21/05/2021

Le Rafale F4 est une réalité !

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Le futur standard de l’avion de combat Rafale est déjà en partie une réalité. Un premier appareil F4-1 a effectué une campagne d’essais à Istres sous la direction de la DGA.

Selon le site de la DGA,huit missions complexes représentant 50 sorties d’aéronefs ont été réalisées par des équipages d’essais de la Direction générale de l’armement (DGA), de la Marine nationale, de l’armée de l’Air et de l’Espace et de Dassault Aviation. Ils ont permis d’insérer deux Rafale dans l’état courant de développement du standard F4-1 au sein d’un dispositif aérien de grande ampleur, comptant jusqu’à 8 appareils en zone de combat pour les phases tactiques, ainsi que des créneaux de ravitaillement en vol. Le Rafale F4-1 a ainsi pu être éprouvé, dans un cadre technico-opérationnel réaliste : les équipages, dotés de viseurs de casque SCORPION, ont pu mettre en œuvre les nouvelles fonctionnalités de combat collaboratif, notamment la localisation précise d’autres aéronefs par des moyens passifs au sein d’une patrouille.

Cette campagne de revue d’aptitude à l’utilisation (RAU) a mobilisé de nombreux moyens aériens du ministère des Armées : 8 Rafale dont 2 Rafale Marine, 2 Mirage 2000 et 2 Alphajet, auxquels se sont ajoutés la mise à disposition journalière de la zone d’entraînement Méditerranée par la Marine, et par d’importants moyens sol de DGA Essais en vol : contrôle aérien spécifique d’essais, salles d’écoute et systèmes de trajectographie. Des contributeurs de Dassault Aviation, Thales et MBDA étaient également présents afin de suivre en temps réel la réalisation des vols d’essais, d’apporter leur expertise et de bénéficier en direct du retour des équipages, riche en enseignements pour orienter les développements en cours.

La prochaine campagne de RAU du Rafale F4-1 ciblera, de façon complémentaire, l’évaluation des capacités de ce nouveau standard dans le domaine des missions Air-Surface. Elle sera de nouveau organisée par les équipes de DGA Essais en vol avec le concours des Forces depuis la base aérienne 125 « Charles Monnier » d’Istres. « Ce standard repose sur quatre piliers : la connectivité, l’engagement, la disponibilité ainsi que la détection et la lutte contre les menaces, a souligné la ministre des armées. Ce standard F4 est un saut technologique, un saut industriel, un saut stratégique. » Le Rafale F4 vise en premier lieu l’amélioration de la connectivité du Rafale et des modes de travail en réseau associés, aussi bien dans un contexte national qu’interallié. Le Rafale F4 constituera une première étape pour le combat collaboratif connecté multiplateformes et donc vers le système de combat aérien du futur (SCAF). La capacité du Rafale à opérer face aux nouvelles menaces sera renforcée grâce à l’amélioration du système de protection et d'évitement des conduites de tir (SPECTRA), de l’optronique secteur frontal (OSF), de la nacelle de désignation TALIOS et du radar à balayage électronique RBE2. Ce nouveau standard prévoit également la prise en compte des futures évolutions des missiles ASMP-A, SCALP, de l’AASM 1000 kg modulaire et MICA NG, sans oublier les évolution du Meteor. Enfin, des développements faciliteront la préparation opérationnelle et le soutien en service avec l’introduction de fonctions d’aide au diagnostic de pannes, de maintenance préventive et la modernisation du calculateur du moteur M88. 

Certes, le Rafale F4 n'est pas encore au stade définitif, mais l'avion est une réalité et son développement suit selon le calendrier du programme prévu par l'avionneur Dassault Aviation. 

Un développement à long termes :

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Le standard F4 est le fruit de travaux conduits en plateau collaboratif par la Direction générale de l’armement (DGA), les états-majors des armées et la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé). Lancé moins d’un mois après la qualification du standard F3-R, ce nouveau standard s’inscrit dans la logique de développement du Rafale, lui permettant ainsi de rester au meilleur niveau face à l’évolution des besoins nationaux et à l’export.

Par la même occasion, il est important de rappeler deux éléments : le premier concerne un développement à long termes du Rafale au moins jusqu’au standard F6. Cette information avait été confirmée notamment lors de la présentation de l’avion à Payerne en 2019, lors des essais dans notre pays. Le second élément concerne le fait que le Rafale va faire partie intégrante du « système SCaf » et doit assurer une transition en douceur d’ici 2060, soit un gage de modernité et de longévité.

