31/10/2021

Les premiers F-15QA sont arrivés au Qatar !

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C’est en toute discrétion, que les 5 premiers avions de combat F-15QA ont quitté le site de l’avionneur Boeing dans de St-Louis dans le Missouri pour rejoindre le Qatar le 27 octobre dernier.

Les 5 F-15QA ont parcouru par moins de 12'000 km en direction de leur future base aérienne d'Al Udeid. Ce premier vol de convoyage s’est déroulé deux mois après que Boeing a présenté le premier F-15QA à des dignitaires américains et qatariens lors d'une cérémonie à St Louis. Les appareils ont fait une escale sur la base de la Royal Air Force de Mildenhall au Royaume-Uni.  

Rappel

Le Qatar disposera de 48 F-15QA. Ce dernier offre non seulement des capacités de changement de jeu, mais est également construit en utilisant des procédés de fabrication de pointe qui rendent le jet plus efficace pour la fabrication. Sur le terrain, les F-15 coûte la moitié du coût par heure de vol des avions de combat similaire et délivre une charge utile beaucoup plus importante à des distances beaucoup plus grandes.

Les F-15 du Qatar sont la version la plus avancée de la famille « Eagle ». Basé sur le F-15SA fourni à l’Arabie saoudite, le F-15QA (Qatari Advanced) dispose d’un capteur infrarouge de recherche et de suivi, d’une suite de guerre électronique numérique et du radar AESA APG-82 (V) 3 de Raytheon. Contrairement aux anciens F-15, les nouvelles versions SA et QA ont des systèmes de contrôle de vol « fly-by-wire ». Le système de navigation à basse altitude et de ciblage infrarouge de nuit LANTIRN : Low Altitude Navigation and Targeting Infrared for Night), monté à l'extérieur sous les entrées d'air des moteurs, permet à l'avion de voler à basse altitude, la nuit et dans toutes les conditions météorologiques et d'attaquer des cibles au sol avec une variété d'armes guidées et non guidées. 

De plus, les avions du Qatar auront un nouveau design d'aile qui conservera le profil aérodynamique, mais une nouvelle structure interne pour une durée de vie plus longue. L'augmentation de la fiabilité, la durabilité et la maintenabilité permettent aux opérateurs de défense à moindre coût restent avant des menaces actuelles et en constante évolution. 

Les nouveaux affichages de poste de pilotage incluent un affichage tête basse de BAE Systems. Le plus remarquable est l’adoption d’un écran tactile large, similaire à celui du F-35 Lightning II. 

Les nouveaux lanceurs permettront aux avions du Qatar d’avoir 16 missiles AIM-120 AMRAAM et quatre frontaux AIM-9X dans des missions de défense aérienne, avec une gamme de magasins guidés avec précision.

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Photos : F-15QA @ Boeing

30/10/2021

Premier vol d’un A319neo avec 100% de biocarburant !

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Airbus, Dassault Aviation, l'ONERA, le Ministère des Transports et Safran ont lancé la première étude en vol d'un avion monocouloir fonctionnant au carburant d'aviation durable (CAD) non mélangé. 

Lors du vol d’essai au-dessus de la région toulousaine le 28 octobre, un avion d'essai Airbus A319neo équipé de moteurs CFM LEAP-1A a fonctionné avec 100% de CAD. Les premiers résultats des essais au sol et en vol sont attendus en 2022.

Le CAD non mélangé est fourni par Total Energies. Il est fabriqué à partir d'esters hydro-traités et d'acides gras (HEFA), qui se composent principalement d'huiles de cuisson usagées. HEFA est constitué d'hydrocarbures paraffiniques, sans soufre ni aromatiques. Environ 57 tonnes de CAD seront utilisées pour l'ensemble de la campagne d'essais. Il est produit en Normandie près du Havre, en France. Le 100% CAD sera également employé pour les études de compatibilité et d'opérabilité du moteur Arrano de Safran utilisé sur l'Airbus Helicopters H160, qui devraient démarrer en 2022. 

