20/04/2020

L’Allemagne confirme le Boeing Super Hornet !

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La ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, a officiellement informé en fin de semaine dernière les États-Unis que l'Allemagne achèterait 45 Boeing F/A18 & EA-18 pour remplacer en partie ses avions de combat Tornado.  L’Europe n’est pas en reste, Airbus DS recevra également une commande pouvant aller jusqu’à 93 Eurofighter.

Rappel :

A fin mars, je vous parlais d’un choix possible en direction d’une flotte mixte pour remplacer les Tornado ECR et sa capacité d’emport de la bombe nucléaire B61 sous commandement de l’USAF.

Actuellement le Boeing Advanced Super Hornet BlockIII et l’EA-18 « Growler » sont directement en compétition avec l’Eurofighter.  Le Lockheed-Martin F-35 ayant été écarté de la compétition. Si, le gouvernement allemand semble préférer l’offre d’Airbus, la question de la bombe B61 sème le trouble.  En effet, le Tornado est de son côté capable de mener les missions « ECR » et d’emporter la bombe B-61. Son remplaçant est censé pouvoir reprendre les mêmes missions.  De plus, une prolongation de la flotte de Tornado coûterait particulièrement cher et grèverait le budget de la Luftwaffe, on parle de 9 à 10 milliards d’euros. Il y a urgence ! 

Le problème actuel, vient du fait que ni l’Eurofighter, ni l’Advanced Super Hornet ne sont qualifiés pour l’emport de la bombe B-61. Les américains, de leurs côtés semblent « évidemment » plus disposés à une qualification rapide sur le F/A-18 E/F. Pour l’Eurofighter, il faudra attendre. Cette problématique pose une question de fond sur le choix final du gouvernement allemand et de ses engagements en termes de capacité au sein de l’Otan. 

En novembre dernier, Airbus a présenté son Eurofighter ECR SEAD de reconnaissance et de combat électronique et de Suppression des défenses aériennes ennemies. Cette nouvelle possibilité de l’avion doit permettre de venir complètement remplacer les Tornado ECR de la Luftwaffe, soit près de 40 aéronefs. Reste cependant l’épineux problème politique de la dissuasion nucléaire et de la place de la Luftwaffe que celle-ci occupe au sein de l’Otan.

Une flotte mixte :

L’Allemagne semble confirmer son choix en direction d’une flotte mixte composée de la manière suivante 90 avions de type Eurofighter et 45 avions de chasse F/A-18 Advanced Super Hornet/Growler du constructeur américain Boeing à partir de 2025. Soit 30 Advanced Super Hornet BlockIII ainsi que 15 EA-18 "Growler » BlockII pour combattre les positions de défense aérienne ennemies. 

Bataille au Bundestag :

Pour autant, une bataille va avoir lieu au Bundestag. Ce dernier doit en effet, approuver le financement de chaque acquisition de défense d'une valeur de plus de 25 millions d'euros. Hors, du côté des du parti socialiste SPD on ne soutient pas cet achat principalement dû à une remise en cause de la mission de frappe nucléaire et préfère que les États-Unis retirent les bombes nucléaires qu’ils ont stockées à la base aérienne de Büchel. Une autre faction du SPD s'oppose à l'octroi d'un tel contrat d'armes d’une manière générale. On peut donc s’attendre à des débats très animés au Parlement allemand.

Photo : Image d’artiste d’un Futur Advanced Super Hornet aux couleurs de la Luftwaffe @Wolfmann

 

 

 

Commentaires

Si celà se confirme, je vois en mieux un choix Suisse en direction de l'Advanced Super Hornet, une raison pour travailler avec les américains et collaborer et partager avec les voisins allemands (entrainements, simulateurs, pièces détachées, ravitaillement en vol. Pour le système sol-air, je vois le SAMP et une collaboration avec la France. Bref, tout le mond est content, je dis ça, je ne dit rien !

Écrit par : Greg | 20/04/2020

Bon reste une belle bagarre au bundestag en perspective

Écrit par : Marco | 20/04/2020

@Greg : Désolé pour toi, j'ai déjà pris les paris l'année dernière sur une victoire avec exactement cette solution, éminemment politique.
.
Non, tout le monde n'est pas content, mais les avions vont à celui qui peut se permettre la plus grosse clef de bras, mais d'un autre côté impossible de se fâcher trop fort avec la France qui risque de rester voisine de la Suisse pour un certain temps.

Écrit par : v_atekor | 20/04/2020

D’un autre côté, une commande de 90 Eurofighter assure l’avenir du système...
Dans tous les deux cas, il y a le même perdant... Dassault Rafale.

