12/11/2021

F-35, le choix expliqué par un pilote suisse !

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Hier soir au sein de l’Université de Lausanne (UNIL), nous avons pu assister à une conférence explicative organisée par la Société des officiers et militaires du campus universitaire de Lausanne sur le thème : pourquoi le F-35 ? Pour répondre à cette question, l’association a invité le Colonel EMG Pierre de Goumoëns "Drago" pilote de F/A-18 Hornet.

Pas une évidence de prime abord

Je connais Pierre de Goumoëns depuis plusieurs années. Ce pilote d’expérience est direct et n’a pas sa langue dans sa poche, mais une bonne dose d’humour. A préciser qu’il n’a pas été impliqué dans le processus des essais de 2019, alors qu’il avait contribué à ceux de 2008. Une volonté de sa part pour rester impartial, car du fait de ses fonctions, responsable de l’acceptation du futur avion (Certification opérationnelle OPS). De fait, il peut aujourd’hui se concentrer sur le dossier F-35 de manière entièrement libre.

A l’annonce du choix du F-35 le 30 juin dernier, Pierre de Goumoëns, nous explique qu’il a été surpris dans un premier temps, car de l’extérieur aux essais, il ne voyait pas forcément ce choix. En 2008, lorsqu’il participait aux tests, c’est le Rafale qui avait remporté ces derniers. Puis, la compréhension s’est faite évidente.

Il faut préciser que les essais étaient compartimentés (comme je vous l’expliquais) et que chaque groupe d’essais (pilotes, ingénieurs de maintenance, équipe finances) travaillait sans connaitre les détails des autres équipes. Les avions testés ne se combattaient pas, mais devaient chacun à leur tour réussir des tests qui étaient les mêmes pour tous. Chaque avionneur avait eu connaissance à l’avance des objectifs demandés.

L’avancée technologique

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Le choix du F-35 est clair du point de vue de la technologie. Durant essais l’avion a devancé le second appareil de 95 points sur un total de 336 points. Un score net, qui ne souffre d’aucune discussion. Une surprise pour Pierre de Goumoëns, mais qui s’explique par le fait que le F-35 est beaucoup plus récent que ses concurrents. L’avion intègre non seulement les technologies les plus modernes actuelles, mais il est également conçu pour un monde ou la fusion des données, la transmission de celles-ci vont devenir naturelles. Pierre de Goumoëns nous explique également que le F-35 n’en est qu’à ses débuts, l’avion va encore évoluer, soit une solution qui nous permettra d’être à la pointe pour les 30 prochaines années.

Il faut comprendre nous explique-t-il que de passer du F-5 au F/A-18 a été pour lui un saut technologique important, le F-35 sera quant à lui un saut encore plus important, car avec cet avion s’est tout le fonctionnement et l’organisation, la formation, la préparation de vol qui va évoluer. Les possibilités du F-35 en matière de détection air-air, air-sol, guerre-électronique sont quasi instantanées avec une précision sans commune mesure avec ce qui se faisait jusqu’ici. L’analyse immédiate des menaces et leurs transmissions instantanées en réseau, révolutionne le combat aérien. Le couple furtivité (Radar Cross Section) et les formidables possibilités de la guerre en réseau permettront une défense intérieure du pays très élargie.

Les données récoltées en vol servent ensuite à la mise en place de scénarios directement implantés dans les simulateurs, permettant ainsi aux autres pilotes de se former sur des menaces qu’ils n’ont pas encore rencontrées en réel.

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Formation

Là encore, le F-35 fait la différence avec avec un système intégré à chaque appareil pouvant non seulement combattre ses adversaires réelles en vol, mais l’avion peut lui-même ajouter des « ennemis virtuels » et être engagé contre les simulateurs au sol. Cette manière de faire va contribuer à diminuer sensiblement les heures de vols, sans impacter le niveau de préparation des pilotes.

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Pierre de Goumoëns nous explique que des systèmes de type « Mock Up » seront engagés pour former au sol la maintenance et également les soldats d’aviation (miliciens). Ces maquettes grandeur nature vont permettre de travailler tous les gestes et procédures indépendamment de la flotte. Cette méthode évite d’immobiliser un avion pour la formation. Là, encore une solution qui permet de réduire de manière substantielle les coûts d’exploitations.  