Airbus, en collaboration avec le DLR, est chargé de caractériser et d'analyser l'impact de 100 % de CAD sur les émissions au sol et en vol. Safran se concentre sur les études de compatibilité liées au système de carburant et à l'adaptation des moteurs destinés aux avions commerciaux et aux hélicoptères, ainsi que leur optimisation pour différents types de carburants 100 % CAD. Safran effectuera d’ici la fin de l’année sur son site de Villaroche des tests au sol du moteur LEAP avec 100% de CAD afin de compléter cette analyse. L'ONERA soutient Airbus et Safran dans l'analyse de la compatibilité du carburant avec les systèmes de l'avion et sera chargé de préparer, d’analyser et d’interpréter les résultats des tests d'impact de l’utilisation de 100% de CAD sur les émissions et la formation de traînées. Dassault Aviation contribue aux études de compatibilité des matériaux et équipements et vérifie la sensibilité de biocontamination avec l’utilisation de 100% de CAD. 

L'étude - connue sous le nom de VOLCAN (VOL avec Carburants Alternatifs Nouveaux) - contribue à l’effort global de décarbonation actuellement mené par l'ensemble des acteurs de l'industrie aéronautique qui bénéficie d'un financement du plan France Relance dont la partie dédiée à la décarbonation de l'aviation est mise en œuvre par la DGAC sous la responsabilité de Jean-Baptiste Djebbari, Ministre des Transports. L'objectif ultime de l'étude est de promouvoir le déploiement à grande échelle de CAD, ainsi que la certification d’une utilisation de 100% de CAD pour la nouvelle génération d’avions commerciaux monocouloirs et d'avions d'affaires.

Photo : l’A319neo @ airbus

29/10/2021

Vol inaugural pour le Shenyang J-35 !

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Qui doutait encore de la réactivité des avionneurs chinois ? Après le J-20 biplace dévoilé il y à peine 2 jours, voici que l’avionneur Shenyang réalise le premier vol du J-35, soit la version navalisée du FC-J-31. Ce vol est doublement important, car il offre un nouvel aéronef de 5 ème génération à la Chine et plus précisément pour l’aéronavale qui va lui permettre de rattraper, ou dans une certaine mesure d’égaler la marine américaine dans ce domaine.

La première apparition publique du J-35 a eu lieu à l'exposition Air Show China 2014, l'émergence du J-35 n'est pas seulement une étape majeure dans la marche de l'industrie chinoise pour créer une aéronavale moderne, mais c'est un saut de deux générations au-delà du choix initial en vue de la construction de nouveaux porte-avions, mais du remplacement de l’actuel J-15 issus du Sukhoi 27. Dérivé direct du FC-J-31, le J-35 est doté d'une aile reconfigurée et d'un fuselage allongé qui a été optimisé par une section qui réduit la signature radar (RCS). Les ailes sont repliables et l’avion dispose d’un double engrenage avec barre de lancement, un cockpit redessiné. De plus un IRST et une échelle intégrée complète les modifications.

Mais la transformation d’un avion classique pour l’amener à être exploitable sur porte-avions n’est pas chose simple. L’avionneur chinois à dû investir des ressources importantes dans le J-35, qui pèse 22 000 livres et qui emporte ses armes dans une baie d'armes interne pour maintenir la signature furtive de l'avion. Vu de l’extérieur, le J-35 ressemble énormément au F-35 américain, ces similitudes ne sont pas étrangères aux opération d’espionnage chinois. Pour autant, le F-35 de Lockheed Martin est une machine qui pousse en direction de la nouvelle génération dans tous les domaines. Il n’est de loin pas certain, que le J-35 puisse l’égaler sur toutes les capacités, mais l’avion chinois devrait être malgré tout un grand pas en avant dans les efforts chinois pour créer une force porteuse moderne.

Le Shenyang FC-J-31 / FC-J-35

Le Shenyang J-31/35 est un chasseur de taille moyenne utilisant des moteurs russes RD-93 et à terme des moteurs chinois WS-13. L’avion reprend les entrées d’air du F-35 sans séparateur de couche du moins en apparence. On notera que les tuyères sont classiques à la différence du F-22. 

