03/11/2019

L’Indonésie veut des F-16 et des Su-35 !

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L’armée de l’air indonésienne envisage d’acheter deux escadrons de chasseurs Lockheed-Martin F-16 Block 70/72 « Viper », tout en poursuivant son plan d’achat d’un escadron de Sukhoi Su-35 « Flanker-E » auprès de la Russie. Ces appareils doivent venir remplacer les Northrop F-5-E/F « Tiger II » en service.

Première étape :

Jakarta prévoit de faire une demande officielle pour l’achat de F-16 au début janvier 2020, a annoncé le 28 octobre le maréchal Yuyu Sutisna, chef d'état-major de l'armée de l'air, à l'agence de presse locale Antara. Cet achat, a pour but de venir compléter la flotte de F-16A/B, plus anciens déjà en service dans la Force arienne.

Seconde étape :

Dans un second temps le pays prévoit de poursuivre les négociations en vue de l’achat de chasseurs Sukhoi Su-35. En août 2017, Jakarta a annoncé une discussion portant sur l’acquisition de 11 Su-35 pour 1,14 milliards de dollars. Un accord de trésorerie et de troc qui inclurait probablement un mélange de produits agricoles locaux tels que l'huile de palme et le café.

Double approvisionnement :

Le pays compte continuer sa politique de double approvisionnement. En effet, la Force aérienne compte actuellement un mélange de 33 Lockheed-Martin F-16A/B « Fighting Falcon » et 5 Su-27SK et 11 Su-30MK. Ces derniers ayant été achetés suite à l’embargo américain décrété suite aux violences au Timor Oriental en 1999. Mais cette politique du « non alignement » sera difficile à poursuivre.

En effet, l’embargo décrété cette fois contre la Russie complique sévèrement les plans indonésiens. La loi américaine CAATSA, pourrait contraindre Djarkarta à faire un choix entre avions américains ou russes. L’essentiel de la Force aérienne dépend du matériel fabriqué aux États-Unis. Si, par exemple, les fabricants américains cessent de fournir des pièces de rechange, cessent de supporter des équipements fabriqués aux États-Unis, la sécurité de la défense nationale en Indonésie sera complètement affaiblie. 

L’opération d’une flotte mixte d’avions russes et américains permet à l’Indonésie de jouer diplomatiquement entre les deux pays, tout en protégeant la dépendance de Jakarta vis-à-vis d’un seul fournisseur. Cependant, les flottes mixtes sont plus difficiles à entretenir, car moins d’avions partagent des pièces et du personnel de service. Les appareils ne sont pas non plus équipés des mêmes radios et réseaux de partage de données, ce qui rend la coopération en vol plus difficile.

Reste une troisième voie pour l’Indonésie, l’achat d’avions de combat Saab JAS-39 Gripen E, qui pourraient ainsi contourner l’embargo.

Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 :

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Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

Le Sukhoi Su-35 « Flanker-E » :

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Le Su-35 « Flanker-E » est un appareil de la génération 4++.  Les caractéristiques de l'avion comprennent une nouvelle avionique numérique avec fusion des données, un nouveau réseau d'antennes radar progressive avec une longue portée de détection et de cibles aériennes. Son noyau est le système de gestion de l'information (SGI), qui intègre les sous-systèmes fonctionnels, logiques, d'information et de logiciels en un complexe unique qui assure l'interaction entre l'équipage et l'équipement. L'IMS comprend deux ordinateurs centraux numériques, dispositifs de commutation et de l'information. Le pilote dispose de deux écrans MFI affichage multifonctions de 9x12 pouces et une résolution de 1400x1050 pixels.

Le noyau du Su-35 dispose de deux doubles radars en bande X en réseau, à antennes progressives Irbis-E, soit un N-12 à l’avant et un N-011 dans la queue arrière. A l’avant le N-12 est monté sur une unité de commande hydraulique à deux étapes (en azimut et en rouleau). Le dispositif d'antenne scanne par un faisceau électronique dans l'azimut et l'angle d'élévation dans les secteurs non inférieure à 60°. L'unité d'entraînement en deux étapes électrohydraulique tourne en outre l'antenne par des moyens mécaniques à 60 ° en azimut et 120 ° en roulis. Ainsi, en utilisant la commande électronique et mécanique tour supplémentaire de l'antenne, l'angle de braquage maximal du faisceau peut atteindre 120 °. Le radar Irbis-E détecte les cibles aériennes jusqu’à une portée maximale de 400 km. Le tout avec une nouvelle génération d'optique frontale.

