15/04/2010

Air France & American Airlines : vols transatlantique verts !

 

 

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La semaine passée Air France a effectué son premier vol transatlantique «vert» avec un B747-400ER (Extended Range) suivi quelques jours plus tard par American Airlines avec un B767-300. Ces vols "verts" sont  le fruit d'une coopération entre les différents acteurs impliqués dans les vols transatlantiques, soit les Aéroports de Paris, la direction générale de l'Aviation civile (DGAC), NATS, Nav-Portugal, NAV Canada, la Federal Aviation Administration américaine (FAA), SESAR Joint Undertaking.

Air France :

Ce premier vol qui transportait 436 passagers et 18 membres d’équipages de Paris à Miami a été pensé dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre ainsi que les nuisances sonores. Il est le résultat d’une collaboration entre l’Europe et les Etats-Unis au sein du programme AIRE (Atlantic Interoperability  Initiative to Reduce Emissions). D’une durée de 9H30, ce vol a permis de valider plusieurs procédures qui avaient fait l’objet d’expérimentation séparées par le passé et mise bout-à-bout cette fois-ci.

American Airlines :

Le vol AA63 d’American Airlines, opéré sur B767-300, relie Roissy-Charles De Gaulle à l’aéroport de Miami où il s’est posé à 14h25, heure locale. L’équipage a procédé aux mêmes manoeuvre que le vol air France, à ceci près que l’avion est un bimoteurs, plusieurs manœuvres destinées à économiser le carburant, parmi lesquelles, le fait de rouler sur un seul moteur avant le décollage et après l’atterrissage, l’expérimentation de la montée et de la descente continue, l’optimisation de l’itinéraire au-dessus de l’eau et « l’éco-atterrissage ». Certaines de ces procédures sont déjà des éléments clés du programme « Fuel Smart » mis en œuvre par les employés d’American Airlines. En 2010, American a pour objectif d’économiser plus de 450 millions de litres de kérosène et de réduire ses émissions de carbone de plus de 11 millions de tonnes.

Une analyse a posteriori des données du vol permettra à la FAA, à la Commission Européenne et à American Airlines de déterminer les niveaux effectifs de réduction des émissions et des économies de carburant. La FAA et American ont démarré les essais à Miami depuis l’an dernier, afin de déterminer la meilleure façon d’utiliser les nouvelles technologies et procédures de NextGen.

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Ces procédures sont :

la diminution des temps de roulage au sol avec deux moteurs  (1 de chaque côté de l’avion) sur 4, en coordination avec Aéroports de Paris à Paris - Charles de Gaulle et avec la FAA à l’aéroport de Miami ;

la montée continue, en coordination avec la direction des Services de la Navigation aérienne (DSNA, service de la navigation aérienne de la DGAC) ;

en croisière, le choix continu (sans palier) de l’altitude et de la vitesse optimales pour réduire la consommation de carburant, en coordination avec les centres de contrôle aérien traversés : français (DSNA), britannique (NATS), portugais (NAV Portugal) et américain (FAA)

la descente continue, en coordination avec le contrôle aérien américain (FAA).

Pendant les phases de départ et d’arrivée, les procédures adaptées permettront également de réduire les émissions sonores jusqu'à 7 décibels (une réduction de 3 décibels équivaut à une baisse de moitié du niveau sonore).

Une fois posé, l’avion a été autorisé à rouler jusqu’au bout de la piste pour ensuite rejoindre directement le parking de stationnement, la distance de roulage étant ainsi réduite au minimum.

Cette liaison "optimisée" a permis de réduire de 6 à 9 tonnes les émissions de CO2 émises durant le vol. Une économie de 2 à 3 tonnes de carburant a été rendue possible.

A terme, quand ces procédures seront appliquées à l'ensemble des vols vers les Etats-Unis, les compagnies aériennes pourront espérer réduire leurs émissions de CO2 de 13.500 tonnes par an en économisant 43.000 tonnes de carburant.

L'initiative AIRE

L'initiative commune AIRE (Atlantic Interoperability Initiative to Reduce Emissions) s'inscrit dans le cadre du protocole de coopération signé par la Commission européenne et la Federal Aviation Administration américaine (FAA) pour la coordination des deux grands programmes de modernisation de l'infrastructure du contrôle aérien, SESAR du côté européen et NEXTGEN du côté américain.

AIRE permettra d'accélérer la mise en œuvre de nouvelles  technologies et procédures opérationnelles ayant un impact direct et à court-moyen terme sur les émissions de gaz à effet de serre. Parmi ces mesures, on peut citer les approches dites « lisses », ou approches « à moteur réduit » (qui permettront de réduire les émissions sonores et gazeuses lors de la phase d'atterrissage), dont des expérimentations faites à Stockholm, Louisville ou Atlanta montrent des gains substantiels de carburant et d'émissions de CO2 et NOx.

Des tests et expérimentations "gate to gate"

AIRE s'appuiera sur des campagnes de tests et d'expérimentations « gate to gate », grâce auxquelles les gains environnementaux des nouvelles mesures, ainsi que leur faisabilité opérationnelle et technique, pourront être évalués. Pour cette raison, la Commission européenne et la FAA ont étroitement associé à cette initiative des partenaires de l'industrie, comme les avionneurs Airbus et Boeing, les opérateurs aériens Air France-KLM, SAS, Delta ou FEDEX, ainsi que les fournisseurs de services de navigation aérienne comme IAA (Irlande), LFV (Suède) ou NAV Portugal. Au-delà de l'accord entre deux institutions publiques d'aller de l'avant, AIRE est donc un véritable partenariat liant les acteurs aéronautiques dans un but commun de préservation de l'environnement.

Ce partenariat initial sera amené à s'étendre au fur et à mesure du déploiement des meilleures pratiques et des nouvelles technologies en Europe et aux Etats-Unis.

Pour la Commission européenne, la stratégie de développement durable du transport aérien passe par une approche cohérente, bâtie sur trois piliers:

- la gestion du trafic aérien, au travers de SESAR ou plus généralement le Ciel Unique Européen et d'initiatives comme AIRE;

- le développement technologique, au travers de programmes comme CLEAN SKY, ou les  études sur l'utilisation du biocarburant,

- les mécanismes économiques d'échanges de droits à émissions.

AIRE est la première initiative à large échelle dans le domaine de l’environnement qui réunit des acteurs aéronautiques de part et d'autre de l'Atlantique.

Remerciements :

Cet article a été  réalisé grâce à l’aide logistique de Paul Marais-Hayer et de Bernadette Py (agence RP AA). Merci à eux !

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Liens sur les biocarburants et les réductions de kérosène :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/12/10/copenhague...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/10/21/la-situati...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/04/03/premier-vo...

 

Photos : 1 B747-400 (F-GITH) Air France @pmh Paul Marais-Hayer 2 Tracé du vol «vert» @Air France. 3 B767 American Airlines @ Fabricio Jimenez