Conçu par l'Institut 601 de Shenyang et fabriqué par l'usine 112, toujours à Shenyang. Selon les premières communications de la China Aviation Industry dédiée à cet avion indique qu'il a une faible signature radar et une forte capacité en matière de contre-mesures électroniques. Il y une capacité multirôle. Les systèmes de bords permettent la fusion des données. De plus l’avion capacité en logistique intégrée et un haut ratio qualité/prix. Il peut décoller sur 400 mètres et atterrir sur 600 mètres. Sa durée de vie est estimée entre 6 et 8’000 heures de vol ou 30 ans de service.

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 Photos : Chenyang FC-J-35 @ CCTV

27/10/2021

Apparition du premier Chengdu J-20 biplace !

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Pour la première fois, des photos d’un avion de combat Chengdu J-20 biplace ont été rendues publiques. Si la désignation de l’avion n’est pas connue J-20B ou J-20S selon certains, les questions de se développement unique pose un certain nombre de questions qui restent pour l’instant sans réponses.

Une version très attendue 

Signalée depuis plusieurs mois, la nouvelle version du J-20 ne manque pas d’intérêt, car il est de fait, le premier avion de combat furtif biplace au monde. En effet, dans le cadre d’un conflit futur hautement numérisé, de grandes quantités d’informations seront disponibles. L’ajout d’un navigateur de combat s’avère important dans le cadre de missions dédiées au traitement des détecteurs adverses et de leur neutralisation. Dans le cadre de l’attaque au sol, le second pilote peut s’avérer une aide précieuse. Reste à voir comment la PLAAF va intégrer le J-20 avec le J-31, lui aussi furtif, mais de taille plus réduite.

Mais pourquoi ?

Pourquoi donc créé un biplace de 5ème génération, alors même que les avions modernes offrent des aides électroniques et notamment avec l’IA sans commune mesure avec les appareils plus anciens. Est-ce justement une faiblesse typiquement chinoise ? Pas forcément. Alors, une aide à l’ancienne pour former les pilotes ? Peut-être, mais sachant que les aéronefs modernes sont beaucoup plus faciles à piloter grâce aux aides électroniques, cette dernière ne serait alors que très négligeable. Il faut probablement chercher le besoin ailleurs, avec par exemple la possibilité pour le second pilote de s’occuper de la gestion de certains capteurs ou systèmes comme les drones. Le suivi des informations et le tri de celles-ci dans un environnement toujours plus rapide. La gestion de l’information est primordiale, le J-20 peut devenir un élément de détection avancée comme le F-35 en Occident. Le second pilote prend alors le rôle du gestionnaire de la situation, notamment, lors d’opérations offensives. Dernière option, le J-20 va pouvoir mener des opérations d’attaque au sol, dans ce rôle, le second pilote peut s’occuper des cibles et également de la gestion des défenses adverses sachant que le J-20 a été conçu pour les opérations à longue distance.  

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Le J-20 « Weilong » : 

Le Chengdu J-20 « Weilong » (puissant dragon) est l'un des avions de combat les plus perfectionnés selon les dires de l’avionneur chinois. L’avion est censé pouvoir répondre au F-22 américain.

Doté d’une aile de type delta et des plans canards à l'avant, le J-20 dispose de deux empennages verticaux en diagonale mobiles d'un seul bloc. Cependant, Il n'y a pas d'empennage horizontal mobile, les plans canards, les parties mobiles de l'aile delta et les deux empennages diagonaux suffisent à un contrôle optimum. L’avion est doté de la poussée vectorielle, permettant d'augmenter la maniabilité de celui-ci.

Pour l’instant, on ne connaît pas encore le modèle exact du moteur WS-10 qui équipe le J-20. Certains avancent en Chine, qu’il pourrait s’agit du WS-10-T2. Il semble par contre que la version du WS-10 est une dérivée du WS-10B qui incorpore les améliorations portées du WS-10G (14 200 kg), notamment au niveau de la structure de la soufflante et du compresseur. On estime la poussée à 14 tonnes avec postcombustion.

L’avion dispose d’une baie ventrale pour l’armement d’une longueur estimée à 4,5 mètres pour 3 mètres de largeur, l’avion semble pouvoir emporter quatre missiles air-air de moyenne portée PL-15 des missiles air-air à courte portée PL21. Par contre, les missiles air-air de courte portée sont localisés au niveau des petites soutes latérales de chaque côté du fuselage à proximité des entrées d’air pouvant chacune recevoir un missile air-air PL-10.

