29/06/2020

Air2030 : rétablissons quelques vérités !

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Dans le cadre de la votation du 27 septembre prochain, les défendeurs et les opposants à l’achat du nouvel avion de combat s’arment de divers arguments. Rien de bien étrange dans notre pays ou la démocratie directe et en soi une manière de vivre. Par contre, lorsque l’argument est faux et peut induire en erreur la citoyenne et le citoyen, il est important de rétablir la vérité.

Intervention de Mme Brigitte Crottaz, PS à La Matinale :

Dans son intervention de ce matin, Mme Crottaz avance plusieurs arguments qui ne correspondent pas à la réalité :

Pour cette opposante aux avions de combat, « Les progrès font qu'on peut augmenter les heures de vol jusqu'à 6000 voire 10'000 pour les F/A-18 » Ce n’est pas exact, les « HORNET » utilisés en Suisse vont être prolongés à 6'000 heures afin d’atteindre 2030, soit la limite d’utilisation. Après, il n’y aura plus aucune garantie d’obtention de pièces détachées (rapport de l’US Navy 2017). De fait, il n’est pas possible de prolonger le « HORNET » au-delà !

Par contre, le Super Hornet BlockIII proposé à notre pays est certifié pour une vie cellule de 10'000 heures. Les Super Hornet BlockII de l’US Navy seront eux portés à cette limite. Cela s’explique par le fait que Boeing a tiré les enseignements des « Hornet » plus anciens pour prolonger la vie du « Super Hornet » en supprimant près de 40% de pièces et en utilisant de nouvelles techniques.

Confusion entre "Hornet" et Super Hornet", mauvaise connaissance du dossier ou volonté de tromper l’électorats ?

Concernant la police du ciel : 

Mme Crottaz affirme: "Les F/A-18 ne sont concernés que par une toute petite quantité de missions chaudes par année". Avec en moyenne plus de 200 missions d'interceptions  par année dont 70 à 80 "Hot Mission" celà ne lui suffit pas ? Faut-il attendre un drame dans notre ciel, pour certaines personnes réalisent "enfin" l'importance de la PA24 ?

A propos du M-346, notre opposante affirme que « ce dernier n’a pas été étudier dans le projet, que le petit jet italien décolle plus vite qu’un avion de combat multirôle » Non seulement le M-346 n’est pas à la norme QRA15 (Quick Reaction Alert 15) soit le minimum de temps pour décoller, mais il est incapable de dépasser un plafond pratique de 13'000 mètres (en configuration lisse) alors que les avions de combat testés atteignent les 18'000 mètres. Sans postcombustion le taux de montée du M-346 avoisine (en configuration lisse) les 6'000 m/min de vitesse ascensionnelle contre en moyenne 18'000 m/min pour les avions en compétition. La solution M-346FA ne permet PAS de décoller et de rejoindre un simple avion commercial en altitude. De plus, de la dénomination même de son constructeur Leonardo, il s'agit d'un "LIght Attack Fighter" et non d'un intercepteur!

Oui, la solution d’un avion léger a été étudiée et discutée au sein du Groupe d’accompagnement pour l’évaluation du futur avion dans lequel siégeait sa collègue de partis Mme G. Savary.

"Mais est-ce qu'on assure vraiment notre sécurité actuellement ?", interroge Brigitte Crottaz. "Non. Depuis 2003, il est prévu qu'on ait une police de l'air 24 heures sur 24. Ce n'est toujours pas le cas et ce ne sera le cas qu'à fin 2020 » Ce que Mme Crottaz néglige, vient du fait que nous aurions pu gagner 10 ans pour la PA24, si nos parlementaires à Berne n’avaient pas traîné les pieds. Le PS, n’a pas véritablement fait avancer les choses. Par contre, depuis 2003, la surveillance radar militaire fonctionne H24 et coordonne la sécurité avec nos voisins.

Autre affirmation : « La défense sol-air serait bien plus utile pour faire face à des missiles ». Sauf que nous sommes en Suisse et les radars au sol subissent les effets de la topographie. Les ondes radars ne traversant pas les montagnes la capacité de couverture d’un système sol-air de moyenne/longue-portée est limitée à 15'000 km2 (Données Rapport sur la Défense Aérienne). Par ailleurs, un système sol-air est une arme de guerre, elle est inutilisable en temps de paix. De plus, l’engagement de missiles balistiques est complexe, il ne peut être effectué de manière fiable qu’avec un engagement en « réseau » avec un avion de combat multirôle. Pour terminer, je porterais à votre connaissance que cette vision de nos opposants et le fruit du rapport ACAMAR payé par le PS. Ce dernier prend comme référence la défense sol-air de l’Arabie Saoudite, celle-là même qui a été mis en échec à la fin de l’année dernière, par des missiles Houthis qui ont frappé une installation pétrolière de premier plan. Ce que nous ne voulons surtout pas reproduire !

