04/10/2018

Boeing offre le E-7 « Wedgetail » aux anglais !

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Le ministère britannique de la Défense (MOD) est en pourparlers avec l’avionneur Boeing en vue de l’acquisition du système d’alerte précoce et de contrôle aéroporté de type E-7 « Wedgetail ».

Après une analyse du marché et des discussions avec des fournisseurs d'autres systèmes, le ministère de la Défense britannique a conclu que le E-7 « Wedgetail » était l'avion le plus économique disponible et qu'il pourrait potentiellement être utilisé en collaboration avec l'Australie, alliée et membre du groupe «Five Eyes».

"Le Wedgetail est l'acteur le plus remarquable dans notre quête d'un nouvel avion de surveillance des espaces de combat et a déjà fait ses preuves en Irak et en Syrie avec la Royal Australian Air Force", a déclaré le secrétaire à la Défense, Gavin Williamson. «Notre avenir avec l'Australie nous verra déjà opérer le même avion de patrouille maritime, des navires de guerre de type 26 de classe mondiale et des avions à réaction supersoniques F-35. Le « Wedgetail » pourrait rejoindre ce formidable arsenal et nous aider à travailler ensemble pour faire face aux menaces globales auxquelles nous sommes confrontés. "

S'il était sélectionné par les anglais, l'avion remplacerait l’actuel Boeing E-3D « Sentry », entré en service dans la Royal Air Force en 1992. Le nombre d'avions que le MOD envisageait d'acheter et à quel prix n'a pas été révélé, mais quatre ou six avions pourraient être achetés. On estime le prix d’un E-7 à près de 1 milliard de dollars.

Le ministère de la défense précise que les discussions avec Boeing permettront ensuite de se faire une idée complète de l’avion. La décision finale ne sera prise qu’avec un processus d’approbation formel qui examinerait les exigences de la RAF et le prix de l’avion.

Des craintes et un choix :

Au mois de juillet, le Comité parlementaire de la Défense du Royaume-Uni, composé de représentants de plusieurs partis britanniques, a fait part de leurs préoccupations quant à l’intention, selon la rumeur du moment, de proposer un contrat pour le E-7 « Wedgetail » sans mise en concurrence ouverte, soulignant qu’il existait des plates-formes alternatives. Un autre candidat possible pourrait être le système « GlobalEye » de Saab, basé sur le biréacteur d’affaires Bombardier Global 6000 et en cours de développement pour le client de lancement, soit les Émirats arabes unis.

Pour autant le « Wedgetail » semble le favori pour le contrat anglais, et ceci pour deux raisons : D’une part le E-7 est déjà en service dans trois pays (Australie, Corée du Sud et Turquie) et de l’autre l’avion permettrait une bonne communité avec l’allié australien.

Le B737 «Wedgetail» AEW &C :

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Basé sur le Boeing 737-700  «Next-Generation» commercial, l'AEW&C E-7A « Wedgetail » est conçu pour fournir la surveillance de l’espace aérien et la gestion de celui-ci  grâce à son  radar à balayage électronique radar qui retransmet à  l’équipage de la mission l’ensemble des cibles aériennes et maritimes en temps réel. L'équipage de mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Le radar MESA peut détecter jusqu’à 1’000 objets volants dans le même temps. Lorsque le degré de surveillance est en mode 360°, il peut détecter les avions ennemis dans un rayon de 370 km, et lorsqu’il concentre le faisceau dans une direction, il peut détecter des cibles à des distances allant jusqu'à 500 km. En d'autres termes, si l'avion vole près de la frontière. Avec les différents modes, le radar peut même détecter des cibles en mer. L'équipage de la mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

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Photos :Le E-7 Wedgetail de la RAAF @ RAAF

 

 

02/10/2018

L’Australie lance le remplacement du Tigre !

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Canberra, cette fois c’est fait, l’Australie a publié une demande d'informations sur les "hélicoptères de reconnaissance" afin de soutenir les opérations spéciales. Le projet vise le remplacement de la flotte actuelle d’hélicoptères Airbus Tigre ARH de reconnaissance armée.

Un long différent :

Bien que récent, la flotte australienne d’hélicoptères Tigre ne satisfait pas aux exigences des militaires australiens. En février 2016, l’armée australienne parlait déjà de remplacer les Tigre ARH, si leurs performances ne répondaient pas aux exigences de combat et de maintenance. Pour l’Australie, la maintenance s’avère complexe, longue et difficilement inapplicable en combat réel, de plus l’hélicoptère ne satisfait pas aux exigences du combat actuellement. Le rapport annuel de la défense de l'Australie avait montré, que les hélicoptères Tigre avaient volé 3’000 heures dans une période de 12 mois, soit bien en dessous des 6.000 heures recherchés. L'armée dénonce notamment que la motorisation des Turbomeca MTR de l'hélicoptère, ont un coût plus élevé que prévu. L’Australie se plaint de la difficulté pour obtenir des pièces détachées et que plusieurs incidents impliquant de la fumée dans le cockpit ont été relevés.