Le J-20 mesure 20,3 mètres de long et a une envergure de 12,9 mètres. Il est fabriqué à partir d’alliages avancés, avec un poids à vide d’environ 19 000 kg pour une masse maximum de 32 000 kg. L’avion affiche un plafond de 20 km et une vitesse maximale supérieure à Mach 2 (2 470 km / heure),

Les coûts de recherche et développement du J-20 ont été estimés à plus de 30 milliards de yuans (4,4 milliards de dollars), avec un coût par avion de 100 à 110 millions de dollars.

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Photos : 1 & 2 J-20 biplace 3 J-20 monoplace @ CCTV

Le Congrès ne veut pas d’une vente de F-16 à la Turquie!

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Le bras de fer continue entre Washington et Ankara à propos de la demande de cette dernière d’acquérir des avions de combat F-16 supplémentaires en vue d’un dédommagement suite à l’expulsion du de la Turquie du programme F-35.

Rappel

Le contentieux entre la Turquie et les Etats-Unis sur le programme F-35 pourrait être réglé avec la livraison d’avions de combat F-16. Washington semblait ouvert à la demande d’Ankara, il y encore une semaine, pour la livraison de 40 Lockheed Martin F-16 Block 70/72 « Viper » ainsi que 80 kits pour moderniser des appareils aux standards plus anciens, mais les politiques américains semblent voir cette possible vente d’un bon œil.

Avec son exclusion du programme F-35, Ankara se retrouve dans une certaine mesure dans une situation de faiblesse, le pays pourrait en effet, très vite se retrouver avec une force aérienne affaiblie vis-à-vis de ses voisins. Ankara ne pouvant disposer du F-35, seul le développement de son propre avion de 5 ème génération, le TF-X pourrait combler ce vide et/ou l’achat d’un avion du côté de la Russie. Pour autant la Turquie rencontre de gros problèmes pour son avion de combat national, notamment en ce qui concerne la motorisation. Des discussions avec Moscou sont en cours depuis plusieurs mois, mais l’acquisition d’un avion ou de technologie pourrait pousser Ankara hors de l’Otan. 

Une lettre à Biden

11 législateurs de la Chambre des représentants des États-Unis, à la fois démocrates et républicains, ont envoyé une lettre au président américain Joe Biden et au secrétaire d'État Anthony Blinken et ont exhorté l'administration Biden à ne pas vendre d'avions de combat F-16 à la Turquie. Quelques extraits de la lettre : 

"Bien que nous soyons convaincus que le Congrès s'unira pour bloquer de telles exportations si ces plans progressent, les États-Unis ne peuvent pas se permettre de transférer des équipements militaires de pointe au gouvernement turc pour le moment", indique la lettre conjointe des législateurs.« Nous ne pouvons pas compromettre notre sécurité nationale »

« Suite à l'annonce en septembre du président Erdoğan selon laquelle la Turquie achètera une tranche supplémentaire de systèmes de défense antimissile russes S-400, nous ne pouvons pas nous permettre de compromettre notre sécurité nationale en envoyant des avions fabriqués par les États-Unis à un allié du traité qui continue de se comporter comme un adversaire. »."Comme vous le savez, l'administration Trump a officiellement retiré la Turquie de son programme d'avions de combat interarmées F-35 (FSJ) après que le président Erdoğan a exécuté le premier achat de systèmes russes S-400 par la Turquie, une décision qui a empêché la Turquie de compromettre le système F-35."Avec le soutien d'une coalition bipartite de membres du Congrès, cette politique de bon sens s'est poursuivie sous votre administration ."Tant que le président Erdoğan fera avancer son projet expansionniste en Méditerranée orientale, la Turquie continuera de menacer notre sécurité nationale et la sécurité de nos alliés les plus proches dans la région - la Grèce, Israël et Chypre. Nous vous exhortons à agir dans notre intérêt national et pour le bien de la stabilité en Méditerranée orientale en refusant de renforcer l'arsenal vieillissant d'avions de combat de la Turquie, et nous attendons avec impatience votre réponse."

Reste à voir comment l’Administration Biden va réagir à cette demande particulièrement nette du Congrès et comment le contentieux entre les deux pays va pouvoir se régler à l’avenir.