08/06/2017

2017, un bon premier trimestre dans le secteur passagers !

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L’Association du transport aérien international (IATA) a publié ses statistiques sur le trafic mondial de passagers durant le mois de mars 2017, qui indiquent que la demande (mesurée en kilomètres-passagers payants, ou RPK) a augmenté de 6,8 % par rapport à mars 2016. La capacité a augmenté de 6,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a gagné un demi-point de pourcentage pour s’établir à 80,4 %, soit un record pour un mois de mars. La croissance de la demande durant le mois représente un léger ralentissement comparativement aux résultats de février, après correction de la distorsion dans la comparaison d’une année sur l’autre, puisqu’il y avait une journée de plus en février 2016. L’interdiction d’appareils électroniques de grandes dimensions dans les cabines sur certaines routes vers les États-Unis et le Royaume-Uni est survenue trop tard en mars pour avoir des effets sur les statistiques de trafic du mois.

« La vigueur de la demande s’est maintenue tout au long du premier trimestre, soutenue par les faibles tarifs et un rétablissement généralisé des conditions économiques mondiales. Le prix des billets d’avion a chuté de 10 %, en termes réels, depuis dix ans et cela a fait en sorte que les coefficients d’occupation des sièges ont atteint des niveaux record. Il faudra attendre encore un mois pour constater les incidences de l’interdiction des ordinateurs portables sur la demande », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

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Marchés de passagers internationaux

Le trafic de passagers internationaux a augmenté de 6,4 % en mars, par rapport à mars 2016, ce qui représente un léger ralentissement par rapport à février, après correction pour tenir compte de la distorsion attribuable à l’année bissextile en février 2016. Les compagnies aériennes de toutes les régions affichent une croissance. La capacité totale a augmenté de 6,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a gagné 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 78,8 %.

Les transporteurs d’Europe ont observé une croissance du trafic de 5,7 % en mars, par rapport à mars 2016. La forte tendance à la hausse est partiellement attribuable à l’élan de l’économie de la région. Toutefois, on constate de grands écarts entre les différents segments du marché. La demande sur les routes transatlantiques s’est accrue modestement, tandis que les RPK sur les routes à destination et en provenance d’Asie et du Moyen-Orient sont en hausse d’environ 7 à 9 %. La capacité a augmenté de 4,7 % en mars et le coefficient d’occupation a gagné 0,8 point de pourcentage pour atteindre 82,2 %, le taux le plus élevé parmi toutes les régions.

Les transporteurs d’Asie-Pacifique affichent une croissance du trafic de 9,1 % en mars, par rapport à la même période l’an dernier. La capacité a augmenté de 7,4 % et le coefficient d’occupation des sièges a gagné 1,2 point de pourcentage pour s’établir à 78,7 %. La croissance à l’intérieur de l’Asie est robuste, tandis que le trafic sur les routes Asie-Europe est en forte reprise après les bouleversements causés par les attaques terroristes du début de 2016. La demande a augmenté selon un taux annualisé de 22 % depuis novembre.

Chez les transporteurs du Moyen-Orient, le taux de croissance a fléchi à 4,9 % en mars, comparativement à l’année précédente, ce qui représente un important ralentissement par rapport aux taux de croissance annuelle observés en janvier et en février. Cela est attribuable aux développements survenus l’an dernier, tandis que les effets de l’interdiction des ordinateurs portables ne se feront sentir qu’à partir d’avril. Toutefois, dans l’ensemble, la région a connu la plus forte croissance annuelle des RPK internationaux depuis le début de l’année, avec une forte croissance sur les routes à destination et en provenance d’Asie et d’Europe. La capacité a augmenté de 9,4 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 3,1 points de pourcentage pour s’établir à 73,1 %.

Les transporteurs d’Amérique du Nord affichent une hausse de trafic de 2,7 % en mars, par rapport à mars 2016. La capacité a augmenté de 3,7 % et le coefficient d’occupation des sièges s’est établi à 79,8 %, en baisse de 0,7 point de pourcentage. Le trafic de passagers a évolué latéralement en chiffres désaisonnalisés depuis juillet 2016, et la capacité suit une tendance similaire.

