04/03/2021

La Thaïlande va moderniser ses Gripen !

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La direction de l'ingénierie aéronautique (DAE) de la Royal Thaï Air Force (RTAF) a attribué un contrat pour la mise à niveau des 11 avions de combat multirôles Saab JAS 39 Gripen C/D à la dernière norme MS20. Le contrat est estimé à 20,84 millions de dollars.

L'exigence de la mise à niveau au standard MS20 est désirée depuis 2018 afin de garder la flotte d’avion de combat Gripen C/D à un haut niveau opérationnel. Pour des raisons financière cette dernière a été repoussée. Cette exigence a été réitérée dans le Livre blanc 2020 de la RTAF, avec une date de début prévue en 2021. Selon les informations disponibles, l’objectif de la RTAF est de doté les Gripen des dernières capacités disponibles pour l’avion. L’achat d’armement complémentaire comme le missile à longue portée MBDA Meteor et la mise à jour des AMRAAM et diverses bombes sera effectué plus tard avec un autre programme d’équipement.

Gripen C/D au standard MS20 :

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La modernisation au standard MS20 du Gripen C/D englobe les systèmes suivants : une nouvelle architecture électronique pour faire face à l’évolution des menaces et de la guerre électronique à venir. L’arrivée du radar PS-05 Mk4 à antenne mécanique est le développement le plus récent du radar PS-05. Une nouvelle configuration et un nouveau « back-end » complètent et permettent de renforcer les performances en matière de plage de fonctionnement et de détection. Cette nouvelle version à antenne mécanique permet à la version actuelle du Gripen d’emporter le missile MBDA Meteor et la dernière version du Raytheon AIM-120C7 AMRAAM. 

Le Saab JAS-39 Gripen C/D MS20 comprend : 

Le missile MBDA Meteor.

La bombe SDB (Small Diameter Bombe) GBU-39 ainsi que les GBU-22, GBU-10.

Une nouvelle application radar.

Amélioration de l’autoprotection.

Le GCA Ground Collision Avoidance System.

Des nouveaux équipements de protection (CBRN) qui permettent un vol dans une zone contaminée.

Diverses sécurités en matière de cyberguerre.

Amélioration de liaison électronique Link16 (OTAN) et Link TAU (liaison Gripen).

Amélioration de la liaison au sol CAA/JTAC.

Fonctions de reconnaissance étendues.

Petit rappel :

La Thaïlande a lancé le programme de remplacement partiel de ses Northrop F-5 E/F Tiger II, soit 15 machines appartenant au Squadron 701 basé à Surat Thani (Sud de la Thaïlande). Pour mémoire, la RTAF avait choisi dans les années nonante le Boeing F/A-18 Hornet, mais le contrat fût dénoncé par les Etats-Unis, faute de moyen de paiement du pays du sourire. En effet, celui-ci avait proposé faute de liquidités de payer la moitié des Hornet avec de la viande de poulet et des fruits !

Suite à une seconde évaluation au début des années 2000, c’est le Gripen suédois qui remporta le marché. La commande fût lancée en 2008 pour l’achat d’un premier lot de 6 avions (2 biplaces et 4 monoplaces) assortit d’une option pour 18 autres aéronefs. En parallèle, la RTAF a commandé également au constructeur suédois un Saab 340 Erieye (AEW) ainsi qu’une seconde machine en version commandement aérien et contrôle de liaisons de données. La flotte actuelle de Gripen en Thaïlande est de 11 aéronefs, un appareil ayant été perdu.

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Photos : 1 Gripen C RTAF @ Teerawut W 2 Gripen suédois au standard MS20, le Meteor est engagé au côté de diverses bombes  3 Gripen D @ RTAF

03/03/2021

Après l’Australie, l’Allemagne pourrait se désengager du Tigre !

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Rappelez-vous, je vous annonçais le retrait de l’Australie du programme d’hélicoptère européen Tigre en janvier dernier. Il semble que l’Allemagne puisse en faire autant, du moins la réflexion est engagée.

Fiabilité en cause :

Si la question était taboue en Europe contrairement à l’Australie jusqu’ici, Berlin met en cause la fiabilité de l’hélicoptère comme première raison d’un désengagement. La critique vient directement de la Bundeswehr. Cette dernière parle maintenant ouvertement de la faible disponibilité opérationnelle du Tigre. Afin de confirmer la critique, la Bundeswehr met en avant son Rapport sur la situation matérielle des principaux systèmes d'armement de de 2018, le ministère de la Défense a révélé qu'en moyenne, de 11,6 hélicoptères Tigre sur 53 étaient opérationnels. En janvier 2020, le chiffre est tombé à 8.

