08/11/2019

Le Su-35 formellement proposé à la Turquie !

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Ankara a reconnu avoir reçu une proposition russe concernant la vente d’avions de combat Sukhoi Su-35. Ismail Demir, chef de la présidence des industries de défense (SSB), a déclaré le 1er novembre à la chaîne de télévision NTV: «Il y a une offre et nous l'évaluons. Les aspects financiers et stratégiques de l’offre sont examinés ».

Selon les premières informations disponibles, les responsables turcs et russes discutaient depuis plusieurs semaines des détails sur une offre russe concernant un lot portant sur 36 avions de type Su-35. La proposition a été mise sur la table peu après que le président Recep Tayyip Erdoğan eut inspecté un certain nombre d'avions de combat russes exposés au salon MAKS 2019. Peu de temps après, Sergei Chemezov, directeur général de Rostec, a déclaré qu'il serait disposé à vendre des avions à Sukhoi à la Turquie. En septembre dernier, des chasseurs russes Su-35 et Su-30SM ont participé au Salon Teknofest d’Istanbul, pour une démonstration spécifique, auprès d’une délégation turque, lors du plus grand événement aéronautique et technologique organisé par la Turquie sur l'aéroport Atatürk.

Des discussions qui avancent :

Ankara aurait signé un contrat prévoyant un ensemble de mesures compensatoires visant à impliquer l’industrie locale dans la construction d’aéronefs et à intégrer des armes lancées de manière locale. Si l’accord sur des Su-35 est finalisé, ce sera le deuxième achat majeur par Ankara d’un puissant système d’armes auprès de Moscou, après celui des systèmes sol-air Almaz-Antei S-400, d’une valeur de 2,5 milliards de dollars.

Premier lot de S-400 livré :

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Pour faire un point de situation, le ministère russe de la Défense a confirmé que les envois de deux batteries de missiles de défense S-400 avaient été exécutés plus tôt que prévu. La livraison d'un deuxième lot sera portée sur le calendrier de 2020, alors que les deux parties poursuivaient les discussions sur le partage de technologies et la production en commun. Les accords de compensation et de co-développement et de production en commun font partie des conditions préalables à tout achat ultérieur de S-400 par la Turquie.

Retrait du programme F-35 :

Pour mémoire, suite aux livraisons de missiles S-400, Washington a retiré la Turquie du programme F-35 et a menacé d'imposer des sanctions économiques. Washington a fait valoir que le S-400 serait incompatible avec les systèmes de l'OTAN et exposerait le F-35 à un possible subterfuge russe.

Le Sukhoi Su.35 :

Le Su-35 est un appareil de la génération 4++. Les caractéristiques de l'avion comprennent une nouvelle avionique numérique avec fusion des données, un nouveau réseau d'antennes radars progressives avec une longue portée de détection et de cibles aériennes. Son noyau est le système de gestion de l'information (SGI), qui intègre les sous-systèmes fonctionnels, logiques, d'information et de logiciels en un complexe unique qui assure l'interaction entre l'équipage et l'équipement. L'IMS comprend deux ordinateurs centraux numériques, dispositifs de commutation et de l'information. Le pilote dispose de deux écrans MFI avec affichage multi-fonctions de 9x12 pouces et une résolution de 1400x1050 pixels.

Le noyau du Su-35 dispose de deux doubles radars en bande X en réseau, à antennes progressives Irbis-E, soit un N-12 à l’avant et un N-011 dans la queue arrière. A l’avant le N-12 est monté sur une unité de commande hydraulique à deux étapes (en azimut et en rouleau). Le dispositif d'antenne scanne par un faisceau électronique dans l'azimut et l'angle d'élévation dans les secteurs non inférieure à 60°. L'unité d'entraînement en deux étapes électro-hydrauliques tourne en outre l'antenne par des moyens mécaniques à 60 ° en azimut et 120 ° en roulis. Ainsi, en utilisant la commande électronique et mécanique tour supplémentaire de l'antenne, l'angle de braquage maximal du faisceau peut atteindre 120 °. Le radar Irbis-E détecte les cibles aériennes jusqu’à une portée maximale estimée à 400 km. Le tout avec une nouvelle génération d'optique frontale.

