15/05/2020

Changement de cap en Inde, vers le tout Tejas ! 

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La nouvelle va jeter un coup de froid aux avionneurs étrangers en course pour fournir de nouveaux avions à l’Indian Air Force (IAF). Le premier Ministre Modi vient lancer un appel à l’autosuffisance et prévoit d’acquérir un grand nombre d’avions HAL Tejas.

Rappel :

L’Inde est un pays compliqué et un nouveau chapitre semble se dessiner dans le pays. Le processus d'achat d'avions de chasse a commencé il y a plus de dix ans avec le programme MMRCA avec le choix du Rafale. Puis, l'Inde a annulé une commande tant attendue avec Dassault Aviation pour 126 Rafale d'une valeur de 11 milliards de dollars en 2015, mais a depuis acheté 36 des avions pour accélérer le remplacement des avions plus anciens.

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En avril 2018, le pays relance son projet d’avions de combat dans le but d’acquérir un total de 110 aéronefs. Ce nouvel épisode ressemble à un projet MMRCA II et enterre l’achat séparé d’avions monoréacteurs et de bimoteurs prévu entre-temps. Ce nouveau retournement de situation n’est que le troisième en une décennie. 

Changement de cap :

L'Inde prévoit maintenant de passer à des avions de combat fabriqués localement, deux ans après avoir demandé à des entreprises mondiales de soumettre des propositions pour fournir 110 avions de combat dans le cadre du plus gros contrat d'avions au monde.

L'armée de l'air du pays est en train de finaliser des plans visant à introniser des avions de combat légers fabriqués localement en l’occurrence le Tejas afin de renforcer les capacités de sa flotte d'avions de combat vieillissants, a déclaré le chef d'état-major de la défense Bipin Rawat dans une interview à New Delhi en fin de semaine. Selon le nouveau plan, le pays achètera 83 avions supplémentaires, en plus de l’accord antérieur pour 40 avions. Le montant est estimé à un peu plus de 6 milliards de dollars.

Cette décision ne va pas manquer d’alimenter les réflexions sur l’avenir des grandes commandes indiennes. En effet, l’Inde était depuis 20 ans un clients très gourmands en matières d’équipement militaire avec des capacités financières capables d’absorber plusieurs gros contrats simultanément. Il semble possible que les tracasserie bureaucratique et un début de crise financière ont finalement eu raison de l’appétit indien.

Un revers pour les avionneurs étrangers :

La décision a de quoi surprendre et sonne comme un revers pour Boeing, Dassault, Lockheed Martin Corp., Saab AB et le russe MiG qui étaient en course pour la commande de 15 milliards de dollars. Une nouvelle fois ceux-ci vont se retrouver avec une « gueule de bois ». On notera que l’avionneur Suisse Pilatus qui attend toujours une hypothétique troisième commande pour son avion école PC-7MKII est également dans le trouble, car aucune prise de position sérieuse n’est à l’ordre du jour.

Ce choix stratégique indien semble être directement lié par la finalisation du standard en configuration opérationnelle finale (FOC ) obtenu en mars dernier. Avec le premier vol du Tejas MkI au standard opérationnel c’est une nouvelle voie qui s’offre pour l’Inde et son industrie. A plus forte raison, la crise du COVID-19 pour également une telle décision.

Le FOC représente la finalisation des équipements de l’avion avec notamment une perche de ravitaillement en vol fixe. Du point de vue du combat, les principaux changements concernent l’adaptation et la validation des deux canons GSh-23 de 23 mm de conception russe et de la qualification du missile air-air Rafael Derby qui porte au-delà de la portée visuelle (BVM).

HAL a reçu le feu vert pour la production en série de la variante FOC en février 2019 et produira désormais 15 autres avions pour équiper un deuxième escadron LCA Mk1 au sein de l'Indian Air Force. Actuellement, le 45e Escadron « Flying Daggers » exploite 16 LCA Mk1 antérieurs dans la configuration opérationnelle initiale (CIO) à partir au sein des installations de Sulur Air Force au Tamil Nadu. Ses appareils devraient être mis à niveau à la norme FOC à un moment donné. L'escadron n° 18 « Flying Bullets » devrait être la deuxième unité dotée du Tejas MkI également basée à Sulur.

