02/09/2021

8,6 milliards pour le SCAF !

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Les trois pays membre du programme SCAF (Système de Combat  Aérien du Futur), ont signé un accord d’engagement en vue de la réalisation des travaux en vue de faire voler un démonstrateur du NGF (Next Generation Fighter) d’ici 2027.

L’Allemagne, l’Espagne et la France se sont engagés en faveur du développement d’une aviation de combat de nouvelle génération capable de faire face aux menaces et défis futurs. Le programme SCAF/NGF participe également au maintien d’une base industrielle et technologique de défense européenne dynamique, contribuant ainsi au renforcement de l’autonomie stratégique européenne.

Dans un contexte où la supériorité aérienne est remise en cause par des menaces toujours plus sérieuses, le programme apportera un éventail de capacités permettant d’assurer notre supériorité opérationnelle dans les environnements fortement contestés.

L’accord signé par les trois ministres est le fruit d’une coopération et d’un rapprochement sans précédent entre les entités nationales chargées des questions d’armement : BMVg en Allemagne, DiGAM  en Espagne et la DGA en France. Il consacre la crédibilité de la coopération engagée par les trois nations sur ce programme sous le  leadership de la France et démontre leur capacité à agir conjointement sur des domaines stratégiques.

Dans la continuité des travaux déjà réalisés depuis 2019, il marque une nouvelle étape dont les premières démonstrations en vol seront le résultat en 2027. Ces travaux positionneront les participants industriels des trois nations à l’avant-garde technologique du secteur de la défense.

Ces travaux comprennent notamment sur les différentes technologies indispensables à la nouvelle génération d’aéronefs, de la motorisation, du Cloud ainsi que d’une version non habitée d’aéronef.

Répartition des travaux

Dassaut Aviation aura la charge de travail du NGF sur les lots stratégiques et secondaires phase 1B, en tant maitre d'oeuvre soit 38%. 

Airbus obtient 62% (Allemagne 32%, Espagne 30%) : L'Allemagne va s'occuper de la conception des drones avec MBDA  et Satnus, du Cloud avec Thales et Indra. De son côté l'Espagne aura la charge des technologies de furtivités et des capteurs avec Indra, Thales et l'Allemand FCMS. La motorisation sera du ressort d'une joint-venture entre Safran, MTU et ITP. 

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Photos : 1 Image de synthèse du model NGF habité @ Dassault 2 Présentation de la répartition des travaux @ DGA

05/04/2021

Le SCAF va mieux, mais n’est pas encore sauvé !

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Il y a peu le programme SCAF était presque considéré comme mort, du moins dans sa configuration de base, on évoquait, il y a peu, un éventuel plan B du côté de chez Dassault Aviation. Mais tant que le patient n’est pas déclaré mort, il faut le sauver. A la manière d’une équipe médicale, les différents membres du projet se sont attelés à un difficile exercice sur le partage des tâches du programme afin de redonner une chance à ce dernier.

Les dernières nouvelles semblent plutôt positives, avec ce qui semble bien être un accord de base entre Dassault Aviation et Airbus. Cette entente implique les trois pays du programme, la France, l’Allemagne te l’Espagne. L’accord de fond débouche sur une nouvelle offre qui doit permettre la réalisation d’un démonstrateur. Les deux avionneurs que sont Dassault et Airbus vont être responsables du développement de l'avion de combat de nouvelle génération (NGF). Celui-ci s'intégrera dans un "système de systèmes" qui s'articulera avec des drones accompagnateurs, le tout connecté, via un "cloud de combat", avec les autres moyens militaires engagés dans une opération.

Ce qui a été réglé :

Les deux avionneurs ont donc réussi à s’entendre sur la répartition des charges de travail d’une part. La position de chacun a été clarifiée afin que chacun soit considéré en tant que partenaire et non un sous-traitant du programme.

Ce qui ne l’est pas encore :

Pour autant, il reste des éléments à clarifier. L’un des gros morceaux est celui de la motorisation, en effet, le français Safran, l'allemand MTU et l'espagnol ITP, ne se sont toujours pas accordés en ce qui concerne la réalisation des moteurs.

