08/09/2020

Des A330 MRTT supplémentaires pour l’Armée de l’air !

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Le ministère des Forces armées a annoncé la commande de 237 millions de dollars fin août, portant sur trois avions ravitailleurs Airbus A330 MRTT « Phénix ». Ce programme fait partie d’un soutien de l’industrie aérospatiale du pays. En effet, il s’agit d’une commande anticipée concrète et immédiate du soutien du ministère des Armées au secteur industriel aéronautique.

 Un total de trois A330 seront convertis en avions militaires MRTT (Multi-Rôle Tanker Transport) « Phénix ». Ces appareils viendront compléter le parc de 12 A330 MRTT attendus d’ici à 2023. L’Armée de l’air Française disposera alors d’une flotte de 15 appareils. Ces nouveaux appareils remplaceront deux A340 et 2 A310 encore en service.

L’A330 MRTT « Phénix » : 

Nommé « Phénix » au sein de l’Armée de l’air, l’A330 MRTT est équipé de moteurs Rolls-Royce Trent 700 et d’une combinaison du système de rampe de ravitaillement Airbus (ARBS) et de cosses de ravitaillement sous tuyau orientables. Les « Phénix » peuvent également être reconfigurés pour transporter 271 passagers en tant qu’avion de transport. En version évacuation médicale (MEDEVAC) l'avion est équipé du module « Morphee » de soins intensifs, qui peut transporter 10 patients et 88 passagers. 

L’A330 MRTT d’Airbus Military est le seul avion stratégique de ravitaillement et de transport de nouvelle génération actuellement disponible et opérationnel au monde. L’importante capacité d’emport carburant de base (111 tonnes) de l’avion de ligne A330-200, dont il est dérivé, permet à l’A330 MRTT d’exceller dans les missions de ravitaillement en vol, sans l’adjonction de réservoir supplémentaire. L’A330 MRTT est proposé avec un choix de systèmes de ravitaillement incluant la perche caudale ARBS (Aerial Refuelling Boom System) d’Airbus Military et/ou une paire de nacelles tuyau/panier sous voilure et/ou un système ventral tuyau/panier FRU (Fuselage Refuelling Unit).

Grâce à son large fuselage, l’A330 MRTT peut également servir d’avion de transport capable de transporter 300 soldats ou 45 tonnes de charge utile.

Photo : A330 MRTT Phénix@ Airbus DS

 

 

20/08/2020

L’A400M peut enfin ravitailler les hélicoptères !

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Elle était attendue cette capacité de l’Airbus A400M « Atlas » pour le ravitaillement en vol des hélicoptères. Jusqu’alors, seuls des essais de contact « sec » en vol avaient été réalisés, afin d’évaluer le comportement aérodynamique des appareils et de vérifier la faisabilité des contacts entre la perche de ravitaillement de l’hélicoptère et le panier du tuyau de ravitaillement de l’A400M.

Campagne réussie :

Cette fois, la campagne d’essais, menée du 20 au 31 juillet 2020 avec un A400M d’Airbus et un H225 « Caracal » de l’escadron d’hélicoptères EH 1/67 « Pyrénées » de Cazaux mis à disposition par l’armée de l’Air, avait pour objectif de transférer du carburant entre les deux appareils afin d’évaluer le domaine de vol et les performances de ravitaillement.

Coté Caracal, cette campagne va permettre d’ouvrir la capacité opérationnelle au ravitaillement par A400M en plus de celle par KC130J de l’armée de l’Air. Coté A400M, l’avion est déjà apte à ravitailler des avions de chasse comme le Rafale ou des gros porteurs comme le C-130 ou même un autre A400M. Cette campagne prépare l’ajout de la capacité de ravitaillement des hélicoptères, prévue pour 2021. Elle fait partie des dernières capacités restant à qualifier au titre du standard final de l’avion attendu en 2022.

Le centre d’expertise et d’essais DGA Essais en vol a supervisé la réalisation de ces essais, dans le respect des mesures sanitaires particulières. L’A400M et le Caracal ont été mis en œuvre par des équipage mixtes DGA/Airbus.

