28/07/2020

Le premier essai en vol d’un ravitaillement autonome se prépare !

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L’avionneur Boeing avance à grands pas en direction d’un premier vol destiné à tester le ravitaillement en carburant de manière autonome. Les premières images sont apparues de l’installation de la nacelle sous les ailes du système de ravitaillement en vol sur le drone sans pilote MQ-25A « Stingray » avant le début des essais en vol.

Le MQ-25A est destiné à fournir à l’US Navy (USN) une capacité de ravitaillement autonome pour améliorer les capacités des avions de combat embarqués et étendre leur rayon d’action.

Rappel :

Boeing a remporté en août 2018 un contrat d'ingénierie, de fabrication et de développement (EMD) de 805,3 millions de dollars US par le Naval Air Systems Command (NAVAIR) pour la conception, le développement, la fabrication, le test, la livraison et le support de quatre avions sans pilote MQ-25A. Il est prévu que le MQ-25a puisse obtenir une capacité opérationnelle initiale en août 2024.

Boeing a déjà testé le MQ-25A, soit le prototype n°T1 N234MQ en vol. Ce dernier, a commencé ses activités d'essais en vol en septembre 2019, accumulant environ 30 heures de vol jusqu'en février 2020. Selon le cahier des charges, le MQ-25A devrait livrer 6’800 kg de carburant à 4 à 6 avions.

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Les opérations de ravitaillement en vol seront entreprises à l'aide de deux pods standard, un sous chaque aile, avec un tuyau et un panier de ravitaillement. Il s’agit des mêmes nacelles de ravitaillement qui équipent déjà les F/A-18 E/F « Super Hornet » construite par la société Cobham. 

Le MQ-25A « Stingray » :

Selon l’US Navy, le MQ-25 « Stingray » permettra une meilleure utilisation des avions de combat en élargissant la gamme de déploiement des Boeing F/A-18 « Super Hornet », Boeing EA-18G « Growler » et des Lockheed Martin F-35C. Le MQ-25 fonctionnera depuis les porte-avions en utilisant les mêmes systèmes de bord commun aux avions pilotés par l’homme, comme la catapulte de lancement et les systèmes de récupération du bâtiment.

Désigné le RAQ-25 dans la phase d’évaluation du projet de drone ravitailleur, la désignation a été modifiée en MQ-25 « Stingray ». Les exigences en matière de furtivité permettent toujours de tirer des missiles ou larguer des bombes à partir de pylônes, mais la surveillance et la destruction des cibles ne seront pas la mission principale du nouvel engin.  

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Photos : 1 Le drone MQ-25A « Stingray » 2 Préparation avec les nacelles de ravitaillement 3 Image de synthèse d’un ravitaillement autonome @ Boeing

 

19/06/2020

Gulfstream, le G600 éclipse le G550 !

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Gulfstream Aerospace va bientôt cesser de produire le G550 biréacteur ultra longue portée. Au terme de ce qui sera une production de 18 ans, la version commerciale finale sera livrée à un client en 2021.

Rappel :

Après un lancement du programme en 2000, le G550 est entré en service en 2003 avec les débuts du poste de pilotage de type « PlaneView » qui a remporté le trophée Robert J. Collier pour ses innovations technologiques et ses améliorations en matière de sécurité. Le G550 a depuis été supplanté dans la gamme de produits de l'entreprise par le G600, qui est entré en service l'année dernière.

Le G550 a établi la norme pour les avions ultérieurs et l'industrie avec plus de 600 appareils en service, le G550 a gagné sa place de leader dans l'aviation d'affaires. Avec un rayon d’action de 6’750 nm, l'avion peut emporter jusqu’à 19 passagers a également été utilisé comme plate-forme de mission spéciale.

L’avionneur confirme toutefois que le support produit de l'avion se poursuivra sans relâche dans plus de 30 centres de service appartenant à l'entreprise et autorisés par l'usine à travers le monde.

Place au G600 : 

En août dernier, Gulfstream a livré le premier jet d’affaires G600 qui remplace le G550 à un client américain non identifié,  depuis les installations de son siège de Savannah, en Géorgie (USA). Cette étape intervient un peu plus d’un mois après que l’avion ait obtenu sa certification de type et de production de la FAA des États-Unis.

