19/02/2019

La première suissesse qualifiée sur F/A-18 « Hornet » !

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Payerne, ce mardi a eu lieu à la présentation officielle de la première femme à piloter un avion de combat Boeing F/A-18 C/D « Hornet ». Depuis le 1er janvier 2019,le premier-lieutenant Fanny Chollet est opérationnelle au sein de l'escadrille d'aviation 18 "Panthers" basée à Payerne. L’occasion de rencontrer ce « Chevalier du Ciel » au féminin.

 

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Rappel :

En décembre 2017, Fanny Chollet est devient la première femme a recevoir son brevet de pilote militaire en vue d’une transition sur « Hornet ». Puis à ce jour elle a poursuivi sa formation d'un an sur le F/A-18.La transition du PC-21 au F/A-18, avec sa vitesse de près de 2000km/h, a été une étape importante pour la pilote et l'entraînement tactique fut exigeant. «Mon objectif est de maîtriser l'entraînement et d'accomplir toutes mes missions ultérieures de la meilleure façon possible», explique-t-elle. Le chemin jusqu'au cockpit du « Hornet » fut long, exigeant et sans traitement de faveur aucun. Tout au long de sa formation, elle ne s'est jamais sentie traitée différemment par rapport à ses collègues masculins. Les règles ont toujours été les mêmes pour tous.  

 

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Le rêve devient réalité :

Dix ans après son choix de devenir pilote d'avion de combat, la jeune femme de 28 ans est maintenant assise depuis janvier dans le cockpit d'un F/A-18 « Hornet » et participe quotidiennement au service de vol avec des engagements de police aérienne ou des exercices de combat aérien. Sa carrière ne va pas s'arrêter là et déjà de nouveaux objectifs se présentent: un cours de conduite pour devenir capitaine, une campagne internationale d'entraînement et une formation tactique pour devenir leader d'une formation de deux avions (section lead) sont au programme. Aux futurs pilotes, elle recommande de sauter le pas dans la troisième dimension en s'inscrivant au cours SPHAIR. C'est là que débute l'introduction à l'aviation, aussi bien militaire que civile. Son conseil pour les jeunes intéressés: «Soyez motivés, engagés et toujours préparés. Être pilote militaire est une passion.»

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Qui est Fanny :

Fanny "Shotty" Chollet est née en 1991, vient de Saint-Légier / VD, est diplômée de Pully High School avec une majeure en biologie et chimie et a fait sa formation d'officier dans l'armée de l'air. Elle a gagné sa vie sur les aérodromes militaires Payerne, Dübendorf et Alpnach. Depuis 2012, Chollet est employé par l'armée de l'air suisse et membre de la classe pilote 11 dans l'école de pilote d'Emmen. Elle a complété sa première partie de sa formation avec la licence de pilote professionnel civil de Swiss Aviation Training (SAT, aujourd'hui Lufthansa Aviation Training) et le Bachelor in Aviation de l'Université des Sciences Appliquées de Zurich (ZHAW) à Winterthur. Puis elle a suivi les phases d'un an sur Pilatus PC-7 et Pilatus PC-21.

Une modestie qui en impose :

Fanny, j’ai eu le plaisir de la rencontrer une première fois, lors de la première édition du meeting aérien RIO2.0 sur l’aérodrome d’Ecuvillens, avec l’équipe organisatrice. Sympathique et disponible, ce fut un plaisir de faire un article ici sur le blog. A l’époque, elle n’était qu’au début de sa formation et tout restait à faire. Une aventure en soi, semée de doutes et de réussites, dans un monde bien particulier, que celui de l’aviation à plus forte raison dans un monde de militaires. Fanny a atteint un point culminant dans un métier difficile, à force de travail et de persévérance, là où beaucoup ont échoué. Fanny n’est pas mieux ou moins bien que ses collègues masculins, elle est elle-même. On appelle cela l’égalité professionnelle. Pour autant, là voici qui ouvre une nouvelle page de l’aviation de notre pays, déjà un petit bout d'histoire. Fanny rejoint ainsi ces femmes connues ou restées dans l’ombre de l’histoire de l’aviation internationale de ses débuts à aujourd’hui. Mais n’oublions pas, celles qui n’ont pas eu droit aux flashs des médias, comme ses collègues féminines, pilotes militaires également, mais qui œuvrent sur Super Puma/Cougar ou EC-635. Un bel exemple pour toutes et tous, respect Mesdames !

