06/11/2020

Berlin commande une première tranche d’Eurofighter Quadriga !

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L’Allemagne avance dans la modernisation de sa Force aérienne. Le pays prévoit d’acquérir une double flotte d’avions de combat pour remplacer les vieux Panavia Tornado d’une part et de remplacer les Eurofighter de première génération de la tranche 1. La première tranche des futurs 93 Eurofighter vient d’être approuvée. Au total, la Luftwaffe pourrait recevoir pas moins de 138 nouveaux avions de combat.

Première tranche d’Eurofighter Quadriga :

La commission du budget du parlement allemand a approuvé jeudi un contrat de 5,4 milliards d'euros pour financer une première tranche de 38 avions Eurofighter à Airbus. L'accord fait partie du plan à long terme du ministère allemand de la Défense visant à acquérir jusqu'à 93 avions Eurofighter ainsi que 30 F/A-18 « Super Hornet » et 15 EA-18 « Growler » de Boeing. Les 38 jets approuvés jeudi sont censés remplacer les plus anciens Eurofighter de la tranche 1 de la flotte allemande qui ne sont que d'une utilisation opérationnelle limitée selon les experts. Les décisions concernant l’achat des jets restants sont attendues après les élections fédérales de l’année prochaine en Allemagne. Les premiers appareils devraient être livrés en 2024.

Rappel :

Le plan, divulgué le 21 avril dernier par la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, satisfait les trois exigences distinctes de la Luftwaffe en matière d'approvisionnement d'avions de combat.

Ces trois exigences comprennent le programme de remplacement Tornado pour 85 nouveaux appareils, le projet « Quadriga » pour 38 nouveaux appareils de type Eurofighter et le programme d'attaque électronique (EA) Luftgestützte Wirkung im Elektromagnetischen Spektrum (luWES)

Avec ce choix, l’Allemagne opte pour un compromis qui va soutien le Consortium « Eurofighter » à travers Airbus DS et sa chaîne d’assemblage en Allemagne. Ce choix permet également à l’Espagne de continuer dans l’achat de la nouvelle version de l’Eurofighter dotée du radar AESA CAPTOR-E. En parallèle, l’avion américain offre avec le choix stratégique de B-61 de permettre à l’Allemagne de garder ses prérogatives au sein de l’Otan. Contrairement à la Belgique qui a les mêmes besoins en ce qui concerne le B-61 l’Allemagne peut ainsi mettre en avant qu’elle ne lâche pas l’Europe avec un noyau d’avions de combat central européens et un avion moins problématique

L’Airbus Eurofighter Quadriga :

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Airbus Defence and Space a étoffé ses propositions de poursuivre le développement de l'Eurofighter « Typhoon II » pour la Luftwaffe avec plus de détails. L’Espagne est également impliquée dans l’effort, qui diverge dans une certaine mesure de la feuille de route pour les Eurofighter britanniques. Pour l'Allemagne, le développement est basé sur deux exigences : le programme Quadriga pour remplacer les typhons de Tranche 1 vieillissants et limités en technologie de la Luftwaffe et un besoin ultérieur de remplacer la flotte de Tornado.

Les Eurofighter tranche 4 « Quadriga » comporteront une suite d'aides défensives améliorées et un radar AESA. Ce standard disposera du radar AESA CAPTOR-E à balayage électronique. L’arrivée du CAPTOR-E permet grâce à son antenne AESA d’effectuer des tâches multiples simultanément. Le nouveau radar conserve les principales caractéristiques de l'architecture du radar CAPTOR-M actuel, mais, il est doté d’une antenne AESA en lieu et place de l’actuelle antenne mécanique.

Le CAPTOR-E fournit les fonctionnalités clés suivantes :

  • Radar de surveillance et de guidage multimode air / air et air / sol avec repositionneur WFoR
  • Portée air-air accrue - Détection et suivi plus rapides des cibles
  • Amélioration des performances de suivi
  • Entrelacé « simultané » Air / Air & Air / Ground
  • Guidage étendu des missiles - Disponibilité opérationnelle accrue
  • Coûts de cycle de vie réduits - Potentiel de croissance pour de futures améliorations

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L’avion disposera également d’une nouvelle architecture en termes d’avionique avec un grand écran multifonctions spécifiquement adapté à la guerre en réseau (Electronic Warfare) produit pas BAe Systems. La puissance électronique sera d’ailleurs démultipliée à cet effet, pour pouvoir travailler en réseau.

