14/06/2022

Activation d’un escadron de F-35 Aggressors !

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L’utilisation d’avions de combat Lockheed Martin F-35 « Lightning II » au sein d’une unité dite « Aggressor » est une réalité. Je vous en avais parlé en 2019 déjà.

Le 9 juin dernier, lors d’une cérémonie l’US Air Force activé le 65th Agressor Squadron (AGRS) au sein du 57th Wing sur la base aérienne de Nellis dans le Nevada. L’unité va exploiter des Lockheed Martin F-35A « Lightning II » dans le rôle d’entraînement au combat aérien de type « Red Air ». L’objectif étant d’entraîner le combat aérien dissemblable et d'évaluer et de développer de nouvelles tactiques. Pour ce faire,

Le 65th Squadron devra ainsi soutenir plusieurs activités telles que les exercices d’entraînement conjoints, des missions de formation de l’école d’armes de l’USAF, des programmes d’essais et d’évaluation opérationnels.

Rappel

La décision d’utiliser des F-35A de première génération au rôle d’adversaire a été prise en 2019, dans le cadre d’un programme global visant à améliorer les tactiques de combat en raison des menaces croissantes de cinquième génération de chasseurs en provenance de Chine, telles que le Chengdu J-20 et, dans une moindre mesure, le Su-57 russe. Cela a déjà impliqué l’utilisation de F-22 et F-35 de première ligne réguliers pour jouer le rôle de « l’ennemi » et à certaines occasions a attiré les rescapés de la flotte secrète de Lockheed Martin F-117 « Nighthawk » pour fournir des cibles furtives.

Développer la guerre en réseau  

L'utilisation de F-35 furtifs permettra au 65ème AGRS de reproduire des tactiques et des capacités d'adversaires potentiels de la cinquième génération. Il s’agit d’une réponse directe au développement des aéronefs adverses comme les J-20 et J-31 chinois et le Su-57 russe. En parallèle, les futures tactiques devront pouvoir s’appliquer de manière étendue face à la prochaine prolifération d’avions de 5ème et 6 ème générations. L’utilisation du F-35 permettra de jouer avec la signature afin de familiariser les pilotes avec ce type de réaction. De l’autre, les adversaires du F-35 devront faire face aux capacités de leurrage de leurs capteurs. Sans oublier les réactions de rapidités offertes grâce au capacités de guerre en réseau. 

Pour l’USAF, c’est une préparation nécessaire à la profonde révolution du combat aérien qui se prépare. Lors de précédents exercices « Red Flag », le F-35 a démontré le changement de paradygme du combat moderne avec des taux de létalités extrême dépassant parfois le 20 contre 1 face à différents adversaires de 4ème et 4++ génération, y compris des aéronefs européens. L’apport du F-35 à jouer le « rôle du méchant » offre ainsi une importante plus-value.

L’US Air Force veut de part cette décision accentuer la formation de ses unités, tant dans la continuité du combat aérien traditionnel qu’en direction de la guerre en réseau et de la furtivité. On peut reconnaitre ici que l’US Air Force prend très au sérieux la menace posée par les adversaires au cours de la prochaine décennie et que la mission de l'agresseur est absolument essentielle pour y faire face.

 « L’utilisation du F-35 comme agresseur permet aux pilotes de s’entraîner contre des menaces peu observables similaires à celles que les adversaires développent », a déclaré le colonel Scott Mills, commandant du 57th Wings.

Quel avenir pour les unités « Aggressors » ?

Si l’usage d’anciens aéronefs pour former des unités simulant l’ennemi est d’actualité, leurs avenirs pourraient être remis en question dans un proche avenir. L’intérêt aujourd’hui de l’USAF est de travailler dans l’interopérabilité entre ses flottes de 4 ème et 5 ème génération. Très bientôt, nombreux seront les Forces aériennes qui disposeront d’une flotte unique de F-35. Ce dernier permet non seulement un entraînement via le simulateur au sol, mais l’avion dispose de son propre programme interne de simulation. Un pilote peu très simplement s’envoler et activer ce dernier qui lui fournira des scénarii à jour en ce qui concerne n’importe quelles menaces combinées (avions, drones, défense sol-air) et ceci dans un vol bien réel. Là, encore c’est une révolution directement issue de la 5 ème génération qui se profile, avec comme résultat une suppression plus rapide des anciennes flottes. A voir, si l’avenir sera constitué de flottes « Aggressors » spécifiques de 5 & 6 générations ?  

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Photos : F-35A du 65th Aggressor Squadron @ USAF             

04/06/2022

Premier vol du B-21 « Raider » en 2023 !