Améliorations insuffisantes :

Canberra remet en cause, le programme d’améliorations mis en place avec les utilisateurs que sont : la France, l’Allemagne et l’Espagne. Pour les australiens ce programme ne va pas assez loin et ne permettra pas de répondre de manière satisfaisante aux besoins actuellement identifiés.

Le remplacement :

Publiée le 25 septembre dernier, la demande du département de la Défense sollicite des informations sur les hélicoptères en service "optimisés pour les environnements urbains denses" et pouvant être déployés par les transports stratégiques depuis l’avion de transport Boeing C-17.L’hélicoptère devrait être équipé d’équipements et de systèmes d’armes simples, éprouvés, de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR)", a déclaré le DoD. Par ailleurs, le nouvel aéronef devra pouvoir soutenir les opérations des forces spéciales, comme demandé dans le livre blanc de la défense australienne. Le futur hélicoptère pourra également être monomoteur. Le modèle choisi devra être livrable dès 2023.

Les concurrents :

Avec une telle demande de la part des australiens, plusieurs machines sont susceptibles de répondre à la demande, il s’agit pour les monomoteurs du Boeing AH-6 « Little Bird », de l’Airbus H125M. En ce qui concerne les hélicoptères bimoteurs, on retrouve Boeing avec son AH-64E « Apache », Bell avec l'AH-1Z. De son côté, il semble qu’Airbus tente de vouloir revenir en course avec les nouvelles mises à niveau disponibles pour le Tigre.

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Photos : 1 Tigre Australian Army @ Lance Broad 2l’AH-64 Apache @ Boeing

 

19/04/2018

Les C-27J « Spartan » de la RAAF au complet !

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La Royal Australian Air Force (RAAF) a reçu son dixième et dernier avion de transport tactique Alenia C-27J « Spartan ». L'aéronef opère au sein de l'escadron n°35 de la RAAF Richmond. L'escadron déménagera à Amberley au début de 2019 au sein d’installations entièrement neuves.

Rappel :

L’Australie a commandé au mois de mai 2012, 10 appareils de type C-27J «Spartan» à travers le programme «Foreign Aircraft Sales militaire Joint Cargo» mis en place par les Etats-Unis. Le coût total est de 1,4 milliards de dollars. 

Le  C-27J de transport aérien tactique a remplacer lesvieux DHC-4 «Caribou», retirés du service actif en 2009 et les C-130H. Le C-27J «Spartan» a été choisi au détriment du C-295 d’Airbus Military. Les livraisons de C-27J ont commencé en 2015.

"Le Spartan offre une flexibilité aux opérations de défense, nous permettant d'atterrir sur des aérodromes plus petits ou inadaptés à nos avions de transport beaucoup plus gros comme le C-130J Hercules et le BoeingC-17A « Globemaster » a déclaré le porte-parole de la RAAF.

Rappel :

Le C-27J « Spartan » est un aéronef à voilure fixe de transport tactique léger polyvalent pour diverses missions. Particulièrement maniable et polyvalent, le robuste C-27J offre un rapport poids puissance le plus élevé de sa catégorie avec la capacité d'effectuer des manœuvres sous un facteur de charge de l’ordre de 3G, permettant des virages serrés et une montée rapide, ainsi que la descente. 

Il offre la capacité unique de faire varier la hauteur plancher, afin d’ajuster en permanence celui-ci pour faciliter le chargement et le déchargement de grands volumes, ainsi que les charges utiles à haute densité sans équipement de soutien au sol et en facilitant le «drive-in/out» de véhicules, afin qu'ils puissent être utilisés immédiatement.

Le C-27J offre un niveau élevé de sécurité et un taux imbattable de disponibilité particulièrement haut.  Le C-27J décolle sur environ 1900 pieds sur une surface non goudronnée. Dans un environnement tactique, l'avion est capable de monter à 10.000 pieds en 3 minutes, en descendant à partir de 10.000 pieds en moins de 2,5 minutes. Le C-27J à une course au sol de moins de 1115 pi.

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Photos :le C-27J « Spartan » au sein de la RAAF @ RAAF

12/04/2018

Encore des revers pour le F-35 !

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La saga des problèmes du F-35 continue de plus belle. D’une part les livraisons sont stoppées au Pentagone pour des raisons contractuelles et de l’autre, le nouveau standard F-3 livré à la RAAF devait être pleinement opérationnel, mais il n’en est rien.

Litige sur la corrosion :

Le ministère américain de la Défense a interrompu la livraison des avions F-35 de Lockheed-Martin Corp à la suite d'un litige quant à la responsabilité des coûts engendrés par un défaut de production.

Le constructeur a confirmé mercredi l'arrêt des livraisons pour une question contractuelle, sans donner davantage de détails. Lockheed Martin se dit néanmoins confiant quant à son objectif de livraison de 91 appareils pour 2018.