La modernisation en cause :

L’autre point de discorde concerne la mise à jour de la flotte de Tigre. Lors du dernier Conseil franco-allemand de défense et de sécurité qui s’est déroulé le 5 février 2021, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré que « pour moderniser le Tigre au standard 3, il y a toute une série de négociations à mener pour la partie allemande ». En effet, pour l’Allemagne, le programme de mise à jour ne garantirait pas une amélioration de la disponibilité de l’appareil et le coût de ce dernier, soit 5,5 milliards d'euros serait prohibitif.

L’Apache en embuscade :

L'Allemagne se dirigera-t-elle en direction de l’hélicoptère Apache BlockIII ? La question n’est pas encore tranchée, mais elle est déjà évoquée, Berlin semble avoir discrètement envoyé une lettre d’information à Boeing. Une décision pourrait être prise cet automne déjà.

Photo : Tigre ASGARD @ Bundeswehr

28/02/2021

Le Paraguay cherche un nouvel avion école et d’attaque légère !

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Le Paraguay prépare le remplacement de sa flotte d’avion légers AT-26 « Xavante » (MB-326) et AT-27 « Super Tucano ». Le pays désire un nouvel appareil école capble notamment d’opérer l’appuis au sol léger pour combattre le trafic de drogue notamment.

La Force aérienne paraguayenne :

La Force aérienne du pays est divisée en trois escadrons : le premier escadron de chasse « Guaraní », qui exploitait des avions AT-26 « Xavante » (retirés est mis en réserve), le deuxième escadron de chasse « Indios », qui exploitait des avions AT-33 (retirés) et l'escadron de reconnaissance et d'attaque « Moros », actuellement le troisième escadron de chasse, qui exploite des avions AT-27 « Super Tucano ». C'est le seul escadron actuellement actif et considéré comme une force d'élite.

Les problèmes auxquels le Paraguay est confronté aujourd’hui concerne non seulement une menace pour la sécurité nationale (trafic de drogue, milices paramilitaires), mais se reflètent également directement dans sa sécurité intérieure. Par conséquent, le ministère de la Défense nationale et le haut commandement de l'armée de l'air ont mené des études et élaboré des plans pour acquérir de nouveaux avions de combat le plus rapidement possible. On notera qu’actuellement la police du ciel et effectué par l’armée de l’air brésilienne dans la région, étant la seule Force aérienne disposant de véritables avions de combat.

Forte ambition :

Si les capacités du Paraguay sont faibles du point de vue militaire, les ambitions stratégiques du pays, reconnaissant son importance pour le maintien de la sécurité régionale, la protection des frontières du pays, le maintien de la paix et la garantie de la souveraineté nationale du ciel sur le Paraguay. Pour ce faire une modernisation des radars est en cours et il existe une réelle ambition pour moderniser et doté l’armée de l’air d’appareils modernes est capable d’assurer la sécurité du pays.

Plusieurs appareils en vue :

Le pays travaille sur l’acquisition futur de deux types d’appareils. Le premier est un avion école turbopropulsé et capable d’appuis au sol. Le second concerne un jet école capable lui aussi d’appuyer l’attaque au sol et d’offrir une certaine capacité en termes de police du ciel.

Dans la première catégorie on trouve : l’Embraer EMB-312 « Super Tucano », le Textron AT-6 « Texan II ». Pour la seconde, le choix est plus étoffé avec le L-159 d’Aero-Vodochody, le M-346 de Leonardo et le Yakovlev YAK-130 et le KAI FA-50 « Golden Eagle ».

Le principal problème du Paraguay concerne les finances pour pouvoir assurer le renouvellement à sa juste valeur de sa Force aérienne. Des discussions sont également engagées avec le grand voisin brésilien en vue de travailler en commun en ce qui concerne la formation des pilotes.

Photo : AT-27 « Super Tucano » du Paraguay @ H.Higuchi

 

 

27/02/2021

Quel appareil pour remplacer le E-3 AWACS ?

