15/10/2019

Incirlik, nouveau bras de fer USA/Turquie ?

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L’opération militaire turque en Syrie pose de plus en plus la question du maintien de celle-ci au sein de l’Otan. En effet, la position turque est devenue de plus en plus instable au sein de l’Alliance Atlantique. Suite à l’arrêt du programme de vente d’avions F-35 en raison de l’achat de batteries de missiles russes S-400, la tension monte encore entre les deux pays.

Intimidation :

Selon le Pentagone, une frappe d'artillerie turque présumée a atterri vendredi à environ 300 mètres d'un avant-poste de commando américain près de Kobani, en Syrie. Certains soldats et experts en artillerie estiment que la frappe d'artillerie était intentionnelle, car l'armée turque disposait de coordonnées détaillées sur la grille lui indiquant l'emplacement des troupes américaines. Le Washington Post a cité un officier compétent de l'Armée de terre ayant déclaré que des obus d'artillerie avaient été tirés des deux côtés de l'avant-poste, créant ainsi un "effet de bracketing".

En réponse aux tirs d’artillerie turque, Jeffrey Lewis, expert en contrôle des armements, a tweeté: «Sérieusement, il est temps de sortir nos putains d’armes nucléaires de la Turquie ».

Armes nucléaires à Incirlik :

La remarque de J. Lewis n’est pas anodine et met en avant l’inévitable question du maintien d’armes nucléaires sur la base aérienne d’Incirlik en Turquie. On estime le nombre d’armes nucléaires à Incirlik, à environ 50 bombes B61. Le maintien de celles-ci suscite de plus en plus d’inquiétudes. Le New York Times a rapporté lundi que des responsables des départements d'État et de l'Énergie avaient passé en revue les projets d'évacuation des armes nucléaires durant une cession extraordinaire ce week-end.

Rappelons que la présence d’armes nucléaires à Incirlik, bien qu’elle n’ait jamais été confirmée publiquement, ni niée par le gouvernement américain, a longtemps été un secret de polichinelle. Le secret est devenu encore moins secret plus tôt cette année lorsqu'un sénateur canadien a publié, apparemment par accident, un document contenant les bases sur lesquelles les États-Unis détiennent des armes nucléaires.

Pour l’instant rien n’est décidé, le site de l’USAF confirme que face à la montée des tensions avec la Turquie, l'ancienne secrétaire de l'Air Force, Deborah Lee James, n'a ni confirmé ni démenti la présence d'armes nucléaires dans ce pays. Mais hypothétiquement parlant, elle a dit que si les armes nucléaires devaient être retirées de cette base, ce serait une opération compliquée. Cela nécessiterait des négociations avec le pays qui deviendrait le nouvel hôte des armes. Et cela demanderait beaucoup de travail logistique et de sécurité.

L’armée de l’air a déclaré lundi qu’elle n’avait apporté aucun changement aux opérations quotidiennes à la base aérienne d’Incirlik en Turquie, alors même que les forces turques continuaient de pénétrer sur le territoire syrien, ce qui avait incité les forces américaines à se retirer. Il est évident qu’un redéploiement des bombes B61 sur un autre site, si il est ordonné, prendra du temps et ne pourra se faire en quelques jours.

La petite phrase :

Un haut responsable de l’US Air Force a déclaré au Times que les armes «étaient désormais essentiellement des otages du président turc Recep Erdogan», car le retrait de ces armes sonnerait le glas de la fin de l’alliance des États-Unis avec la Turquie, mais leur conservation les rendrait vulnérables. Tout est dit !

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Photos : 1 F-15 E à Incirlik 2 Stock bombes B61 @USAF

10:09 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : incirlik, f-15, b61, usaf, turquie, syrie, blog défense |  Facebook | |

14/10/2019

Argentine, l’IA-58 « Pucara » renaît en « Phoenix » !

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La semaine dernière, la Force Aérienne Argentine (FAA) a dit adieu à ses derniers avions IA-58 « Pucara », lors d’une cérémonie qui a eu lieu à la IIIe brigade aérienne de Reconquista Santa Fe. Les autorités civiles et militaires ont assisté à la cérémonie et se sont félicitées des capacités et du parcours de l'avion au sein de la Force aérienne durant 50 années de service.

