29/01/2021

Paris commande des Rafale !

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La Ministre des Armées, Madame Florence Parly, a confirmé aujourd’hui une commande portant sur 12 avions de combat Rafale. Ces appareils doivent venir combler ceux vendu à la Grèce.

« Avec les avions que l'avionneur doit déjà livrer, cette commande permettra d'assurer la pérennité de du plan de charge jusqu'à la fin de l'année 2025", a déclaré la ministre lors d'un déplacement sur le site de Dassault Aviation à Argonay en Haute-Savoie.

L’objectif est double, il s’agit d’une part de ne pas laisser de vide dans le renouvelement de la flotte d’avions de combat de l’Armée de l’air et de maintenir une cadence d'environ un Rafale par mois, en production. Ce maintien est essentiel pour maintenir la viabilité des chaînes de production au sein de Dassault Aviation. Pour l’avionneur français une telle cadence représente près de 7'000 emplois au total, en tenant compte de différent fournisseurs et équipementiers.

Ces appareils seront livrés à la fin des livraisons des 28 déjà en commandé par la France auprès de Dassault. Au total, l’Armée de l’air devrait pouvoir compter sur 129 Rafale. L’aéronavale on comptera 42.

Des Rafale au standard le plus moderne :

Selon le calendrier évoqué par Mme Parly, les 12 nouveaux Rafale seront au standard F-4. De fait, l’Armée de l’air pourra compter sur un renouvellement d’avions neufs au standard le plus haut, plus important que prévu et plus rapidement. 

Que va apporter ce nouveau standard : 

Cette évolution de l’avion français doit permettre d’amener celui-ci pleinement dans le combat en réseau avec de nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, serveur de communication, radio logicielle. De nouvelles fonctions seront également développées pour améliorer les capacités de l’avion comme l’évolutions des capteurs et du radar, de l’optronique secteur frontal (IRST), capacités viseur de casque et de nouveaux armements seront intégrés comme le missile air-air Mica NG et l’armement air-sol modulaire de 1’000 kg.

Enfin, en termes de disponibilité, Dassault travaille dans le cadre d’un MCO (Maintien en Condition Opérationnelle) qui sera davantage verticalisé sous l’autorité de l’avionneur. F4 comprendra un nouveau Système de Pronostic et d’Aide au Diagnostic introduisant des capacités de maintenance prédictive. D’autres optimisations de la maintenance sont également programmées, avec notamment des solutions basées sur le Big Data et l’intelligence artificielle. Enfin, le Rafale sera doté d’un nouveau calculateur. La validation du standard F4 est prévue pour 2024, avec certaines fonctions disponibles dès 2022.

Photo : Rafale F-3R @ Dassault Aviation/ A. Pecchi

 

27/01/2021

Avions de combat, un changement de paradigme au sein de l’USAF ?

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Vous le savez certainement, le concept actuel de l’US Air Force est basé sur l’emploi d’avions furtifs tels que le F-22 et le F-35 posent de sérieux problèmes. D’une part, le F-22 n’est plus produit et de fait, il en faudrait davantage. De l’autre le F-35 apporte effectivement une réponse en matière de supériorité grâce à la guerre en réseau, mais son prix et ses maladies de jeunesse péjorent l’arrivée en ligne en temps et en nombre. L’analyse montre que l’USAF manque d’aéronefs et ne peut réagir face à la multiplication des menaces engendrées l’arrivée presque simultanée de nouveaux avions chinois par exemple.

Combler les vides :

La première action entreprise par l’USAF a été de relancer la production du F-15 avec la nouvelle mouture, le F-15EX. Ce redémarrage de la production de F-15 au lieu d'augmenter les achats de F-35 a fait l'objet de nombreux débats ces derniers temps. Le général Mike Holmes, responsable du Commandement du combat aérien, a déclaré : « Le F-15EX est le moyen le plus abordable et immédiat de rafraîchir la capacité et de mettre à jour les capacités fournies par nos flottes vieillissantes de F-15C/D. Le F-15EX est prêt à se battre dès qu'il sort de la ligne d’assemblage. »

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Avec cette position, l’USAF reconnait ainsi les faiblesses actuelles de son « Concept » et mise ainsi sur la « mixité » des systèmes volants. Le F-15EX devant apporter un soutien qualitatif et en nombre pour soutenir le F-22 en sous-effectif.

Et maintenant le F-16 ?