La durée de vie de la cellule est de 6’000 heures de vol, soit un cycle de vie de 30 années d'exploitation. La durée de vie assignée des moteurs AL-117S dérivé de l’AL-31F avec poussée vectorielle est de 4’000 heures.

Commentaire :

Le dossier reste particulièrement complexe, Ankara semblait vouloir croire, il y a peu, à un revirement de Washington en ce qui concerne le F-35. La Turquie escompte peut-être un changement de cap, de dernière minute de la part du Président D. Trump. Pour autant, les discussions avec Moscou sont bien engagées sur le S-35, mais également sur l’éventualité d’un futur partenariat sur le Su-57.

La décision finale d’Ankara sera lourde de conséquences à la fois politiques et militaires. Un tel achat remettra en question l’appartenance de la Turquie à l’OTAN avec un nouvel éloignement de l’Europe au profit de Moscou.

Du côté de l’Otan, deux camps semblent se former, l’un pour l’éviction de la Turquie et l’autre pour trouver un compromis. L’OTAN, parait une nouvelle fois affaiblie et n’arrive pas pour l’instant à parler d’une seule voix. Pour les Etats-Unis, l’achat S-400 et une manifestation d’hostilité de la part d’un pays qu’elle a aidé depuis 67 ans, une commande d’avions de combat Sukhoi, serait alors vécue comme une totale trahison. L’Europe semble pour sa part complètement tétanisée sur l’avenir de l’Alliance Atlantique. Alors, sommes-nous au bord d’un inévitable divorce ?

Photos : 1 Su-35 @Sukhoi 2 S-400 @ Almaz-Antei

15/10/2019

Incirlik, nouveau bras de fer USA/Turquie ?

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L’opération militaire turque en Syrie pose de plus en plus la question du maintien de celle-ci au sein de l’Otan. En effet, la position turque est devenue de plus en plus instable au sein de l’Alliance Atlantique. Suite à l’arrêt du programme de vente d’avions F-35 en raison de l’achat de batteries de missiles russes S-400, la tension monte encore entre les deux pays.

Intimidation :

Selon le Pentagone, une frappe d'artillerie turque présumée a atterri vendredi à environ 300 mètres d'un avant-poste de commando américain près de Kobani, en Syrie. Certains soldats et experts en artillerie estiment que la frappe d'artillerie était intentionnelle, car l'armée turque disposait de coordonnées détaillées sur la grille lui indiquant l'emplacement des troupes américaines. Le Washington Post a cité un officier compétent de l'Armée de terre ayant déclaré que des obus d'artillerie avaient été tirés des deux côtés de l'avant-poste, créant ainsi un "effet de bracketing".

En réponse aux tirs d’artillerie turque, Jeffrey Lewis, expert en contrôle des armements, a tweeté: «Sérieusement, il est temps de sortir nos putains d’armes nucléaires de la Turquie ».

Armes nucléaires à Incirlik :

La remarque de J. Lewis n’est pas anodine et met en avant l’inévitable question du maintien d’armes nucléaires sur la base aérienne d’Incirlik en Turquie. On estime le nombre d’armes nucléaires à Incirlik, à environ 50 bombes B61. Le maintien de celles-ci suscite de plus en plus d’inquiétudes. Le New York Times a rapporté lundi que des responsables des départements d'État et de l'Énergie avaient passé en revue les projets d'évacuation des armes nucléaires durant une cession extraordinaire ce week-end.

Rappelons que la présence d’armes nucléaires à Incirlik, bien qu’elle n’ait jamais été confirmée publiquement, ni niée par le gouvernement américain, a longtemps été un secret de polichinelle. Le secret est devenu encore moins secret plus tôt cette année lorsqu'un sénateur canadien a publié, apparemment par accident, un document contenant les bases sur lesquelles les États-Unis détiennent des armes nucléaires.

Pour l’instant rien n’est décidé, le site de l’USAF confirme que face à la montée des tensions avec la Turquie, l'ancienne secrétaire de l'Air Force, Deborah Lee James, n'a ni confirmé ni démenti la présence d'armes nucléaires dans ce pays. Mais hypothétiquement parlant, elle a dit que si les armes nucléaires devaient être retirées de cette base, ce serait une opération compliquée. Cela nécessiterait des négociations avec le pays qui deviendrait le nouvel hôte des armes. Et cela demanderait beaucoup de travail logistique et de sécurité.

