08/08/2019

Le taux de disponibilité des F-35 inquiète !

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L’approvisionnement en pièces détachées des F-35 pose de nombreux problèmes et réduit le taux de disponibilité de la flotte mondiale. Mais, le plus étonnant concerne la flotte de F-35 interarmées destinées aux essais opérationnels. En effet, cette unité basée à Edwards en Californie dispose d’un soutien supplémentaire sous la forme d'équipes de maintenance plus importantes et se trouve en haut sur la liste des priorités pour recevoir des pièces de rechange. Hors, cette unité a le taux de disponibilité le plus faible. 

Une situation très préoccupante :

Les F-35 de combat interarmées de la flotte d'essais opérationnels souffrent d’un faible taux de préparation qui pourrait menacer la réussite de la phase cruciale d'essais au combat du programme tout entier. Un rapport émanant (6 août) du Projet de surveillance du gouvernement (POGO) en collaboration avec le Government Accountability Office (GAO) pointe cette défaillance. Ce rapport précise que les 23 appareils de la flotte d'essai ont atteint un taux de disponibilité catastrophique de 8,7% en juin 2019.

Pour ce faire, le POGO a publier sur son site une carte (voir ci-dessous) qui couvre la période allant de décembre 2018 à la mi-juillet 2019 et qui atteste du taux catastrophique de 8,7% en juin 2019, ce qui correspond à une capacité totale de "mission". Il faut comprendre que par « capacité totale de mission »  on désigne un aéronef susceptible de mener toutes les missions qui lui sont assignées. On notera tout même une petite « amélioration » (si, si), puisque le tableau montre que lors du mois de mai le taux était de seulement 4,7%. Depuis le début des tests opérationnels en décembre 2018, la flotte avait un taux moyen de capacité opérationnelle de seulement 11%.

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Le graphique de l'état de préparation de la flotte de tests opérationnels montre que les aéronefs utilisés ont en réalité de moins bons résultats que le reste de la flotte de F-35, ce qui ne permettrait d'atteindre que 27% de la capacité de la mission, selon les derniers chiffres disponibles. 

La carte d’état de préparation de la flotte d’essais opérationnels du F-35 du POGO montre clairement que les données pour six mois du programme d’aéronefs sont au centre des projets de tous les services futurs. Il montre des fluctuations dans les taux relatifs tout au long de la période considérée, mais les taux de préparation au cours de ce processus critique de tests de combat ont toujours été mauvais.

De nombreuses pannes :

Selon le rapport du POGO et du GAO, de nombreuses pannes apparaissent à bord des F-35 qui provoquent une dégradation de la capacité de mission.  Hormis la problématique du manque de pièces de rechange, bien connue maintenant, on notera des défaillances au niveau du système de mission, du radar  ou les instruments de guerre électroniques. Selon une source du programme F-35, le système qui fournit aux pilotes les avertissements des missiles adverses  et qui génère les images pour le viseur de casque et régulièrement défaillant. Certes, avec un tel problème, le F-35 peut toujours voler et peut utiliser les liaisons de données entre aéronefs.  Une partie des informations d'un système en fonctionnement sur un autre F-35 peut venir combler un angle mort dans un système dégradé. Mais cela ne fonctionne que jusqu’à un certain point et pour tester pleinement les capacités du programme, tous les systèmes doivent fonctionner correctement. Ce qui n’est pas le cas.

La question de la pleine production :

Les nombreux problèmes accumulés et non encore résolus du programme F-35 sont autant d’obstacles sérieux au lancement de la pleine production des trois variantes de l’avion.  Le POGO et le GAO ont comme conclusion qu’actuellement le système d'arme le plus coûteux de l'histoire est loin d’être prêt à faire face aux menaces actuelles ou futures.

Les faibles taux de préparation de la flotte de tests opérationnels sont surprenants, compte tenu de la nature de la mission de la flotte. En vertu de la loi fédérale, un programme majeur d’acquisition de matériel de défense ne peut légalement passer à la production maximale tant que le directeur des tests et de l’évaluation opérationnelle (DOT&E) n’a pas remis son rapport final au secrétaire de la Défense et du Congrès et ceci à la fin du processus de test.