Écrit par : Al&X | 20/04/2020

Mesdames, Messieurs

Que l'Allemagne ENVISAGE le renouvellement de sa flotte aérienne, je veux bien le concevoir.

Mais débourser plus de 12 MD€ en ce moment, ( faites le bilan économique lié au COVID19), me paraît aujourd'hui totalement utopique.
Je pense que cette décision va être remise à (beaucoup) plus tard...

La sauvegarde de LUFTHANSA a elle seule demandera au bas mot plus de 50 MD€ et il y en aura d'autres dans le même cas ( on parle de l'ordre de 500 MD€ au minimum).

Alors l'aviation militaire allemande attendra ... longtemps, je pense, voire une annulation purement et simplement de la commande!

Écrit par : forêt10 | 20/04/2020

@ greg : en tout cas , tout le monde est soulagé , de ce côté du Rhin , de voir un choix allemand très politique qui ne ferme aucune porte , et qu'on peut apprécier pour son équilibre tant économique qu'opérationnel . Les allemands ont finement joué sur ce coup là , les espoirs restent entiers pour le SCAF pour certains dont j'étais c'est là la surprise .

Écrit par : philbeau | 20/04/2020

@AI&X: Non en aucun, cas car le Rafale n'a jamais été en course en Allemagne à plus forte raisons que le pays est engagé dans le consortium Eurofighter.

Écrit par : Pk | 20/04/2020

@Forê10 : Votre vision est fausse sur deux plans: Le premier, il y a urgence pour la défense allemande d'une part et ne pourra pas être comblée en cas de retard. De l'autre, la crise du COVID-19 nous montre à pluieurs exemple que justement le minimalisme faisant suite à la fin de la Guerre Froide à poussé les décisionneurs à pensé en terme de "flux tendus" d'ou le manque de masques, de respirateurs et de produits médicaux. Il en va de même pour l'équipment militaire à plus forte raison lorsque l'on voit comment certains pays s'arme sans retenue. Il ne faudrait pas que ce domaine soit abandonné comme l'a été le domaine médical à ce jour.

De l'autre, les prêts engagés pour le groupe Luftansa seront remboursé par la compagnie et celle-ci repartira, non sans quelques adaptation de flottes.

Votre vision est justement celle qui nous a conduit à une débacle en matière de prévision de crise et de capacité.

Écrit par : Steeve | 20/04/2020

@ Steeve
Vos arguments "Covids" font sourire! Des avions de chasse ne sont pas des équipements sanitaires. La voie qui me semble la plus crédible est bien celle de forêt 10. Les budgets non essentiels vont être gelés et les autres reportés à plus tard. Les autres pays acquéreurs de chasseurs actuellement vont sans doute faire de même. En Belgique, bien des voix s'élèvent pour demander l'annulation du contrat F35 que le pays ne pourrait plus se permettre après la crise du Covid. Je vous rappelle qu'on parle de la plus grave crise depuis la seconde guerre mondiale et le coronaire économique est encore à venir. Vendre des avions de chasse était une gageure, cela risque de devenir un exploit !

Écrit par : robin | 21/04/2020

Encore un énième sabotage de l'industrie aéronautique européenne alors qu'il y a trois chasseurs en production dans l'Union européenne et une collaboration qui risque de tomber a l'eau franco-allemand et un projet fumeux britannique.
Tout cela pour des bombes nucléaires américaines totalement obsolètes, même pas des missiles tirés a distance de sécurité. Au fait, les F-35 vendus au Benelux, Danemark et ailleurs ne même pas qualifiés sur la B-61, pas avant 2024 minimum...