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Coûts

Si le prix à l’achat est moindre que la concurrence, cela se justifie par le nombre de F-35 livrés à ce jour, soit 720 (chiffres au 10.11.2021) ainsi que le nombre d’avions cours de commande. Pour les coûts d’exploitations Pierre de Goumoëns a eu comme moi et d’autres, un moment d’incompréhension. La réduction substantielle des heures de vol, la formation basée sur un nouveau mode, l’achat en paquet complet (avions, pièces détachées et les équipements connexes), une flotte au totale diminuée par rapport à l’actuelle (24 F-5 + 30 F/A-18) justifie cette réduction. La maintenance prédictive va permettre d’agir en prévision d’une révision et d’agir au bon moment-là où il faut.

Mais Pierre insiste sur le fait que nous achetons le système F-35 à l’État américain via un contrat FMS et que les coûts sont garantis par le pays sur la période de 10 ans. Il en fût de même pour le F/A-18 « Hornet ».  

Pierre de Goumoëns précise également que la taille du F-35 permet une adaptation aux infrastructures actuelles sans difficulté, ce que certains concurrents ne permettaient pas. A noter, que le système de parachute adopté par la Norvège sera également prévu en Suisse, notamment pour les atterrissages en hiver sur les pistes complexes comme celle de Meiringen, mais également pour faciliter des engagements sur pistes de dégagement (routes, anciens aérodromes de montagne pouvant être réaffectés). Le système de parachute s’adapte sur n’importe quel F-35, par un système de clip et peut-être retiré à volonté.

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Usage en Suisse

Avec le standard Block IV, 4 F-35A peuvent fonctionner en meute de loups et une telle capacité offre une capacité de défense à 360 degrés importantes pour la Suisse qui est positionnée au cœur d’une Europe où les débordements des crises peuvent affecter ses intérêts et sa sécurité. En temps de paix, le F-35 continuera d’effectuer les missions de police du ciel 24/24, telles que testées et démontrées lors des essais. La capacité d’engagement multirôle en binôme avec le système sol-air Patriot permettra de créer un véritable dôme de protection face aux diverses menaces actuelles et en devenir. Le F-35A permettra également de reprendre la capacité de frappe d’appuis au sol avec des systèmes à guidages de précision. La Suisse restera souveraine dans ses décisions, mais bénéficiera des avantages du « Club F-35 ». Des échanges de données, de compétences et d’expériences seront réalisées avec nos voisins et les nombreux utilisateurs européens du F-35, tout comme l’accès au magasin central de pièces détachées (ceci en complément de notre propre stock). Pierre de Goumoëns insiste notamment sur le fait que la maintenance faite en Suisse combinée avec un réservoir de pièces détachées, permettra de fonctionner en totale autarcie durant 6 mois.

Et ces fameuses maladies de jeunesses

A juste titre, notre pilote nous rappelle que tous les avions militaires ou civils, traînent des problèmes techniques et surtout à notre époque des problématiques de logiciels, si une personne vous affirme que son avion est parfait, il vous ment. Le F-35 arrive à maturité, les principaux défauts sont aujourd’hui corrigés ou en passe de l’être. Des correctifs de logiciels vont encore être apportés, des problèmes seront réglés, mais Pierre de Goumoëns insiste sur le fait que certains problèmes secondaires ne seront jamais résolus, on doit vivre et voler avec. Il en va même pour n’importe quel avion, dont l’actuel Hornet. Souvenez-vous du F-16, de l’A320, à l’époque des avions révolutionnaires électroniquement, ces deux appareils ont subi de nombreuses critiques durant de nombreuses années, ils sont par la suite devenus des « Best-Seller » en termes de vente.

Au final

Pour Pierre de Goumoëns le choix du F-35 ne souffre d’aucune discussion, c’est l’avion le plus moderne, le plus sophistiqué et qui peut le mieux garantir la modernité de nos Forces aériennes pour les 30 prochaines années. C’est aussi l’avion qui répond le mieux en termes de coûts par rapport à notre budget qui rappelons-le, reste limité.