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Que va apporter ce nouveau standard : 

Cette évolution de l’avion français doit permettre d’amener celui-ci pleinement dans le combat en réseau avec de nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, serveur de communication, radio logicielle. De nouvelles fonctions seront également développées pour améliorer les capacités de l’avion comme l’évolutions des capteurs et du radar, de l’optronique secteur frontal (IRST), capacités viseur de casque et de nouveaux armements seront intégrés.  

Enfin, en termes de disponibilité, Dassault travaille dans le cadre d’un MCO (Maintien en Condition Opérationnelle) qui sera davantage verticalisé sous l’autorité de l’avionneur. Le F4 comprendra un nouveau Système de Pronostic et d’Aide au Diagnostic introduisant des capacités de maintenance prédictive. D’autres optimisations de la maintenance sont également programmées, avec notamment des solutions basées sur le « Big Data » et l’intelligence artificielle. Enfin, le Rafale sera doté d’un nouveau calculateur. La validation du standard F4 est prévue pour 2024, avec certaines fonctions disponibles dès 2022. 

A noter que la Finlande et la Suisse sont directement concernés par ce nouveaux standard, qui pourrait venir équiper les deux Force aériennes en cas de choix cette année !

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Photos : Rafale F3-R @ Dassault Aviation / Antony Pecchi

 

26/04/2021

Mise en production des radars AESA pour l’Eurofighter Quadriga !

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La société allemande Hensoldt a signé un contrat d'environ 200 millions d'euros (241 millions de dollars) pour la production de radars actifs à balayage électronique (AESA) pour les 38 premiers Eurofighter Quadriga destiné à de l'armée de l'air allemande. 

" Le contrat, passé par Airbus Defence & Space, comprend la production et la livraison de systèmes radar et de composants électroniques de base qui seront produits sur le site de Hensoldt à Ulm et sur le site du partenaire du consortium Indra en Espagne", a déclaré la société le 23 avril dernier.

Décrivant le capteur AESA comme «de première classe sur le plan technologique », le directeur général de Hensoldt, Thomas Muller, affirme qu'il « améliorera la capacité de survie de l'avion même dans des conflits de haute intensité ». « Le rythme élevé de développement dans le domaine de l'électronique et surtout de la digitalisation donne constamment lieu à de nouvelles applications. Avec ce contrat, l’Eurofighter bénéficiera à l’avenir d’un capteur principal de première classe sur le plan technologique et améliorera la capacité de survie de l’avion même dans des conflits de haute intensité », a déclaré Thomas Müller, PDG de HENSOLDT. « Le fait que le radar soit produit par un consortium européen dirigé par HENSOLDT, avec Indra en tant que partenaire principal, montre qu'il existe une bonne coopération en Europe sur des programmes d'armement conjoints ».

Dans le cadre d'un contrat de sous-traitance distinct avec Airbus, Hensoldt produit également des radars Captor-E Mk1 AESA pour une intégration avec les Eurofighters allemands aux normes Tranche 2 et 3.

Hensoldt était déjà impliqué dans le développement et la production des systèmes de capteurs actuellement utilisés dans les avions Eurofighter. À l'heure actuelle, l'entreprise emploie 2 500 personnes sur son principal site de production d'Ulm et prévoit d'embaucher cette année 300 nouveaux employés pour le groupe HENSOLDT. Le spécialiste des capteurs investit entre autres 30 millions d'euros dans la construction d'un centre de développement de technologie radiofréquence à Ulm. Outre les composants électroniques du nouveau radar Eurofighter, des capteurs basés sur l'IA pour un large éventail d'applications y seront également développés.

Rappel :

La commission du budget du parlement allemand a approuvé jeudi un contrat de 5,4 milliards d'euros pour financer une première tranche de 38 avions Eurofighter à Airbus. L'accord fait partie du plan à long terme du ministère allemand de la Défense visant à acquérir jusqu'à 93 avions Eurofighter ainsi que 30 F/A-18 « Super Hornet » et 15 EA-18 « Growler » de Boeing. Les 38 jets approuvés jeudi sont censés remplacer les plus anciens Eurofighter de la tranche 1 de la flotte allemande qui ne sont que d'une utilisation opérationnelle limitée selon les experts. Les décisions concernant l’achat des jets restants sont attendues après les élections fédérales de l’année prochaine en Allemagne. Les premiers appareils devraient être livrés en 2024.