Cette nouvelle approche de l’USAF semble lui donner des ailes. En effet, la semaine dernière, un porte-parole de l’USAF a déclaré que celle-ci envisageait maintenant d'acheter de nouveaux avions de combat de quatrième génération de type F-16 Block70/72 « Viper » neufs et même de soutenir la production du Block80 envisagé par Lockheed Martin. Et d’ajouter que des nouvelles commandes de Lockheed Martin F-16 neufs sont sérieusement discutées en haut lieu.

Modification des programmes d'approvisionnement :

Ce nouveau « Concept de mixité » F-22, F15EX, F-35, F-16 confirme un changement de paradigme, qui renie tout simplement les 30 dernières années de gestion des programmes au sein de l’US Air Force. Les réflexions qui en découlent vont encore plus loin avec la transformation du programme NGAD (Next Generation Air Dominance) en une initiative similaire à ce que fût la série « Century Series » en terme de création rapide d’avions.

Will Roper, le nouveau Directeur des acquisitions de l’US Air Force a créé un nouveau bureau pour aider au développement de technologies de chasse avancées. La nouvelle version de la « Century » fera appel à l’architecture numérique, à l’architecture des systèmes ouverts modulaires et au développement de logiciels agiles pour concevoir des avions avancés plus rapidement et entrer en production avec un coût nettement inférieur. Cette nouvelle vision contraste fortement avec les programmes existants, qui peuvent durer des années tout en ne produisant qu'un seul avion.

La série « Digital Century » vise à améliorer la vitesse et la flexibilité avec lesquelles les avions peuvent être pilotés en utilisant des technologies de conception et de fabrication entièrement numériques et ne modifiera pas les technologies de combat poursuivies au NGAD.

Ce nouveau bureau exécutif du programme (PEO) est dirigé par le colonel Dale White, qui a de l'expérience dans le développement et l'acquisition de plateformes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, avec d'autres rôles. Il a également participé au programme Northrop-Grumman B-21 « Raider ».

Pourquoi ce changement ?

D’une part le concept actuel pose un problème de compétence en ce qui concerne la répartition du savoir faire entre les avionneurs américains. Lockheed-Martin se taille la part du lion avec le F-22 et le F-35, laissant ainsi Boeing et Northrop-Grumman sur la paille. Ces deux derniers pourraient à terme perdre des capacités de développement technologique. Une telle perte pourrait au final compromettre les chances de mise au concours futures.

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De l’autre, le système actuel produit des avions trop chers. Le modèle actuel ne permet pas, par exemple de réagir face à la production de 3 à 4 avions de nouvelles générations en Chine. Hors, il faudra à l’avenir être capable de répondre rapidement à une nouvelle menace en créant un nouvel avion ou plus simplement un dérivé d’un aéronef existant qui réponde à celle-ci de manière spécifique.

F-15/F-16 en attendant la Digital Century :

Les nouveaux F-15 en commande et probablement, si cela se confirme une nouvelle série de F-16 viendraient combler les faiblesses du système actuel et permettrait de patienter jusqu’à la mise en place de la « Digital Century ». Cette dernière offrira à l’US Air Force, de disposer assez rapidement d’un nouvel avion furtif qui servirait de nœud central au NGAD, fonctionnant en réseau avec des capteurs, des drones et d'autres plates-formes. L’USAF utiliserait le prototypage pour accélérer l'utilisation de technologies clés dans l'espoir de les faire mûrir suffisamment tôt pour pouvoir être intégrées dans des aéronefs perfectionnés au début des années 2030. De fait, au lieu de produire un super avion, l’objectif serait de construire rapidement le meilleur chasseur que l’industrie puisse rassembler en quelques années, en intégrant toute la technologie émergente existante. Le service sélectionnerait, mettrait un petit nombre d’appareils sous contrat, puis relancerait une nouvelle ronde de concurrence entre les constructeurs de chasseurs, qui réviserait leurs conceptions de chasseurs et exploreraient de nouvelles avancées technologiques. Le résultat serait une famille d’aéronefs en réseau, certains plus interdépendants que d'autres, développés pour répondre à des besoins spécifiques et intégrant les meilleures technologies à bord d'une cellule unique. Un jet pourrait être optimisé autour d'une capacité révolutionnaire, comme un laser aéroporté. Un autre pourrait donner la priorité aux capteurs de pointe et ainsi de suite.