La renaissance du « Phoenix » (Fenix) :

Pour autant, l'adieu au IA-58 « Pucara » ne signifie pas la fin de celui-ci, mais la transition vers un nouveau système d'arme impliquant l'adaptation de l'Armée de l'air argentine au nouveau scénario du XXIe siècle, où les efforts sont concentrés sur la défense de l’espace aérien, mais dans un contexte national, régional et international. Pour cela, il a été jugé nécessaire de disposer d’un nouveau système visant à développer les capacités de recherche, de surveillance et de renseignement.

Pour ce faire, l’armée de l’air argentine prépare la transformation d’un nombre non divulgué d’avions d’attaque légers IA-58 « Pucara » en variantes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (Intelligence-Surveillance-Reconnaissance /ISR), en le renommant IA-58 « Phoenix ». Actuellement, 25 IA-58 sont répertoriés en état de vol.

L'armée de l'air argentine prévoit un certain nombre d'améliorations pour maintenir sa flotte d'IA-58 opérationnelle pendant encore 15 à 20 ans et ceci dans son nouveau rôle. La modernisation du « Pucara » en « Phoenix » comprend : le remplacement des deux turbopropulseurs Turbomeca Astazou de fabrication française par des turbopropulseurs Pratt & Whitney PT6A-62. Les hélices à trois pales de l’avion seront remplacées par des hélices à quatre pales du fabricant Hartzell. L'avion bénéficiera de nouveaux équipements ISR, tels qu'un capteur multispectral, un indicateur de cible laser et un radar à ouverture synthétique. De nouveaux équipements de communication seront également installés, notamment un modem de données par satellite.

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Cette modernisation à la fois technique et tactique de l’avion est une résultante des maux dont souffre aujourd’hui la FAA avec un budget austère et toujours limité par l’embargo britannique. Il a donc fallu penser de manière créative et réadapter un ancien guerrier en fonction des besoins actuels.

 

L’IA-58 « Pucara » :

L’appareil, construit par la société publique Fabrica Militar de Aviones, est entré en service en 1975. L’avion d’attaque bi-turbopropulseurs a été piloté pour la première fois en 1969 et 107 exemplaires ont été produits entre 1974 et 1999. C'est en août 1966 que les responsables argentins décidèrent de se lancer dans le développement d'un avion de combat destiné à l'attaque au sol et à l'appui aérien rapproché. Le programme fut tout d'abord désigné AX-02 « Delfin » et devait également déboucher sur une version destinée aux forces aéronavales sous la désignation AX-04. L'avion fut baptisé « Pucara », désignant les murailles de pierres.

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Lorsque la guerre des Malouines, le « Pucara »  était le principal avion d'arme  Argentin, loin devant les Delta « Dagger », Mirage III et A4 « Skyhawk ». Plus de cent exemplaires de l'avion étaient en service. Les 24 « Pucara » de la III Brigada Aérea stationnés sur les Îles Malouines furent principalement utilisés pour des attaques à la bombe et à la roquette contre les positions britanniques de Port Stanley et de Pebble Island. Ils appuyaient également les troupes terrestres.

 

Photos : 1 & 2 Prototype de l’IA-58 « Phoenix » 3 IA-58 « Pucara » @ FAA

 

La guerre commerciale entre les USA et la Chine pèse sur le fret aérien !

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L'Association internationale du transport aérien (IATA) a publié ses données sur les marchés mondiaux de fret aérien montrant que la demande, mesurée en tonnes-kilomètres de fret (FTK), s’est contractée de 3,9% en août 2019, par rapport à la même période en 2018. Ceci marque le dixième mois consécutif de baisse en termes de volumes de fret, soit la plus longue période depuis la crise financière mondiale de 2008.

La capacité de fret, mesuré en tonnes-kilomètres de fret disponible (AFTK), a augmenté de 2% et  dépassé la croissance de la demande pour le 16ème mois consécutif.

Le fret aérien continue à faire face à des vents contraires forts de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi que la faiblesse dans certains des principaux indicateurs économiques et des incertitudes politiques dans le monde entier la hausse. Le volume des échanges mondiaux sont 1% plus bas qu'il y a un an.

Le commerce a été sous-performant, Cela est dû à la sensibilité des économies émergentes en plus des tensions commerciales, la hausse de l'instabilité politique et la dépréciation de la monnaie forte dans certains des principaux marchés émergents.

