02/03/2021

Spirit of Innovation, l’avion électrique de Rolls-Royce !

32.jpg

Le motoriste Rolls-Royce spécialisé dans les moteurs d’avions travaille sur un projet d’avion électrique à haute performances qui répond au joli nom de « Spirit of Innovation ». Ce projet fait partie d'une initiative appelée Accelerating Flight Electrification (ACCEL). La moitié du projet est financé par l'État par l'intermédiaire de l'Institut de technologie aérospatiale (ATI), en partenariat avec le ministère britannique des affaires, de l'énergie et de la stratégie industrielle ainsi qu'Innovate UK.

Pour l’équipe constituée par Rolls-Royce, l’avion électrique « Spirit of Innovation » de type zéro émission doit atteindre des records avec une vitesse cible, de plus de 300 km/h plus tard cette année déjà. Cette initiative en vue d’accélérer le développement d’une aviation plus respectueuse de l’environnement fait partie d’un programme de recherche de type STEM (science, technology, engineering and mathematics in an interdisciplinary and applied approach).

Ce volet du programme national est centré sur le vol, l'électricité, le recyclage et l'énergie durable. De fait, les ressources proviennent d’élèves de 6e année (3 à 11 ans) et différentes personnes de la société civile. Comme ils sont libres, les parents, les soignants, les enseignants, les éducateurs à domicile, les ambassadeurs STEM et les enfants curieux y ont accès. Ces ressources ont été conçues pour utiliser les ressources quotidiennes de la classe et de la maison. A la base, il s’agit de faire intervenir les différentes idées pour finalement concrétiser de nouvelles approchent qui permettent au final de révolutionner un domaine.

En partant de cette approche Rolls-Royce est parvenu à présenter son prototype d’avion électrique dans un temps record. En fin de semaine dernière le « Spirit of Innovation » a terminé les tests de roulage, se rapprochant ainsi de son vol inaugural. L'avion a démontré qu’il était capable de rouler par ses propres moyens le long d'une piste, propulsé par son groupe motopropulseur électrique de 500 chevaux. L'avion devrait prendre son envol pour la première fois au printemps prochain.

Pour atteindre son objectif ambitieux, Rolls-Royce s'est allié à deux sociétés britanniques : YASA, fabricant de moteurs électriques légers et de haute puissance, et Electroflight, une start-up spécialisée dans les groupes motopropulseurs électriques haute performance, y compris les systèmes de stockage d'énergie. Rolls-Royce estime qu'à pleine puissance, la combinaison du groupe motopropulseur électrique de 500 ch (400 kW)et d'un système de batterie avancé propulsera l'avion à plus de 300 mph, établissant un nouveau record mondial de vitesse pour le vol électrique.

12.jpg

Photo : Le Spirit of Innovation @ Rolls-Royce

25/01/2021

Boeing s’engage à livrer des avions volant avec 100% de biocarburant !

w1200.jpg

Boeing se fixe un objectif ambitieux pour faire progresser la durabilité à long terme de l'aviation commerciale, s'engageant à ce que ses avions commerciaux soient capables et certifiés pour voler à 100% avec du carburant durable d'ici 2030. Boeing a déjà effectué avec succès des vols d'essai en remplaçant le carburant fossile par des carburants 100% durables pour relever le défi urgent du changement climatique.

Selon le Air Transport Action Group, le US Department of Energy et plusieurs autres études scientifiques, les carburants d'aviation durables réduisent les émissions de CO 2 jusqu'à 80% au cours du cycle de vie, avec le potentiel d'atteindre 100% à l'avenir. Aujourd'hui, les carburants d'aviation durables sont mélangés directement avec du carburant conventionnel jusqu'à un mélange de 50/50 - le maximum autorisé dans les spécifications actuelles du carburant. Afin de respecter l'engagement de l'aviation de réduire les émissions de carbone de 50% par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2050, les avions doivent pouvoir voler avec des carburants d'aviation 100% durables bien avant 2050.

L'engagement de Boeing est de déterminer les changements nécessaires pour que ses avions commerciaux actuels et futurs volent avec des carburants 100% durables, et de travailler avec les autorités réglementaires et dans l'ensemble du secteur pour augmenter la limite de mélange pour une utilisation accrue.

