08/04/2021

L’US Air Force baptise le F-15EX : « Eagle II » !

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L’US Air Force a officiellement accepté le premier avion de combat F-15EX de nouvelle génération, lors d’une cérémonie le 7 avril qui s’est tenue sur la base aérienne d'Eglin, en Floride. L’avion est réceptionné au sein de la 96e Escadre d'essai. Le second appareil rejoindra prochainement le 85ème Escadron de l'Air Combat Command pour les tests opérationnels.

Baptisé « Eagle II » :

Lors de la cérémonie, le F-15EX a été baptisé « Eagle II » pour assurer la continuité avec les versions plus anciennes de l’« Eagle ».  L'USAF prévoit d'acheter 144 F-15EX « Eagle II » sur 10 à 12 ans pour remplacer progressivement les F-15C/D. Mais des discussions sont déjà engagées pour remplacer une partie des F-15 E. Le premier lot de production comprend six avions, qui seront livrés au cours de l'exercice 2023. Les lots suivants seront livrés à l'école de F-15 de Kingsley Field en Oregon et à la première base opérationnelle de l'aéroport international de Portland, Oregon. Le F-15EX « Eagle II » est désormais également destiné au transport de nouvelles armes notamment hypersoniques.

Quatre autres avions supplémentaires devraient être remis à l'USAF d'ici la fin de l'exercice 2023.

Le F-15EX « Eagle II » :

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Sous la désignation de projet F-15EX, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille depuis plusieurs mois sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agissait de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing a doté le F-15EX d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif (AESA), avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS « Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offre la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité réside dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes. 

Capacité d’emport phénoménale :

Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15EX « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’armes comme par exemple: le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. Par ailleurs, il peut lancer des armes hypersoniques jusqu'à 22 pieds de long et pesant jusqu'à 7’000 livres. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration. Dernier élément, le F-15EX pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

La plate-forme nécessite également une formation transitoire minimale sans main-d'œuvre supplémentaire et peu ou pas de changements d'infrastructure, assurant la poursuite de la mission.

L'architecture OMS permettra l'insertion rapide des dernières technologies aéronautiques. Pour soutenir davantage la cellule numérique et faire avancer l’insertion de technologique, le programme F-15EX utilise le précurseur à l’initiative DevSecOps du ministère de la Défense, visant à développer des logiciels sécurisés, flexibles et agiles. De plus, l'architecture des systèmes de mission ouverts garantit sa viabilité pendant des décennies. L'épine dorsale numérique du F-15EX, ses systèmes de mission ouverts et sa capacité de charge utile généreuse cadrent bien avec la nouvelle vision de l’USAF d'une future guerre en réseau.  Le F-15EX réunit les avantages de l'ingénierie numérique, des systèmes de mission ouverts et du développement de logiciels agiles rester abordable et évolutif pour les décennies à venir.

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Photos : 1 Eagle II 2 en vol 3 de face @ USAF

 

 

 

25/03/2021

Le cap des 600'000 heures de vol pour le V-22 !

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Le Boeing / Bell V-22 « Osprey » a enregistré plus de 600’000 heures de vol, fournissant un support client continu pour maintenir la préparation à la mission et transporter le fret et le personnel au sein de l’US Navy et de l’USMC, US Air Force et la Japan Ground Self-Defense Force.

Construit en partenariat par Bell Textron Inc., et Boeing la flotte de V-22 est compte plus de 400 aéronefs en service. Le V-22 est le seul aéronef à rotors basculants de production militaire au monde. Sa vitesse, sa portée, sa maniabilité et sa capacité logistique en font l'une des solutions les plus polyvalentes et les plus rentables pour ses clients.

« Il n'y a aucun autre appareil au monde capable d'égaler les capacités uniques de l'Osprey », a déclaré Kurt Fuller, vice-président de Bell V-22 et directeur du programme de Bell Boeing. « Les 600’ 000 heures de vol représentent d'innombrables missions d'assistance tactique, logistique et humanitaire, ainsi que le dévouement des hommes et des femmes qui entretiennent et exploitent chaque jour l'avion pour en faire un appareil de pointe.»

Bell et Boeing soutiennent directement la préparation du V-22 en fournissant des services mondiaux complets aux escadrons de V-22, y compris le soutien à la maintenance, la formation, les représentants sur place sur le terrain, l'analyse des données et les pièces neuves et réparées.

