08/06/2020

Sensible reprise du trafic aérien !

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La relance du trafic aérien est aujourd’hui encore très limitée, il faut attendre le 11 juin pour un premier redécollage annoncé. Pourtant, des signes positifs sont bien présents notamment en Chine. Mais la chute a été phénoménale pour l’industrie de l’aviation.

Le trafic de passagers au mois d’avril (mesuré en kilomètres-passagers payants, ou RPK) a plongé de 94,3 % par rapport à avril 2019, alors que les restrictions de voyage ont pratiquement éliminé les voyages aériens intérieurs et internationaux. C’est un taux de contraction jamais vu dans l’histoire des statistiques du trafic de l’IATA, qui remonte à 1990.

Plus récemment, les chiffres indiquent que le nombre total de passagers quotidiens a augmenté de 30 % entre le creux du 21 avril et le 27 mai. Il s’agit principalement de vols intérieurs et à partir d’une très faible base (5,7 % de la demande de 2019). Bien que cette reprise ne soit pas considérable au vu de la dimension mondiale de l’industrie aérienne, cela suggère néanmoins que l’industrie a touché le fond de la crise, pourvu qu’il n’y ait pas de résurgence. De plus, c’est le tout premier signe que l’aviation entame un processus sans doute long de rétablissement de la connectivité.

Selon l’IATA, qui a calculé qu’à la première semaine d’avril, les gouvernements dans 75 % des marchés surveillés par celle-ci avaient complètement interdit l’entrée sur leurs territoires, et 19 % imposaient des restrictions limitées de voyage ou des exigences de quarantaine pour les arrivées internationales. L’augmentation initiale des vols a été concentrée dans les marchés intérieurs. Les données de la fin de mai indiquent que le nombre de vols en République de Corée, en Chine et au Vietnam a augmenté pour atteindre maintenant 22 % à 28 % de ce qu’il était un an plus tôt. Les recherches de vols dans Google étaient aussi en hausse de 25 % à la fin de mai, comparativement au creux d’avril, bien qu’il s’agisse d’une hausse à partir d’une très faible base et que le nombre demeure 60 % inférieur à ce qu’il était au début de l’année.

Marchés de passagers internationaux :

Le trafic de passagers internationaux en avril a chuté de 98,4 % comparativement à avril 2019, soit une détérioration par rapport au déclin de 58.1 % observé en mars. La capacité a diminué de 95,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 55,3 points de pourcentage pour s’établir à 27,5 %.

Les transporteurs d’Asie-Pacifique ont enregistré en avril une chute de 98,0 % en glissement annuel, un résultat pire qu’en mars alors que la baisse était de 70,2 %. La

capacité a diminué de 94,9 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 49,9 points de pourcentage pour s’établir à 31,3 %.

Les transporteurs d’Europe ont vu la demande diminuer de 99,0 % en avril, une chute brutale après le déclin de 53,8 % en mars. La capacité a diminué de 97 % et le coefficient d’occupation a perdu 58 points de pourcentage pour s’établir à 27,7 %.

 

Les transporteurs du Moyen-Orient affichent pour avril une diminution de trafic de 97,3 %, comparativement à la baisse de 50,3 % observée en mars. La capacité a chuté

de 92,3 % et le coefficient d’occupation est tombé à 27,9 %, perdant 52,9 points de pourcentage comparativement à la même période l’an passé.

Les transporteurs d’Amérique du Nord ont vu le trafic décliner de 98,3 % en avril, après une chute de 54,7 % en mars. La capacité a diminué de 94,4 % et le coefficient d’occupation a perdu 57,2 points de pourcentage pour s’établir à 25,7 %.

Les transporteurs d’Amérique latine ont enregistré une chute de trafic de 98,3 % en avril, en glissement annuel, après une baisse de 45,9 % en mars. La capacité a diminué

de 97,0 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 34,5 points de pourcentage pour s’établir à 48,1 %, le taux le plus élevé parmi toutes les régions.

