12/04/2021

Production du premier P-8A norvégien !

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Le premier fuselage du P-8A « Poseidon » destiné à la Norvège est arrivé aujourd'hui dans les installations de Boeing à Renton, Washington, depuis les installations de Spirit AeroSystems à Wichita, Kansas, marquant une étape majeure dans la production du premier des cinq « Poseidon » pour la Royal Norwegian Air Force.

Boeing utilise un processus de production en ligne éprouvé pour construire efficacement l'avion, la mise en œuvre des meilleures pratiques établies et des outils de système de production commerciaux communs permet à l'équipe de réduire les délais et les coûts tout en garantissant la qualité et les délais de livraison aux clients.

La Norvège devrait recevoir son premier P-8 plus tard cette année. Au total, cinq P-8 remplaceront à terme la flotte norvégienne actuelle de six P-3 Orions et de trois DA-20 Falcon et fourniront des capacités avancées pour maintenir la connaissance de la situation dans les eaux voisines à la surface et sous la surface de l'océan.

Rappel :

C’est en mars 2018 que la Norvège a passé commande pour 5 avions de patrouille maritime (MPA) Boeing P-8A « Poseidon » (MMA). Le contrat de 1,5 milliards de dollars comprend : les aéronefs, des capteurs, des systèmes de surveillance et des armes anti-sous-marines. La commande est groupée avec 4 appareils destinés aux Royaume-Uni, ainsi que 10 autres avions pour l'US Navy.

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Le Boeing P-8A « Poseidon » : 

Le P-8A « Poseidon » est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A « Poseidon » est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une importante réduction des coûts, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage. Cet avion équipé de liaisons 11 et 16 et de systèmes internet, doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec des drones.

Avec cette commande, la Norvège deviendra le cinquième utilisateur du P-8A après la Marine américaine, l’Inde, l’Australie et l’Angleterre.

Photos : 1 P-8A @ Liz Wolter  2 fuselage du premier P-8A norvégien @ Boeing

10/04/2021

Korean Aerospace Industries a dévoilé le KF-21 « Boramae » !

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Le premier prototype du l’avion de combat de nouvelle génération de Korean Aerospace Industries (KAI) a été dévoilé à Sacheon ce vendredi. Connu jusqu’ici sous la dénomination de KF-X, l’avion a été baptisé KF-21 « Boramae ».

Le prototype du biréacteur, KF- 21 « Boramae » a été présenté lors d'une cérémonie de déploiement au siège de KAI à Sacheon, à environ 440 kilomètres au sud de Séoul.  Le prototype, numéro de série 001, a été dévoilé avec des drapeaux coréens et indonésiens. Lors d'un spectacle de lumière dans le cadre de la cérémonie, KAI a également projeté les drapeaux des pays clients potentiels que l'entreprise courtise, notamment l'Irak, la Malaisie, le Pérou, les Philippines, le Qatar, le Sénégal et la Thaïlande.

« Nous avons enfin notre propre avion de combat supersonique », a déclaré le président Moon Jae-in dans un discours. « Nous avons ouvert une nouvelle ère d'autodéfense et établi une étape historique pour le développement de l'industrie aéronautique.»

Le président a déclaré que 40 KF-21 seraient livrés à l'armée de l'air d'ici 2028 et que 80 autres jets entreraient en service d'ici 2032. 

Le KAI KF-21 « Boramae » :

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Le KF-21 est considéré comme un avion de 4,5 ème génération, à égalité avec le dernier F-16 et moins furtif que le F-35 Lightning II de cinquième génération développé par Lockheed Martin. L'avion de combat doit remplacer la flotte vieillissante des F-4E « Phantom » et F-5E « Tiger II »de l'époque de la guerre du Vietnam. 

KAI a déclaré que l'avion subirait des tests au sol cette année avant son vol inaugural prévu pour juillet de l'année prochaine. La production de masse du KF-21 Block I commencera lorsque six prototypes auront effectué environs 2’200 sorties au cours des quatre prochaines années. Près de 8 milliards de dollars doivent être dépensés pour le développement du KF-21 entre 2015 et 2028 dans le cadre du projet KF-X. 

Environ 65% des composants du KF-21 sont en production localement. Parmi les composants construits par les développeurs sud-coréens figurent le radar matriciel actif à balayage électronique (AESA), la suite de guerre électronique, le module de recherche et de suivi infrarouge (IRST) et le module de ciblage électro-optique.