Président de l'état-major interarmées, Joseph Dunford a déclaré à la Commission des forces armées du Sénat que le "cadre" de cette décision provenait d'une étude des besoins futurs de la flotte d'appareils tactiques de l'armée, qui a montré que l'armée de l'air souffrait d'un manque de nombre d'appareils et de la quantité de ces appareils. Il était urgent de trouver une solution viable du point de vue coût/efficacité. "Donc, dans les cinq ou dix prochaines années, la meilleure solution consiste à utiliser le F-15EX « Advanced Eagle » pour remplacer le F-15, tout en continuant avec le F-35, mais en nombre réduit.

Le redémarrage de la production de F-15 pour l'US Air Force au lieu d'augmenter les achats de F-35 a fait l'objet de nombreux débats ces derniers temps. Le général Mike Holmes, commandant du Commandement du combat aérien, a déclaré : « Le F-15EX est le moyen le plus abordable et immédiat de rafraîchir la capacité et de mettre à jour les capacités fournies par nos flottes vieillissantes de F-15C/D. Le F-15EX est prêt à se battre dès qu'il sort de la ligne d’assemblage. »

Mélanges des capacités :

Dans le cadre de la NGAD, Will Roper explique que la mixité F-22/F15EX, F35/F16 Viper prépare ainsi l’arrivée de la « Digital Century » en termes de capacités. En d’autres termes, le mélange de capacités des avions de 4ème et 5ème  générations permet de répondre au plus près des réalités du terrain. Mais le concept ne s’arrête pas là. Le tout doit être complété avec des drones de combat à moindre coût utilisant des systèmes pilotés par l'IA pouvant aider l'USAF à adopter, enfin une plateforme d'attaque légère. Will Roper a également indiqué que les économies de coûts liées à l'utilisation de drones pourraient libérer des fonds pour résoudre le problème des attaques légères, ainsi que d'autres besoins de l’USAF.

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Photos : 1 A-10, F-22, F-35, F-15, F-16 @ USAF  2 F-15EX @Boeing 3 F-35 @ USAF 4 avion futur @ Boeing

 

26/01/2021

Sikorsky & Boeing présentent un SB-1 plus aérodynamique !

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Sikorsky et Boeing ont dévoilé ce en début de semaine une version aérodynamique du SB-1 « Defiant » pour la compétition du Future Long-Range Assault Aircraft (FLRAA) de l’armée américaine.

Le «Defiant X» dispose de correction de la cellule pour améliorer l’aérodynamique et réduire la signature thermique de l’aéronef. Comme le SB-1, le X est doté d'un système de rotor coaxial rigide et d'une hélice de poussée, permettant une croisière à grande vitesse tout en conservant des qualités de maniement à basse vitesse qui augmentent la capacité de survie dans les environnements de défense aérienne à haut risque.

Le SB-1 a commencé les essais en vol en 2019 et a atteint des vitesses de 230 nœuds en descente en octobre 2020. Le X devrait être plus rapide. Il est en concurrence avec le tiltrotor V-280 « Valor » de Bell, qui a atteint des vitesses de 300 nœuds

Le gagnant du concours qui pourrait obtenir un contrat jusqu'à 40 milliards de dollars produira potentiellement des milliers d'aéronefs pour remplacer les « Blackhawk » de la série Sikorsky UH-60 qui sont en service depuis 1979.  

Le Sikorsky/ Boeing SB-1 « Defiant » :

Le SB-1 est un hélicoptère doté d’un double rotor coaxial avec une hélice propulsive montée sur la queue. Il s’agit d’un hélicoptère de démonstration de taille moyenne destiné au programme conjoint de démonstrateurs technologiques multi-rôles de l’armée américaine. Les futurs hélicoptères issus du démonstrateur sont destinés à remplacer le Sikorsky UH-60 « Black Hawk » et le Boeing AH-64 « Apache ». Le SB-1 est en concurrence avec le Bell V-280 « Valor » pour le modèle de transport tactique.

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Photos : 1 la nouvelle ligne du SB-1 2 le prototype actuel avec l’ancienne ligne @ Sikorsky/Boeing

 

25/01/2021

Avions de combat, l’Argentine en discussion avec la Russie !