Parmi les réalisations récentes du programme, citons la dernière variante du V-22, le CMV-22B, affecté à l'escadron multimission 30 de la logistique de la flotte, achevant la première livraison d'un moteur F-35 à l'USS Carl Vinson, avec succès.

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Le V-22 « Osprey » :

Le V-22 Osprey est aéronef de transport multirôle utilisant la technologie du rotor basculant pour combiner les performances en vol vertical d'un hélicoptère avec la vitesse et la portée d'un aéronef à voilure fixe. Avec ses nacelles et les rotors en position verticale, il peut décoller, atterrir et décoller comme un hélicoptère. Une fois en vol, ses nacelles basculent. Pour se comporter comme un avion à turbopropulseur capable de haute vitesse et de vol à haute altitude.

A ce jour, 340 V-22 sont en service sur un total de 360 appareils commandés. Le programme « Joint Advanced Vertical Lift Aircraft » est lancé en 1982 sous la direction de Bell Helicopter et Boeing. Le programme fut plusieurs fois menacé d’abandon pour des raisons budgétaires et le premier prototype commencera ses essais le 19 mai 1989, en vol stationnaire uniquement. Le premier vol horizontal ayant lieu le 14 septembre. En novembre 2000 le fonctionnement depuis un porte-avions est validé.

Il faudra cependant attendre 2005 pour le lancement de la production de présérie qui devra permettre la mise en service d’une escadrille « test ». 

Le V-22 est équipé de qautre avec écrans multifonctions (MFD, compatibles avec les lunettes de vision nocturne et une unité d'affichage centrale partagée, pour afficher diverses images, y compris: digimaps, imagerie de la tourelle système infrarouge (FLIR), instruments de vol principaux, navigation et état du système. Le panneau du directeur de vol du système de gestion du cockpit permet des fonctions entièrement couplées (pilote automatique) qui font passer l'avion du vol avant à un vol stationnaire de 15 m sans aucune interaction du pilote autre que la programmation du système. Le fuselage n'est pas pressurisé et le personnel doit porter des masques à oxygène bord au-dessus de 10 000 pieds. 

Le V-22 est doté de systèmes de commande de vol "Fly-By-Wire" triple redondance avec contrôle informatisé des dommages pour isoler automatiquement les zones endommagées. Avec les nacelles pointant vers le haut en mode de conversion à 90 °, les calculateurs de vol lui commandent de voler comme un hélicoptère, les forces cycliques étant appliquées à un plateau cycliqueconventionnel au moyeu du rotor. Avec les nacelles en mode avion (0 °), les laperons le gouvernail et la profondeur volent comme un avion. Il s'agit d'une transition graduelle, se produisant sur la plage de rotation des nacelles, plus les nacelles sont basses, plus l'effet des gouvernes en mode avion est important. Les nacelles peuvent tourner au-delà de la verticale jusqu'à 97,5 ° pour le vol vers l'arrière. Le V-22 peut utiliser l'orientation "80 Jump" avec les nacelles à 80 ° pour le décollage afin d'atteindre rapidement une altitude et une vitesse élevées.

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Photos : 1 V-22 Osprey USMC @Peter Gronemann 2 & 3 V-22 @ US Navy

 

12/03/2021

L’USAF a accepté le premier F-15EX « Advanced Eagle » !

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L'US Air Force a pris livraison le 10 mars dernier du premier F-15EX « Advanced Eagle » n° 001 de Boeing et va bientôt commencer à tester le nouvel appareil. L'USAF a approuvé l'acceptation du premier F-15EX dans les installations de la société à Saint-Louis. L’appareil s’est envolé pour la base aérienne d'Eglin en Floride.

« C’est un grand moment pour l’armée de l’air », a déclaré le colonel Sean Dorey, directeur du programme F-15EX de l’USAF. « Avec sa grande capacité d'armes, son épine dorsale numérique et son architecture ouverte, le F-15EX sera un élément clé de notre flotte de chasseurs tactiques et complétera les actifs de cinquième génération. En outre, il est capable de transporter des armes hypersoniques, ce qui lui confère un rôle de niche dans les futurs conflit ».

La livraison du F-15EX par Boeing intervient un peu plus d'un mois après le vol inaugural de l'avion le 2 février dernier. Un deuxième avion doit arriver à Eglin le mois prochain, et les six autres appareils du premier lot s'envoleront pour Eglin au cours de l'exercice 2023 pour les tests opérationnels.

