22/05/2015

Police du ciel 24/24 & nouvel avion !

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Cela fait près de 15 ans qu’au sein des Forces aériennes, des milieux militaires et de cercles politiques on réclamait la mise en place d’une  police du ciel 24/24. Celle-ci est actuellement en cours de mise en place et sera complète pour 2020.

 

Première étape :

 

La mise ne place d’une Police du ciel 24/24 « Quick Reaction Alert » (QRA) demande plusieurs phases de préparation. Le financement soit environ 250 millions, la mise en place de ressources humaines avec par exemple le renforcement des aiguilleurs du ciel militaires, la mise en place de piquet pour les équipes de maintenance de logistique sur les aérodromes.

 

D'ici le premier janvier 2016, les horaires de vols seront étendus, deux avions de type Boeing F/A-18C/D « Hornet » seront de piquet avec une relève de pilotes et de mécaniciens.

Et, selon la planification actuelle, la sécurisation de l'espace aérien en continu sept jours sur sept interviendra en 2020.

 

Confirmation et volonté :


 

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A l’occasion du rapport d’information des Forces aériennes qui s’est tenu à Emmen mercredi, le commandant de corps Schellenberg a évoqué le concept relatif à la sécurité à long terme de l’espace aérien que le Conseil fédéral a adopté en août 2014 : «Le profil de prestations des Forces aériennes de demain est clairement défini. Nous devons travailler sur cette base.» Cela signifie que la capacité à intervenir 24h/24 dans le cadre de la police aérienne doit être mise en place d’ici 2020.

 

 

QRA (Quick Reaction Alert), Alerte de réaction rapide: organisation d'alerte des Forces aériennes:

 

L'espace aérien désigne la troisième dimension d'un territoire national et il circonscrit, en hauteur, l'espace territorial d'un état. Cet espace aérien, la «frontière bleue», représente la plus vaste porte d'entrée d'un territoire national. L'accès au territoire étatique est donc une affaire qui incombe à l'état: une incursion dans son espace aérien équivaut au franchissement d'une frontière. Ainsi, une incursion non-autorisée représente une infraction de la souveraineté étatique.

 

La neutralité armée de la Suisse, choisie librement et définie au niveau national, inclut également l'espace aérien. Par conséquent, elle a l'obligation de le surveiller, de le contrôler et de le protéger. En tant qu'état non-aligné, la Suisse doit s'assurer, par ses propres moyens, qu'il ne subsiste aucune carence militaire dans l'espace aérien helvétique. La protection de cet espace aérien est indispensable pour garantir la sécurité du territoire et de sa population.

 

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Police du ciel mais pas seulement :

 

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Si la mise en place de la QRA dans notre pays est cette fois-ci en bonne voie, le Cmdt des Forces aériennes a rappelé que la flotte actuelle de 32 F/A-18 était juste suffisante pour assurer cette police et ceci en temps de paix. Reste qu’en cas de situation de tensions internationales (mise en alerte sur plusieurs mois) et en cas de conflit ces 32 avions sont insuffisants. De plus, le vieillissement de ceux-ci et le fait que les F/A-18C/D commenceront à être retirés du service dès 2023 au sein de la marine américaine, va compliquer l’obtention de pièces de rechanges d’une part et surtout l’avionneur américain Boeing n’assurera plus une mise à jour systématique des systèmes.

 

En conséquence, il est toujours d’actualité de remplacer les anciens Northrop F-5 « Tiger » et également de préparer le remplacement des F/A-18. On évoque le nombre de 52 nouveaux avions de combat, dont l’acquisition se ferait en deux tranches (chiffre minimum). En parallèle, les Forces aériennes devront également être dotées du nouveau drone (programme de cette année) des nouveaux systèmes de défenses contre-avions (évaluation en cours) et de la modernisation des centrales d’engagement (C4I).

 

Commentaire :

 

 

Non, le monde n’est pas plus sûr aujourd’hui qu’hier. Les nombreux conflits qui perdurent et se développent à travers le monde, le renforcement de dépenses militaires et les réarmements en cours dans de nombreux pays, nous ramènent à une situation critique avec de nombreux foyers de tension. L’arrivée de nouvelles menaces, comme la cyber-guerre (mise en place de celle-ci en Suisse) et le terrorisme généralisé n’enlève en rien au réalisme du conflit classique. On le voit à travers les zones de guerre actuelles, avions, chars, artillerie et mines sont toujours d’actualités.

Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux avions de combat, des futurs bombardiers stratégiques en cours de développements, des drones furtifs et la prolifération des missiles balistiques, nous obligent à rester vigilant et à maintenir une sécurité d’un haut niveau.

 

Prétendre, que notre pays ne risque rien et que celui-ci est protéger par ces voisins de manière naturelle, démontre non seulement les carences en matière d’analyse stratégique de ceux qui défende cette idée, mais en plus relève de la stupidité digne de la ligne Maginot.

 

Photos : Police du ciel avec avion F/A-18C Hornet @ Swiss Air Force 2 Cmdt des FA A. Schellenberg à Emmen@DDPS

 

 

 

14/04/2015

Dix Tiger seront retirés !

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Les Forces aériennes suisses ont terminé l'examen de la structure portante. La flotte de Northrop F-5 E/F «Tiger II» était temporairement clouée au sol, une fissure a été découverte, lors d’un entretien de routine. Lors d’un contrôle effectué, une fissure a été constatée dans la structure portante d’un Tiger F-5E (monoplace), ce qui a entraîné un ordre de contrôle des 36 avions Tiger F-5E qui effectuent encore des vols réguliers.

 

Le résultat de l’examen a révélé que 16 appareils sur 36 étaient défectueux. En conséquence, dix F-5E « Tiger II » seront abandonnés et six autres réparés. Sur les six Tiger qui seront réparés et remis en service, un est gris et les cinq autres rouge et blanc. Il en résulte que la Patrouille Suisse ne pourra pas toujours se produire avec six avions aux couleurs du drapeau.

 

Fatigue structurelle : 

 

La flotte d’avions de combat F-5 est fatiguée, depuis les années 2000, celle-ci et régulièrement réduite, car des aéronefs présentent des fissures importantes qui sont le fait de l’utilisation des aéronefs. Cet arrêt temporaire de la flotte de F-5, ou du moins ce qui l’en reste démontre une nouvelle fois que nos bons vieux «Tiger» ne sont plus très loin d’une retraite bien méritée.

 

Prendre le taureau par les cornes : 

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Cette situation nous démontre une fois de plus les graves conséquences du vote négatif sur le fond Gripen. La situation de nos Forces Aériennes devient chaque jour plus difficile avec notamment la mise en place progressive de la QRA 24/24. La baisse constante du nombre de F-5, qui par ailleurs ne correspondent plus aux besoins actuels rendent la tâche des 32 F/A-18 toujours plus complexe et poussent ceux-ci à devoir voler plus souvent et bruler, ainsi plus vite leur potentiel. 

Entre les années 1978 et 1984, les Forces aériennes ont acquis 110 F-5 Tiger (98 monoplaces et 12 biplaces). Aujourd'hui, il reste 26 appareils en service.

 

Il devient de plus en plus urgent de relancer le processus d’acquisition d’un nouvel avion de combat, sans quoi d’ici 10 ans, nos Forces aériennes se retrouveront dans une situation particulièrement critique. 

 

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Photos: 1 Northrop F-5E Tiger II à Payerne 2 Plan QRA 3 F/A-18C Hornet à Payerne @P.Kümmerling

21/08/2014

L’Autriche n’assurera que quatre heures de police du ciel !

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Vienne, l’aviation autrichienne était déjà limitée en matière de police du ciel, l’avenir s’annonce encore plus sombre. Le chef de la section de combat au sein du ministère autrichien de la Défense (MoD), le major-général Karl Schmidseder, a annoncé,  lors d'une conférence de presse le 20 août dernier que les 15 avions de combat de type Airbus Eurofighter T1 «Typhoon II» devront restreindre de plusieurs heures par jour leur capacité de police du ciel. 

 

Les compressions budgétaires associées à un nombre insuffisant d’avions de combat  obligent donc l’aviation autrichienne à délaisser un peu plus la surveillance de l’espace aérien.

 

Des journées de quatre heures :

 

Dès le mois de septembre, avec seulement 15 avions de type Eurofighter T1 pour une superficie de 83’878,99 km au sol, sans parler du fait que la superficie doit également tenir compte du volume en terme de ciel, soit de l’altitude sol à une altitude de 23’000 mètres, l’Autriche ne pourra plus assurer la police du ciel que le matin, celle-ci cessera l'après-midi. Par contre, il sera encore possible de temps en temps, soit deux à trois fois par mois d’assurer une permanence aérienne sur une période estimée à 14 heures a déclaré le général de division Schmidseder.