L’armée de l’air a déclaré lundi qu’elle n’avait apporté aucun changement aux opérations quotidiennes à la base aérienne d’Incirlik en Turquie, alors même que les forces turques continuaient de pénétrer sur le territoire syrien, ce qui avait incité les forces américaines à se retirer. Il est évident qu’un redéploiement des bombes B61 sur un autre site, si il est ordonné, prendra du temps et ne pourra se faire en quelques jours.

La petite phrase :

Un haut responsable de l’US Air Force a déclaré au Times que les armes «étaient désormais essentiellement des otages du président turc Recep Erdogan», car le retrait de ces armes sonnerait le glas de la fin de l’alliance des États-Unis avec la Turquie, mais leur conservation les rendrait vulnérables. Tout est dit !

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Photos : 1 F-15 E à Incirlik 2 Stock bombes B61 @USAF

10:09 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : incirlik, f-15, b61, usaf, turquie, syrie, blog défense |  Facebook | |

28/08/2019

La Turquie se rapproche-t-elle d’un achat d’avion russe ?

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Salon international de l'aviation et de l'espace MAKS-2019 à Zhukovsky, fantasme ou réalité, la question d’un rapprochement entre Ankara et Moscou sur l’achat éventuel d’un avion de combat est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Il faut dire que les dernières déclarations des deux parties semblent annoncer une telle hypothèse.

Les déclarations :

Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont pris la parole à l'ouverture du 14e Salon international de l'aviation et de l'espace MAKS-2019 et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée d’un nouveau rapprochement semble se dessiner. 

Le Président Poutine a déclaré aux journalistes ce matin que la Russie était prête à "discuter activement" de nouvelles ventes, voire de la production en commun d'armes, à la suite de l'acquisition par la Turquie d'un système de défense antiaérien avancé S-400. "Nous avons parlé de la coopération sur l'avion de combat Su-35" et "du travail possible même sur le nouvel avion Su-57", a déclaré Poutine après avoir inspecté le poste de pilotage de l'avion de cinquième génération en compagnie du Président turc.  

De son côté, M. Erdogan a déclaré que la Turquie souhaitait continuer "la solidarité dans de nombreux domaines de l'industrie de la défense" avec la Russie, y compris dans les avions de combat, et "nous allons nous développer rapidement".

Hormis les livraisons actuelles du système sol-air S-400, les deux pays sont en pourparlers sur la livraison de systèmes de guerre électroniques russes.  Dmitry Shugayev, l’actuel responsable du Service fédéral de la coopération militaire et technique de Russie a déclaré : "Les discussions d'aujourd'hui avec mon homologue turc, le chef de la direction turque de l'industrie de la défense, Ismail Demir, seront certainement importantes. » Selon Shugayev, Ankara serait intéressée par l’achat d’avions russes, compte tenu de la suspension par la Turquie du programme des F-35. "Nous savons que la Turquie et les Etats-Unis sont dans l'impasse en ce qui concerne les avions F-35, nous avons donc un grand intérêt pour nos avions. Il est trop tôt pour parler de pourparlers au sujet de contrats spécifiques. Comme d'habitude, nous devons d'abord tenir des consultations ", a-t-il souligné.

Puis, les deux pays ont annoncé conjointement, qu’ils renforceraient leur coopération en matière de défense. 

Visite de plusieurs systèmes : 

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Le Président turc a visité plusieurs stands en compagnie de V.Poutine, avec bien entendu le dernier avion de chasse russe, le  Su-57, l'avion de chasse Su-35, l'hélicoptère moyen Ka-62 et l'hélicoptère utilitaire lourd Mi-38. Ensuite, ils ont inspecté l'avion amphibie Be-200 et l’avion commercial MC-21, où ils ont examiné le cockpit et la cabine passagers.

 Photos :Su-57 au Salon MAKS19 Erdogan & Poutine devant le Su-57 @ Salon MAKS19 press

 

12/08/2019

Et si la Turquie optait pour des avions russes ?