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 L'US Air Force (USAF) prépare le remplacement de sa flotte d’avion d’alerte lointaine composée du Boeing E-3 Sentry Airborne Warning and Control System (AWACS). Actuellement L'USAF exploite 31 exemplaires de l'E-3, dont l’âge moyen est d'environ 42 ans.

Rappel :

La mise au point des premiers « AWACS » remonte à la Seconde Guerre mondiale avec le projet « Cadillac », mais devant le peu d’intérêt de l’époque, il faudra attendre les années 50 pour voir se concrétiser le projet avec l’EC-131 Warning Star dérivé du Super Constellation. Développé avant la mise au point des radars à effet Doppler ces avions étaient efficaces pour la détection à longue distance, mais avaient des performances faibles pour la détection vers le bas. Il faudra attendre 1964 et le Grumman E-2 Hawkeye de l’US Navy pour arriver au standard actuel des AWACS.

Le système d'avertissement et de contrôle aéroporté Boeing E-3G (AWACS) a défini un nouveau mode de guerre pour l'armée américaine lorsque le modèle original a été introduit en 1978. En centralisant la détection et le commandement et le contrôle aéroportés sur une plate-forme unique. Avec l’AWACS il est devenu possible d’improviser de nouvelles tactiques offensives et défensives en temps réel. Avec le temps, l’importance de l’E-3G en a fait une cible extrêmement précieuse pour un éventail d’armes émergentes, à longue portée appelées « tueurs AWACS ».

Aujourd’hui plusieurs modèles de systèmes radarisés aéroportés sont disponible sur le marché, notamment monté sur des jets d’affaires.

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Etude d’un remplaçant :

En conséquence, les responsables de l'US Air Force et de l'OTAN ont débutés une réflexion en vue du remplacement de leurs flottes d’avions E-3 respectives en utilisant une approche de systèmes distribués.  Toutes les options envisagées à ce stade ne sont pas encore pleinement développées. Il est important de se rappeler que la flotte E-3 remplit deux fonctions différentes : l’alerte avancée aéroportée (AEW) et le commandement et contrôle. 

La première fonction exige l'intégration d'un grand radar capable de détecter à de grandes distances. En plus de la puissance, le radar doit être incroyablement précis et discriminer les petites cibles à déplacement rapide, y compris les missiles de croisière, par rapport à l'encombrement de l'arrière-plan. Étant donné la vulnérabilité future d'une grande plateforme rayonnante dans l'atmosphère aux menaces potentielles, une option pourrait être de remplacer, ou au moins d'augmenter considérablement, la couverture AEW grâce à l'utilisation d'une constellation proliférée de petits satellites en orbite terrestre basse.

L’arrivée progressive d’avions de combat dotés de la capacité de guerre en réseau permet également de combler ce vide, du moins en partie. Une flotte d’avion engagés en réseau offre une très bonne couverture, mais encore faut-il que la dotation soit suffisante et engagée en nombre sur un territoire définis.  

Plusieurs options sont donc envisagées pour parfaire une future détection aérienne de qualité capable de faire face aux nouvelles menaces. Un nouvel appareil doté d’un radar aéroporté est également envisagé.

Et pourquoi pas l’E-7 « Wedgetail » ?

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Le chef d'état-major de l'US Air Force, le général Charles Brown, a refusé de commenter ce qui devrait remplacer l'E-3, mais a déclaré lors du Symposium sur la guerre aérospatiale de l'Air Force Association le 25 février dernier que toutes les possibilités devaient être étudiées. L’une des propositions concerne le choix potentiel du Boeing E-7 « Wedgetail ». Ce dernier est exploité par l'armée de l'air sud-coréenne, la Royal Australian Air Force et l'armée de l'air turque. La Royal Air Force britannique a également commandé l'avion. Plus petit, car monté sur une cellule de B737, il n’en reste pas moins très efficace, car doté des dernières technologies de capteurs. De plus, le système « Wedgetail » est mature et peut être disponible très rapidement. Il offrirait un nœud central capable de fonctionner en réseau et avec une constellation de satellites.