Le Gulfstream G600 :

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Le G600 représentent l'aube d'une nouvelle ère dans la conception du poste de pilotage, l'intégration, la fonctionnalité, l'ergonomie et même l’esthétique. Gulfstream intègre un nouveau mini-manche de contrôle actif.  L’avionique est dotée du système Gufstream Symmetry Flight Deck dérivée du Primus Epic d’Honeywell.

En matière de cabine le G600 offre un environnement de cabine pressurisée à l'altitude la plus basse sur le marché. Alors qu'ils volent à 51’000 pieds (15’545 mètres), les passagers se sentiront comme s'ils étaient debout sur la terre ferme à une altitude de 4’850 pieds (1’478 mètres). Quant à l'air frais, les ingénieurs de Gulfstream ont mis au point, un moyen d'introduire 100% d’air frais dans la cabine. Ce système permettra de renouveler l’air toutes les deux minutes. L’avion est propulsé par une paire de turboréacteurs PW815GA Pratt & Whitney Canada de 15,680 livres.

La cabine du G600, peut inclure quatre zones distinctes pouvant accueillir jusqu'à 19 passagers (avec un logement pour 9). Comme le G500, il dispose de 14 grandes fenêtres offrant beaucoup de lumière naturelle et des vues panoramique.

Photos : 1 le G550 2 le G600 @ Gulfstream

 

 

08/05/2020

STAC : une meilleure efficience en 2019 !

 

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Au début de l’année 2019, le Conseil fédéral a pris des mesures pour utiliser encore mieux le Service de transport aérien de la Confédération (STAC) pour des vols VIP et éviter les vols de ligne. La modification de l’ordonnance sur le STAC, entrée en vigueur à cette même période, doit permettre des réductions des frais externes, du nombre de vols d'entraînement et de positionnement sans passagers et des charges administratives.


30 % de vols sans passagers en moins et diminution des charges administratives :

Le Conseil fédéral a notamment élargi le cercle des ayants droit au STAC. Dorénavant, les secrétaires d’État peuvent aussi faire appel à ces prestations et cette mesure a eu des effets positifs. En effet, cet élargissement a permis d’optimiser l’utilisation des avions. Les locations d’avions auprès d’exploitants externes ont reculé, passant de 48 heures de vol en 2018 à environ 2,5 heures seulement en 2019. De ce fait, les coûts externes ont aussi diminué.

De plus, le nombre de vols d’entraînement sans passagers a baissé de près de 30 %. Ainsi, les départements n’ont pas dû s’acquitter des frais pour des vols de ligne puisqu’ils ont pu bénéficier de vols avec le STAC. Les vols sans passagers pour le nouveau jet du Conseil fédéral le Pilatus PC24 ne sont pas compris dans les calculs aboutissant au constat de cette diminution, car l’introduction de ce nouveau système a nécessité des entraînements pour les pilotes.
Pour ce qui est des charges administratives, les mesures montrent les effets souhaités. Avec la suppression de l’imputation interne des prestations des vols de service pour le Conseil fédéral et les départements, il n’y a plus de moyens financiers alloués pour les heures de vol dans les différents départements. De ce fait, la réduction des charges administratives internes est tout à fait tangible. Mais il n’est pas possible de chiffrer cet effet, car le temps qui devrait être consacré à la saisie de ces données serait considérable.


Vols sur mandat de la Confédération :

En 2019, le STAC a comptabilisé près de 680 heures de vol, dont 555 pour le Conseil fédéral, et le reste pour le compte des différents départements. Les avions ont volé 520 heures, tandis que les hélicoptères 160. Ces chiffres sont plus bas que ceux de l’année dernière ; mais ils ne sont pas comparables en raison de la modification de l’ordonnance.

