01/12/2021

Taïwan, premier T-5 « Yun Yin » de série !

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L'armée de l'air de la République de Chine (RoCAF) a reçu le premier avion d'entraînement à réaction avancé (AJT)/avion de chasse léger T-5 « Yung Yin » produit en série par Aerospace Industrial Development Corporation (AIDC).

Ce premier appareil a décollé de la base aérienne de Ching Chuan Kang à Taichung, où se trouvent les installations de l'AIDC, à 9h00 heure locale le 28 novembre dernier et a atterri à la base aérienne de Zhihang à Taitung, où une cérémonie de remise officielle a eu lieu, à 10h35.

Le T-5, porte le numéro de série « 11003 ». Il  est le premier avion de série et le troisième à être remis à la RoCAF. Le second avion de série devrait être livré d'ici la fin de 2021, selon un rapport présenté en septembre par le ministère taïwanais de la Défense nationale au Yuan législatif (Parlement de Taïwan). Ces deux avions seront utilisés pour des tests supplémentaires par la RoCAF.

AIDC AT-5 « Yung Yin » (Brave Eagle ) 

Taïwan s'est engagé à développer un avion indigène pour répondre à ses besoins de formateur en février 2017, après avoir flirté avec l'acquisition du KAI T-50 ou du Leonardo M-346. À l'époque, le nouvel entraîneur taïwanais était connu sous le nom de « Blue Magpie ». L'avion « A1 » a été dévoilé lors d'une cérémonie le 24 septembre 2019, au cours de laquelle, il a été nommé Yung Yin (Brave Eagle) par la présidente Tsai Ing-wen.

Le développement de l'AT-5 a été dirigé parle le National Chung-Shan Institute of Science and Technology (NCSIST), qui a conçu une version simplifiée du chasseur de défense indigène F-CK-1D « Ching-kuo » biplace. Alors que l'IDF est propulsé par deux Honeywell / ITEC F125 avec postcombustion, l'AT-5 dispose des F124-200 similaires, mais sans postcombustion. Bien que basé sur le F-CK-1 « Ching-Kuo », l’avion incorpore 80% de nouveaux composants. Parmi les changements figurent l'utilisation accrue de matériaux composites pour réduire le poids, une plus grande capacité de carburant, le retrait du canon de bord. L'avion dispose d’une plus grande capacité de carburant interne que la variante opérationnelle, mais ne pourra pas transporter de réservoirs de carburant sous les ailes. Le profil aérodynamique dispose d’une section révisée, légèrement plus épaisse pour des vitesses d'approche et d'atterrissage plus basses, tandis que le train d'atterrissage sera également repensé. L’avion dispose d’une nouvelle avionique et d’un radar AESA. L’avion emportera les divers armements en service au sein de la RoCAF dont un canon en nacelle ventrale.

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Photos : le prototype 11001 de l’AT5 @ AIDC

Australie, retrait des Boeing F/A-18 « Hornet » !

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C’est une page qui se tourne pour la Royal Australian Air Force (RAAF) avec le retrait de ses avions de combat F/A-18 A/B « Hornet ». Pour marquer l'occasion, une cérémonie a été organisée le 29 novembre 2021 à la base de Williamtown. L'escadron n° 75, le dernier à voler sur ce type d’avion, a organisé un spectacle aérien auquel ont assisté plus de 500 participants. 

Entre 1985 et 1990, la RAAF a reçu 54 F/A-18A monoplaces et 15 F/A-18B biplaces. L'avion a remplacé les Mirage III et a servi de principal avion de combat du pays pendant trois décennies et a participé à de nombreux déploiements. Les Hornet ont été déployés pour la première fois à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 pour protéger la principale base aérienne américaine sur l'île de l'océan Indien Diego Garcia, qui a été utilisée pour monter des opérations en Afghanistan.

Ils ont également été déployés au Moyen-Orient en 2003 pour aider à la guerre contre le terrorisme en Irak et plus récemment en 2018 pour la lutte contre Daech.

En 2009. La RAAF a perçu 24 F/A-18 E/F « Super Hornet » BlockII et qui sont toujours en service.

Le  remplacement des « Hornet » a débuté au milieu des années 2000, avec l'achat d'avions de combat Lockheed Martin F-35A « Lightning II » de cinquième génération. Le premier lot de F/A-18A a été retiré et venu au Canada en 2017.  

Avec le retrait du Hornet, c’est le F-35A qui entre en scène. La RAAF compte actuellement 44 F-35 dans son inventaire, la commande totale de 75 devrait être achevée d'ici 2023. 

Le Boeing F/A-18 « Hornet » au sein de la RAAF, c’est notamment plus de 400'000 heures de vol et pas moins de de 1'900 missions de combat en 40 années de service. Les premiers Hornet de la RAAF sont arrivé en Australie depuis les États-Unis à Avalon, Victoria en juin 1984. Le modèle A21-103 a effectué son premier vol l'année suivante.

