27/10/2021

Le Congrès ne veut pas d’une vente de F-16 à la Turquie!

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Le bras de fer continue entre Washington et Ankara à propos de la demande de cette dernière d’acquérir des avions de combat F-16 supplémentaires en vue d’un dédommagement suite à l’expulsion du de la Turquie du programme F-35.

Rappel

Le contentieux entre la Turquie et les Etats-Unis sur le programme F-35 pourrait être réglé avec la livraison d’avions de combat F-16. Washington semblait ouvert à la demande d’Ankara, il y encore une semaine, pour la livraison de 40 Lockheed Martin F-16 Block 70/72 « Viper » ainsi que 80 kits pour moderniser des appareils aux standards plus anciens, mais les politiques américains semblent voir cette possible vente d’un bon œil.

Avec son exclusion du programme F-35, Ankara se retrouve dans une certaine mesure dans une situation de faiblesse, le pays pourrait en effet, très vite se retrouver avec une force aérienne affaiblie vis-à-vis de ses voisins. Ankara ne pouvant disposer du F-35, seul le développement de son propre avion de 5 ème génération, le TF-X pourrait combler ce vide et/ou l’achat d’un avion du côté de la Russie. Pour autant la Turquie rencontre de gros problèmes pour son avion de combat national, notamment en ce qui concerne la motorisation. Des discussions avec Moscou sont en cours depuis plusieurs mois, mais l’acquisition d’un avion ou de technologie pourrait pousser Ankara hors de l’Otan. 

Une lettre à Biden

11 législateurs de la Chambre des représentants des États-Unis, à la fois démocrates et républicains, ont envoyé une lettre au président américain Joe Biden et au secrétaire d'État Anthony Blinken et ont exhorté l'administration Biden à ne pas vendre d'avions de combat F-16 à la Turquie. Quelques extraits de la lettre : 

"Bien que nous soyons convaincus que le Congrès s'unira pour bloquer de telles exportations si ces plans progressent, les États-Unis ne peuvent pas se permettre de transférer des équipements militaires de pointe au gouvernement turc pour le moment", indique la lettre conjointe des législateurs.« Nous ne pouvons pas compromettre notre sécurité nationale »

« Suite à l'annonce en septembre du président Erdoğan selon laquelle la Turquie achètera une tranche supplémentaire de systèmes de défense antimissile russes S-400, nous ne pouvons pas nous permettre de compromettre notre sécurité nationale en envoyant des avions fabriqués par les États-Unis à un allié du traité qui continue de se comporter comme un adversaire. »."Comme vous le savez, l'administration Trump a officiellement retiré la Turquie de son programme d'avions de combat interarmées F-35 (FSJ) après que le président Erdoğan a exécuté le premier achat de systèmes russes S-400 par la Turquie, une décision qui a empêché la Turquie de compromettre le système F-35."Avec le soutien d'une coalition bipartite de membres du Congrès, cette politique de bon sens s'est poursuivie sous votre administration ."Tant que le président Erdoğan fera avancer son projet expansionniste en Méditerranée orientale, la Turquie continuera de menacer notre sécurité nationale et la sécurité de nos alliés les plus proches dans la région - la Grèce, Israël et Chypre. Nous vous exhortons à agir dans notre intérêt national et pour le bien de la stabilité en Méditerranée orientale en refusant de renforcer l'arsenal vieillissant d'avions de combat de la Turquie, et nous attendons avec impatience votre réponse."

Reste à voir comment l’Administration Biden va réagir à cette demande particulièrement nette du Congrès et comment le contentieux entre les deux pays va pouvoir se régler à l’avenir.

 

19/10/2021

Des F-16 pour la Turquie ?

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Le contentieux entre la Turquie et les Etats-Unis sur le programme F-35 pourrait être réglé avec la livraison d’avions de combat F-16. Washington vient de proposer une compensation de l’ordre de de 1,4 milliard de dollars à la Turquie pour le programme multinational F-35.  