Photos : 1 F-5F indonésien @Fai 2 F-16 Viper Block70/72 @Lockheed Martin 3 Su-35 @Sukhoi

 

 

30/05/2017

Le rapport sur le futur avion de combat !

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Berne, le DDPS présentait aujourd’hui, le tant attendu rapport du groupe d’experts et d’accompagnement sur le développement et la modernisation de nos Forces aériennes. 

Un rapport complet précis : 

Ce rapport est à l’image du nouveau chef du DDPS, claire, complet précis (voir le lien). Les grandes lignes du projet d’acquisition du nouvel avion de combat sont exprimés de manières détaillées, tout comme les besoins connexe du futur système de Défense Sol-Air (DSA20).  Sous le titre « Avenir de la défense aérienne », les quatre grands thèmes du projet sont détaillés :

 

1 Conduite moderne de la guerre aérienne.

2 Protection de l’espace aérien suisse.

3 Développement des Forces aériennes à moyens et long termes.

4 Evaluation et acquisition.

Chacun de ces éléments sont développés avec des sous-chapitres, de quoi renseigner au mieux le lecteur lambda sur un sujet aussi complexe que celui-ci.  Pas moins de 202 pages forment le document le plus communicatif jamais publié pour une acquisition par le DDPS. 

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Mesures immédiates préconisées :

Demander un crédit « études de projets, essais et préparatifs d’achats (EEP) » relatif à l’acquisition d’un nouvel avion de combat dans le message sur l’armée 2017.

Poursuivre le projet visant à prolonger la durée d’utilisation des F/A-18C/D (programma armement 2017).

Abandonner provisoirement la mise hors service des F-5 Tiger.

Un travail d’experts et de politiques :

Pour élaborer cette «  feuille de route » le DDPS a  mandaté des représentants des quatre partis gouvernementaux, des membre du DDPS, d’armasuisse et de l’industrie.  L’objectif étant de présenter le projet sous l’ensemble de ses angles (motivations, besoins, finances, offsets, technologie) et permettre d’apporter une série de recommandations.

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Le dernier mot :

Ces recommandations de travail doivent servir de base pour arriver à un projet complet final. Mais contrairement à ce que nous pouvons lire dans la presse sur le sujet. Le chef du DDPS et ses conseillers auront le dernier mot et pourront très bien présenter un projet final qui diffère sensiblement des quatre variantes proposées. Je ne présente pas ici les quatre variantes, car celles-ci ne représentent que des idées substantielles pouvant être sujet à modification. 

En effet, les variantes proposées ont toutes des points forts et des faibles, par ailleurs, les coûts sont évalués avec ce qui est disponible sur le marché et représente une moyenne en matière de chiffres. Hors, chaque avionneur pourra adapter ses offres en fonction de ses possibilités moyennant des ristournes plus ou moins importantes (Saab avait offert jusqu’à 20% sur le Gripen). De plus, entre les aéronefs les moins chers disponibles (Gripen E, Super Hornet et éventuellement le F-16 Viper) et les plus onéreux (F-35, Eurofighter, Rafale) la différence sur le prix à l’acquisition pour un même nombre d’avions pourra varier de l’ordre de 1,1 à 1,8 milliards de nos francs. Il faudra également tenir compte des coûts à l’heure de vol, qui sont également très différents d’un avion à l’autre et auront un impact non négligeable sur la décision.

Quoi qu’il en soit, il faut espérer que notre ministre de la défense sera bien conseiller, soutenu dans sa décision finale et que nos politiques se montreront plus courageux qu’en 2014 ! A voir certaines réactions de certains partis, la partie n'est pas gagnée!