L’USAF a passé sa première commande de F-15EX en juillet 2020, attribuant un contrat pour le premier lot de huit appareils. L'ensemble du programme a une valeur plafond de 23 milliards de dollars. Il est prévu d'acheter au moins 144 F-15EX pour remplacer la flotte de F-15C/D, qui a en moyenne 37 ans et commence à subir des tensions structurelles. Cependant, le contrat comporte des options qui permettraient a l’USAF d'acheter jusqu'à 200 appareils.

Le deuxième lot de F-15EX est prévu pour la livraison au cours de l'exercice 2024 à la base de la Garde nationale aérienne de Kingsley Field, dans l'Oregon, qui servira également de site pour la formation des F-15EX. Le troisième lot sera livré à Portland ANGB dans l'Oregon au cours de l'exercice 2025, la 142e escadre de la base devenant la première unité opérationnelle à piloter l'avion.

Le projet F-15EX « Advanced Eagle » :

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Sous la désignation de projet F-15EX, la nouvelle variante du jet offre des commandes de vol plus modernes, un grand écran unique et un radar amélioré. L'avion emportera également beaucoup plus d’armes avec plus de deux douzaines de missiles air-air, soit une capacité inégalée au sein de l’USAF.

Parfaitement conscient de la situation actuelle, l’avionneur Boeing travaille depuis plusieurs mois sur une solution basée sur des améliorations de l’actuel F-15.  Pour Boeing, il s’agissait de reprendre les travaux engagés sur le « Silent Eagle » mais avec une capacité d’emport d’armement élargie. Le concept de Boeing « F-15 2.040C » (F-15X). La version 2. 040C permettrait également, selon les études de Boeing, de doubler le nombre de missiles à par avions et donc combler une énorme faiblesse du F-35, sa capacité d’emport.

Boeing a doté le F-15EX d’une version améliorée du radar Raytheon APG-63 (V) 3 à balayage électronique actif (AESA), avec une nouvelle suite de guerre électronique dénommée EPAWSS « Eagle Passive/Active Warning Survivability », et un capteur IRST et une liaison de données améliorée permettant de travaillant en binôme avec le F-22 et le F-35.

Le F-15 ainsi modernisé, offre la possibilité de travailler directement avec le F-22 et le F-35 en appuis avec une forte capacité de tir grâce au transport de missiles accrut, mais il permettrait également de fonctionner de manière plus furtive avec l’armement monté dans les trappes. La particularité réside dans le fait, qu’il sera possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel, emport de carburant et armes en externes. 

Capacité d’emport phénoménale :

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Avec la possibilité d’emporter jusqu’à 24 missiles air-air, le F-15EX « Advanced » sera bien supérieur à ses concurrents, mais il pourra également emporter une gamme complète d’armes comme par exemple : le JSOW, le Harpoon, le missile antiradar HARM. On parle également d’adapter progressivement des armes à énergie dirigée comme les lasers, une fois que ceux-ci seront disponibles. Par ailleurs, il peut lancer des armes hypersoniques jusqu'à 22 pieds de long et pesant jusqu'à 7 000 livres. La grande taille de l’avion en facilitera l’intégration. Dernier élément, le F-15EX pourra travailler en binôme avec des drones pour les actions de frappes en profondeur.

La plate-forme nécessite également une formation transitoire minimale sans main-d'œuvre supplémentaire et peu ou pas de changements d'infrastructure, assurant la poursuite de la mission.

L'architecture OMS permettra l'insertion rapide des dernières technologies aéronautiques. Pour soutenir davantage la cellule numérique et faire avancer l’insertion de technologique, le programme F-15EX utilise le précurseur à l’initiative DevSecOps du ministère de la Défense, visant à développer des logiciels sécurisés, flexibles et agiles. De plus, l'architecture des systèmes de mission ouverts garantit sa viabilité pendant des décennies. L'épine dorsale numérique du F-15EX, ses systèmes de mission ouverts et sa capacité de charge utile généreuse cadrent bien avec la nouvelle vision de l’USAF d'une future guerre en réseau.  Le F-15EX réunit les avantages de l'ingénierie numérique, des systèmes de mission ouverts et du développement de logiciels agiles rester abordable et évolutif pour les décennies à venir.

Un nouveau moteur :

Le moteur F110-GE-129 de General Electric est le seul moteur testé, intégré et certifié pour le F-15EX fly-by-wire. En 2014, GE a commencé à investir des ressources et s'est engagé à long terme à soutenir le F-15EX. Grâce à des insertions de technologies clés éprouvées issues des programmes de moteurs commerciaux de GE, SLEP met à niveau les composants critiques, notamment la chambre de combustion, la turbine haute pression, le compresseur et l'augmentation. Ces améliorations se combinent pour prolonger la durée de vie. La version du F110 destinée au F-15EX va réduire les coûts d'exploitation, augmenter la fiabilité et améliorer la sécurité. Le programme est conçu pour fournir une augmentation significative avec une amélioration de 25% du coût par heure de vol et une extension de 50% des inspections de phase moteur. 