 

L’Otan en protecteur: 

 

Cette situation au centre de l’Europe inquiète l’Otan, qui avait déjà dû assurer la protection du ciel autrichien lors de la guerre en ex-Yougoslavie.  Si la situation ne pose pas encore de problème aujourd’hui, une accentuation des risques de tensions en Europe à l’avenir pourraient donc bien poser de sérieux problèmes.

 

Une Force aérienne très limitée : 

 

La situation de la Force aérienne autrichienne n’est, de loin pas très enviable, avec seulement 15 avions de combat Eurofighter T1, soit le modèle le plus limité de la gamme du chasseur européen, l’Autriche était déjà dans une situation plus limitée. 

En effet, sur ces 15 aéronefs, seul 6 à 8 sont réellement disponibles, les autres étant en maintenance et servant à la formation du personnel aérien et au sol.

 

Le standard T1 des Eurofighter autrichien ne permet que l’interception à courte portée, ainsi que l’engagement avec des bombes en chute libre. 

 

Rappel : 

 

L’Eurofighter n’était pas l’avion de combat qu’auraient souhaité les forces aériennes autrichiennes, lesquels voulaient en premier choix le F/A-18C/D américain au début des années 1990 en collaboration avec la Suisse. Puis, suite a de nombreux retards et la violation de l’espace aérien de la part de l’aviation serbe, une nouvelle évaluation avait mis en avant le JAS-39 C/D Gripen du constructeur suédois SAAB. Sous la pression du Chancelier  allemand de l’époque Gerhart Schroder, l’Autriche acheta des Eurofighter T1 dont l’Allemagne tentait de se séparer.

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Photos : 1 Eurofighter T1 autrichien @ Geoffrey Lee 2 Eurofihgter T1 @ OBH

 

 

 

17/02/2014

L’obligation d’une police aérienne 24/24 !

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Une fois de plus, il faut attendre un évènement extrême pour se rendre compte des réels besoins d’un pays ! L’avion d’Ethiopian Airlines qui a été détourné ce matin sur l’aéroport de Genève-Cointrin, était escorté par deux appareils Airbus Eurofighter italiens puis par deux Mirage 2000 français. Rien de dramatique ? Si justement, car ce détournement a été réalisé en dehors des heures de bureau et nos appareils ne volent pas !

 

Obligations : 

 

Une des missions les plus importantes que l'armée suisse doit accomplir en relation avec la politique de sécurité est de garantir l'intégrité de notre territoire contre les influences extérieures indésirables. Cela comprend la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien. C'est le droit d'un état de définir des règles d'utilisation de son espace aérien et de faire appliquer ces règles. Le droit à la neutralité est ancré dans le droit international, mais il en découle une obligation de contrôle de son propre espace aérien et d’une capacité d'intervention, lorsque la sécurité du pays ou du trafic aérien en général l'exige. Depuis le 11 septembre 2001, ce contrôle de l'espace aérien en temps de paix est devenu une mission cruciale d'un état.

 

Pourquoi des heures de bureaux ?

 

Selon diverses interventions au Parlement à Berne, nous aurions dû mettre en place un service de vol 24/24, depuis au moins l’année 2003. Mais avec les nombreuses coupent budgétaires que le DDPS a subi, il était tout simplement impossible de financer un tel projet. Pire, la gauche qui aime «cracher» sur l’indisponibilité de nos pilotes est la première responsable de ce désastre !

 

Comment y remédier ?


 

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Les efforts demandés au DDPS pour faire des économies avec le plan DEVA vont permettre la mise en place d’une Alerte 24/24 d’ici 2016. Mais pour ce faire, il faut également un nombre suffisant d’avions capables de voler par tous les temps. L’arrivée des Gripen C/D de location puis du Gripen E permettront (enfin) aux Forces Aériennes de répondre à leurs obligations 24/24!

 

QRA (Quick Reaction Alert), Alerte de réaction rapide: organisation d'alerte des Forces aériennes:

 

L'espace aérien désigne la troisième dimension d'un territoire national et il circonscrit, en hauteur, l'espace territorial d'un état. Cet espace aérien, la «frontière bleue», représente la plus vaste porte d'entrée d'un territoire national. L'accès au territoire étatique est donc une affaire qui incombe à l'état: une incursion dans son espace aérien équivaut au franchissement d'une frontière. Ainsi, une incursion non-autorisée représente une infraction de la souveraineté étatique.

