04/05/2020

Maintenance, de nouvelles places de travail à Payerne !

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Grâce à la construction d’une nouvelle place de stationnement sur la base aérienne de Payerne, RUAG AG assure désormais, en faveur des Forces aériennes, la présence d’un service de maintenance sur place en Suisse romande. En plus des six postes actuellement occupés à Payerne, douze autres seront créés dans la région. L’exploitation opérationnelle doit débuter vers la fin du premier trimestre 2021. Dès lors, à Payerne, les collaborateurs de RUAG AG conduiront jusqu’à cinq contrôles majeurs par an sur les F/A-18 et fourniront leur assistance pour les contrôles secondaires. L’aménagement de cette infrastructure accueillant deux équipes sera terminé d’ici la fin du troisième trimestre 2021. 

Cette étape franchie, les agents de maintenance de RUAG AG engagés à Emmen pourront davantage concentrer leur travail sur le programme d’assainissement des F/A-18. La réalisation des travaux d’assainissement à Payerne permettra de renforcer la collaboration déjà étroite entre RUAG et le DDPS, un succès qui dure depuis plus de 30 ans. Grâce au rapprochement géographique des sites de maintenance des avions et des opérations, l’efficience et l’efficacité des prestations fournies en faveur des Forces aériennes seront accrues et les deux partenaires pourront, dans une même mesure, tirer profit des synergies.

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Bien qu’une réduction des besoins en contrôles majeurs soit prévue sur le site d’Emmen dès le lancement de l’exploitation à Payerne, l’ensemble des prestations en faveur des Forces aériennes seront, à l’avenir, toujours fournies dans la même ampleur. 

La maintenance garante de sécurité :

La maintenance des F/A-18 prévoit cinq types de contrôles planifiés. Après 50 heures de vol a lieu un premier contrôle basique. Les deuxièmes et troisièmes types de contrôles (appelés K1 et K2) sont effectués après 100 et 200 heures de vol. Les grands contrôles en revanche, après 300 et 600 heures de vol (appelés G3 et G6), nécessitent un démontage considérable de l'avion. Jusqu'à fin 2017, les G3 et G6 étaient effectués exclusivement par RUAG sur son site d'Emmen et les mécaniciens de Payerne se chargeaient seulement des trois premiers types de contrôles. Mais avec l'extension des horaires du service de police aérienne et l'augmentation du personnel qui en découle, Payerne peut aussi se charger en partie des grands contrôles.

Cette nouvelle mission représente un challenge de taille pour les collaborateurs de la base vaudoise. En effet, les mécaniciens ne s'occupent pas uniquement de la maintenance des F/A-18. Ce personnel effectue parallèlement diverses tâches telles que préparer les avions pour le vol, assurer le piquet dans le service de lutte contre les incendies, ravitailler les avions en carburant, assister la milice durant les cours de répétition ou encore participer aux démonstrations aériennes en Suisse ou à l'étranger. Il n'est donc pas rare qu'une personne démonte une pièce lors d'un contrôle, et que cette même pièce soit remontée par un autre collaborateur plus tard. C'est un travail de rotation d'équipes qui demande une planification rigoureuse.

Les contrôles G3 et G6 contrairement aux K1 et K2 impliquent des contrôles de tous les systèmes, des révisions de certains composants ainsi que des analyses de la structure de l'avion de chasse. Chaque collaborateur acquiert ainsi une vue d'ensemble et approfondit ses connaissances techniques. En outre, l'extension du service de police aérienne crée des postes de travail supplémentaires. En effet, en plus des deux pilotes prêts en permanence, dix techniciens sur aéronefs sont également de permanence pour parer aux engagements de police aérienne ainsi qu'à d'éventuelles pannes.

Payerne œuvre ainsi au bon fonctionnement des avions de combat et est la seule base des Forces aériennes suisses à avoir cette compétence. Elle accomplit, en collaboration avec RUAG, un travail essentiel au profit de la sécurité de l'espace aérien suisse. 

La base aérienne de Payerne est le premier site pour les avions de combat des Forces aériennes et le principal site responsable du service de police aérienne. Concernant ce dernier, l’objectif fixé par le Conseil fédéral consistant à en assurer la permanence se concrétisera au début de l’année prochaine.

