22/03/2021

Le standard F3-R du Rafale pleinement opérationnel !

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Les chefs de l'armée de l'air et de la marine ont annoncé le 17 mars que les deux services avaient officiellement accepté la dernière configuration opérationnelle du Rafale au nouveau standard F3-R.

La nouvelle de cette étape est intervenue 15 mois après la déclaration de capacité opérationnelle initiale (IOC) en décembre 2019 et 20 mois après l'acceptation officielle de du standard F3-R en juillet 2019. La nouvelle norme F3-R pour le Rafale a été développée par Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran dans le cadre d'un contrat signé en janvier 2014.

Une mise à jour importante : 

A l’instar des standards précédents, le nouveau standard F3-R apporte des évolutions logicielles et matérielles majeures.

En particulier, deux nouvelles capacités changent profondément la donne dans le domaine de l’aviation de combat :

- L’association du nouveau missile air-air à très longue portée « Meteor » avec le radar à balayage électronique « RBE2 » à antenne active.

- L’arrivée de la nacelle de désignation de nouvelle génération « Talios » qui améliore considérablement les capacités dans le domaine de la détection, de la reconnaissance et de l’identification de cibles, de jour comme de nuit en vue de frappes air-sol de grande précision. 

En termes de capacité air-sol, le pilote pourra sélectionner le mode d'impact de la bombe guidée laser/GPS AASM. Par ailleurs, le Rafale sera aussi capable de tirer la bombe guidée laser GBU-16 Paveway II, dont le kit de guidage se monte sur un corps de bombe Mk 83. D'un poids de 500 kg, dont la charge explosive est de 200kg, elle est aujourd'hui utilisée par les M2000D uniquement. Son intégration permettra au Rafale de frapper des cibles faiblement durcies et d'une taille petite à moyenne.

Dans le cockpit et de manière moins visible, le Rafale disposera d'un nouvel IFF mode 5/S, le système SPECTRA se renforce avec de meilleures capacités de guerre électronique et le système de communication cryptée OTAN, la Liaison L16, sera amélioré. En outre, le radar RBE2-AESA (antenne active, ou Active Electronically Scanned Array) sera modernisé et le Rafale dispose d'un système AGCAS (Automatic Ground Collision Avoidance System) qui permet de récupérer l'avion en cas d'une perte de contrôle.

On retrouvera aussi le système SAASM (Selective availability anti-spoofing module). Ce dernier permet, entre autres, d'éviter le brouillage électronique du GPS par l'adversaire. Les Rafale Marine disposeront pour le ravitaillement en vol du système « buddy-buddy » qui sera effectué avec la nacelle NARANG (Nacelle de ravitaillement nouvelle génération).

Le nouveau standard F3-R prend également en compte les retours d’expérience opérationnelle, notamment pour l’armement air-sol modulaire (AASM), l’interopérabilité et les exigences réglementaires. La démarche d’amélioration continue du Rafale se poursuit donc en renforçant le caractère omni-rôle de l’avion.

A noter que la prochaine étape du Rafale concerne le standard F4 disponible en 2025. Ce standard permettra notamment de rentre l’avion encore plus efficient en matière de connectivité.

Photo : Rafale @ Armée de l’air

 

 

21/03/2021

KAI Aerospace prépare la présentation du prototype du KF-X !

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L’avionneur coréen KAI Aerospace présentera officiellement le premier prototype du KF-X en avril prochain. L’évènement sera historique pour le pays et l'industrie aérospatiale.

La Corée du Sud travaille sur le projet de développement d’un avion de combat de nouvelle génération depuis la fin de 2015 pour remplacer la flotte vieillissante d'avions McDonnell F-4 « Phantom » et Northrop F-5 de l'armée de l'air. Le KF-X est l'un des projets nationaux les plus importants pour remplacer les chasseurs actuels de l'armée de l'air et pour introduire le chasseur de prochaine génération qui peut satisfaire le concept d'opération du futur du champ de bataille. En outre, KAI travaille sur le développement de l'avionique, ainsi que sur le futur ordinateur de mission et de contrôle de vol. Le projet de développement est estimé à 7,9 milliards de dollars.