Boeing a été un pionnier dans la réalisation des carburants d'aviation durables, en s'associant à l'échelle mondiale avec les compagnies aériennes, l'industrie, les gouvernements et les instituts de recherche pour étendre les approvisionnements limités et réduire le coût des carburants. Boeing a travaillé avec des compagnies aériennes, des fabricants de moteurs et d'autres pour effectuer des vols d'essai de biocarburants à partir de 2008 et obtenir l'approbation des carburants durables en 2011. En 2018, le programme d'essais en vol Boeing « ecoDemonstrator » a réalisé le premier vol d'avion commercial au monde utilisant des carburants 100% durables avec un B777 Freighter, en collaboration avec FedEx Express.

Comment produire du biocarburant ?

boeing,ecodemonstrator,biokérosène,éco-aviation,écologie et aviation,climat et aviation,les nouvelles de l'aviation

Le kérosène habituel est obtenu à partir du pétrole brut, les biocombustibles durables pour l’aviation sont obtenus à partir de sources comme les huiles naturelles non alimentaires et les déchets agricoles. La Federal Aviation Administration (FAA) a indiqué que ce carburant est acceptable pour une utilisation dans un aéronef. Un système de normes et de certifications mondiales sur le développement durable reconnaissant les producteurs de biomasse et de biocombustible qui adhèrent à des critères environnementaux et de responsabilité sociale stricts est déjà en vigueur.

Les carburants d'aviation durables peuvent être fabriqués à partir d'une grande variété de matières premières, y compris des plantes non comestibles, des déchets agricoles et forestiers, des déchets ménagers non recyclables, des dégagements gazeux des usines industrielles et d'autres sources. La durabilité des carburants est assurée par des certifications de durabilité solides et crédibles par des organisations tierces telles que la table ronde sur les biomatériaux durables.

Emprunte du cycle des biocarburants :

Les biocombustibles durables pour l’aviation ont un effet positif pour l’environnement en réduisant significativement le volume des émissions de CO2 produites au cours du « cycle de vie » de ce type de carburant par rapport au kérosène conventionnel. Le « cycle de vie » se réfère à toutes les émissions produites au cours de l’ensemble du processus, depuis l’extraction ou la collecte de la matière première jusqu’au raffinage, au transport et à l’utilisation du carburant.

Des actions réalistes :

Les nombreux vols réalisés avec du biocarburant, les certifications déjà obtenues ou en cours avec des moteurs d’avions et les efforts au quotidien de l’industrie de l’aviation sont autant d’actions réalistes et déjà actives. Nous sommes bien loin de certaines prises de positions idéalistes proposées à l’approche de élections fédérales qui n’ont qu’un but « électoraliste ». Mettre des avertissements sur les publicités de certains transporteurs aériens, alors que ceux-là mêmes, sont les acteurs actifs sur le développement d’une aviation toujours plus propre montre l’amateurisme de certain. Les améliorations prennent du temps, mais elles sont le fruit du travail journalier de l’ensemble des actrices et acteurs du secteur de l’aviation.

Demain vous ne choisirez plus votre billet de la même manière :

La révolution aérienne continue, depuis plus de 50 ans. Les économies de carburant ont atteint 70% par sièges et vont passaer sous la barre des 2 litres par siège prochainement. Mais celà ne suffit pas, il faut égqlement un carburant plus propre. Si l'électrisation et l'hydrogène semblent être des solutions à moyen et long termes, il est impératif d'agir maintenant en remplaçant les carburants fossiles par des biocarburants. Si il reste du chemin à faire, les transporteurs travaillent déjà afin d'adapter leurs offres aux futurs passagers. Vous ne choisirez plus votre billet seuelment en fonction du prix ou du service à bord ! Le passager aura bientôt l'occasion de se voir proposer des vols avec du biokérosène et un service à bord offrant des matériaux plus respectueux de l'environnements, finit les plastiques jetables et autres produits ayant une mauvaise empreinte climatique ! Les transporteurs qui offriront rapidement ce genre de produits seront les grands gagnants du transport aérien ces prochaines années. 

18195.jpg

Photos : 1 B777 ecoDemonstrator 2 B787 Etihad Airways ecoDemonstrator @ Boeing

25/08/2020

Deux premières mondiales dans le ciel payernois !

unnamed.jpg

Raphaël Domjan et le team SolarStratos ont réalisé deux premières mondiales ce matin à Payerne. Exclusivement chargé d’énergie solaire, l’avion expérimental a décollé de l’aérodrome broyard à 7h40, avec le pilote d’essai Miguel A. Iturmendi et Raphaël Domjan, initiateur et futur pilote de SolarStratos. 