Les transporteurs d’Amérique latine ont enregistré une hausse de trafic de 9,7 % en mars, soit le taux le plus élevé parmi les régions. Ce n’est que la deuxième fois en 63 mois que les compagnies aériennes d’Amérique latine sont en tête de l’industrie. Ce fort trafic est alimenté par une robuste demande sur les vols internationaux à l’intérieur de l’Amérique du Sud. Par contraste, le trafic de passagers sur les grandes routes nord- sud se situe à près de 5 % sous le niveau de la mi-2015. La capacité a augmenté de 6,4 % en mars, comparativement à l’année précédente, et le coefficient d’occupation a gagné 2,4 points de pourcentage pour atteindre 80,7 %.

Les transporteurs d’Afrique jouissent encore d’une bonne demande, et le trafic était en hausse de 6,0 % par rapport à mars 2016. La capacité a augmenté de 2,4 % et le coefficient d’occupation a gagné 2,3 points de pourcentage pour s’établir à 68,2 %. Nonobstant la fragilité des principales économies de la région (Nigéria et Afrique-du-Sud), la croissance du trafic s’est raffermie au cours des récents mois, le nombre de RPK augmentant selon un taux annualisé de près de 10 % depuis la mi-2016. Cette reprise reflète la croissance plus rapide sur les principaux marchés vers et en provenance d’Europe, et entre l’Afrique et le Moyen-Orient.

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Photos : 1 B777 ThaiAirways 2 A340 SWISS 3 A320 Finnair@ Max Guenat

 

08/08/2016

Terrorisme et incertitude économique freinent le trafic passagers !

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L’Association du transport aérien international (IATA) a publié ses statistiques sur le trafic mondial de passagers pour le mois de juin, qui indiquent que la demande (mesurée en kilomètres- passagers payants - RPK) a augmenté de 5,2 % par rapport à la même période l’an dernier. Ce chiffre est légèrement en hausse, comparativement à l’augmentation de 4,8 % enregistrée en mai (taux révisé). Toutefois, en termes désaisonnalisés, la tendance à la hausse du trafic s’est atténuée depuis janvier. La capacité en juin (en sièges-kilomètres disponibles - ASK) a augmenté de 5,6 %, et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 0,3 point de pourcentage pour s’établir à 80,7 %.

« La demande dans l’industrie du voyage continue d’augmenter, mais à un rythme plus lent. Le contexte économique fragile et incertain, les bouleversements politiques et une vague d’attaques terroristes sont autant de facteurs qui contribuent à l’affaiblissement de l’environnement de la demande», a déclaré M.TonyTyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Photo : B747 @ James Carroll

07/07/2016

Trafic aérien, la demande se maintient !

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Genève, l’Association du transport aérien international (IATA) a publié ses statistiques mondiales sur le trafic de passagers en mai, qui révèlent que la demande (mesurée en kilomètres- passagers payants, ou RPK) a augmenté de 4,6 % par rapport à mai 2015, soit le même pourcentage qu’en avril. La capacité a augmenté de 5,5 %, ce qui a fait fléchir le coefficient d’occupation des sièges de 0,7 point de pourcentage, à 78,7 %. La demande intérieure a augmenté de 5,1 %, soit plus que la demande internationale qui n’a augmenté que de 4,3 %.

« Après un très fort début d’année, la croissance de la demande revient à des niveaux plus traditionnels. Une combinaison de facteurs explique probablement ce rythme de croissance plus modéré. Parmi ces facteurs, il y a les activités terroristes incessantes et la fragilité de l’économie mondiale. Aucun de ces facteurs n’est de bon augure pour la demande de billets d’avion. Et le choc d’Istanbul et les conséquences économiques du Brexit font qu’il est très difficile d’envisager un redressement hâtif », a déclaré M. Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Marchés de passagers internationaux :

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La croissance annuelle du nombre de RPK internationaux a ralenti pour un troisième mois consécutif, passant de 5 % en avril à 4,3 % en mai, en glissement annuel. Les compagnies aériennes de toutes les régions ont enregistré une croissance. La capacité totale a augmenté de 6,1 %, de sorte que le coefficient d’occupation a perdu 1,3 point de pourcentage pour s’établir à 77,1 %.

Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont enregistré une augmentation de trafic de 5,1 % en mai, par rapport à l’année précédente. La capacité a augmenté de 6,4 %, de sorte que le coefficient d’occupation a perdu 1,0 point de pourcentage pour s’établir à 75,1 %. Le fort élan vers le haut s’était arrêté au cours des récents mois alors que la croissance faisait du surplace depuis le début de l’année.

Les transporteurs d’Europe ont vu la demande augmenter de seulement 2,1 % en mai, par rapport à mai 2015, ce qui reflète les conséquences persistantes des attaques terroristes de Bruxelles. La capacité a augmenté de 3,5 % et le coefficient d’occupation a perdu 1,1 point de pourcentage pour s’établir à 80,6 %. Bien qu’étant en baisse, ce pourcentage est le plus élevé parmi toutes les régions.

Les transporteurs du Moyen-Orient ont enregistré une hausse de trafic de 11,8 % en mai, par rapport à l’année précédente. C’est l’augmentation la plus importante parmi toutes les régions. Toutefois, la capacité a augmenté de 15,6 %, et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 2,4 points de pourcentage pour s’établir à 71,9 %. La croissance de capacité a maintenant dépassé la croissance du trafic au cours de 18 des 20 derniers mois.

Les transporteurs d’Amérique du Nord ont vu le trafic augmenter de 0,5 %, alors qu’ils continuent de diriger leurs efforts vers les marchés domestiques plus grands et plus robustes. La capacité a augmenté de 1,9 % et le coefficient d’occupation a perdu 1,1 point de pourcentage pour s’établir à 80,1 %.

Les transporteurs d’Amérique latine affichent une hausse de trafic de 5,1 % en mai, par rapport à mai 2015. Comme en Europe, le mouvement vers le haut s’est interrompu. La capacité a augmenté de 5,2 % et le coefficient d’occupation des sièges est demeuré inchangé à 80,2 %.

Les transporteurs d’Afrique ont enregistré une augmentation de trafic de 9,5 %, suivant la forte tendance à la hausse liée à l’expansion des réseaux long-courriers des compagnies aériennes de la région, et notamment d’Ethiopian Airlines. La capacité a augmenté de 10,4 % et le coefficient d’occupation a perdu 0,5 point de pourcentage pour s’établir à 64,5 %.

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Photos : 1 B787 Ethiad 2 CRJ900 Adria ariways @ Weimeng 3 A320 Wizzair @ P.Kummerling

31/12/2012

Trafic aérien, on termine avec une note positive !

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L’Association du transport aérien international (IATA) a annoncé une révision à la hausse de ses prévisions pour l’industrie. En 2012, les compagnies aériennes devraient réaliser des profits de 6,7 milliards $ (plutôt que les 4,1 milliards $ prévus en octobre). Ce résultat devrait s’améliorer légèrement en 2013, pour atteindre 8,4 milliards $ (légèrement plus que les 7,5 milliards $ prévus en octobre). Toutefois, la marge nette après impôt de l’industrie demeurera faible, soit 1,0 % en 2012 et 1,3 % en 2013.

 

L’année 2012 :

 

Les prévisions améliorées pour 2012 s’appuient sur une forte performance des transporteurs aériens aux deuxième et troisième trimestre. Malgré le prix élevé du carburant et le ralentissement de l’économie mondiale, les profits et les flux de trésorerie des compagnies aériennes sont demeurés à des niveaux semblables à ceux de 2006, au moment où le prix du pétrole était de 45 $ de moins par baril et que la croissance économique mondiale était de 4 %.