Le plan, divulgué le 21 avril 20 dernier par la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, satisfait les trois exigences distinctes de la Luftwaffe en matière d'approvisionnement d'avions de combat.

Ces trois exigences comprennent le programme de remplacement Tornado pour 85 nouveaux appareils, le projet « Quadriga » pour 38 nouveaux appareils de type Eurofighter et le programme d'attaque électronique (EA) Luftgestützte Wirkung im Elektromagnetischen Spektrum (luWES) 

Avec ce choix, l’Allemagne opte pour un compromis qui va soutien le Consortium « Eurofighter » à travers Airbus DS et sa chaîne d’assemblage en Allemagne. Ce choix permet également à l’Espagne de continuer dans l’achat de la nouvelle version de l’Eurofighter dotée du radar AESA CAPTOR-E. En parallèle, l’avion américain offre avec le choix stratégique de B-61 de permettre à l’Allemagne de garder ses prérogatives au sein de l’Otan. Contrairement à la Belgique qui a les mêmes besoins en ce qui concerne le B-61 l’Allemagne peut ainsi mettre en avant qu’elle ne lâche pas l’Europe avec un noyau d’avions de combat central européens et un avion moins problématique

L’Airbus Eurofighter Quadriga :

 

Airbus Defence and Space a étoffé ses propositions de poursuivre le développement de l'Eurofighter « Typhoon II » pour la Luftwaffe avec plus de détails. L’Espagne est également impliquée dans l’effort, qui diverge dans une certaine mesure de la feuille de route pour les Eurofighter britanniques. Pour l'Allemagne, le développement est basé sur deux exigences : le programme Quadriga pour remplacer les typhons de Tranche 1 vieillissants et limités en technologie de la Luftwaffe et un besoin ultérieur de remplacer la flotte de Tornado. 

Les Eurofighter tranche 4 « Quadriga » comporteront une suite d'aides défensives améliorées et un radar AESA. Ce standard disposera du radar AESA CAPTOR-E à balayage électronique. L’arrivée du CAPTOR-E permet grâce à son antenne AESA d’effectuer des tâches multiples simultanément. Le nouveau radar conserve les principales caractéristiques de l'architecture du radar CAPTOR-M actuel, mais, il est doté d’une antenne AESA en lieu et place de l’actuelle antenne mécanique. 

Le CAPTOR-E fournit les fonctionnalités clés suivantes :

  • Radar de surveillance et de guidage multimode air / air et air / sol avec repositionneur WFoR
  • Portée air-air accrue - Détection et suivi plus rapides des cibles
  • Amélioration des performances de suivi
  • Entrelacé « simultané » Air / Air & Air / Ground
  • Guidage étendu des missiles - Disponibilité opérationnelle accrue
  • Coûts de cycle de vie réduits - Potentiel de croissance pour de futures améliorations
  • L’avion disposera également d’une nouvelle architecture en termes d’avionique avec un grand écran multifonctions spécifiquement adapté à la guerre en réseau (Electronic Warfare) produit pas BAe Systems. La puissance électronique sera d’ailleurs démultipliée à cet effet, pour pouvoir travailler en réseau. 
  • En parallèle, le missile à longue portée MBDA Meteor sera en service complet. L'arme est déjà en stock au sein de la Luftwaffe et sera distribuée aux escadrons de première ligne l'année prochaine. Le nouveau SPEAR-EW-3 complétera le missile de croisière miniature activé par le réseau SPEAR, conçu pour engager avec précision des cibles à longue portée, mobiles, fugaces et repositionnable par tous les temps, de jour comme de nuit, en présence de contre-mesures, d'obscurcissant et de camouflages, tout en assurant une distance de sécurité entre l'avion et les défenses anti-aériennes ennemies.
  • L’Eurofighter Quadriga est proposé à la Suisse, pour la Finlande c’est le futur standard anglais avec la matrice AESA de BAe Systems MKII qui est proposé.

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Photos : 1 Eurofighter Quadriga 2 antenne AESA Hensoldt @ Hensoldt

 

20/11/2020

Air2030, remise des offres finales pour les systèmes sol-air !