Commande débloquée prochainement : 

HAL et l'équipe de Tejas attendent maintenant le contrat pour commencer à construire 10 autres biplaces et 73 avions Tejas Mk1A. Ce contrat était en attente depuis 2016, mais les problèmes de mise au point l’avaient retardé. Il faut encore l'approbation du cabinet, le contrat est estimé à 5,3 milliards de dollars. Le Tejas Mk1 FOC reste cependant, une variante de transition dans l’attente du développement complet du Tejas Mk2. 

Le HAL Tejas Mk1A :

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La variante actuelle du Tejas MK1A CIO est dotée du radar ELTA Systems ELM-2032 à antenne mécanique. La variante FOC dispose du radar à antenne à balayage électronique ELTA Systems ELM-2052. Ce radar utilise un réseau de transmission / réception avec modules semi-conducteurs permettant la détection en réseau pour obtenir une plus longue portée de détection, avec une haute fiabilité avec un suivi multi-cible. Il peut également soutenir l'identification des cibles à haute résolution. Il peut détecter des cibles à très longue portée tout en suivant jusqu'à 64 cibles et engager simultanément plusieurs cibles avec des missiles. Dans les missions d'attaque au sol le radar prend en charge la cartographie de navigation et d'images haute résolution (SAR), soutenu par un faisceau réel (RBM) et Doppler (DBS). Le ELM-2052 est réalisé sous la forme d'un système modulaire, construit avec une capacité de croissance de calcul et de mémoire.

Le Tejas met en œuvre les missiles air-air Rafale Python et Derby, le tout avec une liaison de données numérique interconnectée. De plus, un système de guerre-électronique complet, également d’origine israélienne équipe le standard l’avion et complète définitivement le système de défense de l’avion indigène indien.

L’avion est doté du système de génération d'oxygène de bord (OBOGS). Les affichages du cockpit seront également améliorés. L’avion est motorisé par un General Electric F404-F2J3 de 53,9 kN et de 85 kN avec postcombustion.

Rappel : 

Le programme d’avion de combat léger (LCA) nommé Tejas (« Glorieux » en langue sanskrit) est un programme national indien lancé en 1982, dont la mise au point aura duré plus de 30 ans !  Il s’agit du plus petit avion de combat polyvalent au monde. Ce programme est sous la responsabilité du constructeur indien HAL (Hindustan Aeronautic Ltd).

L’histoire se répètera-t-elle ?

Pour Dassault, il a y de quoi être refroidit par cette décision. A l’époque l’Inde avait opté pour le Mirage 2000 à 59 exemplaires avec comme objectif d’en commander d’autres. Et puis les années passèrent et rien ! Avec la commande de 36 avions Rafale, Dassault était dans l’attente d’une seconde et pourquoi pas d’une troisième commande. A la vue des besoins indiens et des capacités de l’avion français, une telle option était parfaitement réaliste sinon nécessaire. La décision coupe nette les ambitions à courts termes de l’avionneur français. Pour autant, les faibles capacités du Tejas pourraient bien nous réserver quelques surprises, comme une énième relance de programme ?

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Photos : 1 Tejas 2 MMRCA II 3 Cockpit Tejas @ IAF 4 Tejas @David Oliver

 

 

 

20/12/2018

Rafale indien : la farce est close !

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La Cour suprême de l’Inde de rejeter tous les recours déposés à l’encontre du Contrat Rafale signé le 23 septembre 2016 dans le cadre d’un Accord intergouvernemental entre l’Inde et la France. Ceci clos définitivement la polémique lancée durant l’été.

Rappel :

En août dernier, l’oppositon indienne avait tenté de discréditer l’actuel gouvernement sur le dossier « Rafale ». Les accusations portées contre l’accord de gouvernement à gouvernement comprenaient un manque de transparence sur les détails et un coût qui serait beaucoup plus élevé que ce qui a été négocié début 2012. Cette année-là, le Rafale est devenu le vainqueur du programme d'avions de combat MMRCA. Les négociations par le congrès n'ont pas été poursuivies en raison de problèmes non résolus concernant le transfert de technologie et les compensations entre Dassault et Hindustan Aeronautics Ltd. L'opposition a accusé la société privée Reliance Infrastructure, connue du Premier ministre, d'avoir été  choisie par le gouvernement indien pour être le partenaire compensateur de Dassault.

