03/01/2021

Le Pentagone bloque la production à plein régime du F-35 !

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C’est une très mauvaise nouvelle pour l’avionneur Lockheed-Martin en ce début de nouvelle année. Le Pentagone a émis une décision négative sur l'approbation de la production à plein régime du F-35. Cette dernière est entièrement liée à l’obtention de la Pleine Capacité Opérationnelle (FOC).

La pleine capacité opérationnelle reste éloignée :

Cette décision est motivée par le fait que les responsables du programme restent incapables de dire quand l'avion de combat sera prêt pour les essais de combat qui ont été retardés à plusieurs reprises depuis 2017. Le plus récent des nombreux jalons pour une décision de production complète sur le programme « au plus tard en mars » de cette année vient d’être abandonné par Ellen Lord, la sous-secrétaire du Département de la Défense chargée de l’acquisition et du soutien.

« Les défis techniques et l'impact de Covid-19 » ont retardé la préparation de l'installation de simulation où les tests sophistiqués du système d'armes américain le plus coûteux seront menés, a déclaré Jessica Maxwell, la porte-parole d’Ellen Lord. Elle a déclaré qu'une nouvelle date serait « basée sur un examen technique indépendant ». Cela signifie qu'il faudra des mois après l’entrée en fonction de l'administration du président élu Joe Biden, avant que sa nouvelle équipe au Pentagone ait toutes les informations, dont elle aura besoin pour prendre une décision sur la production à plein régime du F-35.

Les tests de combat simulés devaient avoir lieu en janvier, dernière date d'un exercice autrefois prévu pour 2017. Une fois que les tests auront lieu, il faudra encore deux à trois mois pour transférer et analyser les données, puis rédiger un rapport final à remettre aux dirigeants du Pentagone et au Congrès.  

Les doutes s’accentuent sur le F-35 :

Une décision d'autoriser la production à plein régime serait un sceau d'approbation du ministère de la Défense aux contribuables américains et aux clients étrangers que le F-35 a été entièrement testé et jugé efficace contre les menaces de plus hauts niveaux, que l’avion peut atteindre ses objectifs de maintenance (qui ne le sont pas aujourd’hui) et peut être produit efficacement. Or, il n’en est rien pour l’instant. Pires, les nombreux reports jettent un peu plus de discrédits sur le programme F-35 qui continue de prendre du retard.

Plus de 600 des 3’200 avions potentiels du programme F-35 ont déjà été livrés, mais il n’a toujours pas démontré son efficacité contre les systèmes de défense aérienne et les avions russes et chinois les plus modernes et nombreux sont encore les problèmes qui grèvent le projet.

La certification :

Pour obtenir sa pleine capacité opérationnelle (FOC) et sa pleine production, le F-35 doit encore se soumettre à de nombreux essais. Ceux-ci seront effectués notamment sur un simulateur sophistiqué à Patuxent River au sein du Naval Air Station dans le Maryland. Ces essais doivent encore être validés lors d’exercices aériens complexes. Sans ces tests opérationnels et l’évaluation (IOT & E), soit une exigence formelle, il n’est pas possible de lancer la production à plein régime du F-35.

Pour l’instant, le bureau du programme F-35 du département de la Défense analyse les préparatifs des tests et s'attend à avoir des dates révisées pour la simulation et pour une éventuelle décision de production. Robert Behler, directeur des tests opérationnels du département de la Défense, mentionne dans son dernier rapport annuel, qui devrait être publié intégralement ce mois, que les quelques mois de tests au combat devraient désormais avoir lieu entre le milieu et la fin de 2021. Pour l’instant, le programme F-35 poursuit sa production initiale à faible taux. 

Le F-35 certifié IOC : 

Pour l’instant, le F-35 reste cantonné à la certification Capacité Opérationnelle Initiale (IOC). L’Australie a annoncé un peu avant la fin de l’année, avoir atteint la norme. A ce jour les États-Unis, Israël, l'Italie, la Norvège, la Corée du Sud et le Royaume-Uni ont obtenu l’IOC. Deux autres pays le Japon et les Pays-Bas exploitent des F-35 sur leur sol national. Mais, la tant attendue (FOC) reste encore un objectif lointain, suspendu également aux nombreuses améliorations de l’arrivée en 2024 du remplaçant d’ALIS, le nouveau système de diagnostic Operational Data Integrated Network (ODIN).