Historiquement, lorsque le taux de croissance du PIB descend sous la barre des 2 %, l’industrie aérienne subit des pertes collectives. « Avec une croissance du PIB proche du niveau de stagnation de 2,0 % et un prix du pétrole à 109,50 $, nous nous attendions à des résultats beaucoup plus faibles. Mais les compagnies aériennes se sont adaptées à cet environnement difficile en améliorant leur efficience et en se restructurant. Cela protège les flux de trésorerie contre la faible croissance économique et les prix élevés du pétrole », a déclaré M. Tony Tyler, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

L’amélioration des résultats est plus visible chez les grands transporteurs aériens qui ont réalisé en moyenne des bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) de 10 à 15 % des revenus au troisième trimestre de l’année. « C’est une situation contrastée. Les économies d’échelle permettent aux grands transporteurs de mieux s’adapter à l’environnement difficile, alors que les petits et moyens transporteurs, eux, continuent de se débattre », explique M. Tyler. Dans l’ensemble, les résultats ont été favorisés par une forte croissance du trafic passagers (5,3 %) et une augmentation des rendements de 3,0 %. Malgré le ralentissement de l’économie mondiale, le secteur des voyages d’affaires a été favorisé par des échanges internationaux de biens et services plus solides. Cela a contribué à améliorer la situation, en termes de volumes de passagers et de rendements. À l’opposé, les marchés de fret ont subi une contraction de 2,0 % et les rendements du fret aérien sont en baisse de 2,0 % par rapport à 2011. Bien que le commerce mondial soit toujours en expansion, la tendance de croissance économique – concentrée dans les marchés émergents – a favorisé le transport maritime plutôt que le fret aérien.


 

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Résultats régionaux :

 

Les transporteurs d’Amérique du Nord devraient terminer l’année 2012 avec des profits collectifs nets de 2,4 milliards $. Ce résultat est meilleur que les profits de 1,7 milliard $ enregistrés en 2011, principalement en raison d’une meilleure utilisation des actifs par suite de la récente consolidation de l’industrie. La marge EBIT de 3,4 % est la plus élevée parmi toutes les régions.

 

Les transporteurs européens devraient être au seuil de rentabilité. Il s’agit d’une baisse de 400 millions $ par rapport aux résultats de 2011, mais d’une augmentation de 1,2 milliard $ par

rapport aux prévisions d’octobre. Cela est largement attribuable aux succès des programmes d’efficience et à une plus forte croissance du trafic qui a entraîné des résultats améliorés au second et au troisième trimestre. Bien qu’il s’agisse du facteur le plus important de l’amélioration des prévisions pour 2012, il faut noter que la position financière des transporteurs du continent est la plus faible. Les marges EBIT devraient être de 0,6 % et les résultats au seuil de rentabilité font que cette région est l’une des deux seules (avec l’Afrique) à ne pas prévoir de profits.

 

Les transporteurs d’Asie-Pacifique devraient afficher des profits nets de 3,0 milliards $ (700 millions $ de plus que selon les prévisions d’octobre). Cette région est celle qui obtiendra les bénéfices totaux les plus élevés, tandis que la marge EBIT prévue de 2,9 % est la seconde meilleure, derrière celle des transporteurs d’Amérique du Nord. Il est important de souligner que les transporteurs de la région connaîtront la plus importante chute des profits par rapport à 2011, alors que les compagnies aériennes d’Asie-Pacifique enregistraient des bénéfices de 5,4 milliards $. La région est sous pression en raison de la faiblesse des marchés de fret aérien et du ralentissement de la croissance économique de la Chine.

 

Les transporteurs du Moyen-Orient devraient enregistrer des profits de 800 millions $ (100 millions $ de plus que selon les prévisions d’octobre). Il s’agit d’une légère baisse par rapport aux profits de 1 milliard $ réalisés en 2011 par les transporteurs du Moyen-Orient. Bien que cette région connaisse une forte croissance du trafic long-courrier en transit, ses résultats ont été affaiblis par les événements du printemps arabe et l’instabilité persistante.