Au terme d’une brève ascension et après avoir atteint l’altitude de 5000 pieds (1520 mètres), Raphaël Domjan s’est jeté dans le vide, effectuant une chute libre de plusieurs centaines de mètres et atteignant une vitesse de plus de 150 km/h avant de se poser devant la base de l’équipe et un parterre d’invités. 

Deux premières mondiales ont été réalisées lors de ce vol historique : Raphaël Domjan a en effet effectué le premier saut de l’histoire depuis un avion électrique et aussi accompli la première chute libre solaire, sans aucune émission de CO2.  

« Je suis très fier de cet aboutissement », a déclaré l’explorateur et conférencier neuchâtelois. « Notre objectif est de démontrer le potentiel de l’énergie solaire et de la mobilité électrique. C’est un message d’espoir pour les générations futures : demain, ils pourront toujours rêver et réaliser par exemple des activités comme le parachutisme, mais sans émission de gaz à effet de serre et dans un silence absolu. Les avions m’ont toujours fasciné et j’espère que cela continuera à faire rêver les jeunes de demain, grâce à des aéronefs plus respectueux de notre planète et de notre climat. » 

Très impressionné par les récents progrès de SolarStratos, et sensible à l’image véhiculée par le projet SolarStratos, Nicolas Bideau, directeur de Présence Suisse, s'est déclaré très ému. « L'un de mes rôles consiste à trouver des ambassadeurs de la Suisse, qui véhiculent une image positive de notre pays. Historiquement, la Suisse s'est construite grâce à des pionniers qui ont su prendre des risques. Ce projet reflète la puissance des rêves, transformée en projet concret pour notre pays. »

Passionné par l'aventure SolarStratos, Bertrand Piccard est quant à lui « toujours heureux de voir les gens réaliser leurs rêves.  Ce que fait Raphaël est fantastique », déclare-t-il. « Son projet illustre le nouveau cycle qui caractérise désormais l'aviation, qui doit impérativement s'adapter aux énergies renouvelables. »

Le président de la Fédération Aéronautique Internationale, Alphons Hubman, déclare être « toujours à l'affût de nouvelles technologies. Le projet SolarStratos illustre cette nouvelle tendance, avec un esprit pionnier. Ce qu'ils ont accompli est extraordinaire.»

Photo: SolarStratos /P.Merz

14/08/2020

MTU travaille sur la propulsion électrique !

do228_ffc_copy.jpg

MTU Aero Engines s'est associé à DLR German Aerospace Center pour développer et valider conjointement un nouveau système de propulsion à pile à hydrogène qui, selon eux, pourrait éventuellement équiper des avions aussi grands que les avions de ligne de types Airbus A320 et Boeing B737.

L’équipe d'ingénierie combinée équipera un appareil de type Dornier Do228 d'une pile à hydrogène et d'un moteur à hélice électrique de 500 kW d'un côté de l’aile, tandis que l'autre portera le turbopropulseur d'origine Honeywell TPE331 de l'avion. Un Do228 sera utilisé comme démonstrateur de vol. En dehors de l'eau, les piles à combustible n'ont pas d'émissions et sont très efficaces. L'objectif du projet technologique commun est de développer une chaîne cinématique complète adaptée à l'aviation (ligne électrique) et à son refroidissement (ligne de refroidissement). L'électrification du groupe motopropulseur est une technologie de base qui sert à préparer un système de propulsion à pile à combustible volante. Le vol sans émissions est un objectif central de l'aviation civile. Un transport aérien sans émissions pourrait être réalisé à long terme en convertissant l'hydrogène en électricité. Cela permettrait une électrification respectueuse de l'environnement des systèmes de propulsion. Les partenaires visent le vol inaugural du démonstrateur Do228 en 2026.

DLR gère le projet de vol et fournit et exploite l'avion de recherche. Il est également responsable de l'intégration et de la certification du groupe motopropulseur. L'institut de recherche offrira également son expertise dans les domaines des essais en vol et de l'aérodynamique et de l'aéroélasticité des aéronefs. Dans son rôle de partenaire de l'industrie dans le projet commun, DLR apporte donc son expertise système globale. MTU est chargé du développement du groupe motopropulseur complet alimenté par une pile à hydrogène. Tous les processus de travail et d'intégration seront menés conjointement et en étroite coordination. Jusqu'à 80 experts seront impliqués.