Malgré tout, le programme avance :

Si, le programme F-35 continue de faire couler beaucoup d’encre au sujet de ses nombreux retards et dû à des problèmes récurants, Lockheed-Martin continue d’avancer dans la mise en place des correctifs. Pour l’année 2020, l’avionneur annonce avoir livré 123 avions à fin décembre.

Les livraisons se déclinent de la manière suivante :  soit 74 F-35 ont été livrés à l'armée américaine, 31 à des pays partenaires internationaux et 18 à des clients des ventes militaires étrangères.

L’impact du COVID-19:

Lockheed-Martin a pris des mesures proactives pour atténuer les impacts sur les fournisseurs de COVID-19 et positionner le programme pour une récupération la plus rapide possible en ajustant les horaires de travail des employés, en maintenant les compétences spécialisées des employés et en fournissant des paiements accélérés aux petits fournisseurs vulnérables.

Premier essais d’ODIN:

L'année a également inclus la mise en service initiale du Réseau intégré de données opérationnelles (ODIN), le suivi du Système d'information logistique autonome (ALIS), avec d'excellents résultats initiaux.

Améliorations générales :  

L’avionneur met en avant de nombreuses améliorations et des avancées en ce qui concerne les taux de capacité de mission pour les avions qui ont continué de s'améliorer en 2020 avec des taux atteignants 70% et parfois un peu plus. Le F35 reste pour l’instant un avion unique en ce qui concerne la capacité à recueillir, interpréter et partager des informations avec diverses plateformes.  

Mais ces capacités exceptionnelles vont être rapidement rattrapées par la concurrence dans les toutes prochaines années, soit à court termes. De son côté, le F-35 doit encore batailler non seulement pour obtenir sa pleine capacité de production, mais également pour venir à bout des encore nombreuses maladies qui péjorent toujours le programme.  A noter, que même lors de l'obtention de la pleine production, des limites peuvent être décidées en ce qui concerne la FOC, si certains problèmes ne sont pas encore résolus. 

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Photos : 1 F-35 2 Chaîne de production @ LM

01/01/2021

Des P-8A « Poseidon » supplémentaires pour l’Australie !

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L’Australie prépare une commande additionnelle portant sur deux avions de patrouille maritime de type Boeing p-8A « Poseidon ». Cet achat portera la flotte à 14 exemplaires. Cette acquisition fait partie du plan du gouvernement visant à investir  205 milliards de dollars US dans les capacités de défense dans les années 2020.

L’augmentation substantiel de la flotte de P-8A va permettre d’améliorer la flexibilité de la Force aérienne pour prendre en charge de multiples opérations et joueront un rôle important pour garantir la sécurité de la région maritime australienne pour les générations à venir.

Rappel :

L'Australie a acquis le P-8A pour remplacer les 19 avions de patrouille maritime Lockheed AP-3C « Orion » qui sont en service depuis les années 1960. Les 12 P-8A seront exploités en tandem avec sept systèmes d'aéronef sans pilote (UAS) Northrop Grumman MQ-4C « Triton », qui seront acquis une fois le développement achevé par le constructeur et l'US Navy (USN).

Les livraisons à l'Australie ont débuté en novembre 2016, date à laquelle les escadrilles 10 et 11 ont réceptionné les premiers du P-8A. Dans le cadre de ce processus, la RAAF a envoyé ses équipages s'entraîner aux côtés de l'USN et du personnel britannique de la Royal Air Force (RAF) au Centre de test intégré (ITC) de la Naval Air Station (NAS) de Jacksonville en Floride.

L'AP-3C « Orion » a débuté son retrait progressif au sein de la RAAF, le dernier avion devant être retiré en 2023.

