13/10/2020

COVID-19, la contamination à bord d’un avion est très faible ! 

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Alors que les cas de contamination au COVID-19 sont à nouveau très préoccupants et pourraient déboucher sur une seconde vague, les premières informations concernant le transport aérien semble rassurantes. Selon l’IATA et l’OACI qui travaillent avec les avionneurs et les différents responsables de la santé des Etats, les cas de contamination à bord des avions sont particulièrement faibles.

Taux de contamination faible :

Cette semaine, l’IATA a rendu publique une étude qui démontre la faible incidence de la transmission du COVID-19 en vol avec un décompte actualisé des cas publiés. Depuis le début de 2020, 44 cas de COVID-19 ont été signalés dans lesquels la transmission aurait été associée à un voyage en vol (y compris les cas confirmés, probables et potentiels). Au cours de la même période, quelque 1,2 milliard de passagers ont voyagé. Toujours selon l’IATA, même si 90% des cas n'étaient pas signalés, ce serait un cas pour 2,7 millions de voyageurs.

Comment expliquer des chiffres aussi faibles ?

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Alors que les risques de contamination sont toujours bien présents et en hausse avec les baisses de températures, comment se fait-il que dans un environnement confiné comme celui d’une cabine d’avion les risques ne soient pas plus élevés ?

Les raisons du faible taux de contamination à bord des avions proviennent de la dynamique des fluides computationnelle (CFD)*. Des recherches sur le sujet montrent que les systèmes de circulation d'air des avions contrôlent le mouvement des particules dans la cabine, limitant la propagation des virus. Plusieurs études menées en collaboration avec les avionneurs ont donné des résultats similaires.  

Les systèmes de circulation d'air des avions, les filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air), la barrière naturelle du dossier de siège, le flux d'air descendant et les taux d'échange d'air élevés réduisent efficacement le risque de transmission de maladies à bord en temps normal.

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L'ajout du port de masque au milieu des problèmes de pandémie ajoute une couche supplémentaire de protection ce qui rend le fait d'être assis à proximité dans une cabine d'avion plus sûr que la plupart des autres environnements intérieurs.

A ce sujet, une étude a été publiée sur le sujet par Freedman et Wilder-Smith dans le Journal of Travel Medicine. Bien qu’il n’existe aucun moyen d’établir un décompte exact des cas possibles associés au vol, la sensibilisation de l’IATA auprès des compagnies aériennes et des autorités de santé publique, combinée à un examen approfondi de la littérature disponible, n’a pas permis d’indiquer que la transmission à bord est courante ou répandue. En outre, l'étude Freedman / Wilder-Smith souligne l'efficacité du port de masque pour réduire davantage le risque.

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Conception des aéronefs :

Les caractéristiques de conception des aéronefs ajoutent un rôle supplémentaire dans la protection des passagers contribuant à la faible incidence de la transmission en vol. L’Interactions face à face limitées, les passagers faisant face à l'avant et se déplaçant très peu. L'effet du dossier agissant comme une barrière physique au mouvement de l'air d'une rangée à l'autre

La minimisation du flux d'air avant-arrière, avec une conception de flux segmenté qui est généralement dirigée vers le bas du plafond au sol.

Le taux élevé d'air frais entrant dans la cabine. L'air est échangé 20 à 30 fois par heure à bord de la plupart des avions, ce qui se compare très favorablement à l'espace de bureau moyen (2 à 3 fois par heure en moyenne) ou aux écoles (en moyenne 10 à 15 fois par heure).

L'utilisation de filtres HEPA qui ont un taux d'efficacité d'élimination des bactéries / virus de plus de 99,9%, garantissant que l'alimentation en air entrant dans la cabine n'est pas une voie d'introduction de microbes.

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La dynamique des fluides computationnelle (CFD) :

Les différentes études menées chez les avionneurs en ce qui concerne la dynamique des fluides computationnelle (CFD) a permis grâce à des simulations de comprendre comment les gouttelettes résultant d'une toux se déplacent dans le flux d'air d’une cabine. La simulation a calculé des paramètres tels que la vitesse de l'air, la direction et la température à 50 millions de points dans la cabine, jusqu'à 1’000 fois par seconde. Ces chiffres obtenus, les chercheurs ont modéliser un environnement non aéronautique, plusieurs individus gardant une distance de six pieds (1,8 mètre) entre eux. Le résultat était que l'exposition potentielle était plus faible lorsqu'on était assis côte à côte dans un avion que lorsqu'on restait à six pieds l'un de l'autre dans un environnement comme un bureau, une salle de classe ou une épicerie.

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Un autre modèle de tests a permis de suivre comment la façon dont les particules d’une toux et de la respiration se déplaçaient dans la cabine de l'avion. Divers scénarios ont été étudiés, y compris le passager qui tousse avec et sans masque, le passager qui tousse situé dans divers sièges, y compris le siège du milieu, et différentes variations des bouches d'aération individuelles des passagers. Cette modélisation a déterminé le nombre de particules de toux qui sont entrées dans l’espace respiratoire des autres passagers. De la même manière une comparaison a été faite avec un scénario similaire dans d'autres environnements, comme une salle de conférence de bureau. Sur la base du nombre de particules en suspension, les passagers assis les uns à côté des autres dans un avion équivaut à se tenir à plus deux mètres l'un de l'autre dans un environnement d’un bâtiment.

Combinaison des mesures :

Si, ces résultats sont particulièrement encourageant, il faut néanmoins continuer à les associés aux autres mesures prisent pour assurer des vols les plus sécuritaires possible. La désinfection des aéronefs avec de nouveaux moyens, les mesures prises en amont des vols dans les aéroports sont autant de barrières qui contribuent à une relance progressive de l’aviation commerciale. A l’avenir, des détecteurs de virus couplés à bord des avions viendront compléter les dispositifs existants.

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 *CFD :  dynamique des fluides computationnelle = la mécanique des fluides qui utilise l'analyse numérique et les structures de données pour analyser et résoudre des problèmes impliquant des écoulements de fluides.

Sources : IATA, OACI, Airbus, Boeing, Embraer, Journal of Travel Medicine.

Liens sur les autres articles liés au COVID-19 et l'aviation :

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/09/26/boeing-va...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/05/07/un-robot-...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/06/02/les-ligne...

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2020/03/14/covid-19-...