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Photos : 1 Le F-15EX n°001 en route pour Eglin 2 Cockpit 3 Capacité d'emport @ Boeing 4 F-15EX n°001 @ S.King

08/03/2021

F-15, contrat pour le nouveau système de guerre-électronique !

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BAe Systems a été engagée par Boeing pour produire le nouveau système d'avertissement passif / actif et de survie « Eagle Passive Active Warning Survivability System » (EPAWSS) destiné à l'avion de combat F-15 « Strike Eagle ». Un contrat de 58 millions de dollars a été signé pour soutenir les efforts de de production à faible taux (LRIP).

BAe Systems doit fournir des mises à jour incrémentielles du logiciel de vol EPAWSS avec de nouvelles capacités de géolocalisation et d'identification des menaces. Développé par BAe Systems en tant que sous-traitant de Boeing, l'EPAWSS est conçu pour échantillonner le spectre des fréquences radio (RF), identifier les menaces, hiérarchiser et allouer des ressources de brouillage contre elles, et remplacera le système actuel Tactical Electronic Warfare (TEWS) qui date des années 1980 et qui équipe actuellement environ 220 F-15E « Strike Eagle » de l'US Air Force (USAF). C'est également l'un des systèmes destinés au dernier F-15EX « Advanced Eagle », dont 200 appareils sont prévus pour un approvisionnement dans les années futures.

Fournissant des options de guerre électronique offensive et défensive pour le pilote et l'avion, le système EPAWSS propose des solutions entièrement intégrées d'alerte radar, de géolocalisation, de connaissance de la situation et d'autoprotection pour détecter et vaincre les menaces de surface et aéroportées dans des environnements contestés et hautement contestés à forte densité de signaux. Équipé de contre-mesures électroniques avancées, il permet une pénétration plus profonde contre les systèmes de défense aérienne intégrés modernes, offrant des capacités de réponse rapide pour protéger l'équipage. L'EPAWSS est conçu pour fournir une indication, le type et la position des menaces RF au sol ainsi que la portée des menaces aériennes avec la connaissance de la situation nécessaire pour éviter, engager ou annuler la menace. L'EPAWSS se défend contre les systèmes de menace RF et IR détectant ou acquérant des informations de ciblage avant l'engagement de la menace, ce qui complique et / ou annule une solution de ciblage de menace ennemie. Le système lutte contre les menaces grâce à sa suite de composants avec des techniques électro-optiques et RF.

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Photo : F-15 E @ USAF

27/02/2021

Quel appareil pour remplacer le E-3 AWACS ?

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 L'US Air Force (USAF) prépare le remplacement de sa flotte d’avion d’alerte lointaine composée du Boeing E-3 Sentry Airborne Warning and Control System (AWACS). Actuellement L'USAF exploite 31 exemplaires de l'E-3, dont l’âge moyen est d'environ 42 ans.

Rappel :

La mise au point des premiers « AWACS » remonte à la Seconde Guerre mondiale avec le projet « Cadillac », mais devant le peu d’intérêt de l’époque, il faudra attendre les années 50 pour voir se concrétiser le projet avec l’EC-131 Warning Star dérivé du Super Constellation. Développé avant la mise au point des radars à effet Doppler ces avions étaient efficaces pour la détection à longue distance, mais avaient des performances faibles pour la détection vers le bas. Il faudra attendre 1964 et le Grumman E-2 Hawkeye de l’US Navy pour arriver au standard actuel des AWACS.

Le système d'avertissement et de contrôle aéroporté Boeing E-3G (AWACS) a défini un nouveau mode de guerre pour l'armée américaine lorsque le modèle original a été introduit en 1978. En centralisant la détection et le commandement et le contrôle aéroportés sur une plate-forme unique. Avec l’AWACS il est devenu possible d’improviser de nouvelles tactiques offensives et défensives en temps réel. Avec le temps, l’importance de l’E-3G en a fait une cible extrêmement précieuse pour un éventail d’armes émergentes, à longue portée appelées « tueurs AWACS ».

Aujourd’hui plusieurs modèles de systèmes radarisés aéroportés sont disponible sur le marché, notamment monté sur des jets d’affaires.