Fin d’un calvaire :

Cette réussite signe la fin d’un calvaire pour l’A400M qui a connu une période de turbulences particulièrement difficile. Des voix se sont mêmes élevées chez nos voisins français pour dire qu’il fallait « oublier » la capacité de ravitaillement des hélicoptères en vol. La solution du problème des turbulences causées par les hélices de l’A400M a été trouvée une modification des tuyaux de ravitaillement.  Auparavant, les tuyaux de ravitaillement en vol, ceux qui se trainent derrière les ravitailleurs, mesuraient environ 24 mètres de long. Aujourd'hui, ces mêmes tuyaux ont été allongés et mesurent maintenant environ 37 mètres. Ce qui représente une différent positive de 13 mètres. Avec cet allongement, l'hélicoptère ravitaillé ne se trouve plus sous l'influence des turbulances des hélices. 

Les essais ont été effectués entre 1’000 et 10’000 pieds à une vitesse de vol, très basse de 194 km/h, et ont confirmé les résultats positifs des précédents vols de proximité effectués au début de l'année.

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Photos : Ravitaillement avec un A400M d’un H225M Caracal, un H160 est également testé  @ DGA

 

21/07/2020

L’Indonésie s’intéresse aux Eurofighter autrichiens !

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Petite surprise en ce début de semaine, l’Indonésie a fait part de son intérêt pour l’acquisition de la flotte autrichienne d’avions de combat Airbus DS Eurofighter « Typhoon II », afin de renforcer les capacités de sa force aérienne. Une demande qui pourrait, si elle se concrétise, enlever une épine du pied des autrichiens.

La surprise indonésienne :

Cette étonnante surprise vient directement du ministre indonésien de la Défense, Prabowo Subianto, qui a écrit une lettre à son homologue autrichienne, Klaudia Tanner, cherchant à entamer des négociations en vue d’acheter les 15 Eurofighter appartenant à l’armée de l’air autrichienne.

Dans sa lettre, qui a été publiée par les organes de presse indonésiens, Prabowo a déclaré que l'achat potentiel l'aiderait à atteindre ses objectifs de continuer à moderniser l'armée de l'air indonésienne.

Il a ajouté qu’il comprenait la « sensibilité » de sa proposition, qui était probablement une référence à la controverse persistante entourant l’acquisition du Typhoon par l’Autriche en 2002. Cet achat a été entravé par des questions sur le coût et l'efficacité de l'avion. Plus récemment, il y a eu des allégations de corruption liées à l'attribution initiale du contrat. 

L’Indonésie se tourne vers l’Europe : 

Pourquoi ce soudain intérêt pour les Eurofighter autrichiens ? L’Indonésie souffre d’un manque de dotation en matière d’avions de combat d’une part et de l’autre les appareils actuels vieillissent. Le pays dispose pour l’instant de 23 Lockheed-Martin F-16C/D « Fighting Falcon » remis à neuf. Ce sont tous d'anciens avions exploités par la Garde nationale aérienne américaine et ont été livrés à partir de 2014. D’un point de vue technique, ils commencent à être dépassés et le temps de vie cellule à dépasser la mi-vie.  

En janvier 2018, Jakarta avait annoncé la finalisation de sa commande portant sur 11 avions de combat Sukhoi Su-35 « Flanker-E ». La signature du contrat devrait intervenir d’ici quelques mois. Le contrat est estimé à 1,14 milliard de dollars. Mais c’était sans compter sur les pressions américaines dans le cadre de la loi sur les sanctions (CAATSA) en vertu de laquelle Washington cherche à pénaliser les clients de la défense Russe.  En mars de cette année le pays semblait vouloir faire front face aux Etats-Unis en se dirigeant vers l’avionneur russe. Mais rien n’a été signé à ce jour et Jakarta dans son hésitation semble tenter une nouvelle stratégie en se protégeant de la loi américaine, Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act,(CAATSA).

