03/12/2021

Les EAU commandent 80 Rafale !

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Abu Dhabi a tranché, avec une commande très importante pour l’avionneur français Dassault qui porte sur 80 avions de combat Rafale. En présence du Président de la République Française, Emmanuel Macron, et de Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane, Prince Héritier d’Abu Dhabi et Vice-Commandeur des Forces Armées des Émirats Arabes Unis (EAU), Eric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation, a signé avec Tareq Abdul Raheem Al Hosani, Président-Directeur général de Tawazun Economic Council, en charge des acquisitions de sécurité et de défense, un contrat historique pour l’acquisition de 80 Rafale au standard F4 pour équiper l’Armée de l’Air des Émirats Arabes Unis (United Arab Emirates Air Force & Air Defence.

Le Rafale au standard F4, dont l’Armée de l’Air des Émirats sera le premier utilisateur en dehors de la France, dotera les Forces Armées émiriennes d’un outil incontestable de souveraineté. Résultat d’une mobilisation totale de Dassault Aviation au côté de l’Armée de l’Air émirienne, ce contrat est l’aboutissement de plus de 45 ans d’une relation de confiance entre les Émirats Arabes Unis et notre société au travers de la famille d’avions de chasse Mirage, et notamment du Mirage 2000-9 dont la modernisation a été lancée il y a deux ans.

Opération réussie

La France avait entamé une opération de séduction avec le Rafale depuis un certain temps. Dassault offre la dernière version, soit le F4 avec des livraisons prévues pour 2025. Pour le petit Émirats, la solution française ne souffre pas de blocage politique. On ne sait pas cependant. Cette commande est une belle revanche pour Dassault, les tractations pour vendre le Rafale aux EAU ont débuté, il y a plus de 10 ans, avant d’échouer en octobre 2010. 

Le Standard F4.1

Cette évolution de l’avion français doit permettre d’amener celui-ci pleinement dans le combat en réseau avec de nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, serveur de communication, radio logicielle. De nouvelles fonctions seront également développées pour améliorer les capacités de l’avion comme l’évolutions des capteurs et du radar, de l’optronique secteur frontal (IRST), capacités viseur de casque et de nouveaux armements seront intégrés. 

Enfin, en termes de disponibilité, Dassault travaille dans le cadre d’un MCO (Maintien en Condition Opérationnelle) qui sera davantage verticalisé sous l’autorité de l’avionneur. Le F4 comprendra un nouveau Système de Pronostic et d’Aide au Diagnostic introduisant des capacités de maintenance prédictive. D’autres optimisations de la maintenance sont également programmées, avec notamment des solutions basées sur le « Big Data » et l’intelligence artificielle. Enfin, le Rafale sera doté d’un nouveau calculateur.

Un plan B

Cette commande permet aux EAU de renouveler leur flotte aérienne et de s’affranchir du blocage américain sur la vente du F-35, juger trop « sophistiqué » pour le petit pays. Lockheed Martin était en pole position avec un accord avec les États-Unis portant sur un total de 50 avions de combat Lockheed Martin F-35A pour un coût estimé à 10,4 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis, l'un des alliés les plus proches de Washington au Moyen-Orient, ont depuis longtemps exprimé leur intérêt pour l'acquisition des avions furtifs F-35 fabriqués par Lockheed Martin et se sont vu promettre une chance de les acheter dans le cadre d'un accord parallèle lorsqu'ils ont accepté de normaliser les relations avec Israël en août dernier.

Mais pour cela, il fallait un accord qui ne gêne pas l’allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins. Dans un premier temps les USA ont travaillé à ce que les F-35 potentiels pour les EAU puissent être bridés et donc inférieurs à ceux vendus à Israël. Mais l’administration Biden n’était pas satisfaite, et des voix se sont élevées pour bloquer purement est simplement cette vente.

 

17/11/2021

Avions de combat, les EAU aiguisent les appétits !

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Mais quel avionneur remportera la mise au sein des Émirats Arabes Unis ? D’ailleurs, il se pourrait bien que comme pour le Qatar ou l’Égypte, le Koweït, plusieurs modèles d’avions pourraient obtenir un contrat.