Pour une étude plus approfondie et un développement efficace, 16 universités, 11 laboratoires et 553 fournisseurs participent au projet KF-X et 100 ingénieurs de développement supplémentaires ont été embauchés. De son côté le motoriste américain General-Electric a livré les moteurs F414-GE-400K du chasseur KF-X. 

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Le calendrier :

Actuellement les ingénieurs sont occupés à apporter la touche finale à l'assemblage du modèle d'essai. Dans une couleur jaune-vert, le prototype du KF-X semblable à un avion furtif dans la conception sera peint en gris foncé avant son événement de présentation.

KAI Aerospace prévoit d'achever la construction de trois prototypes d'ici la fin de l'année et de conclure en assembler trois autres d'ici le premier semestre de l'année prochaine. Le premier test en vol est prévu pour 2022, l'ensemble du développement devant être achevé d'ici 2026.

Séparément, deux copies supplémentaires seront faites pour des tests au sol afin d'examiner la durabilité du jet et les éventuelles faiblesses de structure.

Tous les jets d'essai ont été conçus légèrement différemment pour effectuer divers tests. Certains sont monoplaces et les autres biplaces.

Une fois le développement terminé, 40 unités seront livrées à l'armée de l'air d'ici 2028 et 80 unités supplémentaires d'ici 2032. 

Priorité à la Corée du Sud :

L’Administration du programme d’acquisition de défense de la Corée du Sud (DAPA) a révélé son intention d’introduire une politique d’achat de matériel de défense qui donne officiellement la priorité à l’approvisionnement local par rapport aux importations.

La DAPA a déclaré que le programme « Buy Korea Defence » (BKD) était conforme aux objectifs de la loi sur le développement de l’industrie de la défense récemment introduite. Les détails du BKD, a-t-il déclaré, ont été présentés lors d'une réunion du 11 mars d'un nouveau conseil du DAPA mis en place pour faire adopter des réformes en vertu de la législation.

La DAPA a déclaré que la politique de BKD exigerait l'évaluation des avantages que les programmes locaux de recherche, de développement (R&D), de production et d'approvisionnement apporteraient à l'économie nationale.

La Corée du Sud a présenté des plans pour donner la priorité à l'acquisition de composants et de systèmes fabriqués localement sur des plates-formes clés telles que l'avion de combat KF-X. Il a ajouté : « Dans le cas des projets qui ne peuvent pas être décidés par des achats à l'étranger, la réglementation sera modifiée afin que les entreprises nationales doivent participer au processus d'appel d'offres».

Le KAI Aerospace KF-X

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Avec une charge utile maximale de 7’700 kilogrammes, le nouvel avion aura 10 nacelles pour missiles air-air et autres armes, capables de voler à 2’200 km/h avec une portée de 2’900 km.

Au départ du programme, le KF-X était classé comme un chasseur de la génération 4++ doté de capacités avioniques et de frappe améliorées. Mais, il va disposer de plusieurs caractéristiques de furtivité et des performances supérieures qui pourraient le rendre comparable avec un avion furtif de cinquième génération.

KAI a hésité à révéler avec précision le type de mécanisme de furtivité dont dispose le jet, mais sa section efficace radar (RCS) soit la principale mesure de furtivité sur les aéronefs militaires, ne mesure que 0,5 mètre carré (5,4 pieds carrés). 

KAI a conçu le fuselage du KFX pour qu’il ressemble à un jet furtif semblable au F-22 de Lockheed Martin. La plupart des capteurs sont situés à l'intérieur de l'avion, tandis que les quatre missiles air-air installés sur le KFX sont à moitié enfouis dans la partie centrale du fuselage. Il reste ainsi de la place dans l'avion pour l'installation d'une soute d'armes interne, élément caractéristique des chasseurs furtifs.

Mais, KAI ne veut pas sacrifier la maniabilité de l’avion, il sera capable d'effectuer des manœuvres serrées pour se comporter comme les meilleurs avions actuels. L’une des grandes difficultés de la Corée du Sud tient dans le développement d’un radar AESA pour le KF-X. En effet, le pays n’a pas d’expérience dans ce domaine. Près de 800 millions de dollars ont été investis dans le développement du radar AESA jusqu'en 2026. Un prototype du radar sera testé en Israël ce printemps, suivi d'un autre vol d'essai en Corée à partir de novembre prochain. À partir de 2023, il sera installé sur le prototype KFX pour une dernière série de tests qui devront mener le projet à maturité.

