15/07/2013

M-345 HET, un pari risqué !

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Le constructeur italien Alenia Aermacchi vient de relancer le programme M-311 d’avion école-léger, mais dans un standard amélioré. Sous l’appellation M-345 HET (High Efficiency Trainer), le nouvel opus se veut complémentaire du M-346.

Une longue suite de développements : 

Le M-345 est une modernisation du M-311, qui n’est autre qu’une version améliorée du S-211. Le SIAI-Marchetti S-211 est un développement qui date de 1976, sa voilure est positionnée en position haute et affecte une très légère flèche.  Cette voilure rendait le S-211 très manoeuvrant. Le cockpit est allongé et abrite un pilote et un instructeur, ce dernier occupant un siège légèrement surélevé. Chacun des membres d'équipages dispose d'un siège éjectable Martin-Baker. La motorisation est assurée par un unique moteur, un turbofan à double flux Pratt & Whitney, moins gourmand en carburant que la plupart des moteurs de l'époque. Mais, la faible puissance délivrée par ce moteur, utilisé initialement par des jets d'affaires, ne rend pas le S-211 très performant, bien au contraire.

En 2005 Alenia Aermacchi tente une première fois de relancer le petit jet avec une nouvelle version, le M-311. Par rapport au S-211, les modifications aérodynamiques portent sur de nouveaux saumons de voilure, une modification des cloisons d’aile, l'apparition de quilles ventrales. La structure et le train d’atterrissage ont été renforcés pour autoriser des facteurs de charge de +7 G  à -3,5 G à 3100 kg en configuration lisse au décollage. Le réacteur  Pratt & Whitney JT15D-5C de 1450Kg  a une puissance supérieure de 30 %. L'avionique est entièrement revue : écrans multifonctions, affichage tête haute à l’avant avec reproduction au poste arrière, plate-forme GPS inertielle, deux ordinateurs de bord pour simuler les missions. L’accent a aussi été mis sur la maintenance, facilitée par une modification des trappes d’accès, l’installation d’un générateur autonome d’oxygène (OBOGS), afin d’améliorer la disponibilité de l’appareil.

 

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Mais depuis plus rien, le projet M-311 a été mis en cocon, jusqu’au dernier Salon du Bourget, ou le constructeur italien a annoncé la relance du programme sous le nom de M-345.

Reprenant les mêmes arguments qu’en 2005, Alenia Aermacchi propose le M-345 en complément du biréacteur M-346 qui se place sur le haut de gamme de ce créneau. Le M-345 devant assurer la formation de base des pilotes. L’avion sera doté d'un nouveau réacteur plus économique et d'une avionique totalement rénovée qui nécessitera d'ailleurs d'allonger le fuselage de l'appareil. 


Si l'Italie sera probablement le client de lancement de ce M-345 HET, l'avionneur compte ensuite sur l'exportation pour assurer la rentabilité du programme. Si l’Italie finalise une première commande, le M-345 pourrait entrer en service d’ici 2020.

Un pari risqué :

Ce nouveau standard dérivé du M-311 est en soi un pari risqué pour l’avionneur italien. En effet, l’avion aura fort à faire avec les T-6 Texan II, Super Tucano, PC-7 MKII et le PC-21 qui est capable de mener l'élève directement sur avion de combat, ce qui n'est pas le cas du M-345. Certes, les coûts du M-345 ont été, selon le constructeur, abaissés au maximum, mais celui-ci ne permet pas une transition directement sur un avion de combat et oblige donc de disposer du M-346 ou d’un appareil concurrent comme le Hawk. Trouvera-t-on une Force aérienne disposée à opter pour deux jets, le M-345 et M-346 ? Toute la question est là !

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Photos : 1 & 2 le M-311 3 La nouvelle appellation au Bourget M-345 @ Alenia Aermacchi

 

 

 




05/07/2011

Les Philippines cherchent un nouvel avion de combat !

 

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L’aviation militaire des Philippines doit se doter d’un avion de combat moderne d’ici 2015 ! C’est en ces termes que les responsables de l’aviation militaire se sont exprimés en fin de semaine dernière ! Les Forces aériennes du pays ne peuvent plus assurer elles-mêmes la surveillance de l’espace aérien sans l’aide des bâtiments de projection de l’US Navy qui assure régulièrement cette tâche avec un porte-avions dans la région.

 

 

Plus aucune  compétence air-air :

 

 Les Philippines ont mis à la retraite les sept derniers chasseurs Northrop F-5 A/B, en 2005 après 40 ans de service, actuellement l’appareil le plus moderne dans l’arsenal philippin est le SIAI Marchetti S-211, soit un appareil d’entrainement !

 

Le reste de la Philippine Air Force (PAF), outre, des hélicoptères Bell Huey  UH-1 se compose de «bons vieux» Bronco OV-10A servant essentiellement à l’appuis au sol des troupes.

 

Une petite flotte d’avions de combat modernes :

 

Les Forces armées des Philippines (AFP) son à court de moyens financiers et n’ont  d’autre choix que de faire avec les ressources existantes, y compris des chasseurs à réaction, cependant 

cette annonce intervient alors que les différents protagonistes de la mer de Chine du sud augmentent tous leurs dépenses militaire dans la région. La Chine et les Philippines revendiquent tous deux les îles Spratly. Les forces armées des Philippines ont d’ailleurs déclaré que neuf incursions « étrangères » ont été relevées dans les Spratly depuis février 2011.

 

De fait, le besoin de pouvoir assurer un minimum la  police aérienne au moins dans cette région est devenu nécessaire. Pour ce faire un cahier des charges, qui prévoit l’acquisition de 6 chasseurs  a été concocté par le ministre de la Défense philippin Voltaire Gazmin.

 

L’avion devra être  multi-rôles devra posséder une capacité de surveillance maritime. Les Philippines ne peuvent se permettre un appareil dont le prix avoisinera une fourchette 

entre 23 et 40 millions de dollars US. Précisons que l’avion pourra être neuf ou d’occasion.

 

 

Pas encore de réels candidats annoncés :

 

A l’heure de la publication de ces lignes, il n’y pas  encore d’annonce de la part des constructeurs, les Etats-Unis ont signifié quelques intérêts avec des F-16 d’occasions modernisés, le Suédois SAAB semble tenté également une offre avec des Gripen A/B également d’occasions.

 

Cependant les Phillippines pourraient aiguiser l’appétit  de nouveaux venu comme les Chinois avec le J-10 ou encore les Indiens avec le TEJAS. Et n’oublions pas Dassault qui pourrait éventuellement tenter de placer quelques Mirage 2000-9 ex-EAU en cas de vente du Rafale à ce pays !

 

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Photos :  1 Northrop F-5A philippin au musée @ 2 SIAI Marchetti S-21 @ PAF