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Photos : Présentation du Plt Fanny Chollet, Payerne En compagnie du Cmdt des Force Aérienne le Divisionnaire Bernhard Müller @ P.Kümmerling

28/03/2018

Suisse : Les derniers F-5 E/F fêtent leur 40ème anniversaire !

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L'année 2018 est une date anniversaire avec la célébration du 40ème anniversaire des derniers avions de combat Northrop F-5 E/F Tiger II encore action au sein de la Force aérienne suisse.

L’arrivée :

En 1976 à l'issue d'essais approfondis, le Parlement se prononça pour l'acquisition d’un premier lot de 72 avions de combat Northrop F-5 « Tiger II », soit 66 de type F-5E (monoplaces) et 6 de type F-5F (biplaces). Puis en 1981 une seconde tranche fut acquise soit 32 F-5 E et 6 F-5 F. Les escadrilles 11 et 18 ont été les premières à effectuer la transition sur ce nouveau jet. Le 24 janvier 1978 atterrit à Payerne le premier Northrop F-5E « Tiger II » construit en Suisse. Les pilotes de l'escadrille aviation 18 transitent sur ce nouvel avion de combat. Diverses adaptations sont nécessaires pour recevoir le nouvel avion F-5.

À la suite de la mise hors service des Venom, et avec l'accroissement des missions d'appui au sol confiées aux Hunter, les moyens commencèrent à manquer pour les tâches de couverture aérienne. Le Northrop F-5E « Tiger II » devait alors venir compléter la flotte aérienne.

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La fin est proche :

Avec le message sur l’armée 2018, le Conseil fédéral demandait le 14 février 2018 la mise hors service de systèmes d’armes partiels ou complets, dont 27 des 53 avions de combat F-5 Tiger encore en possession de l’armée, qui doivent être vendus. Les 26 appareils restants continueront d’être engagés pour décharger les F/A-18 de tâches secondaires. Ils seront affectés principalement à l’entraînement (pour servir de cibles), à la surveillance de la radioactivité et à la Patrouille Suisse.

La Patrouille Suisse :

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Pour améliorer la visibilité du « Tiger » pour les spectateurs au sol, mais aussi pour les pilotes entre eux, 12 avions ont reçu leur livrée rouge et blanche actuelle, qui permet aussi de mieux les distinguer en combat aérien. Pour encore plus de visibilité, ces avions ont été équipés d‘un dispositif fumigène commandé par un bouton situé sur le manche à balai et enclenché au signal du leader. Un mélange de diesel et d‘huile est alors vaporisé dans les gaz d‘échappement du réacteur droit pour générer de la fumée. L‘effet dure environ 3 minutes en tout. Pour faire de la place pour le réservoir supplémentaire des fumigènes, on a démonté le canon droit des « Tiger » rouge et blanc.

 

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Rappel :


L'entreprise américaine Northrop a développé dans les années 1950 le F-5 comme avion de combat léger. Son premier vol dans sa version F-5A/B « Freedom Fighter » a eu lieu en 1959. Le F-5E/F « Tiger II » a été ensuite développé jusqu'à son vol inaugural en 1972 avant d'être produit en 1’400 exemplaires jusqu'en 1987. La fin prévue du service était l'année 2010. La logistique et l'entretien ont été planifiés en conséquence de cette durée de vie de 30 ans. Les avions ont été achetés pour être employés dans la défense sectorielle. Cette dénomination n'est plus utilisée aujourd'hui, mais la mission de la flotte des Tiger est restée : défendre l'espace aérien au dessus de la Suisse. Il subsiste aujourd'hui 54 F-5 en service dans l'armée de l'air suisse. Les Tiger suisses peuvent être équipés de missiles à tête chercheuse à infrarouge de type AIM-9P Sidewinder. Les monopélaces disposent de deux canons de calibre 20 millimètre, les versions à deux place d'un seul canon. En comparaison des avions de combat modernes, il manque aux Tiger des capacités, comme le vol de nuit, le vol en toute condition atmosphérique, la capacité d'acquérir des cibles volant au ras du sol, la possibilité d'être équipés de missiles guidés par radar, etc. Ce manque de capacités ne permette pas d'engager le « Tiger » en tant qu'avion de combat pour les seules missions de police aérienne et non pour la défense de l'espace aérien ou dans des opérations de défense au sens élargi. Les avions de combat modernes ont la capacité de combattre "beyond visual range", au delà du champ visuel du pilote. 

