20/05/2020

Certification de ravitaillement en vol des E-2D !

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L’US Navy procède à la certification complète du ravitaillement en vol de la flotte d’avions d’alerte lointaine Northrop-Grumman E-2D « Advanced Hawkeye ». Après les essais de ravitaillement en vol avec des KC-130J, le E-2D s’essaye avec des F/A-18F « Super Hornet ».

Augmenter la portée de « Advanced Hawkeye » :

Dans le but d’augmenter la portée de l’E-2D « Advanced Hawkeye », l’avionneur Northrop-Grumman a reçu un contrat prévoyant d’équiper de systèmes de ravitaillement l’avion. Le premier E-2D équipé d'une perche de ravitaillement a volé en 2016. Grâce à ce système de ravitaillement, les capacités de la marine américaine doivent être considérablement accrues. Permettant ainsi aux « Advanced Hawkeye » de mener des missions de plus longue durée.  Pour cette adaptation, l’avionneur à ajouter une perche de ravitaillement et modifier les logiciels de contrôle de vol.

Le 31 octobre 2017 un E-2D de l'Air Test and Evaluation Squadron 20 (VX-20) a été ravitaillé en vol pour la toute première fois par un KC-130J « Super Hercules » de l'US Navy. Cette année la dernière phase de certification concerne le ravitaillement à l’aide d’un F/A-18F « Super Hornet » du Strike Fighter Squadron (VFA) 21.

Cette réalisation révolutionnaire représente le point culminant de plus de trois ans de tests et d'évaluations pour inclure plus de 500 heures de vol d'évaluation développant la capacité de ravitaillement aéroporté de l’Advanced Hawkeye.

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IOC atteinte : 

En septembre 2019, le VAW-120 a pris livraison de l'E-2D « Advanced Hawkeye » avec une capacité de ravitaillement en vol qui a permis d'atteindre la capacité opérationnelle initiale (IOC). Le VAW-120 a marqué une deuxième étape importante dans l'héritage E-2D en avril 2020, en atteignant son 1’000ème contact de ravitaillement aérien.

Le Hawkeye E-2D « Advanced » :

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Les systèmes du E-2D représentent un bond de plusieurs générations dans la technologie des systèmes embarqués d’alerte lointaine et doit permettre de s’adapter aux menaces d’aujourd’hui et de demain, en s’intégrant totalement dans les nouveaux systèmes, mis en services par l’US Navy.  Que ce soit en matière de bâtiments de surface que de nouveaux appareils tels : les Super Hornet et le F-35.

Le Hawkeye E-2D « Advanced » dispose d’un grand nombre de nouveautés avec un radar AESA AN/APY-9 qui remplace l’ancienne antenne de type mécanique, le radar permet une couverture totale à 360° et un suivi complet air et mer. L’appareil dispose également d’une nouvelle motorisation, soit le Rolls-Royce T-56-A-427A. Un cockpit entièrement numérique, d’un nouveau système d’identification ami/ennemi, de nouveaux postes de travail tactique, ainsi que d’une nouvelle architecture électronique et de communication couplée à une liaison de données. 

Photos : 1 Ravitaillement par un KC-130J 2 Ravitaillement par un Super Hornet@ USN 3 E-2D Advanced Advanced @ Northrop Grumman

 

 

16/05/2020

L’US Navy prépare le remplacement du T-45 « Goshawk » !

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L’US Air Force a choisi son futur jet d’entraînement avec le Boeing/Saab T-7A « Red Hawk », c’est maintenant l'US Navy (USN) qui a débuté un processus de recherche d'un nouvel avion d'entraînement à réaction pour remplacer sa flotte de Boeing T-45 « Goshawk » dérivé du BAe Hawk anglais.

Dans le cadre de son nouveau programme « Undergraduate Jet Training System », le service souhaite un avion d'entraînement à réaction basé à terre capable de pratiquer l'atterrissage et le décollage de simulation sur des porte-avions nucléaires d'ici 2028 ou plus tôt, selon une demande de renseignements mis en ligne le 14 mai dernier.

Un élément très important de la demande concerne le fait que le futur avion ne sera pas prévu pour effectuer des atterrissages arrêtés ou des lancements de catapultes depuis des porte-avions. Cela diffère du T-45, qui effectue des atterrissages et des lancements de porte-avions. Autrement dit, le futur système « simulera » ce type d’engagement uniquement. Le futur avion ne devra donc pas subir un important chantier pour être compatible en vue d’une utilisation sur porte-avions.