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L’Argentine continue d’explorer les possibilités d’achats pour un nouvel avion de combat. Ces dernières années, le pays n’a pu acquérir aucun appareil et ceci à cause de l’embargo britannique. Les tentatives de ventes de l’avion suédois Saab Gripen E ou plus récemment le coréen KAI FA-50 ont toutes été avortées par le fait que des éléments de fabrication anglaises se trouvaient à bord. De l’autre, français et américains ont suivi la demande de « non exportation » demandée par Londres. Seuls 5 avions de type" Super Etandard " d'occasions avait pu être vendus à l'aéronavale argentine en 2017 *.

Bueno Aires poussée dans les bras de Moscou :

Je l’expliquais, il n’y pas si longtemps dans un article précédent, cet embargo risque à terme de pousser l’Argentine en direction de la Russie et peut-être même de la Chine. C’est exactement ce qui semble se réaliser. Dans une information relayée par plusieurs médias spécialisés en Amérique latine, on apprend que le commandant de l'armée de l'air argentine, le brigadier-major Xavier Isaac, a rencontré l'ambassadeur de Russie dans le pays, Dmitri V.Feoktistov, avec qui il a discuté des perspectives de coopération technique et militaire bilatérale entre les deux nations le 19 janvier dernier. Il en ressort que la Russie offre un large panel d’équipement militaire avec notamment :  l'avion d'entraînement Yakovlev Yak-130, les avions de combat MiG-35 et Sukhoi Su-30SM. Les offres comprendraient également une participation à l’assemblage des aéronefs avec un transfert de technologie partiel et de l’entretien.

Mise en garde :

De son côté, l'ancien Général de l'US Air Force Robert C. Kehler explique que la modernisation de l'aviation argentine avec des aéronefs russes, serait une catastrophe politique, qui aurait de graves répercussions à l'avenir. En effet, s'ajoutant au non règlement de la crise des Malouines, l'Argentine prendrait un sérieux avantage à l'avenir en cas de détérioration des relations avec l'Angleterre. Celle-ci, devrait alors renforcer son dispositif militaire sur l'île de la discorde, ce qui compliquerait sérieusement son planning de modernisation de ses forces armées.

Les offres russes à l’Argentine :

Yakovlev YAK-130 :

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Le premier vol du Yak-130 a eu lieu en 1996 et il fut officiellement retenu par la force aérienne russe en 2002. Initialement, il devait être développé et produit en coopération avec la firme italienne Leonardo, mais suite à de nombreuses différences de point de vue chacune des deux parties continua de son propre chef, d’où l’extrême ressemblance entre le Yak-130 et le M-346.

Le Yak-130 a subi une longue phase d’essais de 2005 à 2009 impliquant 3 appareils. Les Yak-130 sortent de deux chaines de production, l’une à Nizhny Novgorod et l’autre se situe à Irkutsk. Le Yak-130 est un avion très maniable subsonique avec un rayon d’action de 2’000 kilomètres et une vitesse maximale de 1’060 km h en vol en palier. Il peut transporter une charge utile de combat d'un maximum de 3’000 kg, composé d'une variété d'armes russes et occidentaux.  Le Yak-130 peut être utilisé à partir de pistes non goudronnées et de petits aérodromes non préparées. L'appareil dispose d'un cockpit en tandem climatisée et pressurisée à équipés de sièges éjectables NPO Zvezda K-36LT3.5 de type zéro-zéro (zéro altitude, zéro vitesse). Les pilotes ont une vue à travers une verrière thermoformée.

Le Yak-130 de production est le premier avion russe avec une suite avionique entièrement numérique. L'avionique répond au Standard MIL1553 et peut être adapté aux besoins du client. Comme un avion d'entraînement avancé, Yak-130 est adapté pour la formation des pilotes ou le recyclage pour permettre de transiter sur des appareils de quatrième et cinquième génération. Il peut également effectuer diverses variétés de missions comme l’attaques au sol et les missions de reconnaissance

Le MiG-35 « Fulcrum-Foxtrot » :

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Le MiG-35 « Fulcum-F » (Foxtrot) représente un développement ultime du célèbre MiG-29. Il est un dérivé du MiG-29OVT de démonstration. Il fait partie de la quatrième génération des chasseurs MiG. Construit dans l’usine Sokol de Nijni-Novgorod à 500km à l’est de Moscou.