En parallèle, le missile à longue portée MBDA Meteor sera en service complet. L'arme est déjà en stock au sein de la Luftwaffe et sera distribuée aux escadrons de première ligne l'année prochaine. Le nouveau SPEAR-EW-3 complétera le missile de croisière miniature activé par le réseau SPEAR, conçu pour engager avec précision des cibles à longue portée, mobiles, fugaces et repositionnable par tous les temps, de jour comme de nuit, en présence de contre-mesures, d'obscurcissant et de camouflages, tout en assurant une distance de sécurité entre l'avion et les défenses anti-aériennes ennemies.

L’Eurofighter proposé à la Finlande et à la Suisse est également au standard Quadriga.

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Photos : 1 Eurofighter d’essais pour la T4 3 Plage d’action du radar AESA @ Leonardo/Hensold 3 Image de synthèse Eurofighter Quadriga @ Airbus DS

 

21/10/2020

Des F-16 Viper et peut-être même des F-35 pour le Maroc !

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Les tensions s’accentuent entre l’Algérie et le Maroc, pour ce dernier il n’est pas question de se laisser distancer par son voisin. En effet, l’Algérie a procédé à fin 2019 à l’achat d’avions de combat Sukhoi Su-34 « Fullback », de Su-35 « Flanker-E » et peut-être même de 14 nouveaux Su-57 E « Felon ».

Rappel des tensions :

Le Maroc réagit aux tensions avec son voisin l'Algérie, qui ont augmenté ces derniers mois, alors que le premier se prépare à son retour à l'Union africaine. L'agenda politique algérien, qui soutient la République démocratique arabe sahraouie (RASD) auto-déclarée, a dominé l'union continentale depuis le retrait du Maroc en 1984. Au cours de ces dernières semaines, l'Algérie a approuvé l'utilisation de drones pour la surveillance de sa frontière occidentale y compris à la frontière avec le Maroc. Selon le Stockholm International Peace Research Institute, l’Algérie a importé pour plus de 10 milliards de dollars d’armement. Le Maroc n’est pas en reste, avec des achats d’équipements pour près de 10,3 milliards de dollars en 2019. Cette course n’est de loin pas terminée.

Avions et hélicoptères au menu du Maroc :

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La forte modernisation de l’aviation militaire algérienne pousse le Maroc à prendre les devants, entre la modernisation de sa flotte de F-16 et la concrétisation actuelle d’un contrat d’achat de 25 F-16 au standard « Viper » Block 70/72 supplémentaires, soit un contrat estimé à 3,78 milliards de dollars et de 36 hélicoptères Boeing AH-64 E BlockIII « Apache ».

Le Maroc a le soutien inconditionnel de Washington. L'objectif ultime du gouvernement américain est de renforcer la coopération en matière de défense et de préparer la nation gouvernée par Mohamed VI comme le pays d'Afrique du Nord le mieux équipé militairement, sachant que l'administration américaine est déjà le plus grand fournisseur d'armes du Maroc.

Washington tient à garantir l'exclusivité des approvisionnements militaires américains au profit des Forces Armées Royales Marocaines, notamment en ce qui concerne les F-16 ainsi que le système sol-air MIM-104 Patriot. Le Maroc fait partie des 22 pays qui vont acquérir des missiles air-air avancés de moyenne portée Raytheon AIM-120 AMRAAM dans le cadre d'un contrat d'une valeur de 768 millions de dollars devant être achevé en février 2023, comme l'a confirmé le ministère américain de la Défense.

Des F-35A pour le Maroc ? 

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Afin de contrer l’arrivée possible du Sukhoi Su-57 E « Felon » chez le voisin algérien, Washington ouvre la porte à l’exportation du Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » au Maroc. Offre faite notamment sous couvert de la reconnaissance de l'État d'Israël par le roi Mohamed VI. Les négociations entre Rabat et Washington ont débuté en juin dernier et pourraient déboucher sur un accord avant la fin de l’année.