Si chacun a le droit d’avoir une opinion, il est par contre juste d’offrir une argumentation réaliste et non biaisée ! Il en va de la survie de démocratie !

Petite question : Vous pensez sérieusement que le PS qui milite pour la suppression de l’armée serait prêt à voter un crédit d’armement pour le M346 qui ne correspond pas au cahier des charges ?

26/06/2020

Lancement de la campagne Air2030 !

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La décision sur le remplacement de nos anciens avions de combat, qui sont en service depuis 1978 et 1996, sera prise le 27 septembre 2020. En effet, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), a récolté un nombre suffisant de signatures pour le dépôt de son référendum contre l’acquisition de nouveaux avions de combat. Contrairement à son annonce initiale de 90’000, seules 65’685 signatures ont été recueillies. Le GSsA utilise cette même technique avec ses arguments.

Diffusion de faux chiffres et d’informations erronées :


Le GSsA n’a pas seulement tort sur la nécessité d’un remplacement. Il prétend également que l’argent pourrait être mieux utilisé dans le système de santé et mélange donc tout. L’acquisition de nouveaux avions de combat, ainsi que les coûts d’exploitation qui en découlent sont financés exclusivement par le budget ordinaire de l’armée. Il s’agit donc simplement d’une allocation des finances de l’armée. L’argent ne manquera pas ailleurs et ne sera pas retiré du budget de l’armée. Les opposants à l’acquisition de nouveaux avions de combat parlent également d’un « achat inutile d’avions de combat de luxe », en ajoutant les coûts d’exploitation aux coûts d’acquisition*. Cette façon de calculer revient par exemple à prendre en compte, lors de la construction d’un bâtiment scolaire, les coûts d’entretien et d’enseignement des 30 prochaines années. Aussi, notre protection est tout sauf un « luxe ». Notre sécurité, celle de nos familles, et leur liberté à l’avenir également sont les pierres angulaires de la stabilité et de la prospérité économique.

*Selon les opposants le coûts total serait compris entre 24 et 31 milliards de nos francs. Chiffres largement gonflés étant donné, que selon l’expertise d’armasuisse lors des essais, le montant moyen est de 18 milliards.

Le GSsA est les mensonges :

En 1989, lors de la votation pour la suppression de l’Armée, le GSsA avançait que de toute manière à près la chute du Mur de Berlin il n’y aurait plus de conflits armés en Europe ni à proximité ! Prophétie ratée, nous avons eu à déplorés l’Ex-Yougoslavie, les guerres de Tchétchénie, le conflit russo-géorgien et actuellement le conflit dans le Dombass et la prise de la Crimée par les Russes. Ajoutons les guerres en Libye et toutes celles qui se jouent à travers le monde aujourd’hui.

Dans la campagne qui nous retiens en ce moment, l’argumentaire basé sur un « pseudo rapport » payé par les Partis Socialiste on découvre l’ampleur de la désinformation avec comme référence l’Arabie Saoudite. Drôle de comparaison.

Air2030 – de quoi s’agit-il ?


Le Conseil fédéral et le Parlement veulent renouveler notre défense aérienne. Le but ici est de remplacer nos avions de combat par de nouveaux appareils pour un coût maximum de CHF 6 milliards. Alors que les avions de 1996 (F/A-18 Hornet) atteindront la fin de leur durée de vie en 2030, les avions achetés en 1978 (F-5E Tiger) sont déjà obsolètes et ne sont utilisés que pour les vols d’entraînement. En cas d’urgence, ils n’auraient aucune chance contre un avion de combat moderne. Ce n’est qu’en les remplaçants par de nouveaux avions que notre espace aérien, et donc les habitants de notre pays, pourront être protégés. Pour ce faire, l’espace aérien doit être surveillé de manière adéquate et, si nécessaire, une intervention doit être effectuée. Ces avions permettent aux pilotes d’atteindre les aéronefs en détresse ou ceux qui enfreignent la réglementation de l’espace aérien. De plus, en période de tension accrue, les Forces aériennes suisses doivent pouvoir maintenir la souveraineté aérienne pendant des semaines, voire des mois, afin d’empêcher l’utilisation non autorisée de l’espace aérien suisse. Cela nous permet également de remplir nos obligations découlant du droit de la neutralité. Il n’existe pas d’alternatives moins chères ou valables. Ni les avions d’entraînement légers, ni les hélicoptères ou les drones ne peuvent remplacer les avions de combat et couvrir leur gamme de tâches, car ils sont incapables de voler assez haut ou assez vite. Il est donc clair : les anciens avions doivent être remplacés. Sinon, l’espace aérien suisse sera sans protection à partir de 2030. Le 27 septembre 2020, une décision fondamentale sera donc à prendre puisqu’il s’agira de décider si nous voulons, ou non, disposer de forces aériennes en Suisse après 2030.