Écrit par : L'amateur d'aéroplanes | 21/04/2020

Bonjour à tous et quelques éléments de réponse à notre ami @Steeve
Notre ami me prête des intentions que je n’ai pas et que je n’ai jamais formulées ;
- « Le premier, il y a urgence pour la défense allemande d'une part et ne pourra pas être comblée en cas de retard. »
Je n’ai jamais prétendu le contraire !
- « De l'autre, la crise du COVID-19 nous montre à pluieurs exemple que justement le minimalisme faisant suite à la fin de la Guerre Froide à poussé les décisionneurs à pensé en terme de "flux tendus" d'ou le manque de masques, de respirateurs et de produits médicaux. »
C’est là ou notre vision du monde actuel (je parle bien du printemps 2020, qui fait suite à un hiver asiatique 2019-2020 chaotique) diverge.
Vous assimilez les décisions (politiques) de la guerre froide, à une décision de crise sanitaire.
Autant les décisions de la guerre froide étaient prévisibles, ils suffisait de connaître l’histoire des deux blocs en présence, pour pouvoir agir en conséquence. Chaque camp poussait ses pions en fonctions des réactions de l’autre.
Que, à la suite de la chute du mur de Berlin, les puissances occidentales se sont laissées entraîner dans un désarmement coupable est une autre histoire, que je n’ai JAMAIS cautionné.
La crise du COVID19 est d’une toute autre nature, PERSONNE ! Je dis bien PERSONNE ! ne domine quoi ce soit. Les affirmations et les contradictions les plus farfelues les unes que les autres circulent. C’est à celui qui inventera la dernière qui veut avoir raison.
Que certains pays, ont totalement laissé tout un pan de leur économie et de leur production sanitaire aux main de la Chine est COUPABLE à plus d’un titre et certain de ceux-ci devront rendre compte le moment venu.
Mais ce moment quand viendra-t-il ? Bien malin celui qui pourra apporter un quelconque élément de réponse.
Selon diverses sources sanitaires internationales, (et je ne parle pas de la triste OMS, qui a longtemps considéré ce virus comme celui d’une ‘’grippette’’ avant de déclarer la pandémie), on parle de 2021 voire de 2022.
Entre temps qu’allons-nous faire ?
- Pour l’instant en l’absence d’un quelconque traitement efficace et surtout d’un vaccin, le seul moyen que tous les dirigeants mondiaux ont mis en place est le confinement.
Cette mesure est efficace au niveau sanitaire, mais catastrophique au niveau économique.
Alors que l’économie mondiale tourne au ralenti , ces mêmes dirigeants préconisent un retour ‘’progressif’’ à une production ‘’essentielle’’ selon leur terme.
Outre qu’il faudra définir, ce que contient le terme de production essentielle, cela entraîne un certain déconfinement, donc une nouvelle circulation du virus, avec les conséquences sanitaires qui vont avec.
Les décisions qui devront être prises, ne sont pas simples :
- Si nous admettons (sources médicales) que à peine 10% de la population européenne et américaine (les sources asiatiques sont sujettes à caution) a été touchée par le virus, cela sous-entend que au moins 50% de la population mondiale doit encore être infectée (les experts estiment qu’a partir de 60% de personnes infectées, la pandémie s’étouffera par elle-même)
- Les pays démocratiques sont-ils prêts, a accepter un tel désastre sanitaire ? Je ne le pense pas.
Alors il faudra se diriger vers une solution de compromis, moins de morts, mais plus de déficit budgétaire.
Actuellement le compagnie aériennes, le tourisme, l’automobile, les services, la production industrielle etc.etc. tournent au quart de leur capacité, le tourisme, et tout ce qui est rattaché, est à l’arrêt complet.
Les « experts » tablent sur une perte de PIB de l’ordre de 8 à 12 points, selon les pays, pour la seule année 2020.
Pour les années suivantes, nous sommes dans l’inconnu.
Vous parliez de LUFTHANSA dont SWISS fait partie;
« De l'autre, les prêts engagés pour le groupe Luftansa seront remboursé par la compagnie et celle-ci repartira, non sans quelques adaptation de flottes. »
Si vous observez les décisions récentes prises par le groupe, vous constaterez que cette compagnie s’est installée dans un scénario pessimiste :
- réduction drastique de la flotte : arrêt immédiat de l’exploitation des gros porteurs d’ancienne génération ; A-380, A-340, B147-400 etc.
- livraisons décalées (on ne sait pas pour combien de temps) des aéronefs neufs en commande ; A-320neo, A-350, B-787, B777-9 etc.
- Vous prétendez que les prêts seront remboursés par la compagnie, avec quels moyens ?
Si on extrapole sur ce qui va se passer, le redémarrage des compagnie aériennes sera TRES lent.
Un retour à la normale prendra plusieurs années (nous ne sommes plus à la crise de 2001 et de 2008), à condition que l’on trouve rapidement un vaccin, pendent ce temps les compagnies devront être mises sous perfusion, Bruxelles va-t-il le tolérer ?
Pour conclure, pensez-vous, que devant l’ampleur du désastre, le parlement allemand va adopter des crédits considérables pour le renouvellement de la flotte militaire ?
Connaissant , assez bien le mode de fonctionnement du gouvernement de coalition allemand et la succession imminente de Mme Merkel, j’en doute…

Pour ceux qui vont trouver que cet article est trop long ; J’ai essayé d’être le plus concis possible…

Écrit par : forêt10 | 21/04/2020

@Forêt10, Robin: J'abonde dans le sens de Steeve, les crises quelles soit sanitaires ou militaires vont être des éléments réguliers de notre futur. La faiblesse actuelle des décisions de nos politiques tant du point de vue des réserves, de la dépendance en sont des évidences. Le choix allemand actuel est le résultat d'un laisser aller profond en matière de défense tout comme celui des infrastructure et équipement sanitaire. Siuvenuz-vous du SRAS, bien moins dangereux, toutes les analyses qui ont suivi montraient les faiblesses des réseaux sanitaires. Avons-nous comblez cette faiblesse ? Non, bien au contraire. Il en va de même pour la défense. L'être humain est amnésique semble-t-il !