De l’autre, des problèmes de propriétés intellectuelles concernant des travaux sensibles n’ont pas trouvés de solutions à ce jour.

Le contre la montre :

Le programme SCAF n’est pas encore complètement sorti d’affaires, et le temps joue en défaveur. En effet, il faut absolument trouver un accord global avant le mois de juin prochain, sans quoi le Parlement allemand pourrait purement et simplement refuser le budget de financement du SCAF. Un élément qui doit permettre de pérenniser le programme.

Photo : Maquette du SCAF @ Dassault

14/03/2021

Le SCAF aux soins intensifs ?

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Tout était si bien engagé en 2017 lors de la décision franco-allemande de lancer le développement conjoint de plusieurs systèmes d'armes dont un système de combat aérien européen, sous la direction des deux pays (SCAF). En 2018 Airbus et Dassault s’accordaient sur les principes du SCAF et en 2019 lors du Salon du Bourget, une maquette du futur avion était présentée avec une grande fierté. Mais voilà depuis, les choses se sont compliquées et le patient « SCAF » se retrouve aux soins intensifs.

La fin du SCAF ?

Rien n’est moins sûr, mais à l’évidence les profonds désaccords qui existent entre Dassault, Airbus, et les exigences de l’Allemagne et des Espagnols provoquent de sérieux doutes sur la continuité du programme SCAF à l’avenir, du moins dans sa forme actuelle.

Début mars, le président-directeur général de Dassault Aviation n’a pas mâché ses mots : « Je ne crois pas que le processus vital est engagé, mais je ne vais pas vous dire que le malade n'est pas dans un état difficile ». En ajoutant que de « grosses pommes de discordes persistent sur le partage des tâches, la place de l'Espagne, le pilotage du projet ou la propriété intellectuelle ». Pour autant, Eric Trappier travaille d’arrache-pied avec ses équipes pour tenter de sauver ce futur fleuron de l’industrie européenne.

Ce qui inquiète davantage aujourd’hui, concerne la phrase lancée par ce dernier : « Un chef d'entreprise a toujours en tête un plan B » ! Or, ce propos pourrait laisser penser qu’Eric Trappier ne croit plus véritablement dans un accord avec l’Allemagne et l’Espagne.

De quoi parle-t-on ?

L’accord triparties (Allemagne, France, Espagne) doit permettre de mettre en route les phases 1B les contrats industriels d'étude et 2B du programme, soit avec l'objectif d'un premier démonstrateur qui devrait voler à partir de 2026. Cette étape, que les trois partenaires espèrent boucler avant les échéances électorales de fin 2021 en Allemagne et de 2022 en France, doit se traduire par un investissement conséquent, de l'ordre de 9 milliards d'euros sur six ans qui se décline de la manière suivante : 3 milliards pour l'Allemagne, 3 milliards pour la France, et 2,75 milliards pour l'Espagne.

Les négociations entre les trois partenaires butent actuellement sur deux éléments :

  1.  La charge de travail entre Airbus et Dassault Aviation.
  2. La propriété intellectuelle.

Derrière ces deux points de discorde, il faut comprendre que Dassault Aviation est le maître d’oeuvre pour le New Generation Fighter (NGF) soit l’élément central sur lequel le système SCAF reposera. Mais en Allemagne, des pressions exigent que ce dernier développe sont propres NGF. Deux démonstrateurs NGF pour un SCAF ? Certes, cela pourrait permettre de sélectionner le meilleur de deux. Un peu à la manière de ce que pratiquent les États-Unis avec Boeing et Lockheed Martin. Cependant, il y a un risque que des différences apparaissent et mettent en péril tout le projet.