Colonel EMG Pierre « Drago » de Goumoëns

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Titre universitaire MA Military Operational Art and Science

Air University, Maxwell AFB, USA

Carrière 

1991 – 1992 Ecole d'ingénieur EPFL à Lausanne 

1993 Lieutenant, breveté comme pilote de chasse sur F-5 E Tiger 

1993 – 1996 Formation de pilote professionnel et d'instructeur de vol 

1996 Instructeur de vol PC-7, Hawk & F-5, école centrale 1(EC1) 

1997 Capitaine 

2001 – 2012 Pilote d'essai opérationnel @ essais évaluations opérationnels (OEE) 

2002 Ecole de pilote d'essai opérationnel (ETPS), Angleterre 

2003 Instructeur formel et tactique, chef de double patrouille F/A-18 

2006 Stage de formation de commandement 2 (SFC2) 

2007 Major 

2007 – 2013 Chef Gestion du secteur technique de la Guerre électronique & remplaçant de chef de projet de la mise à jour des F/A-18 

2008 - 2010 Ecole d'état-major général I, II & III 

2011 - 2012 Lt col EMG, Air Command and Staff College, Maxwell AFB, AL, USA 

Président de classe des officiers internationaux, récipiendaire du prix du leadership international "Robbie Risner" 

2013 Conseiller du Cdt des Forces aériennes suisses, 

Ecole d'état-major général IV

2015 Col EMG, Ecole d'état-major général V 

2017 Chef de la Régulation de l'aviation militaire & Chef de projet MAA 

2018 Chef de l'Autorité de l'aviation militaire 

Expérience de vol 3500+Hrs 

1800+Hrs F/A-18C/D, 700Hrs F-5E, 500Hrs Hawk, 500Hrs PC-7 

Réalisations spéciales 

A été chargé de l'introduction à la troupe pour les Forces aériennes suisses de plusieurs logiciels de configuration pour les F/A-18 de 2001 à 2013. 

A été pilote de projet opérationnel pour la mise en place de plusieurs systèmes sur F/A-18 suisse telles que le nouveau missile infrarouge (AIM-9X), système anti-collision avec le sol Terrain Avoidance Warning System (TAWS), viseur de casque Joint Helmet Mounted Cueing System (JHMCS), Tactical Moving Map (TAMMAC), liaison digitale (Link 16) et nouveau logiciel de commandes de vol (FCC 10.7) pour les Forces aériennes suisses. 

A été chargé de la conception, du développement, des essais et de l'introduction du système radio intra-auriculaire « OMARA » pour les Forces aériennes suisses. 

A été mandaté en 2017 par le Conseiller fédéral Guy Parmelin, Chef du département de la défense, de la protection de la population et des sports, pour développer, mettre en place et déployer l'Autorité de l'aviation militaire Suisse. 

1er Chef de l’Autorité de l’aviation militaire suisse.

Remerciements : Pierre de Goumoëns, Lt James Crot

Photos : 1 F-35A @ Aeronautica Militare 2 & 3 Technologie 4 & 5 Mock Up @ LM 6 Armement 7 Pierre de Goumoëns

 

 

 

 

03/10/2021

Air2030 : Attention aux « Fake News « !

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La bataille en vue de seconde votation sur l’achat du futur avion de combat a déjà commencé, de fausses informations circulent dans les médias à ce sujet. Il s’agit pour les opposants aux avions de combat, peu importe le modèle, de maintenir une suspicion sur le sujet et de gagner un peu plus de signataires pour le référendum. Pour ce faire, des parlementaires approchent les journalistes en tentant de donner des « scoops ». Sans remettre en cause le professionnalisme des journalistes, certains se laissent prendre dans les filets, tout comme certains internautes.

Décryptage des dernières Fake News :

 

Le 21 septembre, journal Le Temps : « L’Inflation pourrait rendre le F-35 américain plus coûteux »

Cette affirmation est trompeuse, Le DDPS acquiert les avions par l’entremise du programme américain Foreign Military Sales (FMS) aux conditions qui s’appliquent à l’État américain. Ce dernier gère l’acquisition à travers ses propres contrats avec les entreprises. Les prix et les conditions contractuelles y sont fixés de manière contraignante et soumis à un contrôle strict. En cas de dépassements des coûts, l’État américain interviendrait auprès du constructeur au profit de la Suisse afin de faire respecter le caractère contraignant des prix. Les coûts calculés prennent en compte une possible inflation ainsi que la taxe sur la valeur ajoutée et les frais de vieillissement. Cette manière de faire a été exécutée pour l’achat F/A-18 Hornet.  

