22/05/2017

Des Challenger 604 pour remplacer le Beech 1900D !

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Berne, Lors de la séance du 17 mai 2017, le chef du DDPS a informé le Conseil fédéral sur les négociations concernant l’acquisition de deux avions de la Garde aérienne suisse de sauvetage Rega. Il s’agit d’avions d’occasion de type Bombardier Challenger CL604 destinés à remplacer le Beech 1900D du Service de transport aérien de la Confédération. Pour cet achat, le DDPS souhaite proposer un crédit d’armement de 13 millions de francs dans le message sur l’armée 2018.

La Confédération a besoin d’importantes capacités de transport aérien, notamment pour l’armée. L’avion Beech 1900D du Service de transport aérien de la Confédération (STAC) nécessitera, fin 2018, l’investissement de deux à trois millions de francs pour la modernisation de son avionique et de sa cabine. Ce maintien de la valeur deviendrait superflu en cas d’achat des deux avions d’occasion de la Rega et le Beech 1900D pourrait être vendu.

A l’avenir, les deux CL604 permettraient de gagner en autonomie et de remplir diverses missions : rapatriement et évacuation sanitaire (MedEvac) rapides de citoyens suisses, soutien à des actions d’aide humanitaire (HUMRO) et au Corps pour l’aide en cas de catastrophe, transport de détachements, réalisation de modules d’instruction à l’étranger et engagements divers. Les deux appareils pourraient en outre être mis à la disposition du Secrétariat d’Etats aux migrations (SEM) pour le rapatriement de personnes expulsées pour lequel la location coûteuse d’avions supplémentaires pourrait être évitée.

Etant donné que la Rega vend ses avions avec leur équipement médical pour le transport de blessés, la Confédération pourrait couvrir ses propres besoins pour ce type de transports ou en faire bénéficier les engagements subsidiaires (avec le soutien de la Rega ou d’autres prestataires) en cas d’urgence médicale impliquant des citoyens suisses à l’étranger.

Des dépenses inutiles pour la location d’appareils de remplacement pourraient également être évitées en cas de panne ou d’entretien normal d’un des deux avions. De plus, les CL604 pourraient remplir des missions d’engagement avec plus de souplesse, d’efficacité et de stabilité dans un périmètre plus large avant d’atteindre la fin de leur durée de vie en termes d’heures de vol (prévue pour 2031).

Pour l’achat de ces avions, le DDPS souhaite proposer un crédit d’armement de 13 millions de francs dans le message sur l’armée 2018. Au final, c’est le Parlement qui tranchera.

Le STAC effectue non seulement des vols en faveur des département fédéraux, mais aussi des engagements militaires, notamment pour les contingents des opérations de promotion de la paix de Swissint et des Forces aériennes dans les Balkans, ainsi que des vols de mensuration pour swisstopo. Le service utilise une flotte mixte constituée de jets commerciaux, d’avions à hélice et d’hélicoptères. (Sources DDPS).

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Photos : 1 Challenger 604 de la REGA 2 Le Beech 1900D @ DDPS

07/04/2017

Le point sur l’oxygénation de nos Hornet !

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Suite à une série de problèmes révélés aux Etats-Unis, les médias suisses rapportent des problèmes d’alimentation en oxygène dans les F/A-18 C/D « Hornet » des Forces aériennes. Il est important de clarifier la situation, car une fois de plus l’information est incomplète et peut mener à une confusion.

La situation en Suisse :

Les F/A-18 C/D « Hornet » volent depuis environ 20 ans au sein des Forces aériennes suisses et ont accumulé plus de 100’000 heures de vol. Au cours de cette période, quelque 100 plaintes de pilotes ont été enregistrées concernant l'alimentation en oxygène. Cela correspond à une plainte pour 1000 vols effectués. Cinq de ces annonces concernaient des cas d'hypoxie. Cela signifie que le pilote était insuffisamment alimenté en oxygène. Ces annonces datent des années 2002, 2008, 2011, 2014 et 2016. Sur ces cinq cas, deux ont été qualifiés de graves.

Réaction :

Les Forces aériennes ont analysé chacune de ces annonces et pris des mesures appropriées. Ainsi, une procédure supplémentaire de test a été mise en place, les instructions concernant le lavage des moteurs au terme d'un engagement prolongé des appareils à l'étranger ont été adaptées et une alarme supplémentaire a été intégrée. Les pilotes ont aussi été sensibilisés à la thématique par un entraînement en chambre de décompression et des exercices particuliers sur simulateur.

En outre, les F/A-18C/D Hornet des Forces aériennes suisses sont très bien entretenus par un personnel hautement qualifié et sont normalement stationnés à l'abri dans des hangars. Contrairement aux F/A-18 alignés par les Etats-Unis, les appareils suisses ne sont pas engagés à partir de porte-avions ou de bases aériennes situées dans le désert, ce qui a un impact positif sur l'intégrité du circuit d'oxygène des avions.

Deux problèmes différents:

Il faut différencier deux problèmes survenu au USA. D’un côté, il y a un problème rare de décompression avec les « Hornet » de séries A/B/C/D au standard Block10 (Espagne, Canada), doté du système d’alimention en oxygène avec des bouteilles d’oxygène. Par contre, la maintenance est adaptée en fonction du vieillissement de ces appareils.

