25/04/2016

Des doutes sur la maintenance du F-35 !

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Une nouvelle épine dans le pied du programme F-35 vient d’être révélée, elle concerne la logistique de la maintenance de l’avion. Selon le dernier rapport du Government Accountability Office des Etats-Unis (GAO) le système d’analyse des pannes Autonomic Logistics Information Systems (ALIS) continue de présenter des problèmes de fonctionnalité.

Selon le dernier calendrier de l’avionneur Lockheed-Martin le F-35 « Lightning II » devrait entrer en production à plein taux en 2019, pour commencer à équiper les différentes Forces aériennes qui l’ont commandé. Mais pour cela, il est impératif que les systèmes de maintenance bien spécifiques au F-35 fonctionnent correctement et puisse être transportable, lors des déploiements de l’avion.

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Développé par Lockheed-Martin, le système ALIS est une infrastructure matérielle et logicielle qui collecte et analyse des données de santé et de maintenance. Chaque F-35 peut être analysé individuellement, mais les informations de celui-ci, sont ensuite transmises dans une base de données centralisée. Ce «système des systèmes» est conçu pour soutenir les F-35 en opérations pour en assuré la maintenance, avec la détection des défauts et assurer les livraisons de pièces au cours du cycle de vie de l’avion. Ceci fonctionne à travers l’ensemble des utilisateurs. Or, si ce système ne fonctionne pas correctement, les F-35 auront vite fait d’être cloués au sol ! De plus. Il n’est pas possible de revenir à une maintenance plus traditionnelle, chaque utilisateur est directement dépendant du bon fonctionnement de ce système.

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Les problèmes d’ALIS :

Selon le GAO, la grande taille des serveurs d’ALIS pose des problèmes de transport, de plus le système doit être connecté. Or, dans un environnement de brouillage électronique et de cyberguerre, sans oublier le simple problème d’approvisionnement en électricité dans un contexte de guerre généralisée, rien ne garantit le bon fonctionnement du système. De plus, des doutes apparaissent en ce qui concerne la résistance dans un environnement à haute température typique des opérations au Moyen-Orient par exemple.

La problématique de l’ultra-connectivité est aussi mise en cause, que se passerait-il pour l’ensemble des utilisateurs du F-35, si l’un des pays client se faisait « pirater » son système de maintenance ? Les risques de perturbations pourraient se répandre à travers le système et venir infecter l’ensemble des flottes de F-35.

Le dernier problème soulevé par la GAO provient des essais par le Corps des Marines du système ALIS à bord du navire d'assaut amphibie USS Wasp. En effet, les tests n'ont pas évalué la déployabilité du système et de fait « ALIS » n’est pas opérationnel. Si le système ALIS a pu être transporté et mis en place, l’ensemble de celui-ci n’a pas été testé dans son ensemble à ce jour.

Dans une déclaration en réponse aux conclusions du GAO, les responsables du programme F-35 au sein du Pentagone ont déclaré: «il n'y avait pas de surprises" dans le rapport, les questions associées à ALIS sont bien connues des services, des partenaires internationaux et de l'industrie. Le bureau du programme a lancé une "feuille de route technique" pour définir les priorités d’ALIS qui seront achevées cet été.

On le voit une fois encore, la longue liste des soucis liés au F-35 n’est pas encore close.

 

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Photos : 1 F-35 @USAF 2 Unité centrale de maintenance pour F-35 3 Maintenance de proximité @ USAF