La capacité de carburant interne de près de 34 tonnes permet également au P-8A de mener des missions de guerre anti-sous-marine à basse altitude à une distance de plus de 2’000 km de la base.

Le Boeing P-8A « Poseidon » : 

Le P-8A " Poseidon " est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A "Poseidon" est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US-Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une importante réduction des coûts, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage. Cet avion équipé de liaisons 11 et 16 et de systèmes internet, doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec des drones.

Photo : P-8A « Poseidon » de la RAAF @ RAAF

29/12/2020

La Police du ciel pleinement opérationnelle 24/24 !

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Au 31 décembre, la police du ciel (PA24) est pleinement opérationnelle en Suisse. Deux avions de combat Boeing F/A-18 « Hornet » armés seront prêts 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Le projet Police aérienne 24 (PA24) a ainsi été mis en œuvre avec succès dans le délai prévu. Désormais, le service de police aérienne veille 24 h sur 24 à garantir la sécurité et la souveraineté sur l’espace aérien suisse. 

Rappel : 

Basé sur une motion du conseiller d'Etat Hans Hess (PLR(droite))  et du mandat parlementaire qui en découle, le projet PA24 a été lancé. Ce projet visant la disponibilité opérationnelle permanente de deux avions de combat armés, prêts à décoller dans un délai de 15 minutes au maximum et 3 minutes en cas d’alerte extrêmes s’est déroulé en quatre étapes :

La première a été réalisée en 2016 : les deux avions étaient prêts à être engagés du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h, pendant cinquante semaines. Cette disponibilité opérationnelle a été étendue à 365 jours dès 2017.

À partir du début de l’année 2019, les avions étaient prêts à intervenir de 6 h à 22 h. Et à la fin de 2020, ils seront disponibles 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Il n’est jamais trop tard :

Le projet de police du ciel aurait pu être mis en place depuis longtemps en Suisse, mais il a fallu compter sur insouciance de certains milieux politiques qui n’y voyaient pas l’intérêt. Pires, un renforcement de l’armée qui pouvait contrecarrer les espoirs de suppressions de cette dernière. De plus, pour les milieux antimilitaristes, la police du ciel était un outil inutile étant donné que la Suisse est entourée de pays amis capables de la protéger. Grave erreur, nos pays voisins sont alliés, mais la Suisse reste un partenaire de sécurité important au centre de l’Europe tout en restant maître de sa souveraineté. Aucun avion de combat étrangers n’ayant par exemple été autorisés à traverser le pays pour rejoindre des théâtres d’opérations extérieurs sans l’aval du gouvernement suisse.

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La police du ciel aurait donc pu être mise ne place plus tôt, avec une demande datant de 2002. Malheureusement, la politique et ses nombreux rouages n’ont fait que ralentir le projet qui finalement a été adopté en 2009.  

Pourquoi faut-il attendre 2020 ? 

Pour beaucoup de citoyennes et citoyens, il est incompréhensible que la mise en activité de notre police du ciel, soit aussi lente à mettre en œuvre. A cette question, le commandant de la base aérienne de Payerne de l’époque, le Colonel EMG Benoît Studemann explique les raisons de la montée en puissance progressive qui a été mise ne place : la mise en activité du projet PA24 demande une réorganisation en ce qui concerne le personnel de la base. En effet, pour assurer le bon déroulement d’une patrouille de F/A-18 « Hornet » de jour comme de nuit et les week-ends, il était impératif d’augmenter le nombre du personnel au sol et ceci, afin d’assurer un tournus de celui-ci. Mais ce personnel requiert une formation particulière, dont la moyenne est de trois ans. Par exemple, il faut 9 contrôleurs aériens supplémentaires, Skyguide ne peut former que deux nouvelles recrues par année et il faut trois années pour être qualifié.

Recrutement et formation additionnelles requis (3 années de formation) :

FA = 54 mécaniciens/électroniciens, 5 chefs d’équipe.

Base logistique de l’armée (BLA)= 20 mécaniciens/électriciens.

Base d’aide au commandement (BAC) = 1 électroniciens.

Skyguide : 9 contrôleurs aériens.