40 F-16 « Viper »

Washington semble ouvert à la demande d’Ankara pour la livraison de 40 Lockheed Martin F-16 Block 70/72 « Viper » ainsi que 80 kits pour moderniser des appareils aux standards plus anciens. Pour l’instant, un tel contrat n’a pas encore été notifié au Congrès, rien encore confirmé dans ce dossier.  

Ankara dans une situation complexe

Avec son exclusion du programme F-35, Ankara se retrouve dans une certaine mesure dans une situation de faiblesse, le pays pourrait en effet, très vite se retrouver avec une force aérienne affaiblie vis-à-vis de ses voisins. Ankara ne pouvant disposer du F-35, seul le développement de son propre avion de 5 ème génération, le TF-X pourrait combler ce vide et/ou l’achat d’un avion du côté de la Russie. Pour autant la Turquie rencontre de gros problèmes pour son avion de combat national, notamment en ce qui concerne la motorisation. Des discussions avec Moscou sont en cours depuis plusieurs mois, mais l’acquisition d’un avion ou de technologie pourrait pousser Ankara hors de l’Otan.  

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » : 

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

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Photos : 1 F-16 turc @ Armée de l’air turque 2 F-16 Viper @ LM

12/09/2020

Le Grèce commande des Rafale en urgence !

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Athènes annonce en fin de journée une commande dans l’urgence de 18 avions de combat Dassault Rafale a déclaré samedi le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. Paris, réussi ici une belle démonstration de soutien et passe devant l’américain Lockheed-Martin. Pour autant ce dernier est encore présent pour une modernisation de la flotte de F-16 au standard « Viper ». Mais pour une fois le F-35 est clairement distancé.

« L'heure est venue de renforcer nos forces armées », a déclaré le premier ministre grec dans un discours à Thessalonique. Le gouvernement grec est particulièrement échaudé face aux provocations turques. La situation en Méditerranée orientale est explosive depuis l'envoi par Ankara d'un navire de recherche sismique, escorté par des bâtiments militaires, dans une zone riche en gisements gaziers revendiquée par Athènes. Athènes a ouvert des discussions auprès de ses alliés en vue de l’achat potentiels d’avions de combat.

Avions et renforcement militaire : 

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a annoncé samedi en fin de journée un important programme d'achats d'armes et une réorganisation des forces armées du pays, alors que la tension monte avec la Turquie en Méditerranée orientale. Kyriakos Mitsotakis a précisé que la Grèce allait se procurer, outre les 18 Rafale, quatre frégates et quatre hélicoptères de marine et procéder au recrutement de 15’000 soldats supplémentaires et financer davantage son industrie de défense.

L’Armée de l’air française à contribution :

Ce soir, il n’est pas encore clair comment le France va pouvoir transférer des avions de combat Rafale à la Grèce. Dix Rafale de dernière génération seraient vendus auxquels s'ajouteraient deux exemplaires prélevés sur la commande de l'armée de l'air française. Une autre solution viserait à un mixte entre des Rafale d'occasions de l'armée de l'air et dix autres exemplaires modernisés aux derniers standards F3R.

Analyse:

Paris a su agir avec détermination dans ce dossier avec un soutien inconditionnelle à la Grèce en déployant des navires de guerre et des avions de combat dans la région. Cette position à permis de prendre un avantage face à un Washington plus mesuré. Cet appuis politique à permis de débloquer cette future vente de Rafale. 

Photo : Rafale @ Armée de l’air

 

 

22/07/2020

Les F-35 turcs rejoindront l’US Air Force !

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Une solution a été trouvée en ce qui concerne les avions de combat F-35A destinés initialement à la Turquie. C’est l’US Air Force qui obtiendra ces appareils. Pour cette réalisation, l’avionneur Lockheed Martin se voit attribuer une modification de contrat à prix fixe.  

Cette modification permet d’acquérir huit appareils F-35A » Lightning II » du lot 14, repositionnés à la suite du retrait de la République de Turquie du programme F-35 et six appareils F-35A du lot 14 pour l’US Air Force. De plus, cette modification établit des éléments de ligne qui fournissent une ingénierie récurrente à l'appui de la modification des huit avions repositionnés du lot 14 en une configuration F-35A spécifique pour l’US Air Force.