Analyse: 

Je ne vais pas vous faire ici une cinquième recommandation, cependant voici ce à quoi il faut tenir compte : le choix doit privilégier le nombre d’avions. Ayant dirigé une unité de feu de DCA « Rapier », l’expérience terrain m’a montré deux choses : un système sol-air est un outil peu utilisable en temps de paix, sauf pour appuyer une conférence et ceci avec des limites importantes (proximité de la population). Seul un avion peu mener une interception dans le cadre de la police du ciel. De plus, notre topographie limite fortement les radars au sol et diminue parfois fortement la capacité d’engament des moyens DCA. Ce qui n’est pas le cas avec un avions qui survole les massifs montagneux. De plus un avion de combat peu voir non seulement en avant mais également au-dessous de lui et surveiller les intrusions dans les vallées. (Fig 10, page 75 du rapport)

En conséquence, l’achat d’un nombre important d’avions de combat au minimum 55 (voir plus) et un système sol-air de moyenne portée pouvant couvrir dans un premier temps le plateau, soit le secteur étant le mieux adapté pour lui. L’aviation et la DCA légère assumant la couverture sur les cîmes (Fig15, page 90 du rapport). Dans la seconde étape DSA20, il faudra remplacer les système « STINGER » très probablement par un système monté sur une jeep doté d’un armement en binôme missiles et canons voir un laser et couplés à des censeurs, permettra de combler les zones d’ombres du système moyenne portée.

Lien sur le rapport complet :

https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/4844...

 

 

 

 

19/02/2013

La Patrouille Suisse va perdurer !

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Décidément, le journalisme dans notre pays a perdu de sa superbe, autrefois précis, aujourd’hui l’information rapide et non vérifiée est de mise. En résulte une désinformation sur des sujets importants, comme le printemps dernier, à propos des Gripen E et aujourd’hui avec la Patrouille Suisse.

La décision en 2005, de Samuel Schmid, de prévoir le remplacement partiel de la flotte d’avions F-5 (TTE) allait irrémédiablement poser un problème sur la forme de la Patrouille Suisse. Dans le monde de l’aviation, tout le monde était au courant. Dès lors, annoncer la semaine dernière que Monsieur Maurer a décidé de supprimer la Patrouille Suisse était une information fausse !

Il est donc évident que depuis le lancement du programme de remplacement partiel des F-5 diverses alternatives sont à l’étude au sein du DDPS et de Forces aériennes.

Ce matin, Monsieur Maurer confirme les éléments suivants : La Patrouille Suisse va continuer d’exister, mais sous une forme qu’il reste à définir. Trois options sont possibles : Les NCPC-7, Les F/A-18 Hornet voir le Gripen E. Mais, il ne sera pas question de peindre les Hornet ou les Gripen avec des couleurs voyantes, dans le cas d’un tel choix.

Dans le cas du choix du Hornet, par exemple, il faudra également définir si, il est optimum de doter la PS de 6 avions ou de 4. Cette définition et directement liée au nombre de Hornet disponible, soit 33.

 

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Photos : 1 Patrouille Suisse sur F-5 2 Hornet en formation @ Swiss Air Force

 

13/09/2012

Gripen E, une avionique Hi-Tech !

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De nouvelles informations sont maintenant disponibles concernant l’avionique et le cockpit du Gripen E. Je vous parlais dans un billet antérieur d’une série de nouveautés qui allaient équiper le Gripen «Next Generation», je vous propose ici de découvrir notamment le nouveau cockpit destiné à équiper la version «E» et de faire le point sur l’avancée des travaux.

 

Un nouveau cockpit : 

 

Les avions de combat d’aujourd’hui intègrent pour la plupart d’entre eux un cockpit doté de trois écrans couleurs. Le Gripen E sera doté d’un unique écran couleurs 3D géant, tout comme le Lockheed-Martin F-35 Lignthing II. 


 

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Pourquoi ce changement ?

 

Si vous interrogez un pilote de F/A-18 Hornet, il vous expliquera que les divers censeurs qui équipent l’avion, lui amènent un flux constant d’information relative à la situation aérienne ainsi que de l’état des systèmes de l’avion, à tel point d’ailleurs, que pour ne pas se trouver à saturation, il lui faut à un moment dire «stop». 