La protection adaptée à chaque situation :


Les ambulances, la police, les pompiers, la protection civile mais également l’armée en dernier recours, au sol comme dans les airs, assurent notre protection. Toutes les composantes de cette chaîne ont besoin des compétences et des ressources nécessaires pour pouvoir s’acquitter de leurs tâches. La suppression d’un élément de cette chaîne affaiblirait l’ensemble du réseau de sécurité. La crise sanitaire causée par le coronavirus nous apprend à nous préparer à d’éventuels dangers et à ne pas penser à combattre les crises que lorsqu’elles sont déjà là. Une protection adaptée à chaque situation est nécessaire. Un oui aux nouveaux avions de combat est également un signe international important qui montre que la Suisse prend au sérieux la sécurité de son pays et la défense de son indépendance et de sa neutralité. Sous la direction de l’Association pour une Suisse sûre, un certain nombre d’organisations se sont unies autour du Comité pour la sécurité aérienne, qui se veut interpartis : le PLR, l’UDC, le PDC, le PBD, le PEV et les vert’libéraux, mais également les industries, l’Union patronale suisse, Aerosuisse, la Société suisse des officiers (SSO), AVIA – Association des officiers des Forces aériennes, la Fédération sportive suisse de tir et l’Association pour une Suisse sûre participent tous à cette campagne.

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20/06/2020

Air2030, les défis de la maintenance d’une flotte !

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Une séance d’information aux médias, portant sur la gestion des flottes à l’exemple du F/A-18, a eu lieu le vendredi 19 juin 2020 sur la Base aérienne d’Emmen. Cette manifestation a attiré de nombreux représentants des médias souhaitant s’informer directement sur place sur les défis actuels et à venir en rapport avec la flotte d’avions de combat de l’Armée suisse.

Garantir la sécurité :

Pour garantir la sécurité de la Suisse et de sa population, l’armée doit continuer de pouvoir assurer la surveillance de son espace aérien, le protéger et le défendre en cas d’attaque. En tant qu’État neutre, la Suisse veut dépendre le moins possible d’États ou organisations tiers. Cette indépendance, et donc aussi la neutralité, impliquent que la flotte d’avions de combat des Forces aériennes présente une certaine taille et une certaine disponibilité afin de pouvoir maintenir la protection de l’espace aérien sur le long terme, en toute situation et avec des moyens propres.

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Priorité à la sécurité :

Le domaine de l’aviation doit répondre à des exigences élevées en matière de sécurité. Avant de pouvoir s’envoler pour la première fois dans l’espace aérien suisse, un avion de combat est vérifié et certifié par armasuisse. Il s’agit ensuite de respecter les concepts de maintenance en vigueur dans le cadre des opérations quotidiennes afin d’atteindre une durée d’utilisation maximale des appareils. Cependant, des impondérables peuvent entraîner une baisse rapide de la disponibilité de la flotte. C’est ainsi que la découverte de fissures a amené le DDPS à ordonner certaines restrictions d’utilisation de la flotte de F/A-18 comme mesures de sécurité. Car en temps de paix, le DDPS obéit au principe de ne pas prendre de risques inutiles.

La flotte suisse de F/A-18 :

Les F/A-18, qui ont été introduits dans l’Armée suisse en 1997, sont toujours performants. À ce jour, divers projets ont été réalisés pour maintenir leur performance, avec l’introduction d’un système de transmission de données (Datalink), d’un nouveau système d’alerte radar, de nouveaux écrans de visualisation dans le cockpit ou d’un viseur de casque, par exemple. Mais le F/A-18 peut de moins en moins rivaliser avec les avions de combat modernes parce qu’il n’est pas équipé des radars ou systèmes d’autoprotection modernes et que son ordinateur de bord ne dispose pas de la capacité nécessaire. Le Parlement a approuvé en 2017 une prolongation jusqu’en 2030 de la durée d’utilisation du F/A‑18 afin d’éviter l’apparition de lacunes capacitaires dans notre défense aérienne d’ici à l’acquisition d’un nouvel avion de combat. Ce programme de maintien de la valeur opérationnelle des F/A-18 influe sur la gestion et la disponibilité de la flotte.