F-35, Rafale ou Su-75 

Ils sont trois à pouvoir revendiquer une vente importante pour venir moderniser la Force aérienne des EAU. En janvier dernier, l’américain Lockheed Martin était en pole position avec un accord avec les États-Unis portant sur un total de 50 avions de combat Lockheed Martin F-35A pour un coût estimé à 10,4 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis, l'un des alliés les plus proches de Washington au Moyen-Orient, ont depuis longtemps exprimé leur intérêt pour l'acquisition des avions furtifs F-35 fabriqués par Lockheed Martin et se sont vu promettre une chance de les acheter dans le cadre d'un accord parallèle lorsqu'ils ont accepté de normaliser les relations avec Israël en août dernier. 

Mais pour cela, il faut un accord qui ne gêne pas l’allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins. Dans un premier temps les USA ont travaillé à ce que les F-35 potentiels pour les EAU puissent être bridés et donc inférieurs à ceux vendus à Israël. Mais l’administration Biden n’est pas satisfaite, et des voix se sont élevées pour bloquer purement est simplement cette vente. Les EAU ne seraient pas suffisamment sûr pour obtenir un avion aussi sophistiqué que le F-35A.

De son côté la France tente une opération de séduction avec le Rafale depuis un certain temps. Dassault offre la dernière version, soit le F4 avec des livraisons prévues pour 2025. Les signaux semblent positifs du côté de Paris, et une décision pourrait tomber au début de décembre déjà. Pour le petit Émirats, la solution française ne souffrirait pas à priori de blocage politique. On ne sait pas cependant, si Paris limiterait certains équipements destinés aux EAU. En revanche, en cas de commande, Dassault obtiendrait une belle revanche, les tractations pour vendre le Rafale aux EAU ont débuté, il y a plus de 10 ans, avant d’échouer en octobre 2010.

Troisième avionneur en piste, le groupe russe Rostec propose le tout nouveau Sukhoi Su-75 « Checkmate ». Une offre intéressante avec un appareil de 5 ème génération ayant une signature radar réduite et offrant un grand avantage en termes de prix très inférieur au F-35 et  Rafale, on parle d’une fourchette de 30 à 40 millions de dollars. L’autre intérêt de l’avion russe vient de sa connectivité avec des drones et une version possible non habité, sans oublier une large palette d’armement air-air, air-sol et antiradar. Par contre, l’avion ne volant pas encore, les EAU devraient attendre plus longtemps pour l’obtenir. A moins que le Su-75 viennent compléter plus tard, un premier achat occidental ?

Photos : F-35, Rafale, Su-75

 

 

16/11/2021

Des Rafale supplémentaires pour l’Egypte !

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Le contrat portant sur l’acquisition par l’Égypte de 30 Rafale supplémentaires pour équiper son armée de l’Air est entré en vigueur. Annoncé le 4 mai dernier, ce contrat vient compléter la première acquisition de 24 Rafale, signée en 2015, et portera à 54 le nombre de Rafale opérés par l’armée de l’Air Égyptienne, la seconde au monde, après l’armée de l’Air et de l’Espace Française, à opérer une telle flotte de Rafale. Les livraisons devraient s’étendre jusqu'en 2026.

Financement assuré par l’Etat

Le contrat est estimé à quelques 3,9 milliards d'euros via un prêt sur 10 ans qui sera dégagé par quatre banques françaises Crédit Agricole, BNP, la Société Générale et CIC. L’avantage de ce système financier est que l’avionneur Dassault est certain d’être payé au final. On ne connait pas le taux d’intérêt pratiqué, mais il n’est sans doute pas inférieur au taux des prêts garantis par l’État français qui est de 3 % l’an et porte sur de 131 milliards d’euros. Les banques françaises ont obtenu que 85 % des 3,950 milliards d’euros soient couverts par une assurance, soit 3,357 milliards d’euros. En cas de problème de paiement, les quatre banques se tourneront en direction d’une Société d’Etat pour assumer la différence.

Rappel : 

L'armée de l'air égyptienne exploite le Rafale depuis que les trois premiers ont été remis au centre d'essais en vol de Dassault à la base aérienne d'Istres-Le Tubé dans le sud de la France en juillet 2015. Le Rafale n'a été officiellement commandé que le 16 février de cette année-là, et le premier six avions, tous biplaces, ont été détournés de la production de l'armée de l'air française afin de répondre au désir de l'Égypte de mettre l'avion en service à temps pour participer à la célébration d'août de l'expansion du canal de Suez.