Le poids cible pour la KF-X était de 13 tonnes au début de la conception du projet en 2001, mais les concepteurs ont dû réduire de 500 kg supplémentaires pour tenir compte des ajouts futurs. 

Dans les usines de KAI à Sacheon dans le Gyeongsang du Sud, environ 1’250 chercheurs et ingénieurs travaillent d'arrache-pied au développement du KF-X. 

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Photos : 1 Le premier prototype en fin d’assemblage 2 image de synthèse du KF-X 3 Cockpit 4 Plan @ KAI Aerospace

 

12/03/2021

L’USAF a accepté le premier F-15EX « Advanced Eagle » !

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L'US Air Force a pris livraison le 10 mars dernier du premier F-15EX « Advanced Eagle » n° 001 de Boeing et va bientôt commencer à tester le nouvel appareil. L'USAF a approuvé l'acceptation du premier F-15EX dans les installations de la société à Saint-Louis. L’appareil s’est envolé pour la base aérienne d'Eglin en Floride.

« C’est un grand moment pour l’armée de l’air », a déclaré le colonel Sean Dorey, directeur du programme F-15EX de l’USAF. « Avec sa grande capacité d'armes, son épine dorsale numérique et son architecture ouverte, le F-15EX sera un élément clé de notre flotte de chasseurs tactiques et complétera les actifs de cinquième génération. En outre, il est capable de transporter des armes hypersoniques, ce qui lui confère un rôle de niche dans les futurs conflit ».

La livraison du F-15EX par Boeing intervient un peu plus d'un mois après le vol inaugural de l'avion le 2 février dernier. Un deuxième avion doit arriver à Eglin le mois prochain, et les six autres appareils du premier lot s'envoleront pour Eglin au cours de l'exercice 2023 pour les tests opérationnels.

L’USAF a passé sa première commande de F-15EX en juillet 2020, attribuant un contrat pour le premier lot de huit appareils. L'ensemble du programme a une valeur plafond de 23 milliards de dollars. Il est prévu d'acheter au moins 144 F-15EX pour remplacer la flotte de F-15C/D, qui a en moyenne 37 ans et commence à subir des tensions structurelles. Cependant, le contrat comporte des options qui permettraient a l’USAF d'acheter jusqu'à 200 appareils.

Le deuxième lot de F-15EX est prévu pour la livraison au cours de l'exercice 2024 à la base de la Garde nationale aérienne de Kingsley Field, dans l'Oregon, qui servira également de site pour la formation des F-15EX. Le troisième lot sera livré à Portland ANGB dans l'Oregon au cours de l'exercice 2025, la 142e escadre de la base devenant la première unité opérationnelle à piloter l'avion.

Le projet F-15EX « Advanced Eagle » :

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Sous la désignation de projet F-15EX, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille depuis plusieurs mois sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agissait de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing a doté le F-15EX d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif (AESA), avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS « Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offre la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité réside dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes. 

Capacité d’emport phénoménale :

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Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15EX « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’armes comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. Par ailleurs, il peut lancer des armes hypersoniques jusqu'à 22 pieds de long et pesant jusqu'à 7 000 livres. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration. Dernier élément, le F-15EX pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

La plate-forme nécessite également une formation transitoire minimale sans main-d'œuvre supplémentaire et peu ou pas de changements d'infrastructure, assurant la poursuite de la mission.

L'architecture OMS permettra l'insertion rapide des dernières technologies aéronautiques. Pour soutenir davantage la cellule numérique et faire avancer l’insertion de technologique, le programme F-15EX utilise le précurseur à l’initiative DevSecOps du ministère de la Défense, visant à développer des logiciels sécurisés, flexibles et agiles. De plus, l'architecture des systèmes de mission ouverts garantit sa viabilité pendant des décennies. L'épine dorsale numérique du F-15EX, ses systèmes de mission ouverts et sa capacité de charge utile généreuse cadrent bien avec la nouvelle vision de l’USAF d'une future guerre en réseau.  Le F-15EX réunit les avantages de l'ingénierie numérique, des systèmes de mission ouverts et du développement de logiciels agiles rester abordable et évolutif pour les décennies à venir.