Par contre, Les Hornet C/D Block18 (Suisse, Finlande, Koweit) et les « Super Hornet » et plus précisement les E/A-18G « Growler » de la Marine américaine sont eux dotés du système d’alimentation de type OBOGS. Ces appareils ont un problème différent. En effet, il est apparu que le système OBOGS pouvait être contaminé par des lubrifiants et les fluides des moteurs qui se sont infiltrés dans le système de génération d'oxygène. Il apparaît également que les avions écoles de l’US Navy de type BAe T-45 « Goshawk » subissent le même problème de contamination par des fluides. Ce problème semble d'ailleurs plus grave sur les T-45, car les instructeurs de la Navy refusent depuis plusieurs semaines de continuer à voler, tant que le problème n'est pas résolu.

 

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Photos : 1 Boeing F/A-18 C/D Hornet @ Swiss Air Force 2 E/A-18 « Growler » @ US Navy

09/12/2016

Police aérienne 24/24 : seconde phase !

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Le développement de la disponibilité du service de police aérienne se poursuivra par étapes jusqu’à fin 2020. A terme, il est prévu que deux avions armés soient opérationnels 24 heures sur 24, 365 jours par an. La prochaine étape débutera le 2 janvier 2017 : à compter de cette date, le service de police aérienne sera disponible 365 jours par an de 8h00 à 18h00, week-ends et jours fériés compris.

Le projet PA24 va permettre de réaliser en quatre étapes la disponibilité opérationnelle permanente avec deux avions armés prêts à décoller en l’espace de 15 minutes au maximum soit QRA15 (Quick Reaction Alert) en temps normal, en cas de crise on peut abaisser le temps à 8 minutes, pilote dans l’avion moteur éteint (QRA8) et finalement pilote dans l’avion moteur allumé soit QRA3.

2017, phase II :

La première étape a débuté au commencement de 2016 : pendant 50 semaines, deux avions armés étaient disponibles les jours ouvrables de 8h00 à 18h00. La deuxième étape débutera prochainement : dès le 2 janvier 2017, la disponibilité sera étendue puisque les avions seront prêts à être engagés 365 jours par an, donc aussi les week-ends et les jours fériés.

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2019, phase III :

Dès 2019 et le lancement de la troisième étape, les avions de combat se tiendront prêts de 6h00 à 22h00 et, fin 2020, dans le cadre de la quatrième étape, le service sera étendu encore une fois puisque les avions seront prêts à être engagés 24h sur 24, 365 jours par an. Par ailleurs, avant fin 2020, une disponibilité des avions 24 heures sur 24 peut être garantie pour une durée limitée en tout temps ou de façon imprévue.

La police du ciel :

Les deux appareils sont affectés à des hot missions et à des live missions. Dans le premier cas, il s’agit d’intercepter des aéronefs qui violent gravement les règles du trafic aérien ou la souveraineté dans l’espace aérien suisse. Par live missions, on entend le contrôle ponctuel des aéronefs d’Etats étrangers qui requièrent une autorisation de vol diplomatique (diplomatic clearance) pour le survol du territoire suisse.

La réalité :

En 2015, près de 300 avions ont été ainsi contrôlés. On dénombre par ailleurs pour la même année 44 violations de notre espace aérien.

Les structures :

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Le site principal du projet PA24 est la Base aérienne de Payerne. Toutefois, en cas de fermeture des pistes de l’aérodrome, les vols se dérouleront à partir d’Emmen ou de Meiringen. Pour concrétiser intégralement le projet à la fin 2020, une centaine de postes supplémentaires seront créés aux Forces aériennes, à la Base logistique de l’armée et à la Base d’aide au commandement. Les frais supplémentaires se monteront à près de 30 millions de francs par an. Ce montant comprend essentiellement des coûts de personnel, des coûts pour la sécurité des vols et des coûts d’exploitation. La PA24 permettra à terme que des mouvements aériens avec des avions de combat puissent se dérouler en dehors des horaires habituels du service de vol, y compris parfois sous forme de vols supersoniques. Ces tâches sont indispensables pour assurer en permanence la sécurité du trafic aérien et protéger 24 h sur 24 les droits souverains de la Suisse.

 

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Photos : 1 Interception d’un F-27 par un Hornet@ Swiss Air Force 2 F/A-18 à Payerne @ P.Kümmerling

 

20/09/2016

Nos pilotes vont s’entraîner en Espagne !

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Pour une nouvelle année consécutive, un détachement de nos pilotes va se rendre en Espagne du 23 septembre au 7 octobre pour participer à une formation internationale dans le cadre du Tactical Leadership Programme (TLP), qui se déroule à Albacete.

En participant à cet exercice, le détachement suisse complète l’entraînement de défense aérienne qu’il ne peut exécuter que partiellement en Suisse en raison des mesures prises par égard pour la population. L’objectif est de développer les aptitudes et la capacité à collaborer des participants. L’armée de l’air espagnole est l’hôte de cet événement.