Les 25 & 30 septembre, le journal la Liberté et la radio  SRF ont avancé que les données sur les essais seront détruites prématurément et ceci avant que puissent avoir lieu les débats politiques et les examens éventuels sur l’achat de l’avion aux Chambres Fédérales.

Le DDPS ne restituera pas les données classifiées du point de vue militaire avant la signature du contrat pour l’acquisition du F-35A, ce qui signifie que cela n’interviendra qu’après les délibérations parlementaires et après une votation populaire éventuelle.

Il s’agit en outre exclusivement de données classifiées du point de vue militaire. armasuisse doit traiter et protéger ces données conformément aux accords relatifs à la protection des informations en vigueur passés avec les pays producteurs ou l’OTAN. Selon les termes de ces accords, les données classifiées du point de vue militaire ne peuvent en principe être utilisées que dans le but convenu, et en l’occurrence, pour l’évaluation et l’acquisition d’un prochain avion de combat. C’est pourquoi le DDPS est tenu de clarifier avec les pays producteurs des candidats écartés la manière dont il convient de continuer à gérer les données classifiées du point de vue militaire.

Pour l’ensemble des autres dossiers et données non classifiés du point de vue militaire comme les offres financières, il n’y a pas de restitution. Leur conservation et leur archivage se font selon les principes et prescriptions en vigueur. Il en va de même pour tous les autres dossiers et données ayant été établis par le DDPS dans le cadre de l’évaluation relative au prochain avion de combat.

Les délégations parlementaires et organes de contrôle compétents auront d’ici là accès à tout moment aux données, naturellement dans le respect des accords déterminants en matière de protection des informations.

Lettre déclassifiée envoyée aux quatre avionneurs sur le sujet :

 

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Concernant les questions sur différences de coûts du F-35  (article du 30.08.21) :

https://psk.blog.24heures.ch/archive/2021/08/30/les-couts...

Photo : F-35A dans les alpes suisse @ DDPS

 

 

 

 

 

 

 

 

23/09/2021

Le projet « Prochain Avion de Combat » remporte un prix international de management !

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La médaille de bronze est décernée à armasuisse, l'agence suisse d'approvisionnement en matière de défense. Les juges ont été impressionnés par la façon dont l'équipe de projet a pleinement atteint les objectifs fixés et que l'équipe a pris en compte les expériences précédentes dans son approche de gestion de projet. Armasuisse est le Centre de compétence pour les achats, la technologie et l'immobilier au sein du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports. Le projet qu'ils ont soumis est « Evaluation d'un nouvel avion de chasse pour la Suisse ».

Les autres finalistes étaient les projets « Sber Antifraud 2.0 » de Sberbank of Russia (Russie, Médaille d'or) et « Ecoquartier Hacene Malik » de la Sàrl Achim Immobilier (Algérie, finaliste).

Tout projet élu finaliste pour les IPMA Global Project Excellence Awards se caractérise par une conduite efficace, une orientation claire vers les objectifs et des processus solides. De plus, le fait qu’armasuisse ait été nominé par le jury de l’IPMA confirme qu'armasuisse remet régulièrement en question les processus appliqués et les améliore quand cela est nécessaire. Au-delà de cette reconnaissance, la participation à ce concours et l’évaluation externe obtenue servent également de base pour l'amélioration constante des activités et processus de management dans les prochaines phases du projet. 

Un concours international comme référence

armasuisse procède, à l’aide de projets, à l’acquisition du matériel de l’armée, et veille à appliquer des processus continus d’amélioration et de développement. Cela implique notamment de se mesurer au travers d'analyses comparatives, comme par exemple l’évaluation indépendante des assesseurs expérimentés dans le cadre du concours de l’IPMA. Depuis 2002, l’IPMA organise chaque année un concours international destiné à des projets et des programmes dans le cadre duquel sont récompensés des équipes attestant de performances particulières dans le domaine du management de projet. Sur la base d’un modèle qui est décrit dans la norme Project Excellence Baseline (PEB) de l’IPMA, des assesseurs expérimentés dans la gestion de projets et provenant de différents pays évaluent les projets par le biais d’audits et d’entretiens avec le mandataire du projet, la direction du projet, des membres de l’équipe de projet et d’autres parties prenantes. Pour l’évaluation, il n’est pas nécessaire de donner accès à des informations concernant le contenu du projet. Les données sensibles sont donc protégées. Les résultats de l’évaluation sont transmis au jury de l’IPMA, qui désigne par la suite les finalistes du concours et les projets remportant les trois premiers rangs. 