Écrit par : Marco | 21/04/2020

@Forêt10: Pour votre gouverne, Oui, les compagnie devront rembourser les prêts étatiques et auront l'obligation de ne pas verser de dividentes jusqu'a la finalité. Il faut cependant diférencier deux prêts: l'aide européenne centralisée et l'aide additionnelle des pays. Dans le cas de l'Alleamgne l'aide du pays devra être remboursée pas celle de l'EU.

Par ailleurs, l'achat de 90 Eurofighter contribuera à la relance des chaîne de montage en Allemagne et offrira un soutien au équipementiers. Celle-ci sera la bienvenue tant poiur le "cash" que pour l'emplois.

Écrit par : Mathieu | 21/04/2020

Bonjour,
Puisqu'on en est à faire un parallèle entre service sanitaire et armée il faudrait je pense appliquer le même raisonnement aux deux.
On entretien une armée qui en temps de paix est surdimensionnée mais on finance 'au cas où'.
On se refuse à payer pour des lits et des infirmières 'en trop' en temps de non épidémie.
Je pense qu'il faut appliquer le principe 'au cas où' partout.

Écrit par : bpapon60 | 21/04/2020

Certains ne comprennent pas encore l'impact du Covid sur l'industrie en général et l'armement en particulier. Les coûts du Covid ne se limitent pas au mois d'inactivité due au confinement mais à tous les couts à venir, liés aux changements de notre mode de vie. Distanciation sociale, réorganisation des shifts de travail dans les usines, personnel absent site à contamination, mesure de transport hors contamination, décontamination des sites etc.. Ca va être pire qu'un bombardement nucléaire ou bactériologique. Pensez vous que les états vont soutenir les mesures de réarmement dans ces conditions ?? Non !! Elle vont palier avec des mesures de survie, le temps que la crise passe. Tout va petit a petit mais sûrement ralentir et les budgets seront réaffectes. Même cette annonce du F18 pour l'Allemagne bien qu'étant imminente, se fait à la va vite histoire de bloquer les budgets avant le grand chambardement !
Eh, oui l'avenir est sombre et incertain. La seule option pour que ça redémarre serait un vaccin rapidement, mais qui selon certaines sources prendra 1 à 2 ans, auquel ajouter 2 autres années pour vacciner et stabiliser tous les continents (le virus n'a pas de frontières),et il faudra encore rajouter 2 à 3 autres années pour que l'économie soit assez fsolide pour revenir discuter des dossier d'armements. Oui, on a connu de temps meilleur !

Écrit par : Robin | 21/04/2020

@bpapon60: Vous dites : "une armée qui en temps de paix est surdimensionnée" ?? Vraiment ? c'est exatement le contraire tout comme les moyens sanitaires!!

Écrit par : kora | 21/04/2020

@Forêt10: En ce qui concerne SWISS : L’aide est prévue principalement sous la forme de garanties de la Confédération. Celles-ci seront soumises à des conditions strictes, pour limiter les risques supportés par la Confédération. Les entreprises devront notamment prouver que toutes les possibilités de financement sont épuisées.

En outre, les fonds générés devront être utilisés en priorité pour rembourser les aides. Aucune distribution de dividendes, restitution ou transfert au sein d’un groupe ne seront possibles avant le remboursement intégral des prêts garantis.

L'Allemagne vise les mêmes aides pour Lufthansa et c'est ce qui semble se généraliser en Europe, l'autre option concerne la prise de position des Etats de manière temporaire dans les compagnies aériennes.

Écrit par : Peter | 21/04/2020

@Robin : vous êtes visiblement resté en mode panique , ce qui n'est pas étonnant étant donné le matraquage médiatique qu'on a subi depuis un mois .
Prenez un peu de recul, à la lumière des évènements comparables dans l'histoire contemporaine . On reparlera de tout ça dans deux ans , et même l'année prochaine . Vous verrez que les préoccupations seront beaucoup positives , que de se morfondre dans le catastrophisme ...

Écrit par : philbeau | 21/04/2020

J'aimerai tant vous croire! La crse a commencé en février et presque 2 mois plus tard, il y a toujours pénurie de madques!! Alors pour le reste...

Écrit par : Robin | 21/04/2020

Bonjour

Écrit par : Adam | 22/04/2020

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