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Le premier bombardier d’essais Northrop Grumman  B-21 « Raider » devrait effectuer son vol inaugural en 2023 selon l’avionneur, soit avec un décalage du calendrier de 8 mois. Ce dernier précise également que l’avion démonstrateur sortira de la même chaîne de production qui assemblera toute la flotte de bombardiers, une étape qui prolonge le test initial, mais qui selon Northrop Grumman, cela réduira les risques.

Le premier avion d'essai B-21 «  Raider » approche raisonnablement d’un premier vol. L’avionneur prépare une série de complets en vue  d’être au plus prêt des aéronefs de série. Il s’agit de limiter les risques pendant la production. Ce processus intensif a obligé l’avionneur à repousser le premier vol de l'avion à 2023. Pour autant, il est toujours prévu de présenter le futur bombardier au public cette année.

Etat du programme

Northrop Grumman précise que le premier B-21 a terminé une première série d'essais ce mois au sol au sein du centre de tests de l'US Air Force à Palmdale, en Californie. Cela comprenait les tests d'étalonnage des charges avec la configuration des instruments de l'avion et à vérifier son intégrité structurelle en le soumettant à des contraintes variables. Ces tests ont été effectué avec succès. ce qui signifie que le B-21 initial soit l'un des six actuellement en production ou en test poursuit son avancée en direction du premier vol. La phase de test au sol consistera ensuite à mettre sous tension le bombardier, à tester ses sous-systèmes et à appliquer des revêtements et la peinture.

Puis l’avionneur commencera les essais moteur et des essais de roulage à basse et à grande vitesse. Le vol inaugural est prévu à partir des installations de la base aérienne d'Edwards en Californie, où ses essais en vol officiels auront lieu.

100 B-21 « Raider » Long Range Strike- Bomber

L'US Air Force prévoit d'acheter au moins 100 B-21. Une telle commande aurait pour résultat de réduire le coût unitaire, en amortissant le développement sur un grand nombre d'unités. En effet, actuellement le coût unitaire du B-21 est estimé à quelques 564 millions de dollars, soit un total de 80 milliards de dollars pour 100 bombardiers B-21.A cela, il faut encore ajouter les coûts d'intégration de la nouvelle bombe à guidage nucléaire B61-12 et du nouveau missile de croisière nucléaire (LRSO) sur le B-21.

Le programme LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend le F-35 et plus tard le NGAD, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la future stratégie militaire américaine dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient.

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Photo : Image de synthèse possible du B-21 « Raider »@ Northrop Grumann

05/05/2022

USAF : Que faire du F-15EX « Eagle II » ?

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La question peut paraître futile et pourtant au sein l’US Air Force elle est sur toutes les lèvres. A l’origine le nouveau F-15EX devait venir remplacer les plus anciens F-15C/D et fournir un appuis en termes de puissance pour combler le faible nombre de F-22 « Raptor ». Mais voici que l’USAF a décidé de réduire sa commande pour cet avion.

A l’origine il est était prévu d’acheter au moins 144 Boeing F-15EX « Eagle II ». Or, aux dernières nouvelles le nombre devrait atteindre à peine les 80 machines. Le chiffre de 80 F-15EX ne permet tout simplement pas le remplacement des F-15C/D. Alors que faire ? Une idée semble germer au sein des têtes pensantes de l’USAF en utilisant l'Eagle II en tant que flotte plus spécialisée. Autrement dit, l’utilisation de certaines armes à longue portée à partir du F-15EX par exemple.

La semaine dernière, le lieutenant-général David S. Nahom, chef d'état-major adjoint de l’US Air Force a expliqué qu'il s'attendait à ce que le F-15EX "porte des armes similaires" et soit utilisé d'une manière "assez comparable" au F-15E. Cela suggère donc une mission beaucoup plus orientée air-sol pour l'Eagle II, en nette rupture avec le F-15C/D.  Le lieutenant-général David S. Nahom a parlé de la "capacité du F-15EX à transporter des armes surdimensionnées que vous que l’on ne peut pas nécessairement mettre à l'intérieur d'un avion de cinquième génération". On parle cette fois d’armes air-sol de grande taille et peut être également de la première génération de missiles hypersoniques.

Pour expliquer la réduction du nombre de F-15EX, le lieutenant-général David S. Nahom donne plusieurs raisons : d’une part, pour le transport de ces armes lourdes, il n’y pas besoin d'une grande flotte. De l’autre, les essais du F-15EX notamment dans le dernier exercice « Red Flag » ont montré que ce dernier était certes meilleur que les anciennes version du F-15, mais bien inférieur au F-35. Par contre la système EPAWSS qui équipe le F-15EX lui permet de travailler avec le F-35. Et puis, il faut à l’USAF redistribuer ses finances avec pour tenir ses nouveaux objectifs qui sont : la concentration sur le F-35 en tant qu'épine dorsale de la flotte tactique et soutenir le développement du NGAD et dans une autre mesure le futur bombardier stratégique B-21 « Raider ».

