30/12/2019

Fin carrière pour les MiG-27 indiens !

 

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L'Indian Air Force (IAF) a retiré son dernier escadron d'avions tactiques d'attaque au sol MiG-27ML `` Flogger '' le 27 décembre dernier. Les responsables ont déclaré que l'IAF avait retiré du service l'escadron n° 29 "Scorpions" basé à Jodhpur, dans l'ouest de l'Inde, jusqu'à ce qu'il soit de nouveau opérationnel avec de nouveaux avions et de la main-d'œuvre à un stade ultérieur. Cette décision intervient après que l'IAF a retiré son autre escadron de MiG-27ML en décembre 2018.

 

Rappel :

C’est en décembre 2017 que l’Indian Air Force (IAF) a débuté progressivement le retrait de sa flotte de MiG-27ML avec le retrait d’un escadron basé à Hasimara au Bengale.  Construits sous licence par la société d'État indienne Hindustan Aeronautics Limited (HAL), quelque 165 MiG-27 monomoteurs à ailes variables sont entrés en service au sein de l’IAF à partir de 1985.

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Le MiG-27ML au sein de l’IAF :

Le MiG-27 ML, nom de code « Bahadur » en Inde, a connu un parcours de plus de trois décennies de service à la nation, a déclaré le porte-parole de l’IAF dans un communiqué. Les pilotes indiens ont particulièrement apprécié la précision de l'armement et la puissance de la motorisation permettant une accélération rapide de l'avion. Avec son avionique sophistiquée pour l’époque et ses ordinateurs d'armes, il était capable de fournir une variété de charges dans différents modes d'attaque avec une immense précision. 

Le MiG-27ML est une plateforme d'armes très stable avec une bonne visibilité vers l'avant, elle peut larguer des bombes, des roquettes, des munitions de précision guidées par TV / laser et également tirer des missiles air-air pour une autodéfense qui en fait une arme meurtrière. Le MiG-27 ML avait fait ses preuves dans diverses opérations, y compris à Kargil et a reçu de nombreuses récompenses lors de nombreux exercices internationaux organisés en Inde.

C’est au milieu des années 1980 que l’Inde signa un contrat pour produire sous licence le MiG-27M. Au total, se sont 50 exemplaires qui ont été assemblés localement à partir des pièces fournis par les soviétiques, et les autres entièrement construits en Inde. Le premier avion assemblé par Hindustan Aeronautics (HAL) fit son vol inaugural le 11 janvier 1986 et fut suivi par 164 exemplaires appelés localement « Bahadur » « Vaillant » et désignés MiG-27ML.

Au début des années 2000, les MiG-27ML indiens subirent un programme de remise à niveau pour prolonger leur durée de vie, concernant une première tranche de 40 avions avec une provision pour une centaine de plus. L'avionique fut sérieusement modifiée à cette occasion, en particulier par l'ajout d'un GPS, d'un nouveau viseur tête haute et d'écrans couleurs multifonctions. Le premier MiG-27ML modifié fit son vol inaugural le 25 mars 2004 et les livraisons commencèrent en 2006.

Le MiG-27 « Flogger » : 

Le Mikoyan-Gourevitch MiG-27 « Flogger » est un avion d’attaque au sol russe dérivé du chasseur MiG-23 « Flogger ». Au début de 1970 Mikoyan-Gourevitch avait réalisé une version du MiG-23 spécialisée dans des missions d'attaque au sol : le MiG-23BN (Flogger H). Une nouvelle version améliorée fut réalisée recevant initialement la désignation MiG-23BM mais finalement renommée MiG-27 (Flogger D).

Les modifications par rapport au MiG-23BN étaient les suivantes : une nouvelle entrée d'air plus simples, réduisant la vitesse maximale à mach 1,7, un train d'atterrissage et pylônes d'armement renforcées pour permettre d'emporter jusqu'à 4 000 kg de charge. Le remplacement du canon de 23 mm par un canon de 30 mm à 6 tubes pouvant tirer à une cadence de 5’000 coups par minute et l’amélioration de l'avionique avec en particulier un nouveau système de navigation et d'attaque plus précis. Le premier MiG-27 fit son vol inaugural le 17 novembre 1972 et l'avion fut mis en service dans l’armée de l’air soviétique en 1975.

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Photos : 1 & 3 MiG-27 indiens @ IAF 2 Cockpit @ Rahul Devnath

 

29/12/2019

Des S-70i « Black-Hawk pour la Pologne !