Des forces physiques extrêmes :

Accélération, vibrations, changements de températures : les avions de combat sont soumis à d’importants facteurs de charge et contraintes physiques. Le domaine de vol du F/A‑18 est clairement défini et respecté par les pilotes suisses. Les manœuvres inhérentes au combat aérien à vue mettent davantage les appareils à contribution que celles réalisées lors d’un engagement de police aérienne. Mais les pilotes doivent maîtriser tous types d’engagement et l’entraînement se fait selon le principe « train as you fight ». Afin de garantir une prolongation de la durée d’utilisation du F/A‑18 jusqu’en 2030, les Forces aériennes limitent le nombre de missions et de manœuvres impliquant des hauts facteurs de charge. Et certaines séquences d’entraînement se déroulent désormais sur simulateur.

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2030, date limite d’utilisation des F/A-18 :

L’année 2030 sonne comme la date limite d’utilisation des F/A-18 dans le monde. En effet, selon le rapport de l’US NAVY de 2017, l’avionneur Boeing ne fournira plus les mises à jour logiciels à partir de 2023, amenant progressivement les systèmes en direction d’une obsolescence. Par ailleurs, il ne sera pas possible de garantir aux utilisateurs de l’avion de disposer de pièces détachées à partir de 2032. C’est pour cela que les différents utilisateurs dans le monde travaillent, aujourd’hui au remplacement progressif des F/A-18.

Des travaux de maintenance intenses :

Les appareils F/A‑18 de l’Armée suisse nécessitent un entretien régulier, assuré au quotidien par des mécaniciens engagés sur les Bases aériennes de Payerne, d’Emmen et de Meiringen. Ces spécialistes vérifient les différents systèmes électroniques, électriques et hydrauliques, remplacent des filtres et lubrifient des composants en fonction des besoins. Outre les contrôles de routine avant et après un vol, les F/A‑18 sont également soumis à des examens planifiés après 50, 10, 200, 300 et 600 heures de vol. Les grands services d’entretien après 300 et 600 heures de vol requièrent un vaste démontage des appareils afin de pouvoir contrôler l’ensemble des systèmes, vérifier certains composants et analyser la structure de l’avion de combat. La maintenance prend beaucoup de temps et malgré le travail en équipes, une partie de la flotte se trouve toujours en cours d’entretien.

Du matériel de remplacement précieux :

La disponibilité des pièces de rechange fait l’objet d’une planification permanente, basée sur les propres expériences et les échanges d’expériences avec d’autres pays. Certains composants comme les gouvernes sont relativement faciles à remplacer si les pièces nécessaires sont disponibles en stock. D’autres éléments comme les sections maîtresses des ailes et du fuselage sont en revanche constitutives de la structure de l’avion et leur remplacement n’est généralement pas prévu par les avionneurs. Ce type d’intervention exige alors des ressources techniques et financières importantes et ne peut être effectué que par des spécialistes qualifiés. Ainsi, depuis l’acquisition des pièces jusqu’à l’achèvement des travaux, une telle intervention peut durer entre une et plusieurs années.

Le futur avion durera plus longtemps :

Les F/A-18 Hornet actuels ont une durée de vie cellule de 5'000 heures. En Suisse un programme de prolongation à 6'000 heures est actuellement engagé pour mener la flotte jusqu’en 2030. La transition vers le futur avion, doit se faire entre 2025 et 2030, afin d’assurer le lien entre la flotte actuelle et la nouvelle. Quel que soit le choix du nouvel avion de combat, celui-ci aura une vie cellule plus longue. La fourchette est définie comme suit : F-35 et Eurofighter = 8'000 heures, Rafale = 8'500 heures, Advanced Super Hornet = 10'000 heures. Par ailleurs, de nouveaux systèmes de diagnostique travaillant notamment avec de l’Intelligence Artificielle permettront de faciliter la maintenance.

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Textes : Eve Hug DDPS et complément P.Kümmerling

Photos: Alfredo Barcos DDPS

 

09/06/2020

Premier vol pour l’Advanced Super Hornet Block III de série !

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Boeing a effectué le vol inaugural du premier exemplaire de production de l’Advanced Super Hornet Block III. Ce premier a eu lieu  le 4 juin dernier, impliquant un avion portant le numéro de construction F287. L’avion a décollé des installations de l’avionneur à St Louis dans le Missouri. Il s'agit du premier des deux appareils du Block III de série qui seront livrés à la division des aéronefs du Naval Air Warfare Center de la Marine américaine à Patuxent River dans le Maryland pour des tests et une vérification avec l'escadron VX-23. Cet appareil fait suite au prototype et un avion de préséries qui vol déjà.