Boeing E-7 « Wedgetail » :

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Basé sur le Boeing 737-700 « Next-Generation » commercial, l'AEW&C E-7A « Wedgetail » est conçu pour fournir la surveillance de l’espace aérien et la gestion de celui-ci grâce à son radar à balayage électronique radar qui retransmet à l’équipage de la mission l’ensemble des cibles aériennes et maritimes en temps réel. L'équipage de mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Le radar MESA de Northrop-Grumman peut détecter jusqu’à 1’000 objets volants dans le même temps. Lorsque le degré de surveillance est en mode 360°, il peut détecter les avions ennemis dans un rayon de 370 km, et lorsqu’il concentre le faisceau dans une direction, il peut détecter des cibles à des distances allant jusqu'à 500 km. Avec les différents modes, le radar peut même détecter des cibles en mer. 

Le radar MESA est conçu pour un avion à réaction de taille moyenne, profitant de vitesses et d'altitudes plus élevées. Des altitudes de fonctionnement allant jusqu'à 40’000 pieds (par rapport aux altitudes typiques de 20’000 à 25’000 pieds des autres systèmes AEW) offrent un avantage de portée et de ligne de vue de 20 à 50% contre les missiles et les avions volant à basse altitude sur divers terrains. Ainsi, les temps d'alerte précoce et de réaction sont considérablement améliorés lorsque le temps presse. MESA est opérationnel quelques minutes après le décollage, à partir de 5 000 pieds et avec un fonctionnement à pleine puissance à 10’000 pieds. En tirant parti des fonctions de balayage électronique entrelacées, une image combinée de l'air et de la mer est rapidement développée. Les opérateurs de système et les commandants de combat ont désormais la flexibilité d'orchestrer les opérations aériennes et les mesures défensives avec un système radar / IFF facilement commandé via la console système. L'équipage de la mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Photos : 1 Boeing E-3 AWACS@ USAF 2 Saab GlobalEye @ Saab 3 Boeing E-7 Wedgetail @ RAAF

 

26/02/2021

Israël opte pour le CH-53K « King Stallion » !

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Israël a choisi son nouvel hélicoptère lourd avec le Sikorsky CH-53K « King Stallion » pour remplacer l’actuel hélicoptère de transport lourd CH-53D «Yas'ur» vieillissant, a annoncé le ministère de la Défense hier.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a choisi le CH-53K à rotor principal unique au lieu du Boeing CH-47F « Chinook » à rotor tandem sur la base des recommandations du chef d'état-major des Forces de défense israéliennes (FDI), le lieutenant général Aviv Kohavi et du directeur général du ministère de la Défense, le général Amir Eshel.

 « Il est essentiel pour la capacité de Tsahal de mener un large éventail d'activités opérationnelle s», a déclaré Gantz dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Le nouvel hélicoptère est adapté aux besoins opérationnels [de l'armée de l'air israélienne] et aux défis de l'évolution du champ de bataille ».

Premier contrat à l’exportation :

Israël devient le premier pays à acheter le Sikorsky CH-53K « King Stallion » en dehors des États-Unis, où l’appareil est en cours de développement pour le Corps des Marines (USMC). L'armée de l'air israélienne (IAF) a déclaré que le CH-53K avait été choisi après « un travail administratif approfondi, au cours duquel le personnel de l'IAF a examiné diverses plates-formes de vol et évalué des aspects tels que la technologie, l'ingénierie, la maintenance.

L'accord sera probablement conclu dans le cadre du programme américain de ventes militaires à l'étranger (FMS), mais aucune approbation officielle n'a été faite par la Defense Security Cooperation Agency, qui supervise ces ventes d'armes pour l’instant. Mais cette dernière ne devrait pas poser de problème.

Le CH-53K "King Stallion" :

Bien que conçu de la même taille que les CH-53E « Super Stallion », qu’il doit remplacer à partir de 2021, le CH-53K permettra de tripler la capacité de transport de charge externe à plus de 27’000 lb sur une distance de plus de 110 miles nautiques. Doté d’une nouvelle motorisation General-Electric GE38-1B offrant un meilleur couple surmonté d’un rotor de quatrième génération en composite. La cellule est également nouvelle, car entièrement en matériaux composites. Encore plus puissante (ses 3 turbines délivrent environ 7'500ch chacune), ravitaillable en vol, équipé de systèmes de communications de dernière génération, le CH-53K est optimisé pour le transport par temps chaud en opérant à partir de terrains peu préparés et devient la référence de sa catégorie. En matière de transport, le CH-53K peut par exemple emporter en interne une Jeep « Humvee ».

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Photos :  CH-53K « King Stallion » @ Sikorsky