Pas d’irrégularité :

Selon la Cour suprême l’absence de toute irrégularité dans le processus décisionnel concernant l’achat de 36 Rafale, le prix et la sélection, par Dassault Aviation, des partenaires indiens du programme de compensations industrielles (offset), dont la société Reliance Defence appartenant à M. Anil Ambani.

« L’accord est totalement conforme aux lois et règles indiennes, comme je l’ai déjà déclaré, et le premier élément de Falcon vient de sortir de notre usine de Nagpur pour être livré », a déclaré Eric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation.

Dassault Aviation s’engage à mettre pleinement en œuvre le programme « Make in India » du Premier ministre Modi. À ce titre, Dassault Aviation assurera de la production en Inde par le biais de la Joint Venture Dassault Reliance à Nagpur, ainsi qu’au travers d’un vaste réseau d’approvisionnement comprenant déjà une trentaine d’entreprises avec lesquelles Dassault Aviation a signé des contrats, et une soixantaine d’autres pour lesquelles des discussions sont en cours.

Dassault a répondu à la demande indienne :

Selon les termes du nouveau contrat, l'avionneur français s'est associé avec un partenaire indien, Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani. Cette société n'avait pourtant aucune expérience préalable dans l'aéronautique. Dassault a déjà investi plus de 100 millions d'euros dans sa co-entreprise avec Reliance à la suite du nouvel accord. En agissant ainsi l’avionneur français n’a fait que répondre favorablement à une demande indienne précisée d’emblée dans le cahier des charges. Le choix de la société Reliance est du à la volonté du gouvernement indien.

Comme je l’expliquais dans un article du 9 août dernier, il n’y pas de problème avec le contrat « Rafale » en Inde, mais l’enjeu politique est tel, que celui-ci pouvait faire basculer le choix des urnes. Du côté de l’IAF, on s’est montré inquiet, car un nouveau retard aurait été une véritable catastrophe pour la modernisation de celle-ci. 

Photo :Rafale au couleurs indiennes @ Dassault Aviation

19/05/2016

Le Tejas disposera de radars israéliens !

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HAL (Hindustan Aeronautic Ltd) confirme avoir signé avec l’équipementier israélien ELTA Systems un contrat pour la fourniture de radars pour toutes les versions de l’avion de combat Tejas indien. En parallèle, la Force aérienne indienne (IAF) confirme son intention de commander 80 autres Tejas MKI suite à une commande antérieure de 40 appareils dans ce standard. Ces appareils devraient ensuite être portés au standard MKII. Au total l’Inde prévoit un total de 180 Tejas.

Deux versions de radars :

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La variante actuelle du Tejas MKI est dotée du radar ELTA Systems ELM-2032. Le radar ELM-2032 est une avancée de type Doppler à impulsion à antenne mécanique multimode. Il est adapté pour les modes air-air et air-sol. Il permet une détection et le suivi jusqu'à 150 km en mode air-sol et en mode air-air, il peut traiter des cibles allant jusqu'à 300 km. Le système radar pèse entre 72 et 100 kg.

 

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La variante du Tejas MkII sera dotée du radar ELM-2052 à balayage électronique. Le radar ELM-2052 d’Elta Systems est une version AESA de sa famille de radar de contrôle de tir aéroportée désigné ELM-2032. Ce radar utilise un réseau de transmission / réception avec modules semi-conducteurs permettant la détection en réseau pour obtenir une plus longue portée de détection, avec une haute fiabilité avec un suivi multi-cible. Il peut également soutenir l'identification des cibles à haute résolution. Il peut détecter des cibles à très longue portée tout en suivant jusqu'à 64 cibles et engager simultanément plusieurs cibles avec des missiles. Dans les missions d'attaque au sol le radar prend en charge la cartographie de navigation et d'images haute résolution (SAR), soutenu par un faisceau réel (RBM) et Doppler (DBS). Le ELM-2052 est réalisé sous la forme d'un système modulaire, construit avec une capacité de croissance de calcul et de mémoire.

Nette amélioration du Tejas MKI :

Avec ce nouveau radar, la version MKI du Tejas et la future version MKII sont enfin en phase pour répondre au cahier des charges de l’IAF. Le Tejas mettra en œuvre les missiles Derby et Python air-air, le tout avec une liaison de données numérique interconnectée. De plus, un système de guerre-électronique complet, également d’origine israélienne va venir équiper le standard MkI et compléter définitivement le système de défense de l’avion indigène indien.