Il faut également noter qu’une partie du personnel au sol est également formé en tant que pompier avec un entraînement spécifique pour intervenir et neutraliser le feu sur un avion de combat armé de munitions réelles (missiles, obus). Le temps de réaction est très court, soit 90 secondes.

Le recrutement et la formation de ces personnes sont nécessaires pour renforcer les équipes déjà présentes pour assurer le tournus de la PA24, il faut pouvoir disposer de deux relèves de 11 personnes au sol sur la base et ceci en permanence. A cela s’ajoute 5 pilotes.

Surveillance radar 24/24 depuis 2005 : 

La surveillance active de l’espace aérien est déjà une réalité depuis 2005. Sa grande utilité a été démontrée à plusieurs reprises. On oublie souvent, que si les avions n’ont pu décoller par le passé, ce sont bien les aiguilleurs du ciel de l’armée qui ont coordonné les interventions des Forces aériennes voisines. Coordination par exemple, lors du cas de l’avion d’Ethiopian Airlines détourné sur Genève a été escorté d’abord par les Italiens, puis par les français.  Le projet PA24 va permettre de réaliser la disponibilité opérationnelle permanente avec deux avions armés prêts à décoller en l’espace de 15 minutes au maximum QRA15 (Quick Reaction Alert).

15 « Hot missions » et 290 live missions en 2020 : 

Même en temps de COVID avec une réduction quasi-totale de l’aviation civile, la PA24 a été engagée cette année lors de 15 « Hot missions » et 290 « live missions », contribuant ainsi grandement à la sécurité de l'espace aérien et à l'application de la souveraineté sur l'espace aérien suisse.

Les deux F/A-18 armés sont essentiellement engagés pour des « Hot missions » et des « live missions ». Dans le premier cas, il s’agit d’engagements déclenchés par la présence d’aéronefs qui violent l’intégrité de l’espace aérien de la Suisse ou qui commettent de graves infractions aux règles du trafic aérien. Les live missions, quant à elles, consistent en des contrôles ponctuels des aéronefs d’États étrangers, qui ne peuvent survoler le territoire suisse qu'avec une autorisation diplomatique (diplomatic clearance).

La disponibilité de la flotte en constante augmentation :

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La mise en activité de la PA24 s’est aussi une amélioration des infrastructures des bases aériennes dont celle de Payerne. La nouvelle infrastructure permet à Skyguide et aux Forces aériennes de renforcer leur collaboration dans la surveillance de l'espace aérien. Les deux organisations collaborent étroitement pour assurer la sécurité de l'espace aérien civil et militaire en Suisse et à proximité. Le bâtiment de l'ancienne tour sera conservé, mais la "tête de verre" sera démontée.

Le nouveau complexe qui entoure la nouvelle tour de contrôle abrite désormais l’ensemble des acteurs qui font marcher l’aérodrome. Jusqu’ici ces différents acteurs (pilotes, commandement, contrôleurs aériens) étaient engagés à différents endroits de la base, sans pouvoir se croiser. 

Le nouveau bâtiment abrite désormais le complexe des opérations. Il permet de réunir « Skyguide » et les membres des Forces aériennes dans un même lieu. Le bâtiment ultra-sécurisé offre la possibilité aux différents acteurs de la base de se rencontrer, de manger ensemble et surtout de pouvoir communiquer directement. Imaginez, qu’il y a peu, les pilotes de chasse ne connaissaient par exemple que la voix du contrôleur aérien. Cette nouvelle situation permet de renforce les liens de travail entre les différents métiers qui composent la base aérienne de Payerne.

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Le positionnement de la nouvelle tour permet d’agrandir le champ de vision par rapport à l’ancienne. Le nouveau complexe a reçu quelque 120’000 mètres de câble en fibre optique et 2’500 nouveaux connecteurs RJ-45 pour des télécommunications sécurisées. Ceux-ci ont été montés lors de la construction de la nouvelle tour de contrôle, afin de faciliter le transfert des systèmes de sécurité. De nouveaux systèmes modernes ont été installés et offre une coordination plus facile et plus rapide en cas de problème.