Les ingénieurs de MiG ont mis l'accent sur la fiabilité de la cellule, des moteurs et de l'avionique. Le chef de la direction de MiG, Sergei Korotkov, a déjà déclaré que le MiG-35 dispose d’une vitesse de Mach 2,23 et une portée opérationnelle 1,5 fois plus longue que le MiG-29 actuel. Il dispose deux impressionnants moteurs Klimov RD-33OVT munis de buses bidirectionnelles de vectorisation de poussée. Cela contraste avec les avions comme le Su-35 actuel et le F-22 « Raptor » américain qui n'utilisent que la vectorisation de poussée verticale à un seul axe.

Le MiG-35 est équipé d'un système de ciblage électro-optique NPK-SPP OLS-K. Le système de ciblage et de surveillance OLS-K est monté directement sur l'avion sous le fuselage droit (tribord) sur la nacelle du moteur. Le capteur OLS-K peut suivre les véhicules en mouvement sur 20 kilomètres et les contacts de surface en mer pendant 40 kilomètres. Un télémètre laser intégré calcule la distance de la cible jusqu'à 20 kilomètres. L’avion dispose d’un système de désignation laser pour les armes guidées. Le nouveau télémètre laser et télémètre PPK permet au MiG-35 de guider de façon autonome des munitions de précision de la même façon que les F-15 E américain. A noter que cette nouvelle capacité de ciblage par précision pour les armes air-sol, est en soi une nouveauté dans la doctrine aérienne russe.

Le MiG-35 dispose du radar actif à balayage électronique (AESA) Zhuk-MAE (Zhuk-AE pour l’exportation) d’une portée de 130 à 200km pouvant traquer une trentaine de cibles et en engager 8. L’avion mettre en œuvre les derniers systèmes d’armes russes, dont les missiles R-77 et K-74M. La charge militaire avoisine maintenant les 6 tonnes. En matière d’avionique le pilote dispose d’un cockpit doté de 4 écrans couleur LCD.

Le Sukhoi Su-30SM :

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Pour développer cette version, Sukhoi profita de son expérience avec le programme Su-35 en ce qui concerne par exemple l’avionique. Tout comme la version le Su-30 MKI, le « SM » dispose de plans canard et de tuyères avec poussée vectorielle couplées aux moteurs Saturn Lyulka AL-31FP.

L’appareil dispose d’un radar à antenne à balayage électronique (AESA/PESA) du Tikhomirov Scientific Research Institute de type BAR-R N-011M couplé à un IRTS OLS-30 et le système Optico-Laser-teplotelevizionnaya. L’antenne en bande X permet de suivre 30 cibles aériennes en mode piste, pendant l’exploration et d’engager 6 cibles simultanément en mode attaque. La particularité du radar vient du fait que celui-ci est une transition entre PESA et AESA dans la mesure où il adopte les technologies des deux: chaque émetteur-récepteur du réseau d'antennes du N-011M possède son propre amplificateur de récepteur, identique à celui de l'AESA et avec un niveau de bruit de 3dB, qui est également dans la même classe de tableaux AESA. Cependant, pour la transmission, le N-011M utilise la technologie PESA, avec un seul tube à ondes progressives Chelnok, qui est utilisé pour l’émetteur EGSP-6A.

L’avionique est également de dernière génération avec écrans multifonctions (EFIS), système de positionnement par satellite GLONASS est couplé au système de navigation SOLT-25. Celui-ci est spécifique pour la navigation en conditions difficiles. Un nouveau système de communication sécurisé S-108 NKVS-27 équipe l’aéronef de série. Par ailleurs, l’avion dispose du système de mise en réseau KS-2/R-098 (Tipovyi Kompleks Svyazi) de données de vol Intra-Flight chiffré (IFDL) qui permet la mise en réseau jusqu'à 16 chasseurs Sukhoi. Le système de guerre électronique est basé sur le Khibiny-MV-10V, L-175B et L-175M. Le Khibiny est un système avancé de guerre électronique (EW) monté sur avion, il est capable de brouiller les systèmes d'armes radar à la pointe de la technologie. L’avion est doté du système de ciblage SVP-24 qui permet l’usage d’armes guidées ou non.

L’armement est multiple pour permettre l’engagement air-air et air-sol, mais également air-surface. L’option de dissuasion nucléaire est également possible avec capacité de frappe d’interdiction et la suppression des défenses antiaériennes. L’avion emporte de base un canon de 30mm GSh-30-1.

*vente de Super Etandard à l'aéronavale argentine:

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2017/10/07/l-argenti...