 

La nouvelle génération d’avions de combat, dont fait partie le Gripen au standard E, sera encore plus rapide et plus précis en matière de flux d’information. A tel point d’ailleurs, que les ingénieurs de Saab se sont aperçus que l’architecture actuel des trois écrans du standard C/D, ne permettait plus une efficience adaptée aux nouvelles possibilités offertes par la nouvelle avionique. 

 

Il fallait que le pilote dispose d’un cockpit permettant de facilité son travail, tout en lui permettant de pouvoir suivre l’ensemble des flux d’information dans leur globalité. 


 

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CONOPS & WISCOM :

 

Pour simplifier, l’humain et la machine doivent travailler en même temps. Le système WISCOM du Gripen E gère l’ensemble des opérations machines de l’avion pendant que le CONOPS génère les systèmes employés par le pilote. Il est donc primordial que les deux interfaces soit transmises dans les deux sens, tant pour la machine que pour le pilote.

 

Le nouvel écran géant WIDESCREEN opère donc non plus comme un simple affichage des données, mais permet une véritable fusion des données visuelles. Adaptable en permanence,  le nouveau cockpit avec écran tactile permet également une  personnalisation de celui-ci en fonction de la mission et des évolutions de celle-ci (un pilote vous dira qu’une mission réserve souvent des surprises) et une adaptation personnalisée pour le pilote. Il est par exemple possible d’adapter la taille de l’écran radar ou de la vision FLIR par exemple. L’écran s’adapte immédiatement aux besoins du pilote selon l’évolution de la mission (défense aérienne, reconnaissance, attaque au sol). 

 

 

Concernant l’avionique :

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L'un des avantages les plus importants de la nouvelle avionique est de diviser (compartimenté) la fonctionnalité de vol critique et mission critique. Cela permet de raccourcir considérablement le temps de vérification et les  coûts.

 

Le concept est basé sur une nouvelle architecture d’ordinateurs de base très puissants et très rapide en particulier là où l'ordinateur de gestion de vol (FMC) et l'ordinateur de mission tactique (TMC) traite les informations provenant des différents sous-systèmes. Il fournit au pilote la combinaison optimale des données de connaissance de la situation, des décisions tactiques et des armes appropriées et leurs disponibilités. Les ordinateurs de base gèrent également la fonction du système de surveillance. 

 

Un autre facteur important dans la conception du système de l’avionique du Gripen E a été la nécessité de faciliter l'expansion de sécurité ainsi que le développement du système après la remise initiale. Par conséquent, il sera facile d'ajouter et d'intégrer de nouvelles fonctionnalités, des logiciels, des processus, de nouvelles armes et des capteurs etc. 


 

 

Radar AESA et IRST :

 

Comme vous le savez certainement, l’avion de développement Gripen NG vole depuis le début juin avec le nouveau radar ES-05 «RAVEN» doté d’une antenne à balayage électronique AESA (Active Electronically Scanned Array) monté sur un plateau cyclique nomme «Swashplate» permettant au capteur d’être repositionné et du même coup offrir une plage de détection de ± 100 º. 


 

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Cette évolution n’était pas sans risque mais l’intégration ainsi que les essais se poursuivent aujourd’hui sans problème particulier et dans les délais du calendrier. Le constructeur suédois confirme d’ailleurs que les pilotes suisses pourront comme prévu venir tester le radar avant la fin de l’année. 


 

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Signalons que l’optique frontale IRST (Infra-Red Search and Track) Skyward-G sera monté définitivement à la fin de l’année et que selon son constructeur SelexGalileo il est capable de suivre passivement jusqu’à 200 cibles. 

 

Synthèse :

 

Le Gripen E n’est pas le plus puissant des avions de combat, (nous le savions !) mais il offre néanmoins la panoplie complète des systèmes, dont, doivent être dotés les avions modernes, par ailleurs, il offre un cockpit et une avionique non pas d’aujourd’hui, mais celle de demain, avec en plus des possibilités inégalées en matière de plage de détection et une vitesse de calcul sans précèdent. 