Un nouveau moteur :

Le moteur F110-GE-129 de General Electric est le seul moteur testé, intégré et certifié pour le F-15EX fly-by-wire. En 2014, GE a commencé à investir des ressources et s'est engagé à long terme à soutenir le F-15EX. Grâce à des insertions de technologies clés éprouvées issues des programmes de moteurs commerciaux de GE, SLEP met à niveau les composants critiques, notamment la chambre de combustion, la turbine haute pression, le compresseur et l'augmentation. Ces améliorations se combinent pour prolonger la durée de vie. La version du F110 destinée au F-15EX va réduire les coûts d'exploitation, augmenter la fiabilité et améliorer la sécurité. Le programme est conçu pour fournir une augmentation significative avec une amélioration de 25% du coût par heure de vol et une extension de 50% des inspections de phase moteur. 

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Photos : 1 Le F-15EX n°001 en route pour Eglin 2 Cockpit 3 Capacité d'emport @ Boeing 4 F-15EX n°001 @ S.King

29/01/2021

Paris commande des Rafale !

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La Ministre des Armées, Madame Florence Parly, a confirmé aujourd’hui une commande portant sur 12 avions de combat Rafale. Ces appareils doivent venir combler ceux vendu à la Grèce.

« Avec les avions que l'avionneur doit déjà livrer, cette commande permettra d'assurer la pérennité de du plan de charge jusqu'à la fin de l'année 2025", a déclaré la ministre lors d'un déplacement sur le site de Dassault Aviation à Argonay en Haute-Savoie.

L’objectif est double, il s’agit d’une part de ne pas laisser de vide dans le renouvelement de la flotte d’avions de combat de l’Armée de l’air et de maintenir une cadence d'environ un Rafale par mois, en production. Ce maintien est essentiel pour maintenir la viabilité des chaînes de production au sein de Dassault Aviation. Pour l’avionneur français une telle cadence représente près de 7'000 emplois au total, en tenant compte de différent fournisseurs et équipementiers.

Ces appareils seront livrés à la fin des livraisons des 28 déjà en commandé par la France auprès de Dassault. Au total, l’Armée de l’air devrait pouvoir compter sur 129 Rafale. L’aéronavale on comptera 42.

Des Rafale au standard le plus moderne :

Selon le calendrier évoqué par Mme Parly, les 12 nouveaux Rafale seront au standard F-4. De fait, l’Armée de l’air pourra compter sur un renouvellement d’avions neufs au standard le plus haut, plus important que prévu et plus rapidement. 

Que va apporter ce nouveau standard : 

Cette évolution de l’avion français doit permettre d’amener celui-ci pleinement dans le combat en réseau avec de nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, serveur de communication, radio logicielle. De nouvelles fonctions seront également développées pour améliorer les capacités de l’avion comme l’évolutions des capteurs et du radar, de l’optronique secteur frontal (IRST), capacités viseur de casque et de nouveaux armements seront intégrés comme le missile air-air Mica NG et l’armement air-sol modulaire de 1’000 kg.

Enfin, en termes de disponibilité, Dassault travaille dans le cadre d’un MCO (Maintien en Condition Opérationnelle) qui sera davantage verticalisé sous l’autorité de l’avionneur. F4 comprendra un nouveau Système de Pronostic et d’Aide au Diagnostic introduisant des capacités de maintenance prédictive. D’autres optimisations de la maintenance sont également programmées, avec notamment des solutions basées sur le Big Data et l’intelligence artificielle. Enfin, le Rafale sera doté d’un nouveau calculateur. La validation du standard F4 est prévue pour 2024, avec certaines fonctions disponibles dès 2022.

Photo : Rafale F-3R @ Dassault Aviation/ A. Pecchi

 

22/01/2021

Les EAU commandent 50 F-35 !