De son côté, le directeur des tests opérationnels du Pentagone a déclaré que la flotte de tests avait besoin d’atteindre un taux de disponibilité de 80% pour respecter le calendrier exigeant du plan directeur de test et d’évaluation du programme. 

Décision à venir :

Le calendrier initial du programme F-35 montre un début de production à plein régime pour cet automne, reste à voir, si le Pentagone en décidera ainsi. À la lumière de la divulgation des difficultés rencontrées par la flotte d’essais, il est difficile de voir comment le programme d’essais actuel peut être achevé à temps.

Pourrait-on contourner le programme d’essais et lancer la production à plein régime ? Techniquement c’est possible, il faudrait pour cela que le directeur des tests opérationnels suspende les tests et donne son accord pour passer à la production à plein régime, sans avoir achevé le plan de tests approuvé. Mais dans ce cas, c’est toute l'intégrité du processus de test et la confiance dans l’avion et ses capacités qui seraient définitivement remises en doute.

Le problème des avions de 5ème génération:

Pour autant, le F-35 n’est pas le seul à  subir  un taux de disponibilité anormalement bas. Le F-22 et lui aussi concerné, mais dans une moindre mesure. En effet, les avions de 5ème génération comme le F-22 et le F-35 affichent en moyenne des taux de capacité de mission inférieures à ceux des avions traditionnels qu’ils sont censés remplacer (article paru dans le journal de l’USAF/Air Force Times). Par exemple, la flotte de F-22 affichait un taux de capacité de mission de 51,74% en 2018, tandis que la flotte plus ancienne de F-15E affichait un taux de 71,16%. La flotte de F-35A affichait un taux de capacité de mission de 49,55% en moyenne, contre 66,24% pour le F-16C/D et de 72,51 pour le A-10C.

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Photo : F-35 @Nigel Blacke

 

12/06/2019

Le nouvel hélicoptère présidentiel en commande !

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Sikorsky Aircraft Corp., a annoncé la signature du contrat en vue de la production initiale du programme de remplacement des hélicoptères présidentiels. L’hélicoptériste peut ainsi lancer la production à taux faible du Lot1 de 6 hélicoptères VH-92A ainsi que les pièces de rechange initiales, l’équipement d’appui et le réapprovisionnement en pièces de système. Le coût du programme est de 542 millions de dollars. La passation de marché est assurée par le Commandement des systèmes aériens navals à Patuxent River, dans le Maryland.

Remplacement des hélicoptères actuels :

Le programme prévoit de venir remplacer les hélicoptères présidentiels actuels VH-3D et VH-60N, en service depuis plus de 40 ans. Le VH-92A vise à fournir des systèmes de coordination d'équipage et des capacités de communication améliorés, ainsi qu'une disponibilité et une maintenabilité améliorées. Le VH-92A va assurer un transport sûr, fiable et rapide avec des communications essentielles à la mission. Le VH-92A travaillera en binôme avec les MV-22 déjà en service.

Les tests gouvernementaux continueront d'évaluer les performances et évaluations opérationnels initiaux prévus pour le milieu de 2020 et de la capacité opérationnelle initiale (COI) à la fin de 2020

Le Sikorsky VH-92A :

Le Sikorsky VH-92 est un dérivé du S-92. Le premier appareil a été livré en septembre 2004. Principalement utilisé pour le ravitaillement des plates-formes pétrolières et en mode de recherche et sauvetage, il a été commandé par les Forces armées canadiennes au nombre de 28 exemplaires sous la désignation CH-148 Cyclone. Le poste de pilotage est équipé de systèmes de navigation modernes, ainsi que de quatre écrans multifonctions. Les pilotes sont assis sur des sièges Martin-Baker anti-crash et utilisent deux manettes qui permettent, grâce aux divers capteurs et de l’ordinateur de gestion du vol, de contrôler l’appareil en tangage, roulis et lacet. Le poste de pilotage est chauffé, ventilé et climatisé indépendamment de la cabine. Un équipement quasi complet permet une sécurité en vol maximale : deux systèmes automatiques de contrôle de vol (AFCS), des systèmes anticollision (TCAS) et d’avertissement de proximité du sol (EGPWS) et un radar météorologique placé dans le nez de l’appareil. Les systèmes vitaux de l’appareil sont redondants, la cellule offre une bonne résistance en cas de crash et la boite à vitesse peut fonctionner durant ½ heure sans huile. En cas d’amerrissage forcé, un système de flottaison se gonfle automatiquement, comprenant également deux radeaux d’une capacité de quinze personnes chacun à l’avant des flotteurs.