 

Reste donc à continuer à suivre le développement l’avion, tout en suivant les prochaines et cruciales étapes politiques tant en Suède que chez nous !

 

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Photos & Schémas :  Gripen Ng en vol, le radar AESA @ Saab Aeropace/SelexGalileo

 

 

02/10/2011

Suisse : Gripen contre Rafale !

 

 

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Nous voici arrivé dans la dernière ligne droite, avant l’annonce du choix de l’avion qui compensera le départ à la retraite des F-5 et permettra d’augmenter la dotation de nos Forces aériennes en matière d’avions tout-temps, susceptibles de renforcer la surveillance de l’espace aérien et à plus long terme, d’assurer la transition au-delà du départ à la retraite des F/A-18. Vous l’aurez compris lors des dernières dispositions votées par les chambres à Berne, l’armée disposera de 5 milliards et devra réduire ses effectifs à 100.000 hommes. Le DDPS va donc devoir mettre en place une réorganisation qui comprendra également le financement des nouveaux avions. De fait, la marge de manoeuvre en matière d’argent est faible. Le possible référendum sur cet achat de la part de la gauche est possible et l’achat devra être porté d’ici au plus tard à 2014, les offres des trois candidats, seront dès lors échues puisque valable jusqu’à la fin de l’année. Le Chef du DDPS va demander des offres retravaillées !

Ce qui est clair aujourd’hui, c’est qu’un des concurrents, l’Eurofighter se retrouve mal placé du fait de son prix. Et, EADS ne pourra pas sauf un miracle offrir un prix qui puisse se calquer avec les possibilités financières de notre pays. Dommage, car la contrepartie en matière d’Offsets étaient la meilleure soit près de 8 milliards !

Deux concurrents se retrouvent donc au coude-à-coude pour le choix final, je vous propose un récapitulatif concernant le Gripen et le Rafale avec les avantages et désavantages de chacun !

 

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L’offre des suédois pour le Gripen :

Nombre de caractéristiques du Gripen sont intégrées au niveau logiciel. Les changements et les améliorations peuvent donc en général être développés et mis en œuvre sans modifications onéreuses du matériel. Une décision formelle prise récemment par le gouvernement suédois a confirmé que le Gripen sera développé et maintenu au niveau le plus avancé de la technique, afin qu’il puisse être efficacement mis en œuvre par les Forces aériennes suédoises au moins jusqu’en 2040. Cette décision était basée sur la facilité et le coût avantageux de l’ajout de nouvelles fonctions opérationnelles ainsi que sur le faible coût avéré du Gripen en termes d’exploitation, de maintenance et de cycle de vie total. Le développement du Gripen se poursuit de manière continue.

La configuration proposée à la Suisse est similaire à celle mise en service par les Forces aériennes suédoises, ce qui implique que toutes les nouvelles fonctions et capacités introduites durant le cycle de vie de l’appareil seront également mises à la disposition de la Suisse. Le Gripen correspondra  ainsi aux les exigences actuelles et futures des Forces aériennes suisses. Le Gripen est conçu et constamment mis à niveau en vue d’évoluer dans l’environnement de combat du 21e siècle, la guerre réseaucentrée (Net Centric Warfare – NCW). Flexible et modulaire, la conception de l’avion permet d’en assurer l’amélioration et le développement permanents dans des conditions de faible risque et de coût performant.

Le programme Gripen actuellement en cours garantit que le Gripen restera à la pointe de la technologie pendant de longues années. Le but du programme Gripen est de présenter les fonctions susceptibles d’être intégrées dans les versions actuelles ou futures du Gripen. Outre son aptitude déjà avérée à la croisière supersonique. La version proposée à notre pays est  accueillera un certain nombre de systèmes tactiques de nouvelles générations, tels que le radar à balayage électronique AESA, le ES-05 «Raven» un nouveau système de communication satellitaire et un système électro-optique de détection des missiles en approche.

 

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Le Gripen  multirôle est apte à utiliser les armes de dernière génération, ce qui garantit que toutes celles détenues par la Suisse pourront être mises en œuvre facilement avec un effort minimal et l’avion sera optimisé pour l’adjonction de nouveaux missiles comme le METEOR.