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80 ou un peu plus ?

Il est évident cette fois que l’USAF à corriger sa vision de l’avenir. Si on parlait d’une flotte mixte dans années 2010 – 2015, cette fois l’évolution dans le bon sens du programme F-35, le lancement du NGAD et du futur bombardier ont ouvert la voie une force aérienne résolument axée sur la guerre en réseau avec des capacités furtives. Le développement rapide de nouveaux avions chinois notamment et russes poussent dans cette direction.

Pour autant, le programme NGAD pourrait lui aussi apporter son lot de retards et de surcoûts. On n’est pas à l’abris d’un tel scénario. A partie de là, c’est bien la taille de la flotte de F-15EX qui en sera déterminée. Le F-15EX va donc jour les « avion tampons » le temps de la pleine modernisation de l’USAF. Vous noterez au passage une situation très similaire, si ce n’est parallèle, avec l’US Navy et le Super Hornet BlockIII.

Photos : 1 F-15EX « Eagle II » @ USAF 2 Achats prévus pour l’USAF @Aviation Week

28/04/2022

Boeing/Saab dévoilent le premier T-7A « Red Hawk » de série !

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Boeing en collaboration avec Saab a dévoilé le premier avion d'entraînement avancé T-7A « Red Hawk » qui sera livré à l'US Air Force. L’avion est le premier des 351 appareils destiné à  l’USAF. La livraison officielle interviendra prochainement. 

Rappel 

En septembre 2018, l'US Air Force a attribué à Boeing un contrat de 9,2 milliards de dollars pour la fourniture de 351 avions d'entraînement avancés et de 46 simulateurs d'entraînement au sol. Saab fait équipe avec Boeing et fournit le fuselage arrière de l’avion.

Présentation de l’avion de série

Le T-7A « Red Hawk » présenté lors d’une cérémonie intègre une livrée à queue rouge en l'honneur des aviateurs de Tuskegee de la Seconde Guerre mondiale. Ces aviateurs ont constitué la première unité d'aviation afro-américaine à servir dans l'armée américaine.

"Nous sommes ravis et honorés de fournir cet entraîneur de nouvelle génération numériquement avancé à l'US Air Force", a déclaré Ted Colbert, président et chef de la direction de Boeing Defence, Space & Security. « Cet avion est un exemple concret de la manière dont Boeing, ses fournisseurs et ses partenaires mènent la révolution de l'ingénierie numérique. Le T-7A préparera les pilotes pour les futures missions pour les décennies à venir. »

Essais avant livraison

L'appareil restera à Saint-Louis où il subira des essais au sol et en vol avant d'être livré à l'US Air Force. Le programme T-7A réside dans les installations de Boeing à St. Louis, la partie arrière de l'entraîneur étant construite par Saab à Linkoping, en Suède. Saab commencera bientôt à produire cette section dans sa nouvelle usine de production à West Lafayette en Indiana.

Le T-7A « Red Hawk » de Boeing/Saab 

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Le T-7A « Red Hawk » de Boeing/Saab comporte une double queue, un grand cockpit avec une excellente visibilité. Des éléments de type LERX ont été repris de la famille F/A-18 « Hornet ». Le T-7A dispose d’un seul moteur General Electric F404 également utilisé sur le "Hornet" et le "Gripen". Boeing affirme que la conception et la performance de l'avion à double-queue fourni un excellent contrôle, et une très bonne stabilité pour le ravitaillement.

L'avion entièrement conçu numériquement a été construit et testé à l'aide d'une fabrication de pointe, d'un développement logiciel agile et d'une technologie d'ingénierie numérique, réduisant considérablement le temps entre la conception et le premier vol. L'avion dispose également d'un logiciel à architecture ouverte, offrant croissance et flexibilité pour répondre aux besoins futurs des missions.

