03/11/2011

Avions de combat : constructeurs sous pression !

 

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La Suisse choisira avant la fin de l’année son nouvel avion de combat, je vous propose un ultime volet sur l’avancée du dossier. Les prix ont baissé et les intérêts politico-industriels refont surfaces ! Les responsables politiques se succèdent à Berne pour expliquer les avantages des avions qu’ils défendent, le suédois suivit du ministre de la défense française Gérard Longuet suivit mardi prochain de  l’allemand Thomas de Maizière.

La concurrence à joué son rôle :

La stratégie mise en place par le DDPS et Armasuisse à très bien fonctionné et la crise de la monnaie européenne apporte la cerise sur le gâteau ! Rappelez-vous, on parlait d’un achat à 5 milliards, hors, La semaine dernière c’est un Ueli Maurer (Chef du DDPS) pas peu fier d’annoncer que les mises à jour des offres ne dépasseront pas 4 milliards pour la plus élevée (fourchette de prix) ! La baisse de l’euro, combinée à la stratégie de concurrence ont obligés les trois constructeurs à revoir leurs prix.

Saab Gripen, Dassault Aviation et Cassidian (EADS) doivent impérativement vendre et se devaient d’amener sur la table un projet dont le budget correspond aux finances de la Suisse,  sous peine d’être purement et simplement écarté.

L’avion le moins cher reste le Gripen avec une offre à environ 3 milliards, alors que  l’Eurofighter  ferme la marche à environ 4 milliards. Le Rafale est quant à lui entre les deux.

La situation des trois concurrents :

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Le Rafale de Dassault Aviation :

L’avion français reste sans nul doute le favori avec un prix qui se situe, donc, parfaitement dans la ligne de crédits imposé. Ayant réussi le mieux les tests avec 95% de réussite, le Rafale est également proposé avec un partenariat industriel complet qui touche l’avion lui-même mais également la gamme de jets d’affaires «Falcon», le motoriste SNECMA/CFM International et l’ensemble des équipementiers connexes.

Mais le meilleur avion a-t-il été rattrapé par ces concurrents ? La réponse est non, le Rafale est le seuil proposé immédiatement avec un radar à antenne à balayage électronique (AESA) et plusieurs éléments testés à l’époque seront de la seconde génération comme l’optique frontale (OSF) et l’architecture électronique.

Le point faible ? L’avion français n’a pas trouvé à ce jour preneur à l’étranger et certain y voie là, un risque pour notre pays de devenir entièrement dépendant des futurs choix français. Oui, sauf que le Rafale se vendra certainement au EAU et reste bien placé en Inde et leader au Brésil, cette situation va donc évoluer.

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Le Gripen de Saab :

L’avion suédois reste donc le moins cher et peut donc jouer sur l’effet du prix. Mais l’argumentation des suédois va jouer également sur le fait que le Gripen à évolué grâce au démonstrateur NG (Gripen Nouvelle Génération). La version proposée à la Suisse sera remotorisée (General-Electric F414) et donc plus puissante, l’architecture électronique sera plus récente et dès 2016 il sera possible d’installer le radar Ericsson RAVEN ES-05 à antenne à balayage électronique (AESA). Mais attention l’avion est le plus petit, l’expérience nous montre qu’il est toujours plus complexe de modernisé un appareil n’ayant que peu de place libre.

Saab propose un travail de collaboration pour la mise à jour de l’ensemble de la flotte  des Gripen en services dans le monde et ceci en pleine collaboration avec l’aviation suédoise. L’offre est donc intéressante à la condition, que l’ensemble des clients du Gripen, désirent une telle modernisation. Il existe cependant une inconnue, la viabilité du constructeur SAAB sur le long terme !

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L’Eurofighter de Cassidian (ex EADS) :

L’avion le plus cher mais qui rentre malgré tout dans les chiffres. Le consortium européen offre un Eurofighter amélioré avec un radar plus puissant  la version CAPTOR-M. Cette version du radar fait partie de la tranche 3A qui prépare l’arrivée en 2016 du CAPTOR-E à antenne à balayage électronique qui pourra être montée en rattrapage. Cassidian offre un partenariat industriel fort avec ses sociétés comme Airbus, Eurocopter, CASA ainsi que les équipementiers du groupe.

Pourtant un risque existe en matière de collaboration du fait de la complexité du consortium Cassidian dont les procédures sont ralenties du fait de l’externalisation des chaines de montage aux quatre pays producteurs.

 

Le choix du partenariat :

Comme je l’écrivais dans mon dernier article sur le sujet, le choix du nouvel avion de combat revêt une double importance, un partenariat militaire sur le développement de l’avion à long terme (30 ans) et sur l’activité du tissus industriel. L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire, mais sera vital en matière de places de travail, alors que nous vivons une période difficile en matière d’emploi !

Liens :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2011/10/21/eurofighte...

Photos : 1 Les tests selon Nicolas PUG  2 Rafale @ Dassault Aviation 3 Gripen et Gripen NG @ Saab 4 Eurofighter @ Aeronautica Militare