MTU Aero Engines est le premier constructeur de moteurs d’avions en Allemagne. La société basée à Munich a une longue expérience dans le développement de turbines basse pression, de compresseurs haute pression et de châssis de centre de turbine pour une variété de turbopropulseurs, turbosoufflantes et turbomoteurs.

close-partnership-between-research-and-industry-1.jpg

Photos : 1 Le Do228 à pile à hydrogène 2 Signature du protocole @ MTU

12/06/2020

La taxe sur les billets d’avion est-elle équitable ?

557113.jpg

Le Parlement suisse a voté en faveur de l'introduction d'une taxe environnementale sur les billets d'avion. Cette première étape doit encore passer la rampe du Conseil des Etats et peut-être que le paquet « environnemental » (qui touche aussi l’essence) devra-t-il passer devant le Peuple ?

De quoi parle-t-on : ?

Le Conseil National a approuvé la proposition par 135 voix contre 65, d'inscrire cette mesure dans la loi sur le CO2. Cette taxe incitative sera perçue sur tous les vols en partance de la Suisse. En seront exemptés les vols de transit, les vols effectués à des fins médicales et ceux destinés à des fins souveraines. Les vols privés seront aussi taxés. Mais contrairement aux sénateurs, le National ne veut pas inclure les avions légers, les vols effectués à des fins de formation ainsi que les vols d'usine et le travail aérien. La nouvelle taxe visant principalement l'aviation d'affaires ne devrait pas s'ajouter à la taxe sur les billets d'avion ni à l'impôt sur les huiles minérales. Elle s'appliquerait aux vols en partance de la Suisse et son montant se situera entre 500 et 5000 francs en fonction de la taille de l'appareil.

La fourchette de prix et de 30 francs suisses à un maximum de 120 francs suisses par billet en fonction de la distance et de la classe de voyage. Selon les Sénateurs, la moitié des recettes iront à un fonds climatique pour des initiatives de réduction des émissions, mais n'a pas encore déterminé comment cela sera utilisé, car les détails du plan sont très controversés.

Que pensez de cette taxe :

Tout le monde a bien compris l’urgence climatique du moment. Pourtant, l’industrie de l’aviation n’est pas un mauvais élève. Depuis 2000, le transport aérien a augmenté de 60%, mais la consommation n’a augmenté que de 10% et ceci grâce au remplacement d’anciens avions par de nouvelles machines plus économe. Imaginez, depuis 50 ans, les nouvelles technologies ont permis de réduire la consommation de 70 %. Les objectifs du secteur de l’aviation sont :

 

  • Réduction de 50% des émissions de CO2 des vols métropolitains d’ici fin 2024.
  • Renouvellement de la flotte pour réduire les émissions.
  • Objectifs de 2% de carburant alternatif durable dès 2025 et 50% dès 2035.

Cette taxe pose plusieurs problèmes :

Tout d’abord, cette taxe crée une distorsion de concurrence car les compagnies aériennes étrangères avec seulement quelques départs de Suisse ne répercuteront pas forcément la taxe. Si l’on prend le cas de SWISS, la flotte de cette dernière est l’une de moderne au monde et donc l’une des moins polluantes. Par conséquent, si un passager suisse choisi un autre transporteur, dont la flotte est moins moderne et plus polluante, soit, il ne payer pas de taxe, soit il payera le même prix qu’un passager à bord d’un avion moins polluant. Le principe du pollueur payeur n’est pas respecté. De fait, cette taxe ne sera pas incitative pour le passager.

Autre problème fondamental, concerne l’usage de l’argent de cette taxe qui doit être encore défini. Si, tout le monde s’accorde pour un usage en direction de projets environnementaux, il serait également important qu’une partie de la taxe puisse servir les projets de la transition énergétique de l’aviation comme : le développement des biocarburants encore trop peu présent, les améliorations en vue de réduire la consommation des moteurs d’avions, le remplacement des produits en plastique non réutilisables à bord.

Ne pas faire n’importe quoi :

Le monde du transport aérien suisse n’est pas forcément contre une telle taxe, mais celle-ci devrait être appliquée au niveau mondial d’une part. La taxe ne devrait pas péjorer les transporteurs ayant renouvelés leur flotte, mais au contraire viser les anciennes flottes. Pour toutes ces raisons, le secteur de l’aviation espère que le monde politique sera avisé de mettre en place une loi, si elle est acceptée, qui soit juste pour tous, et pas un simple nuage de fumée pour satisfaire à tort l’hystérie du moment.

Photo : A320neo de SWISS  tout neuf, l’avion consomme 20% de moins de carburant que l’ancienne version @ SWISS