Ce que le Tiger ne peut pas faire :

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Le F-5 a été développé dans les années 1950, au temps de la guerre de Corée, la guerre aérienne se faisant alors de la même façon que pendant la deuxième guerre mondiale, mais avec des avions plus rapides. Elle était conduite généralement par beau temps sur des distances assez courtes. Le F-5 dispose d'un radar, mais son utilité ne dépasse pas la portée des armes disponibles, au plus loin correspondant à la distance d'engagement des missiles AIM-9P Sidewinder. Ceux-ci ne peuvent être engagés qu'à vue et sur une distance ne dépassant pas quelques kilomètres. Les pilotes d'avions de combat modernes peuvent verrouiller leur armement sur une cible reconnue au radar. Un pilote de « Tiger » peut ainsi se faire abattre sans avoir même vu son adversaire. De plus, il n'est pas possible d'effectuer des missions par mauvais temps ou de nuit avec la vieille avionique du F-5. L'avion peut certes voler dans ces conditions, mais ne peut en aucun pas mener un combat aérien. Ses capacités aérodynamiques, d'accélération et de vitesse sont des handicaps sévères pour le F-5. Le « Tiger » ne dispose pas de la possibilité d'être ravitaillé en vol, ni de la possibilité d'échanger des données avec d'autres aéronefs ou vers la centrale d'engagement au sol. L'utilisation du système d'armement n'est pas très complexe à maîtriser pour les pilotes. Le temps d'instruction en est ainsi limité, ce qui fait du « Tiger » le dernier avion de l'armée Suisse qui soit adapté à des pilotes de milice. 

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21/10/2017

La Patrouille Suisse remporte le prix aero Suisse 2017 !

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Hier, la patrouille suisse a reçu à Lucerne, en présence du Conseil Fédéral Johann Schneider-Amman, le prix aero Suisse Award 2017 pour les mérites particuliers de la Suisse.

Aerosuisse, la fédération faîtière de l’aéronautique et de l’aérospatiale suisses, a décerné son Award 2017 à la Patrouille Suisse, la patrouille acrobatique officielle des Forces aériennes, pour son rôle d’ambassadrice de notre pays et de ses valeurs, tant en Suisse qu’à l’étranger. Le jury du prix rend ainsi hommage « aux six pilotes militaires de carrière qui de par leurs compétences extraordinaires entretiennent la fascination du vol, représentent des modèles pour des jeunes à la recherche de leur vocation et contribuent à renforcer l’image positive des Forces aériennes suisses ».

 

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Photos : 1 La PS en vol 2 Team 2017 @ Swiss Air Force/4K

 

03/10/2017

Une première en Suisse: des modifications robotiques sur F/A-18 !

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Un important jalon du deuxième projet de renforcement structurel du F/A-18 a été franchi avec la première modification préventive implémentée sur un Boeing F/A-18 « Hornet » J-5003. Ce premier prototype, réalisé avec un an d’avance sur le programme initial, consiste à améliorer deux positions critiques de la cellule grâce à un fraisage local effectué par un robot.

Une première en Suisse :

58 autres sous-projets sont en phase de développement dans le cadre du deuxième projet de renforcement structurel (SRP2) du F/A-18. La modification en question consiste à fraiser un cadre dans le but d’enlever la couche supérieure sujette à des microfissures et à optimiser la géométrie localement. L’idée est de prévenir la propagation de fissures à cet endroit afin d’éviter des inspections coûteuses et, le cas échéant, des réparations complexes.

L’utilisation d’un robot permet un fraisage de précision et une constante dans l’exécution, avantages importants qu’un travail manuel ne pourrait garantir. Il est intéressant de noter que, lors de la réalisation du prototype, une fissure a été découverte sur une des quatre positions travaillées. Ce cas de figure était prévu et le dommage a été éliminé en fraisant de manière plus profonde. Le robot étant préprogrammé pour cette opération, aucun retard dans l’exécution n’a été déploré. Cette fissure démontre la nécessité et l’urgence de ces modifications préventives. Une réalisation trop tardive des différents travaux ne permettrait en effet plus de prévenir les fissures.