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De la même manière que leurs homologues avionneurs, les deux fournisseurs de système sol-air, Eurosam et Raytheon ont rendu leurs offres finales mercredi dernier. L’occasion de vous présenter ici les versions des systèmes SAMP/T et Patriot qui sont proposées à notre pays et qui diffèrent sensiblement des modèles testés en y apportant les dernières technologies disponibles pour 2025.

Petit rappel :

Les systèmes sol-air en compétition ont été testés entre fin août et septembre 2019 sur l’ancien site de missiles Bloodhound à Menzingen. Les radars testés étaient les modèles en service actuellement, mais comportaient certaines améliorations que l’on retrouvera dans les standards proposés à notre pays pour 2025.

Dans l’ordre alphabétique :

L’Eurosam SAMP/T :

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Pour les essais Eurosam a présenté la version actuelle du SAMP/T en service chez nos voisins français avec le radar Thales ARABEL de type AESA. Mais le modèle proposé à notre pays est la nouvelle version SAMP/T « Next Generation » doté du radar Thales Ground Fire 300 et de la nouvelle version du missile MBDA ASTER 30 B1 NT.

Le SAMP/T du consortium européen Eurosam est formé par le français Thales et l’Italien Alenia en collaboration avec le missilier MBDA. Il s’agit d’un système antimissile de théâtre, conçu pour protéger le champ de bataille et les sites tactiques sensibles contre toutes les menaces aériennes actuelles et futures.  Cela prend en compte les missiles de croisière, les aéronefs avec ou sans pilote et les avions blindés. Le SAMP/T a été conçu pour fonctionner dans des environnements extrêmement encombrés (avions civils) et de contre-mesures électroniques. Le système et interopérable avec les systèmes de l’Otan.  Le SAMP/T est déjà optimisé pour les liaisons avec des avions de combat. Le système pourra fonctionner et communiquer avec n’importe lequel des avions que la Suisse choisira. Une prise de position s’effectue en moins de 30 minutes « prêt au tir » selon les critères définis par les pays producteurs. Pour chaque véhicule 2 à 3 hommes suffisent pour la mise en place.

Avec le SAMP/T, il n’y a pas besoin de segmenter l’espace aérien, il est conçu pour travailler avec les différents aéronefs amis en même temps. 

Radar Thales Ground Fire 300 :

Ce radar multifonctions entièrement numérique et muni de capacités anti-aériennes et anti-missiles de pointe, est capable de contrer un large spectre de menaces dont les missiles balistiques. Sa technologie est issue des enseignements de l’ARABEL. Le radar se déploie en moins de 15 minutes, un avantage majeur sur les théâtres d’opération. Il offre une performance et une mobilité à ce jour inégalées avec une couverture sur 360° en azimut, jusqu’à 90° en élévation, dans un rayon de 400km.

Conçu pour détecter et suivre simultanément un vaste éventail de cibles furtives et pour prévenir des attaques coordonnées et saturantes, le Ground Fire 300 (GF300) est doté d’une capacité de guidage des missiles de défense anti-aérienne permettant d’intercepter des cibles manœuvrantes ou balistiques. Polyvalent, il permettra de répondre à de multiples contextes d’emploi tels que la défense aérienne, la surveillance aérienne, la contre-batterie ou la trajectographie. Le GF300 bénéficie dès lors des avancées technologiques de Thales en intelligence artificielle et en cybersécurité.

 Missile MBDA ASTER 30 B1 NT :

Le missile Aster 30 est lancé verticalement, il est équipé d’un propulseur à propergol solide de premier étage en tandem qui est largué après le lancement et le basculement et avant la phase à mi-parcours. Le missile utilise le guidage par inertie à mi-parcours, les données de mise à jour de correction de guidage étant transmises depuis le centre de contrôle des tirs basé au sol via le canal de données de liaison montante du radar. L’agilité du missile repose sur un mode de pilotage innovant dénommé : PIF-PAF : « pilotage en force - pilotage aérodynamique fort », qui donne une grande manœuvrabilité, soit :  12 g et 30 g à toutes les altitudes et une grande précision de trajectoire. Ceci grâce à des gaz au propergol, qui sont expulsés à l’avant du missile et qui augmentent la précision de celui-ci, notamment face à des cibles de petites tailles. Le missile atteint très rapidement une vitesse élevée : 3,5 secondes suffisent pour atteindre Mach 4,5. L’Aster 30 à une portée estimée à plus de 120km en horizontal et 20km vertical. 