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Photos : F/A-18A RAAF @ RAAF

30/11/2021

Israël, feu vert pour le CH-53K « King Stallion » !

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Le ministère israélien de la Défense a désormais le feu vert pour l’acquisition d’une flotte d’hélicoptères lourds Sikorsky (LM) CH-53K « King Stallion ». Le gouvernement ayant approuvé le montant de 2,4  milliards de dollars. 

Rappel

Israël a choisi  en début d’année son nouvel hélicoptère lourd avec le Sikorsky CH-53K « King Stallion » pour remplacer l’actuel hélicoptère de transport lourd CH-53D « Yas'ur » vieillissant. Le ministre de la Défense de l’époque, Benny Gantz avait choisi le CH-53K à rotor principal unique au lieu du Boeing CH-47F « Chinook » à rotor tandem sur la base des recommandations du chef d'état-major des Forces de défense israéliennes (FDI), le lieutenant général Aviv Kohavi et du directeur général du ministère de la Défense, le général Amir Eshel.

Premier contrat à l’exportation :

Israël devient le premier pays à acheter le Sikorsky CH-53K « King Stallion » en dehors des États-Unis, où l’appareil est en cours de développement pour le Corps des Marines (USMC). L'armée de l'air israélienne (IAF) a déclaré que le CH-53K avait été choisi après « un travail administratif approfondi, au cours duquel le personnel de l'IAF a examiné diverses plates-formes de vol et évalué des aspects tels que la technologie, l'ingénierie, la maintenance. 

Le CH-53K "King Stallion" 

Bien que conçu de la même taille que les CH-53E « Super Stallion », qu’il doit remplacer à partir de 2021, le CH-53K permettra de tripler la capacité de transport de charge externe à plus de 27’000 lb sur une distance de plus de 110 miles nautiques. Doté d’une nouvelle motorisation General-Electric GE38-1B offrant un meilleur couple surmonté d’un rotor de quatrième génération en composite. La cellule est également nouvelle, car entièrement en matériaux composites. Encore plus puissante (ses 3 turbines délivrent environ 7'500ch chacune), ravitaillable en vol, équipé de systèmes de communications de dernière génération, le CH-53K est optimisé pour le transport par temps chaud en opérant à partir de terrains peu préparés et devient la référence de sa catégorie. En matière de transport, le CH-53K peut par exemple emporter en interne une Jeep « Humvee ».

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Photos : 1 CH-53K aux couleurs israéliennes 2 le CH-53K @ Sikorsky

28/11/2021

Des commandes électriques pour le MiG-31 !

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Dans le cadre de la modernisation de la flotte de MiG-31 au standard « BM », des essais sont actuellement menés pour remplacer le système de contrôle mécanique des commandes de vol avec  un système de contrôle électrique.

Ce changement, si, il est validé sera incorporé au cours de la mise à niveau de l’avion et monté en rattrapage sur les appareils déjà modernisé. . Son équipement de bord sera complètement remplacé. L'avion de combat sera également vérifié pour les défauts afin de remplacer les sections de corrosion qui peuvent représenter 15 à 50 %. Tout le câblage et les pièces en caoutchouc seront complètement remplacés ainsi que la verrière de l’avion.

Aujourd'hui, la tâche principale de l'entreprise d'aviation Sokol est d'effectuer des réparations majeures du MiG-31 avec sa mise à niveau lourde au niveau MiG-31BM et ce travail se poursuit depuis 2007. Deux premiers escadrons sont déjà modernisés au standard « BM ».

Le MiG-31BM : 

Le Mig-31, une fois modernisé, reste un redoutable intercepteur sans équivalent au monde. La Russie l’a bien compris, le standard « BM » est là pour le démontrer. La première phase de modernisation comprenait  la prolongation de la durée de vie de la cellule, puis la modernisation du cockpit pour fournir au navigateur et officier des systèmes d’armes toute la situation tactique sur de nouveaux écrans multifonctions, tandis que le pilote se voit doter d’un nouveau HUD. Les nouveaux équipements de navigation embarqués sont similaires à ceux du MiG-29SMT et incluent un système de guidage par satellite GLONASS (GPS russe). Le radar Zaslon-A est modernisé au standard Zaslon-AM permettant l’usage de nouveaux armements, comme les missiles air-air R-73 et K-37. Le K-37 est un nouveau missile air-air à guidage radar actif de 230km de portée, dont le développement a débuté en 2006. L’appareil est également optimisé pour de nouveaux armements air-sol, comme les missiles KH-31 et KH-58USH, ainsi que des bombes guidées.