Pour autant une vente éventuelle devrait tomber sous la coupelle de la nouvelle loi « Secure F-35 Exports Act de 2020 ». Une loi visant à réaffirmer la surveillance du Congrès sur la vente de systèmes militaires américains sophistiqués et critiques. Cette loi comprend notamment les exigences suivantes :

Exige que le Président évalue et fasse rapport au Congrès, avant toute fourniture d'avions F-35 à des pays qui ne sont pas membres de l'OTAN. Une évaluation complète des risques présentés par une telle vente, exportation ou transfert pour la sécurité des États-Unis, y compris pour l'avantage militaire et technologique critique que ces aéronefs procurent aux forces armées des États-Unis et

une certification, selon laquelle une telle vente, exportation ou transfert ne présente pas un risque significatif de compromettre l'avantage militaire et technologique critique que ces aéronefs procurent aux forces armées des États-Unis. Des assurances solides ont été données que ces aéronefs ne seront pas utilisés dans des activités ou opérations contraires à la sécurité d'Israël ou à la politique étrangère et aux intérêts de sécurité nationale des États-Unis. Des mesures de sécurité technologique suffisantes seront nécessaires pour empêcher l'espionnage contre ces aéronefs et si ces assurances sont violées, les États-Unis auront les moyens de contrer ces violations.

Le F-16 « Viper » Block70/72 marocains : 

Le Département de la défense des États-Unis approuve la vente de 25 Lockeed-Martin F-16 Block70/72 « V » au Maroc. Là pays dispose actuellement de 25 F-16 qu’on seront portés au standard Block70/72.

Selon le Département américain de la Défense, le contrat comprend également le matériel suivant : 29 moteurs F100-220E de Pratt & Whitney.

- 26 ordinateurs de mission modulaires, dont un de rechange.

- 26 systèmes de distribution d’informations multifonctions Link-16-JTRS (MIDS-JTRS) avec terminaux TACAN et ESHI (avec un disque de secours).

- 26 systèmes mondiaux de navigation intégrés (EGI) LN260.

- 40 viseurs de casque. Ces casques seront ainsi généralisés à tous les pilotes marocains des F16. 

- 26 générateurs d’affichage programmables améliorés (iPDG).

- 30 canons M61 Al Vulcan 20mm.

- 50 lanceurs polyvalents LAU-129.

- 40 missiles air-air de moyenne portée évolués AIM-120C-7 (AMRAAM).

- 40 sections de guidage AIM-120C-7.

- 3 kits JDAM GBU-38/54.

- 50 groupes de feuille d’air MXU-650, GBU-49.

- 50 MAU-210 groupes de contrôle informatique amélioré (GCC), GBU-49, -50.

- 36 fusées FMU-139 D/B.

- 6 fusées inertes FMU-139 D/B (D-l).

- 2 GTV GBU-39 (T-l).

- 60 bombes de petit diamètre GBU-39/B (SDB I).

- 10 groupes de commande d’ordinateur MAU-169L/B, GBU-10, -12, -16.

- 10 groupes MXU-650C/B, GBU-12.

- 12 bombes MK82 inertes.

- 4 bombes d'entraînement BLU-109.

- 10 MAU-169 GCC (D-2).

- 26 nacelles Sniper AN/AAQ-33.

Sont également inclus dans ce contrat : 26 systèmes de gestion de la GE AN/ALQ-213, 26 systèmes IFF d’identifications avancées ami/ennemi, une communication sécurisée, équipement de navigation cryptographique de précision, un système de planification de mission conjointe, 26 AN/ALQ-211 AIDEWS, 6 systèmes de reconnaissance avancée DB-110, matériel de communication, équipement de soutien.

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Photos : 1 & 3 F-16 C et D @ FAM 2 F-35A @ USAF

 

09/10/2020

L’A330-900 MTOW supérieure certifié par l’EASA !

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L'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (EASA) a accordé la certification à Airbus pour son A330-900 à masse maximale au décollage plus élevée (MTOW). Le MTOW de 251 tonnes permet une augmentation de la portée de 650nm, soit six tonnes de charge utile supplémentaire par rapport à la version actuelle de 242 tonnes de l'A330-900.

Cette augmentation de l'autonomie répond à l'évolution des besoins du marché, a déclaré Airbus, permettant aux compagnies aériennes de bénéficier de missions pouvant durer jusqu'à 17 heures. La société française Corsair a accepté de devenir la première compagnie aérienne à exploiter la nouvelle variante.