 

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Les prévisions pour les transporteurs d’Amérique latine sont inchangées, à 400 millions $. Il s’agit d’une des deux régions, avec l’Amérique du Nord, à connaître une amélioration par rapport à 2011, alors que les profits des transporteurs de la région s’élevaient à 300 millions $. Ce résultat est attribuable en partie à la force du commerce et des économies de la région, et en partie à la consolidation qui a commencé à inverser les pertes observées au Brésil.

 

Les transporteurs d’Afrique devraient terminer l’année au seuil de rentabilité – une prévision inchangée par rapport aux prévisions précédentes et un résultat égal à celui de 2011. Tandis que l’économie du continent est en rapide expansion, ses transporteurs aériens souffrent d’une forte concurrence sur les routes long-courriers, de structures onéreuses et d’un régime réglementaire qui nuit au développement de liaisons à l’intérieur de l’Afrique.

 

Prévisions pour 2013 :

 

Les résultats prévus pour 2013 sont en bonne partie inchangés par rapport à 2012. Les profits nets devraient s’élever à 8,4 milliards $, procurant à l’industrie une marge bénéficiaire nette de 1,3 %. Il est bien que nous allions dans la bonne direction, mais l’année qui vient s’annonce encore difficile pour l’industrie.  

 

Secteur passagers : la demande dans le secteur passagers devrait augmenter de 4,5 % en 2013 (moins que la prévision de 5,3 % pour 2012). Les rendements devraient diminuer de 0,2 % en réaction au prix moins élevé du carburant.

 

Fret aérien : la demande dans le secteur du fret aérien devrait augmenter de 1,4 % (pas suffisamment pour compenser le déclin de 2,0 % en 2012). Le décalage entre les taux de croissance de la demande des secteurs passagers et de fret aérien tend à causer un excès de capacité du fret et une baisse de 1,5 % des rendements.

 

Carburant : 

 

Les prix du pétrole devraient diminuer légèrement à 104 $ par baril (5,50 $ par baril de moins qu’en 2012). Toutefois, la prime payée pour le raffinage du carburéacteur entraînera une légère baisse du carburéacteur qui s’établira à 124,30 $ par baril (en baisse de 5,20 $ par baril par rapport à 2012).


 

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Photos : 1 B747-400 Thaï Aiways @ TK 2 A319 Brussels Airlines 3 B737-800NG Air Algérie 4 A319 easyJet @ Pascal Kümmerling

11/05/2012

Trafic aérien : croissance compromise !

 

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L’Association du transport aérien international (IATA) a publié ses statistiques de trafic aérien international pour le mois de mars, qui révèlent que la demande globale dans le secteur passagers a augmenté de 7.6% et de 0,3 % pour le fret par rapport à mars 2011.

Les comparaisons avec le mois de mars 2011 sont biaisées par les événements qui ont affecté la demande l’an dernier, dont le Printemps arabe, qui a perturbé les voyages au Moyen-Orient et en Afrique du Nord dès février 2011, et le séisme et le tsunami survenus au Japon en mars 2011, qui a affecté les voyages aériens dans la région Asie-Pacifique.

L’IATA évalue que le taux d’augmentation des voyages aériens en mars, en glissement annuel, était de deux points de pourcentage au-dessus de ce qu’il aurait été si ces événements n’avaient pas eu lieu.

La demande dans le secteur du fret, entre-temps, a été affectée par la date du Nouvel An chinois, qui est arrivé en janvier cette année, augmentant les envois en février, alors qu’il a eu lieu en février l’an dernier, augmentant le volume d’envois en mars 2011, ce qui affecte les comparaisons d’une année sur l’autre. Si on compare à février 2012, le fret aérien en mars a connu une augmentation substantielle de 2,2 %.

La capacité totale du secteur passagers a augmenté de 4,4 % par rapport à mars 2011, entraînant un coefficient d’occupation des sièges de 78,3 %, en hausse de 2,4 % en glissement annuel. La capacité du fret, toutefois, a augmenté de 1,7 % en glissement annuel, soit plus que le taux de croissance de la demande, créant une pression sur les coefficients de charge.