Darryl Davis, le président de Boeing's Phantom Works, a déclaré que l'avion a été conçu pour répondre à toutes les exigences du programme, et a noté qu'il offre un angle d'attaque haut (AoA) et de haute performance en matière d’accélération. Boeing a également souligné que la conception du poste de pilotage offre un positionnement idéal pour l'instructeur avec une très bonne visibilité, tant pour l'instruction en vol que pour la formation avancée en combat aérien visuel. L'offre de Boeing/Saab utilise un cockpit moderne, semblable à celui d'un avion de combat de première ligne, avec un écran reconfigurable à grande surface (LAD) qui imite ceux trouvés dans le F-22 et le F-35 et le nouveau Gripen E. Le « Red Hawk » est également compatible avec les lunettes de vision nocturne. Le Boeing/Saab T-7A est doté d'une capacité interne de ravitaillement en vol et il dispose d’un point d'ancrage central pour transporter des équipements connexes comme des nacelles.

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Photos : 1 Le premier T-7A de série 2 Cockpit 3 Prototype lors des tests@ Boeing

27/04/2022

L’USAF opte pour l’E-7 « Wedgetail »

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C’est une demi-surprise, l’US Air Force vient d’annoncer son choix pour le futur remplaçant de son système aéroporté d'alerte et de contrôle (AWACS) E-3 « Sentry ». Si le choix du Boeing E-7  « Wedgetail » est soi une évidence, la surprise provient de la rapidité de la décision. Deux raisons ont accentué ce choix, le vieillissement des E-3 d’une part et la crise avec la Russie. Pour autant, le premier prototype ne sera disponible qu’à partie de 2027.L’USAF prévoit de signer un contrat avec Boeing l’année prochaine et commencera à financer l'acquisition du premier " prototype" en utilisant les 227 millions de dollars de financement de développement demandés dans le cadre du budget de l'exercice 23. Un deuxième prototype devrait être financé au cours de l'exercice 24, suivi d'une décision de production au cours de l'exercice 25.

"Le Boeing E-7 est la seule plate-forme capable de répondre aux exigences des capacités de gestion de combat tactique, de commandement et de contrôle et d'indication de cible mobile du ministère de la Défense dans les délais nécessaires pour remplacer le E-3 vieillissant", a déclaré un porte-parole de l’USAF :

Pour autant l’USAF n’a pas préciser combien d’appareils elle compte acquérir. Pour l’instant, il semble qu’une partie seulement des 31 E-3 seront remplacés. On ne sait pas non plus si l’USAF travaille sur un système parallèle notamment basé dans l’espace en complément. Des compléments devront être encore fait en ce qui concerne les liens de guerre en réseau qui seront engagés avec le F-35 et le futur NGAD. En effet, l’interaction du futur E-7 avec le F-35 et le NGAD pourrait permettre de redéfinir en partie le nombre d’appareils en service.

Ce choix devrait avoir un impact significatif sur le remplacement futur des E-3 « Sentry » en service au sein de l’OTAN. Cette question est déjà sur la table au sein de l’Alliance.

 Un E-7 « Wedgetail » modifié

On le comprend, le futur E-7 de l’USAF sera sensiblement différent de la version actuelle en service en Australie, en Corée du Sud et en Turquie. Si rien n’est précisé pour l’instant, ce futur E-7 devrait disposer de nouvelles fonctionnalités basées sur des capteurs plus puissants notamment. Dans ce cadre l’USAF a fait une demande d'informations en février dernier en direction des industriels portant sur des capacités de systèmes et sur une version de radar avancé d'indication de cible en mouvement aérien, un système de commande et de contrôle de gestion de combat (BMC2), l'autodéfense systèmes et systèmes de communication clés comme Link 16 et Mobile User Objective System.

Reste la question du model de B737 qui sera produit. En effet, le E-7 est basé sur la cellule du B737-700, peut produite en comparaison de la -800. Boeing devra donc adapter sa ligne de production, sauf, si c’est cette dernière qui est retenue.

Le B737 «Wedgetail» AEW &C :

Basé sur le Boeing 737-700  «Next-Generation» commercial, l'AEW & C  E-7A est conçu pour fournir la surveillance de l’espace aérien et la gestion de celui-ci  grâce à son  radar à balayage électronique radar qui retransmet à  l’équipage de la mission l’ensemble des cibles aériennes et maritimes en temps réel. L'équipage de mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Le radar MESA peut détecter jusqu’à 1.000 objets volants dans le même temps. Lorsque le degré de surveillance est en mode 360°, il peut détecter les avions ennemis dans un rayon de 370 km, et lorsqu’il concentre le faisceau dans une direction, il peut détecter des cibles à des distances allant jusqu'à 500 km. En d'autres termes, si l'avion vole près de la frontière. Avec les différents modes, le radar peut même détecter des cibles en mer. L'équipage de la mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

 

 Photo : Actuel E-7 australien@ RAAF

 

11:49 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usaf, boeing, e-7 wedgetail e-3 sentry, awacsa, otan |  Facebook | |