La nouvelle option MTOW fait de l'A330-900 « la solution idéale » pour les liaisons transpacifiques ou Asie-Europe plus longues. Le plus long des deux A330neo, l'A330-900 peut accueillir de 260 à 300 passagers dans une configuration de cabine typique à trois classes.

Tout en conservant 99 % des pièces de rechange communes, Airbus a réussi à atteindre l'augmentation du MTOW obtenue grâce à une combinaison de renforts structurels à poids neutre et d'adaptations de trains d'atterrissage. Les modifications apportées au train avant et au train d’atterrissage principal ont également permis aux ingénieurs d’Airbus de prolonger le délai de révision (TBO) de l’avion, prolongeant ainsi l’intervalle précédent de 10 ans à une nouvelle période de 12 ans.

La campagne d'essais en vol a été courte, avec environ 40 heures d’essais en vol. Cela permet la certification et les premières livraisons d'ici le milieu de l'année. Le plus petit A330-800 certifiera la version 251t l'année prochaine.

Une plus longue portée :

L'avantage d'un MTOW supérieur de neuf tonnes offre une portée plus longue. L’A330-900 possède de grands réservoirs de 139’000 litres, mais il n’est pas possible de les remplir au maximum avec la MTOW d’aujourd’hui de 242 tonnes. Avec les neuf tonnes de carburant supplémentaires, l'A330-900 peut voler à 7’200 nm en volant avec les règles d'Airbus concernant le poids des passagers et les réserves de carburant obligatoire.

L'A330-800, la version plus courte de 250 sièges de l'A330neo, obtiendra la certification MTOW la plus élevée l'année prochaine.

Photo : A330-900 MTOW à 251t @ Airbus

02/10/2020

L’Allemagne stoppe l’acquisition de l'hélicoptère lourd !

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Berlin vient de stopper la procédure d'attribution du futur hélicoptère de transport lourd (STH) de la Bundeswehr. Le projet voyait s’affronter le Sikorsky CH-53k « King Stallion » au Boeing CH-47F « Chinook ». Il s’agissait d’un des programmes les plus importants pour l’Allemagne. Alors, décision provisoire ou définitive ?

Un projet qui était en bonne voie :

A la mi-janvier, Sikorsky et Boeing avaient déposé leurs offres définitives pour le programme allemand de nouveaux hélicoptères de transport lourd, appelé Schwerer Transporthubschrauber (STH). Les entreprises attendent un contrat de la Bundeswehr en 2021 pour 44 à 60 hélicoptères, y compris des services de soutien et de formation. Pour l’Allemagne, il s’agit de venir remplacer la flotte d’hélicoptères lourds de type Sikorsky CH-53G « Stallion » construit sous licence par VFW-Fokker pendant la guerre froide.

Les deux concurrents :

Boeing en partenariat avec Aircraft Philipp, CAE Elektronik, Diehl Defence, Honeywell, Liebherr-Aerospace, Reiser Simulation and Training et Rolls-Royce propose une variante du CH-47F « Chinook », avec une capacité de ravitaillement en vol et souligne l’interopérabilité avec d’autres pays européens, notamment l’Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Sikorsky et ses partenaires Hensoldt, Liebherr-Aerospace, MTU, Rheinmetall et ZF lancent le CH-53K qu’il construit pour l’US Marine Corps et qui est le digne successeur de l’actuel CH-53. 

Le programme de trop :

Cet ambitieux programme était visiblement de trop, l’Allemagne prépare en effet un important achat d’avions de combat portant sur 90 avions de type Airbus Eurofighter et 45 Boeing « Super Hornet » et « Growler ».

Pour le ministère de la Défense allemande une dépense additionnelle pour le renouvellement des hélicoptères lourds était de trop.

Problème de prix :

Vous l’aurez compris, c’est bien une question de budget qui oblige le gouvernement allemand à mettre en veilleuse ce programme. Les considérations sont désormais centrées sur les coûts. La commission du budget du parlement fédéral avait prévu des crédits d'engagement totalisant 5,6 milliards d'euros pour les nouveaux hélicoptères jusqu'en 2031. Ce budget, dit-on, a été largement dépassé dans les offres des deux entreprises américaines.