International Project Management Association

Fondée en 1965, l’IPMA (International Project Management Association), qui a son siège en Europe, est la première association de gestion de projets à avoir été active à l’échelle internationale. Aujourd’hui, l’IPMA regroupe environ 70 associations nationales et compte plus de 40 000 membres de par le monde. L’IPMA a édité un certain nombre de normes. À côté de l’IPMA Project Excellence Baseline (PEB), l’IPMA Individual Competence Baseline (ICB) sert de base pour les programmes de certification nationaux des gestionnaires de projets ; grâce à elle, quelque 350 000 personnes ont été certifiées à ce jour. En organisant et en décernant les Global Project Excellence Awards, l’IPMA soutient les équipes de projet dans leurs efforts d’amélioration constants. 

Une distinction qui récompense le leadership, l’orientation vers les objectifs et des processus clairement définis

En s'appuyant sur un modèle qui est décrit dans la norme Project Excellence Baseline (PEB) de l’IPMA, les assesseurs évaluent le projet notamment par le biais d'audits et d’entretiens avec le mandataire du projet, la direction du projet, les membres de l’équipe de projet et d’autres parties prenantes. Pour l’évaluation, il n’est pas nécessaire de donner accès à des informations concernant le contenu du projet. Les données sensibles sont donc protégées. Le résultat est consigné dans un rapport du jury à l’intention de l’IPMA, celle-ci désignant par la suite les finalistes du concours et les projets qui remportent les trois premiers rangs. Les projets qui accèdent à la finale se distinguent par une conduite efficace, une orientation claire vers les objectifs et des processus solides. Les processus appliqués sont régulièrement évalués et améliorés si nécessaire. Au-delà de la reconnaissance qu’apporte une place de finaliste, la participation à ce concours et l’évaluation externe obtenue par ce biais servent également de base pour une amélioration constante de la conduite et des processus pour les prochaines phases du projet.

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Les certifications IPMA

L’IPMA  propose des certifications en Management de Projet qui reposent sur l’ICB (IPMA competences Baseline) définissant les connaissances et l’expérience attendues des chefs de projet.

Éléments de compétences techniques :

  • Succès du management de projet, 
  • Identification et gestion des parties prenantes,
  • Détermination des exigences et des objectifs du projet
  • Identification des risques et des opportunités,
  • Qualité, organisation de projet
  • Travail en équipe,
  • Résolution de problèmes,
  • Structures de projet,
  • Périmètre et prestations,
  • Echéancier et phases de projet,
  • Ressources, coûts et finances,
  • Approvisionnement et contrats,
  • Gestion des changements,
  • Suivi, contrôle et rapports,
  • Information et documentation,
  • Communication, lancement de projets et clôture de projets.

Rappel 

Armasuisse s'est qualifié pour la finale de l'IPMA World Congress avec son projet "Prochain Avion de Combat (PAC)" dans la catégorie des grands projets. Le lauréat sera désigné parmi les trois finalistes le 22 septembre 2021. L'association internationale de management de projets (International Project Management Association IPMA) organise chaque année depuis 2002 ce concours international destiné à récompenser des équipes pour leurs prestations exceptionnelles en matière de management de projets et de programmes. (Sources : DDPS, IPMA).

 Suivi du projet

Il faut préciser que le projet a été scruté dès le début du processus des essais et la décision d'IPMA de  sélectionner pour la finale le projet d'armasuisse date de ce printemps, soit bien avant la décision finale du choix par le Conseil Fédéral à fin juin dernier et la remise du dossier au niveau politique. 

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11/09/2021

F-35, le suisse Montana rachète le belge Asco !

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Le choix suisse du F-35 avait une seule faiblesse, celui de ne pas avoir complètement rempli son carnet de compensation industrielles. Celui-ci doit être réglé d’ici quatre ans après la signature du contrat, auquel cas Lockheed Martin serait contraint de payer des pénalités.