Dans le cadre du programme VXX, Sikorsky propose le S-92 dans le standard VH-92 aux moteurs plus puissants et entièrement construit par des entreprises américaines. Les systèmes électriques et hydrauliques sont installés en triple exemplaires et le système d’alimentation en carburant se fait par aspiration, ce qui évite d’éventuelles fuites dues à la pression. Les systèmes de pilotages sont également redondants. Les réservoirs de carburant auto-obturant, placés à l’extérieur de la cabine, sont capables de supporter des impacts d’obus de 23mm. L’appareil possède un système de dégivrage et est également protégé contre la foudre et les champs de rayonnement d’intensité élevée.

 

Photo : Le VH-92A @ Sikorsky

08/03/2019

Le dernier vol de l’EA-6B « Prowler » !

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Ce 8 mars 2019 est marqué par le dernier vol de l’avion de guerre-électronique Grumman EA-6B « Prowler » en service au sein de l’US Marines Corps (USMC). Le dernier escadron, le VMAQ-2 a effectué son dernier vol aujourd’hui, refermant définitivement une page de l’histoire de cet avion.  L’avion a été retiré de l’US Navy en 2015, seul restaient les aéronefs actifs au sein du Corps des Marines.

Ce  dernier escadron doté de l’EA-6B de l’USMC a débuté progressivement sa désactivation en octobre dernier pour la finaliser aujourd’hui. «La désactivation du VMAQ-2 marque la fin du service de l’AE-6B dans le Corps des marines, ainsi que son emploi continu en tant qu’atout tactique aérien d’attaque électronique aéroporté (AEA)», a déclaré le Capitaine Sarah Burns, porte-parole au sein de l’USMC.

Au cours de ses dernières années, l’appareil a été encore très actif dans le combat en Syrie, bloquant des militants et protégeant les pilotes américains des systèmes de défense aérienne ennemis.


Le Grumman EA-6 « Prowler » : 

Le Grumman EA-6B « Prowler » est un avion biréacteur construit sur la base de l’A-6 « Intruder ». Par rapport à l'Intruder, le fuselage a été allongé d'un mètre (notamment pour loger les 2 membres d'équipage supplémentaires) et le poids à vide augmenté de plus de 3 000 kg (entre autres par les équipements électroniques).

L’EA-6B avait pour missions mission de mener une guerre électronique aéroportée à l'appui d'opérations, inclure la suppression des radars ennemis et des missiles sol-air utilisant des missiles de brouillage électronique et antiradiations à grande vitesse, ainsi que la collecte de renseignements tactiques dans un rôle de soutien électronique passif.

La base de l'équipement est le système de brouillage AN/ALQ-99 Tactical Jamming System. Le pod au sommet de la dérive contient différents détecteurs destinés à repérer les émissions des radars adverses en vue de leur brouillage. Le « Prowler » pouvait également emporter jusqu'à 4 nacelles d'équipements complémentaires sous les ailes, et  être armé de missiles antiradar AGM-88 « Harm ».

Conçu pour opérer à partir des porte-avions ou de bases avancées, le « Prowler » est un système complètement intégré de guerre électronique de longue distance, tout temps et à capacité avancée. La mission primaire de l'appareil est de protéger les attaques aériennes et les forces au sol en contrant les activités électroniques adverses et en obtenant des informations sur les émissions électronique dans la zone de combat.

L’EA-6B « Prowler » est remplacé par le Boeing EA-18G « Growler ».