L’Aster 30 Block 1NT pour « Nouvelle Technologie » est doté d’un nouvel autodirecteur fonctionnant en bande Ka et pouvant intercepter des missiles d’une portée de 1’000 km. Le nouveau missile est capable d'intercepter les menaces d'entrée du domaine MRBM (Medium Range Ballistic Missiles) ainsi que de traiter des missiles avec des ogives séparables.

Composition d’une unité SAMP/T :  

Le lanceur SAMP/T est monté sur un camion 8x8 portant huit conteneurs de missiles (plusieurs lanceurs peuvent être associés à une unité de tir).  Chaque missile peut être tiré à partir d'un seul lanceur en moins de dix secondes. Le système SAMP/T comprend une unité de conduite de tir basée sur le radar à balayage électronique multifonction GF300, un module d’engagement comprenant des ordinateurs Mara et des consoles d’opérateur Magics. Un module générateur monté sur un camion, un camion de maintenance et de réparation et un véhicule de rechargement de missiles.

Tous les éléments habitables garantissent une total étanchéité NBC.

Formation :

Le SAMP/T a été conçu initialement à une époque où l’Armée française disposait encore de conscrits. De fait, tout a été pensé pour simplifier le travail sur le système. Différents simulateurs sont disponibles pour travailler progressivement les différentes phases tactiques, ainsi que l’engagement avec des aéronefs. La France mettra à disposition des formations pour les cadres sur ses sites avec des retours de compétences. Nos soldats pourront participer aux exercices communs avec la France et l’Italie en ce qui concerne les tirs de validation. Les échanges de données seront facilités entre les trois pays. 

Offsets :

Eurosam offre une participation au sein du système SAMP/T à notre industrie. Actuellement plus de 40 sociétés suisses ont été identifiées comme partenaires potentiels. Plusieurs sont déjà pré-sélectionnées pour produire différents sous-systèmes. 

Le SAMP/T c’est :

  • Une capacité d’engament contre un large spectre de menaces (aéronefs, drones, missiles ballistiques, ICBM).
  • Souplesse d’emploi avec une couverture à 360° et une grande mobilité.
  • Empreinte logistique optimisée.
  • Interopérabilité au standard Otan et une défense aérienne intégrée.
  • Evolution constante vis-à-vis des menaces.

La nouvelle version du SAMP/T « NG » GF300 a été commandée par la France et l’Italie et entrera en service en 2024.

Le Raytheon Patriot MIM-104 PAC-3+ :

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Pour les essais Raytheon a présenté le radar AN/MPQ-53 en service aux USA et chez divers clients. Le modèle testé disposait de certaines améliorations qui seront disponibles sur le nouveau radar proposé à notre pays soit le AN/MPQ-65.

Le Raytheon Patriot assure le rôle de plateforme anti-missile balistique (ABM, anti-ballistic missile) dans l'armée des États-Unis, ce qui est aujourd'hui sa mission principale. Le système SAM et le radar du Patriot ont été développés par l'armée des États-Unis à l'arsenal de Redstone à Huntsville, Alabama. La version la plus moderne qui est proposée à notre pays, le Patriot PAC-3+ est considéré comme très performant. Le système dispose d’une architecture ouverte qui permet une mise à jour et une modernisation facilitée.

Le radar Raytheon AN/MPQ-65 :

Le radar AN/MPQ-65 (PAC-3) fonctionne avec une antenne à balayage électronique (AESA) en bande C à 360° au nitrure de Gallium (GaN) monté sur des semi-remorques. L'ensemble de radar A /MPQ-65 offre des améliorations significatives dans la recherche étendue, la détection des menaces, ainsi que la capacité d'identification et d'engagement. Le volume du secteur de recherche radar a été élargi tandis que le radar utilise un deuxième tube à ondes progressives. Le radar est également utilisé pour le guidage des missiles. Plutôt que de calculer les corrections de cap du missile, en utilisant le processus TVM, le missile transmet ces informations via deux antennes à la station au sol ECS, qui calcule et renvoie les corrections de cap au missile. Le TVM est un hybride de guidage radar et de guidage de commande semi-actif traditionnel. Le principal avantage de l'approche TVM est que la cible est moins susceptible de savoir qu'elle est engagée. Il est équipé des fonctions de contre-mesure électroniques (ECM), d’identification ami/ennemi via l’IFF. Le système est couplé à un interrogateur AN/TPX-46(V)7 qui diffère des autres versions, car son celui-ci régi par l’ordinateur de bord suit une seule cible et utilise l’antenne de son radar principal pour la fonction IFF. L’AN-/MPQ-65 peut faire face aux menaces émergentes, telles que les missiles balistiques manœuvrables, les missiles et les avions, drones de croisière furtifs. 