Pour autant, les besoins sont bien là, et il y a urgence, la réalisation du projet STH reste une priorité très élevée pour la Bundeswehr, car la capacité de transport aérien est d'une importance capitale pour la mobilité et la réactivité des forces armées, ainsi que pour les services d'aide et de soutien.

Il faut trouver une solution :

Pour autant, l’étude des deux appareils va continuer. Le réexamen désormais nécessaire du projet aura un impact sur le calendrier précédent. Une conclusion de contrat en 2021 dans les conditions-cadres actuelles ne peut être réalisée. L'objectif reste de remplacer le modèle CH-53G à temps.

Pour la Ministre de la Défense allemand Annegret Kramp-Karrenbauer, il n'a pas de plan B et un nouvel appel d'offres à lui seul ne résout aucun problème. Il va être intéressant de suivre comment l’Allemagne va gérer ce besoin tout en ménageant ses finances. Se dirige-t-on en direction d’un achat plus restreint ou d’un abandon pur et simple ?

Photo : CH-53K & CH-47

 

 

 

30/09/2020

Premier vol d’un Piper M avec un moteur à l’hydrogène !

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L’information est presque passée inaperçue, pourtant il s’agit là, d’une avancée importante dans le domaine de l’éco-aviation. La société britannique ZeroAvia a réussi le 24 septembre dernier le vol inaugural d’un avion Piper de la série M converti pour fonctionner à l'hydrogène. 

Cette première mondiale s’est déroulée depuis l’aérodrome de Cranwell en Angleterre. Ce vol, qui ne comportait qu'un seul circuit, ne produisait que de la chaleur et de l'eau en tant que sous-produits d'un groupe motopropulseur reliant des piles à hydrogène à un moteur électrique. Au cours du vol de huit minutes, l'avion n'a pas dépassé 100 nœuds.

Pour ZeroAvia, le moteur électrique à hydrogène devrait avoir des coûts d'exploitation inférieurs à ceux des avions traditionnels en raison de la baisse des coûts de carburant et de maintenance. La société prévoit de contrôler la production et l'approvisionnement en hydrogène de ses groupes motopropulseurs. Maintenant la société travaille à l’amélioration des performances du moteur.

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La prochaine et dernière étape du programme de développement est un vol zéro émission de 250 milles au départ d'Orkney avant la fin de cette année. La plage de démonstration prévue équivaut aux routes principales très fréquentées telles que Los Angeles à San Francisco ou Londres à Édimbourg.

Produire l’hydrogène proprement :

Développer un moteur électrique avec une pile à hydrogène est une chose, mais il fallait également produire de manière durable l’hydrogène. Pour ce faire ZeroAvia s’est impliqué dans le développement de l'écosystème de ravitaillement en hydrogène (HARE) à l'aéroport de Cranfield. Pour ce faire la société travail sur une combinaison photovoltaïque et d’éolien, soit une représentation de ce à quoi ressembleront les systèmes aéroportuaires en termes de production d'hydrogène vert, de stockage, de ravitaillement et de vol alimenté par pile à combustible.

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Un énorme marché :

Pour la startup américaine ZeroAvia, le développement d’avion à hydrogène est un fabuleux marché qui va révolutionner le monde de l’aviation et le réconcilier avec la protection du climat. Dans un proche avenir il sera possible de faire voler des avions de tourisme non polluants pouvant transporter jusqu’à 20 passagers.

En direction d’une aviation décarbonisée :

Le Piper M-class modernisé de ZeroAvia est le plus gros avion à hydrogène au monde. La réalisation de ZeroAvia est la première étape vers la réalisation des possibilités de transformation du passage des combustibles fossiles à l’hydrogène zéro émission en tant que principale source d’énergie pour l’aviation commerciale. Finalement et sans aucune nouvelle science fondamentale requise, les avions à hydrogène correspondront aux distances de vol et à la charge utile de l'avion à combustible fossile actuel.

Cette étape majeure sur la voie du vol commercial zéro émission fait partie du projet HyFlyer, un programme de R&D séquentiel soutenu par le gouvernement britannique et fait suite au tout premier vol électrique à batterie à l'échelle commerciale du Royaume-Uni, effectué dans le même avion en juin.  

Photos : 1 Piper M décolle avec son moteur électrique à l’hydrogène 2 Principe du moteur électrique à hydrogène ici sur un bimoteur 3Schéma de production de l’hydrogène @ ZeroAvia