Les transporteurs d’Afrique ont vu le trafic plonger de 98,7 % en avril. Ce résultat est presque deux fois pire que la chute de 49,8 % enregistrée en mars. La capacité a diminué de 87,7 % et le coefficient d’occupation a perdu 65,3 points de pourcentage pour s’établir à seulement 7,7 % des sièges. C’est le taux le plus bas parmi toutes les régions.

Marchés de passagers intérieurs :

Le trafic intérieur a chuté de 86,9 % en avril, et les pires déclins ont été observés en Australie (-96,8 %), au Brésil (-93,1 %) et aux États-Unis (-95,7 %). Il s’agit d’une grave détérioration si on compare au déclin de 51,0 % observé en mars. La capacité intérieure a chuté de 72,1 % et le coefficient d’occupation des sièges a perdu 44,3 points de pourcentage pour s’établir à 39,5 %. (Sources IATA).

 

02/06/2020

Les lignes directrices pour rétablir le transport aérien passagers !

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Nous l’avons vu dans des articles précédents, la reprise du trafic aérien passagers passe par une série de mesures en matière sanitaire. Les organisations tels que l’IATA, l’OACI disposent désormais d’un document cadre destiné aux opérations aériennes durant la crise de la COVID-19. Ce document permet aux acteurs du secteur aérien, ainsi qu’aux gouvernements de disposer des lignes directrices applicables pour réussir la reprise des vols passagers.

Des normes mondiales :

La mise en œuvre universelle de normes mondiales a fait de l’aviation un mode de transport sûr. Une approche semblable est essentielle durant cette période de crise afin de rétablir la connectivité aérienne à mesure que s’ouvrent les frontières et les économies. Les orientations du document « Takeoff »ont été élaborées avec la meilleure expertise des gouvernements et de l’industrie. Les compagnies aériennes les appuient sans réserve. Il faut maintenant une application des gouvernements.

« Takeoff » propose une approche par phases pour la relance de l’aviation et énonce un ensemble de mesures fondées sur le risque applicables à grande échelle. Selon les recommandations et les orientations des autorités de la santé publique, ces mesures vont réduire le risque de transmission de la COVID-19 durant les voyages.

Ces mesures sont les suivantes :

  • Distanciation physique dans la mesure du possible et mise en œuvre de « mesures adéquates fondées sur le risque quand la distanciation n’est pas possible, par exemple dans les cabines d’aéronef ».
  • Port du couvre-visage et du masque par les passagers et le personnel de l’aviation.
  • Assainissement et désinfection de toutes les zones comportant un potentiel de contacts humains et de contamination.
  • Surveillance de l’état de santé, ce qui pourrait inclure une autodéclaration avant et après le vol, ainsi que la surveillance de la température corporelle et l’examen visuel « par des professionnels de la santé ».
  • Suivi des contacts des passagers et des travailleurs : l’information à jour sur les contacts serait exigée dans le cadre de l’autodéclaration, et les interactions entre les passagers et les gouvernements se feraient au moyen des portails gouvernementaux.
  • Formulaire de déclaration de santé des voyageurs, incluant les autodéclarations conformément aux recommandations des autorités de santé publique compétentes. On devrait encourager l’utilisation d’outils électroniques pour éviter les documents papier.
  • Dépistage : si on peut obtenir des tests en temps réel, rapides et fiables. « Ces mesures à plusieurs niveaux devraient donner aux voyageurs et aux équipages la confiance nécessaire pour recommencer à prendre l’avion. Et nous sommes résolus à collaborer avec nos partenaires afin d’améliorer sans cesse ces mesures, en suivant l’évolution de la science médicale, de la technologie et de la pandémie elle-même ».

Ces mesures harmonisées à l’échelle mondiale et régionale, mutuellement reconnues, ne seront pas un fardeau économique indu et ne compromettront pas la sécurité et la sûreté de l’aviation civile. Le rapport mentionne aussi que les mesures d’atténuation du risque lié à la COVID-19 « devraient être souples et bien ciblées pour qu’une industrie aérienne dynamique et compétitive stimule la reprise économique ».