Missile GEM-T GaN : 

Le missile GEM-T (Guidance Enhanced Missile) de Raytheon est l’un des piliers du système de défense antimissile Patriot de l’armée américaine, utilisé contre les avions et les missiles balistiques et de croisière tactiques. Le missile GEM-T offre une capacité améliorée pour vaincre les missiles balistiques tactiques, également appelés TBM, avions ou missiles de croisière. Il est maintenant devenu le premier missile contenant un émetteur GaN (Nitrure de Gallium). Celui n'a jamais besoin d'être recertifié au cours des 45 années de vie du missile. Les émetteurs connectent le missile au système terrestre, lui permettant de contrôler l’arme pendant le vol. La version GaN du GEM-T utilise l’état solide à la place du tube à ondes progressives conventionnel, qui nécessite un approvisionnement en pièces et une recertification correspondant à la durée de vie du missile. Avec le GaN cette action est devenue inutile. Le nouvel émetteur a la même forme, le même ajustement et le même fonctionnement que l'ancien. Il est également plus robuste, ne nécessite pas de refroidissement supplémentaire et est prêt à fonctionner en quelques secondes après sa mise sous tension. Cela signifie que le GEM-T avec le nouvel émetteur GaN continuera à fonctionner dans les conditions les plus difficiles. Le missile est propulsé par le plus grand moteur mono-étage à propergol solide de sa catégorie. 

Lanceurs :

Le Patriot PAC-3+ est établi autour de 2 camions lanceurs portant chacun huit « tubes » hermétiques M901 contenant les missiles, qui n'exigent aucun entretien extérieur. Le chargement s’effectue à l’aide d’une grue. Le système peut emporter jusqu’à 16 missiles. Chaque lanceur PAC-3+ comprend le système électronique amélioré du lanceur (ELES), une boîte de jonction contenant l'unité de diagnostic de la station de lancement (LSDU), une nouvelle interface et des câbles de lancement du PAC-3+. Le système ELES sert d’interface électrique entre le lanceur et les missiles et l’ECS situé à une distance maximale de 1’000 mètres, en les connectant à l’unité de gestion à l’aide de câbles à fibres optiques ou d’ondes radioélectriques dans la plage VHF (SINCGARS). L’ELES comprend un panneau de commande de démarrage, un panneau de commande de moteur de lanceur, un panneau de commande d’alimentation, un panneau d’interface de connecteur de lanceur et un boîtier de contrôle.  

Stations de commande (BMC4I) :

Afin de contrôler l’ensemble du système, le Patriot PAC-3+ dispose d’une station de commande de tir AN/MSQ-132 (ECS), montée sur un camion de 5 tonnes et une station de contrôle d’engagement (ICC), un groupe de mâts d'antenne pour les communications et le brouillage antiradar d'une hauteur de 31 mètres, monté sur un camion de 5 tonnes. Des groupes électrogènes alimentent l’ensemble du système. Le système est doté d’une liaison de données LInk16.

Formation :

Raytheon offre plusieurs solutions en vue de la formation : 

 Hardware :

  • Dispositif d’entraînement reconfigurable.
  • Simulation hardware du radar, l’ECS et lanceur.
  • Simulation virtuelle du radar et des équipements de tests.

Formation basée sur la réalité augmentée (CAVE) :

- Simulation hardware de la communication

Software :

  • Simulation virtuelle 3D du radar, ECS, lanceurs.
  • Scénarios de formation Hi-Fi.
  • Simulateur de l’opérateur.
  • Leçons interactives sur ordinateurs portables ou tablette.

La version du Patriot PAC3+ / AN/APG-65 proposé à notre pays est en commande pour les USA

Photos :  1 radars aux essais : ARABEL & AN/MPQ53 @ P.Kümmerling 2 Le nouveau radar le GF300 @ Thales 3 Le nouveaux radar AN/MPQ-65 @ Raytheon

01/10/2020

Boeing et Lockheed-Martin autorisés à vendre leur avion à la Suisse !