D’autres divergences existent notamment sur la motorisation du prototype du NGF. Safran qui est maître d’œuvre avec MTU désire proposer un nouveau moteur. Mais en Espagne, on propose d’installer l’EJ200 de l’Eurofighter. Une perte de temps pour Safran. Et puis il y a le choix de l’espagnol Indra comme maître d’œuvre en ce qui concerne le développement du radar et des capteurs du SCAF avec Thales et Hensoldt. Un choix fortement critiqué, car pour beaucoup la société espagnole Indra n’a pas l’expérience de Thales.

Concernant la propriété intellectuelle Eric Tappier a très justement déclaré : « Donner notre savoir-faire aux Allemands et aux Espagnols ce n'est pas possible. Si on donne notre background aujourd'hui parce que j'estime que la confiance s'est instaurée sur un programme de long terme, ça marche, mais si je le donne et que dans deux ans il n'y a plus de programme, comment serais-je protégé face à la concurrence ».

Quel avenir pour le SCAF ?

On le voit la pomme de la discorde est particulièrement grosse et le travail pour finalement décrocher un accord reste complexe. D’autant que ce dernier échoue il faudra à Eric Trapier mettre en place son plan B. Rejoindre le Tempest des britanniques semble exclut, tant ce dernier est déjà en avance. Les places sont déjà occupées avec les italiens et les suédois. Trouver un autre partenaire semble quasiment impossible. Reste un développement français, Dassault sait le faire. Mais il faudra probablement travailler avec des sociétés étrangères pour diversifiés l’intérêt des futurs acheteurs.

Photo : maquette du SCAF au Bourget @ Dassault

 

 

02/08/2019

Le NGF/SCAF sera optimisé pour la marine !

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Le composant de chasseurs de nouvelle génération habité NGF du système de combat aérien du futur le SCAF développé par Dassault Aviation et Airbus sera optimisé dés le début pour les opérations navale depuis un porte-avions. De fait, le NGF devrait avoir un développement similaire à l’avion de combat Rafale.

Les ingénieurs prendront en compte les enseignements tirés des programmes Étendard, Super Étendard et Rafale en matière de résistance à la corrosion et de la compatibilité en ce qui concerne le catapultage et des atterrissages de ponts. Lors des atterrissages, de lourdes charges sont imposées à la cellule lors de l’impact sur le poste de pilotage. Les chemins à travers lesquels ces chocs et ces charges d’impact sont absorbés devront être soigneusement aménagés

Sur le Rafale, il a été décidé de doter la cellule de base de la force nécessaire aux opérations de transporteur, éliminant ainsi le besoin d’améliorations structurelles lourdes qui limiteraient les performances. Bien qu'il soit trop tôt pour spéculer sur la conception finale du futur NGF, il semble bien que des choix similaires seraient probablement faits une fois que les travaux de conception détaillés commenceraient.

La compatibilité électromagnétique est une autre contrainte majeure car les radars embarqués et les radios génèrent des signaux électromagnétiques puissants. Pour y résister, les systèmes électroniques du Rafale sont protégés par un blindage dédié et des connecteurs de haute qualité. Tous ces composants protègent également le Rafale contre la puissante impulsion électromagnétique qui pourrait être générée soit par une explosion nucléaire, soit par une nouvelle génération d’armes à impulsions / à micro-ondes. Le NGF bénéficiera du même niveau de protection.

Pour les opérations sur porte-avions, le NGF devra être équipé d'un train d'atterrissage capable d'absorber un taux de chute de 6,5 m/s et, être équipé d'une barre de lancement pour la catapulte.

Rappel :

La maquette grandeur nature du chasseur nouvelle génération (NGF) de Dassault/Airbus a été dévoilée lors du dernier Salon du Bourget. Le projet SCAF, appelé système de combat aérien pour l'avenir (FCAS), a été accepté pour la première fois en tant que programme franco-allemand en juillet 2017. Pour répondre aux besoins français, le NGF souhaite être capable de supporter la charge.

Outre le NGF, le programme SCAF comprend des plates-formes de télécommunicateurs distantes sans pilote qui agissent comme des multiplicateurs de force "fidèles", et un réseau en nuage de combat aérien. L'intégration des actifs existants est également incluse dans le programme global du SCAF. Un contrat est attendu pour le quatrième trimestre et il est prévu que les démonstrateurs volent d'ici 2026.