Intérêt de l’industrie

Les industriels suisses commencent à se presser au portillon des investissements. Cette semaine le fournisseur de l'industrie aéronautique suisse Montana Aerospace a racheté le belge Asco Industries, spécialisé dans les composants pour ce secteur et notamment engagé dans la production de pièces pour le F-35. Le montant de la transaction n'a pas été divulgué. Asco est basé
à Zaventem, près de Bruxelles, l’entreprise dispose de sites de production en Belgique, en Allemagne, aux Etats-Unis et au Canada et compte près de1’200 collaborateurs.

La société suisse Montana Aerospace en achetant le fabricant de pièces d'avions Asco Industries élargit ainsi son offre et se positionne sur le F-35 en Europe. Asco Industrie est notamment spécialisée dans la fourniture de volets de bord fuite, soit le dispositif hypersustentateur pour l’industrie civile et militaire avec par exemple l’A400M d’Airbus.  

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"Avec l'acquisition d'Asco Industries, Montana Aerospace renforcera encore ses compétences en matière de conception de produits, de tests et de fabrication de composants et d'assemblages en métal dur pour les structures d'aile et de fuselage", a déclaré Montana Aerospace dans un communiqué. 

La société suisse Montana Aerospace compte 5’000 employés sur 28 sites sur quatre continents. Avec l’acquisition d’Asco Industries, la société suisse Montana Aerospace va pouvoir disposer d’un atout majeur dans la conception et la fabrication de dispositifs hypersustentateurs, d'assemblages mécaniques complexes et de composants fonctionnels majeurs pour l'industrie aérospatiale. Asco Industries fabrique en effet les ailerons haute-vitesse (Flaperon Spars) du F-35 en Belgique.

RUAG engagé sur le F-35

De son côté la société RUAG Australie, une division de RUAG Suisse travail sur le système d'actionneur de verrouillage qui ouvre et ferme les portes de la baie en quelques secondes pour permettre au F-35 de déposer sa charge utile plus rapidement et de maintenir sa capacité de furtivité. Le composant comprend 27 références et est assemblé dans le système d'entraînement de la porte de la baie.

L'amélioration de l'excellence concurrentielle et la réduction des délais qui en résultent ont permis à RUAG de répondre à la totalité de la demande de volume de production pour le programme F-35, dans les trois variantes d'avions. Des améliorations continues ont été mises en œuvre tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de l'approvisionnement en matières premières à l'usinage, au traitement spécial, à l'assemblage, aux tests et, enfin, à l'emballage et à l'expédition au client.

Le système d'actionneur de verrouillage ouvre et ferme les portes de la baie en quelques secondes pour permettre au F-35 de déposer sa charge utile plus rapidement et de maintenir sa capacité de furtivité. Le composant comprend 27 références et est assemblé dans le système d'entraînement de la porte de la baie.

L'amélioration de l'excellence concurrentielle et la réduction des délais qui en résultent ont permis à RUAG de répondre à la totalité de la demande de volume de production pour le programme F-35, dans les trois variantes d'avions. Des améliorations continues ont été mises en œuvre tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de l'approvisionnement en matières premières à l'usinage, au traitement spécial, à l'assemblage, aux tests et, enfin, à l'emballage et à l'expédition au client.

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À propos du F-35

Le F-35 « Lightning II »  est le chasseur multirôle de 5ème génération le plus avancé au monde. Trois variantes du F-35 remplacent les anciens chasseurs de l'armée de l'air, du Corps des Marines et de la marine des États-Unis, ainsi que des forces aériennes d'au moins douze autres pays du monde, dont les membres européens de l'OTAN que sont le Royaume-Uni, l'Italie, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, la Pologne et  s’ajoutent également l’Australie, le Japon, Israël, Singapour, la Corée du sud et la Suisse.

Plus de 690 avions F-35 ont été livrés et sont utilisés à partir de 29 bases dans le monde. Plus de 1’ 460 pilotes et 11’025 techniciens de maintenance ont été formés, et la flotte de F-35 a dépassé les 430’000 heures de vol cumulées. A ce jour, 2’595 appareils sont en commandes.

Photos : 1 F-35 @Sgt Alex Cook  2 Pièce fabriquée par Asco @ Asco 3 Portes des baies ouvertes @ LM

 

 

30/08/2021

Les coûts du F-35 sous la loupe !