 

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Photos : 1 & 4 Tejas MkI @ Weimeng 2 radar ELM-2032 3 radar ELM-2052@ ELTA Systems

 

20/03/2016

L’Inde négocie une nouvelle tranche de Su-30 !

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New Delhi, alors que les négociations autour de la vente par la France de 36 Rafale en Inde piétinent un peu plus, le pays négocie avec la Russie une nouvelle tranche d’avions de combat Sukhoi Su-30MkI

40 Sukhoi Su-30MkI :

Selon les dernières informations disponibles en fin de semaine dernière, l’Inde négocie l’achat d’un lot de 40 Su-30MkI pour un prix estimé à 3,5 milliards de dollars. Manœuvre pour faire baisser le prix des 36 Rafale ? Peut-être, cependant, un responsable de la société russe Sukhoi JSC a confirmé l’information et la possible vente dans les prochains mois.

Le Sukhoi Su-30MKI :

Le Sukhoi Su-30MKI bénéficie des capacités similaires à celle des avions de combat de cinquième génération. L’appareil est doté d’une avionique améliorée, d’un radar AESA de type Phazotron Zhuk-MA plus puissant, capable d’engager plus de quatre cibles simultanément et ceci également vers l’arrière. L’avion dispose une certaine capacité en matière de furtivité et ceci grâce à une diminution de la signature radar. L’autre nouveauté concerne l’adaptation des missiles indien BrahMos et KH-59M Ovod-M. L’avionique dispose d’un mode carte numérique avec une capacité de guidage longue portée TV. 

L’appareil est doté de moteurs AL-31FP de Saturn corporation, dont la durée d’entretien est montée à 2000 heures en lieu et place des 1000 sur les versions plus anciennes. Un nouveau logiciel de contrôle de la poussée vectorielle (TVC) permet une meilleure sécurisation en cas de manœuvre  extrême.

L’Inde dispose d’une licence de production pour le Su-30MKI, ceux-ci sont livrés en «kit» depuis la Russie et le montage final s’effectue dans le pays. Les ingénieurs indiens ont par ailleurs travaillés avec leurs homologues russes pour améliorer la fiabilité des moteurs et la maintenance de l’avion.

 

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Photos : Sukhoi Su-30MkI indiens @ IAF

 

25/01/2016

Rafale en Inde, accord politique !

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New Dehli, les chances de conclurent « enfin » la vente de 36 avions de combat Rafale avancent, mais rien n’est encore sous toit ! Ce lundi, un pas important vient d’être franchis avec un accord politique entre les deux pays. La vente finale bute toujours sur le prix et les offsets.

Ce qui bloque le contrat :

L’accord politique de ce jour est important pour l’avionneur Dassault, mais le contrat tarde encore sur cet épineux dossier. Pour aboutir, il faut que les deux parties arrivent à se mettre d’accord sur le prix final et sur le dossier des offsets. L’Inde n’accepte toujours pas le prix actuel, soit 5,4 milliards d’euros pour 36 avions et demande à la France une baisse de prix de l’ordre de 10 % à 20 %. En parallèle, New Dehli, exige des offsets de l’ordre de 50% dont 30% directement réinvestit dans le pays.

Commentaire :

L’accord de ce jour est une bonne chose, mais ne doit pas faire oublier les points de discorde qui existent encore sur le fond du dossier, car sans un règlement de ceux-ci, il ne pourra pas y avoir de finalisation du contrat. Une chose se vérifie une nouvelle fois, les bonnes nouvelles concernant le programme Tejas mettent l’administration indienne en position de force pour la finalisation du contrat avec la France. Mais celle-ci, n’en fait-elle pas un peu trop ? En effet, le prix annoncé par la France en Inde est parfaitement raisonnable d’une part, il correspond par exemple à l’offre faite à l’époque à la Suisse (par appareil) et ceci sachant que les négociations ne portent plus sur 126 avions, mais sur un nombre réduit d'aéronefs. De plus, les difficultés de l’industrie indienne, rendent difficile le transfert de technologie, en ce qui concerne les offsets. La suite au prochain épisode !

 

Photo : Image de synthèse Rafale aux couleurs indiennes @ Dassault