Marchés passagers internationaux :

Les voyages internationaux ont augmenté de 9,6 % en mars par rapport à l’année précédente, tandis que la capacité a augmenté de 5 %, ce qui a donné un coefficient d’occupation des sièges de 77,7 %, en hausse de 3,2 % par rapport à mars 2011.

Les transporteurs européens ont enregistré la plus forte croissance de trafic parmi les principales régions, malgré la récession qui s’accentue dans certaines parties du continent. La demande était en hausse de 8,8 % en glissement annuel, avec une augmentation de capacité de 4,1 %. Le coefficient d’occupation a atteint 78,5 %. Cette croissance est en partie attribuable à l’augmentation des exportations européennes vers les économies asiatiques plus fortes et des voyages d’affaires qui en découlent.

Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont aussi connu une croissance vigoureuse, la demande étant en hausse de 8,1 %, avec une augmentation de capacité de 4,3 %, ce qui a hissé les coefficients d’occupation à 76,5 %. Les comparaisons d’une année sur l’autre ont été influencées par le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon en mars 2011, qui aurait réduit la demande de 2011 de 3 %, selon les estimations, exagérant d’autant la croissance en glissement annuel.

Les transporteurs d’Amérique du Nord ont enregistré une augmentation de 5,3 % du trafic passagers, ce qui constitue une solide performance pour la région, en lien avec l’amélioration des résultats économiques aux États-Unis, et en particulier avec l’augmentation de la confiance des consommateurs. La capacité a augmenté à un rythme bien inférieur, soit 0,9 %, faisant augmenter légèrement les coefficients d’occupation à 80,3 %, le plus élevé parmi les régions. Un très rigoureux contrôle de la capacité dans la région permet aux transporteurs aériens de maximiser l’utilisation des actifs, compensant en partie l’augmentation du coût du carburant.

Chez les transporteurs du Moyen-Orient, la demande a bondi de 20,9 %, avec une augmentation de capacité de 12,4 %, hissant les coefficients d’occupation à 78,7 %. Il s’agit du taux de croissance le plus élevé parmi les régions, mais il reflète essentiellement la faiblesse du marché qui a suivi le Printemps arabe de l’an dernier. L’IATA estime que ce phénomène a gonflé l’augmentation du trafic de sept points de pourcentage.

Les transporteurs d’Amérique latine ont connu la seconde plus lente croissance parmi les régions, mais l’augmentation de trafic atteint néanmoins 7,7 %, en glissement annuel, avec une

hausse de capacité de 6,7 %. Le coefficient d’occupation des sièges était de 77,9 %. Cette région est l’une de celles où les distorsions liées aux événements de 2011 sont les plus faibles et la récente expansion est le prolongement d’une croissance soutenue observée depuis le début de 2009.

Les transporteurs d’Afrique affichent une croissance de 14,3 % du trafic, mais on estime que 11 points de pourcentage sont attribuables à la diminution de trafic en mars 2011 lors du Printemps arabe. La capacité a augmenté de 10,7 %. Le coefficient d’occupation de 64,8 % qui en résulte est une amélioration par rapport à l’année précédente, mais il est de loin le plus faible parmi les régions.

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Marchés passagers intérieurs :

Le taux de croissance des marchés intérieurs représente moins de la moitié de celui observé dans les marchés internationaux, à 4,5 %. Cela est attribuable en partie au moment où s’est tenu le carnaval de Rio, mais aussi à la croissance plus lente en Inde.

Le Japon a enregistré la plus forte croissance du trafic, avec une hausse de 15,5 % en glissement annuel. Toutefois, cela reflète l’impact dévastateur des catastrophes naturelles de mars 2011. Le trafic en mars 2011 était en baisse de 27 % par rapport à mars 2010 et le résultat aurait été pire si le séisme était survenu plus tôt dans le mois. Alors que le marché s’est considérablement rétabli, le niveau de trafic intérieur demeure inférieur de 10 % au niveau d’avant la crise. En fait, depuis la fin de l’année dernière, le nombre de voyages intérieurs a commencé à diminuer. La capacité était en baisse de 2,6 % par rapport à l’année précédente et le coefficient d’occupation des sièges était de 64,8 %, le plus bas parmi les marchés intérieurs.