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La question mérite d’être posée, après le blocage définitif de la vente d’avions de combat Lockheed Martin F-35A par l’actuel gouvernement américain. Avec l’arrivée des premiers systèmes missiles S-400 russes sur le sol du pays, le gouvernement d’Ankara semble se tourner encore plus en direction de Moscou.

Du côté des médias turcs, on parle ouvertement aujourd’hui d’un rapprochement en continu du pays vers ce qui semble être un nouvel allié, la Russie.  Diverses sources journalistiques annoncent que les militaires étudient la possibilité d’acquérir  des avions d’origines russes. Pour autant, il semble que le type d’avion n’est pas clair. En effet, il paraîtrait évident que la Turquie se dirige vers l’avion le plus moderne et le plus récent en l’occurrence le Sukhoi Su-57. Hors, certains parlent du Su-35 « Flanker-E ». Il est vrai que ce printemps, une annonce russe de la part de Sergueï Chemezov responsable au sein de la société d'Etat russe d'exportation d'armes Rostec, faisait état d’une possible discussion sur la vente de Su-35 à la Turquie.  Les choses ont cependant évoluées avec le lancement de la production du Su-57 en série pour l’aviation russe.

Une transition par étape :

Pour certains analystes, la Turquie pourrait être tentée d’acquérir les deux types d’avions. Le Su-35 dans un premier temps, puis progressivement opter en direction du Su-57. Certains systèmes comme l’armement étant disponible sur les deux types d’avions, la logistique ne poserait à ce niveau pas de problème particulier. Ces mêmes analystes avancent l’idée que l’arrivée par étape du Su-35, puis du Su-57 permettrait à la Turquie de s’éloigner progressivement de l’Otan.  Mais on est-on déjà là ?  

L’objectif pour la Turquie est de remplacer les vieux McDonnell F-4 E « Phantom » puis les versions les plus anciennes du Lockheed Martin F-16 « Fighting Falcon » et ainsi de suite.

Otan : sortira ou ne sortira pas ?

A l’évidence, si la Turquie confirmait dans les mois avenir un achat d’avions de combat russe, quel que soit le modèle, la question d’un retrait unilatéral du pays du Traité de l’Alliance Atlantique Nord serait alors inévitable. Il semble bien loin, le temps ou l’OTAN assurait à la Turquie la sécurité, principalement contre l’Union soviétique. De son côté, la Turquie assurait à l’Alliance une sécurité précieuse sur le flanc sud. De plus, la Turquie est un poids lourd au sein de l’Otan, celle-ci constitue la deuxième plus grande armée de l’OTAN, derrière l’armée américaine avec laquelle elle représente 3,4 millions d’hommes sur un total de 7,4 millions d’hommes pour l’ensemble des troupes de l’OTAN. À eux seuls, les deux pays contribuent à 46 % des armées des 29 pays. 

Si l’affaire des missiles S-400 a enflammé la discorde au sein des membres de l’Otan et particulièrement aux USA, les divergences ne datent pas d’hier. Les problèmes posés par la Turquie à l’OTAN ont débuté en mars 2003 quand le parlement dominé par l’AKP a refusé aux forces armées américaines l’accès à l’espace aérien turc en vue d’engager des opérations militaires contre Saddam Hussein. Puis vient le temps des menaces de faire déferler sur l’Europe des vagues de réfugiés syriens. Le gouvernement turc se met également à entraver les relations de l’OTAN avec ses alliés proches comme l’Autriche, Chypre et Israël. Sans oublier, la mise en place d’une haine de l’opinion publique turque contre l’Occident, plus particulièrement contre les États-Unis et l’Allemagne. Bref, rien ne va plus. 

Dernier élément très problématique dans ce dossier, le soutien de la Turquie à Téhéran dans des domaines  divers comme : l’aide au développement du programme nucléaire, soutien à l’exploitation des champs de pétrole, l’aide au transfert d’armes iraniennes vers le Hezbollah et soutien conjoint au Hamas. 

