20/10/2021

USAF, l'E-7A Wedgetail pour remplacer les vieux AWACS ?

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Depuis plusieurs mois, l’US Air Force prépare le remplacement de sa flotte d’avion d’alerte lointaine composée du Boeing E-3 Sentry Airborne Warning and Control System (AWACS). Actuellement L'USAF exploite 31 exemplaires de l'E-3, dont l’âge moyen est d'environ 42 ans.

Rappel :

La mise au point des premiers « AWACS » remonte à la Seconde Guerre mondiale avec le projet « Cadillac », mais devant le peu d’intérêt de l’époque, il faudra attendre les années 50 pour voir se concrétiser le projet avec l’EC-131 Warning Star dérivé du Super Constellation. Développé avant la mise au point des radars à effet Doppler ces avions étaient efficaces pour la détection à longue distance, mais avaient des performances faibles pour la détection vers le bas. Il faudra attendre 1964 et le Grumman E-2 Hawkeye de l’US Navy pour arriver au standard actuel des AWACS.

Le système d'avertissement et de contrôle aéroporté Boeing E-3G (AWACS) a défini un nouveau mode de guerre pour l'armée américaine lorsque le modèle original a été introduit en 1978. En centralisant la détection et le commandement et le contrôle aéroporté sur une plate-forme unique. Avec l’AWACS il est devenu possible d’improviser de nouvelles tactiques offensives et défensives en temps réel. Avec le temps, l’importance de l’E-3G en a fait une cible extrêmement précieuse pour un éventail d’armes émergentes, à longue portée appelées « tueurs AWACS ». 

Aujourd’hui plusieurs modèles de systèmes radarisés aéroportés sont disponible sur le marché, notamment monté sur des jets d’affaires.

Le Boeing E-7 « Wedgetail » en favori  

En conséquence, les responsables de l'US Air Force et de l'OTAN ont débutés une réflexion en vue du remplacement de leurs flottes d’avions E-3 respectives en utilisant une approche de systèmes distribués.  Toutes les options envisagées à ce stade ne sont pas encore pleinement développées. Il est important de se rappeler que la flotte E-3 remplit deux fonctions différentes : l’alerte avancée aéroportée (AEW) et le commandement et contrôle. 

La première fonction exige l'intégration d'un grand radar capable de détecter à de grandes distances. En plus de la puissance, le radar doit être incroyablement précis et discriminer les petites cibles à déplacement rapide, y compris les missiles de croisière, par rapport à l'encombrement de l'arrière-plan. Étant donné la vulnérabilité future d'une grande plateforme rayonnante dans l'atmosphère aux menaces potentielles, une option pourrait être de remplacer, ou au moins d'augmenter considérablement, la couverture AEW grâce à l'utilisation d'une constellation proliférée de petits satellites en orbite terrestre basse.

L’arrivée progressive d’avions de combat dotés de la capacité de guerre en réseau permet également de combler ce vide, du moins en partie. Une flotte d’avion engagés en réseau offre une très bonne couverture, mais encore faut-il que la dotation soit suffisante et engagée en nombre sur un territoire définis.  

Ces dernières semaines les yeux se sont clairement tournés en direction du Boeing E-7A « Wedgetail », car l’USAF a formulé  un avis d'action contractuelle, intitulé "E-3 Replacement Aircraft Studies & Analyses", le 19 octobre dernier, dans lequel elle a annoncé qu'elle confierait à Boeing la responsabilité d'effectuer les études, les analyses et les activités nécessaires pour déterminer une configuration de base et répondre aux normes de configuration de l'USAF du E-7A.  

Moins d’AWACS

L’US Air Force doit encore déterminer avec exactitude le nombre de ses futurs avions d’alerte lointaine, car l’arrivée du F-35 permet de combler en grande partie ce besoin mais pas entièrement. En effet, avec 4 F-35, il est possible d’obtenir une couverture à 360 degrés avec la combinaison des radar et autre capteurs et caméras internes ( 6 par avion ) avec le réseau MADL pour partager et fusionner automatiquement ces données entre eux. Au sein de l’US Air Force on réfléchit donc à une intégration du futur avion AEW&C en collaboration avec les F-35. Par exemple, dans une zone dangereuse ou un AEW&C pourrait être une cible de premier choix, l'aspect d'alerte avancée en vol pourrait être entièrement pris en charge par des avions comme le F-35 et le F-22.  Cela pourrait signifier que le futur AEW&C serait relégué à des zones secondaires ou envoyé en appuis derrière le binôme F-35 et F-22. Dans ces conditions, les besoins futurs pourraient être divisés par deux. L’US Air Force doit également déterminer les besoins en temps de paix en utilisant le futur AEW&C pour une surveillance moins agressive qu’avec ses nouveaux avions de combat.