La neutralité armée de la Suisse, choisie librement et définie au niveau national, inclut également l'espace aérien. Par conséquent, elle a l'obligation de le surveiller, de le contrôler et de le protéger. En tant qu'état non-aligné, la Suisse doit s'assurer, par ses propres moyens, qu'il ne subsiste aucune carence militaire dans l'espace aérien helvétique. La protection de cet espace aérien est indispensable pour garantir la sécurité du territoire et de sa population.


 

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Sauvegarde de la souveraineté aérienne, un devoir national: 

 

L'obligation de préserver la souveraineté aérienne nationale est une tâche qui doit être assurée par la Suisse, sans interruption temporelle. Actuellement, environ 3000 avions de ligne circulent quotidiennement dans l'espace aérien helvétique, de jour comme de nuit, jusqu'à plus de 12.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, auxquels s'ajoutent d'autres centaines de mouvements aériens civils, à basse et moyenne altitude de vol.

La surveillance de l'espace aérien, l'utilisation sûre et sécurisée des voies internationales du trafic aérien, la protection des usagers de l'espace aérien ainsi que la protection des habitants de la Suisse contre les menaces aériennes doivent être assurés à longueur d'année, 24 heures par jour. Cette tâche est accomplie par l'armée de l'air suisse avec ses moyens au sol comme dans les airs: au service de la confédération, de l'armée, de la police et de la population.

 

Ressources, viabilité, durabilité : 

 

Actuellement, avec une flotte de F/A-18, composée de 32 avions de combat modernes incluant environ 50 pilotes de F/A-18 ainsi que le personnel au sol, ce sont les forces aériennes qui assurent la police de l'air en temps de paix, à longueur d'année et durant « les heures de bureau ».

Il est à prévoir qu'à partir de 2016, avec un service de vol de 24 heures ainsi qu'un QRA, la flotte des F/A-18 soit davantage sollicitée. Le nombre d'heures de vol est en augmentation, les cycles d'entretien s'intensifient, les avions engagés s'usent plus rapidement et la durée de vie de la flotte se réduit.

Le avions de chasse F-5 Tiger désormais obsolètes ne peuvent encore être engagés que pendant la journée et dans conditions de visibilité, afin de décharger partiellement la flotte des F/A-18.

En conséquence il faut impérativement compléter la flotte de 3 escadrilles de Hornet par un minimum de 2 escadrilles dotée du Gripen E.


 

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Dans l'éventualité de tensions internationales et d'une opération aérienne de 24 heures avec un QRA élargi, cela nécessiterait 50 avions de combat modernes pour protéger l'espace aérien et, le cas échéant, pour pouvoir boucler une vaste superficie. Or même dans cette configuration politico-sécuritaire, les forces aériennes ne sont plus en mesure de remplir leur mandat constitutionnel, sans le remplacement partiel des avions de combat Tiger (TTE).

 

Comparaison internationale :


 

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En Autriche, les Forces aériennes disposent, avec leurs 15 Eurofighters et environ le même nombre de pilotes, d'une viabilité opérationnelle aérienne par engagement de 24 heures de quelques jours seulement.

L'armée de l'air française a en permanence au moins six avions de combat en mode QRA. A cela s'ajoute un avion de ravitaillement pour le ravitaillement en vol afin d'augmenter la durée de vol des avions de combat jusqu'à six heures supplémentaires. Elle dispose également d'un avion AWACS de surveillance radar, qui fournit aux appareils de combat dans les airs les dernières données disponibles sur la situation aérienne en cours.

 

Il est donc impératif de pouvoir mettre le programme QRA 24/24 en activité et d’acquérir un nombre suffisant d’avions de combat Gripen E !

 

 

 

 

Liens sur les articles précédents : 

 

Les mensonges des référendaires : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/14/gripen-les...

 

Gripen, un besoin fondamental :

 

 http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/22/gripen-un-...

 

Anti-Gripen, un comité de pieds-nickelés : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/06/anti-gripe...

 

 

Gripen l’avenir des Forces Aériennes : 

 

 

 http://psk.blog.24heures.ch/index-1.html

 

 

Le Gripen pour sauver la Patrouille Suisse :

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/16/le-gripen-...

 

Texte : Erich Grätzer/Pascal Kümmerling

 

Photos : 1 Tornado interceptant un Tu-160 russe @ Luftwaffe 2 Hornet suisse et Fokker 27 hollandais 3 Hornet suisse et Challenger 601 allemand @ Swiss Air Force 4 Gripen F Axalp @ Peter Gronemann