On le voit, la crise des missiles S-400 n’est que la pointe de l’Iceberg et ceci ne fait qu’attiser un peu plus les voix qui s’élèvent en Turquie comme en Occident pour qu’Ankara se retire de l’Otan. Pour autant, la coopération et l’assistance mutuelle sont toujours d’actualité entre la Turquie et l’OTAN. Le pragmatisme va-t-il continuer de prévaloir sur les dissensions politiques ? L’achat d’un avion de combat russe pourrait dans les mois qui suivent faire basculer pour de bon la situation. 

Photos :Su-35 & Su-57 @VKS

 

23/07/2019

F-35, le Pentagone s’active en direction de ses fournisseurs !

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Le département américain de la Défense s’active en vue du transfert des centaines de composants de l’avion de combat Lockheed Martin F-35 des fournisseurs turcs en direction de sociétés capables de reprendre la production. Deux problèmes sont à l’ordre du jour, d’un côté la pénurie de pièces de rechange qui péjore le bon fonctionnement de la flotte de F-35 dans le monde et de l’autre l’urgence de transférer la production d’origine turque vers des exploitants en provenance de pays acquéreurs de l’avion. Cette période de transition ne permettra pas de combler l’approvisionnement en pièces détachées, au contraire, elle devrait l’aggraver.

Rappel :

La sous-secrétaire américaine à la Défense pour les acquisitions, Ellen Lord, a déclaré aux journalistes que le Pentagone retirerait la Turquie du programme d'avions de combat conjoint F-35 d'ici mars 2020 en raison de la décision d'Ankara d'acheter des systèmes de défense russes S-400. Lord a également déclaré que les Etats-Unis dépenseraient jusqu'à 600 millions de dollars en ingénierie non récurrente pour déplacer la chaîne d'approvisionnement. Une dizaine de fournisseurs turcs fabriquent actuellement près de 900 pièces du F-35, dont 400 sont à fournisseur unique.

Les États-Unis ont livré des F-35 à douze pays, mais le programme souffre déjà de pénuries mondiales de pièces de rechange et risque de ne pas atteindre les objectifs d'évaluation de l'état de préparation.

Le pavé dans la marre :

Le 17 juillet, un responsable du US Government Accountability Office (GAO) a déclaré que le Pentagone, qui possède toutes les pièces de rechange, "ne sait même pas combien il en possède ni où elles se trouvent". En outre, le candidat du président Donald Trump au poste de secrétaire à la Défense, Mark Esper, a déclaré à la mi-juillet devant un comité du Sénat que la flotte d'environ 300 F-35 appartenant à l'US Air Force, à la Navy et au Marine Corps "ne devrait pas" atteindre l'objectif d'évaluation de l'état de préparation du Pentagone, principalement en raison de pénuries dans des parties clés.

Une dizaine de fournisseurs turcs fabriquent actuellement plus de 900 pièces F-35, dont 400 sont à fournisseur unique, bien que Lord ait affirmé le mois dernier que le contractant principal, Lockheed Martin, avait déjà fait appel à des fournisseurs nationaux de solutions de remplacement.

Le secrétaire à la Défense, James Mattis, a déclaré devant le Congrès que la  suspension du programme des F-35 pour la Turquie ralentirait le programme tout entier de 18 et 24 mois pour importer des pièces et retarder la production d'au moins 50 avions. Le programme risque vraisemblablement une rupture de la chaîne d'approvisionnement. 

Cette pénurie de pièces détachées engendre une diminution de la disponibilité du F-35. Selon le GAO en avril, ceux-ci étaient incapables de voler près de 30% du temps entre mai et décembre de l'année dernière en raison d'une pénurie de pièces de rechange. Le Pentagone tente entre-temps d'améliorer la disponibilité en augmentant la capacité des fournisseurs à fabriquer de nouvelles pièces et à réparer les anciennes.

A terme une lueur d’espoir :

Les USA sont  à la recherche de fournisseurs pour le programme F-35. Cette situation pourrait cependant être intéressante pour certains pays acheteurs qui se plaignaient de n’avoir pas assez de commande. De l’autre, Lockheed Martin semble également vouloir proposer de produire certaines pièces à de futurs clients potentiels du F-35. Il se pourrait donc qu’à terme un resserrement de la production de pièces du F-35 puisse améliorer la situation du programme. 

Photo : F-35 @ Lockheed Martin