Selon le général Charles Brown Cmdt de l’USAF, la flotte de F-35 est devenue la seconde de part son importance derrière les F-16, les réflexions doivent prendre en compte ce nouvel élément pour articuler la future combinaison de l’Air Force.

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Photos : 1 E-7 « Wedgetail » australiens @ RAAF  2 F-35 en vol @ USAF

 

17/10/2021

Le KC-46A est opérationnel !

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Il aura fallu un certain temps pour en arriver là, mais le nouveau ravitailleur de l’US Air Force et enfin opérationnel. L'Air Mobility Command a annoncé vendredi que le KC-46A « Pegasus » avait été approuvé pour ravitailler toutes les variantes des appareils en service au sein de l’USAF.

Le KC-46 « Pegasus » est désormais en mesure de ravitailler les avions de chasse de quatrième et de cinquième génération de l'Air Force, de plus l’avion peut désormais utiliser sa rampe de ravitaillement pour des missions opérationnelles y compris pour les gros appareils tels que les C-17, B-52 et KC-46. Avec cette approbation le KC-46 va pouvoir assumer l’ensemble des missions de ravitaillement.

Le KC-46 « Pegasus » a effectué plus de 6’000 missions depuis janvier 2019. Au cours de cette période, il a fait le plein d'avions avec plus de 35 millions de livres de carburant et a établi environ 26’ 000 contacts avec la perche fixe et 1’500 contacts avec le panier souple de ravitaillement. L’avionneur Boeing s'est efforcé de résoudre une série de problèmes techniques tout au long de son déploiement.

Le KC-46A « Pagasus »

Le KC-46A « Pegasus » New Gen Tanker  est un gros porteur multi-mission, basé sur la cellule du B767 commercial. Pour ce faire, l’avion reprend les dernières innovations en matière d’écrans multifonctions en test actuellement sur le B787 « Dreamliner ». Un nouveau système de ravitaillement permettra une augmentation du rythme de transfert de carburant, de plus, les charges et les opérations en sont simplifiées. Selon Boeing les risques d’industrialisations sont faibles, car l’avion s’appuie sur des moyens existants. Le «  New Gen Tanker » se caractérise par une conception du contrôle de vol qui place l‘équipage aux commandes de l’ensemble de l’appareil, au lieu de permettre aux logiciels de limiter la manœuvrabilité au combat. Le « New Gen Tanker » met à la disposition des pilotes de l’USAF un poste de pilotage numérique avancé équipé des affichages électroniques du Boeing B787 «  Dreamliner ». Le « New Gen Tanker » dispose d’une technologie de ravitaillement en vol éprouvée et d’une perche KC-10 « NewGen » modernisée avec des capacités de ravitaillement étendues, un débit accru pour le transfert du carburant et un système à commandes de vol électrique (Fly by Wire).

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Photos : 1 Ravitaillement d’un F-35 avec perche fixe 2 Ravitaillement d’un Hornet de la marine avec panier souple @ Boeing

 

08/10/2021

Un laser pour équiper l’AC-130J « Gunship » !

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Lockheed Martin a terminé avec succès les tests d'acceptation en usine du laser aéroporté à haute énergie (AHEL), en vue d’une série de tests militaires au sol et en vol du système. En juillet 2021, le Naval Surface Warfare Center de la division Dahlgren a attribué à Lockheed Martin un contrat de 12 millions de dollars en plus des frais fixes, pour la livraison pour les services techniques, l'intégration, les tests et la démonstration du système AHEL.

« L'achèvement de cette étape est une réalisation formidable pour notre client », a déclaré Rick Cordaro, vice-président, Lockheed Martin Advanced Product Solutions. « Ces jalons de la réussite de la mission témoignent de notre partenariat avec l'US Air Force dans la réalisation rapide d'avancées importantes dans le développement de systèmes d'armes laser. Notre technologie est prête à être déployée dès aujourd'hui.