Avec cette tentative en direction des Eurofighter autrichiens l’Indonésie essaye donc de se libérer des pressions américaines.

Une solution pour l’Autriche ?

La demande indonésienne sonne comme la dernière des options pour Vienne. Le pays ne peut se séparer de ses Eurofighter sans avoir trouvé un repreneur. En effet, dans une déclaration datant de mai dernier, la ministre de la Défense Klaudia Tanner avait signifié qu’un retour des avions chez le constructeur serait un gouffre financier. Un repreneur tel que l’Indonésie serait donc une solution viable.

L’Autriche cherche en effet à se débarrasser de ses 15 Eurofighter T1 pour acquérir un appareil plus performant et en plus grand nombre.

Photos : Eurofighter autrichiens @ Force aérienne autrichienne

 

18/06/2020

Berlin, Feu vert pour le radar AESA des Eurofighter !

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On l’attendait, c’est fait ! Le Bundestag allemand a officiellement validé l’intégration du nouveau radar AESA (Active Electronic Scanning Array) pour l'ensemble de la flotte d’avions de combat  Airbus DS Eurofighter allemand. Il s’agit d’un signal positif pour l'Allemagne en tant que base technologique et pour le succès de l'Europe en matière de coopération dans le secteur de la défense.

Hensoldt responsable du projet :

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La société Hensoldt sera responsable de l'installation du radar AESA CAPTOR-E MK1 sur les Eurofighters de nouvelle construction pour l'armée de l'air allemande (90 selon les prévisions), ainsi que de sa modernisation de l'ensemble de la flotte, dans le cadre d'une mise à niveau dont Airbus sera le maître d'œuvre.

"Avec cette décision, l'Allemagne joue pour la première fois un rôle de pionnier dans le domaine des technologies clés pour l'Eurofighter", a déclaré Thomas Müller, PDG de Hensoldt. "Cela créera des emplois de haute technologie en Allemagne et donnera à la Bundeswehr l'équipement dont elle a besoin pour répondre aux nouvelles menaces. En outre, c'est un signal pour l'Europe que l'Allemagne investit dans une technologie qui est d'une importance cruciale pour la coopération européenne en matière de défense"

Le feuilleton du radar AESA :

Le statut du radar AESA de l’'Eurofighter a été longtemps dans le trouble, par manque de décision politique. Le problème étant lié au fait que le radar AESA CAPTOR-E ne sera pas commandé par les quatre pays partenaires. Le nouveau radar va venir équiper les Eurofighter à l’exportation comme le Qatar, mais n’était pas la priorité de pays membre du consortium Eurofighter. Hors, les choses ont bougé, l’Allemagne et l’Espagne ont ces derniers mois réaffirmés la volonté commune d’aller de l’avant avec le nouveau radar.

L’Angleterre se concentre sur le F-35 tout en préparant sa version du CAPTOR. qui pourrait être rejoint par l’Italie. Ces deux pays ne peuvent pour l’instant investir totalement dans le nouveau radar. Ce désaccord a provoqué une incertitude sur le développement de l’avion et une augmentation des coûts qui l’ont rendu moins attractif à l’exportation.

CAPTOR-E :

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Le radar à balayage électronique CAPTOR-E est le futur capteur principal de l'Eurofighter « Typhoon II » et dispose d'une gamme complète de modes air-air et air-surface. Le nez imposant de l'Eurofighter permet l'installation de la matrice optimisée et repositionnable du CAPTOR-E dont le champ de vision est environ 50% plus large que les systèmes traditionnels à plaques fixes. Ce large champ de vision offre des avantages significatifs dans les engagements air-air et air-surface et, compte tenu de la grande puissance et de l'ouverture disponibles, offre au pilote une couverture angulaire nettement améliorée par rapport aux systèmes à plaques fixes.