Les transporteurs très actifs :

Afin de préparer la relance du trafic passagers, les compagnies aériennes suivent les recommandations de l’OACI et de l’IATA. Mais de leur côté, les transporteurs préparent de programmes d’information spécifique destinés aux passagers. Ces initiatives doivetn permettre de rassurer les passagers à l’aide de guide facile de compréhension mettant en évidence les normes élevées de propreté, de santé et d'hygiène appliquées à chaque étape du parcours du passagers. Cela comprend l'hygiène culinaire dans les installations de restauration de la compagnie aérienne et le laboratoire d'analyse des aliments, le nettoyage en profondeur de la cabine de l'avion, l'enregistrement, le contrôle sanitaire, l'embarquement, l'expérience et le produit en vol, l'interaction de l'équipage, l'arrivée et le transport terrestre. Des informations complètes sur ces mesures de santé et d'hygiène de voyage sont disponibles sur les sites des compagnies aériennes. (Sources IATA/OACI)

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Photos : 1 A320 Air Asia 2 Passagers en Chine @ Reuters

 

 

19/05/2020

La reprise du trafic passagers !

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Après une mise à l’arrêt de près de douze semaines, le trafic aérien passagers entame lentement des signes de reprise. En Chine, le trafic aérien intérieur est monté à 73% de son niveau d'avant crise lundi devrait continuer à grimper.  

Reprise tout azimut :

Avec le reprise annoncée le 11 mai dernier, l’offre mondiale en termes de sièges a augmenté de 2 % comparée à la semaine précédente. Cela représente environ 600’ 000 sièges de plus disponible en quelques jours sur les réseaux de réservation. Mais l'offre mondiale reste inférieure de 68 % à la même période de l'an dernier, avec 29,8 millions de sièges programmés, contre 110 millions avant crise.

Il faut donc s’attendre à une nouvelle augmentation de l'offre dans les prochaines semaines avenir, avec une estimation à 42,3 millions de sièges prévus la semaine prochaine. Les premières projections montrent une réouverture soutenue en Asie-Pacifique.

En tenant compte des décalages par région, L’Inde qui était pratiquement à l’arrêt à fin avril, annonce une relance d’un tiers de son niveau d’avant crise. La baisse semble également stoppée en Amérique du Sud, au Moyen-Orient et plus étonnant en Amérique du Nord, alors que les cas de COVID-19 sont encore très présents.

En Europe, le trafic passagers reprend timidement son envol. L’Est semble moins timoré et bénéficie d’une ouverture plus rapide des frontières et donc de l’autorisation de voyager. On notera, selon les statistiques d’Eurocontrol un retour de près de 4'000 vols en début de semaine.

Un mois de juin déterminant :  

Le mois de juin qui s’annonce sera déterminant pour la véritable reprise, la plus part des transporteur prévoient en effet, une relance importante à cette date. Le groupe Lufthansa dont fait partie SWISS prévoit ainsi d'offrir 106 destinations avec 160 appareils en service, sur un total de 760 pour les quatre compagnies du groupe. Air France-KLM espère remonter à 10 % de son niveau d'avant crise en juin et 20 % en juillet, avec la ré-ouverture de destination depuis Paris et les aéroports de Nice Toulouse et Marseille. Etihad Airways augmentera les fréquences sur les vols déjà ouverts en direction de Belgrade, Dublin, Genève, Milan, Paris Charle de Gaulle et Toronto, Sydney.  

Sécurité sanitaire à bord :

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Cette reprise ne peut être faite sans une adaptation des mesures sanitaires à bord des avions. Les informations récoltées sur le COVID-19 montrent que les passagers étant assis côte-à-côte sont de fait moins sujet à des projections de gouttelettes. Cependant, les mesures généralisées suivantes sont en vigueurs :

 

  • Procédures d’embarquement et de débarquement qui réduisent les contacts entre les passagers et avec les membres d’équipage. (impressions des cartes d’embarquement et étiquettes à la maison).
  • Port du masque obligatoire durant tout le vol.
  • Limitation des déplacements dans la cabine durant le vol.
  • Nettoyage de la cabine plus fréquent et plus en profondeur.
  • Simplification des procédures de service à bord, de façon à réduire les déplacements des membres d’équipage et les interactions avec les passagers.