La Police du ciel dope l’emploi :

Avec les améliorations en cours sur l’aérodrome de Payerne et ceci grâce à la mise en place de Police du ciel (PA24), c’est la création de 100 emplois sur le site de Payerne qui seront progressivement ajoutés aux 364 emplois actuels sur la base aérienne.

Un meilleur taux de disponibilité des avions. Les mécaniciens de piquets pour la PA24 sont occupés, lorsqu’ils ne sont pas à préparer un décollage en urgence, à la révision d’avions 24/24, ainsi que le week-end. Les cycles de révision G3 (300heures) et G6 (600heures) seront effectués dans les nouvelles halles (H4) actuellement en cours d’achèvement.

En parallèle à la PA24, de nouvelles infrastructures modernes (dortoirs, salles d’eau, bureaux) pour les pilotes et le personnel au sol sont actuellement en phase de finalisation. Une nouvelle centrale écologique de chauffage fonctionnant avec de pellet de bois sera bientôt mise en service, additionnée par des panneaux photovoltaïques sur les bâtiments. (Sources: RUAG/DDPS)

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Photos : 1 & 3 Maintenance avion de combat 2 nouvelle Halle @ DDPS

Airbus / Boeing / Embraer, les emplois sous pression !

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Dans le cadre de la pandémie du COVID-19, il est temps de s’interroger à la problématique des emplois sous pression chez les deux grands constructeurs. En effet, des mesures vont être prises et elles n’augurent rien de bon. Les compagnies aériennes retardent les achats de nouveaux avions freinent les calendriers de livraison et reportent la maintenance élective.

Baisse des cadences :

Chez les deux avionneurs, des mesures afin de diminuer les cadences de production ont été prises. Dans un premier temps chacun s’est engagé à la réaffectation du personnel qui n’était pas confiné. Mais cette mesure devient difficile à tenir du fait que la planification de la reprise complète des opérations d’assemblage ne se fera pas avant 2022.

Chez Airbus on annonce une perte chiffrée à 481 millions d’euros avec une baisse d’activité de l’ordre de 50% pour 2020 et estimée à 33% pour 2021. Chez airbus se sont 200'000 emplois directs et indirects qui sont générés dans le monde par le groupe Airbus. On estime que dans la région toulousaine se sont 3'800 employés qui pourraient à termes se retrouver au chômage dans les mois avenir. La situation n’est pas meilleure sur les sites en Espagne avec 850 emplois touchés et 1'900 en Allemagne. En Angleterre 450 postes sont menacés.

Pour les sous-traitants, c’est encore pires. Certes, il y aurait bien des tentatives de reconversion pour ces derniers, mais celles-ci vont prendre des années et la situation dans les autres secteurs n’est pas meilleurs.

Pas mieux chez Boeing :

Boeing supprimera 10% de ses 160’000 employés d'ici la fin de l'année et réduira considérablement la production d'avions à fuselage large et à fuselage étroit jusqu'en 2022.  Dans une lettre envoyée mercredi dernier aux employés de la société, la Direction a qualifié la pandémie de «coup dur» pour l'entreprise, créée par une baisse du volume de passagers de plus de 95% par rapport aux chiffres de l'année dernière et une baisse attendue de 314 milliards de dollars des revenus des compagnies aériennes en 2020. Il a estimé qu'une reprise de la crise de Covid aux niveaux de 2019 prendrait deux à trois ans et qu'il faudrait "quelques années au-delà" pour que l'industrie revienne aux tendances de croissance à long terme. 

Double crise chez Embraer :

Les temps sont difficiles également chez l’avionneur brésilien, troisième constructeur au monde. En plus de la pandémie, l’avionneur doit maintenant revoir toute sa stratégie suite au désengagement de Boeing dans le groupe. Souvenez-vous, l’avionneur américain devait suite à un accord racheter les activités civiles du brésilien. Embraer avait annoncé à fin 2019 une perte de 322 millions de dollars et ne pouvait pas faire de prévisions pour 2020 en raison de la crise sanitaire.

Photo : Chaine d’assemblage de l’A350 à Toulouse au ralenti @ airbus