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Photos : les derniers EA-6 du VMAQ-2 @USMC

 

28/08/2018

Nouvelle commande d'AH-1Z « Viper » pour l’USMC !

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Bell Helicopter s'est vu attribuer un nouveau contrat d’une valeur de 510 millions de dollars pour la fabrication de 29 hélicoptères d'attaque Bell AH-1Z « Viper » pour le US Marine Corps.

Le montant du contrat financera également l’achat de matériaux et de composants pour sept appareils du lot 16 supplémentaires, selon un avis publié sur la page des contrats du ministère de la Défense le 23 août dernier. La production des hélicoptères sera effectuée à Fort Worth, au Texas, et le reste des travaux sera effectué à Amarillo, au Texas. Les appareils devraient être finis et livrés en février 2021, et les derniers hélicoptères d’attaque devraient être livrés en 2022.

Bell Textron AH-1Z Viper :

L’ultime version du célèbre « Cobra » est dotée d’une nouvelle motorisation, soit le General-Electric T700-GE-401, l’appareil est doté d’une nouvelle avionique qui incorpore un FLIR de troisième génération et fournit actuellement, une des plus longue portée du marché. En outre, le système complètement passif et automatique de balayage du champ de bataille, permet d’identifier de façon positive et suivre des cibles multiples à des distances, au-delà, de la portée maximale de son système d'armes. L’AH-1Z permet l’usage varié d’un armement complet comme les AGM-114A, B, C, F « Hellfire », des roquettes de 70mm et missiles air-air AIM-9 « Sidewinder ». Le poste de pilotage rénové comprend des écrans couleurs de grandes tailles, multifonctionnel et combinés avec la technologie de carte mobile.

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Photos : 1AH-1Z viper 2cockpit @ Bell Textron

12/05/2018

Arrivée prochaine du premier CH-53K au sein de L’USMC !

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Le Corps des Marines des Etats-Unis 8USMC) devrait prendre livraison du premier exemplaire de production de l’hélicoptère lourd de nouvelle génération Sikorsky CH-53K « King Stallion » au début de la semaine prochaine.

L'hélicoptère de transport lourd doit être reçu à MCAS de New River en Caroline du Nord. L’USMC a déclaré qu'il prévoyait de soumettre le « King Stallion » à son plan de test de supportabilité en effectuant une évaluation logistique de l'entretien, du maintien en puissance et du soutien global de l’aéronef.Cette phase d’essai doit permettre de valider le nouvel appareil aux besoins de l’USMC avant son entrée en service officiel.

Le CH-53K « King Stallion » ressemble à son prédécesseur, le CH-53E « Super Stallion », mais il a trois fois la capacité de levage. Il peut transporter une charge externe de 12’200 kg (27 000 lb) sur 110 nm (204 km).

L'USMC a l'intention de remplacer sa flotte vieillissante de CH-53E, introduits pour la première fois à la fin des années 1970, avec 200 CH-53K. Le prix unitaire moyen de l'aéronef est estimé à environ 87 millions de dollars,  si les 200 CH-53K sont commandés.

Le CH-53K "King Stallion" :

Bien que conçu de la même taille que les CH-53E « Super Stallion», qu’il doit remplacer à partir de 2019,  le CH-53K permettra de tripler la capacité de transport de charge externe à plus de 27 000 lb sur une distance de plus de 110 miles nautiques. Doté d’une nouvelle motorisation General-Electric GE38-1B offrant un meilleur couple  surmonté de d’un rotor de quatrième génération en composite. La cellule est également nouvelle car entièrement en matériaux composites. Encore plus puissante (ses 3 turbines délivreront environ 6000 ch chacune), ravitaillable en vol, équipée de systèmes de communications de dernière génération, le CH-53K est optimisé pour le transport par temps chaud en opérant à partir de terrains peu préparés et deviendra la référence de sa catégorie. En matière de transport, le CH-53K pourra par exemple emporter en interne une Jeep «Humvee».

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Photos :le CH-53K « King Stallion » @ Sikorsky