Spécialement conçu pour une utilisation au sein d’un environnement d’opération en réseau, le Gripen dispose des systèmes de liaison de données les plus aboutis du monde. Le pilote bénéficie ainsi d’une appréhension totale de la situation dans tous les scénarios de combat. L’interaction fluide avec les chasseurs F/A-18 existants des Forces aériennes suisses et le système de surveillance de l’espace aérien FLORAKO est garantie à tout moment.

La Suède offre à la Suisse un partenariat dans le programme de mise en pool des pièces de rechange du Gripen qui se traduirait par de substantielles économies en termes de stockage et de maintenance. Toutes ces opportunités de coopération qui s’ouvrent aux deux pays ne compromettent en rien leur neutralité et leur non-alignement.

Par ailleurs, la Suède a besoin de remplacer ses actuels avions d’entraînement Saab SK60/105 et est en train d’étudier l’acquisition d’avions d’entraînement PC-21 de Pilatus Aircraft.

Comparé à celui de ses concurrents, le coût d’acquisition du Gripen est nettement moins élevé. Le même montant permettra donc d’acheter davantage d’appareils. Qui plus est, les frais d’exploitation annuels ne représentent qu’un quart de ceux de ses concurrents, ce qui s’explique par:

  • les importants avantages en termes de coûts de maintenance et de consommation de carburant grâce à l’efficacité de la conception monoréacteur,
  • le personnel relativement réduit nécessaire à la maintenance,
  • la taille du Gripen, qui correspond à celle du F-5 Tiger et permet d’utiliser les infrastructures existantes sans modifications onéreuses,
  • le temps moyen comparativement long entre deux pannes,
  • le temps moyen de réparation comparativement faible,
  • les mises à niveau techniques qui s’effectuent, pour la plupart, sur une base logicielle, n’entraînant que peu de modifications matérielles.
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L’offre française pour le Rafale :

Face à l’évolution constante du spectre des menaces dans les années à venir, seul un avion de combat doté d’un radar à balayage électronique actif, d’un système d’identification visuelle efficace, d’un système d’autoprotection performant, et d’une endurance conséquente pourra garantir une police du ciel crédible permettant en toute circonstance de préserver la maitrise du ciel. Le radar à balayage électronique actif est un élément incontournable dans l’approche moderne de la défense aérienne. Il offre une capacité d’interception très largement supérieure aux radars classiques. Capable de traiter simultanément un nombre important d’aéronefs, ce radar est couplé à un système optronique de dernière génération agissant comme de véritables jumelles intégrées au Rafale, pour apporter au pilote un zoom très performant sur un aéronef inconnu et pour permettre son identification en un temps record. Grace à un système d’autoprotection unique, complètement intégré à l’avion et couvrant l’ensemble des menaces existantes.

Le Rafale proposé soit le standard 04T comprend une optique frontal de deuxième génération (OSF) une liaison Link16, la fusion des données (NCW) le radar à antenne active AESA RBE2-AA couplé avec le système SPECTRA d’autoprotection. 

Le Rafale a été pensé dès le lancement du programme pour remplacer les sept types d’avions en service en France et pour remplir toutes les missions dévolues à ces appareils:  missions de police du ciel et de défense aérienne missions de reconnaissance > missions air-sol > missions anti-navires.

Le Rafale est équipé d’un large éventail de capteurs de dernière technologie: le radar antenne active à balayage électronique, le système d’auto-protection intégré et l’optronique secteur frontal forment avec la liaison 16, un ensemble de capteurs incomparables qui fournissent au pilote, au travers d’une fusion de données optimisée, une image complète et précise de la situation tactique.

Le Rafale peut emporter simultanément un grand nombre d’armements et de réservoirs externes. Il peut ainsi réaliser au cours du même vol plusieurs types de missions de manière optimale et apporte de ce fait une grande flexibilité dans la planification et l’exécution des vols.