Cette situation est due suite à la découverte de corrosion sur les panneaux extérieurs en fibre de carbone de l'avion. Le DOD et Lockheed-Martin ont trouvé une solution au problème de la corrosion, mais seraient dans une impasse sur qui devrait payer pour réparer les F-35 déjà stationnés dans le monde.

La bonne nouvelle qui tombe à l’eau :

En début de semaine Lockheed-Martin a annoncé la livraison de trois avions F-35 à la RAAF équipés du logiciel Block 3F, soit une version plus performante que le logiciel 3I installé dans les deux premiers exemplaires livrés à la Royal Australian Air Force, explique la ministre australienne de la Défense, Marise Payne.

Pour bien comprendre le développement des standards du F-35, voici un raccourci :

  • Block 1A / 1B - Le block 1 comprend 78% des plus de 8,3 millions de lignes de code source nécessaires à la capacité de combat complète du F-35. Le block 1A était prêt pour la configuration de l'entraînement alors que le bloc 1B fournissait une sécurité initiale à plusieurs niveaux.
  • Block 2A - Le block 2A est actuellement distribué à la flotte de F-35. Il offre une formation améliorée, y compris la fonctionnalité pour la fusion hors-carte, les liaisons de données initiales, l'attaque électronique et le débriefing de mission. Avec le block 2A, près de 86% du code requis pour une capacité de combat complète volent.
  • Block 2B - Le block 2B fournit des capacités initiales de combat, y compris, mais sans s'y limiter, des liaisons de données étendues, la fusion multi-navires et les armes vivantes initiales. Les Marines américains ont déclaré CIO en juillet 2015 avec le Block 2B. Avec le block 2B, plus de 87% du code requis pour une capacité de combat complète volent.
  • Block 3i - Le block 3i fournit les mêmes capacités tactiques que le block 2B. La principale différence entre 2B et 3i est la mise en œuvre d'un nouveau matériel, en particulier le processeur intégré intégré mis à jour. La Force aérienne a déclaré le CIO avec le bloc 3i en août 2016. Avec le bloc 3i, 89% du code requis pour une capacité de combat complète.
  • Block 3F - Le block 3F fournit 100% des logiciels requis pour une capacité de combat complète, y compris, mais sans s'y limiter, l'imagerie par liaison de données, les armes complètes et l'entraînement intégré.

Sauf que le nouveau Block 3F ne permet pas information détaillées sur les menaces, et ne sera pas disponible à 100% avant cet automne au plus tôt et ceci bien que le bureau du programme ait achevé tous les tests de précision des bombes et des missiles prévus pour 2017, il continue d'analyser ces événements. Le Bureau des essais opérationnels et de l'évaluation du Secrétaire à la Défense, ou DOT & E, craint que si des lacunes sont constatées et perdurent, le JPO devra prendre plus de temps pour développer et tester les corrections.

Alors que le rapport estime que les tests des systèmes de mission nécessaires pour terminer le développement devaient être terminer en février 2018, "le programme n’est pas en mesure d'atténuer complètement les nombreuses lacunes ouvertes à la fin de SDD, entraînant des déficits dans les capacités du Block 3F.

Des questions se posent désormais en ce qui concerne la façon dont le JPO pourrait exécuter la prochaine phase du développement des F-35, anciennement connue sous le nom de «modernisation du Block 4».

Photo : F-35 RAAF @ Lockheed-Martin

 

20/03/2018

Capacité opérationnelle initiale pour les P-8A australien !

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La Royal Australian Air Force (RAAF) a déclaré la capacité opérationnelle initiale (IOC) son appareils multimission maritime (MMA) Boeing P-8A « Poseidon », soit cinq mois plus tôt que prévu.

L'étape, qui a été annoncée par le service le 20 mars, vient avec 6 des 12 avions actuellement basé à Edinburgh en Australie du Sud. Trois autres aéronefs subissent actuellement le processus d'approbation pour une flotte finale de 15 aéronefs.

L'Australie a acquis le P-8A pour remplacer les 19 avions de patrouille maritime Lockheed AP-3C « Orion » qui sont en service depuis les années 1960. Les 15 P-8A seront exploités en tandem avec sept systèmes d'aéronef sans pilote (UAS) Northrop Grumman MQ-4C « Triton » , qui seront acquis une fois le développement achevé par le constructeur et l'US Navy (USN).

Les livraisons à l'Australie ont débuté en novembre 2016, date à laquelle les escadrilles 10 et 11 ont réceptionné les premiers du P-8A. Dans le cadre de ce processus, le RAAF a envoyé ses équipages s'entraîner aux côtés de l'USN et du personnel britannique de la Royal Air Force (RAF) au Centre de test intégré (ITC) de la Naval Air Station (NAS) de Jacksonville en Floride.

Le Boeing P-8A «Poseidon» : 

Le P-8A "Poseidon" est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et antisurface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A "Poseidon" est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US-Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une importante réduction des coûts, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage. Cet avion équipé de liaisons 11 et 16 et de systèmes internet, doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec des drones.

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Photos : 1 Boeing P-8A Poseidon de la RAAF 2 Postes de travail du P-8A@ RAAF