Les commandes à l'exportation mondiales continuent de baisser. L'indice global des directeurs d'achats (PMI) reste en zone de contraction. Son suivi des nouvelles commandes à l'exportation de fabrication a souligné la baisse des commandes depuis septembre 2018. Et pour le deuxième mois consécutif, toutes les grandes nations commerciales ont déclaré des commandes en baisse.

Performance régionale :

Les compagnies aériennes en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient ont subi une forte baisse de la croissance des volumes totaux de fret aérien en août 2019, alors que l'Amérique du Nord et en Europe ont enregistré des baisses plus modérées. L'Afrique et l'Amérique latine ont enregistré une croissance à la fois de la demande de fret aérien par rapport à août l'année dernière.

Les compagnies aériennes d'Asie-Pacifique ont vu la demande de contrat de fret aérien baisser de 5% en août 2019, par rapport à la même période en 2018. La guerre commerciale sino-américaine ainsi que le ralentissement de l'économie chinoise ont un impact significatif sur cette région. L'arrêt temporaire de Hong Kong International Airport, le plus grand centre de fret dans le monde a ajouté une pression supplémentaire. Avec la région qui représente plus de 35% de FTK au total, cette performance est le principal contributeur aux faibles résultats à l'échelle du secteur.

Les compagnies aériennes nord-américaines ont connu une diminution de la demande de 2,4% en août 2019, par rapport à la même période un an plus tôt. La guerre commerciale sino-américaine et la confiance des entreprises en baisse continuent de peser sur les transporteurs de la région.

Les compagnies aériennes européennes ont enregistré une baisse de 3,3% de la demande de fret en août 2019 par rapport à la même période un an plus tôt. L'affaiblissement des conditions de fabrication pour les exportateurs en Allemagne et l'incertitude persistante sur Brexit, ont un impact sur la performance récente.

Les volumes de fret du Moyen-Orient ont diminué de 6,7%  en août 2019 par rapport à la période de l' année précédente. Ce fut la plus forte baisse de la demande de fret de toutes les régions. L'incertitude économique générale conjuguée à la volatilité des prix du baril entre les marchés qui dépendent du pétrole de la région a ajouté une pression supplémentaire.

 

Compagnies aériennes latino - américaines ont connu une augmentation de la demande de fret en Août 2019 de 0,1% par rapport à la même période l'an dernier et une diminution de la capacité de 2,9%. La faible croissance économique aggravée par la guerre commerciale sino-américaine et l'instabilité politique dans certains pays ont eu un impact sur la performance de la région. La récente volatilité des devises dans les principales économies de la région ont également contribué.

Les transporteurs d'Afrique ont enregistré la plus forte croissance de toutes les régions en août 2019, avec une augmentation de la demande de 8% par rapport à la même période un an plus tôt. Cela confirme la tendance à la hausse en FTK qui a été évidente depuis la mi-2018 et fait de l'Afrique la plus forte performance pour le sixième mois consécutif. Les investissements commerciaux solides et des liens d'investissement avec l'Asie ont soutenu une croissance à deux chiffres des volumes de fret aérien entre les deux régions au cours de l'année écoulée. La Chine a récemment confirmé un investissement supplémentaire de 60 milliards de dollars dans le continent.

 

Photo : B747 Cargolux @ Cargolux

13/10/2019

Helsinki dispose de 11 milliards pour son nouvel avion !

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Le gouvernement finlandais a fixé un plafond de 11 milliards de dollars américains pour l’achat du futur avion de combat a annoncé mercredi le ministère de la Défense. Le plafond financier comprendra le coût d'achat de nouveaux jets, de leurs armes et de divers systèmes au sol.

Le projet vise à remplacer la flotte actuelle de 64 avions de combat F/A-18C/D « Hornet » achetés aux États-Unis au début des années 90. Le ministre finlandais de la Défense, Antti Kaikkonen, a déclaré que le nombre de nouveaux avions à acheter pourrait être supérieur ou égal au niveau actuel et espérait qu’il ne serait pas inférieur.

Les bases du projet :

La Finlande ne veut pas sacrifier sa capacité d’engagement en temps de paix et doit pouvoir compter sur une dotation lui permettant un engagement sur de longs mois en cas de situation tendue au niveau international. Pour ce faire la Force aérienne veut un minimum de 64 nouveaux avions de combat multirôle, soit la même dotation qu’actuellement. Pour la Finlande il n’est pas question de sacrifier sa capacité d’action. L’avion doit pouvoir évoluer en réseau connecté avec les systèmes de défenses au sol et le reste de l’armée. A noter, que la Finlande estime que les coûts à l'heure de vol pourraient atteindre trois fois le montant du prix d'achat sur une période de 30 ans. Cette donnée sera prise en compte pour le choix final.