Le système de laser de combat AHEK sera déployé à bord d’un Lockheed AC-130J « Gunship » afin d’être testé en condition. Le Commandement des opérations spéciales a déclaré précédemment qu'il souhaitait tester un laser à semi-conducteurs de 60 kilowatts sur l’AC-130 d'ici 2022. Tyler Griffin, directeur du développement commercial pour les solutions de produits avancées de Lockheed Martin Rotary et Mission Systems, a déclaré aux journalistes avant l'annonce que la société ne pouvait pas divulguer le niveau de puissance spécifique d'AHEL, mais a ajouté qu'il est dans « la même classe que le laser à haute énergie HELIOS qui a été livré à l'US Navy. Selon Lockheed Martin, son unité de production laser à haute énergie d'une portée de 100 kilowatts à éblouisseur optique intégré avec surveillance, ou HELIOS, a été livré à la Marine en janvier pour une installation sur un destroyer plus tard cette année.

Photo : Image d’artiste du futur AC-13J « Gunship » laser @ LM

26/09/2021

Le F-117 « NightHawk » reprend du service !

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Le Lockheed Martin F-117 « Nighthawk » n’a-t-il pas dit son dernier mot ? Partit en  retraite officiellement il y a 13 ans, voici que des exemplaires font surface. Le 13 septembre dernier, deux Lockheed martin F-117 « Nighthawk » ont ​​atterri à l'aéroport international de Fresno Yosemite pour effectuer quelques jours d'exercices d'entraînement avec les F-15C/D « Eagle » du 144th Fighter Wing de la California Air National Guard (ANG).

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Renaissance officielle

La récente apparition de deux F-117 en parfait état de marche aux côtés d’avions de type F-15 marque le retour officiel de l’avion en service et probablement d’une utilisation qui ne s’est peut-être jamais complétement arrêtée, contrairement à ce l’US Air Force a pu déclarer auparavant.

Cet récente apparition semble d’ailleurs aller de pair avec des déclarations de spotters qui ont depuis plusieurs années observés des aéronefs ressemblants au F-117 dans les désert du Nevada et de Californie. Du côté de l’USAF, on confirme maintenant qu’un certains nombre de F-117 sont en état de vol et sont utilisés pour soutenir des missions d’essais et de formation. Jusqu’ici, l’USAF n’avait jamais réellement reconnu le maintien de quelques F-117 en état de vol, ni de leur participation à certains vols.  

Des F-117 agresseurs

L’USAF a cette fois reconnu qu’un petit nombre de F-117 est utilisé comme aéronefs « agresseurs » et servent en tant que force d'opposition dans les opérations d'entraînement au combat aérien. Cette utilisation peut paraître étrange pour cet appareil qui n’est pas un chasseur, mais bien un avion d’attaque au sol. Pour autant le F-117 s’avère très intéressant du point de vue de sa furtivité. En effet, les capacités furtives du F-117 le rende particulièrement intéressant pour simuler les nouveaux avions chinois et russes ayant une faible signature radar. Les radars à basse fréquence sont depuis longtemps capable de repérer des avions furtifs dans le ciel, mais  pas assez précis pour en cibler un. Il faudra attendre les nouveaux radars AESA pour compenser cette difficulté. Pour autant, le F-117 permet également de préparer les unités de l’USAF à l’arrivée massive d’avions toujours plus furtifs et qui posent de nouvelles difficultés.

Si, la furtivité ne rend pas un avion invisible au radar, mais permet de retarder sa détection, le radar n'est pas non plus le seul moyen de cibler les avions. La vérité est que la furtivité est une série de technologies, de méthodologies de production et de tactiques de combat qui se chevauchent, toutes destinées à retarder la détection et à empêcher les systèmes de défense aérienne d'obtenir ce qu'on appelle un "verrou de qualité militaire" ou un verrouillage suffisant pour vraiment tirer sur un avion.  

Le F-117 est donc un outil de travail pour la mise au point de nouvelles tactiques aérienne, il sera rejoint prochainement au sein des unités d’agresseurs par des F-35. Nous en parlerons prochainement.

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Petit rappel :

Le F-117  "NightHawk" construit par Lockheed-Martin est le premier chasseur bombardier furtif de l’histoire. Issu du bureau d’étude « Skunk Works » comme l’on été l’U2 et le SR-71, son existence fut gardée secrète jusqu’en 1988 et le secret qui entoura cet avion donna lieu à plusieurs fausses observations d’ovnis triangulaires, y compris durant la vague Belge d’ovnis (1989-1992). Au total 59 F-117 furent construit et 558 pilotes eurent le privilège de le piloter au sein du 4450th Tactical Group (surnommé : faiseur de divorce, les vols étant uniquement de nuit et le secret obligeant les pilotes à ne rien divulguer à leurs épouses !)