Rappel :

Dans un communiqué datant de juillet 2019, le président Trump a annoncé que les Etats-Unis annuleraient la vente de plus de 100 avions de combat Lockheed Martin F-35A « Lightning II » destinés à la Turquie en raison de l'acquisition d'un système de défense antimissile russe Almaz-Antei S-400 « Triumph ».

« Ce n’est pas une situation juste », a déclaré Trump aux journalistes alors qu’il entamait une réunion du Cabinet. Décalant clairement sa réticence à interdire la vente d'aéronefs, Trump a réaffirmé que la Turquie, alliée de l'OTAN, était contrainte de satisfaire ses besoins en matière de défense en achetant le système russe S-400 car l'administration Obama ne le vendrait pas au système américain Patriot.

Washington a également menacé d'imposer des sanctions à l'encontre de l'achat de la Turquie. Ankara a répondu que toute sanction serait appliquée en nature.

La livraison des composants du S-400 ont commencé au début de juillet 2019 et se poursuivent. Après de longs efforts pour acheter un système de défense aérienne des États-Unis sans succès, Ankara a signé un contrat en 2017 pour l’achat des S-400 de Russie.

Depuis lors, les USA ont tenté de proposer une nouvelle offre pour le missile Patriot, mais qui a été refusée par Ankara. On notera également que la Turquie s’était approchée de l’Europe en ce qui concerne le système Eurosam SAMP/T qui aurait dû être développé dans un standard spécifique pour la Turquie.

La Turquie définitivement éjectée du programme F-35 :

Ce dernier élément du dossier clos définitivement la participation d’Ankara dans le programme F-35. Washington est allé au bout de ses menaces avec une grande fermeté. Il faut se rappeler que l’usage du F-35 et du S-400 en Turquie pouvait compromettre les avantages de l’avion furtif américain. En effet, selon les experts du Pentagone les russes ayant accès au système S-400 auraient pu avoir accès à des données confidentiels sur l’utilisation du F-35.

Photo : Un F-35 aux couleurs turcs qui recevra prochainement ses nouvelles cocardes @ LM

 

08/11/2019

Le Su-35 formellement proposé à la Turquie !

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Ankara a reconnu avoir reçu une proposition russe concernant la vente d’avions de combat Sukhoi Su-35. Ismail Demir, chef de la présidence des industries de défense (SSB), a déclaré le 1er novembre à la chaîne de télévision NTV: «Il y a une offre et nous l'évaluons. Les aspects financiers et stratégiques de l’offre sont examinés ».

Selon les premières informations disponibles, les responsables turcs et russes discutaient depuis plusieurs semaines des détails sur une offre russe concernant un lot portant sur 36 avions de type Su-35. La proposition a été mise sur la table peu après que le président Recep Tayyip Erdoğan eut inspecté un certain nombre d'avions de combat russes exposés au salon MAKS 2019. Peu de temps après, Sergei Chemezov, directeur général de Rostec, a déclaré qu'il serait disposé à vendre des avions à Sukhoi à la Turquie. En septembre dernier, des chasseurs russes Su-35 et Su-30SM ont participé au Salon Teknofest d’Istanbul, pour une démonstration spécifique, auprès d’une délégation turque, lors du plus grand événement aéronautique et technologique organisé par la Turquie sur l'aéroport Atatürk.

Des discussions qui avancent :

Ankara aurait signé un contrat prévoyant un ensemble de mesures compensatoires visant à impliquer l’industrie locale dans la construction d’aéronefs et à intégrer des armes lancées de manière locale. Si l’accord sur des Su-35 est finalisé, ce sera le deuxième achat majeur par Ankara d’un puissant système d’armes auprès de Moscou, après celui des systèmes sol-air Almaz-Antei S-400, d’une valeur de 2,5 milliards de dollars.