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Les Émirats arabes unis ont signé un accord avec les États-Unis portant sur un total de 50 avions de combat Lockheed Martin F-35A pour un coût estimé à 10,4 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis, l'un des alliés les plus proches de Washington au Moyen-Orient, ont depuis longtemps exprimé leur intérêt pour l'acquisition des avions furtifs F-35 fabriqués par Lockheed Martin et se sont vu promettre une chance de les acheter dans le cadre d'un accord parallèle lorsqu'ils ont accepté de normaliser les relations avec Israël en août dernier. 

Signature avant l’investiture :

L'accord avait été signé environ une heure avant l'assermentation du nouveau Président Jo Biden. Le document a donné aux Émirats arabes unis la possibilité d'accepter le calendrier et la configuration négociés des avions tout en officialisant la demande d'achat. La date de livraison finale dans le pays n'a pas pu être confirmée immédiatement, mais la proposition initiale envoyée aux EAU indiquait 2027.

Maintenir la supériorité d’Israël :

Pour pouvoir vendre l’avion furtif aux EAU, les USA ont travaillé à la structure d’un accord sans gêner l’allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins.

La sophistication technique du F-35 qui intéresse énormément les clients potentiels est intimement liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement. C’est cette puissance de calcul intégrée dans le F-35 qui le rend si efficace dans l’analyse des données qui vont permettre d’obtenir une vision de la situation quasi parfaite. Cette même puissance et au cœur du système en réseau qui apporte les véritables changements de la gestion du combat aérien. Mais qu’en est-il de la valeur du F-35, si ce système si performant est « ainsi bridé » pour les clients étrangers de l’avion ? Certes, il restera plus performant que d’autres appareils plus anciens, mais qu’adviendra-t-il, lorsque la concurrence mettra prochainement sur le marché des aéronefs disposant d’une capacité de calcul équivalente ?

Des F-35 bridés :

Les avions de combat F-35 vendus aux Émirats arabes unis pourraient être construits de manière à garantir que les mêmes avions appartenant à Israël surclassent tous les autres vendus dans la région.

En effet, il faut savoir que Washington exige déjà que tout F-35 vendu à des gouvernements étrangers ne puisse égaler les performances des avions américains, a déclaré un membre du Congrès. La sophistication technique du F-35 est liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement et « c'est la puissance de calcul qui vous permet de vendre un avion de plus haute technologie à Israël qu'aux Émirats arabes unis », a déclaré Doug Birkey, directeur exécutif du Mitchell Institute for Aerospace Etudes à Washington. Toujours selon Birkey, « lorsque des pilotes étrangers sont en formation aux États-Unis, ils tapent un code dans une interface utilisateur lorsqu'ils montent à bord d’un F-35, le code attribue une capacité présélectionnée dans l’avion, différente pour chaque pilote en fonction des autorisations légales données aux pays utilisateurs ».  

Cette affirmation montre clairement que des niveaux de capacité sont décidés par Washington pour chaque pays utilisateurs du F-35. Les clients n’ont du coup pas la pleine capacité à disposition, de fait d’un système qui « bride » l’avion. 

Que va faire Biden ?

Le président Jo Biden a déclaré qu'il réexaminerait l’accord. Dès le début de cette affaire, les sénateurs américains se sont écharpés sur le bien-fondé de cette vente. Emmené par le sénateur démocrate Chris Murphy, qui avait déclaré que le fait de conclure l'énorme contrat d'armement avec les Émirats arabes unis (EAU) en ce moment comportait un « danger ». Murphy a justifié sa position par la présence d'un « grand nombre de questions et de problèmes auxquels l'administration du président américain Donald Trump n'a pas répondu ». Diverses organisations évoluant dans les domaines de la défense des droits de l'homme et du contrôle des armements ont signé une demande pour annuler la vente d'armes aux EAU, que le Congrès, dominé par les Républicains. Cette tentative ayant échoué. C’est à la nouvelle administration de la Maison Blanche de prendre position. Quoi qu’il en soit, si le nouveau président autorise la vente des F-35 aux EAU, ceux-ci seront « bridés » et donc sérieusement limités dans leurs capacités. 

Photo : F-35I au décollage @ IAF