Le radar du KF-21 de type AESA produit par Hanwha Systems, dispose d'un module d'environ 1’088 récepteurs émetteurs, avec un angle de direction du faisceau de 60 à 70 degrés. Le nombre d'émetteurs-récepteurs devrait finalement augmenter à environ 1'300 dans la version finale.

Avec une masse maximale au décollage de 25 600 kilogrammes, l'avion dispose de 10 points d’accrochage pour les missiles air-air et autres armements. Contrairement aux premières spécifications l’avion volera à Mach 1,8 avec une distance de croisière de 2’900 kilomètres. Il est propulsé par deux moteurs General Electric F414. 

L'Indonésie reste un partenaire incertain :

Les mois qui ont précédé la présentation du prototype ont été entachés de spéculations selon lesquelles l’Indonésie souhaitait se retirer du partenariat, l’Indonésie étant apparemment en retard dans les paiements du programme. L'Indonésie doit payer 20% des coûts de développement dans le cadre d'un accord de 2016. Le pays est censé acquérir jusqu'à 48 appareils (appelés IF-X en Indonésie) et bénéficier du transfert de technologies. Pour l’instant Jakarta n'a pas tenu sa promesse, ne payant qu'environ 13% de son engagement financier. Jakarta a évoqué les contraintes budgétaires.

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Photos : Présentation du KF-21 « Boramae » @ KAI

 

07/04/2021

Un nouvel espion dans le ciel israélien !

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La Force aérienne et spatiale israélienne a réceptionné dimanche un avion espion considéré comme l'avion le plus avancé du genre au monde. L’avion, un Gulfstream G550 modifié aura une pertinence particulière pour les missions de collecte de renseignements et d'identification de cibles contre des objectifs.

Le G550 « ORON » :

Sous la désignation de G550 « ORON », l’avion est une nouvelle variante des modèles G550 « Shavit » (renseignement électromagnétique) et G550 « Eitam » (alerte et contrôle rapides aéroportés). L’ORON se distingue par le fait qu’il est équipé d'une technologie d'intelligence artificielle et se distingue par ses excellentes capacités de vol et ses faibles coûts de maintenance. L'avion est équipé d'un radar avancé fabriqué par Israel Aerospace Industries, ainsi que d'autres systèmes avancés de collecte de renseignements, offrant de nouvelles capacités en termes de couverture dans tous les types de temps et dans tous les niveaux de visibilité. L'avion est conçu pour donner à l'armée de l'air une image complète d'une zone en temps réel, y compris la cartographie des forces terrestres ennemies.

Selon Israel Aerospace Industries (IAI), le développement de l'avion a duré huit ans, avec la participation de l'organisme de recherche et développement conjoint du ministère de la Défense et des Forces de défense israéliennes, de la Force aérienne, du renseignement militaire, de la marine et des industries aérospatiales israéliennes. L'Oron est censé permettre aux divisions interarmes d'opérer plus efficacement en obtenant une lecture en temps réel d'une situation rendue disponible simultanément aux différentes branches de l'armée. Ceci est cohérent avec un changement de stratégie actuellement entrepris par l'armée, consistant en une augmentation de la coordination entre les différentes branches de l'armée sur le champ de bataille.

L’Oron dispose de postes de travail pour un plus grand nombre d'équipages de mission, y compris des agents du renseignement pour analyser les données collectées en temps réel. Le nombre exact de membres d'équipage n'a pas été divulgué. Le G550 « ORON » sera intégré 122e escadron « Nachshon » de la Force aérienne et spatiale israélienne une unité spécialisée dans le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (ISR) sur la base aérienne de Nevatim dans le désert du Néguev en Israël. Le nombre exact d'exemples d'Oron que l'IAF acquerra n'a pas été révélé. L’avion doit encore recevoir des équipements complémentaires, ce processus prendra jusqu'à deux ans, après quoi l'avion sera déclaré opérationnel.

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Photos : G550 « ORON » @ Amit Agronov

06/04/2021

Des Mi-17V-5 supplémentaires pour la Thaïlande !