La Base aérienne de Payerne est le site principal du service permanent de police aérienne. Dans le cadre de la mise en œuvre du projet PA24, cette capacité sera prochainement renommée QRA (Quick Reaction Alert ou état de préparation opérationnelle de la défense aérienne). Dans certaines circonstances (p. ex. lorsque la piste est fermée à Payerne pour y effectuer des travaux d’assainissement), les engagements de police aérienne s’effectuent au départ d’Emmen ou de Meiringen. Comme en raison des nouveaux horaires de la PA24 du personnel technique sera désormais disponible 24 h sur 24 pour l’état d’alerte, notamment des mécaniciens sur avions, des travaux de maintenance supplémentaires pourront être effectués sur la flotte de F/A-18 en dehors des heures ordinaires d’exploitation. Grâce à cette synergie la disponibilité de la flotte sera continuellement améliorée, ce qui profite à l’instruction et à la disponibilité opérationnelle des Forces aériennes.

Pour la finalisation du projet fin 2020, près de 100 postes supplémentaires au total ont été créés aux Forces aériennes, à la Base logistique de l’armée et à la Base d’aide au commandement. L'augmentation de la capacité police aérienne sur 24 heures entraîne des coûts supplémentaires à près de 30 millions de francs par an. Ce montant comprend essentiellement des coûts liés au personnel, pour le contrôle du trafic aérien et de frais d’exploitation.

Avec la PA24 ou QRA il est possible que des jets de combat effectuent des vols en dehors des horaires habituels du service de vol militaire et en cas de nécessité même à vitesse supersonique. Cela est nécessaire pour assurer en permanence la sécurité de l’espace aérien suisse et sauvegarder la souveraineté de la Suisse.

Un espace aérien très fréquenté :

Notre pays se trouve au cœur des couloirs aériens européens, plus de 3'000 aéronefs de toutes tailles survolent au quotidien notre pays en moyenne. Les pannes, erreurs de pilotage et autres violations sont malheureusement choses fréquentes. Les avions de ligne, jets privés évoluent à haute altitude et souvent à grande vitesse. Les pilotes de « Hornet » doivent parfois, selon les cas, accélérer jusqu’au passage du mûrs du son, afin de rattraper l’avion sujet à un problème, causant malheureusement quelques désagréments en termes de bruit à la population. Cependant, il faut garder à l’esprit que ceux-ci ne sont rien face aux drames que de telles interventions ont probablement permis d’éviter. Pour l’année 2019, la PA24 enregistre déjà 11 « Hot Missions » et 166 « Live missions ».

La Police du ciel c’est :

Plus de sécurité, afin d’éviter une catastrophe dans notre espace aérien.

Une amélioration de la collaboration avec les Forces aériennes voisines. La Suisse est un partenaire incontournable pour la sécurité au centre Europe.

L’application de notre souveraineté aérienne et politique. 

La création de 100 emplois sur le site de Payerne avec aujourd’hui 364 emplois sur la base aérienne.

Un meilleur taux de disponibilité des avions. Les mécaniciens de piquets pour la PA24 sont occupés, lorsqu’ils ne sont pas à préparer un décollage en urgence, à la révision d’avions 24/24, ainsi que le week-end. Les cycles de révision G3 (300heures) et G6 (600h). 

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Photos : 1 Contrôle d’un A380 dans le ciel suisse @ DDPS 2 Contrôle d’un Fokker 50 hollandais @ DDPS 3 Nouvelle tour de contrôlle 4 Hornet prêt au décollage et armés @ 5 Décollage de nuit pour une Live Mission @ P.Kümmerling

 

28/12/2020

Des H145M HForce pour la Hongrie !

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Airbus Helicopters a débuté la livraison de l’hélicoptère H145M doté du système de gestion d’armes HForce à l'armée hongroise. Trois appareils ont été réceptionnés et deux autres sont prévus pour mars 2021. Ces nouveaux hélicoptères remplacent progressivement les M-8/17 & Mi-24.