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Les débats sur les coûts de l’avion de combat F-35 de Lockheed Martin sont devenus légion, d’une part à causes de ses nombreux succès à l’exportation qui font grincer des dents la concurrence et de l’autre les nombreuses critiques du GAO américain (Government Accountability Office). Pour celles et ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez que je n’ai pas épargné le F-35 en ce qui concerne son développement. J’ai également été un des premiers, il a y 10 ans à décrire le F-35 comme l’avion qui allait permettre aux USA de revenir sur le devant de scène en matière d’exportation.

Mardi 31 août les opposants aux avions de combat vont officiellement lancer leur campagne « STOP F-35 » qui va nous amener à un nouveau vote, comme lors de l’achat des Boeing F/A-18 « Hornet ». Précisons d’emblée que la gauche aurait lancé une initiative quel que soit le choix de l’avion ! Une partie des arguments sont basés sur les coûts du F-35, l’occasion de remettre l’Eglise au milieu du village.

Les coûts annoncés 

Le conseil Fédéral sur la base des résultats de l’évaluation « air2030 » va proposer au Parlement d’acquérir un paquet comprenant 36 avions Lockheed Martin F-35A, ainsi que l’ensemble des systèmes connexes (armement, simulateurs, pièces de rechange, moteurs de rechange, formation des équipes de maintenance et des pilotes) pour un montant de Chf 5'068 milliards de francs, soit un volume financier très inférieur au budget cadre de 6 milliards de francs suisses approuvé par les citoyennes et les citoyens, lors de la votation du 27 septembre 2020. En ce qui concerne les coûts d’exploitation et de maintenance, le projet est devisé à 15,5 milliards de francs sur 30 ans, soit 2 milliards de moins que l’avion suivant évalué.  

Coûts d’achat

Le prix pour le « paquet complet » de Chf 5'068 milliards de francs est le plus bas des quatre offres. Il s’explique par le fait que 680 F-35 sont déjà en service dans le monde, pour un total actuel de 3'423 commandes à ce jour. 14 pays ont commandés le F-35. Les coûts « nus » d’un F-35A sont aujourd’hui de 77,9 millions de dollars.

Coûts d’exploitation / maintenance

Les coûts d’exploitations pour la Suisse atteignent 15,5 milliards de francs sur 30 ans. Soit un coût direct de 9,4 milliards de francs auquel il faut ajouter les coûts pour le personnel navigant, la préparation et l’exploitation, la maintenance des avions, la supervision des systèmes et la maintenance des appareils par l’industrie, y compris les charges de matériel, abonnements systèmes de logistique (ODIN), le carburant, y compris l’impôt sur les huiles minérales ainsi que la TVA.

En ce qui concerne les heures de vols, il possible de réduire sensiblement celles-ci. En effet, selon les australiens et les israéliens le « système » F-35 permet une formation très différente des autres appareils, une préparation plus poussée en simulateur permet de réaliser plus rapidement des exercices complets en vol réel, alors qu’il fallait plus de vols avec un aéronef de génération plus ancienne pour arriver au même résultat.

Différence USA / Suisse

Ce montant peut paraître faible par rapport aux nombreuses critiques du GAO américain sur ces mêmes coûts. Pour autant, il faut faire une importante distinction. En effet, le Pentagone achète ses avions « nus », soit sans armement, sans pièces détachées, sans compter les surcoûts dû aux opérations extérieures. Ces derniers font partie de commandes séparées. Cette manière de faire augmentent les coûts de l’ordre de 20 à 30% et explique notamment les problèmes de maintenance dû au manque de pièces détachées et de moteurs de réserves.

Cette constatation n’est pas juste le fait du F-35, on retrouve les mêmes problèmes pour l’ensemble des appareils  en service, démonstration : les chiffres de l'US Air Force pour le nouveau F-15EX établissent le coût de cet avion à 87,7 millions de dollars l'exemplaire. Mais ces chiffres concernent les avions de base et n'incluent pas l'équipement supplémentaire requis pour les rendre aptes au combat. Lorsque vous ajoutez la suite de contre-mesures électroniques (ECM) et les nacelles de ciblage qui permettent au F-15EX de voler en combat, son prix grimpe à 101,1 millions de dollars, 22,5 millions de dollars ou 29% de plus qu'un F-35A prêt au combat. Les coûts supplémentaires requis pour exploiter et maintenir l’avion et ses sous-systèmes ne sont pas pris en compte dans l'évaluation du coût par heure de vol du F-15EX. De manière déconcertante, ces coûts d'acquisition ne sont jamais pris en compte dans l'évaluation par le Pentagone. Certains médias européens adorent taper sur le F-35, mais ils ont volontairement, ou non, oublier de préciser ces éléments qui sont fondamentaux dans la compréhension des différences de coûts.  