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Dans le cadre d’Air2020 les deux avionneurs américains et le fournisseur du système sol-air « Patriot » ont obtenu leurs autorisations d’exportation. Cette décision est nécessaire du point de vue juridique pour définir une offre finale et le cas échéant, débuter des pourparlers en vue de la signature d’un possible contrat.

Différence de prix :

Selon les notifications publiées par le Congrès, le prix pour le F-35 de Lockheed-Martin et le Super Hornet de Boeing diffère passablement. Dans les deux cas les offrent portent sur 40 appareils et une certaine similitude en ce qui concerne les équipements et armement de base. En effet, le prix avancé par Boeing est de 7,45 milliards de dollars, tandis que Lockheed-Martin avance la somme de 6,58 milliards de dollars.

Pourquoi cette différence :

La notification au Congrès fait partie intégrante du processus de vente militaire étrangère pour tout concurrent basé aux États-Unis. La valeur soumise comprend toutes les différentes options qu'armasuisse pourrait être intéressée à explorer en lien avec la proposition de Boeing par exemple. Pour tout marché international, vous verrez généralement une valeur plus élevée dans la notification du Congrès que ce qui est représenté dans une soumission finale.

De fait, Boeing offre ici un prix maximum qui comprend toutes les options possibles de l’avion sans tenir compte des rabais ni d’une commande groupée. De son côté Lockheed-Martin semble simplement avoir restreint sensiblement son offre qui est de toute manière plus élevée pour l’instant que le budget du projet « air2030 ».

L’objectif des deux avionneurs est de pouvoir obtenir le précieux « sésame » pour l’exportation tout comme Raytheon qui propose 5 batteries du Patriot PAC 3+ pour 2,2 milliards de dollars (budget suisse : max 2 mia de CHF). Ces prix ne correspondent pas aux offres finales qui seront transmises en novembre prochain.

On ajoutera qu’il est évident qu’aucun soumissionnaire ne désire faire connaitre son offre vis-à-vis de  ses concurrents. Au final, c’est un avantage pour notre pays qui peut négocier au mieux et obtenir les meilleurs prix.

Cet avis de vente potentielle est requis par la loi. La description et la valeur monétaire correspondent à la quantité estimée la plus élevée et à la valeur monétaire en fonction des besoins initiaux. La valeur réelle en dollars devrait être inférieure en fonction des exigences finales, de l'autorisation budgétaire et du ou des contrats de vente signés, le cas échéant.

Offres confidentielles :

La Conseillère Fédérale en charge du DDPS, Mme Viola Amherd, l’a encore répété dernièrement, les offres sont confidentielles et sont traitées de manière compartimentées. C’est seulement au printemps prochain que les données (offres, essais, analyses) seront réunies par une équipe restreinte qui effectuera l’analyse définitive en vue des choix finaux. Les avionneurs, ainsi que les fournisseurs des systèmes sol-air, le personnel d’armasuisse et du DDPS sont soumis à des règles très strictes de confidentialités, les repas, invitations sont interdits pour les différents fournisseurs en concurrence.  

Liens sur les autorisations de ventes : 

https://www.dsca.mil/search/node/Switzerland

Photos: les trois systèmes américains, F-35, Super Hornet et Patriot @Reuters

 

29/06/2020

Air2030 : rétablissons quelques vérités !

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Dans le cadre de la votation du 27 septembre prochain, les défendeurs et les opposants à l’achat du nouvel avion de combat s’arment de divers arguments. Rien de bien étrange dans notre pays ou la démocratie directe et en soi une manière de vivre. Par contre, lorsque l’argument est faux et peut induire en erreur la citoyenne et le citoyen, il est important de rétablir la vérité.

Intervention de Mme Brigitte Crottaz, PS à La Matinale :

Dans son intervention de ce matin, Mme Crottaz avance plusieurs arguments qui ne correspondent pas à la réalité :

Pour cette opposante aux avions de combat, « Les progrès font qu'on peut augmenter les heures de vol jusqu'à 6000 voire 10'000 pour les F/A-18 » Ce n’est pas exact, les « HORNET » utilisés en Suisse vont être prolongés à 6'000 heures afin d’atteindre 2030, soit la limite d’utilisation. Après, il n’y aura plus aucune garantie d’obtention de pièces détachées (rapport de l’US Navy 2017). De fait, il n’est pas possible de prolonger le « HORNET » au-delà !