Rappel :

C’est en juin 2018, que le ministère hongrois de la Défense a passé commande pour un total de 20 hélicoptères militaires H145M équipés du système d’armes HForce dans le cadre du programme de modernisation militaire « Zrinyi 2026 ».

Un profond changement :

L’arrivée du H145M HForces offre un profond changement pour l’armée hongroise. Cette dernière ne possédait pas jusqu’ici dans le cadre de ses unités d’hélicoptères de capacités de détection. Avec l’arrivée du H145M, c’est un environnement opérationnel numérique qui vient transformer en profondeur le dispositif d’engagement des hélicoptères hongrois. De plus, les H145M hongrois sont dotés d'un système de cordage rapide, d'une caméra haute performance, d'un double crochet de chargement, d'un palan, d'un kit de gestion des catastrophes, d'une protection balistique et d'un système de contre-mesures électroniques pour répondre aux exigences opérationnelles les plus exigeantes.

Doté du système de gestion d’armes Airbus HForce, la Hongrie pourra désormais armer rapidement et facilement ses hélicoptères au moyen d’un Rockwell Collins Deutschland (RCD) FMC-4212 General Purpose Computer (GPC), d’un viseur monoculaire monté sur casque Thales Scorpion (HMSD) ), d’un capteur électro-optique Wescam, ainsi que des nacelles d'armes. Les options d'armes comprennent des nacelles de mitrailleuses lourdes (HMGP) de 12,7 mm, des nacelles de canon de 20 mm, des missiles air-sol et air-air et / ou des roquettes non guidées et guidées de 68 mm et 70 mm. 

Le concept HForce :

Le concept HForce d’Airbus Helicopters est en soi une nouvelle offre intégrée pour les utilisateurs de la gamme des hélicoptères Airbus (ex Eurocopter). Le système doit permettre à des forces armées de renforcer ou de donner une puissance de feu à leurs hélicoptères de transport, tels que les H225 Super Puma/Cougar, le H125 Ecureuil/Fennec et les H135/635 et H145/645. Le système Airbus HForce permet donc d’armer ces types d’hélicoptères pour des pays n’ayant pas les moyens ou les besoins d’acquérir des hélicoptères d’attaques « Tigre « ou « Apache » par exemple. Pour les autres, il sera possible de compléter les capacités d’appuis feu déjà disponibles.

Le concept HForce s’articule autour d’un système « plug and play » ayant un ordinateur de mission commun qui permettra aux opérateurs de commander l'hélicoptère dans une configuration de base, sans armes, tout en gardant la possibilité de les mettre à jour facilement. Conçu autour d'un système de gestion Rockwell Collins Deutschland fonctionnant avec un viseur de casque Thales « Scorpion » monoculaire HSMD couplé à un système FLIR Wescam électro-optique/infrarouge. Le système permet de gérer le tir avec une mitrailleuse de 12,7mm ou un canon de 20mm, des roquettes et des missiles antichars AGM-114 « Hellfire ».

Le H145M : 

Le H145M est conçu à partir de la version civile et parapublique modernisée du H145 (anciennement dénommé EC145 T2 sous Eurocopter). Avec une masse maximum au décollage en augmentation (3 700 kilos), il peut être équipé d'équipements de mission, notamment d'un canon latéral monté sur pivot, il peut transporter des armes sur des mâts multifonctions ; des capteurs électro-optiques/infrarouges avec moyen de repérage d'objectifs ; ainsi que des solutions d'avionique militaire pour les communications, la navigation et la gestion de vol.

Équipé d'un dispositif de descente sur corde pour les opérations spéciales, le H145M bénéficie d'une capacité de survie améliorée par la protection balistique de l'équipage, des réservoirs de carburant auto-obturant et un système de guerre électronique d'autoprotection contre les menaces de missiles.