Les essais prévus comprendront une évaluation de l’adéquation des systèmes et serviront également à familiariser la Marine avec les nouveaux systèmes de l’avionique du Block III. Ces tests devraient être suivis d'essais de tir sur le polygone de China Lake, en Californie, avec l'escadron VX-9.

Rappel :

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En mars 2019, Boeing a reçu un contrat d'achat pluriannuel pour 61 F/A-18E monoplaces et 17 F/A-18F biplace dans la configuration Block III. Les livraisons devraient commencer l'année prochaine et se poursuivre jusqu'en 2024. Le premier avion a été déployé à St Louis le 8 mai et n'est pas encore équipé des réservoirs de carburant conformes (CFT) destinés à la configuration complète, bien que ceux-ci aient été précédemment piloté sur le prototype.

La production du Block III fait suite à un total de 608 avions Block I/II, le Block II ayant introduit le radar à balayage électronique actif (AESA) Raytheon APG-79 qui est conservé dans le Block III. Une proportion importante de la flotte existante du bloc II sera mise à niveau vers la norme du Block III, y compris une modernisation de la durée de vie qui prolonge la durée de vie de la cellule de 6’000 à 10’ 000 heures. Le programme de mise à niveau devrait se dérouler de 2022 à 2033. D'ici 2024, la Marine espère avoir au moins un escadron équipé du Bloc III dans chaque escadre aérienne de porte-avions.

Le F/A-18 E/F Block III « Advanced Super Hornet » :

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La version Block III « Super Hornet » ou l'Advanced Super Hornet, outre les réservoirs CFT, qui ajoutent 3’500 livres de carburant et réduisent la traînée, se distingue de plusieurs manières.

La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne grâce à un caisson ventral pour intégration des armes ou de revenir au transport traditionnel. Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System (DFCS), qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar.

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur d’Elbit Systems de 10X19 pouces. L'Advanced Cockpit System (ACS) permet de rassembler toutes les données des différents capteurs et réseaux en une image claire et intuitive couplé à un système anticollision GCAS.

L’avion est doté d’un capteur IRST longue portée, placé sous le nez de l’avion et non plus, dans un réservoir sous le ventre comme pour le Block II. Cette nouvelle version de l’IRST permet au capteur de détecter et de suivre passivement des cibles bien au-delà de la portée du radar APG-79. "Il peut voir un avion chaud". L’IRST fonctionne directement avec les TTNT et DPT-NT.

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Le réseau Rockwell Collins TTNT (Tactical Targeting Network Technology) permet un transfert rapide de grandes quantités de données même en cas de brouillage hostile. Le TTNT fait quant à lui partie du système NIFC-CA (Naval Integrated Fire Control - Counter-Air). Le processeur de ciblage distribué en réseau (DTP-N) gère toutes ces données à bord de l'avion et permet une fusion complète en y intégrant toutes les données extérieures (avions, systèmes sol-air et navires de surface).

Autre élément clé est l'insertion d'un autre programme d'enregistrement, la connectivité en réseau avancée SATCOM, un système IP à haut débit améliorant les communications à longue portée avec la liaison de communication par satellite Lockheed Martin MUOS (Mobile User Objective System) pour partager des données avec des forces amies trop loin pour la radio en visibilité directe. L’ensemble tourne avec de nouveaux ordinateurs de mission offrant une pleine capacité de fonctionnement en réseau.

L’avion emporte la gamme complète d’armement en service actuellement au sein de la Navy et est optimisé pour les nouvelles armes comme les futurs missiles antiradrar AARGM-ER et le missile supersonique air-air longue portée Raytheon Peregrine.

En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%. Le mode « SuperCroisière » est dès lors disponible. A noter la certification des moteurs pour le biokérosène.

Le Boeing le Block III  peut ainsi effectuer la plupart des missions imaginées pour le F-35 de la Navy à l’exception de la pénétration furtive. Le Block III est spécialement optimisé pour volé avec un ailié robotisé comme l'Airpower Teaming ou le drone ravitailleur MQ-25 "Stingray". 

Le coût à l'heure de vol étant estimé à 18’000 dollars américains (au sein de la Navy), soit 8'000 à 10'000 dollars de moins que les anciennes versions de Hornet. 

A l’exportation :

Le Block III vient d’être choisi par l’Allemagne pour compléter la future flotte d’Eurofighter « Quadriga ». Il est proposé au Canada, en Finlande et en Suisse.  

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Photos : 1 Le Block III de série 2 Le prototype 3 Cockpit 4 L’IRST sous le nez  5 Le block III de présérie avec les réservoirs CFT @ Boeing