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Etude d’un remplaçant :

En conséquence, les responsables de l'US Air Force et de l'OTAN ont débutés une réflexion en vue du remplacement de leurs flottes d’avions E-3 respectives en utilisant une approche de systèmes distribués.  Toutes les options envisagées à ce stade ne sont pas encore pleinement développées. Il est important de se rappeler que la flotte E-3 remplit deux fonctions différentes : l’alerte avancée aéroportée (AEW) et le commandement et contrôle. 

La première fonction exige l'intégration d'un grand radar capable de détecter à de grandes distances. En plus de la puissance, le radar doit être incroyablement précis et discriminer les petites cibles à déplacement rapide, y compris les missiles de croisière, par rapport à l'encombrement de l'arrière-plan. Étant donné la vulnérabilité future d'une grande plateforme rayonnante dans l'atmosphère aux menaces potentielles, une option pourrait être de remplacer, ou au moins d'augmenter considérablement, la couverture AEW grâce à l'utilisation d'une constellation proliférée de petits satellites en orbite terrestre basse.

L’arrivée progressive d’avions de combat dotés de la capacité de guerre en réseau permet également de combler ce vide, du moins en partie. Une flotte d’avion engagés en réseau offre une très bonne couverture, mais encore faut-il que la dotation soit suffisante et engagée en nombre sur un territoire définis.  

Plusieurs options sont donc envisagées pour parfaire une future détection aérienne de qualité capable de faire face aux nouvelles menaces. Un nouvel appareil doté d’un radar aéroporté est également envisagé.

Et pourquoi pas l’E-7 « Wedgetail » ?

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Le chef d'état-major de l'US Air Force, le général Charles Brown, a refusé de commenter ce qui devrait remplacer l'E-3, mais a déclaré lors du Symposium sur la guerre aérospatiale de l'Air Force Association le 25 février dernier que toutes les possibilités devaient être étudiées. L’une des propositions concerne le choix potentiel du Boeing E-7 « Wedgetail ». Ce dernier est exploité par l'armée de l'air sud-coréenne, la Royal Australian Air Force et l'armée de l'air turque. La Royal Air Force britannique a également commandé l'avion. Plus petit, car monté sur une cellule de B737, il n’en reste pas moins très efficace, car doté des dernières technologies de capteurs. De plus, le système « Wedgetail » est mature et peut être disponible très rapidement. Il offrirait un nœud central capable de fonctionner en réseau et avec une constellation de satellites.

Boeing E-7 « Wedgetail » :

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Basé sur le Boeing 737-700 « Next-Generation » commercial, l'AEW&C E-7A « Wedgetail » est conçu pour fournir la surveillance de l’espace aérien et la gestion de celui-ci grâce à son radar à balayage électronique radar qui retransmet à l’équipage de la mission l’ensemble des cibles aériennes et maritimes en temps réel. L'équipage de mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Le radar MESA de Northrop-Grumman peut détecter jusqu’à 1’000 objets volants dans le même temps. Lorsque le degré de surveillance est en mode 360°, il peut détecter les avions ennemis dans un rayon de 370 km, et lorsqu’il concentre le faisceau dans une direction, il peut détecter des cibles à des distances allant jusqu'à 500 km. Avec les différents modes, le radar peut même détecter des cibles en mer. 

Le radar MESA est conçu pour un avion à réaction de taille moyenne, profitant de vitesses et d'altitudes plus élevées. Des altitudes de fonctionnement allant jusqu'à 40’000 pieds (par rapport aux altitudes typiques de 20’000 à 25’000 pieds des autres systèmes AEW) offrent un avantage de portée et de ligne de vue de 20 à 50% contre les missiles et les avions volant à basse altitude sur divers terrains. Ainsi, les temps d'alerte précoce et de réaction sont considérablement améliorés lorsque le temps presse. MESA est opérationnel quelques minutes après le décollage, à partir de 5 000 pieds et avec un fonctionnement à pleine puissance à 10’000 pieds. En tirant parti des fonctions de balayage électronique entrelacées, une image combinée de l'air et de la mer est rapidement développée. Les opérateurs de système et les commandants de combat ont désormais la flexibilité d'orchestrer les opérations aériennes et les mesures défensives avec un système radar / IFF facilement commandé via la console système. L'équipage de la mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Photos : 1 Boeing E-3 AWACS@ USAF 2 Saab GlobalEye @ Saab 3 Boeing E-7 Wedgetail @ RAAF