La commande initiale comprenait 24 avions, huit Rafale EM monoplaces et 16 Rafale DM biplaces. Ils sont exploités depuis la base aérienne de Gebel el Basur au nord-ouest du Caire par la 203rd Tactical Fighter Wing qui parents les 34e et 36e escadrons de chasse tactique. L'expérience du Rafale a été positive et la déclaration accompagnant l'annonce de la deuxième commande fait référence à un certain nombre d'attributs, notamment sa « capacité à effectuer des tâches à longue portée » et ses caractéristiques de cyberguerre.

Cette nouvelle commande témoigne de la relation stratégique entre la France et l’Egypte, de la confiance des plus hautes autorités égyptiennes à l’égard de Dassault Aviation et de leur satisfaction quant au bon déroulement de l’exécution du premier contrat.

« Cette nouvelle commande est la preuve du lien indéfectible qui unit l’Égypte, premier utilisateur export du Rafale comme elle l’a été pour le Mirage 2000, à Dassault Aviation depuis près de 50 ans. Elle témoigne également de la qualité opérationnelle du Rafale, puisque pour la seconde fois un client export fait le choix de commander des avions supplémentaires. Dassault Aviation et ses partenaires remercient les Autorités Égyptiennes de cette nouvelle marque de confiance et les assurent de leur engagement total à satisfaire une nouvelle fois leurs attentes », a déclaré Eric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation.

Ce contrat confirme l’excellence technologique et opérationnelle du Rafale et son succès à l’export. Cette première livraison intervient à peine cinq mois après la décision prise par l’Égypte d’acquérir 24 Rafale, soit : 16 biplaces et 8 monoplaces, pour doter son armée de l’air d’un chasseur polyvalent de dernière génération, capable de répondre à ses besoins opérationnels et de lui permettre d’assurer, en toute souveraineté, sa position géostratégique dans la région.

Les Rafale égyptiens 

Les Rafale F3-R égyptiens sont dotés de missiles air-air MICA prélevés sur les stocks de l'armée de l’air, en outre, ils sont dotés du missile « Black Shahine », soit la version export du SCALP.

Photo : Rafale F-3R égyptiens @ FAE

 

25/07/2021

Le viseur de casque Scorpion équipera le Rafale F4 !

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L’équipementier Thales a reçu une commande pour son viseur de casques Scorpion® et de visualisations têtes latérales numériques pour équiper l’intégralité des Rafale produits par Dassault Aviation qui équiperont l’armée de l’Air et de l’Espace, ainsi que la Marine Nationale.

Dans un environnement toujours plus complexe, les équipages devront analyser davantage de données en un temps restreint. Couplé avec le système d’armes, le viseur de casque Scorpion améliore la compréhension de la situation tactique et facilite l’agilité et la réactivité des équipages de combat. Son déploiement progressif sur le Rafale Standard F4 constituera un avantage décisif pour la réussite des missions ainsi que la protection des populations.

Le viseur de casque propose une symbologie qui rassemble les informations des différents systèmes de l’appareil permettant au pilote d'accomplir sa mission dans les situations difficiles. Il améliore ainsi radicalement la connaissance de la situation tactique créant une continuité entre l’intérieur du cockpit et le monde extérieur. Couplé avec le système d’armes, il permet notamment de désigner et de suivre des cibles dans l’ensemble du champ de vision de l’équipage, de jour comme de nuit. 

L’ensemble de ces améliorations capacitaires s’ajoute aux fonctions de protection et de survie attendues d’un casque de vol traditionnel et pleinement assurées par le casque Scorpion. Son développement a été conçu pour minimiser l’impact de masse et de centrage, enjeu majeur permettant e de préserver l’intégrité physique des équipages. 

Ecrans de visualisation 

En parallèle, une commande de 400 Visualisations Têtes Latérales (VTL) numériques a été réalisée pour remplacer les Visualisations Têtes Latérales des Rafale en service. Ces écrans latéraux du cockpit permettent notamment d’afficher les informations sur l’état des systèmes de l’avion ainsi que les images issues des différents capteurs. Ce nouvel équipement offre une surface d’affichage étendue, un écran tactile amélioré et des capacités de calcul augmentées.