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La Pologne a pris livraison de quatre hélicoptères Sikorsky S-70i « Black-Hawk » destinés aux forces spéciales, donnant ainsi le coup d'envoi à un programme de renouvellement de la flotte qui était attendu depuis longtemps. Ils ont été présentés au président polonais Andrzej Duda et au ministre de la Défense Mariusz Blaszczak lors d'une cérémonie qui s'est tenue à la base aérienne de Varsovie-Okecie le 20 décembre.

Commandés en janvier 2019, les Black Hawks ont été assemblés chez PZL Mielec, la filiale polonaise de Sikorsky. Les spécifications exactes des aéronefs et les détails de l’équipement spécialisé installé sont couverts par la confidentialité et ne peuvent pas être divulgués.

Rappel :

La Pologne tente depuis plusieurs années de moderniser son stock d’hélicoptères. Le processus controversé a initialement vu Varsovie, en avril 2015, passer une commande de 50 Airbus Helicopters H225M devant être exploités par les trois branches de ses forces armées. Cependant, un changement de gouvernement a vu ce contrat annulé en octobre 2016. Au lieu de cela, la Pologne a poursuivi une stratégie d'acquisition au coup par coup : en plus du S-70i, elle a commandé quatre Leonardo Helicopters AW101 pour des opérations de guerre anti-sous-marine par sa marine.

Le Sikorsky S-70i « Black-Hawk » :

Le Sikorsky S-70i est un dérivé des versions MH-60 destiné à l’exportation. La nécessité d'une plate-forme d'un tout nouveau Black-Hawk. Le Hawk « M » a émergé durant les années 1990 avec l'obligation de mettre à jour l’avionique analogique des UH-60A et UH-60L avec un cockpit numérique intégré, des commandes de vol numériques doublées et des moteurs plus puissants et des améliorations structurelles. Conçu par Sikorsky est doté d’une interface de Lockheed Martin, le S-70i (MH-60) représente l’évolution des versions précédentes, grâce aux leçons apprises durant les différents déploiements et durant les nombreuses opérations de ces dernières années. Cette nouvelle version permet un engagement multi-missions en utilisant un équipage de trois personnes.

Outre, l’attaque de navires et de sous-marins, l’hélicoptère est susceptible de remplir l’ensemble des missions secondaires telles que : la recherche et le sauvetage (SAR), le ravitaillement vertical.

L’hélicoptère S-70i présenté par Sikorsky PZL Mielec dispose de quatre pylônes sous les ailes qui peuvent engagés des missiles Lockheed-Martin AGM-114 « Hellfire » avec des paniers lance-roquettes Hydra 70. L’hélicoptère offre également l’option d’emport d’une mitrailleuse M134 de 12,7mm ou deux canon GAU-19.

Selon PZL Mielec, l'architecture du système permet au S-70i d'intégrer également d'autres armements selon l'inventaire des clients potentiels à l'exportation.

Photo : S-70i « Black-Hawk » produit chez PZL@ PZL

27/12/2019

L’Algérie aurait signé pour des Sukhoi Su-57 « Felon » !

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Selon le site de défense Menadefense, l’Algérie aurait signé un contrat portant sur l’acquisition de 14 chasseurs furtifs Sukhoi Su-57 E « Felon » et deviendrait, ainsi le premier client à l’exportation du nouvel avion de combat russe.

Modernisation de la Force aérienne :

Les Forces aériennes algériennes auraient aussi signées deux autres contrats pour 14 bombardiers Su-34 « Fullback » et 14 Su-35 « Flanker-E ». Une option pour deux autres escadrons de 14 appareils pour chaque type d’avion a aussi été signée pour palier au retrait naturel d’appareils de la flotte de l’armée de l’air à l’avenir.

La décision algérienne semble avoir été prise suite à la visite d’une délégation au dernier salon aéronautique MAKS 19 près de Moscou. Il semble, par ailleurs que les tensions avec le Maroc, dont récente commande de 25 Lockheed-Martin F-16 Block72 « Viper » ont accéléré la commande. Reste à attendre la confirmation et d’en savoir plus en ce qui concerne les équipements de la version « E » d’exportation.

 Le Sukhoi Su-57 E « Felon » :

La version « Export » du Su-57 a été autorisée à la vente en avril dernier par le gouvernement russe. La société Rostec Defence est autorisée à promouvoir l’avion au Moyen-Orient et dans certaines régions de l'Asie-Pacifique et en Afrique.

