste est produit à partir de déchets et de matières premières résiduelles provenant de sources durables et renouvelables. Sous sa forme pure et tout au long de son cycle de vie, son utilisation peut réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de max. 80 % par rapport aux combustibles fossiles. La production a été certifiée durable par l'organisation indépendante Roundtable on Sustainable Biomaterials (RSB) en avril de cette année. Neste dispose d'une longue expérience de la production de biocarburants et collabore efficacement avec le groupe Lufthansa depuis de nombreuses années.
 

Le SAF, une technologie-clé pour des vols neutres en CO2

Le SAF a un rôle exceptionnel à jouer dans la décarbonisation du transport aérien. SWISS considère donc qu'il est essentiel d'en promouvoir la commercialisation et la mise sur le marché, d'une manière coordonnée au niveau international. Par cette première importation en Suisse et les efforts qu'elle déploie pour mettre en place une logistique SAF, SWISS souligne son intention de promouvoir le lancement du SAF sur le marché.
« Nous nous sommes fixé des objectifs climatiques ambitieux : une réduction de 50 % de nos émissions nettes de CO2 d'ici 2030, par rapport au niveau atteint en 2019, et des émissions nettes nulles d'ici 2050. En investissant des milliards de francs dans une flotte de haute technologie, en promouvant le SAF par le biais de collaborations ainsi qu'en adaptant nos produits et nos processus métier, nous apportons notre contribution à un avenir plus durable pour les voyages », poursuit Dieter Vranckx.

En Suisse des recherches, mais pas encore de production

Notre pays ne produit pas encore de biocarburant, mais de nombreux chercheurs travaillent à la mise en points de techniques révolutionnaires afin de rendre l’avion plus respectueuse du climat. La demande se fait sentir de la part des compagnies aériennes mais également des Forces aériennes. Si les avions électriques et à l’hydrogènes offrent de bonnes perspectives, leurs développements prendra du temps. Pour l’instant les biocarburants restent chers et ne sont utilisés et mélangés qu'en quantités limitées par certaines compagnies aériennes. Mais l'Association internationale du transport aérien (IATA), l'organisation qui chapeaute l'industrie aérienne, souhaite augmenter massivement l'utilisation des SAF d'ici 2025. Ce plan nécessite un engagement accru des compagnies aériennes, de l'industrie, des gouvernements et des scientifiques. Cela pour produire des carburants durables plus nombreux et moins chers. Dans notes pays plusieurs initiatives sont engagées comme celle de

l'Institut Paul Scherrer (PSI) et le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa), qui ont lancé un programme de recherche conjoint de 6,2 millions de francs suisses. Le programme Synfuels doit permettre d’identifier les meilleurs moyens de produire du biocarburant pour l’aviation.

On relèvera également l’initiative du groupe Lufthansa auquel appartient SWISS qui a conclu un partenariat avec Synhelion, une start-up suisse issue de l'EPFZ, qui utilise une technique permettant de produire des carburants neutres en carbone à partir de la lumière du soleil et de l'air.

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Photos : 1 Vol avec du biocarburant 2 des moteurs plus respectueux @ SWISS

 

 

 

 

14/06/2021

Airbus prépare les réservoirs de l’avion à hydrogène !

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Airbus a décidé de concentrer ses efforts en matière de réservoirs métalliques à hydrogène en créant deux Centres de Développement Zéro-Emission (ZEDC) complémentaires, sur ses sites de Brême (Allemagne) et de Nantes (France). L'objectif des ZEDC est de fabriquer des réservoirs cryogéniques à des coûts compétitifs afin de réussir le lancement de l’avion ZEROe sur le marché et d'accélérer le développement des technologies de propulsion à l'hydrogène. La conception et l'intégration des réservoirs sont cruciales pour les performances d'un futur avion à hydrogène. 

Les développements technologiques couvriront l'ensemble du produit et des équipements industriels, des pièces élémentaires à l'assemblage, en passant par l'intégration des systèmes et les essais cryogéniques sur les réservoirs d'hydrogène liquide (LH2). Les deux ZEDC seront pleinement opérationnels d'ici 2023 pour construire ses réservoirs LH2, le premier essai en vol étant prévu pour 2025.

Airbus a choisi le site de Brême en raison de sa configuration diversifiée et de ses décennies d'expérience en matière de LH2 au sein de Defence and Space et d'ArianeGroup. Le ZEDC de Brême se concentrera dans un premier temps sur l'installation système ainsi que sur l'ensemble des tests cryogéniques des réservoirs. En outre, ce ZEDC bénéficiera de l'écosystème plus large de la recherche sur l'hydrogène, tel que le Centre pour les Matériaux et les Technologies Éco-efficaces (ECOMAT), et d'autres synergies provenant des activités spatiales et aérospatiales.

Le site d’Airbus à Nantes a été sélectionné en raison de ses compétences approfondies en matière d’intégration de structures métalliques liées au caisson central de voilure, ce dernier servant parfois de réservoir central, critique pour la sécurité des avions commerciaux. Le site de Nantes apportera sa maîtrise dans un large éventail de technologies métalliques et composites et d’intégration. Son expérience en co-design sur les entrées d'air de nacelles, les radômes et les ensembles structuraux complexes du fuselage central est un réel atout. Le ZEDC bénéficiera des compétences et des infrastructures du Technocentre de Nantes, soutenu par un écosystème local innovant tel que l'IRT Jules Verne.

Conformément aux ambitions des régions d'Allemagne du Nord et des Pays de Loire, Airbus encourage la collaboration industrielle pour soutenir la transition globale vers les technologies de propulsion à l'hydrogène, ainsi que les filières associées dans les régions.

Le réservoir est un composant critique pour la sécurité. Une ingénierie système spécifique est nécessaire. L’hydrogène est plus complexe à utiliser que le kérosène car il doit être stocké à -250 °C pour se liquéfier. La liquéfaction est nécessaire pour augmenter la densité. Pour l'aviation commerciale, le défi consiste à développer un composant capable de résister aux cycles thermiques et de pression répétés qu'exige une application aéronautique.

Dans un premier temps, les réservoirs à hydrogène destinés à l’aviation commerciale seront métalliques. Une évolution vers des structures composites carbone est envisageable à plus long terme. 

Photo : Futurs avions à hydrogènes @ Airbus