Le Scorpion validé sur le Rafale

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Avant de passer commande, la DGA a réalisé une série de tests de compatibilité permettant de qualifier le système lors d’une évacuation avec parachute par exemple. Ces essais ont permis de valider que le nouvel équipement n’entrave pas la sécurité et les opérations de sauvetage du pilote.

A noter que dorénavant le Rafale peut proposer deux types de viseur de casque, soit le système de TARGO II de l’Israélien Elbit Systems et le Scorpion de Thales. Ce dernier à notamment été choisi par l’Espagne pour équiper les Boeing EF-18 A/B « Hornet ».

En route vers le standard F4

Cette commande de matériel permet un peu plus de rendre bien réel le futur standard F4 du Rafale. Cette évolution de l’avion français doit permettre d’amener celui-ci pleinement dans le combat en réseau avec de nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, serveur de communication, radio logicielle. De nouvelles fonctions seront également développées pour améliorer les capacités de l’avion comme l’évolutions des capteurs et du radar, de l’optronique secteur frontal (IRST), capacités viseur de casque et de nouveaux armements seront intégrés comme le missile air-air Mica NG et l’armement air-sol modulaire de 1000 kg.

Enfin, en termes de disponibilité, Dassault travaille dans le cadre d’un MCO (Maintien en Condition Opérationnelle) qui sera davantage verticalisé sous l’autorité de l’avionneur. F4 comprendra un nouveau Système de Pronostic et d’Aide au Diagnostic introduisant des capacités de maintenance prédictive. D’autres optimisations de la maintenance sont également programmées, avec notamment des solutions basées sur le Big Data et l’intelligence artificielle. Enfin, le Rafale sera doté d’un nouveau calculateur moteur. La validation du standard F4 est prévue pour 2024.

Photos : 1 Rafale 2 Viseur de casque Scorpion @ Thales

10/06/2021

Le Bangladesh cherche un nouvel avion de combat !

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Le Bangladesh n’est pas un pays très riche, mais les tensions dans la région poussent le pays en direction d’une modernisation des forces armées. Du côté de la Force aérienne, il s’agit de remplacer voir d’intégrer dans un premier temps les anciens F-7 chinois et MiG-29 russes de la Bangladesh Air Force (BAF) avec un nouvel appareils.

Forces Goal 2030

Sous la désignation de « Forces Goal 2030 » », la Direction générale des achats de défense du Bangladesh (DGDP) a lancé un appel d'offres pour l'achat de 16 avions de combat multirôle (MRCA).

La BAF est à la recherche d'un avion de combat nouvellement construit propulsé par deux moteurs avec au moins 5’500 kg de poussée à sec et plus de 8’000 kg avec postcombustion chacun et avec au moins huit points d'attache d'armes et une charge utile minimale de 5’000 kg.

Le gouvernement exige que le futur avion soit équipé d'un réseau de radars à balayage électronique (AESA) avec une portée air-air de 150 km et une portée air-sol de 50 km. L'avion devra également inclure une suite de guerre électronique intégrée (GE) et de contre-mesures électroniques (ECM); un Système infrarouge de recherche et de suivi (IRST) avec une portée de suivi de cible d'au moins 50 km ; système d'affichage et de viseur monté sur casque (HMD/S) avec repérage ; affichage tête haute (HUD) et un cockpit doté d’écrans EFIS modernes.

Par ailleurs l’offre doit comprendre package complet comprenant aéronefs, maintenance et entraînement, ainsi qu'une gamme d'armes air-air et air-sol. Il doit également prévoir l'ouverture d'un centre de maintenance, réparation et révision (MRO) dans le pays. 

Question budget, le Bangladesh dispose d’une enveloppe spéciale de 2,95 milliards de dollars us qui a été créée en plus du budget normal d’acquisition du pays.

Les concurrents potentiels

Le Bangladesh est principalement client auprès des avionneurs chinois et russes, de fait des propositions concernant les Sukhoi Su-35, Su-30SM et MiG-35, ainsi que le Shenyang J-31 chinois seront proposés. Mais le pays semble maintenant s’intéresser de plus près aux appareils occidentaux, ce qui laisse une belle porte ouverte pour le Rafale de Dassault et l’Eurofighter d’Airbus. On ne sait pas si Boeing va lancer son F/A-18 « Super Hornet » dans la bataille qui s’annonce.

Photos : les concurrents potentiels