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Standard de sécurité élevé, disponibilité à court terme :

Le STAC est une formation militaire des Forces aériennes qui effectue des vols sur mandat du gouvernement, des départements, de l’Assemblée fédérale, de la Chancellerie fédérale, des tribunaux fédéraux et de l’Armée suisse. Pour garantir une disponibilité à court terme 365 jours par an le STAC engage ses propres avions et hélicoptères. Il peut recourir à des avions de location si tous ses appareils sont occupés, si ses capacités sont limitées ou si l’autonomie de ses appareils est insuffisante pour parcourir la distance requise.
Standards de sécurité élevés, possibilités d’engagements dans des régions en crise, disponibilité à court terme et respect des délais fixes des délégations, autant de prestations dont la couverture n’est pas toujours garantie par les vols de ligne et qui comptent au nombre des avantages offerts par le STAC, sans oublier la fonction de représentation, la protection de l’information et la discrétion diplomatique. Ainsi, les prestations du STAC servent directement les intérêts de la Suisse, et les coûts d’un vol du STAC ne peuvent pas être comparés à ceux d’un vol de ligne. De plus, étant donné que les pilotes doivent accomplir un certain nombre d’heures de vol par année afin de garder leur licence, les vols effectués pour le STAC permettent d’éviter les vols d’entraînement sans passagers. Des directives similaires s’appliquent aux aéronefs. (Sources DDPS).

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Photos : Les avions du STAC, Falcon 900, PC-24, Challenger 604 @ Forces aériennes suisses

10/07/2019

La Bulgarie achète le F-16 « Viper » !

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Suite à de nombreux mois de négociations, la Bulgarie a annoncé finalement aujourd'hui la conclusion d'un accord sur l'achat de 8 avions de combat Lockheed-Martin F-16 C/D Block70/72 « Viper » neufs. La commande comprend 2 biplaces et 6 monoplaces pour un montant estimé à 1,256 milliard de dollars. Il s’agit là du plus importante contrat militaire de la Bulgarie depuis la chute de l’Union soviétique et la fin de la guerre froide.

Les nouveaux F-16 remplaceront les chasseurs russe MiG-29 « Fulcrum » actuellement exploités par l'armée de l'air bulgare.

Rappel :
 

Après un premier choix avec le Saab JAS-39 C/D Gripen en 2017, l’opposition arrivée au pouvoir à casser la décision et relancé un appel d’offres. Les Etats-Unis, la Suède et l'Italie ont répondu à la demande de propositions de la Bulgarie concernant la fourniture de 16 avions de combat neufs ou d’occasions en provenance des États-Unis, du Portugal, de la France, de l'Allemagne, d’Israël, de l'Italie et de la Suède. Au final, les USA proposent le Lockheed-Martin F-16 et le Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet », l’Italie l’Eurofighter T1 d’occasion et la Suède des Gripen E.

Le Cabinet du ministre de la Défense a recommandé l’achat de F-16 le 9 janvier et l’approbation du Parlement pour entamer les négociations a été donnée le 16 janvier.

Le F-16 Viper pour la Bulgarie :

En plus des 8 appareils F-16 C/D Block 70/72, le contrat comprend notamment d’un large éventail d’équipements, d’armes, de formation et de soutien connexes. Son inclus : neuf radars AN/APG-83 AESA (Active Scanning Electronically Scanning Array) de Northrop-Grumman, quatre pods de ciblage SNIPER AN/AAQ-33, 16 missiles air-air de moyenne portée évolués AIM-120 C7 AMRAAM, 24 missiles AIM-9X Sidewinder; neuf canons M61 Vulcan de 20 mm; 15 kits de bombe guidée GBU-49 Enhanced Paveway II, 15 kits de bombe guidée Laser JDAM GBU-54, 28 bombes de petit diamètre GBU-39 SDB-1 et 24 bombes MK-82 tritonales.
Les systèmes défensifs comprennent neuf suites de guerre électronique défensive intégrée intégrées internes AN/ALQ-211, des distributeurs de contre-mesures et des contre-mesures infrarouge.

Les autres systèmes et services comprennent un simulateur de vol et de maintenance, du matériel de communication, des installations et une assistance pour la construction, des pièces de rechange, une formation et des services techniques, d’ingénierie et de soutien logistique pour le gouvernement américain et les entrepreneurs.

Il semble par contre qu’au vu du prix proposé à la Bulgarie, celle-ci aurait rennoncé à certians systèmes afin de faire baisser le prix final. Les systèmes concernés ne sont pas divulgués.

Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70 :

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

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Photos : F-16 C/D Block70/72 Viper @ Lockheed Martin

 

29/06/2019

USA-Iran, des F-22 déployés au Qatar !

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Près d’une douzaine de chasseurs furtifs Lockheed-Martin F-22 « Raptor » de US Air Force ont été déployés dans l’État du Golfe Persique, au Qatar. Cette action doit venir contrer la menace iranienne dans la région.

Le commandement central des l’US Air Force a déclaré vendredi que les F-22 « Raptor » étaient arrivés à la base aérienne d'Al-Udeid pour "défendre les forces et les intérêts américains". Il a publié sur son site Web des photos de plusieurs F-22.

Les F-22, qui portent des missiles air-air et peuvent également effectuer des missions d’attaque au sol, ont déjà été déployés à la base aérienne de Dhafra, dans les Émirats arabes unis, où ils ont été utilisés l’année dernière pour appuyer les États-Unis et des forces partenaires en Syrie.

Par ailleurs quatre bombardiers stratégiques Boeing B-52  « Stratofortress » ont été déployés à al-Udei depuis le 5 mai dernier, ainsi que le groupe de frappe du porte-avions Abraham Lincoln est également positionné dans la région. « La Maison Blanche lancé le message au régime iranien que toute attaque contre les intérêts des États-Unis ou ceux de nos alliés veut faire face à une force implacable. »

À la demande du général Frank McKenzie, commandant du Commandement central, et d’autres systèmes de défense aérienne et antimissile Patriot ont également été envoyés dans la région du Golfe au cours des dernières semaines. Près d’une douzaine de chasseurs furtifs F-22 de la Force aérienne ont été déployé dans l’État du Golfe Persique, au Qatar. Menaces iraniennes contre les forces américaines dans la région.

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Rappel :

Le F-22 a été conçu pour réduire au maximum sa signature radar qui, au final, est environ 100 fois inférieure à celle d’un F-15 «Eagle» bien que les deux avions aient à peu près la même taille. L'avion est entièrement recouvert d'une peinture absorbant les ondes radar. De plus, les surfaces de contrôles sont conçues par thermoformage pour éviter d'utiliser des rivets qui créeraient des aspérités et ses antennes et détecteurs sont noyés dans le revêtement.

Pour réduire la signature infrarouge le F-22  dispose d’un système de refroidissement très sophistiqué. La chaleur est évacuée dans le carburant et part dans le sillage des réacteurs. Ce système ayant été calculé avec une tolérance réduite, quand l'avion termine sa mission, les équipements internes sont à haute température et pour diminuer la chaleur, les soutes sont ouvertes au sol. C'est l'une des raisons qui font que les frais de maintenance  du F-22 sont particulièrement élevés.

Le Raptor dispose de son armement dans deux soutes latérales et une soute ventrale, afin, de maintenir sa furtivité. Les soutes latérales peuvent contenir 1 missile AIM-9 «Sidewinder»chacune. La soute ventrale peut recevoir 4 à 6 missiles AIM-120 AMRAAM, dans les soutes latérales et 2 AIM-120 AMRAAM ou 8 bombes GBU39. Le F-22 dispose également de 4 pylônes sous les ailes, utilisables, lorsque la furtivité n'est pas indispensable.

Le radar principal de type AESA est couplé directement aux divers capteurs noyés dans la cellule. Les moteurs Pratt & Whiney F119 qui produisent environ 38.000 livres de poussée chacun, permettent une vitesse de croisière Mach 1,8, sans postcombustion. Avec postcombustion la vitesse maximale est d’environ Mach 2,2. L’avion peut voler à 60.000 pieds. Les tuyères des réacteurs sont dotées de la poussée vectorielle et peuvent être orientées de 40 degrés vers le haut ou le bas, soit pour améliorer la manœuvrabilité lors d'un combat aérien, soit pour réduire la distance de décollage.

Le F-22 est le premier avion militaire à disposer d'un tableau de bord entièrement composé d'écrans LCD multifonctions couleurs, en complément du système HOTAS (MMM, Mains sur Manettes et manche) et du viseur tête-haute

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Photos :F-22 au Qatar @ USAF