Pourquoi ne recommande-t-on pas une séparation avec le siège central :

L’IATA ne recommande pas de restreindre l’utilisation du siège central pour créer une distanciation sociale à bord des aéronefs. Les preuves, bien qu’elles soient limitées, suggèrent que le risque de transmission du virus à bord des aéronefs est faible, même en l’absence de mesures spéciales.  

Une reprise totale pas avant 2023 :

Selon les premières estimations de l’IATA le retour du trafic aérien à son niveau d'avant-crise n'interviendra pas avant 2023. L'IATA table sur un retour de l’ordre de 76 % du trafic en 2021. Avec toutefois une différence entre le trafic intérieur, qui devrait être le premier à se redresser. En ce qui concerne le trafic international long-courrier, les prévisions sont moins évidentes, car il faut tenir de l’important décalage de la pandémie et de l’ouverture de l’ensemble des régions. Ce dernier devrait reprendre avec une différence de l’ordre de 12 à 15 mois.

Photos : Reuters

30/04/2010

Continuité dans la croissance du trafic aérien!

 

 

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Une nouvelle fois, les indicateurs montrent une croissance du volume du trafic passagers et du fret ! La reprise économique se fait plus nette que prévue. Mais attention le trafic aérien a connu une très sérieuse alerte en raison du nuage de cendres volcanique, le mois d’avril marquera donc un léger frein.

Selon les dernières analyses de l’IATA, le trafic aérien est toujours inférieur de 1% par rapport à son point haut du début 2008 et le secteur a perdu deux ans de croissance avec la dernière crise économique. Mais les signes d’accélération sont eux bien présent aujourd’hui, presque inimaginable il y a encore six mois.

Le trafic passagers a augmenté de 10,3% en mars par rapport à l'année précédente, après une hausse de 9% en février. Le fret aérien a quant à lui augmenté de 28,1%, contre 26,3%. Le secteur du fret enregistre ainsi un quatrième mois consécutif de croissance supérieure à 20% en rythme annuel. Pour le secteur passagers, c'est son troisième mois de hausse supérieure à 5%. Le rythme de croissance de la demande dépasse désormais celui des capacités. De ce fait, le coefficient d'occupation des avions, une mesure clé pour le secteur, a atteint 78% en mars pour les passagers et 57,1% pour le fret.

Des différences entre régions :

Une fois de plus, si les signes globaux sont bons, il faut par contre rester prudent sur les capacités des régions à rebondir, on constate en effet, encore une fois d’importantes différences :

Les transporteurs européens ont enregistré la plus faible hausse de la demande de passagers en mars, soit 6%, après les compagnies d'Amérique Latine et la plus faible hausse de la demande de fret, à 11,7%.

En revanche, la croissance de la demande de passagers a été la plus forte pour les transporteurs du Proche-Orient, de 25,9%. L'Amérique Latine a enregistré la plus forte hausse de la demande de fret, à 47,9%. A noter au passage que le séisme au Chili à fortement pénaliser celui-ci avec une hausse de 4,6% en mars, alors qu’il avait gagné 8,5% sur un an en février.

 

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Fragilité du secteur :

Si le secteur aérien commercial continue de pouvoir se développer, sa constante fragilité face à l’instabilité de l’économie et des caprices de la nature constitue une vraie difficulté pour celui-ci, déjà soumis à une  constante pression de la concurrence et des variations du prix du baril de pétrole. C'est à ce genre d'évènement que l’on prend la mesure de la place qu'à prise le transport aérien dans le monde  en quelques décennies.

 

 

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Photos : 1 A319 Easyjet & A340 Air France 2 A330 Jet Airways 3 A330 Brussels airlines @ pmh Paul Marais-Hayer