Les aéronefs en compétition:

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On retrouve une nouvelle fois les grands classiques du moment, avec le Lockheed-Martin F-35 «Lightning II», le Saab JAS-39 Gripen E MS21,  l’Eurofighter «Typhoon II» T3A/B Block20 et le Dassault Rafale F3-R, ainsi que le Boeing F/A-18 E/F « Advanced Super Hornet ». 

Essais techniques :

La Finlande a observé avec intérêt les essais des quatre avions effectués ce printemps dans notre pays à Payerne. Le pays procédera également à des tests techniques qui seront effectués en Finlande cet hiver.  Mais avant cela, le pays enverra des demandes d’offre plus détaillées aux candidats durant l’automne. Les dernières offres seront organisées en 2020. Le gouvernement finlandais fera son choix en 2021.

Le Hornet en Finlande : 

C’est en 1992 que la Finlande décida d’acquérir 64 F/A-18 C/D «Hornet» pour remplacer les bons vieux MiG-21 et Saab J-35 «Draken». A l’époque, les Hornet finlandais ne sont pas complètement équipés, notamment en matière de guerre électronique et d’avionique, ce qui avait permis à l’époque de faire baisser le prix d’achat. Mais dès le début des années 2000, la Finlande décida d’équiper ses « Hornet » des systèmes manquants. Depuis les « Hornet » finlandais ont reçu les missiles air-air à moyenne portée de type AIM-120 AMRAAM avec un système de système de visée plus performant et de doter ceux-ci, du système de guerre électronique AN/ALQ-67.

Le groupe de travail du ministère de la Défense finlandais a recommandé que la flotte de F/A-18C/D puisse entrer en retraite durant la période 2025-2030. A signaler, que la Finlande considère que le coût d'un programme d'extension de vie des « Hornet » est à la fois risqué et prohibitif.

Photos : 1 Hornet finlandais 2 avions en compétitions @ IILN

 

 

12/10/2019

ATR développe une version STOL de son ATR42-600 !

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Le mercredi 9 octobre, lors d’une conférence de presse tenue lors de l’Assemblée générale de l’ERA, le PDG d’ATR, Stefano Bortoli, a annoncé officiellement que la société allait bientôt accueillir un nouveau membre dans sa famille d’aéronefs. Le conseil d'administration d'ATR a approuvé le lancement de l'ATR 42-600S (pour STOL - Décollage et atterrissage courts).

Cette nouvelle version, qui ne remplace pas l’ATR 42-600, offre des capacités de décollage et d’atterrissage sur pistes jusqu’à 800 m, pouvant accueillir jusqu’à 42 passagers. Cela fait de l’ATR 42-600S l’avion le plus performant de ce segment.

Comparé à un ATR 42 standard, le 42-600S aura un gouvernail plus grand pour un contrôle accru de l’avion à une vitesse inférieure. Il sera capable de déployer ses spoilers symétriquement pour améliorer l'efficacité du freinage à l'atterrissage. Il sera en outre équipé d'un système de freinage automatique qui assurera une pleine puissance de freinage dès l'atterrissage afin de garantir que la puissance de freinage maximale soit obtenue immédiatement après l'atterrissage.

L’ajout de l’ATR 42-600S à la famille ouvre la voie à l’avenir de la société. Avec cette nouvelle version, ATR prévoit d’étendre son marché cible de 25%. Près de 500 aéroports à travers le monde ont une piste comprise entre 800 et 1’000 m et pourraient accueillir l’ATR 42-600S. C’est une illustration claire de la volonté de la société d’aider davantage de personnes et de communautés isolées à faire partie d’un monde connecté et durable.

Il y un marché très intéressant pour cette nouvelle version de l’ATR 42. L’avionneur a identifié un potentiel de production de près de 600 avions.

À ce jour, ATR a déjà enregistré 20 engagements d’opérateurs et de bailleurs pour cette variante, dont Elix Aviation Capital (10 avions) et Air Tahiti (deux avions), annoncés cette année lors du Paris Air Show. La certification de l’ATR 42-600S est attendue pour le second semestre 2022, avec la première livraison attendue immédiatement après.

 

Photo : ATR42-600S @ ATR Aircraft