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Coopération internationale:

Le groupe technologique RUAG est responsable du développement des modifications et des inspections. L’entreprise canadienne L3-MAS s’est vite imposée comme sous-traitant de RUAG pour les modifications robotiques car elle a acquis une grande expérience dans ce domaine lors de travaux pour l'Aviation royale canadienne (RCAF).

Le problème principal des modifications robotiques est leurs coûts de développement. Une diminution des charges de moitié a été réalisée grâce à l’excellente collaboration entre les forces aériennes finlandaises et armasuisse. Les dirigeants finlandais ont en effet été convaincus de l’utilité de ces modifications et ont accepté de contribuer financièrement à leur réalisation.

Les travaux de développement ont commencé durant l’été 2015 et se terminent avec le prototype J-5003. Le budget alloué pour ces travaux n’a pas été dépassé et ces derniers se clôturent plus d’un an avant la date prévue dans l’échéancier initial. On peut également noter que ceci n’aurait pas été possible sans le support de la RCAF qui a livré des données essentielles aux analyses de fatigue, lors d’échanges de gouvernement à gouvernement.

209 inspections et 54 modifications :

Le SRP2 consiste en 209 inspections et 54 modifications. Les inspections doivent garantir la sécurité en vol et les modifications ont pour but de prévenir des dommages. La disponibilité de la flotte à moyen et long terme s’en retrouve améliorée et les coûts d’exploitation diminués.

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Texte : Michel Godinat, armasuisse

 

Photos : 1 Entretien de Hornet chez RUAG à Emmen 2 Robot effectuant la modification sur l’avion J-5003 3 Points critiques @ armasuisse

 

18/06/2017

Le PC-7 Team décoré de la Hartree Memorial Trophy !

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Angleterre, le PC-7 TEAM a reçu une nouvelle décoration lors de sa présentation au lors du Cosford Airshow.  L’équipe de présentation des Forces aériennes suisses s’est vu décernée le célèbre Hartree Memorial Trophy pour la réalisation de sa présentation.

En compétition contre une trentaine d’équipes, le PC-7 TEAM a décroché le prix qui récompense le programme aérien le meilleur et le plus sûr.

Le Cosford Air Show est l’unique manifestation aérienne qui est soutenue officiellement par la Royal Air Force. Elle présente des spectacles aériens et des expositions attirant chaque année plus de 50 000 spectateurs.  

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Une nouvelle récompense :

Cette récompense vient s’ajouter à une impressionnante série obtenue lors de différents meetings aériens internationaux. On se rappelle le prix lors de l’air Tattoo 2013 pour la meilleur présentation avec ’épée  commémorative du roi Hussein. Elle a été remise par Son Altesse Royale le lieutenant général le prince Feisal de Jordanie.  En Belgique lors du célèbre meeting de Sanicole en 2007 l’équipe avait déjà remporté la première place, puis en 2009 à l’Air Tattoo et la même année, lors du meeting du Centenaire à Reims en France.

C'est en 1987 que les Forces aériennes suisses ont mis sur pied pour la première fois une formation de 9 PC-7. Baptisée PC-7 Team, elle s'est présentée une première fois avec son programme acrobatique lors des championnats des Troupes d'aviation, à Dübendorf, après un entraînement de courte durée. Depuis 1989, le PC-7 Team s'est produit lors de différentes manifestations, la plupart du temps en Suisse. Mais, depuis 1992, on voit le PC-7 TEAM de temps à autres aussi à l'étranger (Italie, Autriche, Irlande, Israël, Hongrie, République Tchèque).

Le PC-7 Team ne possède pas de base officiellement attribuée. Ses racines sont toutefois ancrées à Locarno, où le PC-7 Team effectue traditionnellement au moins une partie du cours d’entraînement annuel. Depuis quelques années, Dübendorf joue cependant un rôle de plus en plus important. L’infrastructure optimale et la topographie relativement plate de la région offrent au PC-7 des possibilités d’entraînement idéales, également au nord des Alpes. Pendant la saison, les pilotes de présentation, qui sont tous des pilotes de F/A-18 provenant des escadres de Payerne et de Meiringen, se rencontrent principalement à Dübendorf, d’où ils décollent généralement pour effectuer leurs engagements dans le nord de la Suisse.

 

Photos : 1 le PC-7 Team 2 Hartree Memorial Trophy @ Swiss Air force