En Chine, le trafic intérieur a poursuivi sa forte croissance avec une augmentation de 10,1 %, mais la capacité a augmenté de 11,8 %, ce qui a fait baisser les coefficients d’occupation à 80,5 %.

Le marché intérieur des États-Unis affiche une croissance de 1 % tandis que la capacité a diminué de 0,7 %, poussant les coefficients d’occupation à 84,3 %, le plus élevé parmi tous les marchés.

Les transporteurs aériens du Brésil ont été affectés par la date carnaval de Rio qui s’est tenu en février 2012, un mois plus tôt qu’en 2011. Le trafic a augmenté de 2,9 % en mars 2012, mais on estime que ce chiffre aurait doublé sans cette distorsion. La capacité a augmenté de 9,2 % et le coefficient d’occupation était en baisse, à 65,2 %.

Le trafic en Inde a augmenté de 4 % en glissement annuel, soit beaucoup plus lentement qu’au cours des derniers mois, ce qui reflète le ralentissement économique. La capacité a augmenté de 4,8 % et le coefficient d’occupation était de 72,2 %. Fret aérien (intérieur et international).

Les marchés de fret aérien commencent à montrer des signes d’expansion. Le nombre de tonnes-kilomètres de fret (FTK) était plus de 4 % plus élevé en mars qu’au quatrième trimestre de 2011. Toutefois, si on compare à mars 2011, la taille du marché était en hausse de seulement 0,3 %. Cela est dû au fait que le Nouvel An chinois avait lieu en février 2011, ce qui a fait augmenter les envois en mars 2011 alors que les usines reprenaient leurs activités après la période des célébrations.

Les transporteurs d’Asie-Pacifique et d’Europe ont subi des baisses de trafic de fret de 3,1 % et 1,9 % respectivement, par rapport à l’an dernier.

Les transporteurs du Moyen-Orient ont enregistré une augmentation de 15,1 % de la demande, la meilleure performance parmi les régions. De ce chiffre, on impute environ quatre points de pourcentage aux diminutions de trafic liées au Printemps arabe de l’an dernier. Les transporteurs d’Amérique latine ont vu leur trafic de fret augmenter de 4,9 %, tandis que ceux d’Afrique ont connu une augmentation de 3,9 % par rapport à l’an dernier. 

Chez les transporteurs d’Amérique du Nord, la demande a augmenté de 1,6 % en glissement annuel.

Le bilan :

L’Espagne et le Royaume-Uni ont glissé dans une récession à double creux au cours des dernières semaines. Depuis le mois d’avril de cette année, le Royaume-Uni a augmenté de 8 % sa taxe sur les passagers aériens (déjà la plus onéreuse taxe sur l’aviation au monde), soit une augmentation deux fois plus élevée que le taux d’inflation. L’Espagne, dont l’économie dépend grandement du tourisme, envisage une augmentation de 50 % des frais à ses deux grands aéroports (Barcelone et Madrid).

Nombreuse sont les compagnies aériennes qui se lance dans non seulement dans la répercussion du prix du kérosène sur les billets mais en parallèle mettent en place des restructurations allant vers des suppressions d’emplois. Lufthansa , par exemple qui vient d’annoncer que la compagnie allait se défaire de 3'000 postes principalement au sein de son administration. Air France-KLM est condamnée à la restructuration avec une perte de 4 millions d’euros par jour. Autre exemple significatif, la compagnie  Emirates vient d’annoncer jeudi une chute de son bénéfice de l’ordre de 61%(629 millions de dollars) et ceci à cause de l’augmentation de sa facture en carburant, soit 44,4% (6,6 milliards de dollars).

De plus, si l’on prend en compte l’entrée en vigueur de la taxe carbone dans l’UE, celle-ci additionnée à de nouvelle hausses du baril de pétrole pourrait contraindre les transporteurs à purement est simplement se passer de marges financières !

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Photos : 1 A340 Iberia 2 A310 Air Transat 3 B767 Florida West @ Fabricio Jimenez