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La Royal Thaï Air Force (RTAF) a réceptionné trois nouveaux hélicoptères de transport moyen Mil Mi-17V-5 « Hip-H » de fabrication russe. Les appareils ont été officiellement remis à la RTAF le 26 mars lors d'une cérémonie tenue à l'aérodrome d'U-Tapao. Ces hélicoptères ont rejoint les sept premiers Mi-17V-5 exploités par la RTAF.

Rappel :

Les trois premiers Mi-17V-5 ont été commandés par le RTAF en mars 2008 et livrés en mars 2011, tandis que deux autres ont été commandés en juillet 2014 et remis en novembre 2015. Les commandes des sixième et septième appareil ont été passées en décembre 2017, avec des livraisons à la mi-décembre 2018.

Les hélicoptères sont exploités par le 41e bataillon d’aviation de la RTAF à Lopburi. La Thaïlande continue dans sa politique de diversification, le pays utilise notamment des hélicoptère Airbus H-725 et des Leonardo AW-139. Le fait d’avoir acquis des Mi-17V-5 est en soi une réussite pour la Russie qui tente d’accroître sa position dans la région et notamment avec des offres d’équipement pour la Thaïlande.

Le MIL MI-17V-5 :

Le Mi-17V-5 est un dérivé pour l’exportation de la version russe Mi-8TV-5 re-motorisé par deux Klimov-VK2500, l’appareil est doté d'une rampe de chargement au lieu des portes « Clam-Shell », une porte supplémentaire et un nouveau "nez dauphin". L’avionique de type KNEI-8 est plus moderne est dispose de quatre écrans couleurs de grandes tailles.

Le Mi-17V-5 est la dernière version de l'hélicoptère Mi-17. Cet appareil est destiné à transporter des cargaisons et des parachutistes, ainsi que du fret de grandes dimensions sur un support extérieur. La version armée du Mi-17V-5 a pour tâches d'appuyer par le feu les forces terrestres ou les parachutistes lors du débarquement ou de l'évacuation ainsi que de mener des bombardements de précision. Un système de défense spécial est installé à bord de ce type d'hélicoptère pour le protéger contre les missiles sol-air ennemis. 

Photo : MIL-Mi-17V-5 de la RTAF @ RTAF

05/04/2021

Le SCAF va mieux, mais n’est pas encore sauvé !

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Il y a peu le programme SCAF était presque considéré comme mort, du moins dans sa configuration de base, on évoquait, il y a peu, un éventuel plan B du côté de chez Dassault Aviation. Mais tant que le patient n’est pas déclaré mort, il faut le sauver. A la manière d’une équipe médicale, les différents membres du projet se sont attelés à un difficile exercice sur le partage des tâches du programme afin de redonner une chance à ce dernier.

Les dernières nouvelles semblent plutôt positives, avec ce qui semble bien être un accord de base entre Dassault Aviation et Airbus. Cette entente implique les trois pays du programme, la France, l’Allemagne te l’Espagne. L’accord de fond débouche sur une nouvelle offre qui doit permettre la réalisation d’un démonstrateur. Les deux avionneurs que sont Dassault et Airbus vont être responsables du développement de l'avion de combat de nouvelle génération (NGF). Celui-ci s'intégrera dans un "système de systèmes" qui s'articulera avec des drones accompagnateurs, le tout connecté, via un "cloud de combat", avec les autres moyens militaires engagés dans une opération.

Ce qui a été réglé :

Les deux avionneurs ont donc réussi à s’entendre sur la répartition des charges de travail d’une part. La position de chacun a été clarifiée afin que chacun soit considéré en tant que partenaire et non un sous-traitant du programme.

Ce qui ne l’est pas encore :

Pour autant, il reste des éléments à clarifier. L’un des gros morceaux est celui de la motorisation, en effet, le français Safran, l'allemand MTU et l'espagnol ITP, ne se sont toujours pas accordés en ce qui concerne la réalisation des moteurs.

De l’autre, des problèmes de propriétés intellectuelles concernant des travaux sensibles n’ont pas trouvés de solutions à ce jour.

Le contre la montre :

Le programme SCAF n’est pas encore complètement sorti d’affaires, et le temps joue en défaveur. En effet, il faut absolument trouver un accord global avant le mois de juin prochain, sans quoi le Parlement allemand pourrait purement et simplement refuser le budget de financement du SCAF. Un élément qui doit permettre de pérenniser le programme.

Photo : Maquette du SCAF @ Dassault