Au final, les pressions du GAO rendent service à tous les utilisateurs quelques soit la méthode d’achat et permet de réduire encore les coûts du programme F-35.

Exemples étrangers

Les pays qui comme la Suisse achètent un paquet complet et non un avion « nu » s’en sortent mieux que les USA, quelques exemples :

Pays-Bas : 37 F-35 pour 4,5 milliards d’euros soit 140 millions l’avion complet en 2013. Depuis les coûts ont baissé à 111 millions.

Norvège : Le F-35 a non seulement répondu aux attentes budgétaires, mais les a dépassées. Vegard Norstad Finberg explique : « Le prix de l'avion était nettement inférieur à celui que nous avions calculé en 2012. « La dernière livraison nous a coûté moins de 80 millions de dollars par avion ».

Tant pour les Pays-Bas que pour la Norvège les coûts d'exploitation sont stabilisés et sensiblement moindre que prévu, des baissent additionnelles sont mêmes envisagées dans les années avenir.

Coûts de développement & partenariat

Dans le calcul des coûts d’exploitation du F-35, il me faut vous parler des frais de développent de l’avion. Pour les initiateurs de l’initiative STOP F-35 la Suisse devra payer chaque année des frais additionnels de développement c’est FAUX ! Seul les pays membre du Partenariat (3 niveaux) Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas et Canada participent aux coûts de développement de l’avion, la Suisse n’en fait pas partie ! Nous ne paierons pas un centime de plus.

Le prix du mensonge à 25 milliards

Selon l’initiative STOP F-35, les coûts du F-35 en Suisse seront de 25 milliards de nos francs et même bien plus. Ce chiffre est faux car nous atteignons un coûts total achat / exploitation de 21 milliards sur 30 ans et plus. Si l’on tient compte d’une mise à jour mie-vie (MLU) du F-35 en prenant un montant fictif exagéré de 1 milliard de nos francs, nous sommes toujours en dessous du montant des opposants. Sachant qu’un autre choix d’appareil par le Conseil Fédéral aurait couté plus cher pour un rapport coût/efficacité moindre.

Garanties et processus

Il faut préciser que le « paquet » du F-35 sera acquis à travers le programme américain Foreign Military Sales (FMS) aux conditions qui s’appliquent à l’État américain. Ce dernier gère l’acquisition à travers ses propres contrats avec les entreprises. Les prix et les conditions contractuelles y sont fixés de manière contraignante et soumis à un contrôle strict. En cas de dépassements des coûts, l’État américain interviendrait auprès du constructeur au profit de la Suisse afin de faire respecter le caractère contraignant des prix.

Les offres et leurs montants sont contraignants. L’offre du fournisseur reste valable dix ans pour les coûts d’acquisition comme pour les coûts d’exploitation. Au-delà d’un tel délai, aucune offre ne serait considérée comme sérieuse. Pour calculer les coûts d’exploitation, le DDPS se fonde donc sur l’offre et sur ses propres expériences des différents avions de combat que la Suisse a acquis jusqu’ici. Il tient compte notamment du vieillissement des systèmes qui, au fil des ans, accroît les frais de maintenance.

Afin de s’assurer de la viabilité des résultats, la conseillère fédérale Viola Amherd a commandé auprès du cabinet d’avocats zurichois Homburger SA une étude de plausibilité en vue de l’acquisition des nouveaux avions de combat. Cette étude portait sur la méthodologie d’évaluation, les critères d’adjudication ainsi que l’évaluation financière des offres, Homburger est arrivé à la conclusion que le classement des soumissionnaires selon l’analyse coûts-utilité faite par armasuisse dans le rapport d’évaluation était réaliste.

Sources : DDPS, GAO, Joint Programme Office, The White House Gov., LT Gen, Eric FICK USAF, V.N. Finberg NAF. RAAF, IAF.

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Photos : F-35A @ LM