Pas de pression américaine : 

Lors de la commercialisation de l'avion destiné à l'exportation, M. Kladov, Directeur de la coopération internationale et de la politique régionale de la société de portefeuille industrielle russe Rostec Defence, a déclaré qu’il était peu probable que les clients soient dissuadés par la loi américaine intitulée Countering's Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA). Cette législation, introduite en août 2017, proposait des sanctions aux clients de la défense russe en réponse à l'ingérence présumée de Moscou dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et à l'annexion de la Crimée.  

Le Sukhoi Su-57 "Felon" :

Susceptible de venir remplacer l’actuel Su-27, le nouvel avion dispose d’un nombre considérable de nouveauté, l’adjonction de la fusion des données et une signature radar réduite. Le Su-57 est doté d’une centrale de navigation inertielle BINS-SP2M à gyrolasers qui permet de gérer automatiquement les informations de navigation et ceci même si le réception GPS (Glonass) ne fonctionne plus. L’avion dispose de commandes de vol électriques et multiplexées avec un système mécanique en « back-up » permettant de ramener l’appareil à destination en cas de défaillance généralisée du système électrique. Un système de communication S111-N avec deux radios cryptées UHF/VHF, une liaison de données complète le tout.

Les moteurs actuels du Su-57 Izd117 ne sont pas définitifs et représente une variante fortement modernisée de l’AL-31F équipant le Su-27 Flanker.  Le futur moteur qui est encore aux essais, l’Izd 30 permettra le mode « Supercroisière » avec un rapport poids puissance supérieur avec la poussée vectorielle.

On notera que le Su-57 dispose d’une extension mobile le LEVCON (Leading Edge Vortex Controllers) qui vient se positionner devant l’aile et permet de combiner l’effet des plans canards avec celui des extensions des bords d’attaques. Ce système permet à l’avion moins sujet à des pertes de portances lors d’angles d’attaques élevés.

Le Sukhoi Su-57 dispose de cinq radars intégrés développés par NIIP Tikhomirov MIRES (Multifunction Integrated Radio-Electronic System) ce dernier est composé de deux ensembles de capteurs principaux : soit le radar AESA en bande X N036 dans le nez, deux radar AESA en bande X N036B placés à côté du cockpit en amont, deux radars AESA en bande L N036L placés sur les bords d’attaques. De fait, le Su-57 peut "voir" sur une plage de 270° autour de l’appareil. Les performances précises des radars ne sont pas encore connues malgré tous les premiers chiffres parlent d’une capacité de détection montant jusqu’à 400 Km (donnée estimée) en air-air et en fonction de la taille de la cible avec la possibilité de détecter 62 cibles et d’en engager 16 simultanément en air-air tandis que le système peut assurer l’engagement de 4 cibles en air-sol simultanément.

En ce qui concerne la guerre-électronique, l’avion dispose du système de contremesures L402, soit un ensemble de nombreux capteurs qui assure une protection spécifique.

En ce qui concerne l’armement, l’avion emporte une vaste gamme de missiles air-air : K-74M2, K-77M et IZD80. Pour l’air-sol : le Kh-38M, Kh-58USK, Kh-59MK2 et KAB-250 sans oublier le BrahMos. Un canon GDh-301 de 30mm vient compléter l’équipement.

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Photos : 1 Su-57 2 Cockpit @ Sukhoi

 

 

 

 

Premier A350-1000 pour Air Caraïbes !

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Peu avant Noël, Air Caraïbes (compagnie aérienne membre du Groupe Dubreuil) a pris livraison de son premier A350-1000, le plus gros membre de la nouvelle génération de la famille A350 XWB d'Airbus, ce qui en fait le premier opérateur français du genre. La compagnie aérienne prévoit d'exploiter ses A350-1000 aux côtés de ses trois A350-900 et six A330 sur des liaisons reliant Paris aux Caraïbes françaises. Le nouvel avion s'intégrera de manière transparente à la flotte existante d'Air Caraïbes grâce à la communauté unique d'Airbus et offrira à la compagnie aérienne une flexibilité supplémentaire. Au total, le Groupe Dubreuil dispose de trois A350-1000 en commande.

Les A350-1000 d’Air Caraïbes sont configurés en trois classes avec 429 sièges (24 Business «Madras», 45 en Premium Economy «Caraïbes» et 360 en Economy «Soleil»). Tous les A350 XWB sont équipés d'une cabine Airspace silencieuse et confortable avec un nouveau système d'éclairage, qui renforce le sentiment de bien-être et de détente des passagers sur les vols long-courriers.