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Les demandes de l’USN :

Si le cahier des charges n’est pas totalement divulgué, l’US Navy a rendu publique quelques données pour son futur jet formateur : la demande précise que l’avion doit pouvoir être piloté indépendamment des deux places avant et arrière. L'USN souhaite savoir quels appareils peuvent intégrer des technologies avancées, telles que le mode d'atterrissage de précision, qui est utilisé pour aider à poser le Boeing F-18E/F « Super Hornet » sur des porte-avions. Le futur avion doit être doté d'un système automatique d'évitement des collisions au sol (GCAS). Les avionneurs en concours devront démontrer de quelle manière leur avion gère les forces d'atterrissage à taux de descente élevé, caractéristique de la formation à l'atterrissage sur le pont court d'un porte-avions.

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En termes de caractéristiques, le futur avion devra voler 400 heures par année et être capable de supporter des atterrissages simulés sur porte-avions et sur terrain à un rythme de 1’200 par avion par an. L’avion doit pouvoir effectuer des atterrissages par « touch-and-go » 45 fois par an. L'avion doit avoir une durée de vie en vol d'au moins 14’400 heures et être capable de supporter 43’200 atterrissages.
L'avion devrait avoir un plafond opérationnel de 41’000 pieds. Il devrait être capable de vitesses supérieures à 600 nœuds (1’111 km/h).

Les concurrents potentiels :

Les concurrents susceptibles de faire partie du programme d’entraîneurs de la prochaine génération de l’USN seraient le Boeing-Saab T-7A « Red Hawk », Le T-50A de Lockheed Martin en collaboration avec KAI Aerospace et le T-100 de Leonardo/Raytheon, basé le M-346 Master.

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Photos : 1 T45 « Goshawk » @ USN 2 T-7A « Red Hawk » @ Boeing/Saab 3 T-50A @ LM 4 T-100 @ Leonardo

 

14/05/2020

L’US Navy a reçu son 100ème P-8A « Poseidon » !

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L’US Navy a reçu son 100ème avion de patrouille maritime Boeing P-8A « Poseidon » aujourd'hui. Par ailleurs on apprend que la flotte mondiale de P-8, qui comprend également la marine indienne et les forces aériennes australiennes et britanniques, approches les 300’000 heures de vol. Au total, l’US Navy a commandé 117 « Poseidon » pour remplacer ses vénérables Lockheed P-3 « Orion ».

 « Nous sommes honorés par la foi et la confiance de la Marine dans nos employés et le système du P-8 », a déclaré Stu Voboril, vice-président et gestionnaire du programme chez Boeing.

Le P-8A "Poseidon" est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une réduction des coûts importante, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin  de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage.

Cet avion équipé des liaisons de données 11 & 16 et de systèmes internet qui doivent agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec la quarantaine de drones RQ-4N choisi dans le cadre du programme Broad Area Maritime Surveillance. Ceux-ci devant assurer une surveillance de surface de longue durée et une variante du drone de combat Boeing ScanEagle, le MagEagle Compressed Carriage. 

Boeing a dû effectuer plus de 50 modifications pour adapter la cellule de base du B737NG pour satisfaire aux exigences de certification plus exigeante de la marine américaine. Le coût du développement est estimé à 5,5 milliards de dollars américain, tandis que le coût total (développement + appareils) est lui estimé à 20 milliards de dollars.

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Photos : P-8A « Poseidon » de l’US Navy @ Boeing

 

05/05/2020

Sortie du premier Super Hornet destiné aux Blue Angels !

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Annoncé en en août 2018, la célèbre patrouille de démonstration de la marine américaine les « Blue Angels » vont voler sur le « Super Hornet ». Le premier appareil n°165536 a été livré à Jacksonville pour les modifications. Aucun numéro de queue n'a encore été attribué pour l’instant.

À partir de 2021/22, l'escadron de démonstration de vol de l’US Navy les « Blue Angels » sera donc équipé du Boeing F/A-18E/ F « Super Hornet ». L'OEM a reçu une commande de 17 millions de dollars de la Naval Air Systems Command afin d'acheter l'équipement nécessaire pour modifier neuf F/A-18E monoplaces et deux biplaces F/A-18F conformément aux spécifications de l'équipe de démonstration.

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Les détails des modifications à effectuer n'ont pas été révélés, mais les avions des "Blue Angels" sont dotés des équipements opérationnels, tels que le canon Vulcan de 20mm, des modifications seront faites en ce qui concerne le système de carburant pour le vol inversé prolongé. Les commandes de vol des « Super Hornet » seront ajustées pour qu’elles nécessitent une légère contre-pression sur le manche, afin de maintenir un vol en palier, une caractéristique adoptée pour le vol en formation très serré qui est la marque de fabrique de l’équipe. Les « Super Hornet » sont susceptibles d’avoir un réservoir d’huile et une tubulure additionnelle pour le système de fumée, des caméras de recul. Enfin, l’appareil est peint dans le schéma «Blue Angels» et «Insignia yellow» à haute brillance de l’équipe.