Par contre, le Super Hornet BlockIII proposé à notre pays est certifié pour une vie cellule de 10'000 heures. Les Super Hornet BlockII de l’US Navy seront eux portés à cette limite. Cela s’explique par le fait que Boeing a tiré les enseignements des « Hornet » plus anciens pour prolonger la vie du « Super Hornet » en supprimant près de 40% de pièces et en utilisant de nouvelles techniques.

Confusion entre "Hornet" et Super Hornet", mauvaise connaissance du dossier ou volonté de tromper l’électorats ?

Concernant la police du ciel : 

Mme Crottaz affirme: "Les F/A-18 ne sont concernés que par une toute petite quantité de missions chaudes par année". Avec en moyenne plus de 200 missions d'interceptions  par année dont 70 à 80 "Hot Mission" celà ne lui suffit pas ? Faut-il attendre un drame dans notre ciel, pour certaines personnes réalisent "enfin" l'importance de la PA24 ?

A propos du M-346, notre opposante affirme que « ce dernier n’a pas été étudier dans le projet, que le petit jet italien décolle plus vite qu’un avion de combat multirôle » Non seulement le M-346 n’est pas à la norme QRA15 (Quick Reaction Alert 15) soit le minimum de temps pour décoller, mais il est incapable de dépasser un plafond pratique de 13'000 mètres (en configuration lisse) alors que les avions de combat testés atteignent les 18'000 mètres. Sans postcombustion le taux de montée du M-346 avoisine (en configuration lisse) les 6'000 m/min de vitesse ascensionnelle contre en moyenne 18'000 m/min pour les avions en compétition. La solution M-346FA ne permet PAS de décoller et de rejoindre un simple avion commercial en altitude. De plus, de la dénomination même de son constructeur Leonardo, il s'agit d'un "LIght Attack Fighter" et non d'un intercepteur!

Oui, la solution d’un avion léger a été étudiée et discutée au sein du Groupe d’accompagnement pour l’évaluation du futur avion dans lequel siégeait sa collègue de partis Mme G. Savary.

"Mais est-ce qu'on assure vraiment notre sécurité actuellement ?", interroge Brigitte Crottaz. "Non. Depuis 2003, il est prévu qu'on ait une police de l'air 24 heures sur 24. Ce n'est toujours pas le cas et ce ne sera le cas qu'à fin 2020 » Ce que Mme Crottaz néglige, vient du fait que nous aurions pu gagner 10 ans pour la PA24, si nos parlementaires à Berne n’avaient pas traîné les pieds. Le PS, n’a pas véritablement fait avancer les choses. Par contre, depuis 2003, la surveillance radar militaire fonctionne H24 et coordonne la sécurité avec nos voisins.

Autre affirmation : « La défense sol-air serait bien plus utile pour faire face à des missiles ». Sauf que nous sommes en Suisse et les radars au sol subissent les effets de la topographie. Les ondes radars ne traversant pas les montagnes la capacité de couverture d’un système sol-air de moyenne/longue-portée est limitée à 15'000 km2 (Données Rapport sur la Défense Aérienne). Par ailleurs, un système sol-air est une arme de guerre, elle est inutilisable en temps de paix. De plus, l’engagement de missiles balistiques est complexe, il ne peut être effectué de manière fiable qu’avec un engagement en « réseau » avec un avion de combat multirôle. Pour terminer, je porterais à votre connaissance que cette vision de nos opposants et le fruit du rapport ACAMAR payé par le PS. Ce dernier prend comme référence la défense sol-air de l’Arabie Saoudite, celle-là même qui a été mis en échec à la fin de l’année dernière, par des missiles Houthis qui ont frappé une installation pétrolière de premier plan. Ce que nous ne voulons surtout pas reproduire !

Si chacun a le droit d’avoir une opinion, il est par contre juste d’offrir une argumentation réaliste et non biaisée ! Il en va de la survie de démocratie !

Petite question : Vous pensez sérieusement que le PS qui milite pour la suppression de l’armée serait prêt à voter un crédit d’armement pour le M346 qui ne correspond pas au cahier des charges ?