 

Photos : 1 Su-30SM 2 Yak-130  3 Mig-35 4 Su-30SM @ UAC

22/01/2021

Les EAU commandent 50 F-35 !

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Les Émirats arabes unis ont signé un accord avec les États-Unis portant sur un total de 50 avions de combat Lockheed Martin F-35A pour un coût estimé à 10,4 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis, l'un des alliés les plus proches de Washington au Moyen-Orient, ont depuis longtemps exprimé leur intérêt pour l'acquisition des avions furtifs F-35 fabriqués par Lockheed Martin et se sont vu promettre une chance de les acheter dans le cadre d'un accord parallèle lorsqu'ils ont accepté de normaliser les relations avec Israël en août dernier. 

Signature avant l’investiture :

L'accord avait été signé environ une heure avant l'assermentation du nouveau Président Jo Biden. Le document a donné aux Émirats arabes unis la possibilité d'accepter le calendrier et la configuration négociés des avions tout en officialisant la demande d'achat. La date de livraison finale dans le pays n'a pas pu être confirmée immédiatement, mais la proposition initiale envoyée aux EAU indiquait 2027.

Maintenir la supériorité d’Israël :

Pour pouvoir vendre l’avion furtif aux EAU, les USA ont travaillé à la structure d’un accord sans gêner l’allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins.

La sophistication technique du F-35 qui intéresse énormément les clients potentiels est intimement liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement. C’est cette puissance de calcul intégrée dans le F-35 qui le rend si efficace dans l’analyse des données qui vont permettre d’obtenir une vision de la situation quasi parfaite. Cette même puissance et au cœur du système en réseau qui apporte les véritables changements de la gestion du combat aérien. Mais qu’en est-il de la valeur du F-35, si ce système si performant est « ainsi bridé » pour les clients étrangers de l’avion ? Certes, il restera plus performant que d’autres appareils plus anciens, mais qu’adviendra-t-il, lorsque la concurrence mettra prochainement sur le marché des aéronefs disposant d’une capacité de calcul équivalente ?

Des F-35 bridés :

Les avions de combat F-35 vendus aux Émirats arabes unis pourraient être construits de manière à garantir que les mêmes avions appartenant à Israël surclassent tous les autres vendus dans la région.

En effet, il faut savoir que Washington exige déjà que tout F-35 vendu à des gouvernements étrangers ne puisse égaler les performances des avions américains, a déclaré un membre du Congrès. La sophistication technique du F-35 est liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement et « c'est la puissance de calcul qui vous permet de vendre un avion de plus haute technologie à Israël qu'aux Émirats arabes unis », a déclaré Doug Birkey, directeur exécutif du Mitchell Institute for Aerospace Etudes à Washington. Toujours selon Birkey, « lorsque des pilotes étrangers sont en formation aux États-Unis, ils tapent un code dans une interface utilisateur lorsqu'ils montent à bord d’un F-35, le code attribue une capacité présélectionnée dans l’avion, différente pour chaque pilote en fonction des autorisations légales données aux pays utilisateurs ».  

Cette affirmation montre clairement que des niveaux de capacité sont décidés par Washington pour chaque pays utilisateurs du F-35. Les clients n’ont du coup pas la pleine capacité à disposition, de fait d’un système qui « bride » l’avion. 

Que va faire Biden ?

Le président Jo Biden a déclaré qu'il réexaminerait l’accord. Dès le début de cette affaire, les sénateurs américains se sont écharpés sur le bien-fondé de cette vente. Emmené par le sénateur démocrate Chris Murphy, qui avait déclaré que le fait de conclure l'énorme contrat d'armement avec les Émirats arabes unis (EAU) en ce moment comportait un « danger ». Murphy a justifié sa position par la présence d'un « grand nombre de questions et de problèmes auxquels l'administration du président américain Donald Trump n'a pas répondu ». Diverses organisations évoluant dans les domaines de la défense des droits de l'homme et du contrôle des armements ont signé une demande pour annuler la vente d'armes aux EAU, que le Congrès, dominé par les Républicains. Cette tentative ayant échoué. C’est à la nouvelle administration de la Maison Blanche de prendre position. Quoi qu’il en soit, si le nouveau président autorise la vente des F-35 aux EAU, ceux-ci seront « bridés » et donc sérieusement limités dans leurs capacités. 

Photo : F-35I au décollage @ IAF