Bénéficiant de la robustesse, des faibles coûts d'exploitation et de la disponibilité élevée des hélicoptères éprouvés de la famille EC145/H145 d'Airbus Helicopters, le nouveau H145M est doté de moteurs Turbomeca Arriel-2E, un système numérique de régulation des moteurs à pleine autorité (FADEC) sur deux canaux, un rotor de queue caréné Fenestron®, ainsi que des boîtes de transmission modernisées pour les rotors principal et de queue. La masse maximum au décollage de cet hélicoptère modernisé est augmentée de 50 kg, tandis que ses performances en vol stationnaire - même avec une seule turbine opérationnelle - sont cruciales pour la sécurité en vol et le succès des missions, en particulier dans le cadre d'opérations spéciales ou de recherche et de sauvetage au combat.

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Photos : 1 Les deux premier H145M HForce hongrois 2 H145M hongrois @ Airbus Helicopters

 

 

 

27/12/2020

Vol inaugural pour le premier NH90 qatari !

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Les fins d’années sont souvent le théâtre de nombreuses nouveautés, cette année en est encore une fois la preuve. Le consortium NH Industries (NHI) a effectué le vol inaugural du premier hélicoptère de type NH90 NFH destiné au Qatar. Les premières sorties se sont achevées respectivement le 15 décembre à Venise Tessera et le 18 décembre à Marseille, les sites de production des sociétés partenaires NHI Leonardo Helicopters et Airbus Helicopters.

Les vols comprenaient le décollage, la gestion générale, les vérifications fonctionnelles et les atterrissages. Tout s’est bien déroulé.

Rappel :

C’est en mars 2018, que le ministère de la Défense du Qatar a annoncé un contrat pour l'achat de 28 hélicoptères militaires multirôles NH90 de taille moyenne. L'accord a été annoncé lors de l'exposition DIMDEX à Doha en présence du ministre italien de la Défense Roberta Pinotti et du PDG de Leonardo, Alessandro Profumo.

Le programme global est évalué à plus de 3 milliards d'euros pour le consortium NHI, et comprend 16 NH90 TTH pour les opérations terrestres, 12 NH90 NFH pour les missions navales, un support complet, des services de formation à la maintenance et les infrastructures associées.

Le programme pourrait être étendu à l'avenir avec l'ajout de 6 + 6 unités dans un mélange de variantes TTH et NFH. Leonardo assumera la responsabilité globale de la gestion du programme, de l'assemblage final et de la livraison des 12 hélicoptères NH90 NFH de son usine de Venise-Tessera en Italie du Nord et le soutien aux équipages et techniciens de maintenance. Pendant ce temps, Airbus Helicopters sera responsable de l'assemblage final de 16 NH90 TTH.

Les livraisons devraient commencer avant juin 2022 et se poursuivre jusqu'en 2025. Leonardo fournira et contribuera et intégrera divers équipements comme l’avionique et les capteurs.

Les NH90 destinés aux Qatar :

Les NH90 destinés aux Qatar seront notamment dotés du système électro-optique Leonardo LEOSS-T HD, d’un enregistreur vidéo de mission HD, du système d'identification automatique, la liaison vidéo tactique et l'affichage Full HD pour les consoles de cabine. De plus l’hélicoptère sera doté de missiles air-sol et de torpilles pour les missions de guerre anti-surface (ASuW) et anti-sous-marine (ASW).

Le NH90 :

L’hélicoptère NH90 de nouvelle génération est adapté à un large éventail de missions comptant parmi les plus exigeantes : logistique et transport utilitaire, recherche et sauvetage au combat (RESCO), évacuation sanitaire, opérations spéciales et lutte anti-terrorisme.

Dans sa configuration opérationnelle finale, le NH90 dispose d’une avionique éprouvée qui permet d’accomplir des missions de jour comme de nuit sans restriction majeure, d’équipement d’autoprotection performants, d’un système de communications militaires interopérable pour les opérations internationales et des équipements pour un déploiement par navire.

Le NH90 (NATO Helicopter) est un hélicoptère biturbine européen de transport militaire de la classe des 10 tonnes conçu entre la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays Bas, rejoints par le Portugal en juin 2001 et la Belgique en 2006. Le NH90 se décline en 2 versions : TTH (transport tactique) et NFH (lutte anti-surface et anti-sous-marine).

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Photos : le premier NH90 destiné au Qatar @ Leonardo