Photo :maquette du NGF au Salon du Bourget @Dassault Aviation

16/07/2018

Le concurrent anglais du SCAF sera le « Tempest II » !

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Salon aéronautique de Farnborough, la Première ministre britannique Theresa May a annoncé lundi le lancement d'un nouvel avion de combat, dans le cadre d'un projet associant les britanniques BAe Systems et Rolls-Royce, l'italien Leonardo et le fabricant européen de missiles MBDA.

Mme May a précisé que les participants allaient investir 2 milliards de livres dans ce projet baptisé "Tempest" d'ici à 2025. Cette annonce intervient quelques mois après que les Français et les Allemands ont officialisé leur coopération pour le lancement d'un avion de combat commun baptisé « SCAF ».

La cheffe du gouvernement conservateur a ajouté que cette initiative "visait à garantir l'avenir à long terme de l'industrie de combat" au Royaume-Uni.

Le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, a déclaré pour sa part que le lancement de ce projet, international mais au sein duquel le Royaume-Uni aura une place prépondérante, s'inscrit dans "une stratégie visant à conserver le contrôle du ciel, que ce soit chez nous ou ailleurs".

Les discussions continuent avec Saab :

Pour les Britanniques, il n’est pas question d’être laissés pour compte et ont donc lancé lundi leurs propres travaux exploratoires. Les discussions avec l’avionneur suédois Saab continuent et pourraient bien déboucher sur une nouvelle alliance au sein du programme « Tempest »

Le projet « Tempest II » :

C’est en hommage au célèbre « tueur de panzer » le Hawker « Tempest » de la RAF durant la Seconde Guerre Mondiale, que le nom a été choisi.  Selon les premières informations divulguées par BAe Systems, le « Tempest » devra fonctionner efficacement dans les environnements les plus contestés, encombrés et complexes, où la vitesse et l'agilité sont essentielles.

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Les éléments seront développés comme suit :

BAE Systems - systèmes avancés  de combat

Rolls-Royce - systèmes avancés de propulsion

Leonardo - capteurs avancés, électronique et avionique

MBDA - systèmes d'armes 

Le « Tempest II» devra être flexible, évolutif, connecté et abordable pour assurer une fourniture d’un système pour répondre aux demandes de l'environnement d'exploitation, connu et inconnu. L’avion devra être capable de survivre dans les environnements de combat les plus difficiles, ce qui signifie que la portée, la vitesse et la manœuvrabilité de la charge utile seront essentielles. Le « Tempest » sera doté d'une gamme de capteurs, notamment des radiofréquences, des capteurs électro-optiques actifs et passifs et des mesures de soutien électronique avancées pour détecter et intercepter les menaces.

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Le système est susceptible de fonctionner avec des armes cinétiques et non cinétiques. L'intégration d'armes à énergie dirigée au laser pour l'autodéfense et l'utilisation dans le combat de portée visuelle est également très probable. La capacité de déployer et de gérer des véhicules aériens sans pilote (UAV) à essaimage lancés par l'air à travers une baie de charge utile flexible permet au système de traiter les environnements dangereux de refus de zone d'accès.

L'adaptabilité sera intégrée dans la conception du système, avec des architectures de systèmes qui supportent une approche «plug and play», en intégrant facilement de nouveaux algorithmes et matériels. Le système prendra également en charge «l'autonomie évolutive» pour fournir un certain nombre de modes d'opération sans pilote et une gamme de décisions de pilote, lorsque le vol habité est effectué. Ces fonctionnalités sont reconfigurables dynamiquement et permettent d'améliorer la capacité de survie, la disponibilité, la cyber-résilience et les options tactiques.

Pour fournir un avantage significatif en termes d'information et d'efficacité de la mission, le futur système de combat aérien agira comme un «multiplicateur de force», interopérant avec un large éventail de systèmes en vol et au sol.

 

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Photos : Le projet « Tempest II »@ BAe Systems