Les Blue Angels :

La patrouille de démonstration de la Marine américaine a été créée en 1946 et volait à l’époque sur des Grumman F6F-5 « Hellcat ». En 1949, celle-ci passe sur avion à réaction, avec le Grumman F9F-2 « Panther ». Une des particularités de cette patrouille est, qu'aujourd'hui encore, ses pilotes volent sans combinaisons anti-G et ceci à bord d’avions particulièrement performants. C’est en 1987 que les « Blue Angels » quittent le « bon vieux » Douglas A-4F « Skyhawk » pour voler sur le F/A-18 A/B « Hornet ». En 2010, la patrouille a reçu la version C/D du « Hornet », soit des appareils d’occasions de la Navy. 

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Photos : le premier Super Hornet aux couleurs de Blue Angels @ Paul Elliott

27/04/2020

L’USN reçoit son dernier Super Hornet BlockII en attendant le BlockIII ! 

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L'US Navy (USN) a réceptionné en service son dernier avion de combat Boeing F/A-18E/F « Super Hornet » au standard BlockII. La prochaine étape consistera en l’arrivée de l’Advanced Super Hornet Block III.

L'USN a annoncé le 24 avril les deux derniers « Super Hornet » (le 322 F/ A-18E monoplaces et 286 F/ A-18F biplaces) avait été remis le 17 avril dernier au Strike Fighter Squadron (VFA) 34, basé à la Naval Air Station Oceana en Virginie.

La livraison de ces derniers Super Hornet BlockII de production est un tremplin sur la voie de l'évolution continue des plateformes pour répondre aux besoins en constante évolution de la Marine américaine», a déclaré le capitaine Jason Denney, directeur de programme du F / A-18. et Bureau du programme EA-18 (PMA-265).

Au total, l'US Navy a reçu 322 F/A-18E monoplaces et 286 F/A-18F biplace dans le cadre du programme Block II « Super Hornet », qui a débuté en 2005. Le fuselage de l'avion est construit dans les installations de Northrop Grumman à El Segundo en Californie. L'assemblage final est terminé dans les installations de Boeing à St Louis.

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Par rapport à la tranche initiale des Super Hornets du BlockI, dont l’assemblage a débuté en 1997, la variante du BlockII était livrée avec un radar à balayage électronique actif, des écrans de cockpit plus grands, des capteurs et une avionique améliorée et une portée accrue.

La cellule robuste a été construite avec une architecture de systèmes de mission ouverte, qui a permis l'intégration facile de nouvelles armes et technologies. Le BlockII « Super Hornet » sert d’avion réactif à la Marine, entièrement capable sur l’ensemble du spectre de la mission, qui comprend: supériorité aérienne, escorte de chasseurs, reconnaissance, ravitaillement en vol, appui aérien rapproché, suppression de la défense aérienne et frappe de précision jour/nuit. Cet avion est resté solide en tant que colonne vertébrale de l'aile aérienne de la marine américaine et a fait ses preuves à maintes reprises au cours de nombreuses opérations où il a été la plate-forme prééminente effectuant de multiples missions, se reconfigurant parfois rapidement à la volée. 

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Dans l’attente de l’Advanced Super Hornet BlockIII :

L'US Navy et Boeing travaillent déjà sur la nouvelle variante de ce qui sera l’Advanced Super Hornet Block III. Les deux premiers jets d'essai du BlockIII vont être livrés d’ici la fin du mois de mai. Le service prévoit de tester en vol ces appareils à la Naval Air Station Patuxent River dans le Maryland et au Naval Air Weapons System China Lake en Californie à la fin du printemps 2020.

Le standard BlockIII dispose d’une amélioration en ce qui concerne la furtivité des revêtements et de la signature radar de l'avion, avec le montage de trappes qui permettent le transport des armes en interne (CFTS) (caisson ventral). La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel. Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System, qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la  cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar. L’adjonction de réservoirs de carburant de 1’590Kg supplémentaires sur l’épine dorsale de l’avion en augmente le rayon d’action, permet de supprimer les réservoirs sous les ailes pour de l’armement additionnel, le cas échéant.

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Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur d’Elbit Systems. L’avion est doté d’un capteur IRST longue portée en interne sous le nez de l'avion. Des améliorations vont permettre de contrôler et à diriger des aéronefs sans pilote. La durée de vie cellule passera à 10’000 heures de vol. En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%. Le mode « SuperCroisière » sera disponible. 

L'US Navy a passé commande de  72 avions Advanced Super Hornet Block III entre les exercices 2019 et 2020. Le standard BlockIII est proposé à l’exportation pour l’Allemagne, le Canada, la Finlande et la Suisse.

Photos : 1, 2,3 Super Hornet BlockII 4 Advanced Super Hornet BlockIII @ Boeing/USN