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Photos : 1 MiG-31 2 Cockpit modernisé @ Sokol

 

26/11/2021

Canada, une short list avec le F-35 et le Gripen !

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Surprise à Ottawa, l’offre de l’avionneur Boeing avec le F/A-18 « Super Hornet » Block III ne répond pas aux exigences de la demande de la Royal Canadian Air Force ! L’avion est éliminé du choix. En soit, il s’agit d’une surprise. Particulièrement difficile à avaler pour Boeing.

De manière informel, le F/A-18 E/F « Super Hornet » ne répondait pas à un ou plusieurs exigences du cahier des charges canadiens. Surprenante affirmation, pour autant, cette manière de faire semble confirmer une saine concurrence dans ce dossier qui a été très souvent critiqué. 

Lié au F-35

On ne peut oublier que le Canada est lié depuis un certain temps avec le programme F-35. Le pays participe financièrement depuis 1997 à ce dernier. Ottawa a déjà dépensé 613 millions de dollars  en contrats pour rester dans le « Cercle de pays de l'ACI. A l’époque, le gouvernement conservateur de Stephen Harper s'était engagé à acheter 65 F-35 en 2010. Un retour en arrière serait désastreux pour les investisseurs canadiens dans ce dossier.

Une situation étrange pour le gouvernement Trudeau qui avait martelé lors de la campagne électorale qu’il ne voulait pas du F-35 américain et ferait tout pour se détacher de ce dernier. 

Ce même gouvernement d’affirmer par l’intermédiaire du porte-parole du ministère de la Défense nationale, Daniel Le Bouthillier : "La participation du Canada au programme F-35 permet aux entreprises au Canada de bénéficier de contrats". « Notre dernier paiement continuera de fournir au Canada la possibilité d'acheter l'avion à moindre coût et avec un accès prioritaire à la chaîne de production, si le F-35 réussissait dans le processus concurrentiel pour la future flotte de chasseurs ».

Lointaines sont les promesses électorales de l’époque ! Car l'actuel gouvernement canadien pouvait se retirer du programme ACI F-35, mais il ne l'a pas fait, bien au contraire. 

Le programme ACI

Le programme d'avions de combat interarmées de modèle F-35 englobe la conception, la production et l'entretien d'un chasseur furtif polyvalent. Le programme d'ACI est le programme d'avions de combat le plus important au monde. Le Canada est l'un des huit pays partenaires du programme d'ACI, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, du Danemark et de l'Australie. D'autres pays, comme le Japon, la Corée du Sud et Israël, achètent également l'avion par l'entremise du programme de vente de matériel militaire des États-Unis (É.-U.) à l'étranger (Foreign Military Sales). 

Le Canada participe au programme d'ACI depuis 1997. Cette participation affirmée très tôt dans le processus a permis à l'industrie canadienne de s'installer solidement dans la chaîne d'approvisionnement des ACI F-35.

En 2006, Innovation, Sciences et Développement économique Canada a signé un protocole d'entente, qui comprenait les plans de participation industrielle, avec chaque entrepreneur principal, soit Lockheed Martin et Pratt & Whitney. Ces ententes permettent aux entreprises canadiennes de concurrencer les autres entreprises pour obtenir des travaux dans le cadre du programme d'ACI, notamment pour la cellule, les systèmes, les moteurs et les services connexes. Ces possibilités incluent d'offrir un large éventail d'activités de fabrication et de services au chapitre des grands assemblages structuraux, des systèmes électroniques, des composites de pointe, de l'usinage haute vitesse, de la simulation et de la formation, de l'outillage, et du soutien.

Le Canada est l'un des neuf pays qui ont accepté de couvrir chaque année une partie des coûts de recherche et développement, de plusieurs milliards de dollars, du chasseur furtif, en échange de la possibilité d'en acheter éventuellement à moindre coût. Ces pays se positionnent aussi pour soumissionner sur les travaux de construction et d'entretien de cet appareil conçu par le géant américain de la défense Lockheed Martin. 

Difficile pour le Gripen

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L’avion suédois Gripen E reste en course, l’avion est bon, mais il correspond à une génération 4++ qui n’aura bientôt plus sa place dans la révolution du combat aérien qui se prépare. Du moins, pour les nations de premier plan. Il faut ajouter que politiquement le dossier suédois n’a malheureusement pas la portée de son homologue américain.  

La voie royale pour le F-35 

Avec le programme ACI, le Canada verra ses investissements en direction du programme F-35 récompensés. Soit une acquisition plus rapide et avec des coûts diminués. Question technologies, le F-35 n’a pas de concurrence en Occident et Ottawa là compris. Un choix en direction du F-35 devient naturel.

Photos : 1 F-35 aux couleurs du Canada @ LM 2 Gripen E @ Saab