08/01/2018

La Chine test la poussée vectorielle sur le J-10 !

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Le petit monde des passionnés d’aviation s’affole depuis quelques jours, suite à la parution sur les forums en ligne chinois d’un avion de combat multirôle Chengdu J-10 propulsé par ce qui semble être un moteur équipé d'une tuyère dotée de contrôle vectoriel (TVC).

Un vol d’essai :

La photographie granuleuse, apparue pour la première fois sur la plate-forme de médias sociaux Weibo, montre l'avion de l'armée de l'air de la Libération populaire. Plusieurs commentaires suggèrent que le chasseur a effectué un vol d'essai réussi le 25 décembre dernier. L’un de mes contacts en Chine me confirmait la nouvelle ce matin en précisant que l’avion avait effectué de nombreux tests au sol depuis le mois d’octobre.

Le système installé sur le J-10 est doté d'actionneurs pour déplacer les «pétales» qui forment la tuyère, similaire à celle développée par les motoristes américains General-Electric avec sa buse d'échappement à vecteur axisymétrique (AVEN) et la buse d'équilibrage Pitch-Yaw de Pratt & Whitney (PYBBN).

25 ans de recherche :

On sait aujourd’hui que les ingénieurs chinois s’intéressent à la poussée vectorielle depuis près de 25 ans. Les Universités d'ingénierie chinoises ainsi que la socitété Shenyang Liming Aero-Engine et Aero Engine Corporation of China (AECC) sont engagés dans un processus de développement de la TVC.

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Jian J-10 :

Initialement le projet du J-10 de la CAC (Chengdu Aircraft Industrial Co) devait permettre à la Chine d’obtenir un appareil équivalent aux MiG-29 et Sukhoi 27 russe. Mais voyant le développement croissant d’avions de hautes technologies, dit multirôle en Occident (F/A-18, Rafale, Gripen, Typhoon II), le programme évolua vers un avion pouvant soutenir la comparaison. Mais les ingénieurs chinois se heurtèrent rapidement à des problèmes techniques insurmontables et durent faire appel à des entreprises étrangères pour mener à bien un tel projet. Le Pakistan tout d’abord, qui livra une cellule de F-16 A/B, puis le constructeur Israélien IAI qui venait d’abandonner son projet LAVI et qui accepta de vendre un peu de technologie à la Chine. Ce transfert de technologie a été particulièrement limité et ne touchait pas à des éléments sensibles. Sans oublier, un peu d’espionnage industriel en Europe notamment.

Le premier prototype effectua son vol inaugural à la mi-1996, le second prototype, dont on ne connaît pas exactement la date du premier vol, fut perdu fin 1997, semble-t-il à cause d’une panne des commandes de vol électriques. C’est à partir de 1998 que la version dite officielle, du J-10 commença ses essais en vol. Il faudra attendre le 29 décembre 2006 pour la Chine reconnaisse officiellement l’existence de cet avion.
La première escadrille de transformation sur le Jian-10 commença sa transition en 2003 au centre de formation et d'expérimentation de Guangzhou, mais de façon pénible car la dizaine de machines ne disposaient pas de radar et de nombreux problèmes de mise au point du réacteur WS-10A chinois pénalisèrent la formation des pilotes. A ce jour, les J-10 ont reçu un réacteur russe de type Liulka Saliout AL-31F. Fait incroyable, le J-10 ne dispose pas d'aérofrein, mais utilise un bon vieux parachute de freinage, lors de l'atterrissage.
A ce jour, environ 300 exemplaires du Jian-10 « Dragon véloce » ont été construit.

Photos : 1 J-10 « Dragon Véloce »@ Weimeng 2 le J-10 doté d’une tuyère TVC