Le CAPTOR-E fournit les fonctionnalités clés suivantes :

  • Radar de surveillance etde guidage  multimode air / air et air / sol avec repositionneur WFoR
  • Portée air-air accrue - Détection et suivi plus rapides des cibles
  • Amélioration des performances de suivi
  • Entrelacé « simultané » Air / Air & Air / Ground
  • Guidage étendu des missiles - Disponibilité opérationnelle accrue
  • Coûts de cycle de vie réduits - Potentiel de croissance pour de futures améliorations

Pour autant, les tergiversations des pays engagés au sein de l'Eurofighter débouchent maintenant sur trois versions du radar CAPTOR-E : 

  • Le CAPTOR-E Mk0 soit la version de base de Leonardo destinée au Qatar et au Koweit. 
  • Le CAPTOR-E MK1 dont l'interface est développée par Hebsoldt pour l'Allemagne et l'Espagne. 
  • Le CAPTOR-E en développement par la filliale de Leonardo en Angleterre pour la RAF.

Si nombre d'éléments sont communs, les différences pourraient compliquer le choix des clients potentiels. 

 

Photos : 1 Eurofighter Allemands@ Luftwaffe 2 Radar AESA CAPTOR-E sur un Eurofighter @ Airbus DS

 

 

28/05/2020

L’A400M certifié vol automatique à basse altitude et largage latéral !

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L’A400M progresse avec sa certification pour le vol automatique à basse altitude et le largage de parachutistes par les portes latérales.

Vol tactique à basse altitude :

Une campagne d'essais a eu lieu dans les Pyrénées et le centre de la France courant avril, en vue de la certification des vols jusqu'à 500 pieds, ainsi que des transitions du vol à basse altitude vers d'autres opérations.  La certification couvre les opérations dans des conditions météorologiques de vol à vue, où l'équipage a une visibilité. Une deuxième phase dans des conditions météorologiques de vol aux instruments, sans visibilité, devrait être certifiée au deuxième trimestre 2021.

Cette nouvelle certification doit permettre le vol à basse altitude automatique. Ce mode améliore le masquage du terrain et la capacité de survie de l'A400M, ce qui rend l'avion moins détectable dans les zones hostiles et moins vulnérable aux menaces lors de vols de croisières.  

Largage latéral :

L’autre compétence de l’A400M concerne le largage de parachutistes via les portes latérales.  Dans ce mode d’action, une sangle d’ouverture automatique, reliée à la soute de l’avion, permet de déployer le parachute sous l’effet de la gravité, une fois que le parachutiste a quitté l’avion.

Dans le domaine de l’aérolargage, l’A400M offre des capacités nettement supérieures aux avions de transport tactique de génération plus ancienne. Les prochains incréments permettront d’augmenter l’altitude de largage, le nombre de parachutistes et devraient autoriser, dès l’année prochaine, le largage simultané par les deux portes latérales.

L’A400M « Atlas» :

L’A400M est un avion de transport militaire polyvalent conçu par la division militaire d’Airbus (Airbus Military). Il est pour l'instant commandé à 174 exemplaires par huit pays différents, à savoir l’Allemagne, la France, l’Espagne, la Belgique le Luxembourg, et l’Angleterre, qui ont été rejoints par la suite par la Malaisie et la Turquie qui ont reconnu le potentiel de ce nouvel avion pour leurs propres besoins. La polyvalence est ce qui caractérise le mieux l’A400M, qui est conçu pour offrir des capacités à la fois tactiques et stratégiques. L’appareil peut transporter 37 tonnes de charge utile sur au moins 4700nm (8700 km) de distance. Sa soute est dimensionnée pour accueillir tous les chargements et véhicules répertoriés  dans le cahier des charges européen ESR (Europen Staff Requirement). Cependant, l’A400M ne peut servir pour l’instant que de plateforme de transport aérien, le ravitaillement en vol n’étant hormis celui des avions, pour l’instant pas validé pour les hélicoptères et pose plusieurs problèmes. L’A400M incarne le premier avion de transport militaire lourd véritablement nouveau depuis ces trente dernières années.

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Photos : 1 A400M en vol tactique 2 Largage par les portes latérales @ Airbus DS