L'A350 XWB présente la dernière conception aérodynamique, un fuselage et des ailes en fibre de carbone, ainsi que de nouveaux moteurs Rolls-Royce économes en carburant. Ensemble, ces caractéristiques se traduisent par des niveaux inégalés d'efficacité opérationnelle avec une réduction de 25% de la consommation de carburant et des émissions. La cabine de l’espace aérien de l’A350 XWB est la plus silencieuse de tous les bi-couloirs et offre aux passagers et aux équipages les produits en vol les plus modernes pour une expérience de vol la plus confortable.

L'A350-1000 est le dernier-né de la famille des gros-porteurs de premier plan d'Airbus, présentant un haut niveau de notoriété avec l'A350-900 avec 95% de références de systèmes communes et la même classe de caractéristiques. En plus d'avoir un fuselage plus long pour accommoder 40% de surface premium (comparé à l'A350-900), l'A350-1000 dispose également d'un bord de fuite d'aile modifié, de nouveaux trains d'atterrissage principaux à six roues et de puissants Rolls-Royce Trent XWB -97 moteurs. Avec l'A350-900, l'A350-1000 façonne l'avenir du voyage aérien en offrant des niveaux d'efficacité sans précédent et un confort inégalé dans sa cabine «Airspace». Avec sa capacité supplémentaire, l'A350-1000 est parfaitement adapté à certains des trajets long-courriers les plus fréquentés.  

Fin novembre 2019, la famille A350 XWB avait reçu 959 commandes fermes de 51 clients dans le monde, ce qui en fait l'un des avions gros-porteurs les plus performants de tous les temps.

Photo : A350-1000 Air Caraïbes @ Airbus / G.Pigeyre

 

 

26/12/2019

Mise à jour et maintien des F-22 « Raptor » !

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Lockheed-Martin a obtenu un contrat de cinq ans d'une valeur de 7 milliards de dollars pour l'entretien des avions de combat furtifs F-22 « Raptor ». Lockheed-Martin a produit 195 exemplaires du F-22, le dernier chasseur furtif ayant quitté sa chaîne de production en 2012. L'USAF prévoit d'exploiter l'avion jusqu'en 2045 au moins.

Ce contrat est une option exercée par l'US Air Force (USAF) à partir de son accord de maintien en puissance avec Lockheed-Martin, a déclaré le ministère de la Défense. Ce contrat supplémentaire de cinq ans prolongera les travaux du contrat de service avec Lockheed-Martin jusqu'au 31 décembre 2032. En parallèle, des travaux vont être exécutés en vue de l’amélioration des F-22.

Lockheed-Martin va introduire le package de modernisation du logiciel 3.2B sur le F-22. Cette mise à niveau du programme comprend l'intégration de deux nouveaux missiles d'interception aérienne, l'AIM-9X et l'AIM-120D.

Une maintenance décentralisée :

Ce nouveau contrat d’entretien doit également permettre la mise en place d’une maintenance décentralisée. Pour le Pentagone, à l’avenir les travaux de maintenance doivent pouvoir s’effectuer sur une variété de bases opérationnelles, de centres de soutien et d'emplacements à l'étranger partout où le F-22 est déployé.

La flotte de F-22 est maintenue dans le cadre d'un contrat de logistique basé sur la performance. En règle générale, dans le cadre des contrats de logistique basés sur les performances, les fournisseurs se voient attribuer des frais fixes pour maintenir un certain niveau de performance, tel que la préparation à la mission, pour un avion, plutôt que de simplement fournir des pièces ou des services de réparation.

Dans le cadre du F-22, environ 50% de la maintenance est liée à la réparation des revêtements furtifs qui sont endommagés. A l’avenir plusieurs initiatives seront mises en place pour réduire la quantité de travaux de réparation de revêtement à faible observabilité nécessaires sur le F-22. Il est particulièrement important de réduire la main-d'œuvre des réparations de revêtement furtif alors que l'USAF tente d'exécuter sa stratégie de base « agile », une forme de guerre expéditionnaire qui envisage que ses avions volent rapidement vers différentes bases aériennes, afin de rendre difficile pour un ennemi de frapper les avions au sol. 

Photo : F-22 « Raptor » @ Sgt. Jensen Stidham/Air Force