Premier lot de S-400 livré :

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Pour faire un point de situation, le ministère russe de la Défense a confirmé que les envois de deux batteries de missiles de défense S-400 avaient été exécutés plus tôt que prévu. La livraison d'un deuxième lot sera portée sur le calendrier de 2020, alors que les deux parties poursuivaient les discussions sur le partage de technologies et la production en commun. Les accords de compensation et de co-développement et de production en commun font partie des conditions préalables à tout achat ultérieur de S-400 par la Turquie.

Retrait du programme F-35 :

Pour mémoire, suite aux livraisons de missiles S-400, Washington a retiré la Turquie du programme F-35 et a menacé d'imposer des sanctions économiques. Washington a fait valoir que le S-400 serait incompatible avec les systèmes de l'OTAN et exposerait le F-35 à un possible subterfuge russe.

Le Sukhoi Su.35 :

Le Su-35 est un appareil de la génération 4++. Les caractéristiques de l'avion comprennent une nouvelle avionique numérique avec fusion des données, un nouveau réseau d'antennes radars progressives avec une longue portée de détection et de cibles aériennes. Son noyau est le système de gestion de l'information (SGI), qui intègre les sous-systèmes fonctionnels, logiques, d'information et de logiciels en un complexe unique qui assure l'interaction entre l'équipage et l'équipement. L'IMS comprend deux ordinateurs centraux numériques, dispositifs de commutation et de l'information. Le pilote dispose de deux écrans MFI avec affichage multi-fonctions de 9x12 pouces et une résolution de 1400x1050 pixels.

Le noyau du Su-35 dispose de deux doubles radars en bande X en réseau, à antennes progressives Irbis-E, soit un N-12 à l’avant et un N-011 dans la queue arrière. A l’avant le N-12 est monté sur une unité de commande hydraulique à deux étapes (en azimut et en rouleau). Le dispositif d'antenne scanne par un faisceau électronique dans l'azimut et l'angle d'élévation dans les secteurs non inférieure à 60°. L'unité d'entraînement en deux étapes électro-hydrauliques tourne en outre l'antenne par des moyens mécaniques à 60 ° en azimut et 120 ° en roulis. Ainsi, en utilisant la commande électronique et mécanique tour supplémentaire de l'antenne, l'angle de braquage maximal du faisceau peut atteindre 120 °. Le radar Irbis-E détecte les cibles aériennes jusqu’à une portée maximale estimée à 400 km. Le tout avec une nouvelle génération d'optique frontale.

La durée de vie de la cellule est de 6’000 heures de vol, soit un cycle de vie de 30 années d'exploitation. La durée de vie assignée des moteurs AL-117S dérivé de l’AL-31F avec poussée vectorielle est de 4’000 heures.

Commentaire :

Le dossier reste particulièrement complexe, Ankara semblait vouloir croire, il y a peu, à un revirement de Washington en ce qui concerne le F-35. La Turquie escompte peut-être un changement de cap, de dernière minute de la part du Président D. Trump. Pour autant, les discussions avec Moscou sont bien engagées sur le S-35, mais également sur l’éventualité d’un futur partenariat sur le Su-57.

La décision finale d’Ankara sera lourde de conséquences à la fois politiques et militaires. Un tel achat remettra en question l’appartenance de la Turquie à l’OTAN avec un nouvel éloignement de l’Europe au profit de Moscou.

Du côté de l’Otan, deux camps semblent se former, l’un pour l’éviction de la Turquie et l’autre pour trouver un compromis. L’OTAN, parait une nouvelle fois affaiblie et n’arrive pas pour l’instant à parler d’une seule voix. Pour les Etats-Unis, l’achat S-400 et une manifestation d’hostilité de la part d’un pays qu’elle a aidé depuis 67 ans, une commande d’avions de combat Sukhoi, serait alors vécue comme une totale trahison. L’Europe semble pour sa part complètement tétanisée sur l’avenir de l’Alliance Atlantique. Alors, sommes-nous au bord d’un inévitable divorce ?

Photos : 1 Su-35 @Sukhoi 2 S-400 @ Almaz-Antei