Pendant ces deux semaines, quarante collaborateurs des Forces aériennes suisses, seront détachés sur la Base aérienne d’Albacete. Quatre avions de combat de type F/A-18 y seront engagés.

Tactical Leadership Programme (TLP) :

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La base d’Albacete abrite le centre européen d’entraînement au combat aérien, le Tactical Leadership Programme (TLP) dont nos pilotes vont bénéficier pour la septième fois (première en 2010). L’objectif du TLP est d’accroître l’efficacité des Forces aériennes dans le cadre de développement des compétences en leadership tactique et capacités de vol, la planification des missions, ainsi que les initiatives conceptuelles et doctrinales.

Les Forces aériennes alliées en Europe centrale (AAFCE) avaient émises, il y a plus de 30 ans la volonté de la création d’un tel site d’entraînement dans un but non seulement d’améliorer les procédures tactiques, mais aussi à l’élaboration des techniques qui renforcent la coopération aérienne multinationale.

L’expérience d’un de nos pilotes à l'étranger :

Pilote professionnel sur Boeing F/A-18 « Hornet » au sein de l’escadrille 17 à Payerne le Capitaine David Menth m’explique les particularités de la formation au TLP :

Les exercices au sein du TLP sont complexes, car ils mettent en œuvre différents types d’avions engagés pour une même mission. Il faut pour cela une préparation minutieuse qui doit tenir compte des différences entre les aéronefs. Certains devront par exemple ce ravitailler plus vite que d’autres.

Les enseignements au sein du TLP permettent de se familiariser avec les forces aériennes amies et de travailler ensemble à la réalisation de scénarii multiples. Exercices air-air, air-sol et SAR et même avec des unités au sol.

David m’explique qu’au TLP tout est organisé comme sur un théâtre d’opération. Chacun reçoit un rôle bien précis pour la mission qui va suivre. Un long briefing de préparation doit permettre de proposer un plan cohérent afin de remplir les objectifs de la mission.

Durant l’exercice, les équipages sont soumis à des situations de plus en plus complexes. De plus, les instructeurs du TLP peuvent également corser la mission en directe, en simulant une panne ou une éjection d’un pilote. Ces difficultés obligent les équipages à rester flexibles.

De retour de mission, les équipages suivent un long débriefing en deux parties, la première concerne le vol entre les pilotes et le second est spécifique aux critiques des instructeurs.

Le TLP permet d’acquérir de hautes compétences guidées par des procédures communes au sein de l’Otan mises à l’épreuve dans les conflits modernes.  

 

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Photos : 1 Hornet suisse au TLP 2014 @ Ricardo Calahorra 2 badge TLP 2016 @P.Favre 3 Cap David Menth @ P.Kümmerling

Remerciements : Delphine Allemand service communication du DDPS, Cap.David Menth.

 

 

09/06/2016

Exercice franco-suisse Epervier 2016 !

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Du 10 au 26 juin 2016, les Forces aériennes suisses participent avec une quarantaine de collaborateurs, dont 12 pilotes, à l’exercice bilatéral de défense aérienne «Epervier16 » qui se tient à Mont-de-Marsan (France).

La délégation suisse se compose d'environ 40 personnes et de quatre avions de chasse de type F/A-18. L'exercice offre l'opportunité de s'entraîner conjointement avec une nation étrangère, de tester les procédures des Forces aériennes suisses dans un environnement international, d'exercer l'interopérabilité de l'équipage, ainsi que d'augmenter l'expérience des collaborateurs au sol et en l'air.

En participant à cet exercice, le détachement suisse complète l'entraînement de défense aérienne, qu'il ne peut exécuter que partiellement en Suisse en raison des mesures prises par égard pour la population.

Un arrangement technique entre la Suisse et la France sert de base légale pour la participation helvétique à l'exercice «Epervier16».

Exercice « Epervier » :

L’Exercice « Epervier » n’est pas une première, il existe depuis plusieurs années entre nos deux pays. Dans le cadre des échanges bilatéraux, l’exercice “Epervier” se déroule chaque année à tour de rôle en Suisse et en France. Mais pour des raisons d’engagement sur des théâtres d’opération étrangers de l’Armée de l’air française, cet exercice avait été momentanément reporté ces dernières années.

Epervier, c’est l’occasion pour les deux Forces aériennes de s’entrainer conjointement au combat aérien longue portée BVR (Beyond Visual Range = hors de portée visuelle) et combat aérien rapproché (Dogfight) en enchaînant des missions simples 1 vs 1 puis, plus complexes 4 vs 4.

Il s’agit également de peaufiner les procédures d’engagement afin de parfaire la capacité commune d’engagement en matière de partenariat de défense aérienne.

Il faut rappeler que depuis plusieurs années le partenariat entre les deux pays à fortement augmenté dans le domaine de la sécurité en Europe et ce genre d’exercice, ainsi que l’entraînement au ravitaillement en vol des F/A-18 suisses sont devenus chose courante.

 

Photo : Mirage 2000-5 de l’EC 1.2 « Cigognes » et deux F/A-18 C Hornet lors en 2009 @ Swiss Air Force