Photos : 1 F-117 2 F-117 @ GlennBeaslex  3 F-117 & F-15 @ USAF

 

 

 

Rolls-Royce remotorisera les B-52 !

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La flotte de bons vieux bombardiers Boeing B-52H va continuer à parcourir les cieux, l'US Air Force a annoncé avoir choisi la division nord-américaine de Rolls-Royce pour fournir des turboréacteurs F130 en vue de remotoriser le plus vieux bombardier de sa flotte. Rolls-Royce était en compétition face au CF34-10 de General Electric et le PW800 de Pratt et Whitney. 

Rappel

En 2017, l’US Air Force a publié les détails, ainsi que le calendrier et les concurrents susceptibles de venir fournir un nouveau moteur pour la flotte de bombardier B-52 « Stratofortress ». Au total, ce ne sont pas moins de 608 nouveaux turboréacteurs, qu’il faudra produire pour remplacer les huit Pratt & Whitney TF33 sur chacun des 76 bombardiers B-52H en service au sein de l'US Air Force.

Selon la Division de soutien logistique de l’USAF en charge des B-52, les centrales électriques des moteurs TF33 sont âgées de 60 ans et ne tiendront pas au-delà de 2030. De plus en raison de l'âge, les pièces sont en passe de venir obsolètes et la rareté ce celles-ci inquiètent les équipent de maintenance.

Par ailleurs, une étude a démontré qu’une remotorisation pourrait réduire la consommation de carburant de 20 à 40%. Le remplacement du moteur comprendrait donc la rénovation du système d'alimentation électrique du B-52H, l'installation de nouveaux générateurs et le câblage pour soutenir les nouveaux appareils électroniques. En 2016, l'Air Force dépensait environ 2 millions de dollars par moteur pour réviser les TF33 toutes les 6’000 heures de vol.

Le Rolls-Royce F130 

Rolls-Royce North America a été sélectionnée pour fournir le groupe motopropulseur du B-52 Stratofortress dans le cadre du programme de remplacement des moteurs commerciaux (CERP), prolongeant ainsi une longue histoire de motorisation de l'armée de l'air américaine.

Cette décision signifie que le moteur Rolls-Royce F-130 de fabrication américaine propulsera le B-52 pendant les 30 prochaines années. L'Air Force a fait cette annonce après une vigoureuse compétition pluriannuelle.

Le F130 et sa famille de moteurs commerciaux soit le Rolls-Royce BR700 ont accumulé plus de 27 millions d'heures de vol moteur. Le F130 affiche une fiabilité éprouvée, un coût de cycle de vie exceptionnel et un faible risque d'intégration. Une variante du moteur Rolls-Royce sélectionnée pour propulser l'emblématique B-52 est déjà en service avec l'USAF dans le monde entier, équipant à la fois les avions C-37 et E-11 BACN.

Le F130 offre une fiabilité exceptionnelle avec un haut niveau de préparation aux missions et de faibles besoins en maintenance. Une fois installé, le F130 peut rester sur l'aile pendant toute la durée de vie prévue du B-52. De plus, le moteur F130 offre un rendement énergétique nettement supérieur, une autonomie accrue et des besoins réduits en avions ravitailleurs. Tout aussi important, le moteur est prêt à être intégré à l'aide des outils d'ingénierie numérique de pointe de Rolls-Royce.

Rolls-Royce construira et testera les moteurs F130 dans son usine d'Indianapolis, dans l'Indiana, après l'achèvement récent d'un investissement de 600 millions de dollars pour revitaliser le campus de fabrication de pointe, fournissant certaines des installations de fabrication de pointe les plus avancées sur le plan technologique. La victoire du B-52 CERP crée une demande pour 608 moteurs plus les pièces de rechanges et un nombre limité de moteurs de réserves à produire sur le site et apportera 150 nouveaux emplois de haute technologie et hautement qualifiés pour l'État de l'Indiana.

Jusqu’en 2050

L'US Air Force confirme de son côté que la remotorisation du vénérable B-52H permettra à celui-ci de voler jusqu’en 2050. L’arrivée du nouveau moteur relance la carrière déjà impressionnante du B-52 dont l’arsenal diversifié est appelé à croître considérablement ces prochaines années, notamment avec l'ajout de nouveaux missiles hypersoniques.

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Photos : 1 B-52 & moteurs F-130 @ Rolls-Royce 2 B-52@ USAF