Des armements et des optionnels pour tout type de mission, le système d’armes du Rafale a été conçu pour permettre l’utilisation sans restriction d’une gamme complète d’armements performants:  Missile d’Interception, de Combat et d’Autoprotection MICA, dans ses versions IR et EM, utilisables indifféremment en combat rapproché ou en interception BVR (beyond visual range)> armement air sol modulaire AASM > bombe guidée laser > armement air-sol conventionnel > missile stand-off à longue portée SCALP > missile anti-navires EXOCET

Le POD multifonctions DAMOCLES donne une efficacité redoutable au Rafale dans les missions air-sol et de reconnaissance de jour et de nuit. Par ailleurs, la nacelle de reconnaissance AREOS permet la prise d’images de jour et de nuit à toute altitude, avec la capacité de transmission immédiate en vol des photos vers une station sol.

Le programme de participation industrielle (Offsets) offert par la France comprend la recherche et le développement du Rafale avec les principaux acteurs que sont Dassault Aviation, Snecma, Thales et MBDA. De plus, l’industrie suisse sera intégrée dans les programmes des moteurs civils CFM56, avions d’affaires Falcon. La France garantit un retour sur investissement de l’ordre de 6 milliards. 

En été comme en hiver, une patrouille de Rafale peut décoller le matin de sa base en Suisse, rejoindre en trente minutes une zone d’entraînement supersonique, se poser sur une base française d’où elle peut redécoller en début d’après-midi ou en soirée pour un deuxième vol d‘entraînement avant de rallier sa base de départ.

En parallèle, la proximité des deux pays rend possible l’échange et la formation des techniciens sans la contrainte de déploiements de longue durée. Le Rafale offre une haute technologie permettant à chaque personnel d’enrichir son savoir faire dans un environnement de maintenance simplifiée: pas d’indisponibilités de longue durée, diagnostics de panne précis et rapides réduisant le nombre d’équipements de test au sol.

Cette approche fournit une souplesse d’emploi indispensable à l’armée de milice dont les effectifs ne sont disponibles que pour une période limitée d’engagement et d’instruction.

 

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Les points communs :

Saab Gripen tout comme Dassault Aviation doivent absolument vendre leurs appareils, les chaînes de montage tournent au ralentit et il sera donc possible de recevoir rapidement les premiers avions dans l’attente de mise en fonction d’une production en Suisse.

En ce qui concerne le partenariat d’entraînement et la stratégie bilatérale, les deux pays répondent de la même manière soit :  

  • Entraînement conjoint de pilotes/zones d’entraînement communes
  • Maintenance conjointe des avions de combat
  • Utilisation partagée de simulateurs
  • Achats groupés d’armements

Dans les deux cas, la Suisse est son industrie deviennent partenaires dans le développement futur de l’avion.

Points forts & points faibles :

Le Gripen :

L’avion suédois offre le meilleur prix achat/maintenance et correspond parfaitement à l’enveloppe budgétaire fixée par le parlement, son intégration sur les infrastructures de notre pays sera facile. L’avion emporte une panoplie de missiles internationaux qui offre un large choix.

Par contre, il n’est pas sûr que le radar EASA soit disponible d’ici 2015-2018 et les Offsets  industriels sont plus faibles.

Le Rafale :

L’avion français est opérationnel immédiatement avec son radar EASA et un standard technique très élevé. Les Offsets industriels sont très bons est garantissent 6 milliards de retombées pour notre industrie.

Par contre, pour l’instant le prix semble dépasser légèrement l’enveloppe budgétaire.

Analyse :

Le budget mis en place à Berne permet la réorganisation de l’armée, mais pourrait tendre à un choix limité en matière d’avion de combat, il faut dès lors espérer qu’un second concurrent puisse répondre en matière de coût fixer par le parlement et laisser ainsi un véritable choix libre, il en va, non seulement, d’une option plus vaste en matière de capacités aériennes mais également en ce qui concerne le futur de notre industrie aéronautique et de ses dérivés !

Photos : 1 Gripen & Rafale lequel portera les cocardes suisses ? @ Armasuisse 2 Gripen à Sion  @ Paul Marais-Hayer 3 Gripen lors des essais à Emmen @ Ermman Keist 4 Rafale à Sion @ Pascal Kümmelring 5 A Emmen lors des essais @ Ermman Keist